L'insolente jeunesse des vieux cinéastes

ECRANS | Alors que la rentrée cinéma est majoritairement dominée par des cinéastes entre 40 et 60 ans, deux octogénaires vont surprendre par la vigueur de leurs derniers opus, aussi inattendus que flamboyants de maîtrise : Woody Allen avec "Blue Jasmine" et Roman Polanski avec "La Vénus à la fourrure". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 22 août 2013

Une expression bien aimée de la critique française parle des «films tardifs» des grands cinéastes pour évoquer leurs derniers opus. Manière élégante de dire qu'ils sont comme les combats de trop d'anciens puncheurs n'ayant plus les jambes pour suivre le rythme imprimé par la génération montante et réclamé par un public avide de nouveautés. Si les exceptions ne sont pas rares — de John Huston à Kinji Fukasaku — on a pris cette habitude de regarder vieillir les metteurs en scène que l'on aime avec un mélange d'affection et d'affliction.

Or, en cette rentrée 2013 riche en événements, ce sont deux cinéastes ayant dépassé les quatre-vingts printemps qui vont frapper très fort, et montrer que le talent, mieux que les cellules, se régénèrent au contact de défis inédits dans leur carrière.

Deux cinéastes nomades

En même temps, quoi de plus différent que Blue Jasmine de Woody Allen et La Vénus à la fourrure de Roman Polanski ? Et quoi de commun entre les deux cinéastes — à part, diront les mauvais esprits, les scandales de mœurs auxquels ils ont été mêlés ? Allen enchaîne tel un métronome un film par an, au risque pas toujours évité de la routine lassante, qui a même fini par toucher sa période "touristique" dans les grandes capitales européennes — Londres, Barcelone, Paris, Rome ; Polanski, lui, a mené une carrière nomade et accidentée, de la Pologne à l'Angleterre, avant d'arriver à Hollywood et d'en repartir dans les circonstances que l'on sait, direction la France.

Autant Allen a inventé son propre style, imité par une infinité de cinéastes américains, même s'ils n'en retiennent souvent que la part la plus évidente et la moins aventureuse formellement, autant Polanski s'assume en héritier hitchcockien, retrouvant l'efficacité du maître en y adjoignant ses propres obsessions — enfermement, perversité, paranoïa. Le nom de Polanski est associé à des films cultes — Le Bal des vampires, Rosemary's baby, Chinatown, Le Locataire, Le Pianiste — qui éclipsent des pans pourtant passionnants de son œuvre — les sous-estimés Pirates, Lunes de Fiel ou son adaptation audacieuse de Macbeth ; on trouve des films emblématiques chez Allen — Annie Hall, Manhattan, Hannah et ses sœurs, Crimes et délits, Maris et femmes, Match point — mais ses admirateurs savent que c'est dans les marges de ce parcours obligé qu'on trouve aussi les expériences les plus passionnantes du metteur en scène — de Zelig à Harry dans tous ses états ou Whatever works.

Troubles jeux

Leurs nouveaux films dégagent pourtant un même parfum de remise à zéro, chacun à leur manière. Blue Jasmine ramène Woody Allen sur le sol américain, mais dans une ville qu'il n'avait encore jamais filmée, San Francisco ; c'est aussi son premier portrait de femme depuis Alice, c'est-à-dire depuis l'époque Mia Farrow ; c'est enfin un objet insituable dans le balancier qu'il aime opérer entre la comédie et la tragédie. Le ton du film est à l'image de l'humeur, fantasque mais aussi profondément névrotique, de son héroïne, une géniale Cate Blanchett à qui l'oscar tend les bras : à la fois léger et extrêmement cruel. S'y opèrent des glissements de temporalité qui viennent rectifier les soliloques incessants du personnage sur lui-même, et la faire passer de victime à bourreau, le tout dans un ballet social qui rappelle le propos de Match point.

Une femme est aussi au cœur de La Vénus à la fourrure, une actrice ingénue, un peu idiote, qui vient passer une audition pour une pièce inspirée du roman éponyme de Sacher-Masoch. Elle se retrouve face à un auteur-metteur en scène pétri de certitudes, qui finit par se prendre au jeu et lui donner la réplique, fasciné par la transformation de l'écervelée en comédienne talentueuse. Le huis clos strict du film, réduit à deux acteurs — Amalric et Emmanuelle Seigner, tous deux incroyables — sonne non pas comme une contrainte, mais comme un challenge pour Polanski. Pourtant habitué à ce genre de défis — son précédent Carnage reposait sur un principe similaire — il trouve dans la pièce de David Ives un matériau infiniment malléable dans lequel il peut faire entrer tout son cinéma : de Cul-de-Sac à Lunes de Fiel en passant par Le Locataire et même La Neuvième porte, dont il refait de manière flamboyante le final raté, Polanski semble jouer de son espace réduit pour ouvrir des abîmes de spectacle, de sens, de plaisir et de sidération.

