(Télé)Visions de Cronenberg

Christophe Chabert | Jeudi 15 novembre 2012

Hourra ! C'est le retour de L'Épouvantable vendredi cette semaine à l'Institut Lumière, dans une formule allégée à deux films au lieu de trois. Pour cette nouvelle saison, c'est David Cronenberg qui a l'honneur de lancer les hostilités, avec deux films donc, et pas des moindres.

D'abord La Mouche, son œuvre la plus célèbre, qui fait aujourd'hui encore l'unanimité même chez les détracteurs du cinéaste. Pourtant cette commande de Mel Brooks autour du remake d'une série B fantastique (La Mouche noire avec Vincent Price), avait tout de la fausse bonne idée. Cronenberg y décrit le calvaire de Seth Brundle (Jeff Goldblum), physicien geek ayant inventé une méthode de téléportation révolutionnaire mais qui, lors d'un test sur sa personne, voit son génome mélangé à celui d'une mouche ; plutôt qu'à une métamorphose gore, on assiste à l'avancée réaliste et tragique d'une forme virulente de cancer, à laquelle Cronenberg ajoute une déchirante histoire d'amour entre Brundle et une jolie journaliste (Geena Davis), façon La Belle et la bête.

Ensuite, flashback quelques années auparavant avec Videodrome, grande œuvre culte où Max Renn (James Woods, génial), patron d'une chaîne locale spécialisée dans le porno et la violence, est victime d'une machination qui va le transformer en homme magnétoscope que l'on (r)embobine à volonté jusqu'à ce qu'il devienne l'agent d'une «nouvelle chair», alliance entre le vivant et la machine, le désir humain et le signal télévisuel. Videodrome est de ces films visionnaires qui ont anticipé le devenir virtuel de l'humanité, mais qui le fait dans un récit peuplé d'images saisissantes, comme ce ventre-vagin où Renn range son pistolet-pénis. Allo, docteur Freud ?

Christophe Chabert

L'Épouvantable vendredi : David Cronenberg
À l'Institut Lumière, vendredi 23 novembre

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Lyon : Retour en septembre du festival de science-fiction Les Intergalactiques

Science-Fiction | Il n’y a pas que les Hallus ou les Reflets… du Zola qui aient choisi de se reporter en septembre : idem pour les Intergalactiques avec leur (...)

Vincent Raymond | Mercredi 8 septembre 2021

Lyon : Retour en septembre du festival de science-fiction Les Intergalactiques

Il n’y a pas que les Hallus ou les Reflets… du Zola qui aient choisi de se reporter en septembre : idem pour les Intergalactiques avec leur programmation cinéma atomisée dans plusieurs lieux, faisant la part belle aux lointains visiteurs. Et ce, dès l’ouverture jeudi 9 septembre avec le kitchissime Rock Aliens (dont fut tiré la scie When the Rain begin to fall) au Rock’n’Eat. Suivront les déambulations d’un extra-terrestre “embarqué” dans le corps d’un junkie pour Fried Barry (le 10 à 21h au Lumière Bellecour) et deux séances de courts-métrages au Lumière Terreaux : les “nationaux“ samedi 11 à 11h et les “animations“ le dimanche 12 à 11h. Épicentre des Intergalactiques, la MJC Montplaisir offrira un double bill samedi soir dès 20h avec deux revenants des années 1980 : l’angoissant The Thing de Carpenter et la série B américano-bavaro-humaniste Enemy Mine. Le Zola accueillera le lendemain à 19h un classique de la science-fiction rare sur grand

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Le Fort de Gamut, un cluster de création

Résidence Artistique | Là-haut, perché sur la colline de Fourvière, existe un ancien fort militaire où artistes et animaux cohabitent à l’abri des regards. Situé à deux pas du Jardin des Curiosités, le Fort de Saint-Just, renommé par ses actuels occupants Fort de Gamut, abrite désormais l’association éponyme qui œuvre au soutient de projets artistiques. Visite.

