Les Lyonnais

ECRANS | D’Olivier Marchal (Fr, 1h40) avec Gérard Lanvin, Tchéky Karyo, Daniel Duval…

Dorotée Aznar | Mercredi 16 novembre 2011

À l'origine, Olivier Marchal voulait retracer l'histoire du gang des Lyonnais, célèbres braqueurs des années 70, sur deux époques, à travers une fresque cinématographique dont le premier montage dépassait les deux heures quarante. Que s'est-il passé pour qu'à l'arrivée il accouche d'un fantôme de film centré sur la part la moins pertinente de son récit, celle, contemporaine, où Edmond Vidal reprend du service pour sortir de taule son ancien complice Serge Sutel ? Le rythme de ces Lyonnais pose assez vite question : tout est expédié, les enjeux sont flous, les personnages mal dessinés, les séquences (à l'exception d'une évasion assez spectaculaire) réduites à des clips esthétisants (la musique, éternel péché du cinéma de Marchal, insupporte par son omniprésence). N'assumant rien, ni la mélancolie de ces truands vieillissants (on est loin de Touchez pas au Grisbi), ni la fougue rock'n'roll de leurs alter-ego juvéniles, Marchal commet de plus une erreur fatale : privilégier à la sobre prestation de Karyo celle, grandiloquente de virilité constipée, d'un Lanvin en phase de «delonisation» (plus un film où il ne dit pas à un moment qu'il a «des couilles»). Plus ennuyeux qu'énervant, Les Lyonnais est un terrible gâchis. Christophe Chabert

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« On essaie de rentrer dans le caractère de notre personnage »

Les Indestructibles 2 | Gérard Lanvin, Louane Emera et Amanda Lear figurent au générique français des "Indestructibles 2", dont ils ont assuré la post-synchronisation. La tentation était grande de les faire parler de leur voix, et de leur rapport au doublage…

Vincent Raymond | Lundi 9 juillet 2018

« On essaie de rentrer dans le caractère de notre personnage »

Pensez-vous que votre voix ait un super-pouvoir ? Louane Emera : Ah, ça c’est pour Gérard ! Gérard Lanvin : Oui… Les trois personnes que vous avez en face de vous ont des “voix“. On n’y peut rien, c’est un don ; on l’a reçu et on s’en sert. En fait, on nous l’a fait découvrir : à un moment, on vous a dit : « tu sais que tu as une fois vachement intéressante » Et c’est là que vous prenez conscience que la voix pour un acteur est vraiment indispensable et fondamentale : elle fait la différence. Elle donne l’énergie. Amanda Lear : Il y a des voix qui vous calment, vous guérissent, vous donnent des érections instantanées… GL : La mienne ! (rires) LE : Moi c’est différent, parce que j’ai vraiment commencé par la musique, par chanter — parce que j’aimais ça. J’ai pas vraiment compris tout de suite ce que cela pouvait faire. C’est après qu’on le ress

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Mythes au logis : "Les Indestructibles 2"

Animation | De retour à l’animation après sa parenthèse en prise de vues réelles, Brad Bird donne une suite superlative à ses Indestructibles, où le divertissement n’exclut pas le politique. La marque de Pixar.

Vincent Raymond | Mardi 3 juillet 2018

Mythes au logis :

Après un énième sauvetage destructeur, la famille Indestructible est, comme tous autres super-héros, définitivement hors-la-loi. Mais un milliardaire désireux de les réhabiliter propose à Hélène d’incarner cette reconquête. Pendant ce temps, Bob gère les enfants à la maison, et notamment bébé Jack-Jack qui révèle d’étonnantes dispositions… À cette lointaine époque (il y a… quatorze ans) où les héros masqués étaient moyennement à la mode — Sam Raimi venait tout juste de sortir Spider-Man — Brad Bird avait eu le nez creux en sortant Les Indestructibles. Non seulement il revisitait l’univers codifié des “super“ selon le prisme Pixar, en combinant vision décalée et parodique, mais il permettait indirectement à Disney d’entrer (certes par une porte dérobée) dans ce territoire, jalousement gardé par Warner (Superman, Batman) et la Fox. Et Dieu dans tout ça ? La donne a changé aujourd’hui où la Maison de Mickey possède l’essentiel de la plus grande fabrique à mutants en

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Clovis Cornillac : « Quel bonheur de faire des films ! »

Entretien | Après Nicolas Vanier et Christian Duguay, Clovis Cornillac signe le troisième et dernier épisode de Belle et Sébastien, adaptation grand écran de la série de Cécile Aubry. Le réalisateur y joue aussi le rôle du méchant.