C'est en définitive le point commun de ces deux grands films, qui pour le coup arrivent à point nommé pour rappeler l'importance d'Allen et Polanski dans le cinéma mondial : ils font une confiance absolue dans l'intelligence du spectateur, l'invitant sans arrêt à participer aux dispositifs ludiques qu'ils inventent. La jeunesse de Blue Jasmine et de La Vénus à la fourrure tient à cela : ils croient qu'il n'y a pas d'âge pour jouer, mais que la maturité autorise à s'adonner à des jeux cruels et pervers.

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Grosse Pomme à l’eau : "Un jour de pluie à New York" de Woody Allen

Comédie | Ashleigh a obtenu d’interviewer un réalisateur arty pour le journal de sa fac… à condition d’aller à Manhattan. Bonne nouvelle pour son petit copain Gatsby, qui leur organise un week-end en amoureux dans son New York chéri. Sur place hélas, rien ne se déroulera comme prévu…

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

Grosse Pomme à l’eau :

Cette histoire d'un couple qui se remet en question à l’issue d’une nuit marquée par les tentations sentimentales erratiques de l’un des deux partenaires dans un New York à la fois mondain et irréel, ça vous a un petit air de Eyes Wide Shut ; donc d’une relecture de la Traumnovelle de Schnitzler dont Kubrick s’était inspirée, accommodée à la sauce Allen. Mais Woody ayant déjà encensé son bien-aimé Manhattan dans toutes les hauteurs ne parvient plus à en offrir un regard qui ne soit à la limite de l’auto-citation, voire de l’auto-parodie. Et si l’on doit admettre de ne frayer ici — une fois encore — qu’avec des démocrates érudits ayant des névroses de couple et résidant autour d’un Central Park réchauffé par les couleurs de l’automne, faut-il en plus supporter des dialogues d’une prévisibilité caricaturale et inégalement pétillants ? Une photographie médiocre, artificielle, parfois franchement terne, prouvant que le numérique ne réussit pas à Vittorio Storaro ? Le jeu tout en mimiques meg-ryannesques de Elle Fanning et la composition miméti

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Rétrospective Polanski : Roman d’un auteur

Rétrospective Polanski | 2016 nous a privés d’un génie-monstre franco-polonais en nous ôtant Zulawski (au fait, à quand sa rétrospective ?) ; Dieu ou diable merci, il en reste un, aussi (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Rétrospective Polanski : Roman d’un auteur

2016 nous a privés d’un génie-monstre franco-polonais en nous ôtant Zulawski (au fait, à quand sa rétrospective ?) ; Dieu ou diable merci, il en reste un, aussi tourmenté qu’intrigant, inquiétant qu’enjôleur. Colosse minuscule, géant au parcours nourri d’accidents, de drames, de lauriers et de scandales, Roman Polanski a contribué à l’essor du nouveau cinéma polonais et au renouveau du britannique, participé à la Nouvelle Vague comme au Nouvel Hollywood. Épousant parfois les codes ou les styles de ses hôtes, Polanski conserve jalousement ses thématiques de prédilection : l’enfermement, le malin, la séduction perverse. À vérifier de toute urgence à l’Institut Lumière, qui offre de cauchemarder avec Rosemary’s baby, Repulsion, Cul-de-sac, La Neuvième Porte, de frissonner avec Frantic, La Jeune Fille et la Mort, Chinatown, de rire avec Pirates ou Le Bal des vampires, de se recueillir avec Le Pianiste. Une belle entrée en matière… Si la non-présence dans ce formidable panorama du très rare — voire quasi invisible — What ? (1971) n’étonne guère, comme celle moins dommageable de Lunes de fiel (1992), on se perd

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Cannes 2015, jour 3. Au cœur de l’irrationnel

ECRANS | "Le Fils de Saul" de László Nemes. "L’Homme irrationnel" de Woody Allen. "The Lobster" de Yorgos Lanthimos.

