La Ligne droite

ECRANS | De Régis Wargnier (Fr, 1h38) avec Rachida Brakni, Cyril Descours…

Christophe Chabert | Vendredi 4 mars 2011

La Ligne droite aurait dû être une histoire de corps, la rencontre entre une ancienne athlète juste sortie de prison et un jeune coureur de 400 mètres devenu aveugle à la suite d'un accident. Deux corps butés, sur la défensive, qui ne se détendent que dans l'effort sportif et qui doivent trouver le bon tempo pour s'harmoniser. Mais le film de Régis Wargnier ne s'en tient hélas pas à cette belle idée et la rejoue hors du stade en version psychologique et amoureuse. Il est alors littéralement enseveli sous des dialogues pesants et une avalanche de rebondissements lassants. Qui plus est, si Wargnier est assez inspiré pour filmer les scènes de course, tout le reste ressemble à un téléfilm plat et soporifique, que même la pourtant énigmatique Rachida Brakni n'arrive pas à secouer.
CC

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Régis Wargnier, réalisateur mais pas que…

ECRANS | Bien qu’il ait fait un succès avec Indochine en 1992, obtenant l’Oscar du meilleur film étranger (le dernier conquis par la France à ce jour), Régis Wargnier (...)

Margaux Rinaldi | Mardi 15 mai 2018

Régis Wargnier, réalisateur mais pas que…

Bien qu’il ait fait un succès avec Indochine en 1992, obtenant l’Oscar du meilleur film étranger (le dernier conquis par la France à ce jour), Régis Wargnier est absent de la scène cinématographique depuis 2014. Cela ne veut pas dire qu’il chôme pour autant. Membre de l’Académie des Beaux-Arts depuis 2007, il vient d’écrire son premier roman, Les Prix d’excellence, déjà récompensé par le prix Cazes. Un livre que l’auteur viendra présenter à l’Institut Lumière, juste avant la diffusion de son film Est-Ouest. Régis Wargnier À l’Institut Lumière le mardi 22 mai à 19h

Continuer à lire

Rachida Brakni : jouer juste

Théâtre des Célestins | Une mise en scène tout en dentelle d'Arnaud Meunier, au service d'une Rachida Brakni d'une grande justesse : c'est aux Célestins jusqu'au 17 février.

Nadja Pobel | Mardi 7 février 2017

Rachida Brakni : jouer juste

À quoi ça ressemble, 1h40 de monologue ? À tout, sauf à la performance injustement présupposée... Rachida Brakni incarne trois femmes : une professeur juive, une soldat US et une kamikaze palestinienne qui veut comettre un attentat à Tel Aviv, « dans un an, dix jours et huit heures », le 29 mars 2002, elle l'annonce d'emblée. Aucun accessoire ne vient seconder la comédienne (ancienne pensionnaire de la Comédie Française) pour l'aider à incarner ces trois destins mêlés au cours du conflit israélo-palestinien, refrain ensanglanté des décennies passées, plus que jamais d'actualité. Dans un décor d'un gris dégradé, inversement semblable à celui de ses vêtements, encadré par trois portes qui n'ouvrent sur rien, elle avance, sur la moquette, à pas de loup presque comptés sans jamais flirter avec l'illustration ou même la démonstration. Ses cris de détresse sont silencieux, terriblement expressifs. Les explosions donnent lieu à une lumière crue et aveuglante. Arnaud Meunier, qui adapte ici (après Anna Politovskaïa et Chapitres de la chute) sa troisième œuvre de l'écrivain italien

Continuer à lire

Cheba Louisa

ECRANS | De Françoise Charpiat (Fr, 1h35) avec Rachida Brakni, Isabelle Carré, Biyouna…

Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

Cheba Louisa

Avec ses coups de théâtre à toutes les séquences, son image de téléfilm France 3, sa direction artistique atroce et ses mots d’auteur qui pèsent une tonne (un pour la route : «la cas soc’, elle te dit cassos»), Cheba Louisa a tout de l’accident pur et simple. Visiblement écrit avec un exemplaire de Robert MacKee dans une main et "La Banlieue pour les nuls" dans l’autre — dur de tenir le crayon, du coup — il se permet de sacrifier une actrice comme Isabelle Carré, enlaidie au-delà du raisonnable afin de la faire passer pour une caissière de supermarché. Rien à sauver là-dedans, mais de quoi se distraire au moins cinq minutes en regardant Steve Tran. Steve qui ? Depuis qu’il a tenu un des trois rôles principaux de Beur sur la ville, Steve Tran est devenu le bon pote asiatique de service dans les banlieues-films, histoire de respecter une forme de représentativité raciale. On a pu le voir ailleurs — dans

Continuer à lire

Complices

ECRANS | De Frédéric Mermoud (Fr-Suisse, 1h33) avec Gilbert Melki, Emmanuelle Devos, Cyril Descours…

Christophe Chabert | Mercredi 13 janvier 2010

Complices

Complices, premier film d’un jeune cinéaste suisse aux courts-métrages prometteurs, souffre d’une schizophrénie fatale. Présenté comme un polar avec meurtres, flics et enquête, il s’agit en fait d’une énième laborieuse chronique de mœurs. Le corps d’un ado est retrouvé sur les rives du Rhône ; au fil d’incessants flashbacks (la pire idée du scénario, qui tue dans l’œuf l’envie d’en connaître l’issue), on découvre que Vincent était un gigolo ayant entraîné sa petite amie dans ses relations tarifées avec des hommes mariés. En parallèle, les inspecteurs Melki (qui refait peu ou prou son personnage dans la trilogie de Belvaux) et Devos (dont les apartés placement produit pour Meetic font vraiment peine), passent plus de temps à se tourner autour qu’à élucider le fait-divers. Le film accumule au passage tous les clichés — les notables partouzeurs, les jeunes friqués et pervers, les homos honteux ou solitaires… et ne masque pas son véritable dessein : se repaître de l’anatomie de son acteur principal, filmé comme une couverture de Têtu, ce qui en dit long sur la visée générale de Complices, à savoir du Téchiné new-look et branché. CC

Continuer à lire

Une affaire d'État

ECRANS | De retour en France, le réalisateur de 'Maléfique' Eric Valette signe un polar politique intègre, noir, violent et efficace, en hommage au cinéma populaire des années 70. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 novembre 2009

Une affaire d'État

Le vent de la nostalgie souffle du côté des années 70, époque où le cinéma d’ici accouchait d’œuvres populaires dignes et couillues. Mais là où Christian Carion et François Favrat ratent le coche en signant des films datés dans le fond mais surtout dans leur forme, Eric Valette, plus malin, met à profit son expérience américaine (restée inédite chez nous) pour insuffler une vigueur très contemporaine à sa mise en scène et ne retient des 70’s qu’un esprit anar et nihiliste. Dès les premières séquences, où l’explosion d’un avion en plein vol raccorde avec une partouze feutrée entre pontes de la politique et de l’industrie, le cinéaste affirme qu’il ne fera pas de compromis avec les normes du prime time. C’est ce qui réjouit dans 'Une affaire d’état' : le film ne recule pas devant la violence de son récit, sans pour autant tomber dans la complaisance cracra (on est loin d’Olivier Marchal), et impose un tableau déliquescent de la démocratie française et de ses institutions. Le premier acte, où une tentative de libération d’otages ratée révèle un trafic d’armes avec l’Afrique conduite par un patron proche du président (André Dussollier, glaçant de cynisme poli), met ainsi à nu une pyram

Continuer à lire