Mission : impossible – Protocole fantôme

ECRANS | De Brad Bird (ÉU, 2h13) avec Tom Cruise, Jeremy Renner, Paula Patton…

Dorotée Aznar | Lundi 12 décembre 2011

Alors que JJ Abrams avait tenté, sans convaincre totalement, une humanisation de l'agent Ethan Hunt, ce nouveau Mission : Impossible le remet dans la posture du héros indestructible traversant un monde en mutation tel que Brian de Palma l'avait défini dans le premier volet. Mais dès son évasion d'une prison moscovite, Hunt affirme aussi son goût du risque, un plaisir ludique à choisir toujours la voie la plus difficile pour se sortir des ennuis. C'est aussi le principe de ce blockbuster trépidant : multiplier les complications à l'intérieur des complications, les défis improbables à relever jusqu'au vertige (littéral et figuré). Que ce soit dans une incroyable poursuite à Dubai au milieu d'une tempête de sable ou dans un hallucinant ballet de corps et de voitures dans un parking automatique, tout ici repose sur le déchaînement des éléments et la résistance surhumaine de Hunt-Cruise. Si le scénario tente de dessiner une nouvelle géopolitique des rapports de force (une Amérique dépassée par les pays émergents), c'est bien ce côté cartoonesque et bigger than life qui impressionne ; la présence de Brad Bird, auteur de quelques-uns des plus beaux fleurons Pixar (Les Indestructibles et Ratatouille), derrière la caméra n'y est sans doute pas pour rien.
Christophe Chabert

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Le 4DX arrive au Pathé Lyon Bellecour

Cinéma | Vaisseau amiral de la firme au coq à Lyon, le Pathé Bellecour a profité de l’été pour se doter de sa dernière innovation, une salle 4DX. La deuxième pour l’agglomération, après le Carré de Soie fin 2017 et la 25e sur la cinquantaine prévue par l’enseigne d’ici 2020 dans l’Hexagone.

Vincent Raymond | Mardi 21 août 2018

Le 4DX arrive au Pathé Lyon Bellecour

Nauséeux s’abstenir. Technologie développée par la firme coréenne CJ 4DPLEX, le 4DX “repense“ l’expérience du public en sollicitant tous ses sens… à l’exception du goût. Si l’image et le son de l’écran se trouvent relayés par des effets périphériques dans la salle, la principale curiosité vient du fauteuil, digne d’un aéronef de space opéra. Montée sur vérins, l’infernale bascule, vibre, tangue ou secoue le spectateur en écho aux trépidations du film. Mais ce n’est pas tout : pour augmenter l’impression de réalité, un savant système de tuyauteries pulse qui de l’air, qui de l’eau, qui des odeurs… Tandis que des confettis neigeux tombent sur l’écran. Bien entendu, ce procédé sensément immersif a davantage vocation à accompagner les blockbusters à sensations (Mission Impossible : Fall out l’a inauguré) que les œuvres contemplatives intimistes. Il s'agit surtout d’un produit d’appel de premier choix pour la clientèle ado-adulesce

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Redoublement en 6e pour Tom Cruise : "Mission : Impossible - Fallout"

Action | Suite directe de Rogue Nation, Fall Out revisite les fondamentaux de la franchise Mission : Impossible en passant la sixième vitesse. La rapidité, une manière comme une autre pour Tom Cruise de défier le temps qui passe…

Vincent Raymond | Mercredi 1 août 2018

Redoublement en 6e pour Tom Cruise :

Censé empêcher un groupe terroriste de s'emparer de sphères de plutonium, Ethan Hunt compromet sa mission afin de sauver un membre de son équipe. La CIA lui met alors dans les pattes l’agent Walker chargé d’évaluer l’IMF ; charge à lui de récupérer les éléments radioactifs… Pour ce sixième opus, on ne change pas une équipe qui gagne (des dollars), et encore moins l’architecture narrative de la franchise : une nouvelle fois, il est ici avéré qu’une taupe trahit l’Agence et des preuves accablantes s’accumulent contre Hunt ; lequel, placé en fragilité, doit jouer contre sa hiérarchie pour sauver le monde avant même de prouver son innocence. Voilà qui n’est pas sans rappeler la trame de l’excellent film inaugural de DePalma (1996). Impression renforcée par un finale à coup d’hélicoptères, une large inscription territoriale du film entre Paris et Londres et le démasquement grâce à un masque du traître de l’histoire. Les références à l’épisode matriciel deviennent des révérences assumées. Éternelle genèse Vingt ans plus tard, ce

