Une chanson pour ma mère

ECRANS | De Joël Franka (Fr, 1h35) avec Sylvie Testud, Patrick Timsit, Dave...

Jerôme Dittmar | Jeudi 21 mars 2013

Survivant d'une époque plus lointaine mais qui ne fait pas plus rêver que celle de l'affreux Stars 80, Dave avait su résister jusqu'ici à la réhabilitation par voie cinématographique ; sa présence sur les canaux télé et son aura plus mineure justifiant sans doute l'absence de nécessité. Son nom au générique d'Une chanson pour ma mère, comédie à l'anglaise réunissant une famille de bras cassés kidnappant le fameux chanteur pour faire plaisir à leur maman malade et en sursis, avait de quoi faire peur. Si le film ne fait pas de miracles, s'évertuant à enchaîner des situations un peu trop improbables et pataudes aux moyens de personnages commodément stupides, Dave se révèle de loin le meilleur acteur du casting et une vraie surprise. Sans trop sombrer dans la complaisance kitsch, Joël Franka observe avec une réelle tendresse un Dave attachant qui, transformé malgré lui en levier d'une grande réconciliation familiale, devient un joli héros ordinaire.

Jérôme Dittmar


Une chanson pour ma mère

De Joël Franka (Fr-Bel, 1h35) avec Patrick Timsit, Dave...

De Joël Franka (Fr-Bel, 1h35) avec Patrick Timsit, Dave...

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Quelque part dans les Ardennes, aujourd’hui… C’est parce qu’ils adorent leur maman qui est en train de disparaitre, que les membres de cette famille décomposée décident de lui offrir le plus incroyable des cadeaux d'adieu: Dave, le chanteur, son idole, en personne !


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Veillée fatale : "The Vigil" de Keith Thomas

Horreur | Yakov, qui a rompu avec sa communauté juive orthodoxe, vit dans la précarité. Pour payer son loyer, il accepte contre rétribution d’effectuer la veillée funèbre de M. Litvak un coreligionnaire. Sans savoir que le défunt est possédé par un démon en quête d’un nouveau corps hôte…

Vincent Raymond | Mercredi 29 juillet 2020

Veillée fatale :

Distributeur du film outre-Atlantique, Blumhouse Productions poursuit son intéressant cheminement dans le cinéma de genre, investissant sans crainte des créneaux en déshérence ou ignorés. The Vigil constitue une incursion dans le registre cultuel autant qu’une percée : à de notables exceptions telles que Le Golem ou Pi, la religion juive n’est habituellement pas convoquée pour les films fantastiques ou d’épouvante — on lui préfère le catholicisme et ses possessions/exorcismes, pour le coup cinématographiquement très ritualisés. Pour son premier long-métrage, Keith Thomas réussit deux choses assez ardues. D’abord, créer une terreur a minima, froide, par la suggestion. Ensuite, asseoir son intrigue horrifique sur un substrat historico-philosophique offrant une authentique matière à réflexion. Le passé en tant qu’obsession est ici métaphoriquement représenté par un démon (le “mazik“) qu’il faut éliminer par le feu, sans quoi c’est lui qui détruit celui qu’il possède. Le propos est plutôt iconoclaste

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Xabi Molia : « Je place Kad Merad au même rang que Denis Podalydès »

Comme des rois | Dans la peau d’un petit escroc à l’aura pâlissante, Kad Merad effectue pour Comme des rois de Xabi Molia une prestation saisissante, troublante pour lui car faisant écho à sa construction d’acteur. Propos glanés entre les Rencontres du Sud d’Avignon et Paris.

