Bye Bye Blondie

ECRANS | De Virginie Despentes (Fr, 1h37) avec Béatrice Dalle, Emmanuelle Béart, Pascal Greggory...

Jerôme Dittmar | Vendredi 16 mars 2012

Bloquée dans les 80's, ses années rebelles, Virginie Despentes continue de brandir le drapeau usé d'un féminisme baddass. Pour preuve Bye Bye Blondie, chronique sentimentale d'un couple de filles sous la forme vertigineuse et balourde d'un avant (l'adolescence et les années no future) après (l'embourgeoisement et l'âge adulte). Adaptation par elle-même de son roman, Despentes filme donc Gloria la punkette fan des Bérus devenue artiste au RSA, et Frances, son amoureuse en Fred Perry, qui deviendra star de la télé, mariée à un romancier gay pour une union libre. En se réunissant à quarante ans pour le grand amour, c'est évidemment plus que les sentiments qui sont mis à l'épreuve, mais les rêves de jeunesse au travers de la sexualité. Despentes se penche ainsi sur la fin des utopies, qu'elle découvre après tout le monde, pour un film nostalgique et utopique où l'âme punk (à choyer) fait un peu de peine. Depuis Baise moi, la mise en scène est devenue insipide et conformiste. Tout s'explique.
Jérôme Dittmar

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Lyon : Nuits de Fourvière, le grand retour

Festival | Oui – trois fois youpi ! – les Nuits de Fourvière auront bien lieu cette année en juin et juillet. Avec au menu, une édition quelque peu adaptée – horaires, jauges, mesures barrières – mais surtout une édition en vrai, avec des gens. On vous détaille la programmation ici, où vous pourrez retrouver une bonne partie des têtes d'affiche et spectacles empêchés l'an dernier.

La rédaction | Lundi 3 mai 2021

Lyon : Nuits de Fourvière, le grand retour

La Biennale de la Danse, des fidélités, quelques reports de l’édition avortée et au final pas moins de onze propositions théâtre-cirque-danse aux Nuits de Fourvière cette année qui se dérouleront en très grande partie aux amphithéâtres et puis tout près, chez les voisins du 5e arrondissement (ENSATT et Point du Jour) jusqu’à faire un pas à la Renaissance d’Oullins. L’ouverture du festival se fera le 1er et 2 juin à 19h30 (attention horaires avancés en raison du couvre-feu), en collaboration avec la Biennale de la Danse devenue estivale, avec Alarm clocks are replaced by floods and we awake with our unwashed eyes in our hands … a piece about water without water signé de la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin qui retrouve pour l’occasion la chanteuse Camille après leur première collaboration sur l’album Ilo Veyou de cette dernière. L’interprète (qui se fait aussi danseuse) sera également au générique de Comprendre, en tant que co-compos

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Lux Æterna : Gaspar Noé repousse les limites du cinéma

Le Film de la Quinzaine | À la fois “moking of” d’un film qui n’existe pas, reportage sur une mutinerie, bacchanale diabolique au sein du plus déviant des arts, vivisection mutuelle d’egos et trauma physique pour son public, le nouveau Noé repousse les limites du cinéma. Une fois de plus.

Vincent Raymond | Vendredi 25 septembre 2020

Lux Æterna : Gaspar Noé repousse les limites du cinéma

Sur le plateau du film consacré la sorcellerie qu’elle dirige, Béatrice Dalle échange confessions et souvenirs avec Charlotte Gainsbourg, en attendant que le tournage reprenne. Le conflit larvé avec son producteur et son chef-opérateur va éclater au grand jour, déclenchant chaos et douleurs… À peine une heure. Aux yeux du CNC — yeux qui lui cuiront lorsqu’il le visionnera —, Lux Æterna, n’est pas un long-métrage. La belle affaire ! Depuis presque trente ans qu’il malaxe le temps, l’inverse en spirale involutée, le taillade ou le démultiplie, Gaspar Noé a appris à le dilater pour en faire entrer davantage dans cinquante minutes. Il dote ainsi dès son ouverture Lux Æterna d’extensions cinématographiques, de “ridelles“ virtuelles, en piochant dans des œuvres antérieures ici convoquées visuellement pour créer un climat (Häxan de Benjamin Christensen, Jour de colère de Dreyer) ou verbalement par Dalle et

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Corbeille et somme : "Merveilles à Montfermeil"

Comédie | Fraîchement séparés, Joëlle et Kamel se côtoient tous les jours au sein de l’équipe de la Maire de Montfermeil, une illuminée rêvant, entre autres excentricités des années 1980, d’implanter une école de langues démesurée dans cette cité de banlieue. Cela n’arrangera pas leurs relations…

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Corbeille et somme :

