"Blackmail" en ciné-concert au festival Lumière

Christophe Chabert | Jeudi 5 septembre 2013

Comme chaque année, le festival Lumière investira l'Auditorium pour un ciné-concert où l'Orchestre National de Lyon, sous la direction de Lenoard Slatkin, mettra en musique un chef-d'œuvre du muet.

Pour l'édition 2013, ce sera donc Blackmail d'Alfred Hitchcock, fraîchement restauré par le British Film Institute grâce à son programme "Rescue the Hitchcock 9" — neuf films muets du cinéaste dont les copies étaient menacées de disparition — dans la partition composée en 2008 par Neil Brand et orchestrée par Timothy Brock.

Le ciné-concert se déroulera le mercredi 16 octobre à 20h15, et Lumière programmera durant le festival le remake parlant de Blackmail, tourné quelques années plus tard par Hitchcock lui-même.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Hitchcock à l'honneur à l'Institut Lumière

Rétrospective Hitchcock | C’est par une œillade furtive que l’on commencera à se pencher sur la rétrospective Hitchcock que propose l’Institut Lumière ; comme un regard indiscret (...)

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Hitchcock à l'honneur à l'Institut Lumière

C’est par une œillade furtive que l’on commencera à se pencher sur la rétrospective Hitchcock que propose l’Institut Lumière ; comme un regard indiscret épousant celui du protagoniste de Fenêtre sur Cour (1954), Jefferies, un photographe à la bougeotte contrariée par un accident. Plâtré et cloué dans son fauteuil roulant, il en est réduit à épier ses voisins, imaginant leurs existences et suspectant l’un d’entre eux d’avoir assassiné son épouse… Mais comment enquêter quand on ne dispose que de soupçons, d’un téléobjectif et d’une charmante fiancée tête brûlée ? Adapté d’une nouvelle de Cornell Woolrish alias William Irish (auteur de La Mariée était en noir et de La Sirène du Mississippi), cet éloge du voyeurisme est un manifeste hitchcockien autant qu’un concentré de ses marottes ; à savoir créer une narration palpitante en répondant de façon à la fois élégante et audacieuse aux contraintes techniques qu’elle implique, sans priver le récit de son charme badin ou anxiogène. La quadrature du cercle, en somme, résolue dans u

Continuer à lire

Insomniaque : où danser ce week-end ?

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 26 septembre 2017

Insomniaque : où danser ce week-end ?

29.09.17 > LE SUCRE SHAKE YOUR CLASSICS Est-il possible de clubber avec votre maman voire de partager des gin-to avec votre grand-mère ? Grâce au Sucre, à l'Auditorium et au GRAME, c'est oui : le cycle de soirées mêlant musique classique et techno reprend, conviant-là l'Orchestre National de Lyon dirigé par le chef américain Leonard Slatkin avant un live de Birth Of Frequency, dont la techno est sous perfusion Détroit. Collision. 30.09.17 > NINKASI RAGGATEK NIGHT On a vu surgir avec un peu de surprise cet hybride costaud entre vocaux raggamuffin et techno dure, emmené en particulier par DJ Vandal... Puissance du beat, caresse du skank : le Ninkasi consacre une nuit à ce style très free party en conviant Guigoo (des Narcotek, qui a lui-même collaboré avec le suscité Vandal), l'Italien Pitch (de Mad Attack) en live, Astifleure et Asco (Total Reez).

Continuer à lire

Le plus russe des Russes

Auditorium de Lyon | C’est un événement : en plein cœur du Festival Russe proposé par l’Auditorium, Leonard Slatkin dirige les six symphonies de Tchaïkovski.

Pascale Clavel | Mardi 15 novembre 2016

Le plus russe des Russes

À l’affiche, c’est un beau festival. L’âme slave révélée sous toutes les coutures : Borodin, Chostakovitch, et leur fantastique musique de chambre ; Moussorgski et ses Tableaux d’une exposition ; Grigori Sokolov, pianiste fascinant, aux interprétations quasi mystiques et profondément poétiques. Des festivités russes aussi, autour de musiques populaires où l’on comprend en trois mesures toute la mélancolie slave. En point d’orgue du festival, Tchaïkovski : compositeur éclectique, mélodiste hors pair. Son langage musical, fortement influencé par les romantiques allemands et par Berlioz pour l’orchestration, n’est pas vue d’un très bon œil par les compositeurs russes — en particulier ceux du Groupe des Cinq — parce que pour eux, le style doit être russe, uniquement, radicalement. L’âme humaine scrutée Entre symphonie classique et poème symphonique, les six symphonies de Tchaïkovski sont inclassables. Une dimension métaphysique pour chacune et une question en boucle pour toutes : quid

Continuer à lire

Rentrée classique 2016 : Lyon va piano

MUSIQUES | On vous a offert un agenda tout neuf pour 2016 ? Entre autres bonnes résolutions, vous allez pouvoir noter les rendez-vous classiques immanquables (...)

Philippe Yves | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée classique 2016 : Lyon va piano

On vous a offert un agenda tout neuf pour 2016 ? Entre autres bonnes résolutions, vous allez pouvoir noter les rendez-vous classiques immanquables des mois à venir. Et ce sont les amoureux du piano qui seront les mieux servis tant les organisateurs de concerts ont convoqué à Lyon le gratin pianistique international. À l’Auditorium, on applaudira les padawans (l’Autrichien Till Fellner, de Beethoven à Berio le 11 mars, et Lang Lang, dont on vérifiera le 11 avril si la démesure sied au Concerto italien de Bach) comme le maître Murray Perahia, accompagné de l’Academy of Saint Martin-in-the-Fields le 4 juin. En attendant la réouverture de la Salle Molière, le piano s’écoute aussi Salle Rameau avec Ravel par Bertrand Chamayou le 5 février et un récital d’Alexandre Tharaud le 11 mai. À l’encre indélébile, vous noterez le double récital de Martha Argerich et Nicolas Angelich le 13 avril dans un monstrueux programme avec la version deux pianos du Sacre du Printemps. Ça ne se refuse pas. Et comme il n’y a pas que le piano dans la

Continuer à lire

La rentrée musique côté classique

MUSIQUES | Cette saison, tous les lieux lyonnais consacrés aux musiques dites savantes affichent un programme qui ose, qui revendique, qui dénonce une époque contemporaine en plein repli. De belles expériences en perspective.

Pascale Clavel | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté classique

Peter Pan, Jean-Sébastien Bach et Matrix sont dans un bateau. Rien d’halluciné dans ces propos, juste une lecture aiguë de la nouvelle saison de l’Auditorium. Depuis l’arrivée du très décomplexé Jean-Marc Bador à la tête de la maison, la programmation s’affole, s’emballe et le choix semble si vaste qu’on pourrait s’y perdre. Il faudrait tout tester, devenir un mélomane glouton. Certains diront qu’il y en a pour tous les goûts, d’autres que, franchement, c’est trop. Partons de l’idée que la proposition est alléchante. Les portes se sont ouvertes sur l’inoxydable Symphonie n°9 de Beethoven dirigée par Léonard Slatkin. Cerise sur le gros gâteau, le public s'est vu investi d’une belle mission : chanter l’Hymne à la joie à tue-tête, avec ses tripes et ses convictions, acte quasi politique en ces temps où la fraternité entre les peuples est plutôt mise à mal – Jean-Marc Bador et Léonard Slatkin martèlent d'ailleurs d’une seule voix leur volonté d'«effacer les distances et gommer le temps» ; vaste ambition, utopie régalante. L’énigmatique pianiste Hélène Grimaud et l’indémodable Ton Koopman seront tous deux artist

Continuer à lire

Williams / Spielberg : terrain d’entente

ECRANS | Le cinéma regorge de duos fameux formés par un compositeur et un metteur en scène : Bernard Hermann et Alfred Hitchcock, Philippe Sarde et Claude (...)

