Le Prénom

ECRANS | D’Alexandre de la Patellière et Mathieu Delaporte (Fr, 1h49) avec Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Charles Berling…

Christophe Chabert | Jeudi 19 avril 2012

Photo : DR


Les auteurs de théâtre français semblent prendre un plaisir sadique à se moquer de ceux qui, malgré tout, les font vivre : les classes moyennes, de gauche ou de droite, renvoyées dos-à-dos dans un même égoïsme farci au ressentiment. À moins qu'il n'y ait un masochisme total à regarder pendant près de deux heures sa propre médiocrité…

Pour en rire ? Mais Le Prénom n'est jamais drôle, ne serait-ce que pour une raison : les comédiens rient toujours avant le spectateur, comme des chauffeurs de salle qui brandiraient des pancartes pour dicter leurs réactions au public. Pour faire grincer des dents ? Il n'y a pourtant rien de dérangeant dans cette longue querelle familiale autour d'une plaisanterie douteuse qui provoque une réaction indignée (au demeurant peu crédible, sinon dans un microcosme parisien très ciblé) et tourne au grand déballage vociférant.

Dans le fond pas très éloigné du Carnage de Polanski adapté de Yasmina Réza, Le Prénom en est à des années lumières en termes de cinéma : surdécoupage en guise de rythme, aération inutile du huis clos de départ, et surtout comédiens parfois à la ramasse, notamment Bruel, mauvais comme un cochon. Qui a dit : comme d'habitude ?

Christophe Chabert

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Que de promesses ! : "Le Meilleur reste à venir"

Comédie dramatique | Arthur découvre par hasard que son meilleur ami César est condamné par un cancer. Celui-ci l’ignorant, Arthur s’apprête à lui annoncer la funeste nouvelle mais un quiproquo amène César à croire que c’est son pote qui est perdu. Déstabilisé, Arthur ne va pas le détromper. Et s’enferrer…

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Que de promesses ! :

Le succès du Prénom (2012) — leur précédente coréalisation — a très certainement endormi la méfiance des producteurs, appâté les comédiens autant qu’il allèchera les curieux. Pourtant, la mécanique bien huilée de ladite pièce filmée (jouée auparavant un an sur les planches) et dialoguée sans surprise mais avec adresse n’a pas grand chose à voir avec ce succédané de Sans plus attendre (2008) : Le Meilleur reste à venir est une comédie molle bo-beauf de plus, célébrant le nombrilisme d’assujettis aux tranches fiscales supérieures, où les comédiens s’abandonnent à leurs penchants — c’est-à-dire à leurs travers — à la première occasion. Et les occasions ne manquent pas. Lorgnant le cinéma de Nakache & Toledano, Delaporte & La Patellière en offrent une version dégriffée avec les envolées classicomorphes de leur B.O., les séquences tendresse de leurs protagonistes, les personnages secondaires prétextes inutiles ou mal exploités. Interchangeable et dispensable. Le Meilleur re

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"Tous en scène" : Music-animal

ECRANS | de Garth Jennings (E-U, 1h48) avec les voix (vo/vf) de Matthew McConaughey/Patrick Bruel, Reese Witherspoon/Jenifer Bartoli, Scarlett Johansson/Élodie Martelet…

Vincent Raymond | Mardi 24 janvier 2017

Pour sauver son théâtre d’une ultime faillite, Buster le koala mise sur un concours de chant ouvert aux amateurs. Une succession de mésaventures lui rend la chose plus ardue que prévue, alors même qu’il a réuni une troupe de talents hors du commun… Les studios Illumination (incubateurs des Minions) savent souffler le froid et le chaud avec les animaux : au consternant Comme des bêtes sorti l’été dernier succède ici une efficace et entraînante comédie, bien moins bébête et puérile que le cadre référentiel — l’engouement autour des télé-crochets musicaux — ne le laissait craindre. L’absence de clins d’œil à outrance, d’un trop-plein de parodies ou d’allusions à des demi-stars vaguement dans l’air du temps contribue à la réussite de l’ensemble, qui tire avant tout parti de ses ressources propres : son intrigue et ses personnages, aux caractéristiques adroitement dessinés. Même les voix françaises font preuve d’une tempérance bienvenue ! Cela dit, il n’y a pas de quoi être étonné : un fi

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"Un sac de billes" : Hors la guerre

ECRANS | de Christian Duguay (Fr-Can, 1h50) avec Dorian Le Clech, Batyste Fleurial, Patrick Bruel…