Intrigante et prometteuse, la séquence d’ouverture montrant le couple Balibar/Bedia se disputant en arabe devant une juge des divorces abasourdie aurait pu — dû ? — constituer l’alpha et l’oméga de cette pseudo comédie politique, mais authentique catastrophe artisanale. Première réalisation solo de la comédienne-chanteuse intello (récemment enrubannée d’un hochet républicain, dans la même promotion que le patron de BlackRock), ce “machin“ a faux sur toute la ligne. La forme, tout d’abord : écrit et joué en dépit du bon sens, il offre à une troupe de bobos hors sol vêtu arty sexy l’occasion de glapir du cri primal dans un simulacre pathétique de Rendez-vous en terre inconnue. Le fond, ensuite. Prêchant une fraternité béate, infantilisant les administrés, le mal titré Merveilles à Montfermeil semble fustiger par le ridicule les exécutifs de gôche engagés dans un clientélisme social mâtiné de new age limite

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Vincent Segal fait salon

Nuits de Fourvière | En ouverture classieuse des Salons de musique proposés par les Nuits de Fourvière, le maître violoncelliste Vincent Segal et le label No Format unissent leurs talents à l'Odéon pour célébrer leur conception de la musique pas comme les autres, friande de rencontres et d'épure.

Stéphane Duchêne | Mardi 18 juin 2019

Vincent Segal fait salon

D'une pierre deux coups, d'un concert deux rêves, c'est ce que réalisent cette année les Nuits de Fourvière en inauguration de ces Salons de musique, qui du 23 juin au 11 juillet offriront comme un genre de programmation parallèle au festival, entre l'Odéon, la Salle Molière et l'Opéra de Lyon. D'abord, il s'agissait d'exaucer le désir du violoncelliste protée Vincent Segal (révélé avec Bumcello et capable d'accompagner Enrico Macias et Susheela Raman, M et Mayra Andrade, Blackalicious et Agnès Jaoui) de proposer un autre genre de performance que celles régulièrement livrées par lui entre les marches des deux théâtres antiques, autour de quelques amis musiciens échangistes et sans amplification. Un salon de musique en somme. Ensuite, pourquoi pas en profiter pour fêter ainsi en grande pompe mais en toute modestie, les quinze ans du label No Format, fondé en 2004 par Laurent Bizot, défenseur des musiques singulières, immatures, métissées et improvisées, qui accueillit les premiers pas en piano solo de Gonzales,

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Best Of aux Subsistances

SCENES | C'est une des très bonnes habitudes de l'automne que ce festival Best Of des Subsistances. Du 15 novembre au 1er décembre, il s'agit de (re)voir ce qui (...)

Nadja Pobel | Mardi 13 novembre 2018

Best Of aux Subsistances

C'est une des très bonnes habitudes de l'automne que ce festival Best Of des Subsistances. Du 15 novembre au 1er décembre, il s'agit de (re)voir ce qui s'est inventé ici à commencer par The Recoil of worlds de la chorégraphe Tânia Carvalho et la tendre mélancolie déjantée de Steven Cohen, régulièrement présent depuis 2004 et qui présente un inédit à Lyon, hommage à son compagnon disparu. Suivront Jeanne Mordoj et ce qu'on laisse derrière soi (L'Errance est humaine) et David Bobée, directeur du CDN de Rouen, qui avait créé ici son Warm, 45 minutes de performance acrobatique en pleine chaleur (45° !) avec Béatrice Dalle en conteuse de poème.

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La France dans l'œil de Virginie Despentes

Littérature | Le troisième volet des aventures de Vernon Subutex vient tout juste de paraître, et Virginie Despentes en parlera à la librairie Ouvrir l'Œil ce vendredi.

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

La France dans l'œil de Virginie Despentes

Virginie Despentes conclut sa fresque, après deux ans d'attente (le tome 2 datait de juin 2015) qui furent assez longs pour les mordus de Vernon Subutex, l'anti-héros devenu une sorte de gourou à son corps défendant. L'écriture a pris plus de temps que prévu : les événements IRL se sont enchaînés, touchant directement au cœur de la vie de ces personnages, "l'obligeant" à les intégrer. Comment ne pas parler de Charlie Hebdo et du Bataclan, quand sa bande (la vraie, comme celle du bouquin) est branchée rock et rap, a grandi en écoutant NTM et allant voir les concerts du crew indé d'Angers tournant autour de la boutique Black & Noir, ou ceux de la bande Gougnaf à Lyon ? Comment occulter Nuit Debout, qui par certains aspects pourrait presque être vue comme inspirée par les longues sessions de discussion au parc des Buttes Chaumont, où Vernon, l'ancien disquaire respecté devenu sans domicile fixe, avait posé ses fesses fatiguées ? Despentes a pris acte et a chamboulé la troisième partie de son roman, lui

