Universal : 100 ans, toujours à flot !

Christophe Chabert | Vendredi 12 octobre 2012

Un siècle qu'Universal a planté son drapeau à Hollywood. Si le doyen des studios encore en activité méritait bien son petit hommage, quel meilleur film que le mythique Jaws (Les Dents de la mer) dans une copie flambant neuve pour fêter ça ? Archi revu et commenté mais toujours aussi fascinant, il est une date clé du cinéma américain. Film souche pour Steven Spielberg et son œuvre, qui n'a cessé de traiter ensuite du grand Autre sous toutes ses formes : ici animalière et dangereuse comme elle reviendra décalée dans Cheval de guerre ; ou plus volontairement naïve mais pas moins symptomatique dans E.T. (projeté également en copie restaurée durant le festival). Film providentiel pour Universal, qui voit en son succès massif la lueur d'espoir tant attendue pour relancer des studios alors exsangues au début des années 70 : il sera l'instigateur du blockbuster hollywoodien, inventant une nouvelle manière de faire des films repris par tous depuis. Mais si Jaws s'impose aujourd'hui dans ce cadre, c'est qu'il est aussi un bel hommage de son auteur à l'une des spécialités de sa maison mère (des années 30 à 60, Universal était connue pour ses films de monstre) qui l'ont tant fait rêver enfant.

Jérôme Dittmar

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Soirée culte aux 400 Coups avec Spielberg et del Toro

Fantastique | Il n’y a pas si longtemps, le Mexicain Guillermo Del Toro et l’Américain Steven Spielberg étaient tous les deux nommés pour l’Oscar du meilleur film... (...)

Margaux Rinaldi | Mardi 29 mai 2018

Soirée culte aux 400 Coups avec Spielberg et del Toro

Il n’y a pas si longtemps, le Mexicain Guillermo Del Toro et l’Américain Steven Spielberg étaient tous les deux nommés pour l’Oscar du meilleur film... Malheureusement pour Pentagon Papers, c’est La Forme de l’eau qui l’a emporté. Et si on remettait en compétition ces deux réalisateurs sur le ring du film fantastique, qui gagnerait ? Voyons ça dans le Beaujolais, aux 400 Coups, lors d'une soirée dédiée à ce genre. Pour un duel intense, mieux vaut choisir deux films cultes. Côté Steven Spielberg, même si la série des Indiana Jones pourrait faire l’affaire, l’un des chefs-d ‘œuvres du réalisateur reste l’histoire de E.T l’Extraterrestre, réalisé en 1982. Alors que le petit Elliot se lie d’amitié avec l’extraterrestre et fait tout pour le cacher au gouvernement, E.T cherche à rentrer parmi les siens. Et si tout le monde retient sans problème la réplique « E.T téléphone maison », on en oublie parfois les quatre Osc

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Voilà l'été : un jour, une sortie #3

SAISON ESTIVALE | Durant toutes les vacances, c'est un bon plan par jour : concert ou toile, plan canapé ou expo où déambuler.

La rédaction | Mercredi 20 juillet 2016

Voilà l'été : un jour, une sortie #3

15 / Mercredi 20 juillet : cirque Obludarium Puisque les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel (et l'urbanité en juillet ça va bien cinq minutes), hâtez-vous au domaine de Lacroix-Laval voir les grosses caboches toutes biscornues et étranges d'Obludarium. Signé des fils jumeaux du cinéaste Miloš Forman, ce spectacle qui a fait le tour du monde s'arrête depuis hier et jusqu'au 31 juillet dans ce village dédié au cirque. Si vous le pouvez, venez même dès 18h profiter des lampions, du bar digne d'un diners US et du plancher en bois où vous pourrez faire résonner vos tongs (en bois, les tongs). Fourvière version campagne : c'est ici ! Au domaine de Lacroix-Laval dans le cadre des Nuits de Fourvière 16 / Jeudi 21 juillet : chanson Michel Polnareff Moins on l'attend, plus il revient, le Polnaroïde. On a arrêté de compter avant même notre naissance, mais le

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"Le BGG – Le Bon Gros Géant" : la nouvelle créature de Spielberg

ECRANS | Un film de Steven Spielberg (É-U, 1h55) avec Ruby Barnhill, Mark Rylance, Rebecca Hallplus… (sortie le 20 juillet)

