Cadavres à la pelle

ECRANS | De John Landis (Ang, 1h31) avec Simon Pegg, Andy Serkis…

Christophe Chabert | Mercredi 6 juillet 2011

Comme Joe Dante ou John Carpenter (avec qui il officia au sein des Masters of horror), les années 2000 ont été dures pour John Landis. Son retour avec cette comédie où l'on sourit plus que l'on ne rit est une relative bonne nouvelle, même si le film a l'air d'avoir dix ans de retard (ce qui lui donne paradoxalement un petit charme rétro). Landis prend son temps pour raconter les tribulations de deux pauvres types dans l'Angleterre victorienne, assassinant plus misérable qu'eux pour vendre des cadavres aux anatomistes londoniens. Entre Pegg le romantique et Serkis le pragmatique, le film développe un humour gentillet loin du rire noir promis, et Landis glisse ici et là ses habituels clins d'œil cinéphiles. Voir "Cadavres à la pelle", c'est comme aller boire une bière avec un pote qu'on n'a pas vu depuis longtemps : on passe un bon moment, mais on l'a oublié au réveil.
Christophe Chabert 

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« Notre plus grande force, c’est notre empathie émotionnelle » selon Matt Reeves

La Planète des Singes : Suprématie | Avec "La Planète des Singes : Suprématie", le réalisateur de "Cloverfield" Matt Reeves clôt la Trilogie simiesque, toujours accompagné par l’indispensable Andy Serkis. Rencontre avec deux sacrés primates.

Vincent Raymond | Mercredi 2 août 2017

« Notre plus grande force, c’est notre empathie émotionnelle » selon Matt Reeves

Qu’avez-vous souhaité explorer dans cet ultime volet de la trilogie ? Matt Reeves : Je voulais montrer ce moment où le personnage de César risquait de perdre l’empathie émotionnelle qu’il éprouve autant pour les Hommes que pour les Singes — car il n’est ni tout à fait l’un, ni tout à fait l’autre —, et sur laquelle repose son héroïsme. Cela m’intéressait de mettre le spectateur pendant deux heures dans la peau de César, confronté à la guerre entre les humains, mais aussi à une lutte intérieure comme nous en connaissons tous. Andy Serkis : J’ai beaucoup de chance d’avoir participé à une telle trilogie, qui a une âme, un sens, une vérité et un message politique. C’est incroyable d’avoir pu passer de l’enfance à la fin de vie, mais aussi de voir un personnage de leader trouvant sans cesse des solutions pacifiques découvrir le phénomène de la haine. Le faire passer à l’acte, voire tuer, était pour moi un formidable défi physique et psychologique. Bien qu’étant de tous les plans, vous n’êtes jamais jamais reconnaissable à l’écran. Que retrouvez-vous de vous en César ? AS : Je me vois

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César doit mourir : "La Planète des Singes - Suprématie" de Matt Reeves

Saga | Dans cet ultime volet de la trilogie, tout est bien qui finit simien. Mais qu’on ne compte pas sur nous pour révéler le pourquoi du comment : les Humains n’ont sur cette Planète plus voix au chapitre…

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

César doit mourir :

Chef incontesté des Singes, César aspire à vivre en paix avec son peuple. Mais un bataillon mené par le Colonel vient le défier en semant la mort parmi les siens. Le chimpanzé parlant se résout donc à l’affronter. En route vers son destin, il adopte une étrange fillette muette… La Planète des Singes est l’exemple rare d’une franchise dont l’intérêt ne s’émousse pas au fil des épisodes. Au volume 3 de la série en cours — dont César est le fil conducteur — on assiste même à un point d’orgue épique et tragique : Suprématie n’a rien d’une conclusion sommaire sans enjeu. C’est un total western darwinien. S’il propose sa récurrente lecture écologique en plaçant à nouveau l’humain en situation d’“espèce menacée” (l’inscription se trouve d’ailleurs arborée par un soldat sur son casque) du fait de l’avènement des singes, il suggère un moyen plus raffiné pour oblitérer l’ancien maître de la planète de son humanité — qui ne constituera cependant pas une surprise aux familiers de la saga. Au-delà, Suprématie