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Williams / Spielberg : terrain d’entente

Le cinéma regorge de duos fameux formés par un compositeur et un metteur en scène : Bernard Hermann et Alfred Hitchcock, Philippe Sarde et Claude Sautet, Georges Delerue et François Truffaut, Pino Donaggio et Brian De Palma, Howard Shore et David Cronenberg ou encore Carter Burwell et les frères Coen. De tous, le couple John Williams et Steven Spielberg est de loin le plus fidèle : Williams a orchestré toutes les bandes originales du cinéaste, à l’exception du futur Bridge of Spies pour des raisons de santé. Surtout, le musicien a écrit des scores qui ont participé à la popularité des films : le thème des Dents de la mer avec son crescendo inquiétant, les partitions symphoniques d’Indiana Jones, E.T., Jurassic Park, les cinq notes à la base de Rencontres du troisième type… Leurs collaborations récentes sont même parmi les plus surprenantes : la musique épurée et sombre de Munich, virevoltante et "mancinienne" des Aventures de Tintin, ambitieuse et complexe de

Continuer à lire

La saison 2015/2016 de l'Auditorium

ACTUS | L’Orchestre National de Lyon et l’Auditorium viennent de dévoiler une saison 2015/2016 monumentale et foisonnante dont les promesses vont ravir les mélomanes avertis comme ceux qui voudraient faire leurs premiers pas dans le répertoire symphonique. Philippe Yves

Benjamin Mialot | Mercredi 29 avril 2015

La saison 2015/2016 de l'Auditorium

Du côté des monuments symphoniques, Leonard Slatkin dirigera les épiques 5ème (les 12 et 14 novembre) et 9ème (le 12 septembre) Symphonies de Beethoven avant de s'attaquer, plus tard, à Ainsi Parlait Zarathoustra (le 4 février 2016), la plus kubrickienne des œuvres de Richard Strauss. Plus généralement, les pianistes tiendront le haut de l’affiche, en témoignent les invitations aux solistes Hélène Grimaud (les 17 et 19 septembre), Nikolaï Luganski (18 et 19 décembre), Lang Lang (le 11 janvier) ou encore Murray Perahia, qui se produira avec la Londonienne Academy of Saint Martin in the Fields (le 4 juin). Parmi les pépites de la saison, notons les Kindertotenlieder, le chef d’œuvre endeuillé de Mahler, sous la jeune baguette de Lionel Bringuier (19 et 21 mai) ou encore la venue du chef d’orchestre Charles Dutoit à la tête du Royal Philharmonic Orchestra de Londres (le 20 octobre) ainsi que le retour de T

Continuer à lire

L'Auditorium à la fête

MUSIQUES | A l'Auditorium cette saison, c’est champagne. Quarante bougies pour le lieu, soixante-dix pour son chef Leonard Slatkin, de nouveaux événements étonnants... De la musique comme s’il en pleuvait, de l’Amérique en découverte, de la danse, et même une intégrale des symphonies de Brahms. Une saison qui risque le trop ? Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mardi 23 septembre 2014

L'Auditorium à la fête

Jean-Marc Bador, directeur de l’Auditorium, a posé son style et la maison doit suivre. Il dépoussière, a envie, pense vite... Trop selon certains. Pourtant, il offre au public un choix inouï, varié, éclectique, sans perdre pour autant de vue l’option symphonique. «Une saison toute en couleurs qui porte au plus haut l’exigence artistique tout en s’aventurant avec délectation hors des sentiers battus». C'est ainsi qu'il nous résume son programme. Le décor étant posé, regardons de plus près ce patchwork musical. A commencer par les dix jours de fête qui marqueront les quarante années d’existence de l’Auditorium et qui verront, comme un cadeau, Serge Baudo donner le 8 février La Symphonie fantastique, lui qui avait dirigé cette même œuvre le 14 février 1975 à l’ouverture de l’Auditorium. Séquence émotion donc. Plusieurs fils rouge traversent le reste de la programmation. Les compositeurs américains, chers à Slatkin, vont ainsi côtoyer leurs homologues français, explorant ensemble les univers musicaux particuliers des deux pays. On entendra notamment Porgy and Bess (le 11 décembre) et We

Continuer à lire

Léonard Slatkin, 70 ans de génie

MUSIQUES | Quand il ne mène pas son monde à la baguette, Leonard Slatkin, en bon Yankee, taquine un tout autre type de bout de bois, beaucoup plus robuste celui-ci : (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 septembre 2014

Léonard Slatkin, 70 ans de génie

Quand il ne mène pas son monde à la baguette, Leonard Slatkin, en bon Yankee, taquine un tout autre type de bout de bois, beaucoup plus robuste celui-ci : la batte de base-ball. Si bien qu'à l'occasion de son soixante-dixième anniversaire, qui coïncide avec les Journées européennes du patrimoine, le chef de l'ONL animera ce week-end à l'Auditorium une initiation au plus abscons des sports américains – rappelons par exemple que les matchs se jouent en neuf manches, rien que ça, on dirait une règle de Kamoulox. Ce n'est pas la seule activité au programme de ces "Happy Days"(du 18 au 21 septembre) décalés et gratuits (et un rien égocentriques) : outre un pique-nique made in USA et des visites guidées du Saint des saints de la musique orchestrale, l'Auditorium proposera un prolongement sous forme d'exercices d'adresse de l'opération Fauteuil & tribune, initiée avec l'OL en 2005. Et bien sûr des concerts dirigés par le maître, dont un triple-programme au féminin (avec un concerto de Beethoven par la pianiste Olga Kern, la violoniste Baiba Skride et la violoncelliste Sol Gabetta, habituées des lieux) et un pot-pourri transatlantique avec l'Harmonie du Rhô

Continuer à lire

Hitchcock et le nez de Lincoln

ECRANS | Lorsqu’il met en chantier La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock sort du semi-échec de Vertigo qui, par une de ces ironies cruelles de l’histoire du (...)

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Hitchcock et le nez de Lincoln

Lorsqu’il met en chantier La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock sort du semi-échec de Vertigo qui, par une de ces ironies cruelles de l’histoire du cinéma, deviendra avec les années son film le plus vénéré. Mais cela fait longtemps que le projet est en préparation, avec comme titre L’Homme sur le nez de Lincoln, en référence à son climax sur le Mont Rushmore. L’idée d’Hitchcock est d’arriver à un parfait film d’espionnage à suspense où la figure du "faux coupable" est prise dans des péripéties qui l’amènent à traverser les États-Unis avec, à défaut de la mort, tout un tas d’agents secrets à ses trousses. Cary Grant y est cet innocent que l’on prend pour un autre appelé George Kaplan, personnification parfaite du MacGuffin hitchcockien — tout le monde le cherche, mais il n’est qu’un leurre, une ombre, et ce sont bien ceux qui le cherchent, leur duplicité et leurs traîtrises, qui forment le vrai nœud de l’intrigue. La Mort aux trousses traduit donc ce goût du "tourisme" à l’œuvre chez Hitchcock, où l’on passe de New York à Chicago puis à Rapid City, de la ville à un champ de maïs et aux fameuses statues représentant les Présidents améri

Continuer à lire

Le Crime est toujours parfait

ECRANS | Cinéaste avide d’innovations en général et de nouveautés techniques en particulier, Alfred Hitchcock fut tout naturellement titillé par l’arrivée dans les années (...)

