Lumière 2013, jour 6 : C'est la fin

ECRANS | Monika d’Ingmar Bergman. Harold et Maude de Hal Ashby. Scarface de Brian De Palma.

Christophe Chabert | Lundi 21 octobre 2013

À rebours de tout ce que l'on a fait pendant cinq jours, cette dernière journée du festival Lumière 2013 nous a permis de laisser tomber les raretés hasardeuses de la programmation qui furent notre pain quotidien cette semaine pour aller se laver les yeux devant quelques valeurs sûres, et finir ainsi en beauté une édition dont on tirera un rapide bilan en fin de billet.

Ce dimanche de cinéphilie débridée occasionna même quelques regrets. En découvrant la splendide copie restaurée par StudioCanal de Monika, on s'est dit que l'on aurait bien vu plus de Bergman au cours du festival. Heureusement, on apprit le soir même que l'Institut Lumière comptait reprendre, début 2014, une partie de son œuvre — on y sera, cette fois. Le film, on l'avait un peu oublié, ou plutôt on l'avait enfoui sous un tas de références et citations : le regard caméra d'Harriet Anderson tant loué par Jean-Luc Godard dans les colonnes des Cahiers du cinéma — en fait, il y a deux regards caméra à la fin du film, et tous deux sont absolument bouleversants ; la photo de l'actrice que le jeune Jean-Pierre Léaud arrache sur la devanture d'un cinéma dans Les 400 coups, comme un talisman érotique — et de l'érotisme, il y en a dans Monika, notamment un des premiers nus féminins vus dans un film grand public, mais aussi cette manière de caresser les corps et les visages avec la caméra…

C'est la grande vertu du cinéma de Bergman. Quand on voit ses films, même les plus cérébraux et douloureux, on a envie de toucher l'écran, de rentrer dans l'image pour en épouser la beauté. Là encore, la restauration joue pour beaucoup, magnifiant le grain des peaux et les textures, dans un film qui passe de l'urbanité à la nature, des appartement exigus à l'espace infini, comme dans ce plan que Bergman répète par deux fois où le bateau des deux amants, d'abord au premier plan, se perd ensuite à l'horizon.

Pour revenir à l'incroyable postérité du film, on ne peut que se demander si Pierrot le fou aurait été Pierrot le fou sans Monika. Un cran plus loin, on peut même se dire que Godard a coupé Monika en deux, mettant la dérive loin du monde dans un film — Pierrot le fou — et la désagrégation d'un couple dans l'autre — Le Mépris. C'est d'ailleurs ce dernier point qui rend Monika si subjuguant et contemporain : entre les aspirations de son héroïne — une maison, un mari qui travaille, elle qui garde les enfants — et leur application dans la réalité, c'est comme un gouffre existentiel qui s'ouvre dans le film. L'adolescente naïve, pleine de rêves nés des films romantiques hollywoodiens et de la phallocratie ambiante — ce qui revient à peu près au même — se transforme en femme pleine d'amertume, abandonnant mari et enfant pour aller vivre un autre amour et espérer ainsi échapper à l'aigreur. De cette parenthèse estivale restent à la fois des souvenirs magnifiques et des poids à porter pendant le reste d'une vie.

Influence, influence… En redécouvrant Harold et Maude de Hal Ashby — son film le plus célèbre mais aussi son meilleur, ce qui arrive parfois dans l'Histoire du cinéma — on se rendait compte à quel point il était la matrice du cinéma de Wes Anderson, et notamment du premier film qui a imposé son style, Rushmore. Harold est vraiment le cousin de Max Fischer, à quelques nuances près, la curiosité morbide se transformant en maniaquerie du contrôle et en hyperactivité, le fils étouffant dans sa bonne famille devenant un enfant de prolo qui cherche à tout crin à se faire une place au milieu des bourgeois huppés. Mais le vrai point commun, c'est le ton et le style — et Cat Stevens, qui compose les merveilleuses chansons d'Harold et Maude et qu'on entend aussi dans Rushmore. Harold et Maude, c'est le triomphe de la légèreté et de la comédie au service de l'évocation de tous les drames d'une vie : sensation d'abandon, deuil, sentiment de ne pas trouver sa place dans le monde, pour les plus généraux. Mais aussi, plus concrets : peur d'aller mourir au Vietnam et soulagement d'avoir survécu aux camps de la mort nazis.

