Monsieur Lazhar

ECRANS | De Philippe Falardeau (Canada, 1h35) avec Fellag, Sophie Nélisse…

Christophe Chabert | Mercredi 29 août 2012

Première scène : une institutrice se pend dans sa classe, et l'élève qui découvre le corps en sort meurtri. L'onde de choc se propage à toute l'école, jusqu'à ce que débarque un sauveur providentiel, Monsieur Lazhar (Fellag), qui va chercher à exorciser le trauma en imposant ses propres méthodes d'enseignement. Encore une bisounourserie venue du Québec ? Un Cercle des poètes disparus à la mode canadienne ? Oui et non. Falardeau est moins hypocrite que ses collègues et se coltine franchement la dimension mélodramatique de son histoire, qui brasse beaucoup de gros sujets : le principe de précaution appliqué à l'éducation, la parole sacralisée de l'enfant, l'immigration, le droit à la deuxième chance… Ambitieux, mais assez confus, le film s'avère parfois très douteux dans son côté "tout fout le camp, surtout l'autorité" ou "la pédagogie moderne, ça ne fait pas des élèves instruits". Le recours au sempiternel sentimentalisme québécois n'en est que plus gênant, chantage affectif et lacrymal là où l'on voudrait de la dialectique et de la mise en perspective d'un débat complexe présenté ici comme un fait accompli. Et pourtant, comme disait l'autre, «ça se discute».

Christophe Chabert

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Carte blanche à Fellag

Nuits de Fourvière | Actuellement sur la scène du Théâtre antique de Fourvière, Fellag s’octroie une respiration cinématographique au Comœdia où il vient présenter deux films qui (...)

Vincent Raymond | Mardi 27 juin 2017

Carte blanche à Fellag

Actuellement sur la scène du Théâtre antique de Fourvière, Fellag s’octroie une respiration cinématographique au Comœdia où il vient présenter deux films qui lui sont chers. D’abord, Le Gone du Châaba (1998), dans lequel il joua, en présence de l’auteur de ce roman autobiographique, Azouz Begag, ainsi que du réalisateur, l’excellent Christophe “découvreur-de-talents” Ruggia. Ensuite, cet hymne à la salle obscure qu’est Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore, lequel pourrait bien faire le déplacement pour l’occasion. Carte blanche à Fellag Au Comœdia les samedi 1er et dimanche 2 juillet à 11h15 à 19h30

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"Bled Runner" aux Nuits de Fourvière : Fellag indépendant !

Humour | Avec ce spectacle en forme de florilège des précédents, l'humoriste algérien prouve qu'il n'a rien perdu de sa superbe.

Nadja Pobel | Mardi 20 juin 2017

C'est l'histoire d'un spectacle recomposé à partir d’anciens. Mais ce n'est pas une facilité, plutôt un constat : la réalité accrédite malheureusement ce que Fellag livre depuis plus de vingt ans dans ses seul-en-scène. Dans Bled Runner, il y a cette scène d'un attentat à la valise piégée, écrite pour Petits chocs des civilisations en 2011 : on jurerait que c’est plus récent... En remontant à son enfance dans les années 1950, l'Algérois trace ainsi, l'air de rien, une histoire française sur ce sujet encore si crispant, comme l'attestent les vives réactions ayant fait suite aux propos d'Emmanuel Macron, alors en campagne, qualifiant cette colonisation de crime contre l'humanité. Fellag choisit le terrain du saltimbanque, évoque les femmes « qui sentent l'huile d'olive et la menthe » et se moque du ramadan « qui rend livide et agressif » sans que jamais ce ne soit un potentiel sujet de discorde. Au contraire : il fait œuvre de pacification, grâce à une forme d'humour et surtout de tendresse pour ces deux pays qui sont les siens. La langue est au cœur de son propos. Celles qu'il a app

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Fellag, invité d'honneur aux Nuits de Fourvière 2017

Nuits de Fourvière | Bilan positif pour les Nuits de Fourvière, malgré une fréquentation en baisse : 136 000 spectateurs se sont déplacés pour cette édition 2016, il est vrai perturbée (...)

Sébastien Broquet | Lundi 15 août 2016

Fellag, invité d'honneur aux Nuits de Fourvière 2017

Bilan positif pour les Nuits de Fourvière, malgré une fréquentation en baisse : 136 000 spectateurs se sont déplacés pour cette édition 2016, il est vrai perturbée plusieurs fois par la pluie (voire le déluge, lors de l'Éclat Final en compagnie de Celso Piña et Danyel Waro). Côté artistique, c'est une réussite : de la création autour de Moondog au cirque débridé des frères Forman, en passant par les émouvants et toujours aussi classe Tindersticks, ou encore la très réussie

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CinéDuchère : on n’a pas tous les jours 20 ans

ECRANS | Ce week-end, le CinéDuchère achève en beauté un mois de commémoration marquant les 20 ans de sa création. Une célébration très païenne dans cette église désacralisée, qui (...)

Vincent Raymond | Mardi 24 mai 2016

CinéDuchère : on n’a pas tous les jours 20 ans

Ce week-end, le CinéDuchère achève en beauté un mois de commémoration marquant les 20 ans de sa création. Une célébration très païenne dans cette église désacralisée, qui saura combler la ferveur cinéphile de ses nouveaux fidèles : la salle associative du 9e arrondissement de Lyon ayant composé une programmation éclectique, émaillée d’animations récréatives. Samedi à 10h30, le jeune public se régalera avec l’adaptation animée de Tomi Ungerer signée Hayo Freitag, Les Trois Brigands. Après un ciné-musette (17h) pour guincher et un court-métrage, place à 19h15 à un classique absolu projeté comme autrefois avec son entracte, Autant en emporte le vent (1938), de Victor Fleming. L’incendie d’Atlanta et le crépuscule rougeoyant sur Tara se doivent d’être admirés sur grand écran ! Le lendemain, un quiz chanson/titre de film précédera l’avant-première à 17h30 d’une comédie québécoise réalisée par Philippe Falardeau attendue pour cet été, Guibord s’en va-t-en guerre. Le réalisateur des excellents Congorama (2006, voyez-le de tout urgence, c’est une merveille) et Monsieur Lazhar (2011) dirige dans

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Dernier étage, gauche, gauche

ECRANS | D’Angelo Cianci (Fr, 1h33) avec Hyppolite Girardot, Fellag…

Christophe Chabert | Mercredi 10 novembre 2010

Dernier étage, gauche, gauche

Une barre HLM, un ado qui s’enferme dans un des appartements avec son père et un huissier venu les expulser, des policiers et un préfet tentant de le ramener à la raison ; les ingrédients d’un «drame de la banlieue» pontifiant et naturaliste sont là. Mais Angelo Cianci choisit de prendre tout ça à rebours et lorgne vers la comédie italienne pour offrir un regard différent sur un sujet d’actualité. Comédie italienne, cela veut dire mélange de légèreté et de sérieux, mais aussi ambition formelle, et la mise en scène est largement à la hauteur du challenge : scope judicieusement utilisé, belle photo, énergie constante des acteurs et de la caméra. Seul le scénario peine à suivre : des personnages sont sacrifiés (la femme de l’huissier jouée par Judith Henry ou la fliquette compréhensive), certaines séquences s’étirent ou se répètent un peu trop… Le film semble louper son format, à la fois trop long et trop court, mais témoigne en tout cas d’un talent de cinéaste à suivre.CC

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