Essential killing

ECRANS | La fuite désespérée d’un taliban afghan dans l’Est de l’Europe, ou comment un acteur physique et mutique, Vincent Gallo, se livre à corps perdu à son metteur en scène, Jerzy Skolimowski, pour une œuvre prenante et picturale. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 1 avril 2011

Étrange aventure que cet "Essential killing". Aventure est le mot qui convient, tant le film sur l'écran paraît se confondre avec les conditions de son tournage, et tant son acteur, l'immense Vincent Gallo, semble éprouver réellement la souffrance de son personnage. Gallo incarne un taliban afghan qui, après un attentat contre des soldats américains, réussit à s'échapper de la prison où on l'a torturé, et se lance dans une cavale à travers une Europe de l'Est enneigée. Mais le film de Skolimowski n'a que peu à voir avec la tradition du survival movie ; on est ici dans une œuvre radicale, un film de metteur en scène et un one man film d'autant plus impressionnant que l'homme en question n'y prononce pas un seul mot. L'idée derrière ce silence est simple : plus Gallo retourne vers une forme d'animalité pure, plus l'humanité de son personnage éclate à l'écran.

Du rouge sur une toile blanche

Pris dans un piège à loup, dormant dans une mangeoire remplie de paille, mangeant des baies ou dévorant un poisson encore vivant, Gallo fait l'expérience d'une régression vers l'état de nature. Mais quelque chose ramène le personnage vers le monde des hommes : des flashbacks oniriques où, tandis que s'égrènent des sourates du Coran, son passé ressurgit à travers quelques images de sa femme et de son enfant. Une image manque pourtant : que sont-ils devenus ? Ont-ils été tués par les militaires américains ? L'acte initial du personnage était-il une vengeance ? "Essential killing" ne cherche pas à combler ce vide, ruinant ainsi toute lecture politique simpliste. Skolimowski empêche le spectateur de mettre en perspective le calvaire de son personnage, préférant lui faire éprouver sa douleur et son angoisse. Alternant scènes d'action et passages plus contemplatifs, le film tire vers une forme d'abstraction. Il n'est pas inutile de rappeler que Skolimowski, pendant les vingt ans où il a arrêté de faire du cinéma, s'est consacré exclusivement à la peinture. En cela, "Essential killing" tient parfois du geste pictural : du sang sur la neige comme des giclées de rouge sur une toile blanche, des images aériennes où l'homme n'est plus qu'une tâche indistincte au milieu d'un paysage inerte. Gallo lui-même s'abandonne avec génie au projet skolimowskien : n'être qu'un corps en souffrance, un visage aux expressions infinies que le cinéaste sublime en une suite de portraits vibrants. Cette fusion entre l'acteur et le metteur en scène fait d'Essential killing une œuvre rare, hypnotique et vénéneuse.

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C’est encore au programme !

Festival Lumière | Le clap de fin ne claquera que dimanche soir. D’ici là, focus sur quelques-un des rendez-vous de cette seconde partie de festival…

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

C’est encore au programme !

Claire Denis convie Aurélien Barrau Faisant partie des invitées d’honneur de cette 10e édition, Claire Denis vient présenter Trouble Every Day (2001) ce mercredi 17 à 21h45 avec Béatrice Dalle et Alex Descas. Mais elle fait précéder à 19h cette séance à l’Institut Lumière de l’avant-première de son nouveau film, High Life, déjà montré à Toronto. Une œuvre de science-fiction portée par la musique de Stuart Staples des Tindersticks, qu’elle introduira en compagnie de sa comédienne Claire Tran et de l’un des astrophysiciens qui l’ont conseillée durant la préparation, Aurélien Barrau. Ce dernier n’est d’ailleurs pas un inconnu du grand public : son intervention en faveur d’un sursaut écologique lors du Climax Festival 2018 a été massivement vue en ligne et partagée sur les réseaux sociaux. La cinéaste donnera le lendemain une masterclass à 11h30 à la Com

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The Limiñanas : son à la catalane

Le Disque | C'est tout l'art des Limiñanas que de convoquer sur un album des invités aussi disparates que Pascal Comelade, au piano, Peter Hook et sa basse mélodique, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mars 2018

The Limiñanas : son à la catalane

C'est tout l'art des Limiñanas que de convoquer sur un album des invités aussi disparates que Pascal Comelade, au piano, Peter Hook et sa basse mélodique, Emmanuelle Seigner – trois habitués –, Bertrand Belin ou Anton Newcombe sans s'éparpiller façon puzzle. Peut-être parce que le duo (enrichi) de Cabestany a, sous ces oripeaux garage, toujours navigué sur pas mal de fronts esthétiques - on peut en avoir un aperçu sur la toute récente compilation I've Got Trouble in Mind Vol. 2 qui recense des raretés, notamment quelques belles reprises de Polnareff (Time will tell), les Kinks (Two Sisters avec Anton Newcombe), The Lords of the New Church (Russian Roulette) ou... le chant de Noël Silent Night en version mariachi. Peut-être aussi parce que la force du concept, jamais ramenard, toujours en toile de fond, suffit à donner du liant à l'ensemble comme une musique de film imaginé. Sur Shadow People, le groupe raconte

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"Réparer les vivants" : Simon, as-tu du cœur ?