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« On essaie de rentrer dans le caractère de notre personnage »

Les Indestructibles 2 | Gérard Lanvin, Louane Emera et Amanda Lear figurent au générique français des "Indestructibles 2", dont ils ont assuré la post-synchronisation. La tentation était grande de les faire parler de leur voix, et de leur rapport au doublage…

Vincent Raymond | Lundi 9 juillet 2018

« On essaie de rentrer dans le caractère de notre personnage »

Pensez-vous que votre voix ait un super-pouvoir ? Louane Emera : Ah, ça c’est pour Gérard ! Gérard Lanvin : Oui… Les trois personnes que vous avez en face de vous ont des “voix“. On n’y peut rien, c’est un don ; on l’a reçu et on s’en sert. En fait, on nous l’a fait découvrir : à un moment, on vous a dit : « tu sais que tu as une fois vachement intéressante » Et c’est là que vous prenez conscience que la voix pour un acteur est vraiment indispensable et fondamentale : elle fait la différence. Elle donne l’énergie. Amanda Lear : Il y a des voix qui vous calment, vous guérissent, vous donnent des érections instantanées… GL : La mienne ! (rires) LE : Moi c’est différent, parce que j’ai vraiment commencé par la musique, par chanter — parce que j’aimais ça. J’ai pas vraiment compris tout de suite ce que cela pouvait faire. C’est après qu’on le ress

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Mythes au logis : "Les Indestructibles 2"

Animation | De retour à l’animation après sa parenthèse en prise de vues réelles, Brad Bird donne une suite superlative à ses Indestructibles, où le divertissement n’exclut pas le politique. La marque de Pixar.

Vincent Raymond | Mardi 3 juillet 2018

Mythes au logis :

Après un énième sauvetage destructeur, la famille Indestructible est, comme tous autres super-héros, définitivement hors-la-loi. Mais un milliardaire désireux de les réhabiliter propose à Hélène d’incarner cette reconquête. Pendant ce temps, Bob gère les enfants à la maison, et notamment bébé Jack-Jack qui révèle d’étonnantes dispositions… À cette lointaine époque (il y a… quatorze ans) où les héros masqués étaient moyennement à la mode — Sam Raimi venait tout juste de sortir Spider-Man — Brad Bird avait eu le nez creux en sortant Les Indestructibles. Non seulement il revisitait l’univers codifié des “super“ selon le prisme Pixar, en combinant vision décalée et parodique, mais il permettait indirectement à Disney d’entrer (certes par une porte dérobée) dans ce territoire, jalousement gardé par Warner (Superman, Batman) et la Fox. Et Dieu dans tout ça ? La donne a changé aujourd’hui où la Maison de Mickey possède l’essentiel de la plus grande fabrique à mutants en

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L’avant-dernier mot pour Tom Cruise

ECRANS | Excellente initiative que la programmation de l’ultime réalisation de Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut (1999). Inspirée de Schnitzler, cette déambulation (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

L’avant-dernier mot pour Tom Cruise

Excellente initiative que la programmation de l’ultime réalisation de Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut (1999). Inspirée de Schnitzler, cette déambulation nocturne dans les rues de New York, à travers les chemins défendus traversant les alcôves d’un couple et les fantasmes d’un homme, envoie aux enfers un pantin mondain un peu fiérot, puis s’achève sur un mot bien trouvé, énoncé par Nicole Kidman : “Fuck”. Le lendemain, pénultième jour de l’année, fin de la rétrospective Tom Cruise avec Né un 4 juillet. Eyes Wide Shut À l’institut Lumière le jeudi 29 décembre à 21h

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Nuit Mission : Impossible

ECRANS | Une fois que vous aurez assisté à la soirée de palmarès du Festival du film court de Villeurbanne au Zola, vous pourrez vous rendre rue du Premier-Film, où (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Nuit Mission : Impossible

