Le film de casse selon Cavalier

Christophe Chabert | Vendredi 11 octobre 2013

Découvrir le film le plus rare d'un de nos cinéastes préférés, en sa présence : le festival Lumière ne pouvait nous faire plus plaisir qu'en programmant Mise à sac d'Alain Cavalier. Il faut aussi remercier la Cinémathèque française, qui a choisi le film dans le cadre de l'invitation qui lui a été lancée. Mise à sac appartient à la première période de Cavalier, celle où il laisse parler son goût pour les genres cinématographiques, et ce film de casse à l'échelle d'une ville toute entière lui permet de collaborer à l'écriture avec un autre cinéaste qui débuta dans le polar avant d'inventer un cinéma à son image, Claude Sautet.

Surtout, Mise à sac est la transposition d'un roman de Richard Stark, The Score (En coupe réglée, en français) qui appartient à sa série racontant les aventures d'un cambrioleur nommé Parker. Derrière le pseudo de Stark se cache l'immense Donald Westlake, et ce héros-là, rebaptisé Georges et incarné par Michel Constantin chez Cavalier, connaîtra une sacrée postérité cinématographique, puisque Lee Marvin — dans Le Point de non-retour — Mel Gibson — dans Payback — et Jason Statham — dans le récent… Parker ! — reprendront le personnage. Hasard de la programmation Lumière, Parker est aussi le héros de The Outfit de John Flynn, choisi par Tarantino dans sa carte blanche…

Christophe Chabert


Mise à sac

D'Alain Cavalier (1967, 1h27)

D'Alain Cavalier (1967, 1h27)

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Alain Cavalier en grand format

ECRANS | Grand filmeur devant l’Éternel, Alain Cavalier a débuté il y a plus d’une trentaine d’années une activité de portraitiste qu’il mène assidument en parallèle de ses (...)

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Alain Cavalier en grand format

Grand filmeur devant l’Éternel, Alain Cavalier a débuté il y a plus d’une trentaine d’années une activité de portraitiste qu’il mène assidument en parallèle de ses caméra-journaux ou de ses fictions. Alors que sortent, répartis en trois programmes, Six portraits XL (c’est à dire de 50 minutes au lieu de 13 chacun), le cinéaste accomplit sa traditionnelle visite en terres lyonnaises pour les présenter. Normalement, il sera accompagné par sa caméra. Six portraits XL Au Comœdia ​le mercredi 24 octobre à 20h

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Alain Cavalier, la voie du filmeur

Rétrospective | Son importance dans le paysage cinématographique contemporain n’a d’égale que son infinie discrétion. Humble mais résolu, il se révèle capable d’audaces inouïes (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Alain Cavalier, la voie du filmeur

Son importance dans le paysage cinématographique contemporain n’a d’égale que son infinie discrétion. Humble mais résolu, il se révèle capable d’audaces inouïes sur un fil entre intimité et impudeur, restant étranger cependant à toute obscénité. S’il revêt la forme de l’énigme, Alain Cavalier est une figure de style à lui seul, en marge et en marche continues — avant que l’expression soit à la mode, donc galvaudée. C’est une voie d’exigence et d’épure que ce filmeur s’est tracée, se dépouillant patiemment des attirails, des lourdeurs du cinéma. Ce chemin, qui démarre sur les bas-côtés de la Nouvelle Vague, à distance des chapelles, l’Institut Lumière propose d’en accomplir un fragment significatif autour de ses premières œuvres. En apparence classiques, ou du moins conformes à la “forme“ de l’époque, Le Combat dans l’île (1962) avec Romy Schneider et Trintignant puis L’Insoumis (1964, avec Delon et tourné à Lyon) jouent pourtant avec le feu en abordant frontalement des thématiques sensibles, comme la guerre d’Algérie. Il oblique v

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Alain Cavalier : «À mon âge, terminer un film est une victoire»

ECRANS | Rencontre avec Alain Cavalier, autour de son dernier film, "Le Paradis". Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 20 octobre 2014

Alain Cavalier : «À mon âge, terminer un film est une victoire»

Comment jugez-vous le retour de la fiction dans votre œuvre entre Pater et Le Paradis ? Est-ce une suite logique ou est-ce plus accidenté ?Alain Cavalier : Je n’ai jamais fait de différence entre fiction et documentaire. Quand je faisais de la fiction, je copiais la vie ; je regardais comment parlaient les gens, comment ils vivaient et quand j’écrivais un scénario, j’essayais de reconstituer ce qui m’avait intéressé dans la vie. Après, pour changer un petit peu, je suis allé filmer les gens directement dans leur vie, comment ils travaillaient… Ce qui m’intéresse, c’est regarder la vie et la copier le mieux possible avec ma caméra pour la proposer au spectateur. Je vous pose cette question car je me souviens qu’au moment de René, vous assumiez le fait d’avoir essayé de réinjecter la fiction dans votre nouvelle manière de tourner…Avant cela, j’avais rencontré quatre jeunes gens pour faire un film qui s’appelait Le Plein de super ; j’avais envie de tourner av