ECRANS | de Katell Quillévéré (Fr, 1h43) avec Tahar Rahim, Emmanuelle Seigner, Anne Dorval…

Vincent Raymond | Lundi 31 octobre 2016

À l’hôpital où des parents viennent d’apprendre que Simon, leur ado accidenté, se trouve en mort cérébrale, un médecin aborde avec tact la question du don d’organes. Ailleurs, une femme attend un cœur pour continuer à vivre… Cette transplantation du roman multiprimé de Maylis de Kerangal sur support cinéma présente des suites opératoires tout à fait attendues, en regard du protocole suivi. En convoquant une galerie d’interprètes popu/tendance autour d’un sujet touchant à un drame intime et à l’éthique, Katell Quillévéré est en effet assurée d’avoir son film-dossier programmé en amorce de mille débats, et que ses comédien(ne)s recevront un prix ici ou là. D’accord, elle nous évite avec raison toute forme d’hystérie et de tachycardie artificielle dans le montage (pour ne pas singer Urgences), mais le rythme est tout de même bien pépère et l’ambiance cotonneuse. Sage, gentiment didactique et surtout un brin trop aseptisé.

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La Vénus à la fourrure

ECRANS | Une actrice, un metteur en scène, un théâtre et "La Vénus à la fourrure" de Sacher-Masoch : un dispositif minimal pour une œuvre folle de Roman Polanski, à la fois brûlot féministe et récapitulatif ludique de tout son cinéma. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 6 novembre 2013

La Vénus à la fourrure

À sa sortie, on avait pris Carnage pour une sorte de repli stratégique de la part de Roman Polanski. L’adaptation de la pièce de Yasmina Reza venait après ses déboires avec la justice suisse, et le choix d’un huis clos à quatre personnages lui permettait de tourner vite en déclinant en virtuose sa science du découpage et de la mise en scène. Surtout, il y circulait une rage que l’on imaginait circonstanciée, là encore liée à cette énième humiliation dans une vie déjà chaotique. Derrière sa réjouissante santé, par-delà la comédie de mœurs labyrinthique à laquelle Polanski nous convie, La Vénus à la fourrure poursuit ce double geste de façon enthousiasmante. C’est une charge virulente contre l’époque et ses travers, ici pris sous l’angle de la lutte des sexes, et c’est à nouveau un huis clos tiré d’une pièce de théâtre, signée cette fois David Ives ; sauf le théâtre est le lieu et la matière du film, même si, en transparence, le cinéaste vise aussi tout ce qu’implique l’acte de mettre en scène, y compris le s

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Dans la maison

ECRANS | De François Ozon (Fr, 1h45) avec Fabrice Luchini, Kristin Scott-Thomas, Emmanuelle Seigner…

Christophe Chabert | Mercredi 3 octobre 2012

Dans la maison

Germain Germain (bonjour Nabokov !) est un prof de français désespéré par la nullité de ses élèves. Alors qu’il lit leurs médiocres rédactions à sa femme qui, elle, tient une galerie d’art contemporain sur le thème sexe et pouvoir (bonjour Sade !), l’une d’entre elles sort du lot. L’élève y raconte son envie de s’introduire dans la maison d’un de ses camarades pour s’approcher de cette vie bourgeoise, avec une mère archétypale des «femmes de la classe moyenne» (bonjour Flaubert !). Germain pense qu’il y a là un talent à canaliser, sans savoir qu’il met le doigt dans un dispositif dangereux : celui qui brouille la frontière entre la réalité et la fiction, mais aussi celui de François Ozon, qui déroule ici une mécanique ludique où l’on ne sait jamais si ce que l’on nous raconte est le fruit d’une narration objective, si celle-ci a été influencée par les conseils de Germain ou encore si elle n’est que le reflet de l’imagination de son élève. Le voyeurisme littéraire de l’un rencontre le voyeurisme réel de l’autre, et tout le monde finit par vivre son fantasme (d’auteur frustré, d’adolescent orphelin, de femme délaissée) par procuration. Ozon s’amuse manifestement — et on s’