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Xabi Molia : « Je place Kad Merad au même rang que Denis Podalydès »

Xabi, quelle a été la genèse de ce film ? Xabi Molia : L’idée est venue d’une manière assez amusante. Il faut savoir que j’ai le profil du bon pigeon : j’adore qu’on me raconte des histoires. Je me suis donc fait arnaquer assez régulièrement, et notamment une fois à la gare Montparnasse. Pendant que j’attendais le départ de mon train, un type est monté et m’a raconté une histoire très alambiquée… Je ne saurais la raconter, mais l’enjeu c’était 20€. Je me souviens m’être méfié et l’avoir poussé dans ses retranchements ; mais lui retombait sur ses pattes, trouvait de nouveaux trucs pour que son histoire tienne debout. Bref, il me prend ces 20€ et je ne le revois évidemment jamais. J’ai d’abord été déçu de m’être fait délester de 20€. Mais finalement, il les avait quand même gagnés de haute lutte ! Et j’ai imaginé le matin que ce type avait peut-être dit à sa femme : « bon bah moi aujourd’hui je vais Gare Montparnasse, j’ai un nouveau truc ». Et le soir, peut-être qu’elle lui a demandé comment ça s’est passé et qu’il lui a répondu « oh bah aujourd’hui difficile j’ai fait 60 / 80 eur

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L’embrouille en héritage : "Comme des rois"

Le Film de la Semaine | Un bonimenteur de porte-à-porte à la rue donne malgré lui le virus de la comédie à son fils… Xabi Molia signe une splendide comédie sociale aux accents tragiques, portée par Kacey Mottet Klein et Kad Merad, touchants dans l’expression maladroite d’une affection mutuelle.

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

L’embrouille en héritage :

Volubile embobineur, Joseph a connu des jours meilleurs dans l’escroquerie. Pour se sortir de cette période un peu délicate, il pense pouvoir compter sur sa famille, en particulier sur Micka, son fils qu’il a patiemment formé. Mais ce dernier rêve d’exercer ses talents ailleurs : sur scène. Aspirer à être comme un roi, c’est un peu construire des châteaux en Espagne : viser un objectif prestigieux, tout en sachant inconsciemment en son for intérieur qu’il est d’une essence incertaine. On ne pourrait mieux résumer le personnage de Joseph, artisan-escroc à l’ancienne dont les talents de hâbleur ne lui permettent plus que de ramasser des miettes dans un monde contemporain le dépassant chaque jour davantage. Bateleur sans public, il demeure seigneur révéré d’une famille soudée dans le délit, mais assiste impuissant à la rébellion paradoxale de son fils dont il réprouve les choix et déplore l’absence de conscience criminelle. Un fils qui, de surcroît, le surpasse dans sa branche. Art, niaque et arnaques Xabi Molia avait entre ses

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Le fort minable James Franco : "The Disaster Artist"

Biopic | de et avec James Franco (E-U, 1h44) avec également Dave Franco, Seth Rogen…

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Le fort minable James Franco :

Raconté du point de vue de Greg Sestero, un apprenti acteur fasciné par l’excentrique Tommy Wiseau, son condisciple en cours de théâtre, The Disaster Artist raconte comment celui-ci écrivit, produisit et dirigea The Room (2003), un drame si mauvais qu’il fut sacré nanar culte. Hollywood suit à sa façon le dicton “léché, lâché, lynché” : à l’envers. En clair, une personnalité qui se ridiculise ou déchaîne la vindicte populaire devient, après une nécessaire phase de purgatoire, le substrat idéal pour un film — l’alchimie des studios transformant le vil plomb du réel en or au box-office. Souvent réservés aux politiques (Nixon, Bush), récemment à Tonya Harding, ces biopics volontiers endogènes puisent ainsi dans la masse insondable des casseroles californiennes. On se souvient que Ed Wood (1994) avait permis à Burton non seulement de payer un tribut sincère au roi de la série

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"Marie-Francine" : le retour en grâce de Valérie Lemercier

Le Film de la Semaine | Valérie Lemercier célèbre la rencontre de deux quinquas bouillis par la vie dans une comédie sentimentale touchante ranimant les braises d’une délicatesse désuète. Un beau couple de personnages qu’épouse un duo d’acteurs idéal : la cinéaste et l’extraordinaire Patrick Timsit.