Vincent Raymond | Mercredi 6 juillet 2016

Ni club de foot, ni grand magasin parisien ; ni philosophe va-t-en guerre et encore moins chaîne de fast food, l’acronyme BGG désigne la nouvelle créature intégrant l’écurie de Spielberg — déjà fort remplie. Né en 1982 dans l’esprit fécond de Roald Dahl, le Bon Gros Géant avait tout pour l’inspirer, puisqu’il convoque dans un conte contemporain les solitudes de deux “doubles exclus” — une petite orpheline et un monstre rejeté par les siens —, du merveilleux spectaculaire et de l’impertinence. Le cinéaste en tire une œuvre conventionnelle au début, qui s’envole et s’anime dans sa seconde moitié, lorsqu’entre majestueusement en scène une Reine d’Angleterre à la cocasserie insoupçonnée. Spielberg est coutumier de ces films hétérogènes, changeant de ton après une ligne de démarcation nette — voir A.I. Intelligence Artificielle (2001)—, comme d’intrigantes scènes de sadisme sur les enfants, qu’il semble apprécier de recouvrir de détritus ou de mucosités : les crachats de brontosaures dans Jurassic Park (1993) étant ici remplacés par de la pulpe infâme de “schnocombre”. L’humour pot-de-chambre ira d’ailleurs assez loin — jusqu’au

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Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

ECRANS | Après une année cinématographique 2015 marquée par une fréquentation en berne —plombée surtout par un second semestre catastrophique du fait de l’absence de films qualitatifs porteurs —, quel sera le visage de 2016 ? Outre quelques valeurs sûres, les promesses sont modestes…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

L’an dernier à pareille époque se diffusaient sous le manteau des images évocatrices illustrant la carte de vœux de Gaspar Noé et extraites de son film à venir, Love ; le premier semestre 2015 promettait d’être, au moins sur les écrans, excitant. Les raisons de frétiller du fauteuil semblent peu nombreuses en ce janvier, d’autant que, sauf bonheur inattendu, ni Desplechin, ni Podalydès, ni Moretti ne devraient fréquenter la Croisette à l’horizon mai — seul Julieta d’Almodóvar semble promis à la sélection cannoise. Malgré tout, 2016 recèle quelques atouts dans sa manche… Ce qui est sûr... Traditionnellement dévolu aux films-à-Oscar, février verra sortir sur les écrans français The Revenant (24 février) de Iñarritu, un survival dans la neige et la glace opposant Tom Hardy (toujours parfait en abominable) mais surtout un ours à l’insubmersible DiCaprio. Tout le monde s’accorde à penser que Leonardo devrait ENFIN récupérer la statuette pour sa prestation — il serait temps : même Tom Cruise en a eu une jadis pour un second rôle. S’il n’est pas encore une fois débordé par un outsider tel que

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Le Pont des Espions

ECRANS | Quand deux super-puissances artistiques (les Coen et Steven Spielberg) décident de s’atteler à un projet cinématographique commun, comment imaginer que le résultat puisse être autre chose qu’une réussite ?

Vincent Raymond | Mardi 1 décembre 2015

Le Pont des Espions

Voir côte-à-côte les noms des Coen et celui de Spielberg fait saliver l’œil avant même que l’on découvre leur film. Devant l’affiche aussi insolite qu’inédite, on s’étonne presque de s’étonner de cette association ! Certes, Spielberg possède un côté mogul discret, façon "je suis le seigneur du château" ; et on l’imagine volontiers concevant en solitaire ses réalisations, très à l’écart de la meute galopante de ses confrères. C’est oublier qu’il a déjà, à plusieurs reprises, partagé un générique avec d’autres cinéastes : dirigeant Truffaut dans Rencontres du troisième type (1977) ou mettant en scène un scénario de Lawrence Kasdan/George Lucas/Philip Kaufmann pour Les Aventuriers de l’arche perdue (1981) voire, bien entendu, de Kubrick dont il acheva le projet inabouti A.I. Intelligence artificielle (2001). Et l’on ne cite pas le Steven producteur, qui avait proposé à Scorsese de réaliser La Liste de Schindler, avant que Marty ne le convainque de le tourner lui-même. Bref, Spielberg s’avère totalement compatible avec ceux chez qui vibre une fibre identique à la sienne. Drôles de cocos Avec les C

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Williams / Spielberg : terrain d’entente

ECRANS | Le cinéma regorge de duos fameux formés par un compositeur et un metteur en scène : Bernard Hermann et Alfred Hitchcock, Philippe Sarde et Claude (...)

