Rock forever

ECRANS | D’Adam Shankman (ÉU, 2h02) avec Julianne Hough, Diego Boneta, Russell Brand, Tom Cruise…

Christophe Chabert | Lundi 9 juillet 2012

Pour tenir face à Rock of ages (titre original, traduit une fois de plus par une non traduction…), il faut avant tout supporter l'atroce kouglof musical qui l'inonde d'un bout à l'autre, véritable cauchemar pour les tympans qui mélange rock FM bien gras et tubes du grenier interprétés par des chanteurs à voix. Mission impossible, c'est sûr ; au-delà, on assiste à un machin complètement schizo qui hésite entre se prendre au sérieux et se moquer de lui-même.

L'intrigue principale, love story entre deux têtards qui voudraient se lancer dans le rock, relève de la guimauve mille fois mâchée. Mais tous les à-côtés, nombreux, sont prétextes à de la déconne pas très fine certes, quoique déjà plus raccord avec ce projet improbable. Shankman semble incapable de choisir et bricole une mise en scène illisible pour noyer le poisson.

On est donc face à une grosse daube certifiée dans laquelle pourtant se trouvent des éclats de talents, en l'occurrence les comédiens : Cruise qui rejoue son personnage de Magnolia, Malin Akerman, qu'on aimerait voir plus souvent sur les écrans, Russell Brand et Alec Baldwin pour une séquence mémorable, et surtout Paul Giamatti. Aussi génial que dans Cosmopolis, Giamatti transforme en pur spectacle toutes les scènes dans lesquelles il apparaît ; un immense acteur dans un film minuscule.

Christophe Chabert

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Redoublement en 6e pour Tom Cruise : "Mission : Impossible - Fallout"

Action | Suite directe de Rogue Nation, Fall Out revisite les fondamentaux de la franchise Mission : Impossible en passant la sixième vitesse. La rapidité, une manière comme une autre pour Tom Cruise de défier le temps qui passe…

Vincent Raymond | Mercredi 1 août 2018

Redoublement en 6e pour Tom Cruise :

Censé empêcher un groupe terroriste de s'emparer de sphères de plutonium, Ethan Hunt compromet sa mission afin de sauver un membre de son équipe. La CIA lui met alors dans les pattes l’agent Walker chargé d’évaluer l’IMF ; charge à lui de récupérer les éléments radioactifs… Pour ce sixième opus, on ne change pas une équipe qui gagne (des dollars), et encore moins l’architecture narrative de la franchise : une nouvelle fois, il est ici avéré qu’une taupe trahit l’Agence et des preuves accablantes s’accumulent contre Hunt ; lequel, placé en fragilité, doit jouer contre sa hiérarchie pour sauver le monde avant même de prouver son innocence. Voilà qui n’est pas sans rappeler la trame de l’excellent film inaugural de DePalma (1996). Impression renforcée par un finale à coup d’hélicoptères, une large inscription territoriale du film entre Paris et Londres et le démasquement grâce à un masque du traître de l’histoire. Les références à l’épisode matriciel deviennent des révérences assumées. Éternelle genèse Vingt ans plus tard, ce

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L’avant-dernier mot pour Tom Cruise

ECRANS | Excellente initiative que la programmation de l’ultime réalisation de Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut (1999). Inspirée de Schnitzler, cette déambulation (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

L’avant-dernier mot pour Tom Cruise

Excellente initiative que la programmation de l’ultime réalisation de Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut (1999). Inspirée de Schnitzler, cette déambulation nocturne dans les rues de New York, à travers les chemins défendus traversant les alcôves d’un couple et les fantasmes d’un homme, envoie aux enfers un pantin mondain un peu fiérot, puis s’achève sur un mot bien trouvé, énoncé par Nicole Kidman : “Fuck”. Le lendemain, pénultième jour de l’année, fin de la rétrospective Tom Cruise avec Né un 4 juillet. Eyes Wide Shut À l’institut Lumière le jeudi 29 décembre à 21h

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Nuit Mission : Impossible

ECRANS | Une fois que vous aurez assisté à la soirée de palmarès du Festival du film court de Villeurbanne au Zola, vous pourrez vous rendre rue du Premier-Film, où (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Nuit Mission : Impossible