Christophe Chabert | Samedi 16 mai 2015

Cannes 2015, jour 3. Au cœur de l’irrationnel

Appliquant la règle berlinoise dite de l’embargo jusqu’à la projection officielle d’un film, on se laisse parfois 24 heures — un luxe ! avant de causer de la compétition, ce qui fait qu’à l’heure où vous découvrirez ces lignes, vous saurez déjà en allant fureter sur les réseaux sociaux qu’une bronca spectaculaire s’est levée sur The Sea of trees, le nouveau Gus Van Sant. Pour savoir ce que l’on en a pensé, patience jusqu’à demain, donc. Le Fils de Saul / Le Fils de l’homme On a aussi attendu pour dire à quel point Le Fils de Saul, premier long-métrage du Hongrois László Nemes, fut le grand choc de ce début de festival — en espérant que ce ne soit pas le seul. S’il y a une raison d’endurer le cirque cannois, c’est bien pour se retrouver nez à nez avec des œuvres pareilles, surgies de nulle part mais, une fois la projection terminée, inscrites de manière indélébile dans notre mémoire. On pourrait penser que cela tient exclusivement au sujet du film : la description d’un camp d’extermination nazi à travers les yeux de Saul, un membre du Sonderkommando, ces prisonniers chargés de participer à la solution finale en conduisant les juifs dans les

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La Vénus à la fourrure

ECRANS | Une actrice, un metteur en scène, un théâtre et "La Vénus à la fourrure" de Sacher-Masoch : un dispositif minimal pour une œuvre folle de Roman Polanski, à la fois brûlot féministe et récapitulatif ludique de tout son cinéma. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 6 novembre 2013

La Vénus à la fourrure

À sa sortie, on avait pris Carnage pour une sorte de repli stratégique de la part de Roman Polanski. L’adaptation de la pièce de Yasmina Reza venait après ses déboires avec la justice suisse, et le choix d’un huis clos à quatre personnages lui permettait de tourner vite en déclinant en virtuose sa science du découpage et de la mise en scène. Surtout, il y circulait une rage que l’on imaginait circonstanciée, là encore liée à cette énième humiliation dans une vie déjà chaotique. Derrière sa réjouissante santé, par-delà la comédie de mœurs labyrinthique à laquelle Polanski nous convie, La Vénus à la fourrure poursuit ce double geste de façon enthousiasmante. C’est une charge virulente contre l’époque et ses travers, ici pris sous l’angle de la lutte des sexes, et c’est à nouveau un huis clos tiré d’une pièce de théâtre, signée cette fois David Ives ; sauf le théâtre est le lieu et la matière du film, même si, en transparence, le cinéaste vise aussi tout ce qu’implique l’acte de mettre en scène, y compris le s

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Blue Jasmine

ECRANS | Aussi surprenant que "Match point" en son temps dans l’œuvre de Woody Allen, "Blue Jasmine" est le portrait cruel, léger en surface et tragique dans ses profondeurs, d’une femme sous influence, une Cate Blanchett géniale et transfigurée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 septembre 2013

Blue Jasmine

Le titre du dernier Woody Allen est en soi un formidable puzzle : Jasmine, son héroïne, possède entre autres lubies une passion monomaniaque pour la chanson Blue Moon. Mais c’est aussi son état d’esprit lorsque le film commence : bluesy et déprimée suite à la rupture avec son mari, sorte de Bernie Madoff ruiné par la crise financière. Elle, la femme entretenue, rumine à voix haute sa déconvenue : elle doit quitter son standing new-yorkais pour s’installer chez sa sœur prolo à San Francisco. Il y a peut-être un dernier sens derrière ce Blue-là : Jasmine semble débarquer de nulle part, out of the blue, ou du moins la savante construction dramatique du film laisse un noir — ou un bleu — sur un passé qu’elle rabâche mais qu’elle est peut-être surtout en train de réinventer. Car dans la première partie du film, Jasmine est une victime, femme bafouée que ce déclin entraîne au bord de la folie et qui cherche à tout prix à retrouver sa dignité mais surtout son rang, cette place sociale qu’elle estimait avoir durement conquise. Petits arrang

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Cannes, à la Vie, à l’amour…

ECRANS | En couronnant ce qui est incontestablement le meilleur film de la compétition, "La Vie d’Adèle" d’Abdellatif Kechiche, Steven Spielberg et son jury ont posé un beau point final à un 66e festival de Cannes passionnant en son centre, sinon dans ses périphéries. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 27 mai 2013

Cannes, à la Vie, à l’amour…

Y croyait-on vraiment ? Imaginait-on Steven Spielberg se lever de sa chaise durant la cérémonie du palmarès cannois pour annoncer, du haut de sa stature de cinéaste mondialement reconnu et présentement président du jury, la Palme à La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche, chef-d’œuvre du naturalisme à la française relatant la passion entre Adèle et Emma à coups de grands blocs de réalité réinventée, des premiers regards à la dernière étreinte en passant par de longs moments d’intimité physique ? C’est pourtant ce qui s’est passé, et on en est encore ému. Car si La Vie d’Adèle n’était pas notre film préféré de la compétition — on dira lequel plus tard — c’était d’évidence le meilleur, le plus incontestablement ample et abouti, le plus furieusement contemporain, que ce soit dans sa matière romanesque, ses personnages ou son dispositif. Kechiche est aujourd’hui l’héritier direct de Pialat, même s’il développe aussi sa propre singularité et même si, avec ce film-là, il dévoile sa part la moins sombre, la plus solaire, comme une antithèse absolue de son précédent et terrible

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Cannes – Jour 10 : Bouquet final

ECRANS | "The Immigrant" de James Gray. "Only lovers left alive" de Jim Jarmusch. "La Vénus à la fourrure" de Roman Polanski.

