Cheba Louisa

ECRANS | De Françoise Charpiat (Fr, 1h35) avec Rachida Brakni, Isabelle Carré, Biyouna…

Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

Avec ses coups de théâtre à toutes les séquences, son image de téléfilm France 3, sa direction artistique atroce et ses mots d'auteur qui pèsent une tonne (un pour la route : «la cas soc', elle te dit cassos»), Cheba Louisa a tout de l'accident pur et simple. Visiblement écrit avec un exemplaire de Robert MacKee dans une main et "La Banlieue pour les nuls" dans l'autre — dur de tenir le crayon, du coup — il se permet de sacrifier une actrice comme Isabelle Carré, enlaidie au-delà du raisonnable afin de la faire passer pour une caissière de supermarché.

Rien à sauver là-dedans, mais de quoi se distraire au moins cinq minutes en regardant Steve Tran. Steve qui ? Depuis qu'il a tenu un des trois rôles principaux de Beur sur la ville, Steve Tran est devenu le bon pote asiatique de service dans les banlieues-films, histoire de respecter une forme de représentativité raciale. On a pu le voir ailleurs — dans Les Saveurs du Palais, en assistant cuistot — et il est plutôt bon acteur. Mais il doit surtout avoir un super agent !

Christophe Chabert


Cheba Louisa

De Françoise Charpiat (Fr, 1h35) avec Rachida Brakni, Isabelle Carré...

De Françoise Charpiat (Fr, 1h35) avec Rachida Brakni, Isabelle Carré...

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A 30 ans, Djemila, juriste célibataire a enfin son propre appartement... à deux pas de chez ses parents. Française d'origine maghrébine, elle fait tout pour gommer ses origines. Emma, sa voisine déjantée et fauchée, rame pour élever seule ses deux enfants.


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Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un vrai bonhomme | Pour son premier long-métrage, Benjamin Parent s’aventure dans un registre peu coutumier en France : le “coming at age movie“ — une sorte de film d’apprentissage adolescent. Une jolie réussite dont il dévoile quelques secrets. Attention, un mini spoiler s’y dissimule…

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un thème commun se dégage de votre film Un vrai bonhomme et de Mon inconnue que vous avez co-écrit avec Hugo Gélin : l’uchronie, ou l’idée de permettre à des personnages d’accomplir des destinées alternatives. Est-ce délibéré ? Benjamin Parent : Pas du tout. Dans Mon Inconnue, l’idée d’uchronie vient d’Hugo ; j’ai essayé de développer la dramaturgie sur l’uchronie “la plus intéressante“. Je trouve que l’uchronie permet de raconter l’histoire d’une manière extrêmement drastique, avec ce truc d’inversion absolue des choses : “et si“ on pouvait rencontrer ses parents et qu’on se rendait compte que son père était un blaireau et que sa mère voulait nous choper, qu’est-ce qu’on ferait ? L’uchronie, finalement, c’est un pitch radical, qui permet plein de possibilités et un déploiement de l’imaginaire. Un vrai bonhomme, où le personnage de Léo est une extension de celui de Tom, permet également le déploiement de

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Je mets mes pas dans les pas de mon frère : "Un vrai bonhomme"

Comédie Dramatique | Un adolescent solitaire s’appuie sur le fantôme de son aîné pour s’affirmer aux yeux de ses camarades, de la fille qu’il convoite et de son père qui l’ignorait, perdu dans le deuil de son fils préféré. Une brillante première réalisation signée par le coscénariste de Mon Inconnue.

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Je mets mes pas dans les pas de mon frère :

Ado introverti ayant toujours subi l’aura solaire de de son frère Léo, Tom fait sa rentrée dans un nouveau lycée. Heureusement, Léo est là pour lui prodiguer encouragements et conseils. Sauf que depuis un accident de la route fatal à Léo, celui-ci n’existe plus que dans la tête de Tom… On ne divulgâche rien en dévoilant d’entrée le fait que Léo est ici un personnage imaginaire, puisque Benjamin Parent s’arrange pour lever toute ambiguïté à ce sujet dès la minute 18. Tout l’enjeu de son film n’est pas de fabriquer un mystère à la Shyamalan pour le public, mais d’inclure ce dernier dans la névrose de son héros ; de lui faire partager les affects d’un adolescent mal remis d'un traumatisme et croyant trouver par cet expédient le chemin de la résilience. Mon frère, ce halo Comédie, drame ? Disons dramédie bien tempérée, ce qui constitue un tour de force : rares sont en effet les films hexagonaux capables d’aborder la question adolescente sans s’abandonner à des récits d’amourettes (La Boum), à des pitret