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"La Danseuse" : au nom de la Loïe

ECRANS | de Stéphanie Di Giusto (E-U, 1h48) avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry…

Vincent Raymond | Mardi 27 septembre 2016

Rétablir dans sa vérité Loïe Fuller, l’une des fondatrices de la danse contemporaine injustement éclipsée par la postérité d’épigones plus charismatiques — ou plus rouées, à l’image d’Isadora Duncan —, tel était le propos de Stéphanie Di Giusto. Une démarche louable et sincère… pour un résultat un peu bancal. Certes, la cinéaste mène à bien sa mission réhabilitation : Fuller ressort du film auréolée d’un statut de première artiste multimédia du XXe siècle ; d’instinctive de génie ayant su mêler spectacle vivant, sons et lumières avec un perfectionnisme confinant à la folie — le fait que la polyvalente (et gentiment… azimutée) Soko l’incarne contribue à dessiner la silhouette d’une créatrice éprise autant d’absolu que du désir de bouger les lignes. Mais la réalisation manque d’une audace à la hauteur du personnag

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Lectures de saison

TNP | Voilà une autre façon de faire une présentation de saison. Les comédiens de la troupe du TNP lisent ce vendredi 23 septembre à la Maison de l'Image du livre et (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 septembre 2016

Lectures de saison

Voilà une autre façon de faire une présentation de saison. Les comédiens de la troupe du TNP lisent ce vendredi 23 septembre à la Maison de l'Image du livre et du son à 19h de nombreux textes qui seront à l'affiche du théâtre villeurbannais cette année, à commencer par celui dans lequel ils joueront : La très excellente et lamentable histoire de Roméo et Juliette d’après William Shakespeare mise en scène par l'une d'entre eux, Juliette Rizoud, extraordinaire dans le rôle de la Jeanne de Delteil il y a quelques temps. Tous les autres écrits, très éclectiques, seront montés et interprétés par des personnes extérieures : La Boîte de Jean-Pierre Siméon, Bella Figura de Yasmina Reza, Gonzoo – Pornodrame de Riad Gahmi, Meurtres de la princesse juive d’Armando Llamas, Le Temps et la chambre

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La Danseuse

ECRANS | Au lendemain de l’ouverture de la 17e Biennale lyonnaise, la danse s’insinue partout, y compris au cinéma avec l’avant-première du premier long-métrage de (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 septembre 2016

 La Danseuse

Au lendemain de l’ouverture de la 17e Biennale lyonnaise, la danse s’insinue partout, y compris au cinéma avec l’avant-première du premier long-métrage de Stéphanie Di Giusto, La Danseuse. Retraçant la carrière de Loïe Fuller, célèbre pour ses chorégraphies serpentines et ses voiles virevoltants, il narre aussi sa relation passionnée avec sa future rivale, Isadora Duncan. La projection se fera en présence de la cinéaste et de l’interprète du rôle-titre, Soko. Au Pathé Bellecour le jeudi 15 septembre à 20h30

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"Voir du pays" : réparer les survivantes

Et Aussi | De retour d’une opération traumatisante en Afghanistan, un contingent de bidasses fait escale dans une résidence hôtelière à Chypre, histoire de procéder à un (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 septembre 2016

De retour d’une opération traumatisante en Afghanistan, un contingent de bidasses fait escale dans une résidence hôtelière à Chypre, histoire de procéder à un “débriefing” collectif. Perturbés par les touristes autant que par les sessions de reconditionnement psychologique, certains soldats, en particulier les engagées, reconsidèrent leur place sous les drapeaux… C’est une armée de métier pas franche du collier — pléonasme ? — qui est ici décrite. Pour gommer ses bévues et échecs, elle fait preuve d’un raffinement suprême en usant d’une méthode de coercition psychique et non physique (donc, ne laissant pas de traces) déguisée en programme d’aide. Une opération blanche, puisqu’elle se montre par ailleurs incapable de gérer la mixité dans ses troupes, révélant que le pire danger pour des soldates, ce n’est pas le front, mais leur promiscuité avec leurs “frères” d’armes… Une démonstration un brin pesante pour une issue ne faisant aucun doute dès les premiers plans : l’apathie de la hiérarchie bloquée sur son joujou numérique, les images folkloriques des nuits chypriotes, le côté hommasse surjoué des troufionnes… Tout cela marche un peu trop au pas. Rompez !