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Le Paradis

ECRANS | En 70 minutes, avec sa seule petite caméra, quelques objets et quelques visages, Alain Cavalier raconte les grandes fictions qui ont marqué son enfance : les Évangiles et "L’Odyssée" d’Homère. Un film sublime, à la fois simple et cosmique, sur la vie, la mort, la mémoire, la grâce et l’origine. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 7 octobre 2014

Le Paradis

Voici le corps inerte d’un petit paon, que deux mains manipulent pour constater son absence de vie. On le déposera au pied d’un arbre et des charognards viendront l’emporter. Mais pour garder la trace de son passage sur terre, on construira un mausolée de fortune ; d’abord une pierre, puis quelques clous courbés en croix pour la maintenir. Les saisons passeront, l’arbre sera coupé, la neige l’ensevelira, mais le mausolée résiste et la mémoire du petit paon avec lui. À intervalles réguliers, comme un fil rouge de ce Paradis, Alain Cavalier reviendra filmer ce monument dérisoire mais qui, par la force de son regard, devient essentiel. Non pour célébrer une mystique panthéiste, mais pour montrer que l’acte de se souvenir peut inverser le cycle de la vie et de la mort. Un homme et des Dieux Alors Cavalier se souvient… Il se souvient de ses années au pensionnat catholique où on lui a appris des histoires fantastiques qui n’ont depuis jamais cessé de l’habiter, comme des fictions fécondes ayant forgé son imaginaire. Il en retient deux : les Évangiles et L’Odyssée d’Homère. D’un côté, l’histoire d’un homme qui se prétend fils de Dieu, réalise des mir

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Lumière 2013, jour 6 : C’est la fin

ECRANS | Monika d’Ingmar Bergman. Harold et Maude de Hal Ashby. Scarface de Brian De Palma.

Christophe Chabert | Lundi 21 octobre 2013

Lumière 2013, jour 6 : C’est la fin

À rebours de tout ce que l’on a fait pendant cinq jours, cette dernière journée du festival Lumière 2013 nous a permis de laisser tomber les raretés hasardeuses de la programmation qui furent notre pain quotidien cette semaine pour aller se laver les yeux devant quelques valeurs sûres, et finir ainsi en beauté une édition dont on tirera un rapide bilan en fin de billet. Ce dimanche de cinéphilie débridée occasionna même quelques regrets. En découvrant la splendide copie restaurée par StudioCanal de Monika, on s’est dit que l’on aurait bien vu plus de Bergman au cours du festival. Heureusement, on apprit le soir même que l’Institut Lumière comptait reprendre, début 2014, une partie de son œuvre — on y sera, cette fois. Le film, on l’avait un peu oublié, ou plutôt on l’avait enfoui sous un tas de références et citations : le regard caméra d’Harriet Anderson tant loué par Jean-Luc Godard dans les colonnes des Cahiers du cinéma — en fait, il y a deux regards caméra à la fin du film, et tous deux sont absolument bouleversants ; la photo de l’actrice que le jeune Jean-Pierre Léaud arra

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Lumière 2013, jour 5. Adieux

ECRANS | Le Vent se lève, il faut tenter de vivre d’Hayao Miyazaki. The Outfit de John Flynn.

Christophe Chabert | Dimanche 20 octobre 2013

Lumière 2013, jour 5. Adieux

Fatigue + rhume = programme allégé, comme on disait hier. Deux films seulement pour ce cinquième et avant-dernier jour, mais un très gros morceau au programme, le dernier Miyazaki, présenté en avant-première pour le 25e anniversaire des studios Ghibli qui, en fait, n’en ont que 23, comme l’a expliqué en ouverture le directeur de Disney France… Le festival aura tenté de faire venir le maître sans succès, se contentant de la première française du film. Avant d’y revenir, parlons un peu de John Flynn, à qui le festival consacrait un double programme avec The Outfit et Rolling thunder. On avait découvert le second lors de Lumière 2010, et on avait été impressionné par sa sécheresse, ses explosions de violence, et son propos audacieux sur l’impossible réinsertion des anciens du Vietnam, dans la lignée de Taxi Driver. Ce qui n’est pas un hasard puisque les deux films ont un scénariste commun, l’inégal Paul Schrader, ici sur le territoire qui lui réussit le mieux : celui de l’exploration des failles de l’Amérique, adoptant le regard du candide qui, peu à peu, d

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Lumière 2013, jour 4. Les lendemains qui déchantent

ECRANS | Chronique Morave de Vojtech Jasny. Cœurs d’occasion de Hal Ashby. Mise à sac d’Alain Cavalier.

Christophe Chabert | Samedi 19 octobre 2013

Lumière 2013, jour 4. Les lendemains qui déchantent

Ce cinquième festival Lumière s’avère définitivement un excellent cru, qui aura juste été gâché par les miasmes automnaux. On en a fait les frais mais, si l’on en croit les quintes de toux et autres éternuements entendus tout au long des projections, ils n’auront pas épargné grand monde. Du coup, on allège un peu le programme des derniers jours, histoire d’aller au bout en un seul morceau — et surtout, d’être frais pour un des très gros morceaux de l’édition, l’avant-première française du dernier Miyazaki. La quatrième journée du festival avait débuté avec une des «raretés» siglées comme telle dans le programme : Chronique morave du Tchèque Vojtech Jasny. Jasny est surtout connu pour un autre film, Un soir un chat, emblématique d’une nouvelle vague tchèque qui est aussi une source inépuisable de redécouvertes passionnantes. Chronique morave est effectivement une œuvre très ambitieuse, qui accompagne une dizaine de personnages dans un petit village entre 1945 et 1958, c’est-à-dire au moment de la collectivisation forcée des terres. Tou

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Lumière 2013, jour 3. Guerres.