Une fois que vous aurez assisté à la soirée de palmarès du Festival du film court de Villeurbanne au Zola, vous pourrez vous rendre rue du Premier-Film, où se tient actuellement une rétrospective Tom Cruise pour suivre le marathon Mission : Impossible. Une quasi intégrale, puisqu’il ne manque que le 3e volet de cette pentalogie — celui signé par J.J. Abrams. Prévoyez de finir un peu avant six heures du matin si vous bouclez toute la nuit, ce qui n’est pas obligatoire : à l’impossible, nul n’est tenu. Nuit Mission : Impossible À l’Institut Lumière le samedi 26 novembre dès 20h

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La Révolution Pixar

ECRANS | Vice-versa, chef-d’œuvre absolu signé Pete Docter, est un nouveau cap pour la révolution initiée depuis vingt ans par les studios Pixar dans le cinéma d’animation. Ou comment une bande de geeks sont venus bousculer le monstre Disney, qui n’est pas parvenu à tuer leur créativité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

La Révolution Pixar

«Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?». On ne sait pas si John Lasseter et ses camarades des studios Pixar ont lu Lamartine, mais ils auraient pu graver cette fameuse citation au frontispice de leurs bureaux. Au moins en ont-ils donné une version 2.0 à travers leur mythique logo : une lampe fait des bonds comme à pieds joints, lançant des œillades de lumière au spectateur avant d’aller écraser et remplacer le i de Pixar. L’objet doté de personnalité, de vie et d’humour : un véritable credo à la source de leurs premiers travaux, mais aussi l’amorce de la révolution Pixar. C’est d’abord un pied-de-nez à la tradition Disney : là où la firme du haut château s’intéressait avant tout aux héros des contes classiques — de Blanche-neige à Pinocchio — et à l’humanisation des animaux — Bambi, Dumbo, la centaine de dalmatiens ou encore les Aristochats — Pixar choisit de laisser la figure humaine dans l’ombre et ne se consacre à nos amis les bêtes que si celles-ci lui autorisent un changement radical d’échelle. Avec les deux Toy Story et Mille et une pattes, réalisés par le grand manitou John Lasseter (épaulé par le non moins influent Andre

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Edge of Tomorrow

ECRANS | De Doug Liman (ÉU, 1h53) avec Tom Cruise, Emily Blunt…

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

Edge of Tomorrow

Sur le papier, il y a comme du high concept foireux derrière Edge of Tomorrow : en gros, il s’agit d’opérer le croisement improbable entre Le Soldat Ryan, Un jour sans fin et Starship Troopers, inspiré d’un bouquin d’Hiroshi Sakurazaka. D’ailleurs, le temps que la greffe prenne — quinze minutes — on reste un peu incrédule, avalant couleuvres scénaristiques sur couleuvres scénaristiques, en particulier celle qui envoie au front un officier spécialisé dans la communication, sans expérience de terrain et ayant dépassé la limite d’âge — Tom Cruise a beau faire tout ce qu’il peut pour le faire oublier, c’est aujourd’hui un quinquagénaire encore en forme mais trop vieux pour jouer les héros. Quand enfin tout est en place — un système assez ludique de reboot temporel qui permet à Cruise de rejouer un débarquement futuriste sur les plages normandes pour bousiller des aliens et retrouver une «full métal bitch» campée par la passionnante Emily Blunt — l’alliance entre le scénario habile et très bien écrit de Jez Butterworth — magistral dramaturge anglais — et Christopher MacQuarrie — déjà derrière l’excellent

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The Immigrant

ECRANS | Les premiers plans de The Immigrant mettent l’Amérique au cœur de son sujet : la Statue de la liberté, Ellis Island, une file d’immigrants européens (...)

Christophe Chabert | Mardi 19 novembre 2013

The Immigrant

Les premiers plans de The Immigrant mettent l’Amérique au cœur de son sujet : la Statue de la liberté, Ellis Island, une file d’immigrants européens attendant leur visa… C’est aussi une image forte venue du cinéma américain, celle qui ouvrait Le Parrain II. En se transportant au début du XXe siècle, James Gray semble promettre une grande fresque en costumes, éminemment romanesque, qui le placerait en descendant naturel de Coppola. Mais une fois ses rôles principaux distribués — d’un côté Ewa, Polonaise prête à tout pour retrouver sa sœur restée en quarantaine sur l’île, et de l’autre Bruno, souteneur qui lui promet de l’aider si elle accepte de rejoindre sa «famille» —, le film se jouera avant tout en intérieurs : un théâtre burlesque, des bains publics ou l’appartement de Bruno Weiss, qui devient une nouvelle prison pour Ewa. En cela, The Immigrant tient plus du roman russe que de la reconstitution hollywoodienne, et la mise en scène de Gray, somptueuse, d’une sidérante fluidité, préfère l’intimisme à la démesure. Chaque miroir, chaque vitre est à la fois un cadre enserrant Ewa à l’intérieur du cadre, mais aussi une paroi s