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Terry Riley prend un ticket pour l'Africa Express

Nuits de Fourvière | Terry Riley est une figure de la musique minimaliste dont l'œuvre emblématique reste sans aucun doute la transcendante pièce In C, composée en 1964 en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 21 juin 2016

Terry Riley prend un ticket pour l'Africa Express

Terry Riley est une figure de la musique minimaliste dont l'œuvre emblématique reste sans aucun doute la transcendante pièce In C, composée en 1964 en Californie et régulièrement interprétée depuis. Écrite pour 35 musiciens, potentiellement plus ou moins, elle est particulière dans le sens où elle laisse une grande liberté d'improvisation : elle est composée de 53 motifs qui doivent être joués dans l'ordre et répétés par tous les interprètes, mais ces derniers choisissent le nombre de fois où ils répètent chacun des phrasés, et ils doivent parfois s'interrompre pour écouter l'ensemble avant de reprendre. De plus, tous les instruments sont les bienvenus. Comme une impression d'infini, d'état onirique après des heures dans un train lancé au mitan de paysages inconnus, qui influença grandement le krautrock (cf. le E2-E4 de Manuel Göttsching). À la lecture de cette introduction, l'on saisit aisément tout l'intérêt du voyage effectué sur le continent africain par cette pièce historique : comme un retour aux sources de la m

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Dhafer Youssef au musée des Confluences

Jazz Days | S'il est né en Tunisie en 1967, il est fort difficile de résumer Dhafer Youssef à une origine ou à une époque : ce joueur de oud virtuose s'ingénie au (...)

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Dhafer Youssef au musée des Confluences

S'il est né en Tunisie en 1967, il est fort difficile de résumer Dhafer Youssef à une origine ou à une époque : ce joueur de oud virtuose s'ingénie au fil des années à brouiller les pistes et à marier les répertoires, naviguant d'un monde à l'autre, d'un continent au suivant. Même quand on l'invite pour un concert comme le fait le musée des Confluences, le Tunisien multiplie les perspectives : car ce n'est pas moins de trois concerts qu'il offre à ceux qui sont aussi curieux que lui. Outre celui en compagnie de Dave Holland ce mardi, le voici se présentant ce jeudi pour un voyage aux confins de la Perse et surtout une exceptionnelle rencontre avec son ami Ballaké Sissoko le samedi 30, pour une virée dans les contrées des griots. Avec ce maître malien de la kora, connu aussi pour ses collaborations en compagnie de Vincent Ségal, l'accord s'annonce parfait d'autant que le Norvégien Eivind Aarset les épaulera solidement. Grand moment en perspective pour amoureux de musiques sans étiquette.

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Louis Calaferte : De la zone à la jungle

CONNAITRE | Dans le cadre d’une carte blanche accordée par la Fête du Livre, Virginie Despentes retrouve ses amis de Zëro pour une lecture-concert du Requiem des (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 2 mars 2016

Louis Calaferte : De la zone à la jungle

Dans le cadre d’une carte blanche accordée par la Fête du Livre, Virginie Despentes retrouve ses amis de Zëro pour une lecture-concert du Requiem des Innocents, de Louis Calaferte, dont elle nous conte la genèse : « Je suis entrée dans Calaferte par le Septentrion. Il y a plus de vingt ans… À l’époque j’ai fait plusieurs lectures avec Bästard (deux musiciens des Bästard sont aujourd’hui dans Zëro) : je lisais des nouvelles que j’avais écrites – mais aussi Calaferte. Quand Arnaud Cathrine – qui travaille à la Maison de la Poésie – m’a proposé de faire une lecture chez eux, je venais de voir Zëro en concert, et du coup j’ai tout de suite pensé – Zëro et Calaferte. Il a été d’accord. » « Je suis partie sur le Requiem de Calaferte parce que je l’ai lu récemment. C’est le plus grand livre sur la précarité que j’ai jamais lu. Il y a tout, dedans : beaucoup d’humour et de la tendresse, mais aussi ce que ça implique, vivre dans une jungle – ce qu’on appelait “la zone” à l’époque de Calaferte ressemblant de façon troublante à ce que l’on appelle “la jungle” aujourd’hui. » Lecture musicale du Requiem des Innocen

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Virginie Despentes : la Voix du peuple

CONNAITRE | À Bron, Virginie Despentes dialoguera ce week-end avec Edouard Louis. Et donnera une lecture-concert autour de Louis Calaferte, accompagnée du groupe Zëro. Dotée d’un talent certain pour peindre en quelques phrases le portrait de ses contemporains, celle qui doit son pseudonyme aux pentes de la Croix-Rousse est l’une des voix les plus passionnantes de la littérature populaire contemporaine.

