Paperboy

ECRANS | De Lee Daniels (ÉU, 1h48) avec Nicole Kidman, Zac Efron, Matthew McConaughey…

Christophe Chabert | Jeudi 11 octobre 2012

Le mirage continue autour de Lee Daniels : après les louanges déversées sur ce navet putassier et obscène qu'était Precious, le voilà sélectionné à Cannes pour un film encore pire, Paperboy. Daniels a désormais un style : en tant qu'auteur, il raconte à peu près n'importe comment ses histoires, passant d'un point de vue à un autre, ne choisissant jamais un angle pour traiter les sujets qu'il brasse, en général plein de bonne conscience (ici : racisme, peine de mort, identité sexuelle).

En tant que cinéaste, c'est la fête puisque l'image, déjà enlaidie par l'utilisation de filtres glauques pour faire vintage, est triturée avec d'incompréhensibles surimpressions, ralentis et anamorphoses, avant d'être baignée dans de la musique rétro. En tant qu'homme, Daniels aimerait provoquer (il faut voir Nicole Kidman se livrer à de pathétiques simagrées sexuelles pour mesurer l'étendue des dégâts), émouvoir (on n'a jamais vu mort d'un personnage aussi peu touchante à l'écran) et pousser à l'indignation. Mais le seul souvenir que laisse Paperboy, c'est celle d'un type qui réalise son fantasme absolu : filmer longuement Zac Efron en slip. Une télé-réalité sur MTV aurait pu suffire.

Christophe Chabert

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Télégénie du mâle : "Scandale"

Biopic | Patron de la très conservatrice chaîne d’infos Fox News, Roger Ailes impose à ses collaboratrices ses exigences et privautés, ainsi qu’une impitoyable loi du silence. Jusqu’à 2016, où la journaliste Gretchen Carlson, mise sur la touche, révèle ses pratiques. Peu à peu, les langues vont se délier…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Télégénie du mâle :

L’an passé, un familier du registre comique avait signé avec Vice un portrait aussi documenté que vitriolé de l’ancien vice-président républicain Dick Cheney. Rebelote aujourd'hui avec Jay Roach, dont on se souvient qu’il fut révélé par ses séries potacho-burlesques (Austin Powers, Mon beau-père et moi…) avant de se reconvertir dans le biopic politique. Dans Scandale, le cinéaste — qui ne peut cacher ses sympathies démocrates — monte au front pour épingler les travers de la frange la plus conservatrice de la société américaine à travers la bouche d’égout qui lui sert d’organe quasi-officiel. Au moment où le scandale éclate, nous sommes à la fois à la veille de #MeToo mais aussi (et surtout) en plein dans la campagne présidentielle qui vit Trump gagner les primaires, puis la Maison Blanche grâce au soutien du réseau médiatique de Rupert Murdoch piloté par Ailes. Soyons honnête : alignant des tonnes de stars oscarisables (grimées en vedettes US du petit écran inconnues en France), l’affiche n’était pas très ras

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Joel Edgerton, au “non“ du père : "Boy Erased"

Drame | De Joel Edgerton (É-U, 1h55) avec Lucas Hedges, Nicole Kidman, Russell Crowe…

Vincent Raymond | Mardi 26 mars 2019

Joel Edgerton, au “non“ du père :

Victime d’un viol à l’université, Jared se trouve contraint de dévoiler son homosexualité à sa famille. Pasteur de leur petite communauté, son père l’oblige à suivre un stage visant à le “guérir“ de son orientation sous la houlette de Victor Sykes, un illuminé religieux pervers et nocif… On se souvient que Desiree Akhavan avait l’an passé dans Come As You Are abordé ce même sujet des pseudo thérapies de conversion, colonies sectaires où les familles à la limite de l’intégrisme placent leur enfant gay dans l’espoir que des gourous vomissant des versets de la Bible (tout en usant de tortures psychologiques et/ou physiques) les transforment en bons petits hétéronormés. Résultat ? Un taux de suicide hors norme. Le comédien-cinéaste Joel Edgerton reprend cette trame — et cette dénonciation — en lui donnant fatalement plus de lumière : d’une part parce qu’il adapte un fait divers (ne manquez pas à ce titre le carton de fin, d’un rare tragi-comique) ; de l’autre en conférant à des camarades oscarisés les seconds rôles. Russell Crowe

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Hugh Jackman : « Il faut donner au public une raison d'aller au cinéma »

Entretien | Hugh Jackman a posé les griffes de Logan et enfilé la tenue de Monsieur Loyal de l’inventeur du spectacle moderne, Phineas Taylor Barnum. Showtime !