Christophe Chabert | Mardi 13 mai 2014

Le Crime est toujours parfait

Cinéaste avide d’innovations en général et de nouveautés techniques en particulier, Alfred Hitchcock fut tout naturellement titillé par l’arrivée dans les années 50 de la 3D. Car, rappelons-le à nos lecteurs les plus jeunes, la 3D ne date pas des expérimentations de Robert Zemeckis et d’Avatar, mais a connu plusieurs vagues qui se sont toutes fracassées sur les contraintes de projection et sur le désintérêt du public. Grâce au numérique, ces films longtemps vus "à plat" peuvent donc renaître dans leur relief originel ; c’est le cas du Crime était presque parfait, tourné par Hitch en 1954 alors que le procédé est déjà à bout de souffle. Tiré d’une pièce de théâtre, le film est du pur Hitchcock période américaine, où un tennisman monte un plan diabolique pour faire assassiner sa femme et éviter que celle-ci le quitte avec leurs économies. Sauf que c’est elle qui finit par tuer celui qui devait la faire passer de vie à trépas… Grace Kelly — aussi à l’honneur cette semaine sous les traits de Nicole Kidman dans la bio d’Olivier Dahan — joue l’épouse et Ray Millan

Continuer à lire

Lumière 2013, jour 6 : C’est la fin

ECRANS | Monika d’Ingmar Bergman. Harold et Maude de Hal Ashby. Scarface de Brian De Palma.

Christophe Chabert | Lundi 21 octobre 2013

Lumière 2013, jour 6 : C’est la fin

À rebours de tout ce que l’on a fait pendant cinq jours, cette dernière journée du festival Lumière 2013 nous a permis de laisser tomber les raretés hasardeuses de la programmation qui furent notre pain quotidien cette semaine pour aller se laver les yeux devant quelques valeurs sûres, et finir ainsi en beauté une édition dont on tirera un rapide bilan en fin de billet. Ce dimanche de cinéphilie débridée occasionna même quelques regrets. En découvrant la splendide copie restaurée par StudioCanal de Monika, on s’est dit que l’on aurait bien vu plus de Bergman au cours du festival. Heureusement, on apprit le soir même que l’Institut Lumière comptait reprendre, début 2014, une partie de son œuvre — on y sera, cette fois. Le film, on l’avait un peu oublié, ou plutôt on l’avait enfoui sous un tas de références et citations : le regard caméra d’Harriet Anderson tant loué par Jean-Luc Godard dans les colonnes des Cahiers du cinéma — en fait, il y a deux regards caméra à la fin du film, et tous deux sont absolument bouleversants ; la photo de l’actrice que le jeune Jean-Pierre Léaud arra

Continuer à lire

Lumière 2013, jour 5. Adieux

ECRANS | Le Vent se lève, il faut tenter de vivre d’Hayao Miyazaki. The Outfit de John Flynn.

Christophe Chabert | Dimanche 20 octobre 2013

Lumière 2013, jour 5. Adieux

Fatigue + rhume = programme allégé, comme on disait hier. Deux films seulement pour ce cinquième et avant-dernier jour, mais un très gros morceau au programme, le dernier Miyazaki, présenté en avant-première pour le 25e anniversaire des studios Ghibli qui, en fait, n’en ont que 23, comme l’a expliqué en ouverture le directeur de Disney France… Le festival aura tenté de faire venir le maître sans succès, se contentant de la première française du film. Avant d’y revenir, parlons un peu de John Flynn, à qui le festival consacrait un double programme avec The Outfit et Rolling thunder. On avait découvert le second lors de Lumière 2010, et on avait été impressionné par sa sécheresse, ses explosions de violence, et son propos audacieux sur l’impossible réinsertion des anciens du Vietnam, dans la lignée de Taxi Driver. Ce qui n’est pas un hasard puisque les deux films ont un scénariste commun, l’inégal Paul Schrader, ici sur le territoire qui lui réussit le mieux : celui de l’exploration des failles de l’Amérique, adoptant le regard du candide qui, peu à peu, d

Continuer à lire

Lumière 2013, jour 4. Les lendemains qui déchantent

ECRANS | Chronique Morave de Vojtech Jasny. Cœurs d’occasion de Hal Ashby. Mise à sac d’Alain Cavalier.

Christophe Chabert | Samedi 19 octobre 2013

Lumière 2013, jour 4. Les lendemains qui déchantent

Ce cinquième festival Lumière s’avère définitivement un excellent cru, qui aura juste été gâché par les miasmes automnaux. On en a fait les frais mais, si l’on en croit les quintes de toux et autres éternuements entendus tout au long des projections, ils n’auront pas épargné grand monde. Du coup, on allège un peu le programme des derniers jours, histoire d’aller au bout en un seul morceau — et surtout, d’être frais pour un des très gros morceaux de l’édition, l’avant-première française du dernier Miyazaki. La quatrième journée du festival avait débuté avec une des «raretés» siglées comme telle dans le programme : Chronique morave du Tchèque Vojtech Jasny. Jasny est surtout connu pour un autre film, Un soir un chat, emblématique d’une nouvelle vague tchèque qui est aussi une source inépuisable de redécouvertes passionnantes. Chronique morave est effectivement une œuvre très ambitieuse, qui accompagne une dizaine de personnages dans un petit village entre 1945 et 1958, c’est-à-dire au moment de la collectivisation forcée des terres. Tou

Continuer à lire

Lumière 2013, jour 3. Guerres.

ECRANS | Nos plus belles années de Sydney Pollack. Hitler : dead or alive de Nick Grinde. The War zone de Tim Roth.

Christophe Chabert | Vendredi 18 octobre 2013

Lumière 2013, jour 3. Guerres.

Comme on l’a dit au jour 1 de ce festival, c’est au premier rang que l’on a choisi de faire la majorité des séances Lumière 2013. Ce qui évite d’ailleurs de jouer des coudes pour récupérer une place miraculeusement laissée vacante et pas trop proche de l’écran, dans des salles qui ne désemplissent pas. L’expérience, hélas ! n’a pas joué en la faveur de Nos plus belles années, pour l’instant une des rares déceptions de la programmation. Le film de Pollack a pourtant une aura mythique, et son réalisateur, sous l’impulsion passionnée de Pierre Berthomieu, est en train de gagner une incontestable légitimité posthume, par-delà l’étiquette qui lui a souvent été accolée de cinéastes pour grandes fresque académiques. Nos plus belles années n’en est pas une, même si il flirte outrageusement avec un néo-classicisme anachronique pour l’époque — le Nouvel Hollywood des années 70. Le titre (français) et le film lui-même font référence à une œuvre de William Wyler, Les Plus belles années de notre vie, filiation qui ne tient pas du clin d’œil, mais surtout d’un désir esthétique et rom

Continuer à lire

Lumière 2013, jour 2. Civilisations.

ECRANS | Sleeping beauty de James B. Harris. High school confidential de Jack Arnold. Pain et Chocolat de Franco Brusatti. Cutter’s way d’Ivan Passer.

Christophe Chabert | Jeudi 17 octobre 2013

Lumière 2013, jour 2. Civilisations.

Dans tout bon festival de cinéma qui se respecte, il faut des grands films, mais aussi au moins un navet, un truc vraiment foireux qui va venir légitimer la valeur de tous les autres. C’est d’autant plus vrai dans un festival consacré au patrimoine cinématographique, où le double tri pratiqué par le passage du temps mais aussi par la réception et la réputation des œuvres laisse à penser qu’aucun mouton noir n’a pu se glisser entre les mailles du filet. C’est pourtant le cas avec Sleeping beauty de l’estimable James B. Harris, dont on attendait beaucoup pour un tas de raisons. En introduction de son film, Harris, 85 ans, a raconté sur le ton de la blague que lors des projections à l’époque (1973), on avait dû installer des signaux pour indiquer la sortie aux spectateurs mécontents. Désolé, James, mais le temps n’a rien changé à l’affaire et au bout d’une heure d’ennui abyssal, on a fait de même, traversant la salle de l’Institut Lumière pour aller se payer un salutaire café. Sleeping beauty est cramé dès sa scène pré-générique, où un couple déa

Continuer à lire

Lumière 2013, jour 1. Le Malheur

ECRANS | Manille de Lino Broka. Le Bonheur de Marcel L’Herbier. La Dernière Corvée de Hal Ashby.