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Williams / Spielberg : terrain d’entente

Le cinéma regorge de duos fameux formés par un compositeur et un metteur en scène : Bernard Hermann et Alfred Hitchcock, Philippe Sarde et Claude Sautet, Georges Delerue et François Truffaut, Pino Donaggio et Brian De Palma, Howard Shore et David Cronenberg ou encore Carter Burwell et les frères Coen. De tous, le couple John Williams et Steven Spielberg est de loin le plus fidèle : Williams a orchestré toutes les bandes originales du cinéaste, à l’exception du futur Bridge of Spies pour des raisons de santé. Surtout, le musicien a écrit des scores qui ont participé à la popularité des films : le thème des Dents de la mer avec son crescendo inquiétant, les partitions symphoniques d’Indiana Jones, E.T., Jurassic Park, les cinq notes à la base de Rencontres du troisième type… Leurs collaborations récentes sont même parmi les plus surprenantes : la musique épurée et sombre de Munich, virevoltante et "mancinienne" des Aventures de Tintin, ambitieuse et complexe de

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Steven Spielberg, une rétrospective

CONNAITRE | Richard Schickel Éditions de la Martinière

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Steven Spielberg, une rétrospective

Aussi étrange que cela puisse paraître, peu d’ouvrages ont été consacrés à la filmographie pourtant conséquente de Steven Spielberg. La réponse à ce mystère est partiellement avancée par Richard Schickel dans cette «rétrospective», beau livre richement illustré où l’auteur ne cache pas son admiration pour l’œuvre, même s’il émet parfois des réserves surprenantes concernant certains opus — Minority report, notamment. Le succès remporté par Spielberg tout au long de sa carrière et sa capacité à passer d’un registre "sérieux" à un autre plus léger et ouvertement divertissant a longtemps rendu le cinéaste suspect aux yeux de la critique. De fait, on découvre dans ce travail made in USA que la défiance envers le cinéma de Spielberg n’est pas seulement l’apanage d’une partie de la critique française — qui s’est exprimée, encore, lors de la sortie de Lincoln. La presse américaine aussi lui a toujours cherché des poux dans la tête, lui reprochant tantôt de se complaire dans le cinéma pop corn, tantôt de s’aventurer vers des sujets qui le dépassent. Or, c

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Spielberg et les autres

ECRANS | Qu'est-ce qui peut hanter Spielberg pour revenir plusieurs fois sur l'esclavage ? Bien avant Lincoln, La Couleur pourpre puis Amistad annonçaient déjà un (...)

Jerôme Dittmar | Vendredi 25 janvier 2013

Spielberg et les autres

Qu'est-ce qui peut hanter Spielberg pour revenir plusieurs fois sur l'esclavage ? Bien avant Lincoln, La Couleur pourpre puis Amistad annonçaient déjà un sujet qui en dit long sur son auteur. Sur deux fronts, l'un la condition féminine des afro-américaines au début du XXe siècle, l'autre le procès des esclaves qui mena à la guerre de Sécession, Spielberg s'est évertué à filmer son pays et le peuple noir américain. Avec une telle vigueur volontariste que les deux films figurent parmi les plus décriés de sa filmographie. En cause une représentation épineuse qui, entre le mélo biblique Oprah Winfreyisé - La Couleur pourpre, mal reçu par la communauté noire à sa sortie - et l'exercice de pénitence vantant les valeurs de la Constitution américaine - Amistad, tourné pour corriger la réception critique du premier, chaque film fait de cet Autre, l'esclave, le noir, une drôle de figure. On s'explique : en se penchant sur l'esclavage ou la ségrégation, Spielberg vante moins les vertus des Droits de l'homme qu'il traite de sa plus grande angoisse, la perte identitaire. Au fond, peu importe qu'il s'agisse des noirs, des femmes, d'un na

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Lincoln

ECRANS | On pouvait craindre un film hagiographique sur un Président mythique ou une œuvre pleine de bonne conscience sur un grand sujet, mais le «Lincoln» de Spielberg est beaucoup plus surprenant et enthousiasmant, tant il pose un regard vif, mordant et humain sur les arcanes de la démocratie américaine. Une merveille, qui conclut une (inégale) trilogie spielbergienne sur l’esclavage. Texte : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 23 janvier 2013

Lincoln

Ce n'est peut-être qu’un hasard… Toujours est-il que ce film sur Abraham Lincoln au début de son second mandat de Président des États-Unis est sorti au moment où Barack Obama, qui n’a jamais caché son admiration pour Lincoln, était lui-même réélu Président. Hasard aussi, Lincoln affronte sur les écrans (et aux Oscars) Django unchained, Spielberg et Tarantino se disputant ainsi un même sujet : celui de l’esclavage. Tarantino n’a pas caché au cours de ses interviews avoir souhaité faire avec Django un anti-Amistad, c’est-à-dire un film où les Noirs ont vraiment la parole et n’ont pas besoin de porte-voix blancs pour plaider leur cause. De fait, Spielberg, à l’époque un peu écartelé entre ses grands films sérieux, sa franchise jurassique et ses productions télé, était passé à côté de son affaire. Lincoln pourrait tomber exactement sous le coup de la même critique : un film qui se dissimule derrière la vérité historique — car, scoop, ce sont bien des blancs qui ont mis fin à l’esclavage — pour mieux réduire au silence sur l’écran les princi

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Le festival Lumière 2012 a fait le plein !