Aliénor Vinçotte | Vendredi 16 février 2018

Clovis Cornillac : « Quel bonheur de faire des films ! »

Pourquoi autant de temps entre vos deux longs-métrages ? Clovis Cornillac : Entre les deux, j’ai aussi réalisé quatre épisodes de la saison 2 de Chefs, la série télévisée. Même si c’est passionnant, la réalisation demande beaucoup de temps. Belle et Sébastien 3 m’a pris un an et demi, tous les jours jusqu’à aujourd’hui. Mais quel bonheur de faire des films — c’est dément ! Qu’est-ce qui vous a amené à réaliser Belle et Sébastien 3 ? Son producteur Clément Miserez. La proposition en elle-même m’a un peu déstabilisé au début — je ne voyais pas le lien avec moi. C’est à la lecture du scénario que je me suis fait avoir, car l’histoire m’a plongé dans la littérature d’aventures, type nord-américaine comme Conrad, Steinbeck. J’ai alors réalisé que ce genre de films d’aventures n’existe plus en France. On ne nous donne plus la possibilité d’en faire. J’étais aussi très intéressé par les thématiques comme la nature, les animaux, l’enfant et la figure du grand-père. Ce qui m’amusait plus que tout, c’était l’idée de faire un conte, de pouvoir emmener ce film sur des références qu

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Chienne d’arrêt : "Belle et Sébastien 3 : le dernier chapitre"

Pour occuper les enfants pendant les vacances | de et avec Clovis Cornillac (Fr, 1h37) avec également Félix Bossuet, Tchéky Karyo…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Chienne d’arrêt :

Comme si la montagne lui tombait sur la tête ! Sébastien, qui a désormais douze ans, apprend que son père veut l’emmener au Canada, loin de ses alpages chéris. Pire que tout, Joseph, un odieux bonhomme débarqué de nulle part, revendique la propriété de Belle et de ses trois chiots… Après deux opus touristiques sentant le foin, le vieux poêle et les années cinquante, on n’attendait plus grand chose de Belle et Sébastien, si ce n’est une nouvelle collection de chandails qui grattent et de guêtres en flanelle. Pur objet de producteurs, confié de surcroît à un réalisateur différent, chaque épisode de ce reboot du feuilleton de l’ORTF a déjà l’air d’être la rediffusion de Heidi contre Totoro. Alors, quelle heureuse surprise que ce volet qui, en plus d’annoncer clairement la fin de la série, le propulse dans une direction inattendue. Comme dans Harry Potter, gagnant en noirceur au fur et à mesure que le héros-titre prend de l’âge, Sébastien s’approche de l’adolescence en se confrontant à l’arrachement et à la perte de ses référents d

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Les Mauvais Gones

Festival | Envie de prolonger les rivages noirs de Quais du Polar ? Entre la fumée des cigares et des canons, trois films de mauvais garçons vous attendent pour (...)

Julien Homère | Mardi 4 avril 2017

Les Mauvais Gones

Envie de prolonger les rivages noirs de Quais du Polar ? Entre la fumée des cigares et des canons, trois films de mauvais garçons vous attendent pour un tour d’horizon rock'n'roll, à en faire saliver le plus coriace des affranchis. De l’ambiance vénéneuse Des hommes sans loi de John Hillcoat à la fièvre de Casino en passant par la nostalgie des Lyonnais, voilà “une offre qu’on ne peut pas refuser” comme le dirait Marlon. Les Mauvais Gones À l’UGC Ciné Cité Confluence du mercredi 5 au vendredi 7 avril

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Mauvais gones & belles bobines

Festival | Avis aux amateurs de Smith & Wesson, de chef-d’œuvres et de films moins connus, les gangsters de Casino, Les Lyonnais et Des hommes sans loi se (...)

Julien Homère | Lundi 20 février 2017

Mauvais gones & belles bobines

Avis aux amateurs de Smith & Wesson, de chef-d’œuvres et de films moins connus, les gangsters de Casino, Les Lyonnais et Des hommes sans loi se côtoient dans un nouveau festival, voisin en date et en genre de Quais du polar : Les Mauvais Gones. Braquage de la billetterie sur Facebook, tarif étudiant 8€ et adulte 9€50. Les Mauvais Gones L’UGC Ciné Cité Confluence du mercredi 5 au vendredi 7 avril

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L’Indomptée

ECRANS | Co-scénariste de Philippe Garrel sur Un été brûlant et La Jalousie, Caroline Deruas signe avec L’Indomptée son premier long-métrage. Rome, la Villa Médicis : (...)