Sébastien Broquet | Mercredi 2 mars 2016

Virginie Despentes : la Voix du peuple

Vernon Subutex est une parfaite photographie de l’époque, des débats qui l’animent, des trajectoires parfois contradictoires d’individus. Comment avez-vous créé cette fresque du temps présent ? Virginie Despentes : J’avais comme point de départ l’idée d’un presque quinquagénaire qui perd son appartement. Ensuite est venue l’idée qu’il ait été disquaire. Ça devait être un livre très court. Et puis c’est devenu Subutex. Je ne me suis pas dit que j’allais faire une photographie de l’époque, mais une fois qu’on prend le rock comme moteur, on se retrouve vite à brasser beaucoup de gens différents… Ce n’était pas prémédité, mais c’est un vrai centre de tri, ce truc ! En le lisant, on sent un vrai plaisir à l’écrire. Baise-moi était un cri sorti en quelques jours, là, il y a une maîtrise nouvelle dans l’écriture, une sorte de confiance à toute épreuve. Et aussi, une tendresse différente pour les personnages, surtout dans le volume 2. Je ne suis pas bien placée pour me rendre compte de ça. Je sais que j’avais plus de temps, plus les moyens de prendre ce temps pour écrire, parce qu’Apocalypse Bébé

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Zëro dëfaut

MUSIQUES | Zëro. Avec un tréma autant qu'un trauma, le même qui trônait par dessus l'ancien avatar qu'était Bästard. L'un succédant à l'autre sont deux légendes de la noise (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

Zëro dëfaut

Zëro. Avec un tréma autant qu'un trauma, le même qui trônait par dessus l'ancien avatar qu'était Bästard. L'un succédant à l'autre sont deux légendes de la noise lyonnaise. Lyonnaise, mais pas que. Noise, mais pas que. En quatre ans d'existence (si l'on occulte leur vie passée sous le nom de Deity Guns) Bästard a creusé le sillon de tout un pan du rock expérimental français (noise, jazz bruitiste, no wave, indus) au fil de nombreux disques dont l'un fameux, produit par Lee Ranaldo de Sonic Youth. Séparé en 1997, après une éclipse de dix ans et épuré de quelques membres, le groupe repart à Zëro et la machine aussi, résolument tournée vers le post rock. Depuis un moment associés aux lectures toute en tension de Virginie Despentes, il se dit que l'expérience a quelque peu joué sur la conception de leur cinquième album, San Francisco, tout juste paru. Un album qui sonnerait presque plus "pop", avec tous les guillemets qu'une telle mention nécessite (on pense aux morceaux Ich... Ein Groupie ou Cheap Dream Generator). Zëro ou un groupe qui ne souffrira pas de la disparition de l'accent circonflexe mais ne débarrassera jamais l'auditeur,

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Les reprises de 2015/2016

SCENES | Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Les reprises de 2015/2016

Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans paroles sur l’ultra moderne solitude. Au même endroit Jean Lacornerie reprend ce qui est (avec Roméo et Juliette) sa comédie musicale la plus aboutie, Mesdames de la Halle (11 au 28 décembre). De son côté, au milieu d’une saison presque entièrement dédiée au langage, le TNP fait place aux délicats balbutiements de En courant, dormez par Olivier Maurin (6 au 15 avril), alors que la Renaissance reprend la foutraque Visite de la vieille dame (23 au 2

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Étoiles noires sur Quais du Polar

CONNAITRE | Un an après la venue exceptionnelle et fort réussie de l'immense James Ellroy, Quais du Polar revient avec une édition 2015 non moins riche en figures importantes et en questionnements de fond sur l'état de l'art noir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Étoiles noires sur Quais du Polar

Le public n'est semble-t-il plus le seul à se bousculer pour assister au festival Quais du polar – et participer à sa désormais célèbre enquête grandeur nature dans la ville. Même les auteurs, y compris les plus prestigieux, feraient des pieds et des mains pour s'y montrer. Ceci explique sans doute pourquoi Quais du Polar est chaque année aussi bien fréquenté – même s'il faut bien admettre que l'édition 2014 a placé la barre à une hauteur quasi inatteignable. Aucun Michael Connelly ou John Grisham, pour parler des principales têtes d'affiches, ne s'est ainsi fait prier pour rejoindre la toujours impressionnante cohorte d'auteurs de cette édition 2015 – les deux rois du procedural sont d'ailleurs conviés à régaler les fans autour d'une rencontre front contre front. Nord/Sud On imagine qu'il n'a guère été plus difficile de convaincre Luis Sepùlveda, Paco Ignacio Taïbo II (Mexique), Santiago Gamboa (Colombie) ou Leonardo Padura (Cuba) – l'accent étant mis cette année, on l'aura compris, sur l'Amérique latine, notamment lors d'une alléchante rencontre "Nord/Sud", ainsi que d'incontournables évocations de cartels et de dictatures qui ont au mo

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Soko en total look Cure

MUSIQUES | Soko se dit à ce point hyper-sensible qu'en réaction on finit par être hyper-sensible à son hyper-sensibilité de jeune femme/artiste torturée qui semble crier au (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2015