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

1942. Maurice et Joseph, les deux plus jeunes frères Joffo, fuient la menace nazie de Paris à Nice puis en Haute-Savoie. Pour espérer sauver leur vie, il leur faut obéir à la promesse faite à leur père : toujours nier qu’ils sont juifs. Et ne se fier à personne… Quarante ans après l’adaptation par Doillon de l’autobiographie de Joseph Joffo, cette nouvelle version joue la carte du néo-classicisme ; celle d’un cinéma propre et sans bavure, riche d’une reconstitution soignée, de plans bien composés et d’une distribution disséminant çà et là des noms respectables conférant, pour les plus estimables, leur crédit au “monument”. Le choix de Christian Duguay pour réaliser la chose n’a rien d’anodin : de Jappeloup à Belle et Sébastien, l’aventure continue, le cinéaste canadien est un tout-terrain de la qualité française contemporaine, à l’aise avec le box-office et les gosses — qu’il dirige au demeurant fort bien. Si l’on apprécie ici la retenue et l’absence de pathos de sa mise en scène, on peut regretter sa scolarité extrême. Parce qu’il vise, sans doute, le publi

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L’Enquête

ECRANS | De Vincent Garenq (Fr, 1h46) avec Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capelluto…

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

L’Enquête

C’était un défi : raconter le calvaire de Denis Robert, aux prises avec l’affaire Clearstream pendant près de dix ans en une fiction (très) documentée de 106 minutes. D’autant plus que L’Enquête vient après une série de films français tirés de faits réels tous plus inopérants les uns que les autres, incapables de transcender leur matériau de départ ou de contourner les clichés du genre. Vincent Garenq, peut-être parce qu’il avait déjà essuyé les plâtres avec le pas terrible Présumé coupable d’après l’affaire d’Outreau, s’en sort avec les honneurs : son film est prenant, rapide, habilement construit et cherche en permanence à donner de l’ampleur cinématographique à son sujet. Il n’y parvient pas toujours, les scories du polar hexagonal sont bien là — les flics sont raides comme des flics, les avocats parlent comme des avocats — et on reste loin d’un Sidney Lumet. Mais L’Enquête a pour lui son désir de ne rien cacher, ni les noms des protagonistes, ni leurs renoncements, ni leurs énigmes. De Libération à De Villepin en passant par

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Tu veux ou tu veux pas

ECRANS | De Tonie Marshall (Fr, 1h28) avec Sophie Marceau, Patrick Bruel, André Wilms…

Christophe Chabert | Mardi 30 septembre 2014

Tu veux ou tu veux pas

Le pitch de Tu veux ou tu veux pas n’est, si l’on est honnête, pas plus stupide que ceux de la plupart des comédies américaines trash régulièrement louées dans nos colonnes : une nymphomane tente de faire craquer son nouveau patron, un ancien sex addict abstinent depuis un an. On doit même reconnaître à Tonie Marshall l’envie de donner à son film un rythme soutenu et une précision dans la gestion de ses effets comiques, situations comme dialogues. Un énorme handicap pèse cependant sur la mise en scène : Patrick Bruel. Il erre dans les plans en marmonnant son texte, ne punche jamais aucune de ses répliques et traîne son regard de poisson mort durant tout le film comme s’il se demandait s’il joue dans une comédie ou une tragédie. Il offre ainsi un boulevard à une Sophie Marceau épatante, et pas que par contraste, alliant naturel et folie délurée avec une décontraction irrésistible. Ce déséquilibre finit par avoir raison du film tout entier, lorsque se profile une hypocrite et rassurante résolution de comédie romantique lestée de quelques idées auteurisantes complètement hors de propos. Comme si Marshall voulait rappeler in extremis qu’ell

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Les Yeux jaunes des crocodiles

ECRANS | De Cécile Telerman (Fr, 2h02) avec Emmanuelle Béart, Julie Depardieu, Patrick Bruel…

Christophe Chabert | Mardi 8 avril 2014

Les Yeux jaunes des crocodiles

Il était presque fatal que le cinéma s’empare des best-sellers de Katherine Pancol, et c’est donc Cécile Telerman qui s’y colle avec Les Yeux jaunes des crocodiles. Laborieuse, irritante et impersonnelle, son adaptation s’applique à ne pas trahir le roman initial, si bien qu’on a l’impression de le feuilleter chapitre par chapitre, les séquences s’enchaînant mécaniquement sans liant dramaturgique. Tout ça pour raconter comment une bourgeoise superficielle et hautaine (Béart, qui cabotine assez mal) va se servir de sa sœur poissarde (Depardieu, qui se sort assez bien du marasme) pour assouvir ses rêves de réussite littéraire. Comme souvent dans le cinéma populaire français, la critique sociale n’est que feinte ; selon une optique contestable, on est une ratée parce qu’on ne fait pas d’efforts pour s’en sortir et la bêtise des riches profite involontairement à des pauvres dénués de pragmatisme. Ici, la caricature n’est là que pour conforter, et non pourfendre, un système qui ne peut envisager autre chose que l’argent comme gage ultime d’accomplissement. La sous-intrigue vaudevillesque entre Jacques Weber, Edith Scob et Karole Rocher l’illustre parfaitement, où la