Julien Homère | Mardi 14 février 2017

L’Indomptée

Co-scénariste de Philippe Garrel sur Un été brûlant et La Jalousie, Caroline Deruas signe avec L’Indomptée son premier long-métrage. Rome, la Villa Médicis : les destins de Camille et son mari Marc Landré, tous deux écrivains et d’Axèle, une photographe, s’entrechoquent. Dans le couple comme dans la résidence, les tensions vont monter jusqu’à l’explosion finale. Volontairement elliptique, cet essai tient plus du cinéma abstrait de Lynch que du film de chambre d’Eustache. Sans compromis dans son traitement expérimental, L’Indomptée est un beau brouillon, un exercice de style prometteur plus qu’un travail accompli. Si la réalisatrice reste encore prisonnière de ses influences, le trio d’acteurs (Hesme, Thiam, Karyo) donne corps et vie à ce qui aurait pu ressembler à un étalage de références un peu guindé.

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Premiers crus

ECRANS | De Jérôme Le Maire (Fr., 1h37) avec Gérard Lanvin, Jalil Lespert, Alice Taglioni…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2015

Premiers crus

Un patriarche bourguignon bourru (comme le vin) ayant laissé partir à vau-l’eau son domaine viticole depuis que femme et enfants l’ont abandonné est sauvé de la faillite par son fils prodigue, devenu un critique réputé. Aussi têtu que son père, le fiston décide de recourir aux bonnes vieilles méthodes artisanales… Sur la réserve, en bon comédien de garde, Lanvin évoque le Gabin massif et taiseux époque La Horse – à la différence qu'il ne distribue pas de taloches. Il se dévoue hélas à un scénario un peu bouchonné, laissant une impression de déjà-bu. Reste une imagerie de la Bourgogne forcément magnifiée, assourdie par la partition de Jean-Claude Petit.

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96 heures

ECRANS | De Frédéric Schoendoerffer (Fr, 1h36) avec Niels Arestrup, Gérard Lanvin, Laura Smet…

Christophe Chabert | Mardi 22 avril 2014

96 heures

Pris en otage par Kancel, un truand suave mais très méchant, le patron de la BRB a 96 heures pour avouer quel est l’enfant de salaud qui l’a balancé et l’a envoyé croupir derrière les barreaux. Entouré d’hommes de main aussi bêtes que sadiques, Kancel boit du bon vin, fait un barbecue, va rendre visite à sa fille et à son petit fils et s’énerve de temps en temps, de préférence quand on ne s’y attend pas. Un rôle sur mesure pour un Niels Arestrup excellent mais qui, cette fois-ci, ne sauve pas le film de la médiocrité totale. Entre un Gérard Lanvin qui laisse ses couilles tranquilles pour s’occuper exclusivement de l’oreillette très visible dans laquelle on lui souffle ses dialogues, des rebondissements que l’on devine en moyenne vingt minutes avant leur arrivée à l’écran et une direction artistique calamiteuse qui souligne le budget visiblement serré de cette série B mal assumée au scénario débile, tout est au bas mot grotesque et dépourvu de toute intensité dans le suspense. Depuis son nanar Truands, on ne croit plus trop en un sursaut de Schoendoerffer ; 96 heures confirme qu’il ferait mieux d’aller tourner des épisodes de Braquo — à moins qu

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Mea culpa

ECRANS | De Fred Cavayé (Fr, 1h30) avec Vincent Lindon, Gilles Lellouche…

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

Mea culpa

«Sur une idée d’Olivier Marchal» nous dit le générique de fin. Tout s’explique ! L’idée en question est en fait un fonds de commerce : un ex-flic traumatisé et au fond du trou va tenter de se racheter en protégeant son fils et en flinguant à tout va du méchant, ici des gangsters serbes dont les motivations sont très sommairement résumées : «les filles et la came». Justice expéditive, tirage de tronches et gros accès de virilité sont donc au programme, mais là n’est pas le problème de cet actionner à la française. Il y a d’un côté la minceur du scénario — pas grave — et de l’autre sa farandole d’incohérences, que Cavayé tente de noyer sous une pluie de fusillades, poursuites et bastons qui ne justifient jamais la réputation de "bon artisan" appliquée un peu vite au cinéaste. Rien ne tient debout donc, que ce soit la gestion du temps, de l’espace ou de l’élémentaire réalisme des situations — les flics interviennent une bonne heure après un carnage homérique dans une boîte de nuit, une bagnole va plus vite qu’un TGV… On a tendance à fustiger l’état de la comédie française ; mais entre Besson, Cavayé et Marchal, le polar d’ici n’est pas for