ECRANS | Nos plus belles années de Sydney Pollack. Hitler : dead or alive de Nick Grinde. The War zone de Tim Roth.

Christophe Chabert | Vendredi 18 octobre 2013

Lumière 2013, jour 3. Guerres.

Comme on l’a dit au jour 1 de ce festival, c’est au premier rang que l’on a choisi de faire la majorité des séances Lumière 2013. Ce qui évite d’ailleurs de jouer des coudes pour récupérer une place miraculeusement laissée vacante et pas trop proche de l’écran, dans des salles qui ne désemplissent pas. L’expérience, hélas ! n’a pas joué en la faveur de Nos plus belles années, pour l’instant une des rares déceptions de la programmation. Le film de Pollack a pourtant une aura mythique, et son réalisateur, sous l’impulsion passionnée de Pierre Berthomieu, est en train de gagner une incontestable légitimité posthume, par-delà l’étiquette qui lui a souvent été accolée de cinéastes pour grandes fresque académiques. Nos plus belles années n’en est pas une, même si il flirte outrageusement avec un néo-classicisme anachronique pour l’époque — le Nouvel Hollywood des années 70. Le titre (français) et le film lui-même font référence à une œuvre de William Wyler, Les Plus belles années de notre vie, filiation qui ne tient pas du clin d’œil, mais surtout d’un désir esthétique et rom

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Lumière 2013, jour 2. Civilisations.

ECRANS | Sleeping beauty de James B. Harris. High school confidential de Jack Arnold. Pain et Chocolat de Franco Brusatti. Cutter’s way d’Ivan Passer.

Christophe Chabert | Jeudi 17 octobre 2013

Lumière 2013, jour 2. Civilisations.

Dans tout bon festival de cinéma qui se respecte, il faut des grands films, mais aussi au moins un navet, un truc vraiment foireux qui va venir légitimer la valeur de tous les autres. C’est d’autant plus vrai dans un festival consacré au patrimoine cinématographique, où le double tri pratiqué par le passage du temps mais aussi par la réception et la réputation des œuvres laisse à penser qu’aucun mouton noir n’a pu se glisser entre les mailles du filet. C’est pourtant le cas avec Sleeping beauty de l’estimable James B. Harris, dont on attendait beaucoup pour un tas de raisons. En introduction de son film, Harris, 85 ans, a raconté sur le ton de la blague que lors des projections à l’époque (1973), on avait dû installer des signaux pour indiquer la sortie aux spectateurs mécontents. Désolé, James, mais le temps n’a rien changé à l’affaire et au bout d’une heure d’ennui abyssal, on a fait de même, traversant la salle de l’Institut Lumière pour aller se payer un salutaire café. Sleeping beauty est cramé dès sa scène pré-générique, où un couple déa

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Lumière 2013, jour 1. Le Malheur

ECRANS | Manille de Lino Broka. Le Bonheur de Marcel L’Herbier. La Dernière Corvée de Hal Ashby.

Christophe Chabert | Mercredi 16 octobre 2013

Lumière 2013, jour 1. Le Malheur

Posons d’abord comme principe de ce blog qu’ici, on ne parlera que de cinéma et de rien d’autre. L’ambiance ? On s’en fout. L’hystérie autour de Tarantino ? De l’hystérie, donc rien qui vaille le coup de s’y arrêter. La météo ? Dégueulasse, et on a tout dit. De toute façon, la seule chose qui compte dans un festival de cinéma, ce sont les films, les films, les films, et encore les films. On pourrait passer la totalité du truc emmitouflé dans une parka à ne parler à personne dans une discipline de moine bouddhiste, ça nous irait très bien. On se colle le nez à l’écran — premier rang, rien d’autre — et on se prend ou pas le film dans la gueule. Test définitif. La preuve, aujourd’hui, rien ne nous a vraiment scotché, sinon des instants de mise en scène, des idées de cinéma, des talents épars. Exemple avec Manille de Lino Brocka, film très attendu car longtemps invisible, comme la totalité de l’œuvre de ce cinéaste philippin un peu oublié. L’exhumation de Manille est le fruit conjoint des efforts de Pierre Rissient, ami de Brocka qui en possédait les négatifs, de la World Cinema Foundation qu

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Nuits Lumière à la Plateforme

ECRANS | Pour les festivaliers point encore éreintés par une journée de films ou pour les simples spectateurs cherchant à approcher dans un cadre convivial les invités (...)

