To Rome with love

ECRANS | Poursuivant son exploration des métropoles européennes après Londres, Barcelone et Paris, Woody Allen se montre bien peu inspiré face à Rome, se contentant d’un poussif récit multiple où tout sent la fatigue et le réchauffé, à commencer par sa propre prestation d’acteur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 4 juillet 2012

La familiarité avec le cinéma de Woody Allen, autorisée par la livraison annuelle d'un nouvel opus, permet à l'amoureux de ses films de vite reconnaître quand le maître (osons le mot, il n'est pas volé) est en pleine santé ou quand, au contraire, il est en petite forme. Il ne faut pas longtemps pour s'apercevoir que To Rome with love appartient à la deuxième catégorie, tant il transpire le manque d'inspiration, le programme mécanique et l'agrégat poussif d'idées plus ou moins bonnes.

Ainsi, si les cartes postales qui ouvraient Minuit à Paris (un vrai grand Allen, celui-là) n'étaient qu'un trompe-l'œil, le film s'acharnant ensuite à en montrer le caractère illusoire, celles que le cinéaste compile sur Rome ne seront jamais vraiment déchirées par le récit. Pire, elles conduisent à une accumulation de petites intrigues véhiculant leur lot de clichés, là où Allen n'avait besoin que d'un solide concept pour dérouler celle du film précédent. Ce n'est d'ailleurs par la première fois que, dans ses mauvaises années, Allen se repose sur les récits multiples comme sur une canne, espérant que dans l'ensemble, quelques-uns surnagent de la mollesse ambiante. Ce n'est hélas ! pas le cas, et si certaines histoires ont un point de départ original, un thème pertinent ou quelques scènes amusantes, aucune ne tient vraiment la route d'un bout à l'autre.

Leur assemblage répond à la même logique dilettante, alternant à un rythme frénétique les mésaventures d'un homme ordinaire qui devient célèbre sans raison (Benigni, comme ressorti d'un autre âge du cinéma), les tourments sentimentaux d'un jeune architecte (Jesse Eisenberg, qu'on aurait aimé voir dans un Allen plus stimulant) hésitant entre sa copine légitime (Greta Gerwig) et la meilleure amie fantasque et libérée de celle-ci (Ellen Page), et un vaudeville longuet entre deux jeunes époux italiens, coincés mais forcés de se dévergonder au gré de quiproquos improbables. Dans les trois cas, le déjà-vu est flagrant avec d'autres jalons de la filmo allenienne : Harry dans tous ses états, Vicky Cristina Barcelona et Minuit à Paris traçaient les mêmes sillons. Dans le dernier (le vaudeville), cette reprise en mode mineure est même doublement décevante : non seulement le recours à l'adultère comme fable sur l'incapacité à apprécier ce que l'on a pour toujours lui préférer ce que l'on rêve d'avoir est beaucoup plus attendue que le jeu entre le passé et le présent d'une ville culturellement mythifié dans Minuit à Paris, mais il permet à Allen de remettre tout le monde à sa «juste» place plutôt que de leur offrir l'évasion sociale promise à Owen Wilson.

Ce n'est pourtant pas le plus grave dans To Rome with love. Ce qui frappe ici, c'est à quel point tout transpire l'effort et le labeur, là où Allen avait réussi récemment à remettre du plaisir et de l'énergie dans son cinéma. À commencer par sa propre prestation d'acteur : on ne l'a jamais vu si lent pour lancer ses répliques, plutôt oubliables par ailleurs, si statique dans sa manière d'occuper l'espace, si peu habile pour faire sonner sa musique. Son jeu n'est que l'écho d'une mise en scène elle aussi engourdie, malgré le rappel de l'excellent Darius Khondji en tant que chef opérateur, dont la signature ne transpire pas à l'écran — seul détail amusant, il reprend le fulgurant procédé inventé au premier plan du Amour de Haneke qui consiste à éclairer les acteurs principaux dans un plan large sur le public d'un théâtre pour faire en sorte que l'on ne voit qu'eux au milieu des spectateurs.

On n'osera pas dire que ce film-là, aussi raté soit-il, marque un début de déclin pour Woody Allen, tant il nous a habitué, au cours des quarante dernières années, à sortir ses plus grands chef-d'œuvres après de brefs tunnels de disette créative (Maris et femmes ou Match Point, pour ne citer qu'eux…).