Christophe Chabert | Samedi 25 mai 2013

Cannes – Jour 10 : Bouquet final

Au moment où n’importe quel festivalier voit apparaître sur son visage des rides de fatigue qui le font ressembler à Bruce Dern dans Nebraska, il fallait pourtant se ressaisir d’urgence, car Thierry Frémaux, dans un hallucinant tir groupé final, avait placé en fin de compétition de très gros morceaux signés par de très grands cinéastes. C’est d’ailleurs à l’aune de cette attente, pour le coup gigantesque, que The Immigrant de James Gray a déçu. Attention, tout de même… Gray, dont les quatre derniers films ont tous été présentés en compétition, y a systématiquement récolté les mêmes commentaires perplexes ou frustrés, avant que lesdits films, à leur sortie, ne reçoivent un accueil enthousiaste d’une presse ayant revu son jugement à la hausse, et de spectateurs qui ont l’avantage considérable de ne pas s’être empiffré 35 films en dix jours. Mais la déception est soigneusement entretenue par Gray lui-même. En effet, The Immigrant part sur une piste qu’on identifie immédiatement comme coppolienne façon Parrain 2. Plan sur la stat

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Huis clos à ciel ouvert

ECRANS | Alors que les rétrospectives Chaplin et Cassavetes se prolongent durant tout le mois de janvier, et que sa toute neuve galerie de la rue de l’Arbre Sec (...)

Christophe Chabert | Jeudi 3 janvier 2013

Huis clos à ciel ouvert

Alors que les rétrospectives Chaplin et Cassavetes se prolongent durant tout le mois de janvier, et que sa toute neuve galerie de la rue de l’Arbre Sec propose des photos rares et souvent inattendues de Chaplin au travail, l’Institut Lumière fait aussi un focus en deux films sur Roman Polanski. Avant Chinatown la semaine prochaine, c’est le méconnu Cul-de-sac qui ouvre le bal. Troisième long-métrage de Polanski, il se présente — comme son premier Le Couteau dans l’eau — en un huis clos à ciel ouvert, non plus sur un bateau, mais sur une île fantomatique, où habite un couple absolument dépareillé : lui, petit, chauve et pleutre (Donald Pleasance, loin des grands rôles dans le cinéma fantastique qui ont fait sa légende, mais tout aussi génial), elle, grande, belle et fougueuse (Françoise Dorléac, dont on mesure à chaque vision de quel talent éclatant sa mort prématurée nous a privé). Leur routine putride (elle pratique l’adultère, il mâche en silence sa frustration) est troublée par l’irruption d’un autre tandem, deux gangs

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To Rome with love

ECRANS | Poursuivant son exploration des métropoles européennes après Londres, Barcelone et Paris, Woody Allen se montre bien peu inspiré face à Rome, se contentant d’un poussif récit multiple où tout sent la fatigue et le réchauffé, à commencer par sa propre prestation d’acteur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 4 juillet 2012

To Rome with love

La familiarité avec le cinéma de Woody Allen, autorisée par la livraison annuelle d’un nouvel opus, permet à l’amoureux de ses films de vite reconnaître quand le maître (osons le mot, il n’est pas volé) est en pleine santé ou quand, au contraire, il est en petite forme. Il ne faut pas longtemps pour s’apercevoir que To Rome with love appartient à la deuxième catégorie, tant il transpire le manque d’inspiration, le programme mécanique et l’agrégat poussif d’idées plus ou moins bonnes. Ainsi, si les cartes postales qui ouvraient Minuit à Paris (un vrai grand Allen, celui-là) n’étaient qu’un trompe-l’œil, le film s’acharnant ensuite à en montrer le caractère illusoire, celles que le cinéaste compile sur Rome ne seront jamais vraiment déchirées par le récit. Pire, elles conduisent à une accumulation de petites intrigues véhiculant leur lot de clichés, là où Allen n’avait besoin que d’un solide concept pour dérouler celle du film précédent. Ce n’est d’ailleurs par la première fois que, dans ses mauvaises années, Allen se repose sur les récits multiples comme sur une canne, espérant que dans l’ensemble, quelques-uns surnagent de la mollesse ambiante. Ce n’est

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Cannes jour 1 : Woody et les chevaux

ECRANS | Woody Allen : un documentaire. Après la bataille.

