Saya Zamuraï

ECRANS | De Hitoshi Matsumoto (Japon, 1h43) avec Takaaka Nomi, Jun Kunimura, Masato Ibu...

Jerôme Dittmar | Jeudi 3 mai 2012

Photo : DR


Star de la télévision nippone où il anime un duo comique crétin, Hitoshi Matsumoto débarque avec son troisième film (le premier distribué en France), et une réputation de nouveau Takeshi Kitano. Histoire improbable d'un samurai errant avec sa fille, Saya Zamuraï se présente comme un film concept.

Une comédie dans laquelle, pour dérider un jeune seigneur traumatisé par le décès de sa mère, le personnage doit multiplier les gags (après trente échecs, c'est hara kiri). Mis en scène par un tandem lui inventant diverses situations stupides, le samurai enchaîne ainsi les sketchs jusqu'à devenir une vraie marionnette de cinéma muet. Passé le côté absurde du bout à bout façon mini format télé, le film bascule progressivement dans un tragique délirant où les numéros toujours plus fous font du héros une star. Matsumoto transforme alors son acteur en clown triste pour retrouver la poésie de Kitano. Un peu trop forcé et cheap pour tutoyer le maître, sauf peut-être sa seconde période mal aimée.

Jérôme Dittmar

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Le Cœur régulier

ECRANS | de Vanja d’Alcantara (Fr./Bel., 1h30) Avec Isabelle Carré, Jun Kunimura, Niels Schneider…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Le Cœur régulier

D’un certain point de vue, Vanja d’Alcantara signe une adaptation conforme au roman d’Olivier Adam : Le Cœur régulier étant l’un de ses ouvrages les plus dépouillés, sinistres — sur ce point, il y a débat, car chaque nouveau livre de l’auteur de Je vais bien ne t’en fais pas rebat les cartes — et pour tout dire rébarbatifs, le film en découlant se révèle d’un intérêt chétif. Épure à la nippone ? Admettons, au risque de tomber dans le cliché. Or, Le Cœur régulier-film ressemble à une Biennale de la photographie tant il en accumule : contemplation, caméra à hauteur de tatami, mutisme éloquent, jeune écolière en uniforme délurée (comprenez : qui va se dénuder), Isabelle Carré grave dans l’attente d’une illumination intérieure, puis Isabelle Carré dégageant une sérénité irénique de chrétienne pour chromo sulpicien… Ce drame assourdissait par les mots sur papier, il indiffère sur écran. VR

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Outrage

ECRANS | De et avec Takeshi Kitano (Japon, 1h49) avec Ryo Kase, Jun Kunimura…

Christophe Chabert | Mardi 16 novembre 2010

Outrage

Après trois films autobiographiques où il s’interrogeait sur son rôle d’artiste, d’amuseur et de cinéaste, Takeshi Kitano revient au genre qui l’a rendu célèbre hors du Japon : le film de yakuzas. Compromis ? Initialement peut-être, mais en fin de compte, "Outrage" est tout sauf une opération séduction. Le premier plan, génial, donne le ton : un long travelling latéral sur des yakuzas en stand by contre leurs voitures de luxe. La caméra arrive sur le visage de Kitano ; va-t-elle s’arrêter ? Non, elle continue sa route et découvre d’autres personnages. Ce n’est pas un pied de nez. Il n’y a ni protagoniste, ni intrigue centrale dans "Outrage", juste la reconduction jusqu’à épuisement du même motif : des dominants arrogants et des dominés qui veulent prendre leur place par le meurtre et la violence. La mathématique des humiliations et de leurs conséquences remplace la psychologie ou le code d’honneur, souvent bafoué. Loin des éclats esthètes d’Hana Bi, Kitano choisit une rugosité formelle radicale pour montrer ce spectacle d’un pouvoir mouvant, sans enjeu autre que de le prendre et de le conserver jusqu’à la mort. Même les scènes de sadisme (notamment un passage terrible où il tort

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