Christophe Chabert | Mercredi 16 octobre 2013

Lumière 2013, jour 1. Le Malheur

Posons d’abord comme principe de ce blog qu’ici, on ne parlera que de cinéma et de rien d’autre. L’ambiance ? On s’en fout. L’hystérie autour de Tarantino ? De l’hystérie, donc rien qui vaille le coup de s’y arrêter. La météo ? Dégueulasse, et on a tout dit. De toute façon, la seule chose qui compte dans un festival de cinéma, ce sont les films, les films, les films, et encore les films. On pourrait passer la totalité du truc emmitouflé dans une parka à ne parler à personne dans une discipline de moine bouddhiste, ça nous irait très bien. On se colle le nez à l’écran — premier rang, rien d’autre — et on se prend ou pas le film dans la gueule. Test définitif. La preuve, aujourd’hui, rien ne nous a vraiment scotché, sinon des instants de mise en scène, des idées de cinéma, des talents épars. Exemple avec Manille de Lino Brocka, film très attendu car longtemps invisible, comme la totalité de l’œuvre de ce cinéaste philippin un peu oublié. L’exhumation de Manille est le fruit conjoint des efforts de Pierre Rissient, ami de Brocka qui en possédait les négatifs, de la World Cinema Foundation qu

Continuer à lire

Nuits Lumière à la Plateforme

ECRANS | Pour les festivaliers point encore éreintés par une journée de films ou pour les simples spectateurs cherchant à approcher dans un cadre convivial les invités (...)

Christophe Chabert | Lundi 14 octobre 2013

Nuits Lumière à la Plateforme

Pour les festivaliers point encore éreintés par une journée de films ou pour les simples spectateurs cherchant à approcher dans un cadre convivial les invités de Lumière 2013, les Nuits Lumière de la Plateforme ouvrent leurs portes ce soir à partir de 22h et jusqu'à dimanche à La Plateforme. Avec cette année un vrai programme et des thématiques tous les soirs. Lundi, ce sera l'Opening Party avec Robert Lapassade ; Mardi, une grande soirée blind test ; Mercredi, une soirée Flashback avec Maria Rockmore ; Jeudi, la Nuit Electronic Spirit avec Thylacine et Gisèle ; Vendredi, une Nuit spéciale Tarantino par le bien nommé Mr White ; Samedi, une soirée Bang Bang par Le Tourne Disque ; et enfin, dimanche, la Closing party conduite par Tatie Charby.

Continuer à lire

Home sweet home

MUSIQUES | Après quelques mois de travaux et autant de temps d’exil pour ses musiciens, l'Orchestre National de Lyon revient chez lui, à l'Auditorium. Pour fêter (...)

Pascale Clavel | Vendredi 11 octobre 2013

Home sweet home

Après quelques mois de travaux et autant de temps d’exil pour ses musiciens, l'Orchestre National de Lyon revient chez lui, à l'Auditorium. Pour fêter l’événement, Leonard Slatkin a concocté un moment de musique qui promet d'éclabousser plus d’un spectateur : deux soirées Tchaïkovski d’une grande et belle densité, l'une autour de son célèbre Concerto pour piano n°1, que magnifiera le  jeune et brillantissime pianiste russe Andeï Korobeïnikov, l'autre centrée sur son hypnotique Symphonie n° 5, sinistre et néanmoins d’une élégance absolue. Ce sont là deux œuvres déjà bien inscrites dans l’inconscient collectif que programme l'ONL, déroulant au passage l’un des fils rouges de sa saison, celui consacré aux compositeurs russes. Le concerto, pourtant méprisé dès l’origine par le pianiste Nikolaï Rubinstein - qui déclarait sans honte que cette musique était simplement mauvaise - est en effet devenu vite populaire. Leonard Slatkin ne pouvait en trouver meilleur interprète que le prodige Korobeïnikov. Vainqueur du concours Tchaïkovski en 2003, il est un musicien hors normes et hors conventions, un virtuos

Continuer à lire

Les deux vies de James B. Harris

ECRANS | «Laisse-moi te citer quelques noms : Jack Hanson, Chick Nadell, James B. Harris, Ted Jaffe, Russ Pearce… (…) Tous victimes de cambriolages, tous des (...)

Christophe Chabert | Vendredi 11 octobre 2013

Les deux vies de James B. Harris

«Laisse-moi te citer quelques noms : Jack Hanson, Chick Nadell, James B. Harris, Ted Jaffe, Russ Pearce… (…) Tous victimes de cambriolages, tous des hommes mariés trop gênés pour avouer qu’ils ont ramené des radasses à la casa et qu’à cause de ça, ils se sont fait dévaliser…». C’est un passage de Tijuana mon amour, nouvelle de James Ellroy autour d’un collecteur de ragots pour un  journal à scandales nommé L’Indiscret. Pourquoi Ellroy balance-t-il, au milieu de quelques oubliés d’Hollywood, le nom de James B. Harris ? Est-ce parce qu’il n’a pas digéré les libertés prises par le cinéaste avec son Blood on the Moon, qu’il adapta sous le titre de Cop avec James Woods dans le rôle du flic torturé (mais moins que dans le bouquin, c’est vrai) Lloyd Hopkins ? Si Ellroy prétend que James B. Harris a eu une double vie (privée), on sait en revanche qu’en matière de cinéma, il a eu deux vies : la première en tant que producteur pour Stanley Kubrick su

Continuer à lire

Le film de casse selon Cavalier

ECRANS | Découvrir le film le plus rare d’un de nos cinéastes préférés, en sa présence : le festival Lumière ne pouvait nous faire plus plaisir qu’en programmant Mise à sac (...)

Christophe Chabert | Vendredi 11 octobre 2013

Le film de casse selon Cavalier

Découvrir le film le plus rare d’un de nos cinéastes préférés, en sa présence : le festival Lumière ne pouvait nous faire plus plaisir qu’en programmant Mise à sac d’Alain Cavalier. Il faut aussi remercier la Cinémathèque française, qui a choisi le film dans le cadre de l’invitation qui lui a été lancée. Mise à sac appartient à la première période de Cavalier, celle où il laisse parler son goût pour les genres cinématographiques, et ce film de casse à l’échelle d’une ville toute entière lui permet de collaborer à l’écriture avec un autre cinéaste qui débuta dans le polar avant d’inventer un cinéma à son image, Claude Sautet. Surtout, Mise à sac est la transposition d’un roman de Richard Stark, The Score (En coupe réglée, en français) qui appartient à sa série racontant les aventures d’un cambrioleur nommé Parker. Derrière le pseudo de Stark se cache l’immense Donald Westlake, et ce héros-là, rebaptisé Georges et incarné par Michel Constantin chez Cavalier, connaîtra une sacrée postérité cinématographique, puisque Lee Marvin — dans Le Point de non-retour — Mel G

Continuer à lire

Tarantino et les glorieux inconnus du cinéma

ECRANS | Au sein de sa pléthorique programmation, et grâce à l’implication de son Prix Lumière Quentin Tarantino, le festival Lumière fait la part belle aux redécouvertes. Cinéastes, acteurs et même chefs opérateurs, voici quelques-uns de ces soldats méconnus du septième art qui auront droit à leur part de Lumière… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 10 octobre 2013

