Lumière, le week-end : Dernier atout

ECRANS | Bilan avant fermeture…

Dorotée Aznar | Lundi 10 octobre 2011

Comme d'habitude, on a fini le festival absolument cramé des neurones, et trempé de la tête aux pieds, la météo ayant décidé à mi-parcours de passer de l'été à l'automne sans transition. Un peu indécis aussi, sur cette édition de Lumière 2011. Si on la juge à la quantité de bons films vus, il n'y a rien à redire. Si on mesure son succès à l'affluence des spectateurs, pas de souci, sinon peut-être celui des charters de scolaires ayant parfois servi à remplir les séances, selon la méthode bien rôdée du théâtre public subventionné qui va compléter ses budgets avec la manne de l'éducation nationale et le racket des parents d'élèves. Mettons que c'est de bonne guerre… Enfin, si on s'attarde sur les invités et surtout, sur la qualité de leurs présentations, il faut reconnaître que Lumière a fait un sacré bond : on n'oubliera pas de sitôt cette séance mythique où Depardieu, Kervern, Delépine, Gianolli et Dupontel sont venus parler de Pialat et de "Sous le soleil de Satan", arrivant à concilier analyse sérieuse, anecdotes drôlissimes et évocation émouvante. 30 minutes hallucinantes, passionnantes, qui résument la générosité avec laquelle Depardieu a empoigné l'hommage qui lui a été rendu, allant présenter toutes les séances du samedi avant sa consécration par le Prix Lumière le soir à l'Amphi 3000. Mais Avary présentant "The Plague dogs", Dupontel parlant du "Trou", Jean-Paul Gauthier relatant son rapport à "Falbalas", sans oublier les présentations de gens moins célèbres mais tout aussi passionnants (saluons ainsi l'équipe du Comœdia, qui fait bien plus qu'accueillir le festival, mais qui y participe activement, cf les instructifs commentaires de Dominique Mathias en ouverture de "Park Row" de Fuller) ; ce pari, d'abord hésitant, est aujourd'hui tenu.Qu'est-ce qui cloche, alors ? Un truc de fond, qui nous a éclaté à la gueule lors de la conférence de presse de Depardieu le dimanche matin : toute la semaine, on a eu le sentiment d'osciller entre grande célébration festive de la cinéphilie et oraison crépusculaire à un art perdu. Tout a commencé avec Jean-Paul Rappeneau nous expliquant qu'il avait passé trois ans sur un projet qui n'a pu aboutir, faute de financement. Puis ce fut Roger Avary qui, en présentant "The Plague dogs", expliqua que les spectateurs américains d'aujourd'hui n'étaient plus capables de ressentir «le spectre des émotions» procurées par le cinéma, notamment les plus sombres et les plus tristes ; ou Dupontel, qui disait avec un brin de fatalisme que tous les grands films ont été des échecs en leur temps, parlant du "Trou" mais appliquant probablement la formule à quelques œuvres contemporaines un peu vite vilipendées par des spectateurs pressés et soucieux d'efficacité immédiate ; enfin, Depardieu donc, qui mit les pieds dans le plat en expliquant comment, peu à peu, le cinéma contemporain l'avait désintéressé. Producteurs flamboyants remplacés par des responsables de chaînes incultes, des distributeurs frileux, des cinéastes qui ne sont plus guère que des réalisateurs visuellement compétents, autrement dit de braves petits soldats de l'industrie. Et combien de fois, en sortant d'une projection, se disait-on que personne en France, aujourd'hui, ne réussit des comédies aussi bonnes que "Le Sauvage" de Rappeneau, ou "Édouard et Caroline" de Becker ; Que "Sous le soleil de Satan", c'est quand même plus couillu que "Des hommes et des Dieux" ; que "Le Trou", ça reste quoiqu'on en dise un film qui fait l'honneur du cinéma français, tant s'y invente une maestria du récit dans l'épure la plus complète, l'art et le divertissement ne faisant d'un seul coup plus qu'un… C'est l'effet traître de Lumière : en piochant dans 110 ans de cinéma 70 films, il donne l'impression d'en résumer l'Histoire, alors qu'il n'en retient que l'essentiel. L'accessoire, c'est-à-dire toutes les daubes que l'on voit et chronique à longueur d'années dans nos colonnes, est appelé à disparaître de nos mémoires, de la mémoire. À ce titre, les 20 ans de Rhône-Alpes cinéma illustraient bien la chose : 200 films, mais combien d'importants ? Pas beaucoup, à peine de quoi remplir les affiches célébrant leur anniversaire…Pas de bol, car la semaine du festival Lumière, "Drive" est sorti sur les écrans. Et on ne pouvait s'empêcher de penser que pendant qu'on déployait le tapis rouge au cinéma du passé, dans les mêmes salles se jouait peut-être son avenir. Quel avenir ? Celui d'un cinéma d'auteur européen qui s'hybride joyeusement avec les codes mainstream américain, où les stars, soudain responsables, sentent que c'est elles qui ont aujourd'hui le pouvoir de faire changer la donne et de rendre aux metteurs en scène les moyens d'accomplir leur vision. On ne dit pas que tout ce qui s'est dit pendant Lumière était faux : oui, la situation est grave, les décideurs sont des idiots omnipotents ne jurant que par le pognon mais sachant surtout en dépenser n'importe comment (la sinistre affaire de "La Guerre des boutons", fiasco commercial à 29 millions d'euros minimum…), les yes men envahissent l'espace du cinéma français et inondent de leurs produits pourris les salles comme hier les actifs toxiques détruisaient insidieusement les banques… Mais on n'a pas tellement envie que Lumière devienne un festival de la nostalgie. Le cinéma est un peu malade, mais il n'est pas impossible à guérir. Les anticorps, ce sont les spectateurs, qui doivent une bonne fois pour toutes user du grand pouvoir qui est entre leurs mains : dire au mauvais cinéma contemporain qu'il l'est, refuser conjointement inepties commerciales et auteurisme arrogant pour faire dès à présent le tri dans l'offre proliférante qui débarque chaque semaine. Écrire, ici et maintenant, le festival Lumière 2061, en quelque sorte.