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Hugh Jackman : « Il faut donner au public une raison d'aller au cinéma »

Pour quelles raisons teniez-vous à ce film et à ce que vous vouliez réussir, en tant qu’artiste et être humain ? Hugh Jackman : J’ai grandi dans l’amour des comédies musicales avec Fred Astaire et Gene Kelly — comme Chantons sous la pluie. En 2009, alors que je présentais la cérémonie des Oscars, son producteur Larry Mark m’a proposé de faire un musical. Mais à l’époque, c’était difficile de convaincre Hollywood sur un projet totalement original et neuf — l’ironie étant que La La Land était parallèlement en production, sans que nous le sachions. L’essentiel dans un musical étant le livret, c’était risqué de soumettre onze chansons originales à l’approbation du public. Lorsque Justin Paul en a écrit cinq, on a su que l’on tenait quelque chose — et le studio aussi. D’abord, le sujet “Barnum” s’adaptait parfaitement à un musical : avec ses rêves et son imagination, le personnage était plus grand que nature

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Un joyeux Barnum : "The Greatest Showman"

Musical | de Michael Gracey (E-U, 1h46) avec Hugh Jackman, Michelle Williams, Zac Efron…

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Un joyeux Barnum :

Des poussières de son enfance miséreuse aux paillettes de la gloire, en passant par ses échecs, la vie romancée à la façon d’une comédie musicale de l’inventeur du spectacle moderne, l’entrepreneur Phineas Taylor Barnum (1810-1891). Créée ex nihilo pour le cinéma, sans passer par la case Broadway — une exception partagée avec La La Land —, cette comédie musicale adopte les codes du grand spectacle contemporain pour en conter la genèse, avec ce qu’il y a d’extravagance, de scintillant, mais aussi de clichés et de tape-à-l’œil façon Baz Luhrmann — la mise en abyme est de ce point de vue réussie. Et quel meilleur ambassadeur pour incarner Barnum que Hugh Jackman ? Ultime représentant de ces showmen plus qu’accomplis : absolus, conservant leur crédibilité sur toutes les scènes, il fait évidemment

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Brame et Châtiment : "Mise à mort du cerf sacré"

ECRANS | de Yórgos Lánthimos (Gr-G-B, 2h01, int.-12 ans avec avert.) avec Nicole Kidman, Colin Farrell, Barry Keoghan…

Vincent Raymond | Mardi 24 octobre 2017

Brame et Châtiment :

Steven forme avec Anne un couple huppé de médecins, parents de deux enfants éclatants de bonheur et de santé. Jusqu’à ce que Martin, un ado orphelin de père dont Steven s’est bizarrement entiché, ne vienne jeter l’anathème sur leur vie en imposant un odieux chantage… Cannes 2017, ou l’édition des épigones : pendant que Östlund lorgnait du côté de Haneke avec The Square, Lánthimos jetait d’obliques regards en direction de Lars von Trier avec cette tragédie talionnesque et grandiloquente, où un pécheur — en l’occurrence un médecin coupable d’avoir tué un patient par négligence — se voit condamné à subir une punition à la mesure de sa faute. Mais quand Lars von Trier cherche à soumettre ses personnages à une épreuve, son confrère semble davantage enclin à éprouver son public en usant de basse provocation. Lánthimos aime en effet donner dans le sacrificiel symbolique, ne rechignant pas au passage à un peu d’obscénité putassière : Martin se livre donc ici à une imprécation liminaire, annonçant l’agonie des enfants, afin qu’on “savoure” le plus longtemps poss

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Lettre de Cannes #4

Festival de Cannes 2017 | Ou comment on fête un anniversaire, et comment Nicole Kidman est devenue notre copine de festival

Christophe Chabert | Jeudi 25 mai 2017

Lettre de Cannes #4

Cher PB, hier soir, le festival de Cannes fêtait son soixante-dixième anniversaire, dans une cérémonie qui faisait des ponts entre passé, présent et je ne sais pas quoi, avec des palmés passés – dont David Lynch, prêt à présenter les premiers épisodes de la nouvelle saison de Twin Peaks que tu as déjà dû voir, petit coquinou, en streaming sur je ne sais quelle plateforme de mauvaise vie –, des palmés futurs – Sorrentino et Park Chan-wook, cette année préposés à la remise de palme au sein du jury – et des presque palmés – Pedro Almodovar, dans le rôle du cinéaste cocu mais bon joueur au milieu des ex-vainqueurs. On notait quelques absences de poids : Terrence Malick, qui pourtant n’a plus peur de montrer sa trogne en public ; les frères Dardenne, pourtant grands potes de Therry Frémaux ; Steven Soderbergh, sans doute un peu vexé que son dernier Logan Lucky est atterri piteusement au Marché du film cette année ; les frères Coen, Nuri Bilge Ceylan ou encore Lars Von Trier, dont on ne sait trop s’il est encore persona non grata au festival, ou simplement retenu par le montage de son dernier film, ou si son camping car est au garage pour réparation – va lire le d