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Tuiles en cascades pour la quinquagénaire Marie-Francine : son mari la quitte pour une jeunesse, elle perd son boulot de chercheuse puis doit retourner vivre chez ses parents (et supporter leurs manies hors d’âge). Une éclaircie tempère ce chaos : sa rencontre avec Miguel, un cuisinier attentionné traversant peu ou prou les mêmes galères qu’elle. Et si le bonheur était à venir ? On avait laissé, pour ne pas dire abandonné, Valérie Lemercier seule face à la Bérézina que constituait 100% Cachemire (2013), film trahissant un essoufflement ultime dans sa mécanique de comédie. Comme une fin de cycle en triste capilotade. Changement de ton et de registre ici, avec ce qui pourrait bien être la plus belle réussite de la cinéaste : sous l’impulsion de sa coscénariste Sabine Haudepin, Valérie Lemercier sort en effet de sa zone de confiance, au-delà de l’aimable charge contre les bourgeois — plus prévisible que corrosive chez elle. Certes, elle s’octroie le (petit) rôle de la jumelle snobinarde de Marie-Francine, clone des emplois qu’elle a mille fois tenus, mais ce d

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Ken Loach : « Rien ne changera tant qu’on n’aura pas changé le modèle économique »

Entretien | Force tranquille toujours aussi déterminée, Ken Loach s’attaque à la tyrannie inhumaine des Job Centers, vitupère les Conservateurs qui l’ont organisée… et cite Lénine pour l’analyser. Ouf, les honneurs ne l’ont pas changé !

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Ken Loach : « Rien ne changera tant qu’on n’aura pas changé le modèle économique »

Comment ce nouveau film est-il né ? Ken Loach : Quand Paul Laverty, le scénariste, et moi, avons commencé à échanger les histoires que nous entendions autour de nous, lui en Écosse et moi en Angleterre — entre deux réflexions sur les scores de foot. Des histoires de personnes piégées dans cette bureaucratie d’État, et qui deviennent de plus en plus extrêmes. Je pourrais vous donner des tonnes d’exemples, comme cet homme qui avait téléphoné au Job Center — le Pôle Emploi britannique — pour prévenir qu’il ne pourrait pas honorer un rendez-vous car il assistait aux funérailles de son père. Il est allé à l’enterrement… et on lui a arrêté ses allocations ! Durant nos recherches, on a traversé le pays, et on en a entendu plein d’autres identiques. Alors on s’est dit qu’on devrait en raconter une, pour essayer de faire comprendre aux gens ce qu’ils endurent. Paul a écrit les deux personnages principaux de Dan et Katie et voilà, c’était parti. Pourquoi l’avoir situé à Newcastle ? C’était une ville que l’on n’avait pas encore filmée, elle est la plus au nord de toutes les grandes villes britanniques

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"Moi, Daniel Blake" : une couronne pour le Royaume des démunis

Moi, Daniel Blake de Ken Loach | Lorsqu'un État fait des économies en étouffant les plus démunis, ceux-ci s’unissent pour survivre en palliant sa criminelle négligence. Telle pourrait être la morale de cette nouvelle fable dramatique emplie de réalisme et d’espérance, qui vaut à Ken Loach sa seconde — méritée — Palme d’Or.

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Avec sa bouille de Michel Bouquet novocastrien, Daniel Blake a tout du brave type. En arrêt maladie après un accident cardiaque, il doit sacrifier aux interrogatoires infantilisants et formatés de l’Administration, menés par des prestataires incompétents — l’État ayant libéralisé les services sociaux —, pour pouvoir reprendre son boulot ou bénéficier d'une allocation. Assistant à la détresse de Katie, mère de famille paumée rabrouée par une bureaucrate perversement tatillonne, Daniel s’attache à elle et l’épaule dans sa galère, cependant que son cas ne s’améliore pas. Tout épouvantable qu’il soit dans ce qu’il dévoile de la situation sociale calamiteuse des plus démunis au Royaume-Uni (merci à l’administration Cameron pour ses récentes mesures en leur défaveur), Moi, Daniel Blake se distingue par sa formidable énergie revendicative positive, en montrant que les “assistés” n’ont rien de ces profiteurs cynique mis à l’index et enfoncés par les Tories. Ils font preuve d’une admirable dignité face à l’incurie volontaire de l’État, refusant le piège de la haine envers le plus faibles qu’eux — le facile pis-aller de la discrimination à l’in

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Clubbing : nos trois soirées de la semaine

MUSIQUES | 12.02.16 Dave Clarke Cet enfant de Brighton, ville anglaise célèbre pour sa plage, sa baston entre mods et rockers et son exigente scène musicale, a (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 10 février 2016