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Au revoir mon amour : "L'Angle Mort"

Fantastique | Dominick possède depuis l’enfance l’étrange pouvoir de se rendre invisible. Une faculté dont il fait un usage modéré — chaque “passage“ lui coûtant cher en énergie vitale — car elle suscite aussi, surtout, moult quiproquos gênants avec ses proches. Est-ce un don ou une malédiction ?

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Au revoir mon amour :

Les histoires de couples perturbés par des interférences créées par des mondes parallèles — ésotériques ou psychiques — forment “l’ordinaire fantasmatique“ du cinéma de Bernard & Trividic, collectionneurs de discordances en tous genres. Dancing (2003) et L’Autre (2009) traquaient déjà en effet des irruptions singulières dans ce que l’on nomme la normalité, en adoptant des constructions cinématographiques volontiers elliptiques, mentales ou peu linéaires. Est-ce ici l’influence d’Emmanuel Carrère, qui leur a soufflé l’argument de L’Angle Mort ? Sans déroger à leur propension au fantastique, ce film manifeste un changement de forme radical, adoptant une narration plus posée et une structure de conte contemporain à morale philosophique — comme si Rohmer s’était aventuré dans le registre du super-héros décalé, ou Alphonse Daudet au cinéma. Drame à double niveau sur la question de la disparition du corps social — ce qu’il advient de l’individu lorsque sa présence physique s’évanouit au sens propre, mais aussi lorsque son ex

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C’est encore au programme !

Festival Lumière | Le clap de fin ne claquera que dimanche soir. D’ici là, focus sur quelques-un des rendez-vous de cette seconde partie de festival…

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

C’est encore au programme !

Claire Denis convie Aurélien Barrau Faisant partie des invitées d’honneur de cette 10e édition, Claire Denis vient présenter Trouble Every Day (2001) ce mercredi 17 à 21h45 avec Béatrice Dalle et Alex Descas. Mais elle fait précéder à 19h cette séance à l’Institut Lumière de l’avant-première de son nouveau film, High Life, déjà montré à Toronto. Une œuvre de science-fiction portée par la musique de Stuart Staples des Tindersticks, qu’elle introduira en compagnie de sa comédienne Claire Tran et de l’un des astrophysiciens qui l’ont conseillée durant la préparation, Aurélien Barrau. Ce dernier n’est d’ailleurs pas un inconnu du grand public : son intervention en faveur d’un sursaut écologique lors du Climax Festival 2018 a été massivement vue en ligne et partagée sur les réseaux sociaux. La cinéaste donnera le lendemain une masterclass à 11h30 à la Com

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Graines d’Éluard : "Liberté 13 films-poèmes de Paul Éluard"

Animation | de 13 réalisateurs (Fr, 0h42) animation avec les voix de Isabelle Carré, Denis Podalydès, Christian Pfohl

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Graines d’Éluard :

Ils sont 13 jeunes cinéastes achevant leur formation dans les plus prestigieuses écoles d’animation, et toutes et tous ont planché sur quelques vers de Paul Éluard (1895-1952), livrant leur vision originale de son univers poétique. En tout liberté, bien entendu. S’inscrivant dans la suite des programmes de courts-métrages dédiés à Prévert et Apollinaire, ce nouveau florilège de la série En sortant de l’école met en lumière l’œuvre d’un “apparenté surréaliste” dont la notoriété est souvent, hélas, réduite au seul — et incontournable — Liberté… Sa délicatesse, en amour comme en fantaisie, s’avère un combustible merveilleux pour de jeunes illustrateurs dont l’inspiration carbure à l’éclectisme. Et si le tableau final tient du coq-à-l’âne stylistique, des grandes lignes thématiques s’y répondent comme ce sentiment indicible qu’est l’attachement (moins grandiloquent que la passion et plus profond) ou la fascination pour la mer. On notera également quelques stupéfiantes réussites graphiques, tels Poisson de A

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"Comment j'ai rencontré mon père" de Maxime Motte : “Je” est un autre