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Stoker

ECRANS | Réalisateur de Old Boy et plus récemment du délicat autant que tarabiscoté Mademoiselle, Park Chan-Wook a brillamment réussi son transfert hollywoodien : c’était (...)

Vincent Raymond | Mardi 16 mai 2017

Stoker

Réalisateur de Old Boy et plus récemment du délicat autant que tarabiscoté Mademoiselle, Park Chan-Wook a brillamment réussi son transfert hollywoodien : c’était en 2013 pour Stoker, un thriller multipliant les références aux jeux macabres qui amusent tant les serial killers et autres désaxés peuplant le cinéma d’Alfred Hitchcock. Cet élégant bijou vénéneux fait l’objet d'une projection-conférence dans le cadre d’un cycle justement baptisé “Hitchcock et ses héritiers”. Aux 400 Coups à Villefranche-sur-Saône le samedi 20 mai à 16h

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Aux yeux de tous

ECRANS | de Billy Ray (É-U, 1h51) avec Julia Roberts, Chiwetel Ejiofor, Nicole Kidman…

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Aux yeux de tous

Hollywood, usine à remakes… En signant celui de El secreto de sus ojos (2009), Billy Ray n’a cependant pas la main trop malheureuse. Car si Juan José Campanella intégrait son film dans un contexte politique rarement exploré (les prémices de la dictature argentine), son thriller manquait de substance, de rythme. Quitte à choir dans la caricature, Aux yeux de tous peut essuyer des reproches opposés : l’efficacité prime sur l’ancrage historique — la période consécutive à l’attentat contre le World Trade Center. On perd en originalité ce que l’on gagne en sensations pures — mais l’on conserve une très correcte séquence dans un stade ! Aux yeux de tous permet également d’opérer un constat : en plaçant côte à côte Julia Roberts et Nicole Kidman, on voit très clairement laquelle des deux ne mise pas tout sur son apparence et livre une réelle composition. VR

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Berlinale 2015, jour 2. Un taxi en Iran, Kidman et Herzog dans le désert…

ECRANS | « Taxi » de Jafar Panahi. « 600 Miles » de Gabriel Ripstein. « Histoire de Judas » de Rabah Ameur-Zaïmeche. « Queen of the desert » de Werner Herzog.

Christophe Chabert | Samedi 7 février 2015

Berlinale 2015, jour 2. Un taxi en Iran, Kidman et Herzog dans le désert…

Les hostilités ont vraiment commencé aujourd’hui dans la compétition à la Berlinale avec la présentation de Taxi de Jafar Panahi. C’est, pour une multitude de raisons, un choc, mais un choc en douceur, à l’image de son réalisateur, dont le sourire et le visage empreint de bonté irradient l’image chaque fois qu’il en occupe le centre. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Panahi a été interdit d’exercer son métier de cinéaste par les autorités iraniennes suite à sa participation aux manifestations contre le régime. Et pourtant, il continue à faire des films dans la clandestinité, entre les murs de sa maison ou, comme ici, avec un courage remarquable, à l’air presque libre, dans les rues de Téhéran, faux taximan et vrai filmeur qui a truffé l’habitacle de caméras qu’il manipule à vue. Dans la première séquence, on assiste à la querelle entre un partisan de la peine de mort et une femme voilée, professeur dans une école, qui lui reproche sa sévérité et le soupçonne de défendre ses propres intérêts. À cet instant, le dispositif rappelle évidemment Ten de Kiarostami, dont il serait une version «pirate». Mais, dès que ces deux premiers passag

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Stoker

ECRANS | Après avoir croisé "Thérèse Raquin" et un film de vampires dans "Thirst", Park Chan-wook se délocalise en Australie pour passer "L’Ombre d’un doute" au filtre de l’horreur gothique. Le résultat, ultra stylisé et plutôt distrayant, se présente comme une récréation dans son œuvre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