Ce qui fait la grandeur d'Harold et Maude, c'est sa façon d'absorber l'énergie des personnages — les mises en scène macabres et pince-sans-rire d'Harold, les provocations incessantes de Maude — pour en faire une pure matière cinématographique, où chaque séquence est peinte d'un geste allègre, parfois comme un pur tableau — ça, Anderson s'en est souvenu, notamment les séquences chez le psy, toutes traitées avec la frontalité qu'affectionne le réalisateur de La Famille Tenenbaum — parfois comme un grand élan de liberté débridée défonçant tout sur son passage, police, armée, mœurs… Un grand film indémodable, et un tonnerre d'applaudissements chaleureux et sincères en fin de projection.

Filiation, filiation… On ne pouvait imaginer mieux comme dernière séance du festival que le Scarface de Brian de Palma. Pour être honnêtes, la séance surprise à l'Institut Lumière avec Il était une fois dans l'ouest présenté par Tarantino, ça n'aurait pas été mal non plus. Mais bon, Scarface, sur un grand écran, dans une copie HD, c'est quand même un sacré morceau, et pour le coup, on n'a pas regretté la visite.

Il faut dire que le film de De Palma gagne un peu plus à chaque vision, au point de n'être plus très loin de s'incruster dans notre top 10 de tous les temps. Inutile de le résumer, tout le monde le connaît. Quoique… Qui se souvient de cette scène, énorme, où Montana doit marchander avec un banquier mielleux qui veut augmenter son taux de change, jouant de sa situation de monopole en matière de blanchiment d'argent pour prélever sa petite commission ? Et du dialogue qui s'ensuit, où le même Montana traite les banquiers de gangsters comme n'importe quel citoyen soudain soumis aux (non) règles du capitalisme ?

Qui se souvient de la figuration dans la scène, traumatisante, de la tronçonneuse ? Là, le grand écran joue : De Palma dispose à égalité dans le plan des bimbos en bikini et des vieux obèses avançant avec des déambulateurs. This is Miami, this is America ! La vulgarité se répand aussi dans les scènes de clubs, sans doute les meilleures jamais filmées (avec celle de La Nuit nous appartient), même si, là encore, une bizarrerie a tendance à être passée à l'as. L'apparition de cet étrange bonhomme grotesque, avec un faux ventre et une fausse tête surmontée d'un gros nez, sorte de prémonition du devenir avachi de Montana, en pleine descente de coke et à deux doigts de sombrer dans la démence parano et orgueilleuse…

La prestation de Pacino, elle, n'a plus besoin d'être louée. Par contre, il faut noter la géniale bouffonnerie avec laquelle il campe Montana, le plus grand héros négatif de l'Histoire du cinéma, un pauvre type assez con que tout le monde traite de «plouc», amoureux de sa sœur et d'un mauvais goût absolu, débitant des maximes absurdes avec l'assurance du winner qui ne voit même pas que le précipice se trouve juste après la dernière marche. Réplique géniale qui résume bien le personnage : «Je dis toujours la vérité. Même quand je mens, je dis la vérité !». Montana est un clown, et la performance de Pacino est clownesque ; c'est du grand art.

En sortant, on se disait que dans le cinéma américain contemporain, on pourrait tracer une sorte d'histoire de la vulgarité libérale à travers trois films : Scarface, Showgirls de Verhoeven et Spring Breakers d'Harmony Korine. Trois œuvres très morales mais qui font mine de ne jamais l'être, qui bousculent les repères du bon et du mauvais goût et qui ont provoqué autant de fascination que de dégoût à leur sortie. Ce sentiment mêlé, finalement, définit assez bien ce que chacun éprouve envers le libéralisme : l'impression de se faire baiser et l'envie irrationnelle d'y retourner.