ECRANS | La 4e édition a été fréquentée par près de 100 000 personnes en six jours (du 15 au 21 octobre) avec 72 000 spectateurs de films, 27 000 visiteurs des villages (...)

Christophe Chabert | Jeudi 25 octobre 2012

Le festival Lumière 2012 a fait le plein !

La 4e édition a été fréquentée par près de 100 000 personnes en six jours (du 15 au 21 octobre) avec 72 000 spectateurs de films, 27 000 visiteurs des villages du festival, des expositions, de la bourse «Cinéma Monplaisir» et des animations et rencontres organisées autour des projections.Achevé devant 4000 spectateurs ayant assisté à la projection de La Porte du paradis en présence du réalisateur Michael Cimino et de l’actrice Isabelle Huppert, le festival a couronné cette année Ken Loach.Le réalisateur britannique s’est vu remettre des mains d’Eric Cantona, son acteur dans Looking for Richard, le Prix Lumière. Il succède ainsi à Clint Eastwood, Milos Forman et Gérard Depardieu.L'ex-joueur, devenu comédien, a décrit le cinéaste comme «un homme à la hauteur des convictions qu'il défend. Un des deux êtres exceptionnels rencontrés dans [sa] vie avec Alex Ferguson [entraîneur de Manchester United].» De son côté, le récipiendaire a voulu redire tout ce que la France et le Festival de Cannes avaient fait pour lui et, sou

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Une histoire de films

ECRANS | Dans une édition 2012 remplie d’œuvres fleuves, d’"Il était une fois en Amérique" à "La Porte du Paradis", Lumière 2012 propose un film qui les englobe tous, "Story of film", gigantesque encyclopédie filmée signée Mark Cousins. 15 heures pour résumer 115 ans d’Histoire du cinéma : un pari aussi fou que génial. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 12 octobre 2012

Une histoire de films

Il y aura deux manières de vivre intensément Lumière 2012. La première, classique, consistera à poser une semaine de vacances et à piocher dans la très riche programmation du festival, dans ses rétrospectives, ses événements, ses rencontres… La seconde, plus audacieuse, consiste à demander son jeudi à son généreux employeur et à se rendre au Pathé Cordeliers dès 9 heures du matin pour suivre les 15 heures de Story of film de Mark Cousins. Car si plus de 70 films seront projetés au cours du festival, Story of film est celui qui les contient tous. Vous voulez savoir quelle est l’importance de Vittorio De Sica et de son scénariste Cesare Zavattini dans le courant néo-réaliste italien et ce qui les oppose à Roberto Rossellini ? Vous vous interrogez sur l’importance du Septième sceau dans l’œuvre d’Ingmar Bergman ? Vous avez envie de découvrir pourquoi le Nouvel Hollywood s’est fracassé sur La Porte du Paradis ? Vous voulez saisir ce qu’il y a de neuf dans le regard que pose Agnès Varda sur Corinne Marchand dans Cléo de 5 à 7 ? Vous désirez retourner à la source du réalisme social anglais dont Ken Loach est aujourd’hui le dépositai

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L’esprit Loach

ECRANS | Pour avoir suivi de près les trois premières éditions de Lumière, on sait d’expérience à quel point le choix de la personnalité pour recevoir le Prix Lumière influe (...)

Christophe Chabert | Jeudi 11 octobre 2012

L’esprit Loach

Pour avoir suivi de près les trois premières éditions de Lumière, on sait d’expérience à quel point le choix de la personnalité pour recevoir le Prix Lumière influe sur l’esprit général du festival. La star Eastwood avait tout écrasé en 2009, et Depardieu avait laissé planer un parfum de nostalgie plombante sur l’édition 2011. En revanche, la simplicité et la vitalité de Milos Forman, son envie intacte de faire du cinéma au présent, expliquaient grandement la réussite de Lumière 2010, équilibré, joyeux et populaire. On s’avance sans doute, mais on pressent que l’édition 2012 sera du même acabit, tant Ken Loach est lui aussi un cinéaste peu enclin à regarder en arrière. C’est l’âme même de ses films, qui ne baissent jamais les bras même lorsqu’ils sondent des abîmes de noirceur et de désespoir. Mais son engagement politique et citoyen, sa passion pour le foot, son humour british, tout cela devrait irradier la fin de la manifestation. Dans la rétrospective de son œuvre, il y a de belles perles à découvrir pour toute une génération de spectateurs : Kes, bien sûr, mais aussi Raining stones, Ladybird, Land and freedom, Sweet si

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Paradis retrouvé

ECRANS | Morceau de choix pour terminer le festival : la version restaurée et intégrale de "La Porte du Paradis", film maudit devenu film mythique, date-clé de l’Histoire du cinéma qui marque la fin d’une utopie hollywoodienne mais aussi le purgatoire d’un cinéaste immense, Michael Cimino.