To Rome with love
De Woody Allen (It-Esp-ÉU, 1h52) avec Alec Baldwin, Ellen Page, Jesse Eisenberg, Roberto Benigni, Judi Dench…

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"Baby Boss 2 : une affaire de famille" de Tom McGrath : à l'école du pire

Animation | Plusieurs années après leurs précédentes aventures, Tim et Ted Templeton sont devenus adultes et se sont éloignés l’un de l’autre. Ted est très riche, Tim a fondé (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 août 2021

Plusieurs années après leurs précédentes aventures, Tim et Ted Templeton sont devenus adultes et se sont éloignés l’un de l’autre. Ted est très riche, Tim a fondé une famille et s’occupe de ses deux filles. Ce qu’il ignore, c’est que sa benjamine est une nouvelle Baby Boss et qu’elle va retransformer Tim et Ted en enfants pour 48h afin d’infiltrer l'école du mystérieux Dr Armstrong… Face à cette Affaire de famille… on ne peut nier l’évident lien de parenté entre les bébés agents secrets investissant l’école du professeur fou Armstrong et la troupe de pingouins déglingués de Madagascar : ils sortent du même esprit fantasque et féru d’absurdité, celui de Tom McGrath. Mais poussons un peu. Racontant une histoire d’adultes ayant oublié le monde merveilleux de leur enfance en accédant à celui des grandes personnes ; montrant un savant fou perturbé par ses jeunes années, voulant contrôler le monde et le laisser aux mains d’enfants, Baby Boss 2 aurait pu être un Disney (entre

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Restez chez vous, finalement : "Vivarium"

Science-Fiction | Un jeune couple pris au piège dans une maison-témoin diabolique doit élever jusqu’à l’âge adulte un bébé tyrannique comme tombé du ciel. Une fable de circonstances, entre "Le Prisonnier", "La Malédiction" et le mythe de Sisyphe. En VOD.

Vincent Raymond | Vendredi 29 mai 2020

Restez chez vous, finalement :

En quête d’une maison, Gemma et Tom suivent un étrange agent immobilier dans un non moins bizarre lotissement, Yonder, fait de résidences identiques et désert. Prisonniers de ce cadre cauchemardesque, ils seront délivrés (leur promet-on) s’ils élèvent un bébé reçu dans un carton… Voici un le parfait film à regarder sur un divan… et à déconseiller aux tourtereaux en âge de convoler ou de concevoir des projets de descendance ! Riche de ses lectures métaphoriques et psychanalytiques évidentes, ce conte fantastique — qu’on aurait bien vu signé par Ben Weathley —, raconte dans un décor empruntant autant à Magritte qu’à Hopper comment l’enfant prend sa place dans un foyer, excluant l’un des parents (bonjour l’Œdipe !), puis finit par remplacer les deux dans la société en les “tuant“, reproduisant ainsi un cycle immuable… La fable est cruelle, l’illustration aussi brillante que plastiquement réussie dans ce qu’elle donne à voir du monde “suburbien“ idéalisée empli de petites maisons identiques — les “Sam Suffit“ ayant fait florès avec les Trente Glorieuses. Un monde de la standardisation aux couleurs pastel écœurantes à fo

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Avec "Pinocchio", Matteo Garrone signe le billot-pic d’une tête de bois

Sur Amazon Prime Video | Cela se voyait comme le nez au milieu la figure : le "Pinocchio" de Matteo Garrone allait être le grand film d’art et d’essai familial des vacances de Pâques au cinéma. Les événements auront fait mentir cette prédiction : il sera celui de la rentrée de mai. Dans votre salon, via Amazon Prime Video…

Vincent Raymond | Mardi 12 mai 2020

Avec

Italie, dans un XIXe siècle parallèle. Geppetto, brave et pauvre menuisier, sculpte dans une bûche magique un pantin turbulent qu’il baptise Pinocchio. Celui-ci va s’animer, accumulant les bêtises, avant de s’enfuir, incapable de céder à ses envies naïves. Mais sa bonne fée veille… Transposer Pinocchio pour un cinéaste italien revient de notre côté des Alpes à porter à l’écran Les Misérables : au prestige du roman dans la culture nationale et internationale s’ajoute le poids des devanciers ayant voulu donner leurs vision et images d’un texte aussi emblématique. Difficile, donc, de se ménager une place. Sauf si l’on a les arguments et la légitimité. Il n’échappera à personne que Matteo Garrone dispose des arguments artistiques et techniques, autant que de légitimité pour entreprendre un conte dont le protagoniste est, une fois encore après Dogman ou Reality, un candide. Un être simple à la croisée de deux mondes ;

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Grosse Pomme à l’eau : "Un jour de pluie à New York" de Woody Allen

Comédie | Ashleigh a obtenu d’interviewer un réalisateur arty pour le journal de sa fac… à condition d’aller à Manhattan. Bonne nouvelle pour son petit copain Gatsby, qui leur organise un week-end en amoureux dans son New York chéri. Sur place hélas, rien ne se déroulera comme prévu…

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

Grosse Pomme à l’eau :