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"L'Âge de Glace : les Lois de l'univers" : l’esprit initial perdure

ECRANS | de Mike Thurmeier & Galen T. Chu (É-U, 1h35) avec les voix (V.O.) de Ray Romano, Simon Pegg, John Leguizamo…

Vincent Raymond | Mercredi 6 juillet 2016

Scrat et son gland ayant pris les commandes d’un vaisseau spatial abandonné dans les glaces, ils percutent un astéroïde volant en éclats en direction de la Terre, et c’est rebelote pour les mammifères tentant de leur échapper… Le cinquième opus de la franchise du studio Blue Sky lancée par Chris Wedge reprend peu ou prou une trame narrative identique aux précédents, les mêmes personnages (de plus en plus nombreux d’épisode en épisode) et surtout ses deux ingrédients essentiels que sont un comique à gags héritier du screwball cher à Tex Avery — une absurdité délirante conjuguée à un rythme trépidant — et des intermèdes dédiés aux mésaventures de Scrat. Cette formule bien rodée, assurant une démarcation nette entre la zone de surenchère attendue par les spectateurs d’une suite de suite(s), et celle de la narration ordinaire, a l’avantage d’empêcher le film de basculer dans une hystérisation globale — qui le rendrait insupportable. Rendons cette justice à Blue Sky d’avoir su entretenir son succès avec intelligence, évitant d’inonder les écrans trop souvent pour alimenter le désir du public, tout en perpétuant l’e

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La Planète des singes : l’affrontement

ECRANS | Cruelle déception : cette deuxième partie censée expliciter les origines du récit de Pierre Boulle ne possède ni l’efficacité, ni la puissance politique du premier volet, Matt Reeves se coulant dans le moule industriel du blockbuster estival. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 15 juillet 2014

La Planète des singes : l’affrontement

Alors que personne ne misait un kopeck sur son éventuelle réussite, La Planète des singes : les origines avait séduit à peu près tout le monde par son mélange d’exploit technique et d’efficacité narrative, sans parler de son étonnant contenu politique, où les esclaves-singes se révoltaient contre leurs maîtres-humains. Rupert Wyatt et ses deux scénaristes, Rick Jaffa et Amanda Silver, avaient eu l’intelligence de coller aux codes du film de prison pour conférer à ce prequel la vitesse et la sécheresse des meilleures séries B. Dans un monde bien fait, on aurait dû en rester là et regarder en boucle ce modèle de divertissement intelligent. Mais la loi hollywoodienne exige qu’on ne laisse jamais un succès dormir sur ses deux oreilles… Wyatt au placard, remplacé par Matt Reeves, Jaffa et Silver cornaqués par le renégat Mark Bomback — le dernier Wolverine, le quatr

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English résolution

ECRANS | Le cinéma britannique, comme le Royaume-Uni lui-même, est une entité plurielle. Entre le cinéma social et la tradition du cinéma de genre, entre les stylistes (...)

Christophe Chabert | Vendredi 24 janvier 2014

English résolution

Le cinéma britannique, comme le Royaume-Uni lui-même, est une entité plurielle. Entre le cinéma social et la tradition du cinéma de genre, entre les stylistes et les réalistes, il y a parfois des gouffres… Le festival Ciné O’Clock du Zola se charge de réunir tout cela en une dizaine de jours, mélangeant fleurons récents, classiques et avant-premières. Dans cette programmation éclectique, recommandons d’abord une séance délocalisée au Scénario de Saint-Priest, celle du Dernier pub avant la fin du monde, ultime volet de la "trilogie Cornetto" d’Edgar Wright et Simon Pegg. Passée inaperçue à sa sortie, il s’agit pourtant de leur œuvre la plus accomplie et ambitieuse, la satire sociale attendue se muant en cours de route en remake déglingué de Body Snatchers, mais aussi, et c’est assez nouveau, en réflexion acide sur la joyeuse démission de l’humanité face à l’idée même de civilisation. Sans parler de ses incroyables scènes d’action, où le mobilier des pubs anglais se transforme en armes renvoyant aux chorégraphies du cinéma asiatique. Niveau inédits, il faudra guetter For those in peril de Paul Wright, qui fit forte impression à la dernière Semain

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