ECRANS | de Maxime Motte (Fr, 1h25) avec François-Xavier Demaison, Isabelle Carré, Albert Delpy…

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Enguerrand a six ans et des parents adoptifs qui moulinent un peu avec ce concept. Alors, lorsqu’il découvre un soir sur la plage un sans papier d’origine africaine comme lui, il est persuadé d’avoir rencontré son père biologique. Sauf que non : Kwabéna veut juste passer en Angleterre… La promesse du titre est à moitié tenue : le “je” laisse entendre que le film va être vu à hauteur d’enfant. En réalité, ce sont les parents (et surtout le grand-père délinquant-débauché joué par Albert Delpy) qui occupent le premier plan, l’enfant — doté de la maturité d’un grand pré-ado — se contentant de vignettes. Privé de cette ambition, le film équivaut à un Welcome traité façon comédie, émaillé de séquences de “Papy sème sa zone à l’hospice avec ses potes les vieux” et d’engueulades sitcom entre les parents (elle, juge rigide ; lui, libraire nonchalant). Un (gros) peu d’écriture en plus n’aurait pas nui.

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"À mon âge je me cache encore pour fumer" : no smoking

ECRANS | de Rayhana Obermeyer (Fr-Gr-Alg, 1h30) Hiam Abbass, Biyouna, Fadila Belkebla, Nadia Kaci…

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Dans l’enceinte d’un hammam algérien, pendant les années noires, des femmes se retrouvent hors de la férule et des regards des hommes. Entre complicité et solidarité, rivalités et divergences, elles se mettent à nu, au propre comme au figuré. Au départ succès sur les planches, la pièce de Rayhana s’offre ici une parcelle d’éternité grâce à la productrice engagée Michèle Ray-Gavras, séduite par sa dimension politique. Il est vrai que cette confrontation kaléidoscopique d’opinions et de vécus féminins mérite de prolonger sa vie sur grand écran aujourd’hui, alors que les fièvres islamistes des années 1990 ont contaminé d’autres pays. Certes, le message véhiculé se révèle plus marquant ou remarquable que la forme du film, mise en images plutôt sèche (un comble pour un hammam) devant beaucoup à l’intensité de ses comédiennes. La séquence finale tranche par sa profondeur métaphorique : on y voit des voiles s’envoler au-dessus de la Méditerranée, pareils à des oiseaux. Les Algériennes se sont débarrassées de l’oppressante étoffe, mais d’autres femmes su

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"Une vie ailleurs" : critique et interview d'Isabelle Carré et Olivier Peyon

ECRANS | Epaulée par Mehdi, un assistant social, Sylvie se rend en Uruguay pour ramener en France son fils Felipe, enlevé par son père. Mais rien ne se passera (...)

Julien Homère | Mardi 21 mars 2017

Epaulée par Mehdi, un assistant social, Sylvie se rend en Uruguay pour ramener en France son fils Felipe, enlevé par son père. Mais rien ne se passera comme prévu, et sa relation avec l'enfant prendra une tournure inattendue. Olivier Peyon vient du documentaire et ça se voit. Caméra à l’épaule au plus près des visages, toujours au bon endroit au bon regard, la forme singe presque le reportage. Elle ne mise pas sur la symbolique, ses acteurs véhiculant le sens du film jusqu’à une fin ouverte bienvenue. La puissance du mélodrame émane de la retenue et de la pudeur, laissant le soin au spectateur de reconstruire l’histoire. Incarnant la filiation absente chez Sylvie, Mehdi devient un père de substitution, cordon ombilical fragile et nécessaire pour grandir. En somme, Peyon montre ce qu’il y a de plus douloureux et complexe : l’incertitude des retrouvailles où même une mère peut être l’étrangère. 3 questions à... Isabelle Carré et Olivier Peyon La maternité présente de multiples facettes, difficiles à traiter pour certaines lorsq

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Rachida Brakni : jouer juste

Théâtre des Célestins | Une mise en scène tout en dentelle d'Arnaud Meunier, au service d'une Rachida Brakni d'une grande justesse : c'est aux Célestins jusqu'au 17 février.