Cette histoire d'un couple qui se remet en question à l’issue d’une nuit marquée par les tentations sentimentales erratiques de l’un des deux partenaires dans un New York à la fois mondain et irréel, ça vous a un petit air de Eyes Wide Shut ; donc d’une relecture de la Traumnovelle de Schnitzler dont Kubrick s’était inspirée, accommodée à la sauce Allen. Mais Woody ayant déjà encensé son bien-aimé Manhattan dans toutes les hauteurs ne parvient plus à en offrir un regard qui ne soit à la limite de l’auto-citation, voire de l’auto-parodie. Et si l’on doit admettre de ne frayer ici — une fois encore — qu’avec des démocrates érudits ayant des névroses de couple et résidant autour d’un Central Park réchauffé par les couleurs de l’automne, faut-il en plus supporter des dialogues d’une prévisibilité caricaturale et inégalement pétillants ? Une photographie médiocre, artificielle, parfois franchement terne, prouvant que le numérique ne réussit pas à Vittorio Storaro ? Le jeu tout en mimiques meg-ryannesques de Elle Fanning et la composition miméti

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Café Society : Hollywoody boulevard

ECRANS | Le 47e opus de Woody Allen-réalisateur semble avoir été taillé sur mesure pour effectuer l’ouverture de la 69e édition du festival de Cannes : glamour, artifices et nostalgie des vieilles bobines s’y bousculent. On passe un charmant moment, sans être transporté…

Vincent Raymond | Jeudi 12 mai 2016

Café Society : Hollywoody boulevard

Un film situé, au moins partiellement, dans les arcanes du Hollywood de l’âge d’or ne pouvait que finir (ou, à tout le moins, commencer sa carrière) sur la Croisette. Café Society tend une sorte de miroir temporel pareil à une vanité à la foule des producteurs, cinéastes, comédiens, agents qui se pressent aux marches du Palais et dans les réceptions pour participer à la gigantesque sauterie cannoise. Car du cinéma, il ne montre absolument rien si ce n’est un extrait de La Dame en rouge (1935) de Robert Florey. En cela, il se situe aux antipodes de Avé César des frères Coen qui avait effectué l’ouverture de la Berlinale. Ici, les stars demeurent cachées dans leurs résidences exubérantes, ou des noms évoqués par paquets de dix, d’éphémères symboles de puissance dans l’Usine à rêve, totalement privées de substance et d’incarnation. Woody et ses doubles C’est plus la nostalgie jazzeuse, l’élégance du cadre et les vestes cintrées qui intéressent Woody Allen dans ce décor-prétexte. Les plateaux, il leur a déjà réglé leur compte dans Hollywood Ending (2002), comédie décriée et pourtant débordant

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Cannes 2015, jour 3. Au cœur de l’irrationnel

ECRANS | "Le Fils de Saul" de László Nemes. "L’Homme irrationnel" de Woody Allen. "The Lobster" de Yorgos Lanthimos.

Christophe Chabert | Samedi 16 mai 2015

Cannes 2015, jour 3. Au cœur de l’irrationnel

Appliquant la règle berlinoise dite de l’embargo jusqu’à la projection officielle d’un film, on se laisse parfois 24 heures — un luxe ! avant de causer de la compétition, ce qui fait qu’à l’heure où vous découvrirez ces lignes, vous saurez déjà en allant fureter sur les réseaux sociaux qu’une bronca spectaculaire s’est levée sur The Sea of trees, le nouveau Gus Van Sant. Pour savoir ce que l’on en a pensé, patience jusqu’à demain, donc. Le Fils de Saul / Le Fils de l’homme On a aussi attendu pour dire à quel point Le Fils de Saul, premier long-métrage du Hongrois László Nemes, fut le grand choc de ce début de festival — en espérant que ce ne soit pas le seul. S’il y a une raison d’endurer le cirque cannois, c’est bien pour se retrouver nez à nez avec des œuvres pareilles, surgies de nulle part mais, une fois la projection terminée, inscrites de manière indélébile dans notre mémoire. On pourrait penser que cela tient exclusivement au sujet du film : la description d’un camp d’extermination nazi à travers les yeux de Saul, un membre du Sonderkommando, ces prisonniers chargés de participer à la solution finale en conduisant les juifs dans les

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Indian Palace : Suite royale

ECRANS | De John Madden (Ang-Éu, 2h03) avec Dev Patel, Judi Dench, Maggie Smith, Richard Gere…

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Indian Palace : Suite royale

