Rec 3 : Genesis

Christophe Chabert | Mardi 27 mars 2012

Photo : DR


Koldo et Clara vont se marier. Du coup, la famille et les potes sont réunis, et tous ont sorti leur vieux caméscope pour immortaliser l'événement. Histoire d'avoir de beaux souvenirs bien filmés, on a même rameuté un geek qui ne jure que par la Nouvelle vague et le cinéma-vérité, et le voilà avec sa steadycam et son matos HD pour jouer les metteurs en scène. Il ne manque plus qu'un bon virus cannibale pour que ce troisième Rec ressorte l'artillerie lourde du faux docu à base d'images amateurs, passablement galvaudé par les Américains entre temps. Après quinze minutes furieuses, expérimentales et baignées dans une satire mordante du mauvais goût espagnol, Paco Plaza réserve une surprise de taille au spectateur : la caméra vidéo tombe par terre, se casse et… un film classique commence. On a d'abord envie de l'embrasser sur la bouche pour cette heureuse initiative, mais on déchante vite… Ce qu'il propose en échange n'est qu'un film d'horreur pour vidéo-club, dont l'insistante référence au cinéma des années 80, parodique et fun jusqu'au ridicule (le héros se promène en armure comme un chevalier ahuri pendant que sa copine défouraille du zombie à la tronçonneuse !) lasse très vite. Alex de la Iglesia faisait cela dans son premier film, Action mutante ; il a entre temps monté le niveau de ses ambitions, et ne cherche plus seulement à amuser des kids gavés au pop corn. C'est tout le mal qu'on souhaite à Paco Plaza, et les cinq dernières minutes de ce Rec 3, retour bienvenu à un certain premier degré, montrent qu'il en est tout à fait capable !
Christophe Chabert

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Route que coûte : "Continuer"

Cavale | De Joachim Lafosse (Fr-Bel, 1h24) avec Virginie Efira, Kacey Mottet Klein, Diego Martín…

Vincent Raymond | Mardi 22 janvier 2019

Route que coûte :

Son grand ado de fils ayant pris le mauvais chemin vers la violence et la rébellion, Sibylle tente un coup de poker en l’emmenant en randonnée équestre au cœur du Kirghizstan, loin de tout, mais au plus près d’eux. Le pari n’est pas exempt de risques, ni de solitude(s)… Tirée du roman homonyme de Laurent Mauvignier, cette chevauchée kirghize va droit à l’essentiel : la rudesse des paysages permet à l’âpreté des sentiments de s’exprimer, de la tension absolue à la compréhension, avec un luxe de dents de scie. Joachim Lafosse capture la haine fugace qui déchire ses protagonistes, la peur continue qu’un acte définitif ne vienne mettre un terme à leurs tentatives de communiquer, comme les joies insignifiantes — celle, par exemple, de retrouver un iPod perdu dans la steppe. À l’initiative de l’équipée, Sibylle n’est pas pour autant une mère d’Épinal rangée derrière son tricot : son exubérance, son intempérance et sa relation… épisodique avec le père de Samuel expliquent une partie de ses propres fractures, qui ont beaucoup à voir avec celles que son

Continuer à lire

«Le monstre, c'est la caméra»

ECRANS | Entretien / Paco Plaza et Jaume Balaguero, réalisateurs de Rec. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Mardi 15 avril 2008

«Le monstre, c'est la caméra»

Petit Bulletin : D'où est venue l'idée de Rec ?Paco Plaza : Ce que nous voulions au départ, c'est faire une classique histoire d'horreur, mais avec un nouveau langage. Le fait de tourner en HD, avec les moyens utilisés par la télévision, avait du sens. Imiter le langage de la télé-réalité ne nous permettait pas de tourner de manière traditionnelle, mais de façon organique. Jaume Balaguero : C'est le film avec le plus petit budget de ma carrière, pareil pour Paco. On l'a tourné en vingt jours dans le même immeuble, sauf les deux premiers dans la caserne et dans la rue. L'idée, c'était de faire ressentir l'action au spectateur, le mettre au centre du film. Que Rec soit une vraie expérience pour lui. Dans le film, il y a à la fois la télé-réalité, les jeux vidéos, mais aussi des éléments venus du cinéma classique, un mélange d'archaïque et de contemporain...JB : Rec est un pur film d'horreur, mais avec les moyens modernes de la télé et de la vidéo. Nous ne voulions pas faire un fil

Continuer à lire

Rec

ECRANS | Avec «Rec», Jaume Balaguero et Paco Plaza font entrer le cinéma de terreur dans l'âge de la télé-réalité et de l'image en direct, tout en interrogeant les codes et les mythes du genre. Un très grand film d'horreur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 15 avril 2008

Rec

Rec. Trois lettres qui s'inscrivent sur l'écran d'une caméra vidéo, abrégé de «recording». Trois lettres qui certifient la vérité de ce que l'on va voir, sa captation en direct (et dans direct, il y a rec aussi). Angela est présentatrice pour une télévision locale de Barcelone d'une émission intitulée Pendant que vous dormez, un reality show dont le dernier numéro aborde le sujet, hautement passionnant, de la vie nocturne dans une caserne de pompiers. Angela, une Virginie Efira tête-à-claques, se promène donc avec son caméraman, micro au poing au milieu de la caserne, interviewant des témoins dont elle se fout, trépignant en espérant une intervention spectaculaire (et pas seulement un sauvetage de minou en détresse). Sa prière sera exaucée jusqu'à la malédiction : un appel a été reçu depuis un immeuble où des cris ont été entendus dans l'appartement d'une locataire âgée. Arrivés sur les lieux, présentatrice, réalisateur et pompiers vont découvrir que l'horreur ne fait que commencer : un virus transforme les habitants en zombies enragés, et la police boucle l'immeuble pour éviter que la contamination ne déborde dans les rues.  Débute alors un cr

Continuer à lire