Louise Grossen | Jeudi 22 avril 2021

Le Fort de Gamut, un cluster de création

C’est le bouc, Stanley, qui nous guide à l’aide de ses plus belles vocalises jusqu’à la porte d’entrée. Dès l’arrivée, le panorama est à couper le souffle. À moins que ce ne soit les 200 marches de la montée des Épies qu’il nous a fallu gravir avant d’arriver... Ce lieu se mérite ! Le temps de reprendre notre souffle, et Victor Boucon, artiste plasticien en résidence, nous emmène en visite. Il dispose d’un espace de création depuis plusieurs mois : « ici, je suis sûr de pouvoir forger, souder et faire du bruit sans déranger les voisins, c’est un vrai terrain de jeu pour artistes. » Pour accéder à son atelier, il faut s’enfoncer dans une aile défensive du bâtiment, semi-enterrée, que les résidents appellent « les catacombes ». Ici, Victor travaille surtout le métal. Parmi ses créations en cours : une épée de type médiévale ou un couteau, posés sur la forge qu’il a imaginée et construite seul. À Gamut, on peint, sculpte, photographie, chante, forge, soude, écrit, et on partage l’extérieur avec les quatre poules, le bouc et les béliers. « Le bouc, on le s

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Viggo Mortensen passe derrière la caméra, on en a parlé avec lui pendant le Festival Lumière

Falling | Le comédien aux mille talents vient de signer son premier long-métrage en tant que cinéaste, qu’il a présenté en première française durant le Festival Lumière à Lyon. Une histoire de famille où l’attachement et l’oubli se livrent un duel sans ménagement. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 4 novembre 2020

Viggo Mortensen passe derrière la caméra, on en a parlé avec lui pendant le Festival Lumière

Comment se fait-il que ce soit cette histoire en particulier que vous ayez racontée pour votre premier film — car vous avez écrit plusieurs scénarios avant de réaliser Falling ? Viggo Mortensen : Je suppose que je voulais me souvenir de mes parents — de ma mère, pour commencer —, pour le meilleur et pour le pire comme tout le monde. Même si c’est devenu une histoire père/fils, l’inconscient de leur combat repose sur une différence d’opinion autour de leurs souvenir de leur femme et mère. Elle reste, à mon avis, le centre moral de l’histoire. Et c’est très important pour moi le casting de la mère, Gwen. Hannah Gross était parfaite, géniale : même si elle n’est pas là tout le temps, elle est là. Mais la raison pour laquelle j’ai fait mes débuts comme réalisateur et scénariste avec cette histoire, c’est parce que j’ai trouvé l’argent (sourire). J’avais essayé plusieurs fois, il y a 23-24 ans, avec un autre scénario, au Danemark, j’avais 20-30% du budget, mais pas davantage. Au bout du compte, je pense que c’était mieux que j’attende,

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Videodrome, film dément

ECRANS | À l’occasion des 6e Journées Cinéma et Psychiatrie organisées par la Ferme du Vinatier, le Comœdia accueille une projection-débat autour d’un film collant (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Videodrome, film dément

À l’occasion des 6e Journées Cinéma et Psychiatrie organisées par la Ferme du Vinatier, le Comœdia accueille une projection-débat autour d’un film collant parfaitement à la thématique choisie pour les travaux — Sexe(s), psy-&-vidéos —, Videodrome (1983) de David Cronenberg. Une plongée dans la fascination pour la violence et le désir charnel ; une anticipation de notre rapport viscéral aux écrans — des préoccupations récurrentes chez Cronenberg, au demeurant. Le film sera suivi d’un échange animé par le Dr Alain Bouvarel (pédopsychiatre, directeur du Centre National de l'Audiovisuel en Santé Mentale/Festival de Lorquin), le Dr Jean-Pierre Salvarelli (psychiatre - hôpital du Vinatier) et le Dr Jean-Christophe Vignoles (psychiatre - hôpital Saint Jean de Dieu). Videodrome Au Comœdia le mardi 22 novembre à 20h

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Et Cronenberg fit le bzzzzz

ECRANS | C’est l’une des nouveautés de la rentrée dans les CNP-Cinémas Lumière (on ne sait plus comment les appeler) : le retour des projections du samedi minuit aux (...)