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Nos funérailles

ECRANS | Abel Ferrara Filmedia

Christophe Chabert | Mardi 10 avril 2012

Nos funérailles

Depuis longtemps épuisé dans sa précédente édition DVD, Nos funérailles était devenu un objet de culte, même pour ceux qui ne partagent pas une passion démesurée pour son auteur Abel Ferrara. Il faut dire que non seulement celui-ci était, au moment de la sortie, dans sa phase la plus créative (avec King of New York, Bad Lieutenant, Snake Eyes et même son étrange version de Body snatchers), mais aussi car Nos funérailles relève d’un classicisme à part dans son œuvre. Il appartient à un genre, le film de gangsters, codifié et face auquel Ferrara adopte une posture humble et respectueuse. Il s’agit d’observer la désagrégation d’une fratrie mafieuse suite à l’assassinat de l’un des leurs, commis avant même le début du film. Image d’autant plus marquante que le cadavre a les traits de Vincent Gallo, lui aussi en plein boum de sa carrière, et l’on se doute bien que Ferrara ne fera pas que filmer ce comédien archi-charismatique dans une posture de gisant. Les flashbacks vont donc éclairer les racines du drame, et surtout montrer qu’aux activités illégales des frangins (magistralement campés par Chris Penn et Christopher Walk

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Bains de jouvence

ECRANS | Comme beaucoup de cinéastes de l’Est, Jerzy Skolimowski a été un cinéaste errant. Chassé de Pologne par les instances communistes, il a continué sa carrière (...)

Dorotée Aznar | Lundi 2 janvier 2012

Bains de jouvence

Comme beaucoup de cinéastes de l’Est, Jerzy Skolimowski a été un cinéaste errant. Chassé de Pologne par les instances communistes, il a continué sa carrière partout où l’on voulait bien de lui ; c’est toutefois en Angleterre qu’il réalise ses meilleurs films, et notamment l’extraordinaire Deep end (1971). Skolimowski y coule son style, sous l’influence des nouvelles vagues mondiales, dans le moule du swinging London, l’explosion de couleurs pop percutant particulièrement son œil de peintre. Deep end, en cela, est un manifeste d’une intense liberté de forme et de ton, au diapason de l’énergie juvénile et sexuelle de son héros, Mike, 15 ans, puceau, embauché aux bains publics londoniens où il a pour collègue la sublime Susan, dix ans de plus que lui, fiancée, maîtresse d’un père de famille prof de sport. Skolimowski raconte leur «je t’aime, moi non plus» en dosant parfaitement une chronique des mœurs anglaises de l’époque et les tribulations burlesques et émouvantes de ce jeune garçon maladroit, introverti mais obstiné, face à cette beauté ravageuse qui ne semble avoir aucun état d’âme et encore moins d’entrave physique. Sous son impulsion, tout va céder, la mora

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Douce, Dure et Dingue

MUSIQUES | Musique / À l'en croire, Emmanuelle Seigner serait dingue. Peut-être d'avoir voulu chanter quand elle est au départ actrice, ce qui ne se fait pas, ou (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 20 mai 2010

Douce, Dure et Dingue

Musique / À l'en croire, Emmanuelle Seigner serait dingue. Peut-être d'avoir voulu chanter quand elle est au départ actrice, ce qui ne se fait pas, ou alors mal. Et si ce n'était pas réellement le cas, l'héroïne de Frantic aux traits immuables, a pu le devenir ces derniers mois avec le tourbillon médiatico-judiciaire autour de son mari Roman Polanski. D'autant que la sortie de Dingue a été repoussé de plusieurs mois suite à l'arrestation du cinéaste. La frivolité du dingue aurait fait un peu tache dans ce contexte. Surtout avec un titre comme Qui êtes vous ?, en duo avec Polanski justement. L'histoire d'une fille qui se réveille malgré elle dans le lit d'un vieux libidineux. Dommage, car on a là un tube en puissance qui dans un autre contexte aurait bien fait sourire. Après un album résolument plus rock en collaboration avec les très bof Ultra Orange, Emmanuelle se glisse cette fois-ci dans la peau d'une coquine pop façon Nancy Sinatra : voix de femme-enfant, textes en français aux mots d'ingénues, et mélodies à l'avenant pour un objet fort réjouissant. Un peu yéyé, mais pas béni oui-oui. Sixties et très swinging, sous la belle houlette de Keren Ann et Doriand. De duo avec un Iggy

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Chicas

ECRANS | De Yasmina Reza (Fr, 1h24) avec André Dussollier, Emmanuelle Seigner…

Christophe Chabert | Jeudi 4 mars 2010

Chicas

Quand on laisse huit secondes de silence en moyenne entre chaque réplique, on a intérêt à s’appeler Bergman. Ce n’est pas le cas de Yasmina Reza, et "Chicas" n’est pas, mais alors pas du tout, un "Cris et chuchotements" moderne. C’est un grand vide prétentieux, une sorte de robinet d’eau tiède très mal écrit — dialogues et structure renvoient irrémédiablement aux racines théâtrales de la réalisatrice, à peine mis en scène, se voulant sociologique et mordant mais très complaisant envers le milieu d’où il vient… Face à cette purge qui laisse du temps de cerveau disponible pour la cogitation, un point revient à l’esprit du spectateur : peut-on aujourd’hui refuser quelque chose à Yasmina Reza, auteur de l’hagiographique portrait de campagne "L’Aube, le soir ou la nuit" ? CC