Christophe Chabert | Lundi 14 octobre 2013

Nuits Lumière à la Plateforme

Pour les festivaliers point encore éreintés par une journée de films ou pour les simples spectateurs cherchant à approcher dans un cadre convivial les invités de Lumière 2013, les Nuits Lumière de la Plateforme ouvrent leurs portes ce soir à partir de 22h et jusqu'à dimanche à La Plateforme. Avec cette année un vrai programme et des thématiques tous les soirs. Lundi, ce sera l'Opening Party avec Robert Lapassade ; Mardi, une grande soirée blind test ; Mercredi, une soirée Flashback avec Maria Rockmore ; Jeudi, la Nuit Electronic Spirit avec Thylacine et Gisèle ; Vendredi, une Nuit spéciale Tarantino par le bien nommé Mr White ; Samedi, une soirée Bang Bang par Le Tourne Disque ; et enfin, dimanche, la Closing party conduite par Tatie Charby.

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Les deux vies de James B. Harris

ECRANS | «Laisse-moi te citer quelques noms : Jack Hanson, Chick Nadell, James B. Harris, Ted Jaffe, Russ Pearce… (…) Tous victimes de cambriolages, tous des (...)

Christophe Chabert | Vendredi 11 octobre 2013

Les deux vies de James B. Harris

«Laisse-moi te citer quelques noms : Jack Hanson, Chick Nadell, James B. Harris, Ted Jaffe, Russ Pearce… (…) Tous victimes de cambriolages, tous des hommes mariés trop gênés pour avouer qu’ils ont ramené des radasses à la casa et qu’à cause de ça, ils se sont fait dévaliser…». C’est un passage de Tijuana mon amour, nouvelle de James Ellroy autour d’un collecteur de ragots pour un  journal à scandales nommé L’Indiscret. Pourquoi Ellroy balance-t-il, au milieu de quelques oubliés d’Hollywood, le nom de James B. Harris ? Est-ce parce qu’il n’a pas digéré les libertés prises par le cinéaste avec son Blood on the Moon, qu’il adapta sous le titre de Cop avec James Woods dans le rôle du flic torturé (mais moins que dans le bouquin, c’est vrai) Lloyd Hopkins ? Si Ellroy prétend que James B. Harris a eu une double vie (privée), on sait en revanche qu’en matière de cinéma, il a eu deux vies : la première en tant que producteur pour Stanley Kubrick su

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Tarantino et les glorieux inconnus du cinéma

ECRANS | Au sein de sa pléthorique programmation, et grâce à l’implication de son Prix Lumière Quentin Tarantino, le festival Lumière fait la part belle aux redécouvertes. Cinéastes, acteurs et même chefs opérateurs, voici quelques-uns de ces soldats méconnus du septième art qui auront droit à leur part de Lumière… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 10 octobre 2013

Tarantino et les glorieux inconnus du cinéma

En se choisissant comme Prix Lumière 2013 Quentin Tarantino, le festival du même nom a ouvert la boîte de Pandore. Non seulement Tarantino sera honoré, fêté, célébré, acclamé, non seulement l’intégralité de son œuvre sera présentée au public — dans des copies 35 mm, exigence non négociable du cinéaste lui-même — mais, en plus, il est allé fouiller le coffre à trésors de son château sur Hollywood Hills pour en ramener quelques films oubliés, réunis dans ce que le festival a nommé «un voyage personnel de Quentin Tarantino à travers le cinéma». La cinéphilie du réalisateur de Pulp fiction est du genre éclectique, mais il a ce goût de la perle rare et de l’œuvre que personne d’autre que lui ne connaît. Ce plaisir-là transparaît dans ses films, qui accumulent les références et les citations, faisant réapparaître à la surface le souvenir d’un petit maître laissé pour compte par les historiens du cinéma ou, plus fort encore, d’un acteur depuis longtemps relégué au second, troisième ou dernier plan, et qu’il remet au centre de l’écran. Qui connaissait vraiment Michael Parks avant que Tar

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Michael Cimino de retour à Lumière

ECRANS | Après son triomphe l'an dernier pour la présentation de La Porte du Paradis en clôture du festival, Michael Cimino sera de retour pour l'édition 2013 de Lumière (...)

Christophe Chabert | Mardi 8 octobre 2013

Michael Cimino de retour à Lumière

Après son triomphe l'an dernier pour la présentation de La Porte du Paradis en clôture du festival, Michael Cimino sera de retour pour l'édition 2013 de Lumière afin de présenter la copie restaurée de Voyage au bout de l'enfer, mais aussi, comme il l'a indiqué lors d'un message envoyé au festival, "pour être là en personne afin de féliciter Quentin Tarantino pour son Prix Lumière". Pour ceux que cela intéresse, rappelons que Cimino nous avait accordé une interview lors de sa dernière venue à l'Institut Lumière à l'occasion de la rétrospective qui lui était consacrée, que vous pouvez lire ici.