Passons donc, pour finir, au bilan de Lumière 2013. Objectivement, c'est un succès : salles archi-pleines, engouement populaire jamais vu lors des éditions précédentes, organisation plutôt meilleure que d'habitude — enfin, les séances commencent toujours à la bourre, ce qui pose problème lorsqu'on doit passer d'une salle à l'autre. Sans parler, évidemment, de l'effet Tarantino. Il faut toutefois distinguer deux choses : le talent du bonhomme pour emballer ses présentations de films, les transformant en happenings délirants, chauffant les salles comme personne, témoignant d'un amour du cinéma jamais blasé ni rassasié, donc éminemment contagieux ; et le phénomène de groupies autour, dont le sommet fut les scènes surréalistes vues lors d'une visite à la Plateforme, avec des grappes de gens suivant ses déplacements comme dans un film burlesque. Ni mieux, ni pire que n'importe quel groupe de fans de Justin Bieber, dans le fond, le phénomène marque toutefois quelque chose de neuf pour le festival, dont on ne sait s'il est subi ou désiré : une porosité au culte de la «célébrité» ambiant, où l'homme est aussi important que l'œuvre.

Populaire, le festival l'est depuis ses débuts, réussissant le pari de redonner le goût du cinéma classique à un public qui se gave de nouveautés chez lui ou dans les salles ; là, c'est un cran supplémentaire qui est franchi, où l'événement n'est plus sur l'écran mais dans la rue, à l'image des marches cannoises et de leur relais médiatique, où l'on voit passer les «vedettes» mais où l'on se fout bien de savoir pour quel film elles ont fait le déplacement. Rappelons qu'à cause de ce cirque grotesque, le festival de Cannes se colle depuis des années les mêmes accusations démagos et infondées de festival élitiste peuplé de films intellos et de professionnels se rinçant au champagne dans des fêtes avant d'aller échouer le lendemain sur le plateau du Grand Journal ou dans leurs luxueuses chambres d'hôtel.

Les choses sont complexes cependant : pour créer l'événement, et motiver les gens à se rendre en salles, il faut susciter le désir, la curiosité, l'envie. La générosité et la sympathie de Tarantino ont aussi permis cela, et ont contribué à la réussite exceptionnelle de ce cru 2013. On a beau dialectiser, on ne voit pas comment sortir de cette quadrature du cercle ! Ou peut-être par l'humour : l'an prochain, on espère que les organisateurs projetteront l'indispensable Grosse fatigue de Michel Blanc, qui paraît plus actuel que jamais dans sa critique du rapport paradoxal entre le public et les stars du grand écran…

Enfin, beaucoup plus subjectif, le bilan des films. En choisissant, comme on le disait au début, de se concentrer sur les films les plus rares et méconnus de la programmation, on a évidemment pris le risque de se retrouver face à des objets mineurs. Les filmographies de Tarantino ou de Bergman auraient permis de stocker tranquille sa ration de chefs-d'œuvre, auxquels il suffisait de rajouter quelques grandes projections (Voyage au bout de l'enfer, Le Dernier empereur, Scarface) et des séances spéciales sympas (Le Grand blond et La Chèvre, big up Pierre Richard) ou pas, mais c'est exprès (The War zone, chapeau Tim Roth), pour passer un festival parfait.

Mais la cuvée 2013 était bonne jusque dans ses marges : à quelques exceptions près (les derniers Ashby, le navet de James B. Harris Sleeping beauty, un Marcel Lherbier décevant…), on en a pris plein les yeux, avec comme triple sommet Pain et chocolat, Mise à sac et Chronique morave, sans oublier le beau cadeau que constituait la première française du dernier Miyazaki, Le Vent se lève, il faut tenter de vivre.

Quant aux présentations, elles étaient plus vivantes et captivantes que jamais. Celles de Tarantino donc, mais aussi celles, plus techniques mais pas moins pertinentes, de Sophie Seydoux sur Le Bonheur ou du directeur de la cinémathèque tchèque, assez charismatique et pédagogique, autour de Chronique morave. Sans parler du maître Cavalier, impérial d'élégance, d'humour et de modestie, venu parler de son Mise à sac. Des amoureux du cinéma qui viennent partager en toute simplicité leur passion ; on ne trouve ça qu'au festival Lumière, définitivement.