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Lumière, jour 3. Ne travaillez jamais !

ECRANS | I Giorni contati d’Elio Petri. Édouard et Caroline de Jacques Becker.

Dorotée Aznar | Vendredi 7 octobre 2011

Lumière, jour 3. Ne travaillez jamais !

Après un petit moment de flippe le premier jour, où les films vus n’étaient jamais à la hauteur de nos attentes, et suite aux retours enthousiastes sur la rétrospective Wellman que l’on avait décidée de laisser de côté, on se demandait si le choix de traverser le festival Lumière en privilégiant raretés et inédits étaient la bonne solution. On enviait les gens qui, de retour d’une projection de "Loulou" ou de "Casque d’or" qu’ils découvraient pour la première fois, étaient encore sous le choc de ce qu’ils venaient de voir. Mais ce jeudi, deux films nous ont finalement donné raison et on a vu, dans des registres fort différents, du très grand cinéma, incontestablement. I Giorni contati, deuxième film d’Elio petri selon Alberto Barbera (troisième selon IMDb), a complètement effacé le souvenir un peu mitigé de "L’Assassin". Petri trouve ici à la fois son style et son ton, et fait bien plus qu’annoncer ses réussites futures : il est déjà au sommet de son art. Le film raconte l’odyssée de Cesare, un plombier qui, en prenant le bus un matin pour aller travailler, est confronté à une mort scandaleusement ordinaire. Le contrôleur demande son billet à un passager, avant

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Lumière, jour 2 : Grands enfants

ECRANS | Portrait d’une enfant déchue de Jerry Schatzberg. Dites-lui que je l’aime de Claude Miller.

Dorotée Aznar | Jeudi 6 octobre 2011

Lumière, jour 2 : Grands enfants

Il y a une histoire qui lie Jerry Schatzberg à l’Institut Lumière. Il a fait partie des cinéastes qui ont rejoué "La Sortie des usines Lumière" pour le centenaire du cinématographe ; quelques années après, il avait été invité pour présenter "L’Épouvantail", et la projection dans la salle du hangar fut pour lui l’occasion de redécouvrir sur grand écran et dans le format scope original un film qu’il n’avait plus revu depuis des années ; pour la première édition du festival Lumière, il avait investi le village et y avait présenté ses photographies récentes, le cinéaste retrouvant, peut-être contraint et forcé, sa vocation initiale. La photographie, de rock et de mode, c’est ce qui quarante ans auparavant lui avait permis de passer à la réalisation avec "Portrait d’une enfant déchue", présenté à Lumière 2011 dans une copie neuve fulgurante de beauté. Du coup, rien d’étonnant à le voir, ce mardi, passer la journée seul dans ce même village, assis à une table, visiblement heureux d’être là. Schatzberg est un peu chez lui à Lyon, et chacune des projections de son film est l’occasion d’un bel hommage des spectateurs, venus nombreux découvrir cette première œuvre d’une bluffante modernit