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Lumière s’annonce brillant

ECRANS | Ouverture ce lundi du cinquième festival Lumière, avec d’ores et déjà un engouement exceptionnel lié à la venue de Quentin Tarantino. Mais il ne sera pas le seul invité prestigieux de cette édition… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 4 octobre 2013

Lumière s’annonce brillant

Une heure pour les 3000 places du Prix Lumière, deux pour les 4600 places de la Halle et la clôture du festival. C’est le temps qu’il a fallu pour que les deux séances de Lumière 2013 rendant hommage à Quentin Tarantino affichent sold out, record qui n’est pas lié à la rareté des films présentés — Jackie Brown et Pulp fiction — mais bien à la présence du maître Quentin, sorte de cinéaste-cinéphile-DJ dont on murmure qu’il ira se mettre aux platines du Sucre après la remise de son prix ! Car si certains se lamentent de n’avoir pu récupérer un précieux ticket pour voir leur idole en chair et en os, qu’ils soient rassurés : Tarantino sera omniprésent au cours du festival, dirigeant sa version de la Sortie de l'usine Lumière et allant présenter les films qu’il a choisis dans sa «Proposition», mélange de curiosités absolues — Hitler dead or alive, Le Justicier du Minnesota, western post-Django de Corbucci, Le Spécialiste du même Corbucci avec notre Johnny national, Le Déserteur, film soviétique daté 1939 que Tarantino voulait absolument vo

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Pulp fiction en clôture de Lumière - Actualisée

ECRANS | Sans grande surprise pour ceux qui avaient étudié attentivement le programme, c'est Pulp fiction et son réalisateur Quentin Tarantino qui viendront mettre (...)

Christophe Chabert | Mardi 24 septembre 2013

Pulp fiction en clôture de Lumière - Actualisée

Sans grande surprise pour ceux qui avaient étudié attentivement le programme, c'est Pulp fiction et son réalisateur Quentin Tarantino qui viendront mettre le point final au festival Lumière 2013, le dimanche 20 octobre à 15h à la Halle Tony Garnier. Le film, Palme d'or au festival de Cannes en 1994, a imposé le cinéaste sur le plan international, et n'a pas pris une ride depuis sa sortie. Les places seront en vente à partir de ce mercredi 25 septembre à 13h et, si tout se passe comme pour le Prix Lumière, elles devraient partir comme des petits pains. Et on ne s'y est pas trompé : les 4600 places de la Halle sont parties en deux heures top chrono ! Impressionnant, et sans doute désespérant pour ceux qui espéraient entrapercevoir le maître Tarantino. On leur donne un petit conseil d'ami : allez simplement voir des films à Lumière, il y a de fortes chances que vous l'y croisiez, et sans dotue pas très loin de là où vous serez assis…

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Jackie Brown pour accompagner le Prix Lumière à Tarantino - Actualisée

ECRANS | C’est finalement Jackie Brown, troisième film de Quentin Tarantino, adapté du regretté Elmore Leonard et qui réunissait la star de la blaxploitation Pam (...)

Christophe Chabert | Mercredi 18 septembre 2013

Jackie Brown pour accompagner le Prix Lumière à Tarantino - Actualisée

C’est finalement Jackie Brown, troisième film de Quentin Tarantino, adapté du regretté Elmore Leonard et qui réunissait la star de la blaxploitation Pam Grier, le fidèle Samuel L. Jackson mais aussi Robert De Niro, Bridget Fonda, Michael Keaton et Robert Forster, qui sera projeté le vendredi 18 octobre à l’Amphithéâtre-Centre de Congrès de Lyon, pour accompagner la remise du Prix Lumière à son réalisateur. La soirée commencera à 19h45 par la remise du Prix et la projection aura lieu à 21h30 après une entracte. La billetterie, ouverte ce jeudi à 13h, a été littéralement prise d'assaut, si bien que toutes les places sont parties en quelques heures ! Le festival annonce toutefois que quelques unes seront sans doute remises en vente le soir-même à l'Amphithéâtre.

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Ghibli fête sa révolution

ECRANS | C’est la dernière annonce (fracassante) du festival Lumière : comme le lapin sorti du chapeau, un hommage aux studios Ghibli du grand Hayao Miyazaki, qui (...)

Christophe Chabert | Vendredi 13 septembre 2013

Ghibli fête sa révolution

C’est la dernière annonce (fracassante) du festival Lumière : comme le lapin sorti du chapeau, un hommage aux studios Ghibli du grand Hayao Miyazaki, qui fêtent en 2013 leurs 25 ans. Miyazaki a jeté un petit froid au festival de Venise ; alors que son dernier film, Le Vent se lève… il faut tenter de vivre, était en compétition — d’où il est, au passage, reparti bredouille — le maître annonça sa retraite de réalisateur. Certes, tel un compagnon de la chanson, il n’en est pas à sa première tentative — depuis Chihiro au moins, il annonce son envie de raccrocher les pinceaux et la caméra — mais cette fois, ça a l’air sérieux. Quoiqu’il en soit, le patrimoine Ghibli est énorme, et le travail accompli par Miyazaki représente une révolution incontestable dans le domaine du cinéma animé. Abordant des thèmes nouveaux — la menace qui pèse sur l’écologie, la guerre — à travers le prisme de l’enfance ou du merveilleux, poussant l’interpénétration entre le réel et le fantastique jusqu’à les rendre indissociables, il a bâti une mythologie qui n’appartient qu’à lui, imposant un trait là encore extrêmement perso

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"Blackmail" en ciné-concert au festival Lumière

ECRANS | Comme chaque année, le festival Lumière investira l'Auditorium pour un ciné-concert où l'Orchestre National de Lyon, sous la direction de Lenoard Slatkin, (...)

