Like someone in love

ECRANS | D’Abbas Kiarostami (Fr-Jap, 1h49) avec Rin Takanashi, Tadashi Okuno…

Christophe Chabert | Mercredi 3 octobre 2012

Comme s'il faisait le tour du monde aux frais de son producteur selon le deal un pays = un film, Kiarostami débarque au Japon après avoir visité la Toscane et en tire une œuvre déroutante. Adieu les dispositifs conceptuels et les dialogues chiants comme la mort de Copie conforme ; Like someone in love marque un retour confortable à la figure kiarostamienne par excellence, à savoir la promenade en voiture.

D'abord en taxi avec une étudiante call girl, puis dans le 4X4 d'un vieux professeur pas très libidineux, qui doit se dépatouiller avec le petit ami jaloux de ladite call girl. Constitué de grands blocs en temps réel parfois paresseux (l'écoute en continu des dix messages sur la boîte vocale), parfois inspirés (le premier dialogue entre le prof et le boyfriend nerveux), le film se repose entièrement sur sa petite musique narrative et ne cherche jamais à développer de sous-texte ou de théorie.

Tant mieux car à ce petit jeu, Kiarostami s'en tire plutôt bien, avec un dialogue élégant et des comédiens toujours justes. Reste la queue-de-poisson finale : le cinéaste a-t-il sciemment coupé la résolution de son film ou montre-t-il ici à quel point il se moque de ce qu'il raconte, signe manifeste d'une crise d'inspiration ? Selon son humeur, on peut rire de ce malicieux escamotage ou sortir énervé par tant de j'm'en foutisme…

Christophe Chabert

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Cannes Jours 4 et 5 : Les yeux (et tout le reste) mouillés

ECRANS | Lawless de John Hillcoat. Jagten de Thomas Vinterberg. Like someone in love d’Abbas Kiarostami. Amour de Michael Haneke.

Christophe Chabert | Lundi 21 mai 2012

Cannes Jours 4 et 5 : Les yeux (et tout le reste) mouillés

Ce festival de Cannes restera sans doute dans les mémoires pour au moins une raison : la météo particulièrement capricieuse. La journée de dimanche aura été pour le moins agitée : traversée épique de la Croisette sous des bourrasques qui retournaient les parapluies et faisaient s’effondrer les barrières, queue interminable dans des files d’attente de gens frigorifiés et trempés jusqu’à l’os (et sans rouille), arrivée dans le Palais surpeuplé transformé en camps de réfugiés connectés (les réseaux sont saturés cette année, chacun étant venu minimum avec un ordi, un smartphone et une tablette !) et patinoires à l’entrée des salles lorsque tout le monde referme son pépin, créant une mare glissante pour les festivaliers. Le plan vigipirate draconien en a volé en éclats : plus personne ne fouillait rien du tout, tellement la situation devenait critique. Mieux vaut en rire, d’autant plus que la compétition continue clopin clopant. Ce fut d’abord le redoutable Lawless de John Hillcoat. Pour ceux qui se demandaient après le raté La Route

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