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Oblivion

ECRANS | Après "Tron l’héritage", Joseph Kosinski avait toutes les cartes en main pour confirmer son statut de nouveau maître de la SF avec cette adaptation de son propre roman graphique. Hélas, le voilà rattrapé par son fétichisme kubrickien, qu’il tente vainement de transformer en blockbuster à grand spectacle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 11 avril 2013

Oblivion

Dans une des pubs qui l’avaient fait connaître, Joseph Kosinski s’amusait à faire circuler le spectateur dans la reproduction virtuelle de l’hôtel Overlook imaginé par Stanley Kubrick pour Shining. Dans Tron l’héritage, qui marquait ses débuts prometteurs au cinéma, il recréait la chambre de 2001 et envoyait ses personnages dans un bar qui ressemblait comme deux gouttes de lait à celui d’Orange mécanique. Autant dire que Kosinski fait une fixette sur l’immense Stanley ; ce qu’on ne lui reprochera pas, loin de là, mais disons qu’il faut avoir les épaules solides pour oser se mesurer à un tel monument. Face à Oblivion, qui croule sous les références à 2001 — jusqu’au nom d’une des boîtes de production du film, Monolith Pictures ! — on ne peut que constater que cette obsession est filtrée par une culture geek avec laquelle elle ne fait pas forcément bon

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L’envie de Brian

ECRANS | Alors que son piteux Passion s’éteint lentement sur les écrans, Jean Douchet se charge de rallumer la flamme Brian De Palma avec son stage annuel à (...)

Christophe Chabert | Jeudi 7 mars 2013

L’envie de Brian

Alors que son piteux Passion s’éteint lentement sur les écrans, Jean Douchet se charge de rallumer la flamme Brian De Palma avec son stage annuel à l’Institut Lumière. Une sélection de quatre films plutôt bien vue, puisqu’elle ne s’axe pas seulement sur le De Palma maniériste relisant avec son style emphatique les classiques hitchcockiens (il y en a deux, toutefois superbes : Blow out et Pulsions), mais aussi au cinéaste capable de transcender une commande et en faire un matériau éminemment personnel. En cela, son Mission Impossible est un sommet. Chargé de lancer une franchise de blockbusters initiée par l’acteur et producteur Tom Cruise, De Palma signe un film d’espionnage ludique et théorique, capable de glisser une réflexion très forte sur l’après-guerre froide, de tisser d’incroyables scènes de suspense pur et de multiplier les mises en scène à l’intérieur de la mise en scène, les trompe-l’œil virtuoses et les images manquantes ou menteuses. Encore plus étonnant, Outrages

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Jack Reacher

ECRANS | Très bonne surprise que cette série B qui tente de lancer Tom Cruise en nouveau justicier dans la ville, avec derrière la caméra Christopher MacQuarrie, qui montre qu’il connaît ses classiques et sait même, à l’occasion, en offrir de brillantes relectures. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 2 janvier 2013

Jack Reacher

Le film de justicier (ou vigilante movie) est un genre cinématographique qui demande au spectateur de laisser son idéologie au vestiaire, si tant est du moins qu’elle penche plus à gauche qu’à droite. En effet, le programme basique du genre consiste à : 1) montrer l’impuissance de la police et des institutions à rendre justice aux victimes ; 2) trouver une solution parallèle en la personne d’un homme solitaire, citoyen lambda ou militaire / policier en délicatesse ou en retraite de sa hiérarchie ; 3) le laisser zigouiller en toute impunité gangsters, flics ou juges corrompus ainsi que tout ce qui se présente comme un obstacle à l’accomplissement de sa mission. Jack Reacher applique méthodiquement les règles, lançant ainsi une franchise très claire où Tom Cruise ferait figure de Charles Bronson du XXIe siècle, en plus séduisant  — il bouge une paupière, toutes les filles tombent sous son charme ; c’est quasiment un running gag du film. Série Bien Première bonne décision de Christopher MacQuarrie, scénariste de Usual suspects dont le précédent Way of the gun avait laissé le souvenir d’un film archi-c