Vincent Raymond | Lundi 31 octobre 2016

Et Cronenberg fit le bzzzzz

C’est l’une des nouveautés de la rentrée dans les CNP-Cinémas Lumière (on ne sait plus comment les appeler) : le retour des projections du samedi minuit aux Terreaux. Désormais baptisées “Séances Midnight Movies” — même si elles sont programmées à 22h30 —, elles n’affichent certes plus systématiquement le merveilleux Graphique de Boscop mais un long-métrage différent chaque semaine, prélevé dans le vaste corpus du cinéma horrifique, assorti comme il se doit d’une petite introduction. Le film sélectionné ce 5 novembre, La Mouche (1987), semble faire écho au carnaval sucré et horrifique qui vient tout juste de s’achever. David Cronenberg y offre en effet à son interprète Jeff Goldblum de splendides métamorphoses, grâce à des postiches bien gluants de diptère mutant amoureusement fignolés par Chris Walas — dûment récompensé par un Oscar du maquillage. Remake éloigné de la première adaptation d’une nouvelle de

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De l'art de parler (et de se taire)

SCENES | Des esquisses de travail, une première et surtout le retour de la précieuse troupe de Pôle Nord : voilà de bonnes raisons pour se rendre au festival Paroles, paroles de la Mouche, une salle d'une vitalité rare toute la saison durant.

Nadja Pobel | Mardi 29 mars 2016

De l'art de parler (et de se taire)

Dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler la Métropole, un théâtre se place à l’avant-garde en terme de programmation : celui de la Mouche à Saint-Genis-Laval. Savoir enfin qui nous buvons, fable viticole prévu en juin aux Subsistances dans le cadre du festival UtoPistes, qui a triomphé au 104 parisien, été couverte d’éloges dans Le Monde et ailleurs a fait l’ouverture de la saison passée de la Mouche. Retour à Reims, d’après le virulent livre de Didier Eribon et mis en scène par l’excellent Laurent Hatat est passé par Vienne ce mois-ci : il sera le 27 mai à Saint-Genis. Le déchirant solo Rendez-vous gare de l’Est niché dans la petite salle de la Croix-Rousse cet hiver était en octobre dans ce même théâtre de la Mouche… N’en jetez plus ! Ce flair indiscutable est celui de Gabriel Lucas de Leyssac, dynamique directeur de la salle, qui a aussi initié Paroles Paroles, événement annuel. Du 30 mars au 6 avril, il accueille notamment la nouvelle création d’Eric Massé, Light spi

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Maps to the stars

ECRANS | David Cronenberg signe une farce noire et drôle sur les turpitudes incestueuses d’Hollywood et la décadence d’un Los Angeles rutilant et obscène. Un choc ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 mai 2014

Maps to the stars

La «carte des stars» du titre fait référence à ces dépliants indiquant l’emplacement des villas appartenant aux célébrités hollywoodiennes à Los Angeles ; la carte du dernier film de David Cronenberg se résume en revanche à un cercle d’une demi-douzaine de personnages portant des prénoms impossibles, gravitant dans l’univers du cinéma et unis par des liens scénaristiques mais aussi par de tortueux liens du sang. Il y a un jeune acteur de treize ans arrogant et cynique, star d’une franchise ridicule (Bad babysitter) et déjà passé par la case réhab', son père moitié gourou, moitié thérapeute new age, une comédienne vieillissante obsédée par le fantôme de sa mère morte dans un incendie, un chauffeur de limousine qui se rêve scénariste et acteur… Et, surtout, une fille mystérieuse qui s’incruste dans leur vie, un peu folle et portant sur son corps les stigmates de graves brûlures. Film choral ? Pas vraiment, car Maps to the stars tisse assez vite une toile réjouissante où chacun va illustrer la décadence dans laquelle s’enfonce un Los Angeles corrompu au dernier degré, réplique vulgaire et morbide de celui décrit par John Schlesinger dans s