Clubbing : nos trois soirées de la semaine

12.02.16 Dave Clarke Cet enfant de Brighton, ville anglaise célèbre pour sa plage, sa baston entre mods et rockers et son exigente scène musicale, a grandi dans le hip hop et derrière les platines, ça s’entend : si Dave Clarke a la même vista technique qu’un Cut Killer, c’est pour mixer une techno ardue, lourde, sans concession aucune, limite hardcore dans son feeling. Féru d’électro (on parle du terme originel, pas de sa généralisation aux musiques électroniques), l’auteur de l’anthem Red 1 sera au Sucre ce vendredi pour donner la leçon à la meute des jeunes loups. Viril. 13.02.16 Marc Romboy Longtemps resté un second couteau de la scène rave dans laquelle il évolue depuis le début des 90’s, Marc Romboy a enfin pris la lumière avec l’arrivée de la scène electro house voire minimale au sein de laquelle il s’est illustré par quelques belles pistes, seul ou en duo avec Stephan Bodzin, ouvrant un label fort couru (Systematic Recordings) sur lequel il signa Booka Shade

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Les Foo Fighters, prêts à emplâtrer Tony Garnier

MUSIQUES | Alors qu'il était le type à cheveux long assis au fond de la classe nirvanesque sans trop broncher – se souvenir de sa mise un peu gauche lors du fameux (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 novembre 2015

Les Foo Fighters, prêts à emplâtrer Tony Garnier

Alors qu'il était le type à cheveux long assis au fond de la classe nirvanesque sans trop broncher – se souvenir de sa mise un peu gauche lors du fameux unplugged – le type sur lequel on n'aurait pas forcément parié notre chemise à carreaux, Dave Grohl, est le seul véritable survivant du mythe Nirvana. D'une parce qu'il est encore vivant, lui, de deux, parce qu'il aura su rebondir plus que bien après la tragédie qui a mis fin au groupe phare du grunge. Cela il le doit autant à lui-même qu'à ses Foo Fighters, dont on n'aurait pas forcément parié non plus qu'ils seraient encore là 20 ans et huit albums plus tard, à transformer des Halle Tony Garnier, comme ce 17 novembre, en maisons de Foo. Oh, ce n'est pas que les Foo aient apporté quoi que ce soit de décisif à l'histoire du rock – surtout après Nirvana – en dehors de quelques bons albums, mais Grohl & co continuent de perpétuer une certaine idée du noise rock catchy qui semble ne jamais vouloir vieillir et tenir la vaillance pour valeur cardinale – on ne vous reparle pas de l'affaire du concert suédois terminé dans le plâtre après un passage aux urgences du chanteur. Dif

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Les Foo Fighters à Tony Garnier

MUSIQUES | La date avait été annoncée précipitamment au moment de la présentation des festivités du centenaire de la Halle Tony Garnier, c'est désormais officiel : l'icône rock (...)

Benjamin Mialot | Samedi 25 avril 2015

Les Foo Fighters à Tony Garnier

La date avait été annoncée précipitamment au moment de la présentation des festivités du centenaire de la Halle Tony Garnier, c'est désormais officiel : l'icône rock Dave Grohl et ses Foo Fighters, dont le huitième album est paru à fin 2014, s'y produiront le 17 novembre (et la veille à Paris, seule autre date française de la tournée). Ouverture de la billetterie mardi 28 avril à 10h.

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La danse à contre-pied

SCENES | Avant que la danseuse étoile Sylvie Guillem ne vienne faire ses adieux scéniques aux Nuits de Fourvière (du 29 juin eu 2 juillet), l'année 2015 sera riche en (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 janvier 2015