Soko en total look Cure

Soko se dit à ce point hyper-sensible qu'en réaction on finit par être hyper-sensible à son hyper-sensibilité de jeune femme/artiste torturée qui semble crier au loup pour qu'on la regarde. Il n'en demeure pas moins que c'est dommage : car aussi agaçant que soit le personnage, l'"artiste", elle, n'a pas besoin de ça pour exister. Après I Thought I Was an Alien, qui l'avait fait plus que remarquer, Soko, également comédienne, avait laissé entendre qu'elle arrêtait la musique – un musicien qui déclare qu'il va arrêter est à peu près aussi crédible qu'un Jean-Michel Aulas affirmant intransférable sa star du moment, des dollars plein les yeux. Elle n'en a rien fait ou plutôt si, puisqu'elle en fait une autre, de musique : du folk façon "chaton violent", Soko est passée à la new-wave tubesque, Echo & The Bunnymen, The Cure (ses idoles) et Siouxsie sont entrés dans sa tête (qu'elle a aujourd'hui peroxydée façon Blondie). Une approche pas si saugrenue : là où son folk était très ancré dans le présent, son présent, ici Soko se soigne en regardeant en arrière et se glisse donc dans le costume ad hoc de sonorités eighties, celle

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Bis repetita

SCENES | Dans une extension du grandiose "Clôture de l'amour", l'auteur et metteur en scène Pascal Rambert disserte sur les rapports humains et le théâtre. Mais ses quatre stars, pourtant au meilleur de leur forme, ne parviennent à empêcher ce spectacle, pertinent autant qu’abscons, de patiner dans la prétention. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 27 janvier 2015

Bis repetita

Elle attaque, elle mord. Audrey balance ses sentences brute de décoffrage contre Denis, qui a regardé un peu trop tendrement Emmanuelle. Presque terroriste, la déflagration dure pas moins de 45 minutes. Scandant sa colère d'adverbes («oui parfaitement, très clairement»), elle demande si l'on peut «décrire ce qui a eu lieu.» Puis extrapole : «est-ce qu'on peut décrire le monde ? Est-ce que le langage est la description du monde ?». Car s'entremêlent ici, dans un gymnase dédié à une répétition de théâtre, le travail sur une pièce (sur la vie de Staline) et les rapports intimes des quatres personnes, amis, amants ou ex, qui la montent. Avec Clôture de l'amour, où déjà Aurdey Bonnet et Stanislas Nordey s'entredéchiraient,  Pascal Rambert avait produit un chef-d'oeuvre. Il reprend avec Répétition le même dispositif d'un théâtre où le dialogue est une addition de longs monologues et où les personnages fictionnels se confon

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Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

SCENES | Il y a dix ans, Pierre Cartonnet enfreignait les lois du cirque avec Aurélien Bory. En octobre, il mettait dans sa poche le jury pro du festival de L'Espace Gerson. Cette semaine, il donne la réplique à Béatrice Dalle dans l'éclaboussant "Lucrèce Borgia" de David Bobée. Portrait d'un comédien qui a tant de cordes à son arc qu'il pourrait en jouer comme d'une harpe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 11 novembre 2014

Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

Mâchoire carrée (limite cubique), musculature de modèle anatomique, pupilles qui paraissent insoumises aux facteurs de dilatation : Pierre Cartonnet dégage la même sévérité juvénile que les vicieuses petites frappes de Dog Pound. Reste qu'il ne survivrait sans doute pas plus de quelques jours dans un établissement pénitentiaire tel que celui dépeint par le film de Kim Chapiron. Car sous les signes extérieurs de virilité bat le cœur d'un grand sensible. Un cliché ? Certes, mais un cliché flou, le gaillard se mouvant à toute vitesse et dans nombre de directions à la fois. Délit de belle gueule Il fallait le voir, au sortir du tremplin du dernier festival de l'Espace Gerson, admiratif du talent de concurrents qu'il venait pourtant de mettre à l'amende – avec une variation joliment lunaire sur le sketch de l'humoriste foireux – et accueillant les compliments comme on reçoit des remontrances. Sans doute un vieux réflexe : «J'ai eu une adolescence difficile. J'étais en échec scolaire dès la fin du collège et je cherchais une échappatoire. Je pratiquais déjà le cirque en loisir. J'ai appris qu'il existait des formations professionnalisant

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UN CNSMD sans frontière

MUSIQUES | Pour la cinquième édition de ses "nuits festives", le Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Lyon entend nous faire passer une "Nuit (...)