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Comme on l’a dit au jour 1 de ce festival, c’est au premier rang que l’on a choisi de faire la majorité des séances Lumière 2013. Ce qui évite d’ailleurs de jouer des coudes pour récupérer une place miraculeusement laissée vacante et pas trop proche de l’écran, dans des salles qui ne désemplissent pas. L’expérience, hélas ! n’a pas joué en la faveur de Nos plus belles années, pour l’instant une des rares déceptions de la programmation. Le film de Pollack a pourtant une aura mythique, et son réalisateur, sous l’impulsion passionnée de Pierre Berthomieu, est en train de gagner une incontestable légitimité posthume, par-delà l’étiquette qui lui a souvent été accolée de cinéastes pour grandes fresque académiques. Nos plus belles années n’en est pas une, même si il flirte outrageusement avec un néo-classicisme anachronique pour l’époque — le Nouvel Hollywood des années 70. Le titre (français) et le film lui-même font référence à une œuvre de William Wyler, Les Plus belles années de notre vie, filiation qui ne tient pas du clin d’œil, mais surtout d’un désir esthétique et rom

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Dans tout bon festival de cinéma qui se respecte, il faut des grands films, mais aussi au moins un navet, un truc vraiment foireux qui va venir légitimer la valeur de tous les autres. C’est d’autant plus vrai dans un festival consacré au patrimoine cinématographique, où le double tri pratiqué par le passage du temps mais aussi par la réception et la réputation des œuvres laisse à penser qu’aucun mouton noir n’a pu se glisser entre les mailles du filet. C’est pourtant le cas avec Sleeping beauty de l’estimable James B. Harris, dont on attendait beaucoup pour un tas de raisons. En introduction de son film, Harris, 85 ans, a raconté sur le ton de la blague que lors des projections à l’époque (1973), on avait dû installer des signaux pour indiquer la sortie aux spectateurs mécontents. Désolé, James, mais le temps n’a rien changé à l’affaire et au bout d’une heure d’ennui abyssal, on a fait de même, traversant la salle de l’Institut Lumière pour aller se payer un salutaire café. Sleeping beauty est cramé dès sa scène pré-générique, où un couple déa

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Posons d’abord comme principe de ce blog qu’ici, on ne parlera que de cinéma et de rien d’autre. L’ambiance ? On s’en fout. L’hystérie autour de Tarantino ? De l’hystérie, donc rien qui vaille le coup de s’y arrêter. La météo ? Dégueulasse, et on a tout dit. De toute façon, la seule chose qui compte dans un festival de cinéma, ce sont les films, les films, les films, et encore les films. On pourrait passer la totalité du truc emmitouflé dans une parka à ne parler à personne dans une discipline de moine bouddhiste, ça nous irait très bien. On se colle le nez à l’écran — premier rang, rien d’autre — et on se prend ou pas le film dans la gueule. Test définitif. La preuve, aujourd’hui, rien ne nous a vraiment scotché, sinon des instants de mise en scène, des idées de cinéma, des talents épars. Exemple avec Manille de Lino Brocka, film très attendu car longtemps invisible, comme la totalité de l’œuvre de ce cinéaste philippin un peu oublié. L’exhumation de Manille est le fruit conjoint des efforts de Pierre Rissient, ami de Brocka qui en possédait les négatifs, de la World Cinema Foundation qu

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Pour les festivaliers point encore éreintés par une journée de films ou pour les simples spectateurs cherchant à approcher dans un cadre convivial les invités de Lumière 2013, les Nuits Lumière de la Plateforme ouvrent leurs portes ce soir à partir de 22h et jusqu'à dimanche à La Plateforme. Avec cette année un vrai programme et des thématiques tous les soirs. Lundi, ce sera l'Opening Party avec Robert Lapassade ; Mardi, une grande soirée blind test ; Mercredi, une soirée Flashback avec Maria Rockmore ; Jeudi, la Nuit Electronic Spirit avec Thylacine et Gisèle ; Vendredi, une Nuit spéciale Tarantino par le bien nommé Mr White ; Samedi, une soirée Bang Bang par Le Tourne Disque ; et enfin, dimanche, la Closing party conduite par Tatie Charby.