La danse à contre-pied

Avant que la danseuse étoile Sylvie Guillem ne vienne faire ses adieux scéniques aux Nuits de Fourvière (du 29 juin eu 2 juillet), l'année 2015 sera riche en événements chorégraphiques. C'est d'abord Anne Teresa de Keersmaeker qui viendra transmettre, pour la première fois, l'une de ses pièces à une autre compagnie que la sienne, celle du Ballet de l'Opéra de Lyon en l'occurrence (du 7 au 11 avril à l'Opéra). Il s'emparera de Drumming Live, créée en 1998 sur une partition de Steve Reich et qui entrecroise le vocabulaire abstrait et rigoureux de l'artiste belge et une énergie physique explosive. Dans le cadre de la deuxième édition du festival Sens dessus dessous (du 24 au 29 mars à la Maison de la danse), le chantre de la "non danse" Christian Rizzo présentera quant à lui D'après une histoire vraie... Soit un retour à la "danse dansée" propulsant huit danseurs sur les rythmes effrénés de deux batteurs, passant de folklores méditerranéens à de véritables transes rock et tribales. Après ses grandes frasques collectives, le chorégraphe québécois Dave St-Pierre change lui au

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Rires enregistrés

SCENES | Moins féconde que la précédente, la saison café-théâtre 2014/2015 n'en demeure pas moins réjouissante, entre reprises de spectacles qui gagnent à être connus et défilé de têtes qui le sont déjà. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

Rires enregistrés

En cette rentrée, les cafés-théâtres lyonnais ont des airs de champs en jachère : à leur programme figurent  nombre de reprises d'une saison 2013/2014 exceptionnellement riche en créations. Côté one-man-show, on retrouvera ainsi avec plaisir Jefferey Jordan (aux Tontons Flingueurs, jusqu'au 2 octobre), Karim Duval (même endroit, en octobre), François Martinez (idem), Yann Guillarme (au Boui Boui, en janvier et février), Alex Ramirès (au Boui Boui également, jusqu'au 30 décembre), Gérémy Crédeville (au Complexe du Rire, en novembre et décembre) ou encore

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Soirées Lyon - Insomniaque, Semaine du 2 au 8 juillet

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : DJ Kentaro à la Marquise, A Made Up Sound au Club Transbo et Ed Davenport au DV1. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 2 juillet 2014

Soirées Lyon - Insomniaque, Semaine du 2 au 8 juillet

04.07 20th Birthday - Part 8 «On n'a pas tous les jours vingt ans» chantait Berthe Sylva. Cette valse d'une insouciance caractéristique de l'entre-deux-guerres, les tauliers de La Marquise ne l'ont vraisemblablement jamais entendue, eux qui s'apprêtent à fêter pour la huitième fois ce cap. Une surenchère dont on ne leur tiendra pas rigueur : les productions hybrides (drum'n'bass, hip hop, ragga...) de leur invité, l'as japonais des platines DJ Kentaro – il a obtenu le meilleur score de l'histoire des championnats DMC en 2002 –, ne font elles-mêmes pas dans la demi-mesure. Parfois pour le pire, souvent pour le meilleur. 04.07 Haste #15 Ce qui ne tue pas rend-il r

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Stars 80

ECRANS | Projet improbable emmené par l’équipe d’«Astérix aux jeux olympiques» autour de la réunion de vieilles gloires du «Top 50», «Stars 80» fascine par son envie farouche d’être aussi médiocre que son pitch. Y avait-il une autre issue ? Peut-être… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 22 octobre 2012

Stars 80

Si tant est qu’on aime le cinéma et la musique, il n’y a aucun espoir au moment où l’on franchit les portes de Stars 80 : ce sera affreux, il ne peut pas en être autrement. Imaginer Thomas Langmann aux commandes d’une fiction retraçant l’histoire vraie de deux producteurs qui décident de monter un show avec les vedettes du Top 50 dans les années 80 (quelques noms, juste pour mesurer l’enfer : Début de soirée, Jeanne Mas, Sabrina, Émile et images…), c’est déjà une sorte de cauchemar. Et pourtant, à la vision du film, quelque chose d’étrange se produit : Stars 80 n’est pas bon, nos yeux piquent et nos oreilles saignent à de nombreuses reprises durant ses 110 minutes, mais on se dit qu’on passe toujours à deux doigts d’une improbable réussite. Il suffit pour cela de se rappeler qu’il y a deux mois sortait Magic Mike ; sur le papier, l’idée est proche : raconter le passé de strip-teaseur de Channing Tatum, et dresser la chronique d’un groupe humain soudé par un métier alimentaire qu’ils exercent pourtant avec professionnalisme et dignité. Scéna

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Tournez manège !