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Lumière 2011, jour 1 : Les enragés

ECRANS | Falbalas de Jacques Becker. L'Assassin d'Elio Petri. The Plague dogs de Martin Rosen.

Dorotée Aznar | Mercredi 5 octobre 2011

Lumière 2011, jour 1 : Les enragés

La vocation du cinéphile est chose complexe. C’est ce qu’on se disait en rentrant chez nous après une première journée bien remplie au festival Lumière. Débutée par une rencontre passionnante avec Ned Price, responsable du mastering à la Warner, venu présenter la restauration colossale (un an et demi de travail) de "Ben Hur" à UGC Ciné Cité ce mercredi soir, elle s’est poursuivie avec trois films présentés par des personnalités fort différentes : un couturier, un responsable de cinémathèque et un cinéaste. Quatre manières de regarder le cinéma : technique pour Price, qui se définit dans son métier comme «agnostique», c’est-à-dire œuvrant à la préservation d’un catalogue sans porter de jugement de valeur sur les films qu’il restaure ; intime pour Jean-Paul Gauthier, qui expliqua à quel point "Falbalas" de Jacques Becker avait forgé sa détermination à travailler dans la haute-couture, et même impacter sur sa personnalité et sa manière de parler (effectivement, le parallèle entre les intonations de Raymond Roulleau dans le film et celles de Gauthier sont troublantes) ; professionnel pour Alberto Barbera, directeur de la cinémathèque de Turin, à l’origine de la restauration de "L’As

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Depardieu, évidemment…

ECRANS | Entretien / Jean-Paul Rappeneau, cinéaste rare, précieux et exigeant, présentera au troisième festival Lumière la copie restaurée du Sauvage et, pour la séance de clôture, celle de Cyrano de Bergerac, en hommage à Gérard Depardieu, Prix Lumière 2011. Propos recueillis par Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 30 septembre 2011

Depardieu, évidemment…

L’année dernière vous êtes venu présenter La Vie de château avec Pierre Lhomme, votre chef opérateur, au festival Lumière. Quelles avaient été vos impressions ?Jean-Paul Rappeneau : J’en garde un souvenir magnifique. Ni moi, ni Pierre Lhomme n’avions vu le film depuis longtemps, en tout cas pas en salles. Se retrouver avec un public très nombreux, notamment beaucoup de garçons et de filles qui ne l’avaient jamais vu parce qu’ils étaient trop jeunes, et qui à la fin applaudissent longuement, c’était formidable. En plus, cette année, avec l’hommage à Gérard Depardieu, Cyrano de Bergerac va être projeté dans la Halle Tony Garnier ; du coup, je vais venir avec un de mes petits-fils de 8 ans, et j’ai hâte de voir la tête qu’il va faire quand il verra le film dans cette salle ! Vous avez deux actualités pendant le festival : cette projection de Cyrano, et la copie restaurée du Sauvage. Comment avez-vous été associé à cette restauration ?Le négatif original du Sauvage avait été abîmé parce qu’on avait tiré trop de copies, et il n’était plus possible d’en tirer d’autres. Pour préserver le film, il fallait restaurer.