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Tetro

ECRANS | De Francis Ford Coppola (Esp-It-Arg, 2h07) avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich…

Christophe Chabert | Mercredi 16 décembre 2009

Tetro

Comme sorti de nulle part, Tetro frappe d’abord par sa beauté plastique : dans un noir et blanc superbe et des plans magnifiquement composés, un jeune marin débarque à Buenos Aires pour y retrouver son frère, un écrivain qui n’écrit plus depuis qu’il a quitté l’Amérique et sa famille. Il se fait appeler Tetro, sa jambe est dans le plâtre après un accident de voiture, et il affiche un mélange d’aigreur et de désinvolture qui donne le ton du film, drôle et mélancolique, dans sa première partie. Après un Homme sans âge plutôt déroutant, Coppola reprend les choses en main et rappelle, sans tapage, quel grand cinéaste il est. S’il joue désormais profil bas, le réalisateur du Parrain ne trompe personne : intimiste et modeste, Tetro ne l’est que superficiellement. Au fil des flashbacks en couleur, à mesure que l’intrigue familiale se développe, Coppola impose au spectateur une tragédie qui se mesure largement au théâtre grec ou à celui de Shakespeare : un père spolie son frère et dérobe la femme de son propre fils, réduit du coup à masquer sa paternité pour cacher sa honte. Cette matière éminemment ambitieuse, la mise en scène, remarquable, l

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Quatre-vingt minutes avec Jerzy

ECRANS | Jerzy Skolimowski, cinéaste, retrouve la caméra pour Quatre nuits avec Anna, une «comédie noire» qui marque son retour en Pologne après des années d’exil et de peinture en solitaire. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 30 octobre 2008

Quatre-vingt minutes avec Jerzy

Lunettes noires et pardessus beige, carrure massive et calme olympien : Jerzy Skolimowski impressionne. Revient immédiatement en mémoire sa prestation en oncle russe dans Les Promesses de l’ombre, le film de David Cronenberg qui avait remis son nom sur la carte du cinéma contemporain. Car Skolimowski est un revenant. Cinéaste important de la nouvelle vague polonaise dans les années 60, auteur de films acclamés lors de son exil anglais, puis réalisateur embarqué dans des adaptations littéraires transformées en puddings européens, sa carrière s’arrête net en 1991 avec Ferdydurke, transposition ratée de l’univers de Gombrowicz. Dix-sept ans plus tard, voici Quatre nuits avec Anna, film singulier qui ressemble à un nouveau départ. Pendant cette absence, Skolimowski a exercé à plein temps sa passion de peintre. D’ailleurs, cette passion aurait pu être un métier si, au moment d’entrer à l’Académie des Beaux-Arts, il n’avait osé une plaisanterie que le système stalinien n’a guère goûté : Un des examens consistait à peindre un poster pour montrer à quel point il était formidable de vivre en Pologne, explique-t-

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Quatre nuits avec Anna

ECRANS | de Jerzy Skolimowski (Pologne-Fr, 1h27) avec Artur Steranko, Kinga Preis…

Christophe Chabert | Jeudi 30 octobre 2008

Quatre nuits avec Anna

Pour son retour au cinéma après 17 ans de silence, Jerzy Skolimowski semble redécouvrir l’enfance de son art. Il y a quelque chose de saisissant dans chaque plan de Quatre nuits avec Anna, comme si le cinéaste s’émerveillait face aux capacités de la caméra pour recréer la beauté noire et inquiétante du monde. Cette jeunesse paradoxale se retrouve dans la construction du film : un homme, introverti et bizarre, épie sa très charnelle voisine, puis la drogue pour s’introduire chez elle et passer la nuit à ses côtés. Mais quelque chose ne tourne pas rond dans le récit : on apprend que l’homme a été arrêté, suspect dans un viol qu’il n’a pas commis, qu’il a déjà un passé judiciaire pour une autre affaire… Dans cette chronologie éclatée, le suspense consiste à comprendre quand ces quatre nuits se sont déroulées dans la vie du personnage. Tout se passe dans une campagne polonaise hantée par les fantômes de l’industrialisation, que les travellings lyriques et les atmosphères sonores abstraites de Skolimowski transforment en bout du monde déprimant. Une vache morte nage sur le fleuve, un médecin écoute une sitcom en français aux dialogues aberrants… Cet

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