Retour au Marigold Hotel avec ses sympathiques pensionnaires british du troisième âge et son truculent personnel autochtone, décidés à passer un braquet commercial en investissant dans un nouveau palace plus moderne et plus luxueux. Mais c’est plutôt business as usual dans cette suite sous tranxène, qui prend prétexte de la préparation d’un mariage indien pour multiplier les micro-intrigues toutes plus inintéressantes les unes que les autres sans jamais remettre en cause son caractère néo-colonial. Exemple ultime de ce qu’est aujourd’hui le cinéma pour seniors — qu’ont-ils fait pour qu’on leur réserve de telles purges ? Indian Palace en reprend la grande idée : la vieillesse n’est ni un naufrage, ni un crépuscule, mais une deuxième jeunesse. Perspective rassurante qui permet du coup de laisser de côté toutes les questions qui fâchent : la perte d’autonomie physique, le corps plus à la hauteur d’un désir toujours vif et surtout la mort, que le film balaie d’une pichenette scénaristique assez honteuse. Les danses bollywoodiennes, les pitreries d’un Dev Patel en passe de rafler le trophée de pire acteur de l’année après sa performance

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The Double

ECRANS | De Richard Aoyade (Ang, 1h33) avec Jesse Eisenberg, Mia Wasikowska…

Christophe Chabert | Mardi 15 juillet 2014

The Double

Cette adaptation du roman de Dostoievski brille d’abord par la pertinence de ses parti-pris visuels : Richard Aoyade a en effet choisi de ne pas choisir entre la reconstitution et l’actualisation du livre, préférant inventer un monde qui renvoie autant à la bureaucratie soviétique qu’au futur orwellien de 1984. Au milieu de cet univers gris et pré-technologique vit Simon, triste employé de bureau frustré et voyeur, qui voit débarquer un jour son double, James, bien décidé à prendre sa place et à séduire la femme qu’il épie depuis sa fenêtre. On pourrait énumérer les références conscientes ou inconscientes qui défilent dans le film — Brazil, Délicatessen, Le Locataire ­— mais cela ne ferait que souligner ce qui devient le défaut le plus évident de The Double : il s’enferme rapidement dans un exercice de style où la forme, soumise à un contrôle maniaque — lumières, cadres, mouvements de caméra, sans parler d’une bande-son très spectaculaire dans son accumulation de détails —prend le pas sur le récit. Aoyade vise manifestement

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Night moves

ECRANS | Kelly Reichardt suit patiemment trois terroristes écolos qui décident de faire sauter un barrage dans un thriller au ralenti où la dilatation du temps, la beauté de la mise en espace et les soubresauts des désirs qui animent le trio confinent à l’hypnose. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 22 avril 2014

Night moves

Au début de Night moves, Josh — Jesse Eisenberg, définitivement l’acteur 2.0, aussi lisse en apparence que trouble dans les profondeurs qui agitent ses personnages — et Dena — Dakota Fanning, à la présence sensuelle et magnétique — se rendent dans un happening d’écolos underground où est présenté un petit film expérimental et arty servant à galvaniser les militants. Kelly Reichardt, comme ses personnages, prend ses distances avec ce folklore-là, cette façon de faire de la politique sans jamais passer à l’action. Pour Josh et Dena, rejoints ensuite par Harmon — Peter Sarsgaard — il va falloir se mouiller dans tous les sens du terme en allant faire sauter un barrage et rendre ainsi ce coin de l’Oregon à l’état de nature, loin de l’intervention industrielle et libérale ; pour la cinéaste, l’objectif est de raconter ce geste terroriste comme un thriller au ralenti, où l’acte final serait, telle la flèche dans le paradoxe de Zénon, découpé en une multitude d’actions plus petite observées avec un soin méticuleux et chargées de leur propre suspense : repérer les lieux, acheter le matériel pour fabriquer l’explosif, charger un zodiac dans une remorque… La vraie

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Philomena

ECRANS | Réalisé par Stephen Frears, mais écrit, produit et interprété par un Steve Coogan excellent, ce buddy movie mélodramatique slalome avec talent entre les écueils de son sujet pour construire une œuvre humaniste, souvent drôle mais surtout d’une réelle tristesse. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 6 janvier 2014

Philomena

Dans la production inégale et prolifique de Stephen Frears, Philomena figure parmi ses plus évidentes réussites. Le mérite en revient autant au cinéaste anglais, qui sait tenir sa mise en scène, invisible, pudique et d’un classicisme payant, à la bonne distance de son sujet, qu’à Steve Coogan. L’acteur en est aussi co-scénariste et producteur et il fait corps avec son personnage, Martin Sixsmith, journaliste devenu conseiller de Tony Blair avant de se faire éjecter du 10 Downing Street pour cause de mail douteux. Obligé de reprendre ses activités d’écrivain, il est approché par une serveuse dans un cocktail qui lui parle du cas de sa mère, Philomena — Judi Dench, dont il est presque superflu de dire qu’elle est formidable. Élevée dans un pensionnat catholique en Irlande, son premier fils lui a été enlevé par les nonnes qui dirigeaient l’établissement puis adopté par une riche famille américaine. Cinquante ans après, elle ne pense qu’à le retrouver. D’abord réticent, Sixsmith finit par se lancer avec Philomena à la recherche de l’enfant perdu… Philanthropie Le film, tiré d’une histoire vraie, brasse ainsi un certain nombre de sujets polémiques,