Christophe Chabert | Vendredi 18 mai 2012

Cannes jour 1 : Woody et les chevaux

Le film d'ouverture de Cannes est-il un bon présage de la sélection à venir ? Si oui, alors Cannes 2012 devrait être exceptionnel, tant le Moonrise kingdom de Wes Anderson nous a littéralement enchanté. On en parle ailleurs, donc pas la peine de s'appesantir sur le sujet. Mais pour revenir à la question de l'ouverture comme signe annonciateur de la qualité globale, il faut se souvenir qu'en 2010, qualifiée par les festivaliers qui l'ont vécue d'annus horribilis, avait débuté avec le lamentable Robin des bois de Ridley Scott, et le reste avait été à l'avenant.  En revanche, le bon cru de 2011 avait été lancé par l'excellent Minuit à Paris de Woody Allen, qui restera par ailleurs comme un des meilleurs souvenirs de l'ex-première dame de France - on s'égare. Or, avec une certaine malice, Thierry Frémaux a choisi de proposer aux festivaliers non pas le Woody Allen annuel (To Rome with love, privé de Cannes pour cause de sortie avancée en Italie), mais un documentaire consacré au cinéaste prolifique. E

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Roman Polanski

ECRANS | La filmographie

Dorotée Aznar | Vendredi 2 décembre 2011

Roman Polanski

Filmographie de Roman Polanski /  1962 : Le Couteau dans l’eau 1965 : Répulsion 1966 : Cul-de-sac 1967 : Le Bal des vampires 1968 : Rosemary’s baby 1971 : Macbeth 1972 : Quoi ? 1974 : Chinatown 1976 : Le Locataire 1979 : Tess 1986 : Pirates 1988 : Frantic 1992 : Lunes de fiel 1994 : La Jeune fille et la mort 1999 : La Neuvième porte 2002 : Le Pianiste 2005 : Oliver Twist 2010 : The Ghost writer

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Le goût de la claustrophobie

ECRANS | Polanski et le théâtre, c’est une longue histoire faite d’adaptations à l’écran, de créations pour la scène, mais surtout d’influence créative et de réminiscences autobiographiques. CC

Dorotée Aznar | Vendredi 2 décembre 2011

Le goût de la claustrophobie

Polanski et le théâtre / Pour Roman Polanski, le théâtre semble être une valeur refuge, sa filmographie revenant à intervalles réguliers vers des adaptations de pièces célèbres, classiques ou contemporaines, et lui-même s’aventurant régulièrement sur les planches, en tant qu’acteur et metteur en scène. C’est d’ailleurs la part la moins connue de son œuvre : en 1981, c’est lui qui crée à Londres Amadeus, la pièce de Peter Shaffer, se distribuant dans le rôle de Mozart, ouvrant la voie à l’adaptation qu’en fera pour le cinéma un autre réalisateur de l’Est expatrié, Milos Forman. Sept ans plus tard, c’est sur une scène parisienne qu’il brille en incarnant Grégoire Samsa, l’homme ordinaire transformé en cloporte dans La Métamorphose de Kafka. Au cinéma, il met tout de suite la barre très haute pour sa première adaptation : une version de Macbeth de Shakespeare qui a le mérite de ne lorgner ni sur le baroque tapageur d’un Welles, ni sur le classicisme respectueux d’un Laurence Olivier — le film, toutefois, est loin d’être son meilleur. Il aura encore moins de chance avec La Jeune fille et la mort, huis clos trop attendu autour d’une rescapée des ca

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Carnage

ECRANS | Huis clos à quatre personnages tiré de la pièce «Le Dieu du carnage» de Yasmina Reza, le nouveau film de Roman Polanski est une mécanique diabolique et très mordante, sur la violence masquée derrière les apparences sociales, avec un quatuor de comédiens au sommet de leur art. Critique et décorticage des racines du "Carnage". Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Lundi 5 décembre 2011