Nadja Pobel | Mardi 7 février 2017

Rachida Brakni : jouer juste

À quoi ça ressemble, 1h40 de monologue ? À tout, sauf à la performance injustement présupposée... Rachida Brakni incarne trois femmes : une professeur juive, une soldat US et une kamikaze palestinienne qui veut comettre un attentat à Tel Aviv, « dans un an, dix jours et huit heures », le 29 mars 2002, elle l'annonce d'emblée. Aucun accessoire ne vient seconder la comédienne (ancienne pensionnaire de la Comédie Française) pour l'aider à incarner ces trois destins mêlés au cours du conflit israélo-palestinien, refrain ensanglanté des décennies passées, plus que jamais d'actualité. Dans un décor d'un gris dégradé, inversement semblable à celui de ses vêtements, encadré par trois portes qui n'ouvrent sur rien, elle avance, sur la moquette, à pas de loup presque comptés sans jamais flirter avec l'illustration ou même la démonstration. Ses cris de détresse sont silencieux, terriblement expressifs. Les explosions donnent lieu à une lumière crue et aveuglante. Arnaud Meunier, qui adapte ici (après Anna Politovskaïa et Chapitres de la chute) sa troisième œuvre de l'écrivain italien

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Le Cœur régulier

ECRANS | de Vanja d’Alcantara (Fr./Bel., 1h30) Avec Isabelle Carré, Jun Kunimura, Niels Schneider…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Le Cœur régulier

D’un certain point de vue, Vanja d’Alcantara signe une adaptation conforme au roman d’Olivier Adam : Le Cœur régulier étant l’un de ses ouvrages les plus dépouillés, sinistres — sur ce point, il y a débat, car chaque nouveau livre de l’auteur de Je vais bien ne t’en fais pas rebat les cartes — et pour tout dire rébarbatifs, le film en découlant se révèle d’un intérêt chétif. Épure à la nippone ? Admettons, au risque de tomber dans le cliché. Or, Le Cœur régulier-film ressemble à une Biennale de la photographie tant il en accumule : contemplation, caméra à hauteur de tatami, mutisme éloquent, jeune écolière en uniforme délurée (comprenez : qui va se dénuder), Isabelle Carré grave dans l’attente d’une illumination intérieure, puis Isabelle Carré dégageant une sérénité irénique de chrétienne pour chromo sulpicien… Ce drame assourdissait par les mots sur papier, il indiffère sur écran. VR

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Isabelle Carré, cœur régulier

ECRANS | Pour la troisième fois (après Maman est folle et Des vents contraires), Isabelle Carré se trouve à l’affiche d’une adaptation d’un roman d’Olivier Adam. Dans (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Isabelle Carré, cœur régulier

Pour la troisième fois (après Maman est folle et Des vents contraires), Isabelle Carré se trouve à l’affiche d’une adaptation d’un roman d’Olivier Adam. Dans Le Cœur régulier, la comédienne est dirigée par Vanja D’Alcantara ; et c’est accompagnée par la réalisatrice qu’elle viendra présenter le film en avant-première le jeudi 17 mars à 20h à l’UGC Astoria.

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Paris-Willouby

ECRANS | De Quentin Reynaud & Arthur Delaire (Fr, 1h23) Avec Isabelle Carré, Stéphane De Groodt, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

Paris-Willouby

Collectionner des talents sur une affiche n’a jamais été gage de réussite artistique : si grandes soient leurs qualités, elles ne parviennent jamais à masquer ni compenser les défauts d’un film, et surtout pas ceux d’un scénario cacochyme. Constat à nouveau opéré avec ce poussif décalque de Little Miss Sunshine, qui oublie cependant de s’inspirer du rythme et de la transgression du modèle. Au lieu de singer des comédies “indépendantes” étasuniennes formatées, les jeunes auteurs français devraient lorgner du côté du vétéran Rappeneau et son Belles Familles : ils gagneraient en causticité, finesse et profondeur… VR