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Blue Jasmine

ECRANS | Aussi surprenant que "Match point" en son temps dans l’œuvre de Woody Allen, "Blue Jasmine" est le portrait cruel, léger en surface et tragique dans ses profondeurs, d’une femme sous influence, une Cate Blanchett géniale et transfigurée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 septembre 2013

Blue Jasmine

Le titre du dernier Woody Allen est en soi un formidable puzzle : Jasmine, son héroïne, possède entre autres lubies une passion monomaniaque pour la chanson Blue Moon. Mais c’est aussi son état d’esprit lorsque le film commence : bluesy et déprimée suite à la rupture avec son mari, sorte de Bernie Madoff ruiné par la crise financière. Elle, la femme entretenue, rumine à voix haute sa déconvenue : elle doit quitter son standing new-yorkais pour s’installer chez sa sœur prolo à San Francisco. Il y a peut-être un dernier sens derrière ce Blue-là : Jasmine semble débarquer de nulle part, out of the blue, ou du moins la savante construction dramatique du film laisse un noir — ou un bleu — sur un passé qu’elle rabâche mais qu’elle est peut-être surtout en train de réinventer. Car dans la première partie du film, Jasmine est une victime, femme bafouée que ce déclin entraîne au bord de la folie et qui cherche à tout prix à retrouver sa dignité mais surtout son rang, cette place sociale qu’elle estimait avoir durement conquise. Petits arrang

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L’insolente jeunesse des vieux cinéastes

ECRANS | Alors que la rentrée cinéma est majoritairement dominée par des cinéastes entre 40 et 60 ans, deux octogénaires vont surprendre par la vigueur de leurs derniers opus, aussi inattendus que flamboyants de maîtrise : Woody Allen avec "Blue Jasmine" et Roman Polanski avec "La Vénus à la fourrure". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 22 août 2013

L’insolente jeunesse des vieux cinéastes

Une expression bien aimée de la critique française parle des «films tardifs» des grands cinéastes pour évoquer leurs derniers opus. Manière élégante de dire qu’ils sont comme les combats de trop d’anciens puncheurs n’ayant plus les jambes pour suivre le rythme imprimé par la génération montante et réclamé par un public avide de nouveautés. Si les exceptions ne sont pas rares — de John Huston à Kinji Fukasaku — on a pris cette habitude de regarder vieillir les metteurs en scène que l’on aime avec un mélange d’affection et d’affliction. Or, en cette rentrée 2013 riche en événements, ce sont deux cinéastes ayant dépassé les quatre-vingts printemps qui vont frapper très fort, et montrer que le talent, mieux que les cellules, se régénèrent au contact de défis inédits dans leur carrière. Deux cinéastes nomades En même temps, quoi de plus différent que Blue Jasmine de Woody Allen et La Vénus à la fourrure de Roman Polanski ? Et quoi de commun entre les deux cinéastes — à part, diront le

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Insaisissables

ECRANS | Un piteux exercice de manipulation, hypocrite et rutilant, avec un casting de luxe que Louis Leterrier n’arrive jamais à filmer, trop occuper à faire bouger n’importe comment sa caméra. Nullissime. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 5 août 2013

Insaisissables

De son apprentissage chez EuropaCorp comme yes man pour les scénarios torchés à l’arraché par Luc Besson, Louis Leterrier a visiblement retenu plusieurs leçons, toutes mauvaises : d’abord, confondre montage et rythme, mouvements incessants de caméra et retranscription de l’action. Il faut voir l’introduction d’Insaisissables, sorte de bouillie filmique d’une laideur visuelle à pleurer de dépit, pour saisir l’étendue du désastre. Aucun élément ne semble attirer le regard de Leterrier : ses plans n’enregistrent rien, s’annulent les uns les autres et chaque présentation d’un des magiciens se fait dans une hystérie de vulgarité putassière là encore bien bessonienne : les filles se foutent à poil — un peu — mais le sexe n’a jamais lieu, et lorsque le mentaliste de la bande hypnotise un couple, c’est avant tout pour fustiger l’infidélité du mari. Là où Insaisissables devient franchement insupportable, c’est quand ce grand barnum que l’on peine à qualifier de mise en scène finit par atteindre le casting lui-même, pourtant prestigieux. Leterrier ne s’intéresse absolument jamais à ces acteurs, ne leur donnant aucun espace pour jouer, les filmant à moitié dans l’obscurité

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Cannes jour 1 : Woody et les chevaux

ECRANS | Woody Allen : un documentaire. Après la bataille.