Christophe Chabert | Jeudi 11 octobre 2012

Paradis retrouvé

Qui a vu La Porte du Paradis ? Du moins, qui a vu sa version intégrale ? Aux Etats-Unis, où la sortie du film provoqua la faillite de United Artists, le studio qui l’avait produit, presque personne. En France, sans doute un peu plus puisqu’à l’initiative de Patrick Brion, infatigable animateur du Cinéma de minuit sur France 3, le film fut finalement distribué en 1989 dans le montage de 3h45 souhaité par Michael Cimino. Les bizarreries des droits ont voulu que seul le DVD américain reprenne cette version, le DVD français exploitant celle de 2h20, qui n’est pas seulement un "raccourcissement" mais une véritable réécriture de son propos. De toute façon, qui a envie de voir La Porte du Paradis en DVD ? Car ce film monde et monstre ne prend son sens que sur un très grand écran, avec ses centaines de figurants, sa passion du détail, son ampleur décorative, son sens de l’espace. Dernière frontière Le fiasco du film est resté comme une blessure profonde dans l’histoire hollywoodienne. On a parlé de la mort de United Artists, mais c’est surtout la fin d’une utopie que cet échec entérine : le Nouvel Hollywood, dont Michael Cimino fut le temps d

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Lumière, clap de début

ECRANS | Ce lundi, le festival Lumière démarre à la Halle Tony Garnier avec sa rituelle soirée d’ouverture pleine de "stâââârs" qui monteront sur scène pour en donner le (...)

Christophe Chabert | Jeudi 4 octobre 2012

Lumière, clap de début

Ce lundi, le festival Lumière démarre à la Halle Tony Garnier avec sa rituelle soirée d’ouverture pleine de "stâââârs" qui monteront sur scène pour en donner le coup d’envoi. OK. Mais il y aura aussi au cours de cette soirée un grand film et un grand cinéaste à l’honneur, ce qui est quand même l’essentiel pour un festival qui s’intéresse au patrimoine cinématographique. En l’occurrence Jerry Schatzberg et son Épouvantail daté 1973, parfait résumé de ce Nouvel Hollywood qui s’intéressait aux outsiders de l’Amérique et les emmenait sur les routes pour des trajets autant physiques qu’existentiels. Au centre, le tandem Hackman/Pacino, l’un jovial, l’autre torturé, soit une certaine idée de la perfection dans le jeu. La mise en scène de Schatzberg capte leur énergie entre désir de classicisme (le Scope, les grands espaces) et modernité (un fabuleux travail de déconstruction sonore et visuelle qu’il avait déjà expérimenté dans Portrait d’une enfant déchue, son premier film). Le lendemain, c’est bombance avec le début des grandes rétros

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Nuit musique et cinéma

ECRANS | Tout obnubilés que nous étions par la séance de clôture consacrée à La Porte du Paradis, nous en avions presque oublié qu'il restait un événement du festival Lumière (...)

Christophe Chabert | Jeudi 27 septembre 2012

Nuit musique et cinéma

Tout obnubilés que nous étions par la séance de clôture consacrée à La Porte du Paradis, nous en avions presque oublié qu'il restait un événement du festival Lumière dont la programmation n'avait pas encore été dévoilée. Il s'agit de la nuit Musique et cinéma qui aura lieu à la Halle Tony Garnier le vendredi 19 octobre à partir de 20h45. Au programme donc : George Lucas qui se penche sur ses souvenirs d'adolescent au temps des sixties et du rock (American Graffiti), les Beatles qui se font leur cinéma (A hard day's night), un vrai-faux groupe de metal dans un faux-vrai documentaire de Rob Reiner (Spinal Tap) et enfinun biopic du héros country Johnny Cash incarné par Joaquin Phoenix sous la caméra de James Mangold (Walk the line). Le tout entrecoupés de clips et d'extraits de concerts présentés par Thomas Sotinel du Monde et Fabrice Calzettoni, monsieur Épouvantable vendredi de l'Institut Lumière.

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"La Porte du Paradis" en clôture de Lumière

ECRANS | La rumeur courait depuis plusieurs semaines, mais c'est désormais officiel : c'est bien La Porte du Paradis, fabuleux anti-western de Michael Cimino, (...)