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Jason Bourne : l’héritage

ECRANS | L’odyssée de Jason Bourne (et la patience de Matt Damon) arrivée à son terme, Tony Gilroy se voit confier la mission de relancer la franchise en inventant un récit parallèle. C’est raté sur toute la ligne : bavard, mal raconté, pauvre en action et parfois ridicule, cet héritage ne vaut pas un kopeck. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 septembre 2012

Jason Bourne : l’héritage

En s’emparant de la franchise Jason Bourne, dont Doug Liman avait signé le brouillon plaisant avec La Mémoire dans la peau, Paul Greengrass, jusqu’ici connu pour sa passionnante reconstitution du Bloody Sunday irlandais, avait fixé une nouvelle ligne esthétique au blockbuster hollywoodien : caméra à l’épaule nerveuse et frénétique, action épileptique, hyper-réalisme des combats et des poursuites. Le style était si frappant qu’une partie des yes men hollywoodiens ont tenté de l’imiter, jusqu’à l’absurde (Marc Foster dans Quantum of Solace). Greengrass et son acteur Matt Damon ayant tiré un trait définitif sur le super-agent amnésique, le studio devait trouver une solution pour continuer la franchise. Plutôt que de faire un reboot avec un nouveau comédien, les executives se sont un peu creusés les méninges, et ont propulsé Tony Gilroy, déjà scénariste de l'opus précédent et réalisateur de Michael Clayton (bâillement) et

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Rock forever

ECRANS | D’Adam Shankman (ÉU, 2h02) avec Julianne Hough, Diego Boneta, Russell Brand, Tom Cruise…

Christophe Chabert | Lundi 9 juillet 2012

Rock forever

Pour tenir face à Rock of ages (titre original, traduit une fois de plus par une non traduction…), il faut avant tout supporter l’atroce kouglof musical qui l’inonde d’un bout à l’autre, véritable cauchemar pour les tympans qui mélange rock FM bien gras et tubes du grenier interprétés par des chanteurs à voix. Mission impossible, c’est sûr ; au-delà, on assiste à un machin complètement schizo qui hésite entre se prendre au sérieux et se moquer de lui-même. L’intrigue principale, love story entre deux têtards qui voudraient se lancer dans le rock, relève de la guimauve mille fois mâchée. Mais tous les à-côtés, nombreux, sont prétextes à de la déconne pas très fine certes, quoique déjà plus raccord avec ce projet improbable. Shankman semble incapable de choisir et bricole une mise en scène illisible pour noyer le poisson. On est donc face à une grosse daube certifiée dans laquelle pourtant se trouvent des éclats de talents, en l’occurrence les comédiens : Cruise qui rejoue son personnage de Magnolia, Malin Akerman, qu’on aimerait voir plus souvent sur les écrans, Russell Brand et Alec Baldwin pour une séquence mémorable, et surtout Paul G

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Precious

ECRANS | De Lee Daniels (ÉU, 1h49) avec Gabourey Sidibe, Paula Patton…

Christophe Chabert | Jeudi 25 février 2010

Precious

À Cannes, un mirage collectif a créé le buzz autour de cette adaptation du Push de Sapphire, écrivain emblématique de la «vraie» littérature afro-américaine, telle que s’en moque Percival Everett dans son brillant Effacement. Pourtant, ce mélodrame bourré d’effets racoleurs n’est rien qu’un maigre téléfilm réalisé par un émule peu glorieux de Spike Lee. Le calvaire de Precious, adolescente obèse, séropositive et enceinte de son père, est raconté avec une absence de distance sidérante : la dignité de Precious ne semble pas tellement concerner Lee Daniels, qui n’y voit qu’un prétexte pour déverser sur elle des tombereaux de violence ou des moments bien cuculs comme cet entretien avec une assistance sociale jouée par une assez crédible (si, si…) Mariah Carey. Le reste du casting pleure, gesticule, hurle, tire la tronche, dans un nuancier d’émotions aussi subtil que la mise en scène. Mais ça sent le vécu, coco, alors tu la boucles et tu chiales ! Christophe Chabert

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Démineurs

ECRANS | Le grand retour de Kathryn Bigelow derrière la caméra permet un regard aussi inédit que pertinent sur le conflit irakien, tout en faisant preuve d’une tension cinématographique constante. François Cau