SCENES | Malgré de beaux moments dans le "Sacre du Printemps" de Thierry Thieû Niang, la dernière semaine de la Biennale de la danse nous laisse à nouveau sur notre faim d’inédit et de créativité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 30 septembre 2012

Tournez manège !

Au TNP la semaine dernière, il y eut une sorte de précipité (comme on dit en chimie) de l’histoire de la danse et du théâtre modernes : Patrice Chéreau, pieds nus, lisant le journal de Nijinski où celui-ci pourfend le théâtre et défend le «sentiment», peste contre Serge de Diaghilev et Igor Stravinski, ces personnages selon lui ennuyeux, prône la vie, le mouvement, l’écriture et la masturbation contre l’esprit de sérieux, la scène guindée… On aurait cru entendre Artaud dans son Théâtre de la cruauté, et on assistait alors à de singuliers courts-circuits entre les histoires du TNP, de la danse, de Chéreau, du Sacre du Printemps (dont on fêtera l’an prochain les 100 ans), de ce qui fît scandale en 1913 mais ne le fait plus, de ce qui fît modernité mais ne le peut plus… Épuisement. C’est dans la neige que se termine le récit de Nijinski et que démarre alors la musique du Sacre de Stravinski et s’ébranle le "tournez manège" de vingt-quatre danseurs amateurs âgés. Une belle spirale sans fin plutôt émouvante, un mouvement en hélices multiples non sans charme, des corps fatigués mais fiers, précis et poignants…

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Le baptême de Dominique Hervieu

SCENES | 34 compagnies internationales, 38 spectacles, 147 représentations… Pendant 18 jours, la 15e Biennale de la danse déploiera sa programmation riche, variée, efficace. Et pour sa première édition, la chorégraphe Dominique Hervieu conserve la ligne artistique de son prédécesseur Guy Darmet. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 7 septembre 2012

Le baptême de Dominique Hervieu

Tous les deux ans pour la Biennale de la danse, nous pourrions écrire à peu près le même article. En résumé : un événement de grande qualité, s’adressant à des publics divers à travers des propositions artistiques tout aussi variées. Cette année : du hip-hop de Mourad Merzouki aux claquettes irlandaises de Colin Dunne, des spectacles traditionnels de Bali à la danse-image chiadée et drôle de Philippe Decouflé, du néo-clacissisme de Jiří Kylián aux danses basques, et même jusqu’au théâtre ado de David Bobée ou aux tours de magie de la Cie 14:20. Avec le passage de témoin de Guy Darmet (parti à la retraite) à Dominique Hervieu, on s’attendait à de petites variantes… À tort : on ne change ni une équipe qui gagne, ni une programmation qui attire moult spectateurs et met tout le monde d’accord… Ne soyons pas bégueule ni tatillon et profitons, donc, de ce grand shoot chorégraphique bariolé. L’Éternel retour a du bon notait Nietzsche, l’un des rares philosophes à se préoccuper de chorégraphie et à ne pouvoir croire qu’en un dieu qui sache danser. Ô mon dieu !

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La Vie d'une autre

ECRANS | De Sylvie Testud (Fr-Lux-Bel, 1h37) avec Juliette Binoche, Matthieu Kassovitz...

Jerôme Dittmar | Vendredi 10 février 2012

La Vie d'une autre

Pour son premier film, Sylvie Testud adapte La Vie d'une autre de Frédérique Deghelt, roman sous influence américaine à en juger par son pitch : alors qu'elle termine ses études et tombe amoureuse, une jeune femme se réveille quinze ans plus tard, mariée, mère, aux commandes d'une multinationale et dans un appartement parisien à dix millions d'euros. Soit le script de Big ou de 30 ans sinon rien, en plus bourgeois et maquillé à la française. Quels enjeux une fois rigolé avec le gap spatio-temporel et cet autre moi (facile quand le personnage est blindé) ? Le comique s'évaporant, sans génie et plombé par Juliette Binoche à moitié folle, le film dévoile son intrigue : le couple en crise, situation difficile quand la veille on rencontrait l'autre. Il y avait de quoi s'amuser ou tirer une leçon de philosophie avec si peu. Testud tente le coup, mais se limite à un laïus flou sur le temps qui passe pour dire qu'il faut profiter de la vie. Bah oui, l'eau ça mouille.Jérôme Dittmar