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Les amants de la nuit

ECRANS | Jacques Bral revient à l’Institut Lumière pour présenter la copie restaurée d’"Extérieur nuit", film culte fonctionnant sur l’entre-deux : entre deux décennies, entre la nuit et le petit matin, entre l’utopie et la désillusion… CC

Christophe Chabert | Mardi 16 février 2010

Les amants de la nuit

En 1980, alors que le cinéma français se cherche un deuxième souffle, la société française s’apprête à tourner la page : mai 68 va devenir mai 81, et l’esprit du premier échouera sur la réalité pragmatique et les nombreux renoncements du second. En apparence, "Extérieur nuit" ne parle pas de ça, puisque son scénario ne fait que prolonger ce qui est, depuis la Nouvelle Vague, l’ordinaire du cinéma d’auteur français : deux hommes, Léo-Lanvin, vaguement musicien, et Bony-Dussollier, lointainement écrivain, tombent amoureux de la même femme, Cora, conductrice de taxi la nuit dans les rues de Paris. Surface sensible aussi fascinante que le visage de son actrice Christine Boisson, Cora passe au fil de nuits sans sommeil de l’écorché au timide, de l’impulsif au cérébral, sans jamais s’abandonner à l’un ou à l’autre. Crépusculaire Il y a dans "Extérieur nuit" un parfum de "Jules et Jim", mais surtout quelque chose de "La Maman et la putain". Du film de Truffaut, on retrouve évidemment le triangle amoureux, mais aussi l’absence de commentaire moral sur cette situation ; quant à la filiation avec Eustache, elle se traduit surtout par un

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Envoyés très spéciaux

ECRANS | De Frédéric Auburtin (Fr, 1h33) avec Gérard Jugnot, Gérard Lanvin…

Christophe Chabert | Jeudi 15 janvier 2009

Envoyés très spéciaux

C’est reparti pour une série de comédies françaises qui ne valent, quoiqu’on en pense, pas franchement le prix d’une place de cinoche. Même si Envoyés très spéciaux est loin d’être ce qu’il y a de pire en la matière (c’est juste… rien !), on se gardera bien d’en révéler les surprises : il n’y en a presque pas. C’est tout le problème du film : cette histoire de reporters radio qui, à la suite d’un quiproquo, simulent un enlèvement en Irak depuis un hammam de Barbès, se déroule avec une stupéfiante absence d’obstacles. Tout est facile dans le film d’Auburtin : monter un bidonnage national, récolter des fonds, passer des frontières (en un raccord, l’ellipse qui tue !) et finalement échapper aux griffes des terroristes. C’est une comédie, d’accord, mais la manière désarmante avec laquelle le scénario tue dans l’œuf tout enjeu dramatique donne un sentiment de téléfilm inoffensif alors que son argument était riche en possibilités satiriques (des manipulations médiatiques à l’appel compassionnel et financier pour des inconnus célèbres). CC

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Secret défense

ECRANS | De Philippe Haim (Fr, 1h40) avec Gérard Lanvin, Vahina Giocante…

Christophe Chabert | Mercredi 3 décembre 2008

Secret défense

Attention, nanar majeur ! Cette catastrophe intégrale signée par le réalisateur de l’impérissable Les Dalton déguise en thriller d’espionnage un tract de propagande pour le gouvernement Fillon (guettez son discours sur l’envoi de troupes en Afghanistan…) et orchestre un concours absurde : lequel, de la forme ou du fond, sera le plus nul ? Sur le fond : un racisme invraisemblable où un terroriste blanc vaut mieux qu’un terroriste arabe car lui, au moins, a des remords et des excuses ! Sur la forme, un télescopage de clips ridicules, de racolage actif (du cul et de la violence à tout bout de champ) et de scènes d’actions en forme de bouillie visuelle. Sans oublier la grandiose prestation de Gérard Lanvin et ses dialogues machos à l’emporte-pièce. Après Charlie Bauer, il semble postuler pour le biopic d’Éric Zemmour. Qu’on le lui donne, et le bidet qui va avec ! CC

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