Stoker

Une veuve éplorée, un oncle bellâtre prénommé Charlie revenu d’un long voyage à l’étranger et une adolescente introvertie nommée India à l’imaginaire macabre : voici les ingrédients de Stoker, drôle de film longtemps attendu qui marque les premiers pas de Park Chan-wook hors de sa Corée du Sud natale. Pas exactement aux États-Unis, mais sous la bannière australienne, avec deux actrices principales du cru : Mia Wasikowska, épatante et Nicole Kidman,  par ailleurs coproductrice, dont la carrière se risque de plus en plus vers des rivages troubles qui lui vont plutôt bien. Plus exotique encore, le scénario est signé Wentworth Miller, le beau gosse de la série Prison break, et on aimerait bien jeter un œil à son script tant celui-ci reprend — sans le citer, et c’est sans doute un tort — L’Ombre d’un doute d’Hitchcock. Dans son précédent Thirst, Park Chan-wook s’amusait déjà à relire l’intrigue du Thérèse Raquin de Zola dans l’univers contemporain et fantastique du film de vampires. C’es

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Big Mac

ECRANS | Avec quatre films à l’affiche entre août et décembre, Matthew McConaughey est incontestablement la star de cette rentrée cinéma. Pourtant, qui aurait parié un kopeck sur cet ex-jeune premier romantique, Texan pure souche perdu à Hollywood où la valeur d’un acteur flambe plus vite que les cours de bourse ? Récit d’une métamorphose… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 21 août 2012

Big Mac

«Tout ce que je connais, c’est le Texas !». C’est ainsi que les frères Coen ouvraient leur premier film, Blood simple. Cette maxime, Matthew McConaughey pourrait la faire sienne. Le Texas, il y est né, et sa première apparition marquante sur les écrans français le montrait en shérif d’un patelin texan dans le Lone star de John Sayles. Quinze ans plus tard, après bien des détours, c’est le Texas qui l’appelle à nouveau et lui permet d’endosser ce qui est sans conteste un de ses plus grands rôles à ce jour : le flic pourri qui arrondit ses fins de mois en jouant les tueurs à gage dans Killer Joe (en salles le 5 septembre), dernier film choc de William Friedkin. Mais que ce soit dans l’excellent Magic Mike de Steven Soderbergh en patron d’un club de strip-tease à Tampa, dans la tambouille érotico-policière The Paperboy (le 19 octobre) de Lee Daniels en journaliste gay revenant dans sa Floride natale pour enquêter sur un condamné à mort, ou encore dans le génial Mud

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Effraction

ECRANS | De Joel Schumacher (ÉU, 1h31) avec Nicole Kidman, Nicolas Cage, Cam Gigandet...

Jerôme Dittmar | Vendredi 13 juillet 2012

Effraction

Plus indéfendable que Joel Schumacher, tu meurs. En chute libre depuis dix ans, c'est à croire qu'il n'a plus rien à perdre, enchaînant avec une certaine malice suicidaire des projets toujours plus borderline. Effraction n'enlèvera rien aux pulsions droitières du bonhomme qui, dans ce proto remake de Desperate Hours, embarque Nicolas Cage et Nicole Kidman (couple bourgeois en crise) dans une spirale infernale de violence. Jouant d'une intrigue à tiroirs où une banale histoire de prise d'otage et d'argent débouche sur des trahisons en cascade, Schumacher dépeint un portrait malade de la famille et des relations conjugales, engoncées dans leurs mensonges et désirs inavoués. En ressort un objet tendu, souvent hystérique et écoeurant de mauvais goût, mais qui prend progressivement forme pour accoucher d'une vision radicale et déviante. Jusqu'au-boutiste, problématique, ambigu, aberrant, Schumacher trace sa route au mépris des conventions et sans se soucier de plaire. Pour ça, respect. Jérôme Dittmar

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Cannes jour 9 : Grillés

ECRANS | The Paperboy de Lee Daniels. Dans la brume de Sergeï Loznitsa.