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Lourdes

ECRANS | De Jessica Hausner (Autriche-Fr, 1h35) avec Sylvie Testud, Léa Seydoux, Bruno Todeschini…

Christophe Chabert | Jeudi 7 juillet 2011

Lourdes

En matière de film sur Lourdes, Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky paraissait indépassable, pour peu qu’on goûte les farces énormes et anticléricales. On pouvait craindre que Jessica Hausner, disciple d’Haneke et réalisatrice du glacial Hôtel, en prenne le contre-pied absolu. En fait, pas tant que ça, et c’est la bonne surprise de Lourdes. Les cadres implacables d’Hausner ne sacralisent rien, mais renvoient les rituels à leur dimension ridicule, inquiétante ou absurde. Elle retrouve même l’ambiance de complot paranoïaque de son film précédent, le miracle qui touche la paralytique Sylvie Testud étant interprétable de multiples façons : coup de foudre amoureux ou simulacre orchestré par la vieille femme qui partage sa chambre ? Toujours sur le fil (la post-synchronisation tue tout naturel dans le jeu des acteurs), parfois un peu ostentatoire dans sa mise en scène, Lourdes trouve toutefois un ton singulier, un comique de l’étrangeté permanente pas désagréable. Christophe Chabert 

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Mumu

ECRANS | De Joël Séria (Fr, 1h30) avec Sylvie Testud, Jean-François Balmer…

Christophe Chabert | Mercredi 17 mars 2010

Mumu

Un culte entoure les grands films tournés par Joël Séria dans les années 70 et 80, notamment ses comédies avec Jean-Pierre Marielle. Sa disparition du grand écran pendant deux décennies créait une réelle curiosité envers ce Mumu. C’est en effet un film de retour, modeste et encore marqué visuellement par les scories de la mise en scène télévisuelle, où la patte du cinéaste s’impose discrètement. L’histoire de ce môme qui, dans les années 60, passe d’un collège à l’autre, élève difficile mal aimé par ses parents, sent l’autobiographie. Le film, lui, ne sent ni la naphtaline, ni la nostalgie : la vision de Séria est lucide, dure et cruelle, l’empathie pour ses personnages n’est jamais un sauf-conduit pour excuser leurs actes. C’est aussi, et avant tout, un beau film d’acteurs : Testud n’a pas été aussi bien depuis longtemps, mais chaque second rôle (Galabru, grandiose, mais aussi Bruno Lochet, Helena Noguerra et même Antoine De Caunes, dans une des meilleures séquences du film) donne à Mumu une certaine santé. On a envie de dire à Joël Séria : à suivre… CC

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Gamines

ECRANS | D’Éléonore Faucher (Fr, 1h47) avec Amira Casar, Sylvie Testud…

Christophe Chabert | Mercredi 9 décembre 2009

Gamines

Après "Gamines" le livre, "Gamines" la pièce de théâtre, voici la déclinaison cinématographique de la vie rêvée de Sylvie Testud, avec Éléonore Faucher derrière la caméra. On n’a pas tellement envie de blâmer la réalisatrice du beau "Brodeuses" pour la médiocrité du résultat, tant on a le sentiment qu’elle honore ici une commande de l’actrice, dont le narcissisme est carrément gênant. Au présent : Sylvie Testud attend de rencontrer son père dans une chambre d’hôtel puis à l’avant-première d’un film ("Les Blessures assassines", grossièrement déguisé et dont, ça n’est pas très élégant, elle partage désormais seule l’affiche — Julie-Marie Parmentier appréciera…) ; au passé (avec flou avant flashback, un procédé tellement éculé qu’on croit rêver en le voyant sur l’écran !), sa mère et ses deux sœurs vont à l’école, en colo, en Italie, dans un océan de clichés et une esthétique Ripolin à faire passer "Le Petit Nicolas" pour un documentaire réaliste. Les gamines parlent comme des livres (l’enfant singe savant a, après "Le Hérisson", encore frappé !), et on reste interloqué par la prestation pour le moins binaire de Jean-Pierre Martins. Dire qu’il joue dans "La Horde" de notre maître Y

