Teenage Fan Club

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 avril 2012

On dit souvent que le rock a inventé les teenagers. Sans rock'n'roll donc, point de «teen movies». Ce que la bande-son du premier d'entre-eux, Americain Graffiti prouve par le menu, copieux : une anthologie exhaustive du meilleur de la musique 50's et 60's.

La musique : première manière d'ancrer une période éphémère – la jeunesse – dans son époque. Et d'y revenir. Éternellement liés : Don't You (Forget about me) de Simple Minds et The Breakfast Club de John Hugues, l'un de ceux qui a le mieux compris la puissance évocatrice d'une BO.

C'est avec Pretty in Pink, que John Hugues livre sans doute sa bande son la plus «branchée» (The Smiths, New Order, OMD, Echo & the Bunnymen). Mais dans Ferris Bueller, Hugues est sans doute plus proche de son époque, opérant un grand écart musical entre Big Audio Dynamite et Sigue Sigue Sputnik, un groupe punko-kitsch dont l'album est entrecoupé de messages publicitaires. Synonyme de 80's où le cool et le kitsch ne sont jamais loin de l'autre, et où les apparences sont parfois trompeuses.

Au fil du temps, le teen movie devient un laboratoire des tendances musicales et même d'un territoire symbolisé par un grand pourvoyeur de BO teen, le groupe Death Cab for Cutie. D'où des soundtracks parfois plus exigeantes que les films qu'elles sont censées rythmer, exception faite de Pump up the Volume où thème (la radio) et bande-annonce pointue (Richard Hell, Pixies, Ice T, Urban Dance Squad...) ne peuvent faire qu'un. Aujourd'hui, culture net et postmodernisme obligent, on retrouve aussi bien sur la BO d'un Projet X, Four Tet ou Animal Collective que le rappeur Drake ou James Blunt, sans hiérarchie aucune. Où l'on revient à l'esprit relativiste de la BO de Ferris Bueller.

C'est au fond dans les post-teen movies que sont Generation 90 ou Young Adultet sa référence au groupe indé écossais Teenage Fanclub – que la nostalgie musicale agit à plein. Avec toujours, profondément ancré ce rappel à l'adolescence, lié aux tubes qui nous y renvoient. Cette jeunesse jamais vraiment perdue car archivée en image et en musique et qui chante à notre oreille : «Don't You Forget about me».

Stéphane Duchêne

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Benjamin Gibbard

MUSIQUES | Former Lives (City Slang/Pias)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 novembre 2012

Benjamin Gibbard

Benjamin Gibbard, chanteur et leader de Death Cab For Cutie, c'est un peu notre assistant d'anglais, le type qui articule bien ses phrases, le type normal qui ressemble au voisin de palier mais dont toutes les filles et certains garçons sont amoureux au lycée – alors que pourtant il n'a pas vraiment un physique à tout casser.     Le truc c'est que là, notre pauvre assistant d'anglais, celui qui a toujours si bien parlé d'amour et offert tant de « c'est notre chanson » à des milliers de couples sur les campus des facs américaines, s'est fait larguer comme une vieille tong trois fois dans les huit dernières années (c'est notre passage Closer mais il se justifiera dans quelques lignes). Dont une par Zooey « Paul » Deschanel – oui, il paraît qu'elle est un peu zinzin, en tout cas elle en a l'air et on l'imagine tout à fait tomber d'un train en pyjama ; cha

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Boys next door

MUSIQUES | Chantre d'une pop plaintive et rassérénante à la fois, Death Cab for Cutie revient enchanter les vieux garçons et les jeunes filles avec l'excellent Codes & Keys et un concert à l'Epicerie Moderne qui promet d'être riche en tubes. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 mai 2012

Boys next door

Rolling Stone a écrit un jour à propos de Ben Gibbard, leader et chanteur de Death Cab For Cutie qu'il chantait comme un «voisin de palier plaintif». Or c'était un compliment. Il y a pourtant toujours eu, ou presque, dans la musique de Death Cab For Cutie une certaine appétence pour une forme de grandiloquence romantique. Et sans doute cela n'est-il aucunement contradictoire. Imposé comme l'un des phares de l'indie-pop avec Transatlanticism en 2003 Death Cab For Cutie n'a fait que conforter une chose que l'on savait déjà : le romantisme est une affaire de garçon plaintif. Le type même de groupe à faire écouter à la fille que l'on voudrait séduire avec le risque qu'elle vous balance : «c'est de la musique de gonzesses, ça, non ?». Non, c'est de la musique de garçons plaintifs. Comment expliquer autrement que la plupart de leurs tubes, ceux de Transatlanticism, mais pas que, tapissent nombre de BO d'œuvres ciné et télé où il n'est question que de problèmes de grands garçons qui ont du mal à grandir (Six Feet Under, The OC, Californication,

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