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«Laisse-moi te citer quelques noms : Jack Hanson, Chick Nadell, James B. Harris, Ted Jaffe, Russ Pearce… (…) Tous victimes de cambriolages, tous des hommes mariés trop gênés pour avouer qu’ils ont ramené des radasses à la casa et qu’à cause de ça, ils se sont fait dévaliser…». C’est un passage de Tijuana mon amour, nouvelle de James Ellroy autour d’un collecteur de ragots pour un  journal à scandales nommé L’Indiscret. Pourquoi Ellroy balance-t-il, au milieu de quelques oubliés d’Hollywood, le nom de James B. Harris ? Est-ce parce qu’il n’a pas digéré les libertés prises par le cinéaste avec son Blood on the Moon, qu’il adapta sous le titre de Cop avec James Woods dans le rôle du flic torturé (mais moins que dans le bouquin, c’est vrai) Lloyd Hopkins ? Si Ellroy prétend que James B. Harris a eu une double vie (privée), on sait en revanche qu’en matière de cinéma, il a eu deux vies : la première en tant que producteur pour Stanley Kubrick su

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Découvrir le film le plus rare d’un de nos cinéastes préférés, en sa présence : le festival Lumière ne pouvait nous faire plus plaisir qu’en programmant Mise à sac d’Alain Cavalier. Il faut aussi remercier la Cinémathèque française, qui a choisi le film dans le cadre de l’invitation qui lui a été lancée. Mise à sac appartient à la première période de Cavalier, celle où il laisse parler son goût pour les genres cinématographiques, et ce film de casse à l’échelle d’une ville toute entière lui permet de collaborer à l’écriture avec un autre cinéaste qui débuta dans le polar avant d’inventer un cinéma à son image, Claude Sautet. Surtout, Mise à sac est la transposition d’un roman de Richard Stark, The Score (En coupe réglée, en français) qui appartient à sa série racontant les aventures d’un cambrioleur nommé Parker. Derrière le pseudo de Stark se cache l’immense Donald Westlake, et ce héros-là, rebaptisé Georges et incarné par Michel Constantin chez Cavalier, connaîtra une sacrée postérité cinématographique, puisque Lee Marvin — dans Le Point de non-retour — Mel G

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En se choisissant comme Prix Lumière 2013 Quentin Tarantino, le festival du même nom a ouvert la boîte de Pandore. Non seulement Tarantino sera honoré, fêté, célébré, acclamé, non seulement l’intégralité de son œuvre sera présentée au public — dans des copies 35 mm, exigence non négociable du cinéaste lui-même — mais, en plus, il est allé fouiller le coffre à trésors de son château sur Hollywood Hills pour en ramener quelques films oubliés, réunis dans ce que le festival a nommé «un voyage personnel de Quentin Tarantino à travers le cinéma». La cinéphilie du réalisateur de Pulp fiction est du genre éclectique, mais il a ce goût de la perle rare et de l’œuvre que personne d’autre que lui ne connaît. Ce plaisir-là transparaît dans ses films, qui accumulent les références et les citations, faisant réapparaître à la surface le souvenir d’un petit maître laissé pour compte par les historiens du cinéma ou, plus fort encore, d’un acteur depuis longtemps relégué au second, troisième ou dernier plan, et qu’il remet au centre de l’écran. Qui connaissait vraiment Michael Parks avant que Tar

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Christophe Chabert | Mercredi 18 septembre 2013

Jackie Brown pour accompagner le Prix Lumière à Tarantino - Actualisée

C’est finalement Jackie Brown, troisième film de Quentin Tarantino, adapté du regretté Elmore Leonard et qui réunissait la star de la blaxploitation Pam Grier, le fidèle Samuel L. Jackson mais aussi Robert De Niro, Bridget Fonda, Michael Keaton et Robert Forster, qui sera projeté le vendredi 18 octobre à l’Amphithéâtre-Centre de Congrès de Lyon, pour accompagner la remise du Prix Lumière à son réalisateur. La soirée commencera à 19h45 par la remise du Prix et la projection aura lieu à 21h30 après une entracte. La billetterie, ouverte ce jeudi à 13h, a été littéralement prise d'assaut, si bien que toutes les places sont parties en quelques heures ! Le festival annonce toutefois que quelques unes seront sans doute remises en vente le soir-même à l'Amphithéâtre.