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Andrevon, encyclopédiste fantastique

ECRANS | Le prochain Épouvantable vendredi de l’Institut Lumière est consacré au petit maître français du remake horrifique Alexandre Aja, qui a su s’incruster à (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 février 2014

Andrevon, encyclopédiste fantastique

Le prochain Épouvantable vendredi de l’Institut Lumière est consacré au petit maître français du remake horrifique Alexandre Aja, qui a su s’incruster à Hollywood en y remettant quelques classiques au goût du jour. Notamment La Colline a des yeux, qui surpasse largement la version Wes Craven. Plutôt que d’y adjoindre son remake potache de Piranha, Fabrice Calzettoni et Julien Pouget ont choisi en deuxième film Haute tension, tourné en France sous l’égide de Luc Besson, que les cinéphiles soupçonnent d’avoir sabordé la fin par un twist foireux qui entache ce qui était jusqu’ici un modèle de survival hexagonal. Cet Épouvantable vendredi sera remarquable pour une autre raison : la présence de Jean-Pierre Andrevon, venu présenter son encyclopédie monstre sortie chez Rouge profond, 100 ans et plus de cinéma fantastique et de science-fiction. Auteur réputé de romans de SF, Andrevon est aussi un critique de

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Cosmopolis

ECRANS | Après A dangerous method, David Cronenberg signe une adaptation fidèle et pourtant très personnelle de Don De Lillo. Entre pur dispositif, théâtralité assumée et subtil travail sur le temps et l’espace, un film complexe, long en bouche et au final passionnant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 25 mai 2012

Cosmopolis

David Cronenberg a le goût du paradoxe. Quelques mois seulement après A dangerous method, où sa mise en scène baissait les bras face au rouleau compresseur scénaristique de Christopher Hampton, le voilà qui transforme le roman de Don De Lillo, Cosmopolis, en un pur objet de cinéma, dont l’origine littéraire (et, une fois sur l’écran, quasi-théâtrale) est littéralement bousculée par le regard de Cronenberg. Il suffit par exemple de voir comment Cronenberg subvertit l’idée même de chapitre à l’écran : Eric Packer, son héros, monte un matin dans sa limousine avec pour seul objectif d’aller «se faire couper les cheveux». Trader arrogant, dont la volonté de contrôle l’a progressivement insensibilisé aux soubresauts du monde (la visite du Président des Etats-Unis, un début d’émeute et même sa propre épouse, simple trophée qu’il n’a plus envie de contempler), Packer dialogue froidement avec les passagers qui se succèdent dans l’habitacle. Or, ceux-ci ne montent pas dedans : la scène commence et ils y sont déjà, comme si ils s’étaient téléporté par on ne sait quel tour de magie à l’intérieur. Et lorsqu’elle se termine, ils disparaissent aussi sec du récit, et

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Le fil de nos pensées

ARTS | Même si son œuvre monumentale à la Sucrière a nécessité 6 000 pelotes de laine, tout ne tient qu’à un fil chez Chiharu Shiota : celui que les Anciens disaient relier l’âme à l’au-delà et qu’aujourd’hui on pourrait voir comme constituant le réseau fragile et incertain de la psyché, de la mémoire et de l’identité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 6 mai 2012