Carnage

Critique / C’est un incident banal, une dispute entre gosses qui tourne mal : l’un d’entre eux en frappe un autre avec un bâton, lui brisant plusieurs dents et une partie de la mâchoire. Cette scène muette sert de générique à Carnage, et Polanski la filme de loin, en plein air, tandis que la musique guillerette d’Alexandre Desplat semble se moquer de la violence du geste. On devrait s’en tenir là. Et c’est peu ou prou ce qui se passe dans la scène suivante : les parents de la "victime", Penelope et Michael Longstreet (Jodie Foster et John C. Reilly) relisent devant eux la lettre d’excuses des époux Cowan (Kate Winslet et Christoph Waltz), père et mère du "coupable". Les deux couples peuvent alors se séparer à l’amiable, mais quelque chose cloche, comme une insatisfaction réciproque, la sensation d’un malentendu pas encore totalement dissipé. Alors qu’Alan et Nancy Cowan se dirigent vers l’ascenseur, Penelope, visiblement nerveuse, leur demande si c’est eux qui sont désolés ou leur enfant. Ça n’a l’air de rien, mais ce détail va déclencher une heure quinze de huis clos en temps réel où les quatre protagonistes se livreront à toutes les formes de mesquinerie, réglant leurs comptes

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Maman, papa, le diable et nous

ECRANS | Alors que s’apprête à sortir son dernier film, le puissant Carnage, la Ciné-collection du GRAC invite les spectateurs à replonger dans un autre chef-d’œuvre (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 23 novembre 2011

Maman, papa, le diable et nous

Alors que s’apprête à sortir son dernier film, le puissant Carnage, la Ciné-collection du GRAC invite les spectateurs à replonger dans un autre chef-d’œuvre de Roman Polanski, Rosemary’s baby (1968). On pourrait s’amuser des correspondances entre les deux films : un appartement new-yorkais, la peinture d’un couple de bourgeois éclairés dont les apparences sont carrément trompeuses et un enfant invisible qui, pourtant, est la source de tous les maux qui vont se déverser dans le récit. Arrêtons-nous là, car autant Carnage vise la satire de mœurs, autant Rosemary’s baby cherche avant tout à terrifier les spectateurs, en faisant de Mia Farrow une femme persuadée de porter en elle l’enfant du diable, et non de son mari. Idée qui aurait pu engendrer un déluge de fatras mystique et d’effets éculés, mais que Polanski traite au contraire avec une souveraine sobriété et un réalisme scrupuleux. Une décision payante : Rosemary’s baby fait toujours peur quarante ans après sa réalisation, ses morceaux de bravoure pouvant aller d’une scène de rêve hypnotique en forme de trip sous LSD à un simple suspense dans une cabine téléphonique. Ça s’appelle l’

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Cannes, jour 1 : Autour de Minuit

ECRANS | Minuit à Paris de Woody Allen

Christophe Chabert | Mercredi 11 mai 2011

Cannes, jour 1 : Autour de Minuit

C’est reparti pour un tour de Cannes. Les indicateurs sont en hausse (plus de stars, plus de business, plus de films intéressants — enfin, c’est ce qui se dit — et plus de journalistes, visiblement), après la morose édition 2010. Si tout le monde attend Terrence Malick, il paraît que du côté de Lars Von Trier, il va y avoir du lourd. Sans parler de notre maître Alain Cavalier, de retour en compétition, ou de Take Shelter, le deuxième film de Jeff Nichols présenté à la Semaine de la Critique et dont le Shotgun stories a marqué durablement nos mémoires. Si le film d’ouverture donne le ton de ce qui va se passer par la suite, alors Minuit à Paris annonce en effet un Cannes 2011 à la fois joyeux et de grande qualité. Eh oui, c’est ce bon vieux Woody qui aura réussi à nous surprendre d’entrée ! Encore ? Oui et non. Car à la vision de Minuit à Paris, on se dit que l’on n’a pas vraiment aimé ses films depuis Match Point (à l’exception, peut-être, de Whatever works, mais qui sonnait comme une réplique tardive de son cinéma des nineties), du moins qu’on y a pris un plaisir essentiellement théoriq

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Le Locataire

ECRANS | Roman Polanski Paramount home video

Christophe Chabert | Vendredi 18 mars 2011

Le Locataire

Alors que le DVD était disponible dans à peu près tous les pays du monde, Paramount s’est rendu compte à Noël, à l’occasion de la sortie d’un coffret Fnac qui s’est écoulé en quelques jours, qu’il n’avait jamais édité Le Locataire en France. Absurde, d’autant plus que la version originale du film, tourné en Paris avec un casting à 80% français (dont une Adjani curieusement enlaidie), est clairement la VF. Erreur réparée, même si c’est au prix d’une jaquette hideuse et d’un dispensable livret faisant office d’édition collector. On s’en fout, car le film est extraordinaire, un monument d’angoisse cafardeuse où Trelkovski, un immigré polonais (Polanski lui-même), emménage dans un appartement où : 1) la précédente locataire s’est jetée par la fenêtre ; 2) les voisins s’avèrent de plus un plus hostiles. Délire de persécution ou xénophobie larvée ? Polanski, à l’inverse de Rosemary’s baby, ne tient pas l’ambiguïté jusqu’au bout. C’est une faiblesse du scénario, mais cela n’impacte étrangement en rien sur le climat de peur quotidienne qui se dégage de chaque séquence, où la terreur fissure peu à peu la psyché du protagoniste, et même son identité. Génialement mis en s