Christophe Chabert | Vendredi 18 mai 2012

Cannes jour 1 : Woody et les chevaux

Le film d'ouverture de Cannes est-il un bon présage de la sélection à venir ? Si oui, alors Cannes 2012 devrait être exceptionnel, tant le Moonrise kingdom de Wes Anderson nous a littéralement enchanté. On en parle ailleurs, donc pas la peine de s'appesantir sur le sujet. Mais pour revenir à la question de l'ouverture comme signe annonciateur de la qualité globale, il faut se souvenir qu'en 2010, qualifiée par les festivaliers qui l'ont vécue d'annus horribilis, avait débuté avec le lamentable Robin des bois de Ridley Scott, et le reste avait été à l'avenant.  En revanche, le bon cru de 2011 avait été lancé par l'excellent Minuit à Paris de Woody Allen, qui restera par ailleurs comme un des meilleurs souvenirs de l'ex-première dame de France - on s'égare. Or, avec une certaine malice, Thierry Frémaux a choisi de proposer aux festivaliers non pas le Woody Allen annuel (To Rome with love, privé de Cannes pour cause de sortie avancée en Italie), mais un documentaire consacré au cinéaste prolifique. E

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Indian Palace

ECRANS | De John Madden (Ang, 2h04) avec Judi Dench, Tom Wilkinson, Bill Nighy...

Jerôme Dittmar | Jeudi 3 mai 2012

Indian Palace

A priori Indian Palace a tout du "gros machin" aberrant. Comédie existentialio-romantique pour retraités britanniques partant finir leurs jours dans une maison spécialisée en Inde (c'est la crise), le nouveau film de John Madden a des airs de pub pour Orange. Avec son exotisme de la communication, sa volonté outrancière de baliser la mise en scène pour offrir un mondialisme vertueux, cette énième parabole douce amère sur l'altruisme et le temps qui passe (la belle affaire) est d'une prudence qui finit par se retourner contre elle. On sent pourtant toute l'empathie et la sympathie de Madden derrière la caméra, que ce soit pour ses personnages ou le pays. Mais ces rêveries post-coloniales comme seconde chance à l'amour et la vie finissent par rappeler Les Petits Mouchoirs. C'est finalement pas son casting que le film touche. De Judi Dench à Tom Wilkinson et Bill Nighy, tous donnent profondeur et sens

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Cannes, jour 1 : Autour de Minuit

ECRANS | Minuit à Paris de Woody Allen

Christophe Chabert | Mercredi 11 mai 2011

Cannes, jour 1 : Autour de Minuit

C’est reparti pour un tour de Cannes. Les indicateurs sont en hausse (plus de stars, plus de business, plus de films intéressants — enfin, c’est ce qui se dit — et plus de journalistes, visiblement), après la morose édition 2010. Si tout le monde attend Terrence Malick, il paraît que du côté de Lars Von Trier, il va y avoir du lourd. Sans parler de notre maître Alain Cavalier, de retour en compétition, ou de Take Shelter, le deuxième film de Jeff Nichols présenté à la Semaine de la Critique et dont le Shotgun stories a marqué durablement nos mémoires. Si le film d’ouverture donne le ton de ce qui va se passer par la suite, alors Minuit à Paris annonce en effet un Cannes 2011 à la fois joyeux et de grande qualité. Eh oui, c’est ce bon vieux Woody qui aura réussi à nous surprendre d’entrée ! Encore ? Oui et non. Car à la vision de Minuit à Paris, on se dit que l’on n’a pas vraiment aimé ses films depuis Match Point (à l’exception, peut-être, de Whatever works, mais qui sonnait comme une réplique tardive de son cinéma des nineties), du moins qu’on y a pris un plaisir essentiellement théoriq

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"The Social Network" : quand David Fincher conte la naissance de Facebook

Biopic | David Fincher et Aaron Sorkin retracent l’ascension de Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook, de ses années à Harvard jusqu’aux deux procès intentés contre lui, dans un film passionnant et d’une folle ambition sur la naissance d’une nouvelle forme de capitaliste.