Une fois que vous aurez assisté à la soirée de palmarès du Festival du film court de Villeurbanne au Zola, vous pourrez vous rendre rue du Premier-Film, où se tient actuellement une rétrospective Tom Cruise pour suivre le marathon Mission : Impossible. Une quasi intégrale, puisqu’il ne manque que le 3e volet de cette pentalogie — celui signé par J.J. Abrams. Prévoyez de finir un peu avant six heures du matin si vous bouclez toute la nuit, ce qui n’est pas obligatoire : à l’impossible, nul n’est tenu. Nuit Mission : Impossible À l’Institut Lumière le samedi 26 novembre dès 20h

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Edge of Tomorrow

ECRANS | De Doug Liman (ÉU, 1h53) avec Tom Cruise, Emily Blunt…

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

Edge of Tomorrow

Sur le papier, il y a comme du high concept foireux derrière Edge of Tomorrow : en gros, il s’agit d’opérer le croisement improbable entre Le Soldat Ryan, Un jour sans fin et Starship Troopers, inspiré d’un bouquin d’Hiroshi Sakurazaka. D’ailleurs, le temps que la greffe prenne — quinze minutes — on reste un peu incrédule, avalant couleuvres scénaristiques sur couleuvres scénaristiques, en particulier celle qui envoie au front un officier spécialisé dans la communication, sans expérience de terrain et ayant dépassé la limite d’âge — Tom Cruise a beau faire tout ce qu’il peut pour le faire oublier, c’est aujourd’hui un quinquagénaire encore en forme mais trop vieux pour jouer les héros. Quand enfin tout est en place — un système assez ludique de reboot temporel qui permet à Cruise de rejouer un débarquement futuriste sur les plages normandes pour bousiller des aliens et retrouver une «full métal bitch» campée par la passionnante Emily Blunt — l’alliance entre le scénario habile et très bien écrit de Jez Butterworth — magistral dramaturge anglais — et Christopher MacQuarrie — déjà derrière l’excellent

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Oblivion

ECRANS | Après "Tron l’héritage", Joseph Kosinski avait toutes les cartes en main pour confirmer son statut de nouveau maître de la SF avec cette adaptation de son propre roman graphique. Hélas, le voilà rattrapé par son fétichisme kubrickien, qu’il tente vainement de transformer en blockbuster à grand spectacle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 11 avril 2013

Oblivion

Dans une des pubs qui l’avaient fait connaître, Joseph Kosinski s’amusait à faire circuler le spectateur dans la reproduction virtuelle de l’hôtel Overlook imaginé par Stanley Kubrick pour Shining. Dans Tron l’héritage, qui marquait ses débuts prometteurs au cinéma, il recréait la chambre de 2001 et envoyait ses personnages dans un bar qui ressemblait comme deux gouttes de lait à celui d’Orange mécanique. Autant dire que Kosinski fait une fixette sur l’immense Stanley ; ce qu’on ne lui reprochera pas, loin de là, mais disons qu’il faut avoir les épaules solides pour oser se mesurer à un tel monument. Face à Oblivion, qui croule sous les références à 2001 — jusqu’au nom d’une des boîtes de production du film, Monolith Pictures ! — on ne peut que constater que cette obsession est filtrée par une culture geek avec laquelle elle ne fait pas forcément bon

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Jack Reacher

ECRANS | Très bonne surprise que cette série B qui tente de lancer Tom Cruise en nouveau justicier dans la ville, avec derrière la caméra Christopher MacQuarrie, qui montre qu’il connaît ses classiques et sait même, à l’occasion, en offrir de brillantes relectures. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 2 janvier 2013

Jack Reacher

Le film de justicier (ou vigilante movie) est un genre cinématographique qui demande au spectateur de laisser son idéologie au vestiaire, si tant est du moins qu’elle penche plus à gauche qu’à droite. En effet, le programme basique du genre consiste à : 1) montrer l’impuissance de la police et des institutions à rendre justice aux victimes ; 2) trouver une solution parallèle en la personne d’un homme solitaire, citoyen lambda ou militaire / policier en délicatesse ou en retraite de sa hiérarchie ; 3) le laisser zigouiller en toute impunité gangsters, flics ou juges corrompus ainsi que tout ce qui se présente comme un obstacle à l’accomplissement de sa mission. Jack Reacher applique méthodiquement les règles, lançant ainsi une franchise très claire où Tom Cruise ferait figure de Charles Bronson du XXIe siècle, en plus séduisant  — il bouge une paupière, toutes les filles tombent sous son charme ; c’est quasiment un running gag du film. Série Bien Première bonne décision de Christopher MacQuarrie, scénariste de Usual suspects dont le précédent Way of the gun avait laissé le souvenir d’un film archi-c

