Largo Winch II

ECRANS | De Jérôme Salles (Fr-All-Belg, 1h59) avec Tomer Sisley, Sharon Stone…

Christophe Chabert | Jeudi 10 février 2011

Dans cette suite, Largo Winch voyage à travers le monde, joue au milliardaire philanthrope, démasque des complots internationaux impliquant oligarques russes et junte birmane, fait de l'humanitaire et tombe une belle asiate… Ce James Bond des riches est cinématographiquement un James Bond du pauvre, avec des incohérences de scénario constantes, des scènes d'action où la caméra est tellement secouée qu'on se demande s'il y a vraiment de l'action dedans, des dialogues nanardesques et un manque d'imagination coupable (Sharon Stone porte la même robe que dans "Basic instinct"). Quant à Tomer Sisley, il semble ne plus jouer du tout ; il balance ses répliques avec un sourire charmeur, point. Enfin, le film piétine un mythe : pour sa dernière apparition à l'écran, Laurent Terzieff doit se coltiner un personnage ridicule conduisant à un twist minable. Triste fin pour un immense acteur !
CC

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"Le Serpent aux mille coupures" : mort sûre violente

ECRANS | de Éric Valette (Fr-Bel, int. -16 ans, 1h46) avec Tomer Sisley, Terence Yin, Pascal Greggory…

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

Un rendez-vous entre truands qui tourne mal transforme un coin de campagne en apparence tranquille en champ de bataille pour un soldat perdu, la pègre internationale, la police et des paysans racistes. Les balles vont siffler ; elles ne seront pas de paille… Adaptée de et par DOA, cette série B sans figure totalement positive rappelle, le soleil en moins, le Canicule de Vautrin (et Boisset). Tomer Sisley joue les semeurs d’ivraie en investissant une ferme et prenant en otages ses propriétaires, mais tout brutal qu’il soit, il paraît finalement débonnaire comparé aux autres abominables débarquant d’un peu partout — dont l’épouvantable Tod, expert en tortures asiatiques. Si les écorchements et/ou scarifications prodigués par icelui remplissent leur office de produit d’appel gore, ils présentent moins d’intérêt que le traitement — un peu superficiel, hélas — d’un certain monde rural solidement ancré dans son conservatisme xénophobe. Lequel doit beaucoup à une troupe d’interprètes peu connus.

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"L’Odyssée" : aquatique en toc

ECRANS | de Jérôme Salle (Fr, 2h02) avec Lambert Wilson, Pierre Niney, Audrey Tautou…

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Rien de tel qu’un biopic pour hameçonner public et récompenses. Alors, imaginez-en un consacré à l’icône irénique Jacques-Yves Cousteau… c’est du dragage dans les grandes profondeurs ; de la pêche à la dynamite — pour reprendre ses gaillardes méthodes de recensement des espèces pélagiques. Sauf que “JYC”, comme tout un chacun, n’était pas clair comme de l’eau de roche et Jérôme Salle n’a pas réussi à trancher : hagiographie consensuelle ou étude critique des nombreuses vies du bonhomme ? Faussement âpre pour ne pas paraître (trop) complaisant, son film est pareil à un grand livre privilégiant les belles images en couleurs, arrachant celles qui seraient trop ternes ou gênantes ! Si Salle ménage la dorure de la statue du Commandant, il montre cependant la course perpétuelle après l’argent de cet utopo-égoïste plus imbu de sa propre publicité et de ses aventures que du destin de ses proches ou de celui de la planète. Le vieux cabot de mer s’est mué sur le tard en héraut de l’e

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Nuit blanche

ECRANS | De Frédéric Jardin (Fr, 1h38) avec Tomer Sisley, Serge Riaboukine, JoeyStarr, Julien Boisselier…

Jerôme Dittmar | Mercredi 9 novembre 2011

Nuit blanche

Dans les tréfonds du thriller français oliviermarchalisé, Nuit blanche tire son épingle du jeu. Celle qu'on préfère doit moins à Frédéric Jardin, revenu d'un lointain Cravate Club, que Nicolas Saada, son co-scénariste et ex journaliste de HK magazine. Difficile de ne pas repérer l'influence du cinéma de Hong Kong dans ce film nerveux et cadenassé où Tomer Sisley, flic empêtré dans un sac de nœuds, passse une nuit d'enfer pour récupérer son fils. Élagage des enjeux, minimalisme du scénario rebondissant, choix du décor unique mais labyrinthique (une boîte), action sèche et martelée, Nuit blanche fait dans le cinéma hard boiled pour acteurs masochistes. Jardin et Saada ne craignent pas les excès ou les situations miraculeuses pour booster l'intrigue. La mise en scène commando et Tom Stern à la photo n'évitent pas les choix d'images attendus, les personnages se limitent à des fonctions, mais l'esprit est là, la machine hargneuse, tendue, quasi sans frontières dans son approche du genre. Jérôme Dittmar 

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Largo Winch

ECRANS | De Jérôme Salle (Fr, 1h48) avec Tomer Sisley, Kristin Scott-Thomas, Gilbert Melki…

Christophe Chabert | Mercredi 10 décembre 2008

Largo Winch

Il faut préciser, avant de parler de ce Largo Winch, que son réalisateur avait auparavant commis l’involontairement comique Anthony Zimmer et son twist en carton démarquant Usual Suspects. Le voilà, par les miracles de la production française, aux commandes de ce blockbuster foireux transposant en live les aventures du héros créé par Franck et Van Hamme. C’est parti pour le refrain habituel : surproduit à coup de musique envahissante, de lumières clippées et de ralentis chics, le film est incapable de développer des scènes d’action cohérentes, surdécoupant jusqu’à la bouillie en confondant rythme et épilepsie. Niveau script, on passe de Largo Winch begins à La Vengeance dans Largo Winch, preuve que Salle aime les mêmes films que nous. Quant aux enjeux, c’est carrément pas de bol ! En antidatant l’action de ce thriller financier entre septembre et octobre 2008, les auteurs se prennent la crise dans les dents et patatras pour la crédibilité. Seul point positif : on est content de voir un film d’action français sans Gilles Lellouche ni Clovis Cornillac, mais avec des acteurs inattendus comme Melki ou Anne Consigny. CC

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