Le boucher des vanités

Christophe Chabert | Jeudi 8 mars 2012

Photo : "Pinhead" dans Hellraiser de Clive Barker


Définitivement hors de ses gonds initiaux, L'Épouvantable vendredi de l'Institut Lumière fait suite à sa Nuit Stephen King en rendant hommage à un autre auteur clé de l'épouvante littéraire : Clive Barker. Un écrivain donc, mais aussi un cinéaste qui, à la différence de King, a plutôt réussi le passage de la page à l'écran, signant quelques films importants du genre et, surtout, proposant sa propre vision cinématographique de son univers avec le mythique Hellraiser (présenté en ouverture de la soirée). Barker fait de la souffrance physique un instrument de châtiment mais aussi de plaisir, et la chair torturée est chez lui à la fois prétexte à un déluge de gore bien crado (et définitivement premier degré, amis de la rigolade s'abstenir) mais aussi à une représentation de purs fantasmes SM. On y découvre une créature qui marquera les esprits : le géant Pinhead, blafard et glabre, en long manteau de cuir noir et recouvert de clous, tout droit sorti de l'enfer — ou d'une backroom gay hardcore. Midnight meat train, que Ryuhei Kitamura adapte d'une nouvelle de Barker, est moins bandant, sinon dans son finale véritablement cauchemardesque ; par contre, Candyman, signé par le caméléon Bernard Rose, est une superbe réussite, le genre du slasher (avec un tueur fantomatique et maléfique) étant revigoré par une inscription urbaine solide et réaliste, puis transcendé par une mise en scène onirique et planante (dont une musique signée Philip Glass, peu habitué à illustrer le cinéma d'horreur). Christophe Chabert

L'Épouvantable vendredi : Clive Barker
À l'Institut Lumière, vendredi 16 mars

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Midnight meat train

ECRANS | De Ryuhei Kitamura (ÉU, 1h25) avec Bradley Cooper, Vinnie Jones… (sortie en salles le 29 juillet)

Dorotée Aznar | Jeudi 9 juillet 2009

Midnight meat train

Cela fait un moment que ce film d’horreur, le premier réalisé par le potache inconséquent Kitamura, aux États-Unis, traîne dans les tiroirs. À sa vision, on comprend pourquoi. Du pitch de base inspiré d’une nouvelle de Clive Barker, le cinéaste ne fait rien, sinon tirer à la ligne. Un photographe en panne pense avoir découvert un serial killer qui officie dans le dernier métro, ce qui perturbe l’équilibre fragile de sa vie personnelle et révèle ses penchants les plus monstrueux. Alternant une scène de sitcom avec sa copine et une scène de meurtre (toujours la même), avant un petit twist macabre à la fin (ce qu’il y a de mieux dans le film, cela dit), Midnight meat train avance comme un vieux trolley. Reste la présence de Bradley Cooper, qui depuis a démontré son talent dans Very bad trip, film autrement plus provocant et subversif ! Christophe Chabert

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