Le fil de nos pensées

«Je pense à la chaleur que tisse la parole autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous», écrivait Tristan Tzara. Ne cherchons pas trop vite les significations ou les symboles, et laissons l’œuvre monumentale de Chiharu Shiota se donner d'abord à nos sensations, à la déambulation, à la rêverie et aux dérives de l'imagination... Occupant les 1700 m² du premier étage de la Sucrière, l'installation impressionne d'emblée fortement et compose un espace-temps difficile à définir : parmi des lumières tamisées et extrêmement précises, nous sommes projetés dans une sorte de souterrain mystérieux, hanté par de grands fantômes blancs vaporeux. Soit seize robes blanches démesurées (qui semblent identiques et sont en réalité toutes légèrement différentes, dessinées par le styliste Mongi Guibane), aux traînes reliées entre elles ainsi qu'aux piliers du bâtiment, le tout prenant place parmi les trames de milliers de fils de laine noire entrecroisés (6 000 pelotes et 600 km de laine). Tout communique et est relié en un vaste réseau : fils, tissus, parois de béton, sol, piliers. Cortex

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Le boucher des vanités

ECRANS | Définitivement hors de ses gonds initiaux, L’Épouvantable vendredi de l’Institut Lumière fait suite à sa Nuit Stephen King en rendant hommage à un autre auteur (...)

Christophe Chabert | Jeudi 8 mars 2012

Le boucher des vanités

Définitivement hors de ses gonds initiaux, L’Épouvantable vendredi de l’Institut Lumière fait suite à sa Nuit Stephen King en rendant hommage à un autre auteur clé de l’épouvante littéraire : Clive Barker. Un écrivain donc, mais aussi un cinéaste qui, à la différence de King, a plutôt réussi le passage de la page à l’écran, signant quelques films importants du genre et, surtout, proposant sa propre vision cinématographique de son univers avec le mythique Hellraiser (présenté en ouverture de la soirée). Barker fait de la souffrance physique un instrument de châtiment mais aussi de plaisir, et la chair torturée est chez lui à la fois prétexte à un déluge de gore bien crado (et définitivement premier degré, amis de la rigolade s’abstenir) mais aussi à une représentation de purs fantasmes SM. On y découvre une créature qui marquera les esprits : le géant Pinhead, blafard et glabre, en long manteau de cuir noir et recouvert de clous, tout droit sorti de l’enfer — ou d’une backroom gay hardcore.

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A dangerous method

ECRANS | La rivalité entre Freud et son disciple Carl Gustav Jung, un sujet complexe mais idéal pour David Cronenberg, qu’il rend passionnant pendant 45 minutes, avant de laisser la main à son scénariste, l’académique Christopher Hampton. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 14 décembre 2011

A dangerous method

Au détour d’une séquence de séduction entre Sabina Spielrein (Keira Knightley, qui donne beaucoup d’elle-même à ce personnage de femme hystérique découvrant la nature sexuelle de son mal) et Carl Gustav Jung (Michael Fassbender, loin de l’animalité de Shame, comme cherchant à déchirer le corset moral qui l’enserre), celle-ci lui dit : «Dans chaque homme, il y a une part féminine». L’admirateur de David Cronenberg saisit instantanément ce qui renvoie à l’œuvre du cinéaste canadien : la sexualité comme révélateur de la confusion des genres. A dangerous method raconte le conflit entre Freud, qui pense que tout est explicable par la nature libidinale des êtres, et Jung, qui croit que certains phénomènes proviennent d’un inconscient collectif. Mais il dit aussi qu’il y a une part d’inexplicable dans le désir et que la chair prend toujours le dessus sur le cerveau. Malaise dans la civilisation Comment raconter cette rivalité intellectuelle sans s’empêtrer dans des couches de dialogues explicatifs ? Cronenberg trouve de belles parades à cet écueil : par la mise en scène, comme lors de ce passage remarquable où le dispositif d’analyse inventé par Jung

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Le cinéma interné

ECRANS | Dans le cadre des journées professionnelles «Cinéma et psychiatrie», l’Institut Lumière organise une soirée ouverte à tous le mardi 29 novembre à 20h. Heureuse (...)

