Je m'appelle Bernadette

ECRANS | De Jean Sagols (Fr, 1h49) avec Katia Miran, Michel Aumont, Francis Huster…

Jerôme Dittmar | Vendredi 25 novembre 2011

Qu'attendre d'un film sur Bernadette Soubirous par le réalisateur d'épisodes de Navarro, L'instit ou Cœurs brûlés ? Certainement pas un miracle. Plutôt un téléfilm gonflé jusqu'à la gueule : casting, lumière, mise en scène, dialogues, costumes, décors, accessoires, effets spéciaux, tout fait cheap ; Je m'appelle Bernadette est l'équivalent cinématographique d'une bondieuserie achetée à Lourdes. La seule chose qui sauve, un peu, le film de Jean Sagols, est son idée de scénario : traiter l'histoire de Bernadette d'un point de vue historique. En dévoilant comment la police, l'église, la population, la presse a joué un rôle au sein d'un récit qui bouleverse la raison de son époque, Sagols décortique le phénomène et se révèle pédagogue. Mais en l'absence totale de style pour donner forme à son sujet, le film est d'une platitude assommante que la béatitude niaise de son actrice enfonce toujours plus. Personne n'avait besoin de ça. 
Jérôme Dittmar

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Les Invités de mon père

ECRANS | Derrière ses allures de comédie à message élégamment filmée, écrite et interprétée, le deuxième long d’Anne Le Ny cache un film au discours contestable, dont les maladresses rejoignent un ennuyeux air du temps. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 25 mars 2010

Les Invités de mon père

L’honnêteté critique oblige à reconnaître que Les Invités de mon père est un film plutôt bien écrit, filmé avec un classicisme post-Sautet efficace et servi par des acteurs talentueux (Fabrice Luchini et Michel Aumont sont formidables, Karin Viard un peu moins, surtout quand son personnage perd les pédales à la fin). Ce deuxième long-métrage d’Anne Le Ny après Ceux qui restent n’a donc rien à voir avec certains navets franchouillards vus récemment. Mais son propos, déplaisant, se présente comme une réponse venue du bord opposé au Welcome de Philippe Lioret, un film déjà très faible ! Un bourgeois septuagénaire pas encore revenu de ses idéaux de la Résistance décide d’héberger chez lui des sans-papiers. Ses enfants poussent d’abord des cris d’orfraie, pensant voir débarquer un troupeau de Maliens dans le salon. Surprise : c’est une Ukrainienne blonde et sculpturale accompagnée de sa gentille petite fille qui s’installe chez leur père. Soulagement ? Un temps seulement, car ils découvrent que l’invitée est à la fois l’objet sexuel du paternel et une femme prête à tout pour rester en France. Not welcome…

Continuer à lire