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Ghibli fête sa révolution

ECRANS | C’est la dernière annonce (fracassante) du festival Lumière : comme le lapin sorti du chapeau, un hommage aux studios Ghibli du grand Hayao Miyazaki, qui (...)

Christophe Chabert | Vendredi 13 septembre 2013

Ghibli fête sa révolution

C’est la dernière annonce (fracassante) du festival Lumière : comme le lapin sorti du chapeau, un hommage aux studios Ghibli du grand Hayao Miyazaki, qui fêtent en 2013 leurs 25 ans. Miyazaki a jeté un petit froid au festival de Venise ; alors que son dernier film, Le Vent se lève… il faut tenter de vivre, était en compétition — d’où il est, au passage, reparti bredouille — le maître annonça sa retraite de réalisateur. Certes, tel un compagnon de la chanson, il n’en est pas à sa première tentative — depuis Chihiro au moins, il annonce son envie de raccrocher les pinceaux et la caméra — mais cette fois, ça a l’air sérieux. Quoiqu’il en soit, le patrimoine Ghibli est énorme, et le travail accompli par Miyazaki représente une révolution incontestable dans le domaine du cinéma animé. Abordant des thèmes nouveaux — la menace qui pèse sur l’écologie, la guerre — à travers le prisme de l’enfance ou du merveilleux, poussant l’interpénétration entre le réel et le fantastique jusqu’à les rendre indissociables, il a bâti une mythologie qui n’appartient qu’à lui, imposant un trait là encore extrêmement perso

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"Blackmail" en ciné-concert au festival Lumière

ECRANS | Comme chaque année, le festival Lumière investira l'Auditorium pour un ciné-concert où l'Orchestre National de Lyon, sous la direction de Lenoard Slatkin, (...)

Christophe Chabert | Jeudi 5 septembre 2013

Comme chaque année, le festival Lumière investira l'Auditorium pour un ciné-concert où l'Orchestre National de Lyon, sous la direction de Lenoard Slatkin, mettra en musique un chef-d'œuvre du muet. Pour l'édition 2013, ce sera donc Blackmail d'Alfred Hitchcock, fraîchement restauré par le British Film Institute grâce à son programme "Rescue the Hitchcock 9" — neuf films muets du cinéaste dont les copies étaient menacées de disparition — dans la partition composée en 2008 par Neil Brand et orchestrée par Timothy Brock. Le ciné-concert se déroulera le mercredi 16 octobre à 20h15, et Lumière programmera durant le festival le remake parlant de Blackmail, tourné quelques années plus tard par Hitchcock lui-même.

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Lumière 2013, festival déchaîné

ECRANS | On en sait désormais un peu plus sur la programmation du festival Lumière 2013 où, faut-il le rappeler, Quentin Tarantino sera à l’honneur. Bergman, Verneuil, Ashby, des films noirs rarissimes, des projections événements, des raretés restaurées et des invités de choix ; cette édition s’annonce définitivement colossale. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 28 août 2013

Lumière 2013, festival déchaîné

Déjà alléchante lors de sa présentation avant la trêve estivale, l’édition 2013 du festival Lumière revient en septembre fraîche et bien bronzée avec cette fois une programmation détaillée de l’ensemble de ses sections. Il y a évidemment le Prix Lumière remis à Tarantino, avec l’intégrale de son œuvre plus une carte blanche dont le contenu est encore en cours de finition, l’ami Quentin ayant choisi des films visiblement cotons à dégoter… Il y a ensuite une nuit consacrée aux Monty Python avec là encore la totalité de leur filmographie collective — Sacré Graal, La Vie de Brian, Le Sens de la Vie et leur Première folie, recueil des sketchs du Flying Circus… Très attendue, la rétrospective Bergman s’annonce comme un des gros morceaux du festival : la sélection des films traduit un désir de balayer l’œuvre, avec ses sommets incontournables — Monika, Le Septième Sceau, La Source, Persona, Sonate d’Automne, Les Communiants, Scènes de la vie conjugale, Les Frai

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Présentation du festival Lumière

ECRANS | Vous le savez, le cinéphile et de plus en plus radical Quentin Tarantino sera à l'honneur de la prochaine édition du festival Lumière, qui se tiendra du 14 au (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 22 août 2013