Tarantino et les glorieux inconnus du cinéma

En se choisissant comme Prix Lumière 2013 Quentin Tarantino, le festival du même nom a ouvert la boîte de Pandore. Non seulement Tarantino sera honoré, fêté, célébré, acclamé, non seulement l’intégralité de son œuvre sera présentée au public — dans des copies 35 mm, exigence non négociable du cinéaste lui-même — mais, en plus, il est allé fouiller le coffre à trésors de son château sur Hollywood Hills pour en ramener quelques films oubliés, réunis dans ce que le festival a nommé «un voyage personnel de Quentin Tarantino à travers le cinéma». La cinéphilie du réalisateur de Pulp fiction est du genre éclectique, mais il a ce goût de la perle rare et de l’œuvre que personne d’autre que lui ne connaît. Ce plaisir-là transparaît dans ses films, qui accumulent les références et les citations, faisant réapparaître à la surface le souvenir d’un petit maître laissé pour compte par les historiens du cinéma ou, plus fort encore, d’un acteur depuis longtemps relégué au second, troisième ou dernier plan, et qu’il remet au centre de l’écran. Qui connaissait vraiment Michael Parks avant que Tar

Continuer à lire

Michael Cimino de retour à Lumière

ECRANS | Après son triomphe l'an dernier pour la présentation de La Porte du Paradis en clôture du festival, Michael Cimino sera de retour pour l'édition 2013 de Lumière (...)

Christophe Chabert | Mardi 8 octobre 2013

Michael Cimino de retour à Lumière

Après son triomphe l'an dernier pour la présentation de La Porte du Paradis en clôture du festival, Michael Cimino sera de retour pour l'édition 2013 de Lumière afin de présenter la copie restaurée de Voyage au bout de l'enfer, mais aussi, comme il l'a indiqué lors d'un message envoyé au festival, "pour être là en personne afin de féliciter Quentin Tarantino pour son Prix Lumière". Pour ceux que cela intéresse, rappelons que Cimino nous avait accordé une interview lors de sa dernière venue à l'Institut Lumière à l'occasion de la rétrospective qui lui était consacrée, que vous pouvez lire ici.

Continuer à lire

Lumière s’annonce brillant

ECRANS | Ouverture ce lundi du cinquième festival Lumière, avec d’ores et déjà un engouement exceptionnel lié à la venue de Quentin Tarantino. Mais il ne sera pas le seul invité prestigieux de cette édition… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 4 octobre 2013

Lumière s’annonce brillant

Une heure pour les 3000 places du Prix Lumière, deux pour les 4600 places de la Halle et la clôture du festival. C’est le temps qu’il a fallu pour que les deux séances de Lumière 2013 rendant hommage à Quentin Tarantino affichent sold out, record qui n’est pas lié à la rareté des films présentés — Jackie Brown et Pulp fiction — mais bien à la présence du maître Quentin, sorte de cinéaste-cinéphile-DJ dont on murmure qu’il ira se mettre aux platines du Sucre après la remise de son prix ! Car si certains se lamentent de n’avoir pu récupérer un précieux ticket pour voir leur idole en chair et en os, qu’ils soient rassurés : Tarantino sera omniprésent au cours du festival, dirigeant sa version de la Sortie de l'usine Lumière et allant présenter les films qu’il a choisis dans sa «Proposition», mélange de curiosités absolues — Hitler dead or alive, Le Justicier du Minnesota, western post-Django de Corbucci, Le Spécialiste du même Corbucci avec notre Johnny national, Le Déserteur, film soviétique daté 1939 que Tarantino voulait absolument vo

Continuer à lire

Pulp fiction en clôture de Lumière - Actualisée

ECRANS | Sans grande surprise pour ceux qui avaient étudié attentivement le programme, c'est Pulp fiction et son réalisateur Quentin Tarantino qui viendront mettre (...)

Christophe Chabert | Mardi 24 septembre 2013

Pulp fiction en clôture de Lumière - Actualisée

Sans grande surprise pour ceux qui avaient étudié attentivement le programme, c'est Pulp fiction et son réalisateur Quentin Tarantino qui viendront mettre le point final au festival Lumière 2013, le dimanche 20 octobre à 15h à la Halle Tony Garnier. Le film, Palme d'or au festival de Cannes en 1994, a imposé le cinéaste sur le plan international, et n'a pas pris une ride depuis sa sortie. Les places seront en vente à partir de ce mercredi 25 septembre à 13h et, si tout se passe comme pour le Prix Lumière, elles devraient partir comme des petits pains. Et on ne s'y est pas trompé : les 4600 places de la Halle sont parties en deux heures top chrono ! Impressionnant, et sans doute désespérant pour ceux qui espéraient entrapercevoir le maître Tarantino. On leur donne un petit conseil d'ami : allez simplement voir des films à Lumière, il y a de fortes chances que vous l'y croisiez, et sans dotue pas très loin de là où vous serez assis…

Continuer à lire

Ça bouge chez les classiques

MUSIQUES | Signe d’une grande et belle vitalité artistique, cette saison encore les plus grands interprètes seront à Lyon. De Grame à l’Auditorium en passant par l’Opéra, Piano à Lyon et tant d’autres, tous s’y mettent pour proposer à public exigeant toujours plus, encore mieux. Petit tour d’horizon… Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 20 septembre 2013

Ça bouge chez les classiques

Quelle autre ville que Lyon peut s’enorgueillir d’abriter en son sein autant de propositions musicales généreuses et surprenantes ? Pour son 31e Festival de musique baroque, Eric Desnoues surprend encore et fait venir à Lyon les immenses Savall (le 12 octobre à la Chapelle de la Trinité), Jaroussky (le 12 décembre), Minkowski (le 15 avril) et Herrweghe (le 11 juin). Cerise sur le gâteau, il accueillera le 20 mars le chef d’orchestre japonais Masaaki Suzuki, qui dirigera des cantates de Bach. Suzuki à la baguette et le Kapellmeister renait de ses cendres. Piano à Lyon, qui se délocalise pour une saison salle Rameau, offre de son côté dix concerts de haute volée, Jérôme Chabanne ayant tissé un programme où anciens et nouveaux se croisent. Gautier Capuçon et son complice Frank Braley reviendront ainsi ébouriffer le public lyonnais le 7 février tandis que l’hypnotique Alexandre Tharaud se frottera à l’Adagietto de la 5e symphonie de Mahler - qu’il a lui même transcrit pour piano - le 24 avril. Les Percussions Claviers de Lyon, quant à

Continuer à lire

Jackie Brown pour accompagner le Prix Lumière à Tarantino - Actualisée

ECRANS | C’est finalement Jackie Brown, troisième film de Quentin Tarantino, adapté du regretté Elmore Leonard et qui réunissait la star de la blaxploitation Pam (...)

Christophe Chabert | Mercredi 18 septembre 2013

Jackie Brown pour accompagner le Prix Lumière à Tarantino - Actualisée

C’est finalement Jackie Brown, troisième film de Quentin Tarantino, adapté du regretté Elmore Leonard et qui réunissait la star de la blaxploitation Pam Grier, le fidèle Samuel L. Jackson mais aussi Robert De Niro, Bridget Fonda, Michael Keaton et Robert Forster, qui sera projeté le vendredi 18 octobre à l’Amphithéâtre-Centre de Congrès de Lyon, pour accompagner la remise du Prix Lumière à son réalisateur. La soirée commencera à 19h45 par la remise du Prix et la projection aura lieu à 21h30 après une entracte. La billetterie, ouverte ce jeudi à 13h, a été littéralement prise d'assaut, si bien que toutes les places sont parties en quelques heures ! Le festival annonce toutefois que quelques unes seront sans doute remises en vente le soir-même à l'Amphithéâtre.