Christophe Chabert | Vendredi 25 mai 2012

Cannes jour 9 : Grillés

Il sera temps, d’ici le palmarès dimanche soir, de tirer un bilan définitif de ce Cannes 2012, mais on affûte déjà nos couteaux, tant les jours qui viennent de s’écouler ne plaident pas en sa faveur. Reste un (immense) espoir demain avec le Mud de Jeff Nichols — on vient de voir le Im Sang Soo, pas mal mais quand même très mineur, on en reparlera demain ; mais il faut le dire, arrivé à un tel stade de désillusion globale, on préfère ne plus s’attendre à rien. Au moins pourra-t-on être agréablement surpris. Car depuis jeudi soir, toutes les personnes croisées, journalistes, exploitants ou simples cinéphiles faisaient le même constat : «Vivement que ça se termine !». À la traditionnelle fatigue du marathon cannois s’ajoutait ainsi un certain agacement quant à la longue série de mauvais films vus en compétition, et ce n’est pas pour rien si le rythme des projections s’est spectaculairement ralenti pour nous : deux films et demi jeudi, deux ce vendredi, au lieu des quatre ou cinq quotidiens pendant le reste du festival. À un moment, plus rien ne suit : ni le corps, ni l’esprit, et cela conduit même à de fâcheuses situations, comme la projo de

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Happy New Year

ECRANS | de Garry Marshall (USA, 1h58) avec Hilary Swank, Michelle Pfeiffer, Robert De Niro, Zac Efron, Katherine Heigl…

Jerôme Dittmar | Vendredi 16 décembre 2011

Happy New Year

Echec permanent, le nouvel an avait peu de chance de trouver un salut au cinéma. Pas plus que la Saint-Valentin, déjà prétexte à un film people pour Garry Marshall. Regroupant une brochette de stars dans le creux de la vague ou à l'avenir incertain, Happy New Year tente pourtant l'impossible : le film choral sur la Saint-Sylvestre. Suivant le patron de Love Actually, Marshall assemble dix intrigues bidons pour n'en traiter aucune, veillant seulement au temps de présence du casting et justifier l'événement qui lui sert d'alibi. Jumeau en tout mais moins honteux que Valentine`s Day, Happy New Year tient du pudding de Noël, de la comédie romantique sucrée et eucharistique, entièrement prisonnière de son concept marketing sur la rédemption. Du néant, assez linéaire, s'échappe malgré tout Michelle Pfeiffer. En duo improbable avec Zac Efron, l'actrice erre ébahie, fragile, insaisissable, Catwoman malade fissurant d'un regard la formule insipide pour lui offrir un peu de sublime.Jérôme Dittmar    

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Rabbit hole

ECRANS | De John Cameron Mitchell (ÉU, 1h32) avec Nicole Kidman, Aaron Eckhardt…

Christophe Chabert | Mardi 5 avril 2011

Rabbit hole

Difficile d’être insensible à ce Rabbit hole qui traite du drame par excellence : celui de la perte d’un enfant. Et pourtant… Si on verse une larme pendant sa scène finale (mais on pleurait à torrent devant la fin similaire d’"Arizona Junior"), le film de John Cameron Mitchell agace aussi par son insistance à solliciter l’émotion du spectateur. La faute à une adaptation maladroite de la pièce de théâtre initiale : ce que l’on peut accepter sur une scène devient factice à l’écran, notamment le fait que les personnages secondaires n’existent que pour illustrer un aspect du sujet, comme si le monde du film se réduisait à son thème. La mise en scène suit le même chemin : elle s’interdit distance et humour, confond pudeur et pose démonstrative. Enfin, les acteurs se livrent à un étrange anti-cabotinage, notamment Kidman qui semble expier les choix malheureux de sa carrière en acceptant de laisser quelques rides lui rendre l’expressivité qu’un abus de botox avait fini par effacer. Christophe Chabert

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Precious

ECRANS | De Lee Daniels (ÉU, 1h49) avec Gabourey Sidibe, Paula Patton…

Christophe Chabert | Jeudi 25 février 2010

Precious

À Cannes, un mirage collectif a créé le buzz autour de cette adaptation du Push de Sapphire, écrivain emblématique de la «vraie» littérature afro-américaine, telle que s’en moque Percival Everett dans son brillant Effacement. Pourtant, ce mélodrame bourré d’effets racoleurs n’est rien qu’un maigre téléfilm réalisé par un émule peu glorieux de Spike Lee. Le calvaire de Precious, adolescente obèse, séropositive et enceinte de son père, est raconté avec une absence de distance sidérante : la dignité de Precious ne semble pas tellement concerner Lee Daniels, qui n’y voit qu’un prétexte pour déverser sur elle des tombereaux de violence ou des moments bien cuculs comme cet entretien avec une assistance sociale jouée par une assez crédible (si, si…) Mariah Carey. Le reste du casting pleure, gesticule, hurle, tire la tronche, dans un nuancier d’émotions aussi subtil que la mise en scène. Mais ça sent le vécu, coco, alors tu la boucles et tu chiales ! Christophe Chabert

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