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Cosmopolis

ECRANS | Après A dangerous method, David Cronenberg signe une adaptation fidèle et pourtant très personnelle de Don De Lillo. Entre pur dispositif, théâtralité assumée et subtil travail sur le temps et l’espace, un film complexe, long en bouche et au final passionnant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 25 mai 2012

Cosmopolis

David Cronenberg a le goût du paradoxe. Quelques mois seulement après A dangerous method, où sa mise en scène baissait les bras face au rouleau compresseur scénaristique de Christopher Hampton, le voilà qui transforme le roman de Don De Lillo, Cosmopolis, en un pur objet de cinéma, dont l’origine littéraire (et, une fois sur l’écran, quasi-théâtrale) est littéralement bousculée par le regard de Cronenberg. Il suffit par exemple de voir comment Cronenberg subvertit l’idée même de chapitre à l’écran : Eric Packer, son héros, monte un matin dans sa limousine avec pour seul objectif d’aller «se faire couper les cheveux». Trader arrogant, dont la volonté de contrôle l’a progressivement insensibilisé aux soubresauts du monde (la visite du Président des Etats-Unis, un début d’émeute et même sa propre épouse, simple trophée qu’il n’a plus envie de contempler), Packer dialogue froidement avec les passagers qui se succèdent dans l’habitacle. Or, ceux-ci ne montent pas dedans : la scène commence et ils y sont déjà, comme si ils s’étaient téléporté par on ne sait quel tour de magie à l’intérieur. Et lorsqu’elle se termine, ils disparaissent aussi sec du récit, et

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Mission : impossible – Protocole fantôme

ECRANS | De Brad Bird (ÉU, 2h13) avec Tom Cruise, Jeremy Renner, Paula Patton…

Dorotée Aznar | Lundi 12 décembre 2011

Mission : impossible – Protocole fantôme

Alors que JJ Abrams avait tenté, sans convaincre totalement, une humanisation de l’agent Ethan Hunt, ce nouveau Mission : Impossible le remet dans la posture du héros indestructible traversant un monde en mutation tel que Brian de Palma l’avait défini dans le premier volet. Mais dès son évasion d’une prison moscovite, Hunt affirme aussi son goût du risque, un plaisir ludique à choisir toujours la voie la plus difficile pour se sortir des ennuis. C’est aussi le principe de ce blockbuster trépidant : multiplier les complications à l’intérieur des complications, les défis improbables à relever jusqu’au vertige (littéral et figuré). Que ce soit dans une incroyable poursuite à Dubai au milieu d’une tempête de sable ou dans un hallucinant ballet de corps et de voitures dans un parking automatique, tout ici repose sur le déchaînement des éléments et la résistance surhumaine de Hunt-Cruise. Si le scénario tente de dessiner une nouvelle géopolitique des rapports de force (une Amérique dépassée par les pays émergents), c’est bien ce côté cartoonesque et bigger than life qui impressionne ; la présence de Brad Bird, auteur de quelques-uns des plus beaux fleurons Pixar (

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American trip

ECRANS | De Nicholas Stoller (ÉU, 1h49) avec Russell Brand, Jonah Hill…

Dorotée Aznar | Mercredi 25 août 2010

American trip

Cette aventure solo du rocker Aldous Snow, génial personnage secondaire du non moins génial "Sans Sarah rien ne va !", a le mérite, au-delà de ses menus défauts de rythme (apanage de toute production Judd Apatow qui se respecte), de remettre quelques pendules à l’heure. Son interprète, Russell Brand, n’est pas que le boyfriend de Katy Perry ; c’est avant tout l’un des meilleurs comiques anglais du moment, dont le vécu tumultueux et les attitudes politiquement incorrectes (les scénaristes ont eu le bon goût de s’en inspirer pour nourrir le film) ont de quoi renvoyer Stéphane Guillon à son bac à sable. Ensuite, les premières minutes, construites de la même façon que celles de "Fatal" (une présentation du personnage via des émissions télé et autres clips foireux), humilient Michael Youn en réussissant là où ce dernier échouait lamentablement : drôle, touchant, bien mis en scène, interprété avec juste ce qu’il faut de folie, hilarant dans sa critique de l’industrie de la musique (voir le traitement réservé au personnage de Puff Daddy !), "American trip" est typiquement le genre de film sorti en France à la va-vite et en VF, que tout le monde redécouvrira lors de sa sortie vidéo…