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Apparition folk

MUSIQUES | Musique / Jolie et inattendue découverte à l’Epicerie Moderne en la personne de l’américain Vandaveer. Un folkeux de plus, certes, mais avec des mains d'orfèvre pop et une voix country à fendre l’âme. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 avril 2009

Apparition folk

Physiquement et musicalement, Vandaveer est à la croisée de deux barbus trop méconnus : le Canadien Hayden et l’Américain Ray Lamontagne. Comme ses deux confrères, et même s’il n’arbore pas toujours de pilosité faciale, le dénommé Mark Charles Heidinger a ce genre de personnalité à la fois sombre et solaire qui irradie jusque dans ses morceaux, et bien souvent le long de l’échine de ses auditeurs. Cette ambiguïté qui fait qu’on ne sait jamais trop si ses morceaux sont tristes ou enjoués, folk ou pop. Si l’on doit, à leur écoute, pleurer de tristesse ou de joie, s’enfoncer dans le canapé ou se mettre à danser. Les deux, en fait. Que ce soit sur son premier exercice, Grace & Speed, porté par le jouissif Roman Candle, ou le tout chaud Divide & Conquer, et comme le prouvent les titres de ses deux beaux albums, Vandaveer aime l’entre deux, le fil sur lequel on vacille sans jamais tomber d’un côté ni de l’autre. Sur Divide & Conquer, un titre incarne parfaitement ce sens de l’équilibre : Before the Great War qui semble, sur quelques notes, visiter sur la pointe des pieds le classique Redemption Song, avant de s’en échapper par la fenêtre avec la grâce du cambrioleur qui fait le ménage av

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L’Emmerdeur

ECRANS | De Francis Veber (Fr, 1h25) avec Richard Berry, Patrick Timsit…

Christophe Chabert | Mercredi 3 décembre 2008

L’Emmerdeur

La Doublure marquait déjà des signes d’essoufflement, mais avec L’Emmerdeur, Francis Veber part vraiment en vrille. À peine (et très mal !) adapté pour l’écran d’une pièce qui a pourtant beaucoup tourné l’an dernier, on n’y retrouve à aucun moment le sens du timing comique qui a fait la réputation de l’auteur-cinéaste. Signe cruel de ce manque d’inspiration, la prestation neurasthénique de Timsit semble attendre à chaque réplique la réaction complice de la salle. Sans parler du climax burlesque du film, où il s’agit de se gausser de deux hommes qui s’ébattent sur un lit ! Rien à sauver donc dans ce film aussi laid que balourd, et étrangement crépusculaire. CC

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En tenue Dave

SCENES | Amies lectrices réjouissez-vous. Un peu de tendresse bordel de merde vous offre l’opportunité de reluquer allégrement, voire de toucher lors de leurs (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 novembre 2008

En tenue Dave

Amies lectrices réjouissez-vous. Un peu de tendresse bordel de merde vous offre l’opportunité de reluquer allégrement, voire de toucher lors de leurs passages au milieu du public, une dizaine de danseurs nus, hystériques et coiffés de longues perruques blondes… Bienvenue dans l’univers du chorégraphe canadien Dave St-Pierre ! Deuxième volet d’une trilogie (Sociologie et autres utopies contemporaines), Un peu de tendresse… est tout à la fois une pièce délurée, obscène, burlesque, jouissive, décevante, énervante, émouvante. Un mélange brut de décoffrage qui fait feu de tout bois, de moments ratés comme de moments fulgurants… En plus de nos fols danseurs blonds, vous pourrez découvrir plusieurs jeunes filles en manque cruel d’affection et une présentatrice de soirée bilingue, pleine de morgue et d’ironie. Bateau ivre, la pièce alterne séquences d’hystérie collective, séquences de danse sombres et muettes, saynètes théâtrales voire «coïtales»... Côté danse, St-Pierre jette ses danseurs sur le plateau comme autant d’ondes de chocs, de forces vives et viscérales qui claquent l’une contre l’autre, se fracassent au sol, ou explosent en soudaines étince

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