Continuer à lire

Ghibli fête sa révolution

ECRANS | C’est la dernière annonce (fracassante) du festival Lumière : comme le lapin sorti du chapeau, un hommage aux studios Ghibli du grand Hayao Miyazaki, qui (...)

Christophe Chabert | Vendredi 13 septembre 2013

Ghibli fête sa révolution

C’est la dernière annonce (fracassante) du festival Lumière : comme le lapin sorti du chapeau, un hommage aux studios Ghibli du grand Hayao Miyazaki, qui fêtent en 2013 leurs 25 ans. Miyazaki a jeté un petit froid au festival de Venise ; alors que son dernier film, Le Vent se lève… il faut tenter de vivre, était en compétition — d’où il est, au passage, reparti bredouille — le maître annonça sa retraite de réalisateur. Certes, tel un compagnon de la chanson, il n’en est pas à sa première tentative — depuis Chihiro au moins, il annonce son envie de raccrocher les pinceaux et la caméra — mais cette fois, ça a l’air sérieux. Quoiqu’il en soit, le patrimoine Ghibli est énorme, et le travail accompli par Miyazaki représente une révolution incontestable dans le domaine du cinéma animé. Abordant des thèmes nouveaux — la menace qui pèse sur l’écologie, la guerre — à travers le prisme de l’enfance ou du merveilleux, poussant l’interpénétration entre le réel et le fantastique jusqu’à les rendre indissociables, il a bâti une mythologie qui n’appartient qu’à lui, imposant un trait là encore extrêmement perso

Continuer à lire

Lumière 2013, festival déchaîné

ECRANS | On en sait désormais un peu plus sur la programmation du festival Lumière 2013 où, faut-il le rappeler, Quentin Tarantino sera à l’honneur. Bergman, Verneuil, Ashby, des films noirs rarissimes, des projections événements, des raretés restaurées et des invités de choix ; cette édition s’annonce définitivement colossale. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 28 août 2013

Lumière 2013, festival déchaîné

Déjà alléchante lors de sa présentation avant la trêve estivale, l’édition 2013 du festival Lumière revient en septembre fraîche et bien bronzée avec cette fois une programmation détaillée de l’ensemble de ses sections. Il y a évidemment le Prix Lumière remis à Tarantino, avec l’intégrale de son œuvre plus une carte blanche dont le contenu est encore en cours de finition, l’ami Quentin ayant choisi des films visiblement cotons à dégoter… Il y a ensuite une nuit consacrée aux Monty Python avec là encore la totalité de leur filmographie collective — Sacré Graal, La Vie de Brian, Le Sens de la Vie et leur Première folie, recueil des sketchs du Flying Circus… Très attendue, la rétrospective Bergman s’annonce comme un des gros morceaux du festival : la sélection des films traduit un désir de balayer l’œuvre, avec ses sommets incontournables — Monika, Le Septième Sceau, La Source, Persona, Sonate d’Automne, Les Communiants, Scènes de la vie conjugale, Les Frai

Continuer à lire

Présentation du festival Lumière

ECRANS | Vous le savez, le cinéphile et de plus en plus radical Quentin Tarantino sera à l'honneur de la prochaine édition du festival Lumière, qui se tiendra du 14 au (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 22 août 2013

Présentation du festival Lumière

Vous le savez, le cinéphile et de plus en plus radical Quentin Tarantino sera à l'honneur de la prochaine édition du festival Lumière, qui se tiendra du 14 au 20 octobre. Mais quid du reste du programme ? Pour s'en faire une idée, vous pouvez soit relire l'avant-papier rédigé par nos soins au moment de l'annonce du festival, soit vous procurer à sa sortie notre numéro 722 (daté du 4 septembre), soit assister, sur simple inscription au 04 78 78 18 85, à l'une des huit soirées de présentation qu'animera Maelle Arnaud, programmatrice de l'Institut Lumière. En voici les dates : Mardi 10 septembre à 19h et 20h30Jeudi 12 septembre à 19h et 20h30Samedi 14 septembre à 11h30Jeudi 3 octobre à 19h et 20h30Mardi 8 octobre à 19h

Continuer à lire

Tarantino : glourious basterd

ECRANS | En choisissant Quentin Tarantino pour recevoir le cinquième Prix Lumière, le festival Lumière, qui aura lieu du 14 au 20 octobre prochain, frappe un grand coup, dans une édition placée sous le signe de la "célébration du 35 mm". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 21 juin 2013

Tarantino : glourious basterd

Au terme d’un suspens soigneusement orchestré, c’est sous des hurlements de joie qu’a été annoncé le nom du cinquième Prix Lumière, qui sera remis le 18 octobre prochain (avec, au passage, un petit changement de date, la cérémonie ayant lieu le vendredi et non plus le samedi) : Quentin Tarantino. Le cinéaste avait le profil parfait pour le recevoir, tant il mène une œuvre singulière et, son Django unchained l’a prouvé, sans doute déjà à son apogée ; mais il est aussi un cinéphile fervent, qui travaille à la redécouverte de films et d’auteurs oubliés, devenant au fil du temps, avec Martin Scorsese, un des plus grands défenseurs du patrimoine cinématographique. Ses trois derniers films — Boulevard de la mort, Inglourious Basterds et Django unchained — ont aussi démontré quelle haute idée Tarantino se faisait du cinéma et de son histoire, ceux-ci étant capables de venir panser les plaies de l’Histoire elle-même, inventant une sorte d’uchronie où les minorités persécutées — femmes, juifs ou noirs — prenaient une revanche sur leurs oppresseurs via leurs doubles de celluloïd. Le 35 mm fait de la résistance C’est aussi un d

Continuer à lire

Quentin Tarantino : un Prix Lumière cinéphile et fédérateur

ECRANS | En choisissant Quentin Tarantino pour recevoir le cinquième Prix Lumière, le festival Lumière, qui aura lieu du 14 au 20 octobre prochain, frappe un grand coup, dans une édition placée sous le signe de la «célébration du 35 mm». Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 20 juin 2013

Quentin Tarantino : un Prix Lumière cinéphile et fédérateur

Au terme d’un suspens soigneusement orchestré, c’est sous des hurlements de joie qu’a été annoncé le cinquième Prix Lumière, qui sera remis le 18 octobre prochain (avec, au passage, un petit changement de date, la cérémonie ayant lieu le vendredi et non plus le samedi) à rien moins que Quentin Tarantino. Le cinéaste avait le profil parfait pour le recevoir, tant il mène une œuvre singulière et, son Django unchained l’a prouvé, sans doute déjà à son apogée ; mais il est aussi un cinéphile fervent, qui travaille à la redécouverte de films et d’auteurs oubliés, devenant au film du temps, avec Martin Scorsese, un des plus grands défenseurs du patrimoine cinématographique. Ces trois derniers films — Boulevard de la mort, Inglourious Basterds et Django unchained — ont aussi démontré quelle haute idée Tarantino se faisait du cinéma et de son histoire, ceux-ci étant capables de venir panser les plaies de l’Histoire elle-même, inventant une sorte d’uchronie où les minorités persécutées — femmes, juifs ou noirs — prenaient une revanche sur leurs

Continuer à lire

Quentin Tarantino, Prix Lumière 2013

ECRANS | Ca y est, on connait enfin le nom du prochain récipiendaire du prestigieux Prix Lumière : c'est Quentin Tarantino qui succède à Clint Eastwood, Milos Forman, (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 20 juin 2013

Quentin Tarantino, Prix Lumière 2013

Ca y est, on connait enfin le nom du prochain récipiendaire du prestigieux Prix Lumière : c'est Quentin Tarantino qui succède à Clint Eastwood, Milos Forman, Gérard Depardieu et Ken Loach. Le réalisateur sera évidemment présent au Festival Lumière 2013 (qui se tiendra, pour rappel, du 14 au 20 octobre) pour recevoir sa distinction.