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Âmes en stock

ECRANS | Une comédie existentialiste flirtant avec la SF et la littérature russe, tout en restant cohérente, humble et jubilatoire ? C’est le petit miracle accompli par la première réalisation de Sophie Barthes. François Cau

Dorotée Aznar | Lundi 3 mai 2010

Âmes en stock

L’un des plus grands “on-ne-sait-jamais-comment-il-s’appelle“ du cinéma américain contemporain, Paul Giamatti, répète Oncle Vania de Tchekhov. Sous le joug de ce personnage complexe, en pleine crise d’angoisse, pris de doutes dévorants sur sa vie et son métier, il repère une annonce pour le moins tentante : un laboratoire privé propose l’extraction et le stockage de 95% de votre âme, histoire de vous faire sentir plus léger. Incrédule, Giamatti tente l’expérience. Joie : ses pensées sombres s’éclipsent, il redécouvre des plaisirs simples, tel que frotter ses pieds l’un contre l’autre. Problème : il n’arrive plus à jouer, à tenir une conversation soutenue ou à faire l’amour à sa femme. Un temps séduit par l’emprunt de l’âme d’un poète russe, il va réclamer la sienne, pour s’apercevoir qu’à la grâce du marché noir de ce business, elle est partie vers la Russie… Un acteur en mal de reconnaissance qui torture un alter ego de fiction, une trame fantastique prêtant le flanc à des questionnements métaphysiques, un flirt permanent entre surréalisme et poésie… Celui qui a cité Dans la peau de John Malkovich peut se rasseoir, il aura une image. Car Sophie Barthes a finalement plus de poin

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Walkyrie

ECRANS | Cinéma / S’il peine à dessiner les contours précis de cette tentative de coup d’état contre le IIIe Reich, Bryan Singer offre néanmoins un thriller efficace, où la tension cinématographique monte crescendo. François Cau

Christophe Chabert | Vendredi 23 janvier 2009

Walkyrie

1943, Tunisie. En plein cœur de la machine de guerre nazie, le colonel Stauffenberg cache à grand peine sa défiance du régime. Laissé dans un piteux état par une attaque alliée, il est approché pendant sa convalescence par un groupuscule d’officiers du Reich, conscients du danger que représente Hitler… Dans la première séquence du film, Singer se plie à un classique d’une mise en scène qui passe en force : faire avaler aux spectateurs que ses personnages s’expriment autrement que dans leur langue naturelle. L’enrobant d’un cadre classique et d’une photo crépusculaire, le réalisateur nous fait entendre la voix-off d’un Tom Cruise s’exprimant d’abord en allemand, puis, à la faveur d’un discret changement de plan, en anglais. Problème : le stratagème n’est pas aussi évident qu’il le voudrait, principalement à cause de l’acteur sur lequel il se repose – Tom Cruise joue volontairement en retrait, comme pour rendre encore plus tangible l’état de doute permanent dans lequel s’enferme Stauffenberg. Malheureusement, à cause de ce parti pris, l’acteur ne donne jamais réellement chair à son personnage, et par incidence à toute la dramaturgie qu’il est censé véhiculer. Ce qui s’avère plutôt gê

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Sideways

ECRANS | Étrange contre-pied à son précédent Monsieur Schmidt, le quatrième film d'Alexander Payne invente un no-style à la hauteur de ses personnages, deux anti-héros pathétiques et attachants. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 16 février 2005

Sideways

L'accueil enthousiaste reçu par Sideways aux États-Unis et les louanges adressées à son réalisateur Alexander Payne pourront paraître démesurés. Car c'est bien sa mesure qui fait le prix du film : Sideways s'attache à suivre le trajet effectué par un écrivain raté et dépressif et un acteur de sitcom déclassé, en virée dans les vignes californiennes. L'acteur enterre sa vie de garçon pendant que l'écrivain tente d'enterrer le fantôme de son ex. Ces deux anti-héros ne sont pas plus glorieux que les personnages des films précédents d'Alexander Payne, mais le cinéaste semble avoir rengainé les armes de la charge satyrique qui l'avaient conduit auparavant du meilleur (L'Arriviste) au pire (Monsieur Schmidt). Autrement dit, Sideways est un film qui croit absolument dans l'humanité, même dans ses égarements et ses lâchetés. Ivres de vin et de littérature Pour cela, il faut prendre son temps. Le film le souligne à de nombreuse reprises : dans l'inscription des jours à l'écran, mais surtout dans la durée parfois sidérante des scènes. La plus belle de toute est celle où, tandis que Jack (le beau gosse) va tirer sa crampe avec

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