Christophe Chabert | Jeudi 5 septembre 2013

Comme chaque année, le festival Lumière investira l'Auditorium pour un ciné-concert où l'Orchestre National de Lyon, sous la direction de Lenoard Slatkin, mettra en musique un chef-d'œuvre du muet. Pour l'édition 2013, ce sera donc Blackmail d'Alfred Hitchcock, fraîchement restauré par le British Film Institute grâce à son programme "Rescue the Hitchcock 9" — neuf films muets du cinéaste dont les copies étaient menacées de disparition — dans la partition composée en 2008 par Neil Brand et orchestrée par Timothy Brock. Le ciné-concert se déroulera le mercredi 16 octobre à 20h15, et Lumière programmera durant le festival le remake parlant de Blackmail, tourné quelques années plus tard par Hitchcock lui-même.

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Lumière 2013, festival déchaîné

ECRANS | On en sait désormais un peu plus sur la programmation du festival Lumière 2013 où, faut-il le rappeler, Quentin Tarantino sera à l’honneur. Bergman, Verneuil, Ashby, des films noirs rarissimes, des projections événements, des raretés restaurées et des invités de choix ; cette édition s’annonce définitivement colossale. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 28 août 2013

Lumière 2013, festival déchaîné

Déjà alléchante lors de sa présentation avant la trêve estivale, l’édition 2013 du festival Lumière revient en septembre fraîche et bien bronzée avec cette fois une programmation détaillée de l’ensemble de ses sections. Il y a évidemment le Prix Lumière remis à Tarantino, avec l’intégrale de son œuvre plus une carte blanche dont le contenu est encore en cours de finition, l’ami Quentin ayant choisi des films visiblement cotons à dégoter… Il y a ensuite une nuit consacrée aux Monty Python avec là encore la totalité de leur filmographie collective — Sacré Graal, La Vie de Brian, Le Sens de la Vie et leur Première folie, recueil des sketchs du Flying Circus… Très attendue, la rétrospective Bergman s’annonce comme un des gros morceaux du festival : la sélection des films traduit un désir de balayer l’œuvre, avec ses sommets incontournables — Monika, Le Septième Sceau, La Source, Persona, Sonate d’Automne, Les Communiants, Scènes de la vie conjugale, Les Frai

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Présentation du festival Lumière

ECRANS | Vous le savez, le cinéphile et de plus en plus radical Quentin Tarantino sera à l'honneur de la prochaine édition du festival Lumière, qui se tiendra du 14 au (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 22 août 2013

Présentation du festival Lumière

Vous le savez, le cinéphile et de plus en plus radical Quentin Tarantino sera à l'honneur de la prochaine édition du festival Lumière, qui se tiendra du 14 au 20 octobre. Mais quid du reste du programme ? Pour s'en faire une idée, vous pouvez soit relire l'avant-papier rédigé par nos soins au moment de l'annonce du festival, soit vous procurer à sa sortie notre numéro 722 (daté du 4 septembre), soit assister, sur simple inscription au 04 78 78 18 85, à l'une des huit soirées de présentation qu'animera Maelle Arnaud, programmatrice de l'Institut Lumière. En voici les dates : Mardi 10 septembre à 19h et 20h30Jeudi 12 septembre à 19h et 20h30Samedi 14 septembre à 11h30Jeudi 3 octobre à 19h et 20h30Mardi 8 octobre à 19h

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Tarantino : glourious basterd

ECRANS | En choisissant Quentin Tarantino pour recevoir le cinquième Prix Lumière, le festival Lumière, qui aura lieu du 14 au 20 octobre prochain, frappe un grand coup, dans une édition placée sous le signe de la "célébration du 35 mm". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 21 juin 2013

Tarantino : glourious basterd

Au terme d’un suspens soigneusement orchestré, c’est sous des hurlements de joie qu’a été annoncé le nom du cinquième Prix Lumière, qui sera remis le 18 octobre prochain (avec, au passage, un petit changement de date, la cérémonie ayant lieu le vendredi et non plus le samedi) : Quentin Tarantino. Le cinéaste avait le profil parfait pour le recevoir, tant il mène une œuvre singulière et, son Django unchained l’a prouvé, sans doute déjà à son apogée ; mais il est aussi un cinéphile fervent, qui travaille à la redécouverte de films et d’auteurs oubliés, devenant au fil du temps, avec Martin Scorsese, un des plus grands défenseurs du patrimoine cinématographique. Ses trois derniers films — Boulevard de la mort, Inglourious Basterds et Django unchained — ont aussi démontré quelle haute idée Tarantino se faisait du cinéma et de son histoire, ceux-ci étant capables de venir panser les plaies de l’Histoire elle-même, inventant une sorte d’uchronie où les minorités persécutées — femmes, juifs ou noirs — prenaient une revanche sur leurs oppresseurs via leurs doubles de celluloïd. Le 35 mm fait de la résistance C’est aussi un d

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Quentin Tarantino : un Prix Lumière cinéphile et fédérateur

ECRANS | En choisissant Quentin Tarantino pour recevoir le cinquième Prix Lumière, le festival Lumière, qui aura lieu du 14 au 20 octobre prochain, frappe un grand coup, dans une édition placée sous le signe de la «célébration du 35 mm». Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 20 juin 2013