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Marie Heurtin

ECRANS | De Jean-Pierre Améris (Fr, 1h38) avec Ariana Rivoire, Isabelle Carré…

Christophe Chabert | Mardi 11 novembre 2014

Marie Heurtin

Il y a deux manières de regarder Marie Heurtin : la première, c’est de se dire que l’on n’est pas dans une salle de cinéma, mais dans la douce torpeur de l’après-midi, sur son canapé, devant sa télé, à regarder les belles images d’une jolie histoire que l’on peut sans problème suivre malgré l’irrépressible envie d’une petite sieste digestive. On verra alors cette édifiante leçon de vie où une gentille nonne phtisique décide, parce qu’elle lui a caressé la main, de venir en aide à une enfant sauvage, sourde, muette et aveugle, pour lui apprendre à communiquer avec le monde, comme une œuvre à l’anachronisme rassurant et à l’académisme reposant. En revanche, si on décide de garder les yeux grands ouverts, le nouveau film de Jean-Pierre Améris — dont on garde en mémoire le précédent fiasco, L’Homme qui rit, massacre en règle du chef-d’œuvre de Hugo — sonne le retour en grande pompe de ce cinéma de qualité française tant détesté par les futurs cinéastes de la Nouvelle Vague. On ne voit là que performances outrées et angélisme dégoulinant, réalis

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Du goudron et des plumes

ECRANS | De Pascal Rabaté (Fr, 1h30) avec Sami Bouajila, Isabelle Carré, Daniel Prévost…

Christophe Chabert | Mardi 8 juillet 2014

Du goudron et des plumes

Il aura fallu trois films pour que l’auteur de BD Pascal Rabaté réussisse sa mue de cinéaste, c’est-à-dire qu’il sorte d’un cinéma de la vignette pour développer une réelle dynamique de mise en scène où l’invention graphique se met au service de son récit et de ses personnages. Ce qui, dans Les Petits ruisseaux et Ni à vendre, ni à louer, semblait figé et nostalgique, devient dans Du goudron et des plumes vivant et très actuel. Christian, commercial divorcé aux combines peu reluisantes, perd son boulot et l’estime de sa fille, mais gagne le cœur d’une jeune femme, elle aussi mère célibataire. Ne reste plus qu’à accomplir l’exploit qui va le faire sortir de son rôle de gentil poissard : ce sera le Triathlon de l’été, sorte de mini-Intervilles local télédiffusé, compétition dans laquelle il va s’investir corps et âme. Rabaté en fait une sorte d’anti-héros français d'aujourd'hui, métissé et râleur, qui se fond dans le décor intemporel d’un Montauban fait de pavillons anonymes, de ronds-points, de boîtes de nuit tristes et de s

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L’Europe au rayon froid

ECRANS | Coincé entre la déferlante des festivals de cinoche de mars et le grand suspens cannois, le panorama du cinéma européen de Meyzieu s’offre une treizième édition (...)

Christophe Chabert | Vendredi 5 avril 2013

L’Europe au rayon froid

Coincé entre la déferlante des festivals de cinoche de mars et le grand suspens cannois, le panorama du cinéma européen de Meyzieu s’offre une treizième édition qui s’annonce prometteuse. Trois films français encadrent la manifestation : le thriller Désordres d’Étienne Faure (avec Sonia Rolland !), la comédie Pop rédemption de Martin Le Gall, sur un groupe de rock satanique composé, entre autres, de Julien Doré et Grégory Gadebois — avec un featuring de l’ami Alexandre Astier - et Cheba Louisa, premier film de Françoise Charpiat avec Isabelle Carré et Rachida Brakni. À cela s’ajoutent le retour (décevant) de Margarethe Von Trotta avec une bio filmée d’Hannah Harendt et un nouveau film pour séniors, genre très en vogue actuellement, Song for Marion de Paul Andrew Williams. Mais c’est de l’Europe du nord que viennent les deux événements du festival. D’abord, le grand retour sur ses terres islandaises de l’inclassable Balthasar Kormakur avec Survivre. Tiré d’une histoire vraie, le film raconte comment un modeste pêcheur islandais a survécu au naufrage de son chalu

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Des vents contraires

ECRANS | de Jalil Lespert (Fr, 1h31) avec Benoît Magimel, Isabelle Carré, Ramzy Bedia…