Dorotée Aznar | Dimanche 20 novembre 2011

Le cinéma interné

Dans le cadre des journées professionnelles «Cinéma et psychiatrie», l’Institut Lumière organise une soirée ouverte à tous le mardi 29 novembre à 20h. Heureuse initiative car le programme, qui sera présenté et commenté par trois spécialistes de la psychiatrie, aura pour point d’orgue la projection de Spider de David Cronenberg (2002). Mal aimé à sa sortie, y compris dans ces colonnes, le film n’a depuis cessé de grandir dans nos esprits au fil des visions, jusqu’à apparaître comme une œuvre majeure du cinéaste canadien. Ralph Fiennes y incarne un homme au comportement bizarre, bredouillant d’incompréhensibles morceaux de phrases et notant ses pensées dans un carnet avec une écriture en pattes de mouche (d’araignée ?). Tout juste sorti de l’asile, on l’envoie dans une pension médicalisée près du quartier où il passa son enfance. Là-bas, il revit les épisodes qui l’ont conduit à commettre un acte irréparable et l’ont plongé dans la folie — à moins que celle-ci n’ait toujours été là, névrose latente liée à un œdipe mal digéré… Le génie du dispositif inventé par Cronenberg est de mêler au sein des plans le présent et le passé, le souvenir des faits et le rapport distordu qu

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Le King de l’horreur

ECRANS | Retour cette semaine de L’Épouvantable vendredi, incontournable rendez-vous proposé par l’Institut Lumière et AOA Production autour du cinéma fantastique, (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 26 octobre 2011

Le King de l’horreur

Retour cette semaine de L’Épouvantable vendredi, incontournable rendez-vous proposé par l’Institut Lumière et AOA Production autour du cinéma fantastique, avec une formidable soirée consacrée aux adaptations cinématographiques des bouquins de Stephen King. Plutôt que de se concentrer sur les chefs-d’œuvre tournés aux mitans des années 70 et 80 par des cinéastes majeurs (Kubrick, Cronenberg, Carpenter), L’Épouvantable vendredi revient d’abord à la source : l’adaptation du premier roman de King, Carrie au bal du diable (1976). Réalisé par Brian De Palma, alors en pleine explosion maniériste, passant de réminiscences kitschs venues du teen movie à la relecture des codes hitchcockiens avant d’exploser en une apothéose sanglante en écrans partagés, le film est somptueux d’excès et de transgressions. 30 ans plus tard, Frank Darabont franchit aussi les limites en tournant The Mist, sans doute le film d’horreur le plus désespéré de la décennie. Jamais diffusé en VO sur Lyon, The Mist dresse un état de l’Amérique en pleine déconfiture, où les valeurs traditionnelles (religion, bravoure, solidarité) conduisent toutes vers des impasse

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Vade retro Satanas

ECRANS | Pour terminer sa saison, L’Épouvantable vendredi s’offre une nuit consacrée au Diable, avec trois films dont deux sont des exceptions par rapport à ses principes initiaux : l’un est un navet, l’autre est une (excellente) comédie. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 30 juin 2011

Vade retro Satanas

Quand Fabrice Calzettoni et Julien Pouget ont lancé leur série d’Épouvantables vendredis à l’Institut Lumière, ils s’étaient fixé quelques règles : alterner soirées thématiques et nuits consacrées à un cinéaste emblématique du genre, et ne passer que des films qui font vraiment peur. En mai, avec la nuit James Wan, on pouvait noter une première entorse à la règle : Death sentence n’est pas du tout un film d’horreur (mais bon, comme il n’avait jamais été projeté en VO à Lyon, ça s’excuse). Pour leur dernière soirée de la saison, les voilà qui prennent carrément de grosses libertés avec leur credo initial, même si le thème choisi (Le Diable) laissait pas mal de choix quant à la programmation. Clinique et critique Pour débuter cette nuit, L’Épouvantable vendredi rappelle dans quels murs il se trouve en projetant un classique : L’Exorciste de William Friedkin. Il est bon de rappeler la profonde modernité de ce film tourné en 1974 par une figure majeure du Nouvel Hollywood. Quelques années après Rosemary’s baby, Friedkin poussait le genre un cran plus loin en adoptant une mise en scène clinique pour décri

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