Quentin Tarantino : un Prix Lumière cinéphile et fédérateur

Au terme d’un suspens soigneusement orchestré, c’est sous des hurlements de joie qu’a été annoncé le cinquième Prix Lumière, qui sera remis le 18 octobre prochain (avec, au passage, un petit changement de date, la cérémonie ayant lieu le vendredi et non plus le samedi) à rien moins que Quentin Tarantino. Le cinéaste avait le profil parfait pour le recevoir, tant il mène une œuvre singulière et, son Django unchained l’a prouvé, sans doute déjà à son apogée ; mais il est aussi un cinéphile fervent, qui travaille à la redécouverte de films et d’auteurs oubliés, devenant au film du temps, avec Martin Scorsese, un des plus grands défenseurs du patrimoine cinématographique. Ces trois derniers films — Boulevard de la mort, Inglourious Basterds et Django unchained — ont aussi démontré quelle haute idée Tarantino se faisait du cinéma et de son histoire, ceux-ci étant capables de venir panser les plaies de l’Histoire elle-même, inventant une sorte d’uchronie où les minorités persécutées — femmes, juifs ou noirs — prenaient une revanche sur leurs

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Quentin Tarantino, Prix Lumière 2013

ECRANS | Ca y est, on connait enfin le nom du prochain récipiendaire du prestigieux Prix Lumière : c'est Quentin Tarantino qui succède à Clint Eastwood, Milos Forman, (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 20 juin 2013

Quentin Tarantino, Prix Lumière 2013

Ca y est, on connait enfin le nom du prochain récipiendaire du prestigieux Prix Lumière : c'est Quentin Tarantino qui succède à Clint Eastwood, Milos Forman, Gérard Depardieu et Ken Loach. Le réalisateur sera évidemment présent au Festival Lumière 2013 (qui se tiendra, pour rappel, du 14 au 20 octobre) pour recevoir sa distinction.

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Pater

ECRANS | Alain Cavalier, président de la République, nomme Vincent Lindon Premier ministre, tâche qu’il prend très au sérieux, au point de se lancer dans la course à l’investiture contre son mentor. Ce n’est que du cinéma, bien sûr, mais à ce point d’intelligence ludique, le cinéma est bien plus que la réalité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 14 juin 2011

Pater

Il était une fois un cinéaste qui avait un acteur pour ami, et qui voulait faire un film avec lui. Précision importante : ce cinéaste, qui s’appelle Alain Cavalier, se méfie depuis vingt ans des acteurs professionnels et de la machinerie qu’implique un tournage de fiction, préférant filmer seul avec sa petite caméra des instants de réalité qu’il transforme par son regard singulier en spectacle cinématographique. Autre précision : l’acteur-ami, c’est Vincent Lindon, sans doute le comédien le plus passionnant du cinéma français, celui qui n’est jamais là où on l’attend, traversant tous les territoires avec un mélange de curiosité et d’intégrité. La rencontre entre ces deux figures rétives à la classification paraît tomber sous le sens, mais de quel film pouvait-elle accoucher ? Pater est d’abord l’histoire de ce tâtonnement : Cavalier retrouve Lindon dans un hôtel, ils discutent sans but précis, notamment de l’emploi du temps de Lindon (il tourne simultanément La Permission de minuit). Et puis, par un coup de force que Cavalier rend immédiatement naturel, les voilà de chaque côté d’une table : Alain Cavalier est président de la République, et il nomme Vincent Lin

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Cannes jour 8 : Pater noster

ECRANS | Melancholia de Lars Von Trier. Pater d’Alain Cavalier.

Dorotée Aznar | Jeudi 19 mai 2011

Cannes jour 8 : Pater noster

Arrivé dans la dernière ligne droite du festival et de sa compétition, on attend toujours le film qui mettra tout le monde d’accord, celui qui trouvera le juste milieu entre film pour festival et œuvre suffisamment audacieuse pour séduire la frange la plus dure de la cinéphilie. On pensait que Melancholia, le dernier Lars Von Trier, allait jouer ce rôle. Présenté ce matin au Grand Palais, le film s’avère en définitive une des déceptions majeures de Cannes 2011. Pourtant, Melancholia démarre par dix minutes de pure sidération visuelle, où Von Trier mélange des ralentis étranges où les personnages semblent flotter au milieu des décors, et des visions spatiales d’une planète en fusion, se terminant par une spectaculaire collision avec la Terre, le tout sur fond de Wagner. C’est magnifique, impressionnant, même si on se souvient que l’ouverture d’Antichrist produisait sensiblement la même sensation. Quand le film retrouve une forme traditionnelle (et même ultra-traditionnelle pour du Lars Von Trier : scope et caméra portée, zooms et raccords dans l’axe), les choses s’enlisent dans un pénible remake de Festen. Un mariage, des

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«Un film appartient à celui qui le regarde»

ECRANS | Entretien / Alain Cavalier, cinéaste, continue son magnifique parcours en solitaire avec 'Irène', évocation sublime et bouleversante d’une femme aimée et disparue. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 22 octobre 2009

«Un film appartient à celui qui le regarde»