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Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

ECRANS | Crise matrimoniale, peur de la vieillesse, stérilité créative, folie douce et raison forcenée : Woody Allen retrouve le plaisir des récits gigognes dans cette excellente comédie hantée par la gravité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 28 septembre 2010

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Un des moments les plus passionnants du dernier Woody Allen se situe dans son premier tiers, quand Helena (Gemma Jones), sexagénaire abandonnée par son mari, tente de convaincre sa fille Sally (Naomi Watts) de suivre les conseils d’une voyante qu’elle consulte depuis quelque temps. Réaction indignée de Sally, tandis que son époux Roy (Josh Brolin) joue les arbitres dans cette querelle familiale. Le comportement absurde et enfantin d’Helena se heurte à la froide lucidité de Sally, comme si les rôles s’inversaient : les enfants sont plus adultes que leurs parents — preuve supplémentaire, le père (Anthony Hopkins) refait sa vie avec une strip-teaseuse de trente ans son aînée. La scène est clé car, au lieu de livrer la morale du film, elle en expose tous les faux-semblants, le reste venant les démasquer dans un mélange de comédie et de noirceur indiscernables. Pour couronner le tout, Woody Allen s’offre alors un plan-séquence virtuose plutôt inhabituel chez lui. C’est une des surprises de "Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu" : on y sent la signature fameuse du cinéaste new-yorkais (pour le coup revenu à Londres), mais son cinéma s’y fait moins transparent, plus retors qu

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The Ghost writer

ECRANS | Retour au présent pour Roman Polanski avec un thriller politique classique et hitchcockien, où s’épanouit sans tapage un plaisant savoir-faire et une ironie très actuelle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 1 mars 2010

The Ghost writer

La sortie de The Ghost writer faisant suite à l’encore fraîche «affaire Polanski» et au débat plutôt clivé qui s’ensuivit, il va être difficile de prendre la défense du film sans passer aussi pour un défenseur de son cinéaste. Alors autant le dire : pour nous, Polanski est un metteur en scène majeur, une référence incontournable en matière de modernité cinématographique. The Ghost writer prouve d’ailleurs qu’après le chef-d’œuvre très personnel qu’était Le Pianiste et le faux-pas d’Oliver Twist, celui-ci sait faire rebondir sa carrière en prenant d’adroits contre-pieds. Après deux fresques historiques, le voilà de plain-pied avec l’actualité récente : au cœur du film, un mystère entour l’ancien Premier ministre britannique Adam Lang. Il demande à un nègre d’écrire ses mémoires, alors que la controverse se lève sur son action politique pendant la guerre en Irak. A-t-il créé une douteuse alliance avec l’Amérique pour organiser la lutte contre le terrorisme en faisant fi du droit international ? Et qu’est-il arrivé à son nègre précédent, retrouvé noyé sur les côtes de l’île où Lang s’est réfugié avec sa femme et ses assistantes ?

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Pirates

ECRANS | Roman Polanski TF1 vidéo

Christophe Chabert | Mercredi 8 avril 2009

Pirates

TF1 vidéo a la bonne idée de vider ses tiroirs et, bonne nouvelle, ils sont pleins de trésors. Avant Possession de Zulawski en mai, voici Pirates, un des derniers Polanski inédits en DVD en France. Le film avait, à sa sortie, fait couler beaucoup d’encre, mais avait surtout failli couler son producteur Tarak Ben Ammar, ce qui, pour une histoire de pirates, n’est pas peu ironique. Le galion construit pour le tournage avait coûté une blinde, et est resté dix ans dans le port de Cannes après la présentation du film en 1986. Mais ce qui avait surtout rendu furax une partie de la presse, c’est l’irrévérence avec laquelle le réalisateur abordait le genre, enlevant tout glamour à ses personnages, sales, bêtes et uniquement motivés par l’argent. Pirates est l’aveu parodique d’une certaine impuissance à retrouver le lustre de l’âge d’or hollywoodien (Pirates des Caraïbes, ce luna park décérébré, le démontrera lui aussi, mais par l’absurde). Dans le fond, Polanski ne fait que reprendre ce qui avait fait le succès du Bal des vampires, et ce qui en général fait le prix des bons pastiches : faire une comédie distanciée avec les mêmes moyens et la même rigueur dans la mise en scène que pour une

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Vicky Cristina Barcelona

ECRANS | En visite à Barcelone, Woody Allen propose une nouvelle variation, faussement convenue, autour de ses thèmes favoris : le couple et la fatalité culturelle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 30 septembre 2008