Jerôme Dittmar | Jeudi 8 décembre 2011

Des vents contraires

Cinéma français et roman hexagonal font rarement bon ménage. Adapté du livre éponyme d'Olivier Adam, déjà coupable de Je vais bien ne t'en fais pas, Des vents contraires emprunte la même voie d'un terrorisme émotionnel en quête de vérité sur la vie. Suivant la reconstruction d'un père et ses deux enfants immigrés à Saint Malo après la disparition inexpliquée de la mère, le film trouve dans ce macguffin un pur prétexte de scénario pour filmer moins l'absence de l'autre au monde, que ce qui autorise à compenser le manque en soi. Cinéma de l'égoïsme et de l'état d'âme brulé au fer rouge par son ignoble petite intrigue rondement menée, Des vents contraires ne parle que de culpabilité et de fautes à excuser ; jamais d'un authentique amour en suspens. Du côté des pères qui en bavent, Lespert filme la vie comme une épreuve et avec le réalisme d'une thérapie de plateau télé. L'auteur est plus fin lorsqu'il observe les enfants, mais il a hélas pris le pire bouquin : gris, déprimant, vain.Jérôme Dittmar

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Beur sur la ville

ECRANS | De Djamel Bensalah (Fr, 1h39) avec Booder, Issa Doumbia, Steve Tran…

Dorotée Aznar | Vendredi 7 octobre 2011

Beur sur la ville

Parodie au culturopoing du bebelopolar de Verneuil, Beur sur la ville rappelle pourquoi le cinéma français fait de la peine. Entre buddy movie et comédie communautaire, Djamel Bensalah veut peaufiner son style et son cinéma, vaguement cinéphile, un brin régressif et finalement pas finaud. S'embrouillant dans une partie polar bâclée qui n'est utile qu'à souligner la référence, son film s'embourbe vite dans une série de lourds running gags racistes à la mentalité datée pas si éloignée des bessonades de Taxi. Bensalah sait pourtant tenir son cadre, fabriquer une esthétique transformant la banlieue en vraie petite mythologie de cinéma. Mais c'est une goutte d'eau dans un nanar débile qui n'est en vérité qu'un spot déguisé pour Fanta. Jérôme Dittmar

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La Ligne droite

ECRANS | De Régis Wargnier (Fr, 1h38) avec Rachida Brakni, Cyril Descours…

Christophe Chabert | Vendredi 4 mars 2011

La Ligne droite

La Ligne droite aurait dû être une histoire de corps, la rencontre entre une ancienne athlète juste sortie de prison et un jeune coureur de 400 mètres devenu aveugle à la suite d’un accident. Deux corps butés, sur la défensive, qui ne se détendent que dans l’effort sportif et qui doivent trouver le bon tempo pour s’harmoniser. Mais le film de Régis Wargnier ne s’en tient hélas pas à cette belle idée et la rejoue hors du stade en version psychologique et amoureuse. Il est alors littéralement enseveli sous des dialogues pesants et une avalanche de rebondissements lassants. Qui plus est, si Wargnier est assez inspiré pour filmer les scènes de course, tout le reste ressemble à un téléfilm plat et soporifique, que même la pourtant énigmatique Rachida Brakni n’arrive pas à secouer. CC

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Les Émotifs anonymes

ECRANS | De Jean-Pierre Améris (Fr, 1h20) avec Isabelle Carré, Benoît Poelvoorde… Sortie le 22 décembre

Christophe Chabert | Jeudi 16 décembre 2010

Les Émotifs anonymes

Au jeu de la comédie française sous influence Lubitsch, Jean-Pierre Améris s’en sort mieux que Pierre Salvadori avec ses "Vrais mensonges". Pas de quoi grimper au rideau, mais "Les Émotifs anonymes" est sauvé par le côté élève appliqué de son cinéaste, compensant une écriture parfois pataude par une mise en scène rigoureuse et une direction artistique correcte (sauf la musique, insupportable). On n’est pourtant pas sûr de bien comprendre pourquoi Améris a placé cette rencontre amoureuse entre deux timides maladifs dans un environnement volontairement rétro et désuet, comme si un Jean-Pierre Jeunet se piquait de réalisme et abandonnait ses focales et ses pots de ripolin numériques. Pour souligner qu’il fait une comédie à l’ancienne ? Par peur de la modernité (il faut dire que quand une webcam débarque dans le cadre, c’est rencontre du troisième type) ? Il y a pourtant quelque chose de furieusement moderne dans le film : le jeu éblouissant de Benoît Poelvoorde. Jamais l’acteur n’avait à ce point osé faire rire de ses failles, de ses névroses et de ses angoisses, tout en conservant son incroyable instinct comique, ce timing parfait et cette gestion magistrale des ruptures. Sa parte