Continuer à lire

Une fête au diapason

MUSIQUES | Le 21 juin, à moins d'être complètement sourd, on sent bien qu’il se passe quelque chose, que la musique est partout, qu’elle remplit les moindres espaces (...)

Pascale Clavel | Jeudi 13 juin 2013

Une fête au diapason

Le 21 juin, à moins d'être complètement sourd, on sent bien qu’il se passe quelque chose, que la musique est partout, qu’elle remplit les moindres espaces publics, qu’elle traverse les pores des peaux les plus imperméables, qu’elle se veut universelle, fraternelle voire conviviale. La musique dite classique, qui a longtemps boudé l’affaire, s’y colle depuis peu et quelques rares propositions valent le coup d’être écoutées cette année. Il faut d'abord chercher du côté de l’Auditorium pour tomber sur une programmation simple, drôle et décalée. En deux fois quarante-cinq minutes, le centre commercial de la Part-Dieu vibrera en effet, grâce à lui, aux sons du "cancan" de Jacques Offenbach, se pliera aux rythmes endiablés des suites d’orchestre de L’Arlésienne de Georges Bizet. Au beau milieu de ce temple de la consommation, Leonard Slatkin et l’Orchestre National de Lyon donnent rendez-vous à tous ceux qui passent par là, pour un vrai moment de joie musicale, à midi et à 18h, comme un petit moment d’apéritif en suspend. Si vous aimez l’orgue, rendez-vous plutôt au CNSMD, p

Continuer à lire

L’invention du tube

MUSIQUES | Leonard Slatkin a un rêve : enregistrer toute l’œuvre avec orchestre de Ravel. Ce pari fou est déjà bien avancé, l’intégrale se fabriquant chez Naxos au fil (...)

Pascale Clavel | Lundi 6 mai 2013

L’invention du tube

Leonard Slatkin a un rêve : enregistrer toute l’œuvre avec orchestre de Ravel. Ce pari fou est déjà bien avancé, l’intégrale se fabriquant chez Naxos au fil des saisons. En novembre, nous avons pu en entendre deux extraits, L’Heure espagnole et L’Enfant et les Sortilèges, deux délicieux opéras interprétés pour l'occasion en version concert. Pour les deux soirées à venir, tubes garantis avec le très (trop ?) connu Boléro de Ravel, La Mer de Debussy et quelques pages musicales plus intimes mais tout aussi exaltantes. Par exemple Pavane pour une infante défunte et Rapsodie espagnole, pièces dans lesquelles Ravel déploie tout son génie de coloriste, livrant le portrait d'une Espagne féérique. Quant au Boléro, Ravel disait de lui qu’il devrait porter en exergue : «Enfoncez-vous bien cela dans la tête». Et le compositeur d’expliquer : «en 1928, sur la demande de Mme Rubinstein, j'ai composé un boléro pour orchestre. C'est une danse d'un mouvement très modéré et constamment uniforme… Le seul élément

Continuer à lire

Dietrich, sans alibi

ECRANS | Redécouvrir Le Grand alibi (Stage fright) cette semaine à l’Institut Lumière, c’est comme ramasser plusieurs actualités cinématographiques dans une même reprise ! (...)

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Dietrich, sans alibi

Redécouvrir Le Grand alibi (Stage fright) cette semaine à l’Institut Lumière, c’est comme ramasser plusieurs actualités cinématographiques dans une même reprise ! D’abord, la rétrospective consacrée à Marlene Dietrich par ledit Institut, dont le cœur réside bien entendu dans la longue et fructueuse collaboration entre l’actrice et Joseph Von Sternberg, mais où l’on pourra constater qu’elle a aussi travaillé avec tout ce que son temps comptait de réalisateurs géniaux (Walsh, Wilder, Welles, Lubitsch, Lang…). Et donc Hitchcock, dont Sacha Gervasi vient de livrer un portrait amusant dans le biopic du même nom, et qui revient hanter cette semaine le cinéma de son plus grand émule Brian De Palma. Ceci étant dit, Le Grand alibi, puisque c’est de ça qu’on cause, est resté comme un des films les plus retors du maître Alfred. Il repose sur un twist final qui non seulement vient révéler la vérité aux yeux du spectateur, mais surtout vient trahir les mensonges volontaires du metteur en scène. C’est une des premières fois au cinéma où l’image ment sciemment, où

Continuer à lire

1 Ravel, 2 opéras

MUSIQUES | L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges, les deux opéras en un acte de Ravel, ne sont que très rarement donnés et encore plus rarement programmés (...)

Pascale Clavel | Jeudi 17 janvier 2013

1 Ravel, 2 opéras

L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges, les deux opéras en un acte de Ravel, ne sont que très rarement donnés et encore plus rarement programmés ensemble dans une même soirée. Précipitons-nous donc à l’Auditorium les 24 et 26 janvier prochains pour entendre ces deux petits bijoux bouffis de poésie et de drôlerie. L’Heure espagnole, comédie musicale enlevée, a été créée à l’opéra comique en 1911. L’intrigue en est simple : une Espagnole veut profiter de l’heure d’absence hebdomadaire de son mari pour inviter ses amants. L’Enfant et les sortilèges, sur un livret de Colette, est une fantaisie lyrique savoureuse et décalée. Ces deux opéras sont proposés en version concert, ce qui peut paraitre étonnant lorsqu’on sait que la mise en scène souvent magnifie une œuvre lyrique. Le procédé peut cependant se révéler très efficace si la distribution est parfaite, l’auditeur se concentrant alors sur l’essence même de la musique. Pour ce programme attendu (et qui s’exportera dès le 29 janvier à la salle Pleyel à Paris), celle imaginée par Leonard Slatkin s'avère très cohérente. Musicalement, les deux opéras montrent comment Ravel s’inspire

Continuer à lire

Slatkin trouve l’ouverture

MUSIQUES | Le nouveau directeur musical de l’Orchestre national de Lyon, Leonard Slatkin, a mijoté une saison qui tranche avec le passé. Pour l’ouverture, il a pris le pari audacieux de faire sonner le Requiem de Berlioz. Œuvre d’une puissance exceptionnelle et d’une religiosité toute singulière. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 24 août 2012

Slatkin trouve l’ouverture

On ne l’attendait pas là ce Requiem. Peut-être pouvions-nous l’imaginer quelque part dans la saison, entre une œuvre symphonique et un concerto pour piano... Mais c’est peut-être cela le style Slatkin : un langage direct, un geste musical vigoureux et subtil à la fois. On connait son amour pour la musique américaine contemporaine, son penchant pour la musique française du début du XXe siècle. Nous ne connaissions pas encore le chef d’orchestre amoureux d’oratorio, prenant à bras le corps l’un des monuments de la musique religieuse d’une époque romantique en pleine révolution orchestrale. Slatkin et Berlioz réunis, c’est 350 musiciens sur scène, une masse orchestrale imposante, une fanfare de cuivres et des choristes comme s’il en pleuvait : le Chœur de Lyon-Bernard Tétu, un ensemble de Washington, un chœur de Londres. Que connaissent les mélomanes de Berlioz ? Son extravagante chevelure, son tempérament volcanique, sa Symphonie fantastique, son Traité d’harmonie, mais son Requiem, beaucoup moins. En pleine époque romantique, là où les sentiments les plus exacerbés s’expriment, Berlioz apparait comme LE compositeur providentiel même s

Continuer à lire

Une vie de cinéma

ECRANS | Alfred Hitchcock, une vie d’ombres et de lumière, l’ouvrage massif (plus de mille pages) de Patrick McGilligan traduit en français et co-édité par Actes Sud (...)