Dorotée Aznar | Vendredi 18 septembre 2009

Démineurs

Le film démarre en plein cœur de l’action : la tête la plus connue du casting (Guy Pearce) enfile sa combinaison de démineur, enchaîne quelques boutades viriles, avant qu’une explosion ne l’emporte, et avec lui le processus d’identification d’un spectateur dérouté. Le stratagème narratif a déjà été utilisé maintes fois (et notamment par ce grand couillon de Renny Harlin, qui l’a découvert il y a peu avec un enthousiasme puéril), mais rarement avec une telle force visuelle. Une fois le choc digéré, Kathryn Bigelow peut apaiser sa mise en scène et introduire son héros, le Sergent Adams (Jeremy Renner, enfin dans un rôle à la hauteur de son talent). Un farouche individualiste, accro à l’adrénaline, forcé de composer entre ses impulsions quasi suicidaires et ses responsabilités de gradé. La caméra tressautante le suivra pour ne quasiment plus le lâcher, le conflit devenant progressivement une toile de fond abstraite, avec ses ennemis invisibles, sa sourde paranoïa du moindre geste, ses décors naturels étouffants. Des partis pris qui prennent bien évidemment toute leur ampleur pendant de tétanisantes scènes d’action, mais également, et c’est là tout le mérite et le propos du film, pe

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Walkyrie

ECRANS | Cinéma / S’il peine à dessiner les contours précis de cette tentative de coup d’état contre le IIIe Reich, Bryan Singer offre néanmoins un thriller efficace, où la tension cinématographique monte crescendo. François Cau

Christophe Chabert | Vendredi 23 janvier 2009

Walkyrie

1943, Tunisie. En plein cœur de la machine de guerre nazie, le colonel Stauffenberg cache à grand peine sa défiance du régime. Laissé dans un piteux état par une attaque alliée, il est approché pendant sa convalescence par un groupuscule d’officiers du Reich, conscients du danger que représente Hitler… Dans la première séquence du film, Singer se plie à un classique d’une mise en scène qui passe en force : faire avaler aux spectateurs que ses personnages s’expriment autrement que dans leur langue naturelle. L’enrobant d’un cadre classique et d’une photo crépusculaire, le réalisateur nous fait entendre la voix-off d’un Tom Cruise s’exprimant d’abord en allemand, puis, à la faveur d’un discret changement de plan, en anglais. Problème : le stratagème n’est pas aussi évident qu’il le voudrait, principalement à cause de l’acteur sur lequel il se repose – Tom Cruise joue volontairement en retrait, comme pour rendre encore plus tangible l’état de doute permanent dans lequel s’enferme Stauffenberg. Malheureusement, à cause de ce parti pris, l’acteur ne donne jamais réellement chair à son personnage, et par incidence à toute la dramaturgie qu’il est censé véhiculer. Ce qui s’avère plutôt gê

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Mirrors

ECRANS | d’Alexandre Aja (EU, 1h51) avec Kiefer Sutherland, Paula Patton…

Christophe Chabert | Mardi 2 septembre 2008

Mirrors

Alexandre Aja avait fait sensation en réussissant le remake d’un Wes Craven vieillot, La Colline a des yeux. Avec Mirrors, il tente de reproduire la formule avec un médiocre film sud-coréen ; mais cette fois-ci, il ne fait pas illusion longtemps… Mirrors est une pauvre série B qui aurait fini directement au vidéoclub si elle ne bénéficiait de la présence de Jack Bauer lui-même. C’est d’ailleurs le premier écueil du film : Kiefer Sutherland est incapable de faire oublier son rôle d’agent de la CTA, tant il a déjà tout joué dans 24, de la course-poursuite à l’affliction, de la parano à la disgrâce. Mais ce n’est rien par rapport à la farandole de clichés que trimballe le scénario. Le concept même du film (les miroirs d’un supermarché dévasté par les flammes renferment une présence démoniaque) répète à l’infini un des effets les plus éculés du genre : le personnage se regarde dans une glace, il se baisse, il se relève et surprise ! ce n’est plus son reflet qui apparaît. Du coup, on ne croit jamais vraiment aux rebondissements (nombreux mais patauds), et les détails un tant soit peu «personnels» (une visite chez des rednecks ordinai

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