Christophe Chabert | Mercredi 6 octobre 2010

Première séquence de The Social Network : Mark Zuckerberg et sa petite amie Erica discutent autour d’une bière. Il lui explique avec arrogance l’intérêt d’entrer dans les clubs selects de Harvard, et qu’elle n’y parviendra pas sans lui ; en retour, elle le plaque sèchement, ce qui trouble à peine sa détermination. Prologue brillant où s’épanouit la verve inimitable d’Aaron Sorkin ; le créateur d’À la maison blanche retrouve ici son terrain de prédilection : les coulisses de l’Histoire racontées comme des marivaudages quotidiens, au plus près de la parole et des problèmes personnels de ses protagonistes. Restait à savoir comment le texte de ce virtuose allait être interprété par un cinéaste qu’on qualifie, par paresse, de "visuel" : David Fincher. Plus que jamais proche de l’intelligence cinématographique d’un Kubrick, Fincher a choisi d’adapter sa mise en scène à ce matériau scénaristique, ne cherchant ni à l’aérer, ni à l’agiter gratuitement, sans pour autant refuser d’y apposer une vision personnelle. C’est la première et immense qualité de The Social Network : la rencontre

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Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

ECRANS | Crise matrimoniale, peur de la vieillesse, stérilité créative, folie douce et raison forcenée : Woody Allen retrouve le plaisir des récits gigognes dans cette excellente comédie hantée par la gravité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 28 septembre 2010

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Un des moments les plus passionnants du dernier Woody Allen se situe dans son premier tiers, quand Helena (Gemma Jones), sexagénaire abandonnée par son mari, tente de convaincre sa fille Sally (Naomi Watts) de suivre les conseils d’une voyante qu’elle consulte depuis quelque temps. Réaction indignée de Sally, tandis que son époux Roy (Josh Brolin) joue les arbitres dans cette querelle familiale. Le comportement absurde et enfantin d’Helena se heurte à la froide lucidité de Sally, comme si les rôles s’inversaient : les enfants sont plus adultes que leurs parents — preuve supplémentaire, le père (Anthony Hopkins) refait sa vie avec une strip-teaseuse de trente ans son aînée. La scène est clé car, au lieu de livrer la morale du film, elle en expose tous les faux-semblants, le reste venant les démasquer dans un mélange de comédie et de noirceur indiscernables. Pour couronner le tout, Woody Allen s’offre alors un plan-séquence virtuose plutôt inhabituel chez lui. C’est une des surprises de "Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu" : on y sent la signature fameuse du cinéaste new-yorkais (pour le coup revenu à Londres), mais son cinéma s’y fait moins transparent, plus retors qu

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Bienvenue à Zombieland

ECRANS | De Ruben Fleischer (ÉU, 1h20) avec Jesse Eisenberg, Woody Harrelson…

Dorotée Aznar | Vendredi 20 novembre 2009

Bienvenue à Zombieland

C’est le genre d’anomalie qu’on aimerait voir plus souvent : la première réalisation d’un inconnu, nanti d’un budget confortable pour donner vie à une comédie… avec des zombies. Ruben Fleischer ne cache pas son admiration pour le génial Shaun of the Dead mais parvient à s’en démarquer, penchant plus pour le teen-movie initiatique que pour la comédie romantique. Dans un monde, pardon, une Amérique envahie par les morts-vivants, Colombus (Jesse Eisenberg, la révélation d’Adventureland) va se composer une famille d’adoption constituée d’un redneck spécialiste du démastiquage de zomblards et de deux sœurs roublardes. Personnages attachants, mise en scène à l’efficacité surprenante, variations hilarantes sur les codes du genre, situations jouissives (guettez l’apparition d’une célébrité inattendue), Bienvenue à Zombieland se pose comme une œuvre dont la légèreté n’exclue pas de vraies qualités artistiques. François Cau

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Vicky Cristina Barcelona

ECRANS | En visite à Barcelone, Woody Allen propose une nouvelle variation, faussement convenue, autour de ses thèmes favoris : le couple et la fatalité culturelle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 30 septembre 2008

Vicky Cristina Barcelona

Deux amies américaines sont en visite estivale à Barcelone, l’une pour ses études, l’autre pour se remettre de son énième échec sentimental. La brune Vicky (Rebecca Hall), solidement assise sur ses principes, est promise au mariage avec un jeune cadre new-yorkais ; la blonde Cristina (Scarlett Johansson) se cherche quelque part entre cinéma et photographie, célibataire par indécision plus que par choix. Woody Allen, après une trilogie londonienne au propos social détonnant, semble avoir mis le cap vers l’Espagne pour des raisons similaires à celles de ses héroïnes : s’offrir un break ensoleillé et touristique (de Gaudí à la guitare au clair de lune, les clichés sont à la fête), le temps de retrouver ses thèmes de prédilection : l’incertitude sentimentale et les aléas du couple. Avec un classicisme très sage, la première partie de Vicky Cristina Barcelona se pose en comédie romantique sans réel enjeu, notamment quand Juan Antonio (Javier Bardem), peintre bohème assumant son désir pour les deux demoiselles, sort le grand jeu et emballe toutes les pistes lancées par le récit. Niveau mise en scène, on a connu Woody plus téméraire : sa discrétion frise l’absence, la voix-off sent le réc