Pascale Clavel | Mardi 4 novembre 2014

UN CNSMD sans frontière

Pour la cinquième édition de ses "nuits festives", le Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Lyon entend nous faire passer une "Nuit transfrontalière" qui s'annonce étonnante. Et adresse là, en ces temps où les frontières ont plutot tendance à se fermer, un message quasi politique – qu'elle répètera à deux reprises ultérieurement dans la saison, articulant chaque soirée comme trois volets d’une seule et même œuvre. Et qui mieux que l’inclassable violoncelliste Vincent Ségal pour s'en faire l'écho ? Véritable touche-à-tout, le prochain invité de nos PB Live (au Temple Lanterne le 28 novembre avec Piers Faccini) expérimente avec avidité tout ce qui lui tombe sous l'archet : de la pop au hip-hop, de la musique africaine à l’électro, il cherche et recherche des mélanges d’une texture toujours inattendue. Dans une première partie en forme de carte blanche, il associera ainsi les classes de violoncelle, viole de gambe et violoncelle baroque pour ce qui promet d'être un beau moment de décalage, avant de s'offrir un tête-à-tête avec le griot malien et maître de la kora à vingt-et-une cordes Ballaké Sissoko. Les deux hommes ont beau être complices depuis longte

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«Une démesure géniale !»

SCENES | Figure historique mythique, Lucrèce Borgia fut immortalisée en 1833 par Victor Hugo dans une pièce éponyme. Un incontournable du répertoire auquel se confronte tout l’été le metteur en scène David Bobée, non sans offrir à Béatrice Dalle son premier rôle sur les planches. Nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur ce projet très attendu qui verra le jour en plein air, à Grignan, devant la magnifique façade du château. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 26 juin 2014

«Une démesure géniale !»

Pour interpréter Lucrèce Borgia, fille du cardinal espagnol et futur pape Rodrigo Borgia, vous avez fait appel à Béatrice Dalle. Ce choix a-t-il tout de suite été une évidence ?David Bobée : Pour monter Lucrèce Borgia, il me fallait une actrice qui ait le charisme, la séduction et la capacité à fasciner nécessaires au rôle ; et en même temps une part de dangerosité, de monstruosité... J’ai choisi la plus belle et la plus dangereuse. Béatrice, avec ses choix de carrière, de vie et sa personnalité entière, s’est tout de suite imposée. Elle s’essayera là au théâtre pour la première fois...Je choisis de travailler avec des personnes pour ce qu’elles sont, parce que je les aime et que j’ai envie d’offrir au public le regard que je porte sur elles. Je me moque de savoir si elles savent faire ci, si elles ont déjà fait ça... Il n’y a pas de différences pour moi entre donner le rôle de Lucrèce Borgia à Béatrice, qui est actrice de cinéma – donc actrice tout court– et travailler avec des personnes qui viennent de cultures différentes ou de disciplines différentes comme le cirque, la danse, la musique...

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Les Yeux jaunes des crocodiles

ECRANS | De Cécile Telerman (Fr, 2h02) avec Emmanuelle Béart, Julie Depardieu, Patrick Bruel…

Christophe Chabert | Mardi 8 avril 2014

Les Yeux jaunes des crocodiles

Il était presque fatal que le cinéma s’empare des best-sellers de Katherine Pancol, et c’est donc Cécile Telerman qui s’y colle avec Les Yeux jaunes des crocodiles. Laborieuse, irritante et impersonnelle, son adaptation s’applique à ne pas trahir le roman initial, si bien qu’on a l’impression de le feuilleter chapitre par chapitre, les séquences s’enchaînant mécaniquement sans liant dramaturgique. Tout ça pour raconter comment une bourgeoise superficielle et hautaine (Béart, qui cabotine assez mal) va se servir de sa sœur poissarde (Depardieu, qui se sort assez bien du marasme) pour assouvir ses rêves de réussite littéraire. Comme souvent dans le cinéma populaire français, la critique sociale n’est que feinte ; selon une optique contestable, on est une ratée parce qu’on ne fait pas d’efforts pour s’en sortir et la bêtise des riches profite involontairement à des pauvres dénués de pragmatisme. Ici, la caricature n’est là que pour conforter, et non pourfendre, un système qui ne peut envisager autre chose que l’argent comme gage ultime d’accomplissement. La sous-intrigue vaudevillesque entre Jacques Weber, Edith Scob et Karole Rocher l’illustre parfaitement, où la

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Augustine

ECRANS | D'Alice Winocour (Fr, 1h41) avec Vincent Lindon, Soko, Chiara Mastroianni…