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Propriété interdite

ECRANS | D’Hélène Angel (Fr, 1h20) avec Valérie Bonneton, Charles Berling…

Christophe Chabert | Mercredi 12 janvier 2011

Propriété interdite

Improbable projet qui débouche, comme c’est étonnant, sur un mauvais film involontairement sympathique, "Propriété interdite" se déploie sur trois plans complètement étanches à l’écran : un vague thriller fantastique (une femme pense que le fantôme de son frère suicidé continue de hanter la maison isolée dans laquelle elle s’est installée avec son mari), un drame conjugal bien français et une réflexion maladroite sur les sans-papiers (avec un Roumain à moitié sauvage qui réclame de l’argent ; là, c’est le fantôme de Brice Hortefeux qui hante le film !). Quand Angel cherche à faire peur, ça fait rire (comptez les sursauts inutiles des personnages !) ; quand elle veut exprimer le mal-être de son héroïne, on a droit surtout au désarroi d’une Valérie Bonneton totalement à côté de la plaque ; et quand elle veut s’inscrire dans une réalité sociale, elle patauge dans le cliché ethnique. Sans oublier les problèmes de crédibilité du scénario et l’absurdité des dialogues, conduisant à une séquence hilarante : Berling, coincé dans un terrier, répond quand même à son portable — il n’est visiblement pas chez Bouygues ! en s’exclamant : «non, je peux pas consulter mes mails !» — il aurait dû

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Du people chez Beckett

SCENES | Hamm et Clov, le marteau et le clou, un bourreau et une victime consentante… Charles Berling met en scène ‘Fin de Partie’ de Samuel Beckett au Théâtre des (...)

Dorotée Aznar | Lundi 30 novembre 2009

Du people chez Beckett

Hamm et Clov, le marteau et le clou, un bourreau et une victime consentante… Charles Berling met en scène ‘Fin de Partie’ de Samuel Beckett au Théâtre des Célestins, jusqu’au 6 décembre. Dans les rôles des deux clowns féroces, on retrouve Charles Berling et Dominique Pinon. Reste à savoir comment les deux comédiens interpréteront ces deux hommes condamnés à se détester sans pouvoir se séparer et à rejouer éternellement les mêmes scènes.

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Le Code a changé

ECRANS | De Danièle Thompson (Fr, 1h40) avec Patrick Bruel, Karin Viard, Marina Foïs…

Christophe Chabert | Mercredi 11 février 2009

Le Code a changé

Insupportable ! Ami lecteur, arme-toi de courage pour aller affronter la dernière comédie sociologisante de Danièle Thompson, valeur sûre et usurpée du cinéma français, qui s’adonne ici à un exercice périlleux : la fausse satire sociale. Soit une «bande de connards» (dixit Marina Hands dans le film) autour d’une table, parlant de leurs plus graves problèmes dans l’existence : l’infidélité et l’argent. Condamnation de la bourgeoisie, de gauche et de droite ? Que nenni ! Ici, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Un cancérologue (Patrick Bruel : top crédibilité) met vingt ans pour se rendre compte que c’est dur d’apprendre aux gens qu’ils vont mourir, une fille découvre qu’elle cherche chez son amant ce que son père ne lui a jamais donné, et le hasard lelouchien fait bien les choses : la colonne pétée, on se rend compte qu’un mari, finalement, c’est bien utile. Raconté n’importe comment, dialogué à la truelle, filmé en pilote automatique, Le Code a changé matérialise comme jamais le refrain entonné par les Guignols de l’info : ce cinéma français est un calvaire. CC

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L’Heure d’été

ECRANS | d’Olivier Assayas (Fr, 1h40) avec Charles Berling, Juliette Binoche…

François Cau | Vendredi 29 février 2008

L’Heure d’été

On l’écrivait il y a à peine six mois à la sortie de Boarding gate : il y a un mystère autour d’Olivier Assayas, cinéaste enchaînant les mauvais films sous les éloges critiques et un dédain grandissant des spectateurs. L’Heure d’été ne clarifie pas les choses : aussi transparent que Boarding gate était obscur, le film s’attache à filmer une famille bourgeoise (deux frères, une sœur) cherchant à solder l’héritage de leur mère qui avait fait de sa maison un musée vivant à la gloire du peintre Paul Berthier. Passionnant comme la lecture d’une succession chez un notaire, l’affaire est mise en scène avec une maladresse stupéfiante, Assayas confondant montage dynamique et découpage abracadabrant. Comme d’habitude, les intentions maculent l’écran, sans jamais que le cinéaste ne les englobe dans un récit, ne les incarne dans des personnages crédibles ou ne leur donne une perspective dans le réel. De guerre lasse face à ce name droping pédant, on finit par croire qu’il s’agit d’une pub géante pour le Musée d’Orsay. Et quand on apprend que c’est bien de cela qu’il s’agit, une commande dudit Musée, on comprend mieux la pérennité incroyable du cinéaste : c’est un homme de réseau ! CC

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