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"J'ai toujours vu le monde comme une tragédie"

ECRANS | Interview / Avec Melinda et Melinda, son 36e film, Woody Allen tente un grand pont théorique. Comme il y a 15 ans avec Crimes et Délits, il fait cohabiter comédie et tragédie dans une même fiction. Le résultat, mineur mais séduisant, montre un Woody sur une pente à nouveau ascendante. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Mercredi 19 janvier 2005

Petit Bulletin : Avez-vous déjà hésité entre drame et comédie pour un même sujet ?Woody Allen : J'ai très souvent des idées qui pourraient verser d'un côté ou de l'autre. Un très bon exemple, c'est Une autre femme. Gena Rowlands écoute à travers un mur les conversations d'une femme et de son analyste, et elle finit par y entendre des vérités sur elle-même. J'ai continué cette idée dans une perspective dramatique, mais si ce n'était pas Gena Rowlands, si c'était moi qui avait écouté à travers ce mur, cela aurait donné une excellente comédie. Avec Melinda et Melinda, j'avais une idée, et j'ai voulu voir si on pouvait la décliner sur ces deux versants. Vos références vous portent-elles plutôt vers le drame ou vers la comédie ?Je n'ai pas beaucoup changé au fil des ans. Mes obsessions sont les mêmes depuis l'âge de 10 ans. Je regrette juste de ne pas faire plus de tragédies, de ne pas aller contre mon inclination naturelle à faire de la comédie. J'ai toujours vu le monde comme quelque chose de tragique et tous les artistes que j'adore sont des auteurs tragiques : Eugène O'Neil, Strindberg, Bergman... Mais j'étais plus à l'aise avec les films drôles. Beauco

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Woody dans tous ses états

ECRANS | Rétro / Avec Melinda et Melinda, Woody Allen s'offre une récréation théorique qui jette un éclairage nouveau sur son œuvre, longtemps admirée, récemment décriée. À contre-courant de la production américaine, elle mérite qu'on s'y replonge, au moment où elle commence à irriguer le cinéma contemporain. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 19 janvier 2005

Woody dans tous ses états

En 2003, la sortie d'Anything Else avait fait brusquement changé notre regard sur la filmo récente de Woody Allen. Alors qu'on pensait le cinéaste définitivement occupé à bâcler en série quelques comédies aux pitchs usés et à la mise en scène approximative (Hollywood ending, de son titre à son propos - un cinéaste atteint de cécité - mettait en abîme ce sentiment de fin de partie), le voici qui reprenait une vigueur, une jeunesse et un mordant qu'on ne lui soupçonnait plus. Pourquoi ce film-là ne transpirait pas des faiblesses flagrantes sur les précédents ? Pour des raisons formelles d'abord : pour la première fois depuis Manhattan, Woody filmait en cinémascope, sous l'impulsion de son chef-opérateur Darius Khondji, qui attache une importance cruciale au cadre des films qu'il éclaire. Ce choix de l'écran large donnait à Anything Else une ampleur paradoxale : film de tandem plus que de couple, il permettait à Allen de passer le relais dans le plan à Jason Biggs (teenager remarqué dans la série des American Pie) qui, dans un personnage pourtant attendu (l'auteur juif new-yorkais), faisait autre chose que singer son modèle. Woody Allen, à l'inverse, se distribuait dans un rôle parfai

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Juno

ECRANS | On va se faire lyncher, mais tant pis : la seconde réalisation de Jason Reitman n'est pas l'œuvre culte annoncée partout, mais juste un divertissement sympathique. François Cau

Christophe Chabert | Mercredi 13 février 2008

Juno

Juno, ado gouailleuse, a couché avec son meilleur ami plus par jeu que par passion. Quand elle s'aperçoit qu'elle est tombée enceinte, elle renonce rapido à avorter (car après tout, «les bébés ont des ongles») et part en quête d'une famille d'accueil assez cool pour elle... L'attente était démesurée, conséquence d'un coup médiatique savamment orchestré. Une auteur hype (Diablo Cody), remarquée sur le web, qui voit son script adoubé par l'industrie du cinéma indépendant américain et porté à l'écran de façon efficace, avec pléthore de stars du petit écran en options. Un succès surprise au box-office suit les vivats de la presse, et le buzz est lancé, expliquant en partie la déception occasionnée. De fait, comme Little Miss Sunshine, autre phénomène cinématographique au destin similaire, le film de Jason Reitman a tout pour séduire : un générique accrocheur, des personnages atypiques ou forts en gueule campés par des comédiens investis, des dialogues ciselés, des plages musicales bucoliques garnissant une bande originale pop folk (destinée à devenir aussi culte que le film). Fatalitas Le film prend soin de créer un univers rempli de gimmicks assu

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