Vicky Cristina Barcelona

Deux amies américaines sont en visite estivale à Barcelone, l’une pour ses études, l’autre pour se remettre de son énième échec sentimental. La brune Vicky (Rebecca Hall), solidement assise sur ses principes, est promise au mariage avec un jeune cadre new-yorkais ; la blonde Cristina (Scarlett Johansson) se cherche quelque part entre cinéma et photographie, célibataire par indécision plus que par choix. Woody Allen, après une trilogie londonienne au propos social détonnant, semble avoir mis le cap vers l’Espagne pour des raisons similaires à celles de ses héroïnes : s’offrir un break ensoleillé et touristique (de Gaudí à la guitare au clair de lune, les clichés sont à la fête), le temps de retrouver ses thèmes de prédilection : l’incertitude sentimentale et les aléas du couple. Avec un classicisme très sage, la première partie de Vicky Cristina Barcelona se pose en comédie romantique sans réel enjeu, notamment quand Juan Antonio (Javier Bardem), peintre bohème assumant son désir pour les deux demoiselles, sort le grand jeu et emballe toutes les pistes lancées par le récit. Niveau mise en scène, on a connu Woody plus téméraire : sa discrétion frise l’absence, la voix-off sent le réc

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"J'ai toujours vu le monde comme une tragédie"

ECRANS | Interview / Avec Melinda et Melinda, son 36e film, Woody Allen tente un grand pont théorique. Comme il y a 15 ans avec Crimes et Délits, il fait cohabiter comédie et tragédie dans une même fiction. Le résultat, mineur mais séduisant, montre un Woody sur une pente à nouveau ascendante. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Mercredi 19 janvier 2005

Petit Bulletin : Avez-vous déjà hésité entre drame et comédie pour un même sujet ?Woody Allen : J'ai très souvent des idées qui pourraient verser d'un côté ou de l'autre. Un très bon exemple, c'est Une autre femme. Gena Rowlands écoute à travers un mur les conversations d'une femme et de son analyste, et elle finit par y entendre des vérités sur elle-même. J'ai continué cette idée dans une perspective dramatique, mais si ce n'était pas Gena Rowlands, si c'était moi qui avait écouté à travers ce mur, cela aurait donné une excellente comédie. Avec Melinda et Melinda, j'avais une idée, et j'ai voulu voir si on pouvait la décliner sur ces deux versants. Vos références vous portent-elles plutôt vers le drame ou vers la comédie ?Je n'ai pas beaucoup changé au fil des ans. Mes obsessions sont les mêmes depuis l'âge de 10 ans. Je regrette juste de ne pas faire plus de tragédies, de ne pas aller contre mon inclination naturelle à faire de la comédie. J'ai toujours vu le monde comme quelque chose de tragique et tous les artistes que j'adore sont des auteurs tragiques : Eugène O'Neil, Strindberg, Bergman... Mais j'étais plus à l'aise avec les films drôles. Beauco

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Woody dans tous ses états

ECRANS | Rétro / Avec Melinda et Melinda, Woody Allen s'offre une récréation théorique qui jette un éclairage nouveau sur son œuvre, longtemps admirée, récemment décriée. À contre-courant de la production américaine, elle mérite qu'on s'y replonge, au moment où elle commence à irriguer le cinéma contemporain. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 19 janvier 2005

Woody dans tous ses états

En 2003, la sortie d'Anything Else avait fait brusquement changé notre regard sur la filmo récente de Woody Allen. Alors qu'on pensait le cinéaste définitivement occupé à bâcler en série quelques comédies aux pitchs usés et à la mise en scène approximative (Hollywood ending, de son titre à son propos - un cinéaste atteint de cécité - mettait en abîme ce sentiment de fin de partie), le voici qui reprenait une vigueur, une jeunesse et un mordant qu'on ne lui soupçonnait plus. Pourquoi ce film-là ne transpirait pas des faiblesses flagrantes sur les précédents ? Pour des raisons formelles d'abord : pour la première fois depuis Manhattan, Woody filmait en cinémascope, sous l'impulsion de son chef-opérateur Darius Khondji, qui attache une importance cruciale au cadre des films qu'il éclaire. Ce choix de l'écran large donnait à Anything Else une ampleur paradoxale : film de tandem plus que de couple, il permettait à Allen de passer le relais dans le plan à Jason Biggs (teenager remarqué dans la série des American Pie) qui, dans un personnage pourtant attendu (l'auteur juif new-yorkais), faisait autre chose que singer son modèle. Woody Allen, à l'inverse, se distribuait dans un rôle parfai

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