Christophe Chabert | Dimanche 9 janvier 2011

Une vie de cinéma

Alfred Hitchcock, une vie d’ombres et de lumière, l’ouvrage massif (plus de mille pages) de Patrick McGilligan traduit en français et co-édité par Actes Sud et l’Institut Lumière, n’est pas la première biographie consacrée à Hitchcock. Mais, à n’en pas douter, elle est la plus complète. La somme monumentale de documents, entretiens, anecdotes et notes internes qu’utilise l’auteur a de quoi laisser pantois, ses analyses sur les participants à chaque film aussi, tout comme son habileté à passer sans arrêt de la vie à l’œuvre, des films à leurs conditions parfois acrobatiques de production. Allant jusqu’à croiser des sources parfois contradictoires (et souvent sciemment rendues confuses par les déclarations d’Hitchcock, qui réécrivait sa propre légende au gré des interviews) pour essayer d’en tirer des certitudes, McGilligan lève quelques lièvres jusqu’ici tenus secrets (l’impuissance du cinéaste et ses conséquences : la révélation la plus spectaculaire du livre). Mais là n’est pas l’essentiel, même si cela contribue au plaisir de la lecture ; McGilligan tord le cou à de nombreuses idées reçues sur la manière dont Hitchcock travaillait, notamment dans la phase de préparati

Continuer à lire

Les enfants d’Hitchcock

ECRANS | Influence / La descendance cinématographique d’Hitchcock est innombrable, mais trois cinéastes sont emblématiques de cet héritage hitchockien. CC

Christophe Chabert | Vendredi 7 janvier 2011

Les enfants d’Hitchcock

De Palma : l’art du palimpseste Aucun cinéaste n’aura autant cité Hitchcock que Brian De Palma. Une grande partie de son œuvre n’est d’ailleurs qu’une relecture des classiques hitchcockiens dont il lève les sous-entendus et intensifie la violence, quand il ne cherche pas à rivaliser avec son maître en mouvements de caméra virtuoses. "Obsession" est son "Vertigo", "Pulsions" son "Psychose" ; mais c’est "Body double" qui s’avère la variation la plus insensée autour d’Hitchcock, puisqu’il croise le voyeurisme de "Fenêtre sur cour" avec le fantôme féminin et le trauma de "Vertigo". Il tentera un exercice du même ordre, mais moins réussi, avec "L’Esprit de Cain", où "Psychose" est dupliqué en un infini jeu de miroirs. Lynch : le double amoureux Il suffit de revoir le pilote de "Twin Peaks" pour constater à quel point la mise en scène de David Lynch retient les leçons de Hitchcock (ainsi que son humour très noir). Mais avec "Lost highway", Lynch cite ouvertement (mais à sa manière) "Vertigo", en l’inversant : la femme brune meurt et réapparaît en blonde, et avec elle l’amour fou d’un homme perdu dans les m

Continuer à lire

L’ombre d’Hitchcock

ECRANS | Cinéma / La rétrospective Hitchcock à l’Institut Lumière et la sortie d’une imposante biographie signée Patrick McGilligan remettent le «maître du suspense» au cœur de l’actualité cinématographique ce trimestre. Ça tombe bien : son cinéma est toujours aussi actuel. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 7 janvier 2011

L’ombre d’Hitchcock

Lors du dernier festival Lumière, les projections de "Psychose" dans une version restaurée en numérique avec un son «spatialisé» ont affiché systématiquement complet. Il était pourtant certain que ce film, tourné il y a cinquante ans, était un des plus connus de la programmation. Mais voilà : quand on n’a pas vu "Psychose", quelque chose en nous nous intime l’ordre d’aller le voir ; et quand on l’a déjà vu, on a toujours envie de le revoir. Voilà la magie, le secret du cinéma d’Alfred Hitchcock : à la fois classique et totalement moderne, sinon avant-gardiste, commercial et furieusement personnel, il incarne un idéal fédérateur que peu de cinéastes ont réussi à atteindre. Control freak Hitchcock, tout d’abord, est un formidable manipulateur d’émotions. Son cinéma cherche avant tout l’efficacité, et son besoin de contrôle n’est pas gratuit ou totalitaire, mais vise clairement à ne rien laisser au hasard, à commencer par les réactions des spectateurs. Au fil d’une carrière sinueuse, commencée en Angleterre au temps du muet, ayant connu la révolution du parlant puis l’âge d’or des studios américains avant de terminer dans un très

Continuer à lire

Hitch, expert en cinéma

ECRANS | Une grande rétrospective Hitchcock et la sortie d’une imposante biographie consacrée au maître constitueront la base de l’actualité cinéphile lyonnaise, complétée par une foule de festivals passionnants. CC

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2010

Hitch, expert en cinéma

Au dernier festival Lumière, les projections de "Psychose" dans une copie numérique HD au son restauré fut un événement qui a attiré le public en masse. Comme quoi… Il y a encore des chanceux qui découvrent aujourd’hui l’œuvre impérissable d’Alfred Hitchcock, et des cinéphiles qui vont s’y replonger pour se laver les yeux d’un cinéma contemporain qui a oublié la rigueur et la précision des mises en scène du maître. C’est ce que proposera pendant tout le trimestre l’Institut Lumière : une grande rétrospective consacrée à Hitchcock, accompagnée d’un livre signé Patrick McGilligan, biographie qui fait déjà référence concernant la vie et l’œuvre du réalisateur. Au programme, des films muets, les grands classiques de la période anglaise ("Jeune et innocent", "Les 39 marches", "Une femme disparaît"), les curiosités de la période américaine (notamment "Mr and Mrs Smith", la seule comédie réalisée par Hitchcock) et les chefs-d’œuvre qui ont assis sa légende (la liste est longue : "La Corde", "Fenêtre sur cour", "Les Enchaînés", "Vertigo", "La Mort aux trousses", "Psychose", "Les Oiseaux", etc.). Enfin, la rétrospective sera complétée par des épisodes de la série "Alfred Hitchcock présen

Continuer à lire

La belle mue de L’ONL

MUSIQUES | À y regarder de près, l’histoire d’un orchestre peut être palpitante. Le public ne saisit pas toujours l’importance de la cohésion du groupe, de l’esprit (...)

Pascale Clavel | Vendredi 10 décembre 2010

La belle mue de L’ONL

À y regarder de près, l’histoire d’un orchestre peut être palpitante. Le public ne saisit pas toujours l’importance de la cohésion du groupe, de l’esprit d’équipe qui impérativement opérer au sein d'un orchestre, de l’adhésion quasi inconditionnel que chaque instrumentiste doit à son chef. L’affaire est souvent complexe : entre lutte d’égos, jalousies diverses, l’équilibre est difficile à trouver. L’ONL a eu la chance d’avoir toujours à sa tête des chefs d’une exceptionnelle qualité artistique. Petit tour d’horizon chronologique de ceux qui ont fait, à leur manière, un véritable son d’orchestre salué par la presse internationale. Serge Baudo de 1971 à 1986 : Pendant toute cette période à la tête de l’ONL, il a fabriqué, à la manière d’un artisan, un son français si particulier, reconnaissable dans le monde entier. Il a été un chef d’orchestre rempli d’humanité, et sa générosité a transcendé les musiciens de l’orchestre sur chaque œuvre interprétée. Emmanuel Krivine de 1987 à 2000 : Véritable sorcier, cet homme volcanique est un musicien hors norme, impatient comme les plus grands, agacé quand un son ne vient pas immédiatement de l’orchestre. Malgré toutes les polém

Continuer à lire