Christophe Chabert | Mardi 25 septembre 2012

La rumeur courait depuis plusieurs semaines, mais c'est désormais officiel : c'est bien La Porte du Paradis, fabuleux anti-western de Michael Cimino, dont l'échec provoqua la ruine de United artists et le purgatoire our son auteur, qui sera projeté le dimanche 21 octobre à la Halle Tony Garnier en clôture du festival Lumière. Le film sera présenté par son actrice Isabelle Huppert dans sa version intégrale (de 3h36) et restaurée numériquement : comme vous ne l'avez jamais vu, donc, et c'est inratable. La Porte du Paradis de Michael Cimino par Festival_Lumiere

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Eric Cantona remettra le Prix Lumière à Ken Loach

ECRANS | Eric Cantona, l'ex-footballeur de Manchester United devenu acteur, qui fut dirigé par Ken Loach pour Looking for Eric (projeté au cours de cette soirée), a (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 septembre 2012

Eric Cantona remettra le Prix Lumière à Ken Loach

Eric Cantona, l'ex-footballeur de Manchester United devenu acteur, qui fut dirigé par Ken Loach pour Looking for Eric (projeté au cours de cette soirée), a donc été choisi pour remettre le quatrième Prix Lumière au cinéaste britanique lors de de la soirée qui se déroulera le 20 octobre à 18h45 à la Salle 3000 de la Cité Internationale. De nombreux autres invités viendront témoigner de leur affection pour le réalisateur et son œuvre.  

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L'Épouvantail en ouverture du festival Lumière

ECRANS | C'est finalement L'Épouvantail, le film de Jerry Schatzberg, palme d'or à Cannes en 1973, qui sera présenté à la Halle Tony Garnier le lundi 15 octobre en (...)

Christophe Chabert | Vendredi 14 septembre 2012

L'Épouvantail en ouverture du festival Lumière

C'est finalement L'Épouvantail, le film de Jerry Schatzberg, palme d'or à Cannes en 1973, qui sera présenté à la Halle Tony Garnier le lundi 15 octobre en ouverture du festival Lumière. La copie, retsaurée en HD, sortira tout droit des laboratoires de Warner, et le cinéaste sera là pour le présenter aux spectateurs et aux invités du festival. Parmi eux, Guillaume Canet devrait rendre hommage à Schatzberg, lui qui citait littéralement L'Épouvantail dans ses Petits mouchoirs et qui doit au cinéaste un de ses premiers grands rôles au cinéma dans The day the ponies come back.

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Lumière est un long film fleuve tranquille

ECRANS | Plus éclatée que lors des éditions précédentes, la programmation de Lumière 2012 ménagera films monstres, raretés, classiques restaurés, muets en musique et invités de marque. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 6 septembre 2012

Lumière est un long film fleuve tranquille

Elle aura tardé à arriver, mais la voici, presque définitive — manquent encore le film d’ouverture et le film choisi pour la remise du Prix Lumière à Ken Loach : la programmation du festival Lumière 2012. Autant dire tout de suite que par rapport à ce qui avait été annoncé en juin, beaucoup de choses ont changé ou se sont affinées : ainsi, la rétro Ken Loach se concentrera sur la deuxième partie de sa carrière, de Raining stones à Route Irish, avec en guise de curiosité le téléfilm Cathy Come Home. En revanche, plus de traces des raretés du cinéma américain des années 70, remplacées par l’intégrale de la saga Baby Cart, fameux sérial cinématographique hongkongais avec son samouraï promenant un bébé dans une poussette. Six films qui auront droit à une journée de projection au Cinéma opéra, ce qui marque d’ailleurs une des tendances du festival cette année : les marathons cinématographiques. Que ce soient les quinze heures de The Story of film (documentaire monstre sur l’histoire du cinéma), les 4h15 d’Il était une fois en Amérique dans sa versio

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Rendez-vous de présentation festival Lumière 2012

ACTUS | Pour tout savoir sur la programmation, Le Prix Lumière, les invités… le festival Lumière propose au public cinq rendez-vous de présentation du festival Lumière (...)

Dorotée Aznar | Lundi 27 août 2012

Rendez-vous de présentation festival Lumière 2012

Pour tout savoir sur la programmation, Le Prix Lumière, les invités… le festival Lumière propose au public cinq rendez-vous de présentation du festival Lumière 2012 : jeudi 6 septembre à 19h et 20h30, samedi 8 septembre à 11h30 et mardi 11 septembre à 19h et 20h30. L’entrée est libre, sur inscription, par téléphone au 04 78 78 18 85 ou par mail à communication2@institut-lumiere.org. Le festival Lumière 2012 se tiendra du 15 au 21 octobre.    