Jerôme Dittmar | Mercredi 31 octobre 2012

Augustine

Si les images de Charcot n'ont cessé d'irriguer le cinéma (de Furie à A.I en passant par Carrie), rarement l'histoire du docteur et sa patiente star, Augustine, n'a fait l'objet d'un film. À Alice Winocour de compenser cette absence avec un premier long aussi ambitieux que petit à l'arrivée. La faute à une approche trop polie, presque scolaire, qui ouvre autant de pistes théoriques qu'elle enferme la mise en scène dans un carcan appliqué et limité. Tout est finalement si réfléchi, dans cette histoire sur les mystères de la sexualité féminine, qu'aucune ambiguité n'émerge. Là où devraient exister des personnages ébranlés par leurs désirs, fascinés par une attirance réciproque dans un monde aux portes de la psychanalyse et du spectacle permanent, surnagent deux acteurs filmés par une caméra proche de l'académisme télévisuel. Pas facile aussi d'être bouleversé par la semi-lourdeur de Soko dans le rôle d'Augustine. L'actrice, jamais troublante, plombant limite le film à elle seule. Jérôme Dittmar  

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Faust

ECRANS | Dernier volet de la tétralogie d’Alexandr Sokourov, Faust emmène son cinéma vers des cimes de sophistication visuelle, longue hallucination cinématographique dont le texte très littéraire servirait de guide raisonné. Une expérience épuisante mais assez inoubliable. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 14 juin 2012

Faust

Faust arrive sur les écrans près d’un an après son sacre à la Mostra de Venise, mais il paraît appartenir déjà à une autre époque. Reste à savoir si cette époque est un futur proche où l’image numérique aurait été assimilée par les metteurs en scène les plus exigeants pour transcender leur cinéma ou un passé renvoyant à l’avant-garde de l’Est (Faust rappelle autant l’onirisme tchèque que le cinéma soviétique)… Ainsi, le 4/3 aux bords arrondis et le sfumato d’une image tirant vers le sépia signée Bruno Delbonnel (le chef opérateur de Jeunet) rencontrent des effets spéciaux inattendus, comme lors de ce subjuguant plan d’ouverture où un miroir traverse les nuages pour aller se déposer sur une petite ville elle aussi hors du temps. Passé et présent, jeunesse et éternité : c’est aussi Goethe qui rencontre l’imaginaire stylisé d’Alexandr Sokourov ou, bien sûr, le professeur Faust qui croise le chemin du Diable. Le Diable par la queue Comme Cosmopolis de Cronenberg, Faust est un film de texte et de mise en scène. On ne peut pas vraiment

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Hadewijch

ECRANS | De Bruno Dumont (Fr, 1h45) avec Julie Sokolowski, Karl Sarafidis…

Dorotée Aznar | Vendredi 20 novembre 2009

Hadewijch

Après avoir tourné autour du pot dans ses films précédents, Bruno Dumont se confronte franchement au mystique. À travers le parcours de cette aspirante nonne redécouvrant le monde extérieur et ses enjeux humains, il oriente sciemment son discours en apportant un soin maniaque à la composition de ses cadres, formellement sublimes, magnifiant la quête du sacré de son héroïne. Avec toujours cette caractéristique envahissante de son cinéma, ce désir d’enfermer le spectateur dans un dispositif où la temporalité s’étire de tout son long afin de faire sens. Un procédé pas franchement agréable, auquel Dumont assortit l’éternel naturalisme de sa direction d’acteurs et la froideur rigoriste de son atmosphère. Dès que le film bifurque vers la découverte de l’Islam par le personnage principal, le système se retourne contre lui-même, et donne la fâcheuse impression d’un point de vue nébuleux (pour rester poli) sur la question. D’autant plus regrettable au vu des ambitions toujours aussi prégnantes du metteur en scène… FC

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Disco

ECRANS | de Fabien Onteniente (Fr, 1h43) avec Franck Dubosc, Emmanuelle Béart, Gérard Depardieu...

Dorotée Aznar | Mardi 25 mars 2008

Disco

Les Ch'tis peuvent dormir tranquilles... Ce n'est pas cet abominable Disco qui va leur faire de l'ombre ; au contraire, on espère que les spectateurs seront cohérents et infligeront à cette comédie cynique le camouflet commercial qu'elle mérite ! Après Camping, Onteniente et Dubosc touchent le fond : ils se débarrassent en cinq minutes de leur exposition pour s'enfoncer dans le développement fastidieux d'un scénario rachitique (un vieux beau espère gagner un concours de disco pour emmener son fils en vacances en Australie) reposant sur son seul acteur principal, qui ne joue à l'écran que de sa stupéfiante autosatisfaction. Le film s'enfonce alors dans un culte de la ringardise qui nie l'essentiel : l'esprit libertaire qui animait les années disco. Réac (la famille, l'amour, l'amitié virile contre la femme castratrice) et raciste (les Polonais en prennent pour leur grade), dialogué et filmé n'importe comment, il n'y a que deux leçons à tirer de ce nanar antipathique : même embourbé dans des projets improbables, Depardieu garde la classe. Et Le Havre, qu'Onteniente cherche pourtant à montrer comme un sommet de grisaille, est une bien belle ville ! CC

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