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Le Refuge

ECRANS | De François Ozon (Fr, 1h30) avec Isabelle Carré, Louis-Ronan Choisy…

Christophe Chabert | Jeudi 21 janvier 2010

Le Refuge

Le Refuge plonge tête la première dans ce qui guette le cinéma de François Ozon : son côté Patrice Leconte auteuriste où un film = une idée + un casting. C’était le cas de Swimming pool, son plus mauvais film à ce jour, ça l’est encore plus ici car Ozon y rajoute une donnée intenable : un discours sournoisement planqué derrière son récit. Soit un couple de junkies ; le mec (Melvil Poupaud) meurt et la fille (Isabelle Carré) tombe enceinte. Elle trouve refuge dans une maison au bord de l’océan, où le frère gay de feu-son amant la rejoint. Elle décide de garder l’enfant, et découvre dans ce frère en rupture avec sa famille bourgeoise un père de substitution possible. La fin viendra enfoncer le clou : oui, les homos peuvent être d’excellents pères, meilleurs que certains hétéros. Soit. Mais la démission totale de Ozon en tant que scénariste (le film n’est qu’accumulation de dialogues dignes de Plus belle la vie) et cinéaste (il n’y a rien à regarder dans les plans, plats comme un téléfilm) donne le sentiment que Le Refuge n’est qu’un prétexte pour un futur débat sur la question. Christophe Chabert

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Une affaire d'État

ECRANS | De retour en France, le réalisateur de 'Maléfique' Eric Valette signe un polar politique intègre, noir, violent et efficace, en hommage au cinéma populaire des années 70. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 novembre 2009

Une affaire d'État

Le vent de la nostalgie souffle du côté des années 70, époque où le cinéma d’ici accouchait d’œuvres populaires dignes et couillues. Mais là où Christian Carion et François Favrat ratent le coche en signant des films datés dans le fond mais surtout dans leur forme, Eric Valette, plus malin, met à profit son expérience américaine (restée inédite chez nous) pour insuffler une vigueur très contemporaine à sa mise en scène et ne retient des 70’s qu’un esprit anar et nihiliste. Dès les premières séquences, où l’explosion d’un avion en plein vol raccorde avec une partouze feutrée entre pontes de la politique et de l’industrie, le cinéaste affirme qu’il ne fera pas de compromis avec les normes du prime time. C’est ce qui réjouit dans 'Une affaire d’état' : le film ne recule pas devant la violence de son récit, sans pour autant tomber dans la complaisance cracra (on est loin d’Olivier Marchal), et impose un tableau déliquescent de la démocratie française et de ses institutions. Le premier acte, où une tentative de libération d’otages ratée révèle un trafic d’armes avec l’Afrique conduite par un patron proche du président (André Dussollier, glaçant de cynisme poli), met ainsi à nu une pyram

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Tellement proches !

ECRANS | D’Olivier Nakache et Eric Toledano (Fr, 1h42) avec Vincent Elbaz, Audrey Dana, Isabelle Carré…

Christophe Chabert | Mercredi 10 juin 2009

Tellement proches !

Le cinéma français semble s’être trouvé un nouveau pré carré : non plus le couple, mais la famille, prétexte à des modes de récits choraux et à des observations sociétales à vertu identificatoire. Ça peut donner des choses bien (Le Premier Jour du reste de ta vie), mais aussi des désastres (Le Code a changé). Tellement proches ! part d’ailleurs très mal, dans la lignée du navet de Danielle Thompson : un dîner réunissant des stéréotypes humains assez médiocres, dont on prend spontanément la bêtise en grippe. Pas très bien écrite, plutôt mal filmée, cette longue première partie fait penser, et ce n’est pas un compliment, aux chansons de Benabar… Il faudra donc attendre que la folie prenne vraiment le dessus et qu’à force d’outrance, les personnages fassent vaciller leurs propres caricatures, pour que le film trouve la bonne distance. On s’aperçoit alors que les acteurs sont formidables, à commencer par ceux auxquels on ne croyait pas tellement : François-Xavier Demaison et Omar Sy. Mais c’est surtout Vincent Elbaz, dans son meilleur rôle depuis longtemps, qui s’avère le plus touchant. Pas de quoi se relever la nuit, mais pas honteux non plus. CC

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