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Lueurs et Lumière

ECRANS | Prix Lumière à Ken Loach, hommages à Max Ophüls, Vittorio De Sica, Dean Martin et Max Von Sydow, versions intégrales et restaurées de "La Porte du Paradis" et d’"Il était une fois en Amérique", ciné-concert autour de "Loulou" : le prochain festival Lumière a déjà ses contours, en attendant d’en remplir le centre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 27 août 2012

Lueurs et Lumière

Tombée en plein milieu du mois de juillet, l’annonce du Prix Lumière aura donc été précédée de trois semaines de suspens et de rumeurs. C’est finalement Ken Loach qui viendra chercher le trophée à la Salle 3000 de la Cité Internationale le vendredi 19 octobre, et aura droit durant le festival à une rétrospective de son œuvre. Loach peut se réjouir : il vient de connaître un de ses plus grands succès public en France avec La Part des anges (en plus d’un très généreux Prix du jury à Cannes). Les cinéphiles semblent prêts à faire le tri dans sa filmographie, qui a avancé depuis vingt ans au pas de course, un film par an ou presque, dans des registres assez divers, avec comme dénominateur commun une vision politique de l’histoire passée et contemporaine de son pays, l’Angleterre. On s’amusera de l’ironie qui veut qu’un cinéaste d’ultra-gauche prenne la succession d’un acteur (Depardieu) qui, cette année, aura surtout fait parler de lui par son soutien tonitruant à Nicolas Sarkozy au cours de la dernière présidentielle : l’alternance, c’est aussi ce

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Ken Loach : un Prix Lumière en rouge et noir

ECRANS | Après trois semaines de suspense, c’est finalement le réalisateur anglais, chef de file d’un cinéma social plus noué qu’on ne le croit, qui se verra décerner le quatrième Prix Lumière en octobre prochain. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 12 juillet 2012

Ken Loach : un Prix Lumière en rouge et noir

Les rumeurs laissaient entendre que le quatrième lauréat du Prix Lumière serait à chercher du côté des États-Unis. Surprise : c’est finalement un nouveau cinéaste européen qui fait figure d’heureux élu, puisqu’il s’agit du Britannique Ken Loach, 76 ans en juin dernier, et une filmographie imposante d’une trentaine de longs-métrages, dont la production s’est accélérée à l’aube des années 90, sans doute sa période la plus incontestablement passionnante. Loach démarre, comme beaucoup de ses compatriotes cinéastes à l’époque (Frears, Mike Leigh…) à la télévision, avant de franchir le cap du grand écran en 1967 avec Poor cow (Pas de larmes pour Joy), beau mélodrame avec un formidable Terence Stamp. Dès ce premier film, Loach, à travers un réalisme synchrone avec les nouvelles vagues qui naissent un peu partout dans le monde, s’intéresse aux classes populaires anglaises et à leurs difficultés d’existence, même si le film cherche aussi à capter l’élan amoureux de la jeunesse dans un mouvement pop typique de l’Angleterre sixties. Deux ans plus tard, Kes propulse Loach dans la cour des grands. Le film e

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Lumière pas tout à fait allumé

ECRANS | En l’absence d’annonce du prochain Prix Lumière, repoussée sine die, la programmation du prochain festival Lumière fait figure de poulet sans tête : on ne commentera donc que les plumes et les pattes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 20 juin 2012

Lumière pas tout à fait allumé

Tout le monde attendait Scorsese pour le Prix Lumière 2012, et ce ne sera pas lui ! Qui à sa place (et pour prendre la suite de Eastwood, Forman et Depardieu) ? Eh bien, on n’en sait rien, car visiblement Thierry Frémaux et son équipe se sont retrouvés coincés par les disponibilités de leur invité(e) potentiel(le)… L’annonce du nom qui sortira du chapeau se fera donc sans tambour, ni trompette, ni date précise — on espère juste que cela ne se passera pas en plein cœur de l’été, quand tout le monde, critiques et cinéphiles compris, ont la tête et les jambes en vacances. La tête — car c’est bien de cela qu’il s’agit : une tête couronnée par un festival qui établit peu à peu un hall of fame de l’art cinématographique, manque donc pour cette future édition de Lumière, mais le reste du corps est déjà esquissé. À commencer par les rétrospectives qui oscillent entre classicisme et innovation. D’un côté, hommage à Vittorio De Sica, le cinéaste du Voleur de bicyclette, patron du néo-réalisme, confirmant après Leone, Visconti et l’an dernier, les deux beaux films d’Elio Petri, la relation privilégiée et transalpine entre Lumière