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Lumière en piste

ECRANS | Le festival Lumière commence ce lundi avec la projection à la Halle Tony Garnier de The Artist. Avant un premier défilé d’invités le lendemain venus présenter des trésors du patrimoine cinématographique. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Dimanche 25 septembre 2011

Lumière en piste

En général, la soirée d’ouverture d’un festival donne le là de ce qui va se passer par la suite. Mais cette année, le festival Lumièrefait une infidélité à la règle. Car, même s’il s’agit d’un hommage au cinéma muet des années 30, celui qui va être bousculé par l’arrivée du parlant, The Artist est bel et bien un film contemporain, réalisé par Michel Hazanavicius avec son acteur-fétiche, Jean Dujardin, qu’il avait déjà transcendé dans les deux OSS 117, et qui livre une fois de plus une prestation montrant l’étendue de son talent — physique, précise et fantaisiste. Mais voilà : le film est décevant, terriblement décevant (son accueil à Cannes est grandement lié à la surestimation systématique des comédies au sein de la compétition). Le scénario est basique, les personnages monolithiques, les gags répétitifs. On y reviendra, puisque le film sort le 12 octobre, mais comme 7000 spectateurs vont se retrouver là-devant dans une ambiance «festive», dans une Halle Tony Garnier bourrée de people grimpant sur la scène pour tenter un hurlement choral («Nous déclarons le troisième festival Lumière ouvert»), il y a fort à parier que le mirage collectif cannois va perd

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Inédits (mais plus pour longtemps)

ECRANS | Parmi les films présentés lors du prochain festival Lumière, les cinéphiles pourront découvrir un certain nombre d’inédits en salles, et parfois même en vidéo. Petit tour d’horizon de ces raretés qui ne doivent pas être oubliées au milieu des événements de l’événement. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Lundi 19 septembre 2011

Inédits (mais plus pour longtemps)

En feuilletant le (beau) catalogue du troisième festival Lumière, on découvre avec étonnement que, dans la rétrospective Yakuza !, la plupart des films présentés sont inédits en salles. Certes, les cinéphiles ont pu découvrir Police contre syndicat du crime ou Guerre des gangs à Okinawa grâce aux éditions DVD signées Wild side. Mais ces œuvres tournées dans un scope majestueux, aux couleurs explosives et aux mises en scène spectaculaires méritent d’être vues sur un grand écran. Au fil des thématiques et des cycles proposés au cours du festival, les inédits sont nombreux : une partie de la rétrospective Wellman, le film turc La Loi de la frontière présenté par Fatih Akin, le film polonais Jowita… Ou encore cet énigmatique dessin animé américain, The Plague dogs, signé par un certain Martin Rosen, dont les organisateurs viennent d’annoncer qu’il pourrait être présenté par rien moins que Roger Avary, mythique co-scénariste de Pulp fiction et réalisateur des très bons Killing Zoé et Les Lois de l’attraction. À suivre, de près ! Enquête sur un cinéaste au-dessus de tout soupçon En choisissant le Musée national du cinéma de Turin co

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Trois questions à Thierry Frémaux

ECRANS | Petit Bulletin : La présentation de The Artist en ouverture du festival à la Halle Tony Garnier ne pose-t-elle pas le même problème que l’avant-première à Bercy (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 1 septembre 2011

Trois questions à Thierry Frémaux

Petit Bulletin : La présentation de The Artist en ouverture du festival à la Halle Tony Garnier ne pose-t-elle pas le même problème que l’avant-première à Bercy du dernier Harry Potter ?Thierry Frémaux : Il y a un flou juridique. Ce n’est pas illégal de la part de la Warner de faire des opérations commerciales payantes autour de ses films. On a proposé à l’ARP [Société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs, NdlR] et aux exploitants de faire un dépaysement de la billetterie, mais ils n’ont pas voulu, jugeant que c’était trop compliqué. Le plus drôle, c’est que Michel Hazanavicius, réalisateur de The Artist, est aussi membre de l’ARP. Finalement, ce sera juste une avant-première exceptionnelle d’un film qui sortira dix jours après. Vous avez prévu un hommage pour les 20 ans de Rhône-Alpes cinéma, mais vous ne montrez pas de films co-produits par la structure. Parce qu’ils ne sont pas montrables ?C’était pour ne pas faire de jaloux parmi les cinéastes qui ont tourné dans la Région. Il y aura peut-être une avant-première d’un des films coproduits récemment par Rhône-Alpes cinéma. Nous invi

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Toute la lumière sur Lumière

ECRANS | On connaît enfin la programmation complète du festival Lumière, et notamment celle de l’hommage rendu à Gérard Depardieu. Quelques bonnes surprises figurent aussi dans la liste des films et des invités. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 1 septembre 2011