Petit bulletin : Comment situez-vous ‘Irène’ dans votre veine autobiographique ?Alain Cavalier : En réalité, dans ‘Irène’, il y a trois films : celui que je devais faire avec Irène et que je n’ai pas fait, qui est donc une sorte de trou noir ; après, il y a ‘Ce répondeur ne prend pas de messages’, un film un peu compliqué sur une période de ma vie après la mort d’Irène, où elle intervient épisodiquement ; et puis, des années et des années plus tard, ce film ‘Irène’ parce que la permanence de cette personne dans ma vie depuis deux ou trois ans était plus forte. Elle frappait à ma porte, alors je suis rentré dans un passé pour revivre cette expérience sentimentale et amoureuse à la fois magnifique et extrêmement compliquée. J’ai essayé au début de rôder autour d’Irène en me disant qu’à un moment, je serai bien obligé d’attaquer le corps d’Irène. Mais comme elle n’est plus de ce monde, le corps de quelqu’un d’autre la remplacerait. J’ai envisagé plusieurs hypothèses, l’idée d’une comédienne connue notamment, mais je me suis rendu compte qu’elle était tellement présente à mes yeux qu’il était impossible de l’incarner par une autre. Alors j’ai

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Irène

ECRANS | De et avec Alain Cavalier (Fr, 1h20)

Christophe Chabert | Jeudi 22 octobre 2009

Irène

Irène est peut-être le plus beau film de l’année, et le meilleur de son cinéaste, du moins dans sa veine «autobiographique». Pourtant, c’est un objet à part, unique, précieux dans tous les sens du terme, c’est-à-dire rare et fragile. Irène, c’est la femme aimée par Cavalier, disparue tragiquement au milieu des années 70 alors que le cinéaste essayait de monter un film avec elle. Cavalier s’engouffre dans cette béance (une femme et un film fantômes) qu’il tente de matérialiser, trente-cinq ans plus tard, avec les moyens rudimentaires qu’il a adoptés depuis La Rencontre : un homme qui regarde et commente, seul derrière sa caméra, des bribes de réel. Alain cherche Irène dans son présent : il la trouve dans une photo de Sophie Marceau, dans l’appartement où ils ont vécu, dans le regard d’une oie, dans des traversins disposés comme les jambes écartées d’une femme… Il part sur ses traces, y risque sa vie — incroyable scène presque gore où il tombe dans les escaliers du métro — et après avoir longuement tourné autour, choisit d’affronter cette présence insaisissable. C’est une simple photo, révélée tardivement, de cette femme sublime, qui donne tout son sens à ce film d’amour

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Blog : Ô Irène !

ECRANS | Mardi 19 mai :

Christophe Chabert | Mardi 19 mai 2009

Blog : Ô Irène !

Le festival continue peinard. On avait vu Looking for Eric avant de partir, on ne l’avait pas beaucoup aimé (pas du tout, même), mais après le Von Trier, les festivaliers avaient manifestement envie de se détendre. Du coup, cette comédie concept très mineure dans l’œuvre de Loach, a reçu un fort bon accueil sur la Croisette. Dans les sections parallèles, on a bien aimé à ‘Un certain regard’ Le Père de mes enfants de Mia Hansen-Love, alors qu’on détestait son premier film, Tout est pardonné. Et à la ‘Quinzaine’, on a découvert le beau film de Denis Villeneuve Polytechnique, sorte d’Éléphant québécois, ainsi que Les Beaux Gosses, comédie ado de l’excellent Riad Sattouf, bientôt en salles et franchement bidonnant. Et puis le deuxième choc de ce festival : Irène d’Alain Cavalier. Continuant son cinéma en solitaire engagé depuis La Rencontre, le cinéaste septuagénaire l’emmène ici à des hauteurs encore jamais atteintes dans son travail (le mot œuvre lui ferait horreur). Irène, c’est une femme aimée au début des années 70, morte dans un accident de voiture et jamais oubliée par le cinéaste. Il veut faire un film s

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Intégrale autobiographique

ECRANS | ALAIN CAVALIER Pyramide

| Mercredi 14 mars 2007

Intégrale autobiographique

Le cinéma d'Alain Cavalier part d'un postulat simple : si le cinéaste est un artisan, son outil est la caméra. Et son travail consiste à filmer le réel dans son immédiateté, sans médiation entre son regard et l'objet filmé. Que Cavalier ait été un formidable cinéaste de fiction, cela ne fait aucun doute. Mais c'est bien dans ses œuvres autobiographiques, aujourd'hui regroupées dans un coffret DVD, que l'on peut voir son art à l'état brut. Trois films tournés à trois périodes et avec trois supports différents, traduisent ainsi à la fois la réappropriation de son outil par Cavalier, mais aussi les soubresauts de son existence. Ce répondeur ne prend pas de message, (16 mm, 1977) le montre enrubanné tel l'homme invisible, repeignant une pièce de son appartement entièrement en noir après la mort de sa compagne. La Rencontre (Hi-8, 1996) filme des objets, des animaux, des paysages et le corps de Françoise Widhoff, dont il vient de tomber follement amoureux. Le Filmeur (DV, 2005) enregistre son quotidien d'homme et de cinéaste, démarche naturelle de celui qui tient son journal et qui n'a plus peur de tout montrer, lui compris. La mort, l'amour, la maladie : Cavalier cherche à capter l'inf

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