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Cheval de guerre

ECRANS | Comme s’il avait fait de cette odyssée d’un cheval du Devon à travers la Première Guerre mondiale le prétexte à une relecture de tout son cinéma, Steven Spielberg signe avec "Cheval de guerre" un film somptueux, ample, bouleversant, lumineux et inquiet, où l’on mesure plus que jamais l’apport d’un metteur en scène qui a réinventé le classicisme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 15 février 2012

Cheval de guerre

Il y a d’abord le souffle fordien des premières séquences. Quelque part dans le Devon, au début du XXe siècle, un jeune garçon voit naître un cheval, qu’il va tenter d’apprivoiser en quelques plans muets mais d’une grande force d’évocation. Ce cheval sera mis aux enchères et un fermier obstiné, alcoolique et sous le joug d’un propriétaire inflexible, s’entête à l’acheter, au grand dam de son épouse. Sauvage, le cheval doit servir pour labourer un champ à l’abandon, sec et rocailleux ; personne n’y croit sauf Albert, le fils, qui va arriver à le dresser, nouant une relation quasi-amoureuse avec lui. Steven Spielberg est alors de plain-pied dans le conte enfantin, le territoire naïf des productions Amblin et de son cinéma dans les années 80. S’il se mesure à ses maîtres (Ford donc, mais aussi David Lean), il rabat cependant cette première demi-heure sur ses propres thèmes (la générosité de l’enfance contre la cruauté des adultes) et ses figures habituelles de mise en scène, notamment ces travellings recadrant un visage qui s’illumine au contact du merveilleux. D’une certaine manière, toute cette exposition tient dans les interventions ponctuelles d’une oie de comédie qui mord les

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Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne

ECRANS | À l’instar de James Cameron avec Avatar, Steven Spielberg s’empare d’une innovation technologique au potentiel énorme, et la plie à son imagination toujours fertile pour mieux la sublimer, au gré d’une véritable leçon de mise en scène. François Cau

Dorotée Aznar | Jeudi 20 octobre 2011

Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne

Avatar, Drive et Tintin partent tous à leur singulière façon d’un même postulat qu’il est toujours bon de rappeler : si le récit a son importance, la manière de le mettre en images a tout autant de sens. Qu’on ait affaire à Pocahontas au pays des Schtroumpfs extraterrestres géants, à une série B qui aurait pu être interprétée par Jason Statham ou ici, à une trame antédiluvienne de feuilleton à rebondissements à peu près connue de tous, portée par un héros parmi les plus univoques qui soit, l’enjeu est de créer une mise en scène inédite, qui s’appuie sur des canons narratifs ultra-balisés et leur appréhension désormais presque instinctive par le public. Dans le cas de Tintin, quelques embûches théoriques liées au processus d’adaptation s’ajoutent au projet : le charme des aventures de l’intrépide reporter est totalement désuet, tant dans le fond que dans la forme. Il convenait donc de lui substituer un tout autre langage que la fameuse «ligne claire» d’Hergé, tout en opérant un hommage aussi déférent que possible. Passé un générique introductif lisse mais déjà porteur des intentions esthétiques qui animeront le film, Spielberg règle ces questions en trente secondes : au beau mili

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Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

ECRANS | Le quatrième volet des aventures de l’archéologue au chapeau est une bonne surprise : Spielberg et Lucas retournent à leur avantage les invraisemblances du récit et la vieillesse de leur héros pour en faire un blockbuster fier de son charme rétro. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 22 mai 2008

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

Lucas en plein déprime post-Star Wars ; Spielberg essoufflé après un marathon de films conclu par son magnifique Munich ; Harrison Ford peinant à trouver des rôles à sa mesure. Il n’y avait, dans le fond, que des mauvaises raisons à rempiler pour un quatrième Indiana Jones, reprise tardive d’une franchise qui, on a tendance à l’oublier, a marqué une révolution dans un genre, le film d’aventures, totalement déserté par Hollywood à l’époque. D’autant plus que des succédanés peu glorieux comme l’immonde Benjamin Gates ont méchamment pillé l’héritage de la série, tout en générant de copieux dividendes au box-office. La bonne surprise de ce Royaume du crâne de cristal, c’est que Spielberg, Ford et Lucas n’ont pas cherché la surenchère ; au contraire, avec une malice de vieux grigous, ils transforment systématiquement leurs handicaps en points forts, se moquant ouvertement de l’air du temps. Vas-y dans le rétro ! Si Indiana Jones n’a plus vingt ans, son fils, joué par le très fade et du coup très bien Shia LaBeouf, les a jusqu’au ridicule. Permanenté façon Fonzie, roulant en cuir et Harley à la f

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