Toute la lumière sur Lumière

Après un été d’attente fébrile, la voici, la voilà : la liste complète des films et des événements (mais aussi, déjà, un certain nombre d’invités) du prochain festival Lumière. À commencer par le film d’ouverture projeté à la Halle Tony Garnier. Surprise, ce ne sera pas un classique mais un film tellement récent qu’il n’est pas encore sorti. On peut comprendre le choix de The Artist, l’hommage de Michel Hazanavicius au cinéma muet américain des années 30, dans lequel Jean Dujardin joue un acteur star soudain bousculé par l’irruption du parlant ; on peut aussi discuter la qualité du film, plaisant dans sa première demi-heure, laborieux par la suite, la faute à un scénario qui semble avoir été écrit à l’époque ; on peut enfin s’interroger sur les problèmes économiques posés par cette séance — sur ce point, la réponse de Thierry Frémaux est très claire (lire ci-dessous). Six jours plus tard, au même endroit, le festival s’achèvera avec la projection de Cyrano de Bergerac, pour lequel Depardieu (comme Dujardin cette année) avait obtenu le prix d’interprétation masculine à Cannes, et qui est effectivement un des sommets de son travail d’acteur. Le film de Rappeneau se regarde toujour

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La griffe du passé

ECRANS | Kazan, Polanski, Monicelli et Welles pour la première moitié de saison de la ciné-collection, William Klein pour démarrer celle de l’Institut Lumière : le cinéma de patrimoine fait aussi sa rentrée. CC

Christophe Chabert | Mercredi 24 août 2011

La griffe du passé

On le guette désormais avec curiosité et bonheur : le programme de la ciné-collection itinérante dans les salles du GRAC est souvent un bon baromètre pour la saison cinéphile à venir. Favorisé par le dynamisme des distributeurs, qui n’hésitent plus à restaurer et faire circuler tout au long de l’année les trésors du patrimoine cinématographique, le rendez-vous prend chaque année de l’ampleur. Pour cette fin 2011, les cinq films choisis parlent d’eux-mêmes : "À l’est d’Eden", par exemple, dont l’aura mythique liée à la carrière éclair de James Dean cache le fait qu’il était devenu difficile à voir sur grand écran. La mise en scène flamboyante d’Elia Kazan, en cinémascope et technicolor, y trouve pourtant toute son ampleur. De même, il est bon, à l’heure où la religion devient inattaquable et où les films d’horreur satanistes ne font plus peur à personne, d’aller se remettre "Rosemary’s baby" en mémoire. Polanski, en 1968, s’y livrait à un grand exercice de terreur quotidienne et à une attaque subtile contre les croyances de son époque, les adorateurs du malin y proliférant sur les ruines du christianisme terrassé par la mode hippie. Klein d’œil

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Jacques, Gérard, William, Roger et les autres…

ECRANS | Le troisième festival Lumière consacrera Gérard Depardieu après Eastwood et Forman, au milieu d’une brochette de cycles, hommages et rétrospectives à l’hétérogénéité revendiquée. Détail en quatre points. CC

Christophe Chabert | Lundi 29 août 2011

Jacques, Gérard, William, Roger et les autres…

1. Depardieu Le grand Gégé a certes encore fait des siennes cet été (mais n’est-ce pas pour ça qu’on l’aime ?), mais aucune raison de bouder son plaisir à l’idée de le voir présenter, au milieu de ses amis comédiens et cinéastes, quelques fleurons de son œuvre d’acteur. Lesquels ? On n’en sait toujours rien à l’heure où nous écrivons ces lignes, mais s’il y a dans la liste Rêve de singe, La Dernière femme, Buffet froid, Danton, Loulou et 1900, on sera ravis. Quoiqu’il en soit, il recevra le Prix Lumière le samedi 8 octobre à la salle 3000 de la Cité internationale.  2. Becker Pas Jean (quoiqu’ici, on a toujours défendu ses films…), mais son père, Jacques, le réalisateur de Casque d’or et de Touchez pas au Grisbi, mais aussi de Goupi mains rouges et du Trou (chef-d’œuvre !), ou encore des discutables Montparnasse 19 et Ali baba et les quarante voleurs — avec Fernandel, peuchère ! L’intégrale de son œuvre sera présentée en copies neuves pendant le festival, et c’est le morceau de choix de cette édition.  3. Wellman L’ombre de Bertrand Tavernier va planer au-dessus de c

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