Présentation du festival Lumière

Vous le savez, le cinéphile et de plus en plus radical Quentin Tarantino sera à l'honneur de la prochaine édition du festival Lumière, qui se tiendra du 14 au 20 octobre. Mais quid du reste du programme ? Pour s'en faire une idée, vous pouvez soit relire l'avant-papier rédigé par nos soins au moment de l'annonce du festival, soit vous procurer à sa sortie notre numéro 722 (daté du 4 septembre), soit assister, sur simple inscription au 04 78 78 18 85, à l'une des huit soirées de présentation qu'animera Maelle Arnaud, programmatrice de l'Institut Lumière. En voici les dates : Mardi 10 septembre à 19h et 20h30Jeudi 12 septembre à 19h et 20h30Samedi 14 septembre à 11h30Jeudi 3 octobre à 19h et 20h30Mardi 8 octobre à 19h

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Tarantino : glourious basterd

ECRANS | En choisissant Quentin Tarantino pour recevoir le cinquième Prix Lumière, le festival Lumière, qui aura lieu du 14 au 20 octobre prochain, frappe un grand coup, dans une édition placée sous le signe de la "célébration du 35 mm". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 21 juin 2013

Tarantino : glourious basterd

Au terme d’un suspens soigneusement orchestré, c’est sous des hurlements de joie qu’a été annoncé le nom du cinquième Prix Lumière, qui sera remis le 18 octobre prochain (avec, au passage, un petit changement de date, la cérémonie ayant lieu le vendredi et non plus le samedi) : Quentin Tarantino. Le cinéaste avait le profil parfait pour le recevoir, tant il mène une œuvre singulière et, son Django unchained l’a prouvé, sans doute déjà à son apogée ; mais il est aussi un cinéphile fervent, qui travaille à la redécouverte de films et d’auteurs oubliés, devenant au fil du temps, avec Martin Scorsese, un des plus grands défenseurs du patrimoine cinématographique. Ses trois derniers films — Boulevard de la mort, Inglourious Basterds et Django unchained — ont aussi démontré quelle haute idée Tarantino se faisait du cinéma et de son histoire, ceux-ci étant capables de venir panser les plaies de l’Histoire elle-même, inventant une sorte d’uchronie où les minorités persécutées — femmes, juifs ou noirs — prenaient une revanche sur leurs oppresseurs via leurs doubles de celluloïd. Le 35 mm fait de la résistance C’est aussi un d

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Quentin Tarantino : un Prix Lumière cinéphile et fédérateur

ECRANS | En choisissant Quentin Tarantino pour recevoir le cinquième Prix Lumière, le festival Lumière, qui aura lieu du 14 au 20 octobre prochain, frappe un grand coup, dans une édition placée sous le signe de la «célébration du 35 mm». Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 20 juin 2013

Quentin Tarantino : un Prix Lumière cinéphile et fédérateur

Au terme d’un suspens soigneusement orchestré, c’est sous des hurlements de joie qu’a été annoncé le cinquième Prix Lumière, qui sera remis le 18 octobre prochain (avec, au passage, un petit changement de date, la cérémonie ayant lieu le vendredi et non plus le samedi) à rien moins que Quentin Tarantino. Le cinéaste avait le profil parfait pour le recevoir, tant il mène une œuvre singulière et, son Django unchained l’a prouvé, sans doute déjà à son apogée ; mais il est aussi un cinéphile fervent, qui travaille à la redécouverte de films et d’auteurs oubliés, devenant au film du temps, avec Martin Scorsese, un des plus grands défenseurs du patrimoine cinématographique. Ces trois derniers films — Boulevard de la mort, Inglourious Basterds et Django unchained — ont aussi démontré quelle haute idée Tarantino se faisait du cinéma et de son histoire, ceux-ci étant capables de venir panser les plaies de l’Histoire elle-même, inventant une sorte d’uchronie où les minorités persécutées — femmes, juifs ou noirs — prenaient une revanche sur leurs

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Quentin Tarantino, Prix Lumière 2013

ECRANS | Ca y est, on connait enfin le nom du prochain récipiendaire du prestigieux Prix Lumière : c'est Quentin Tarantino qui succède à Clint Eastwood, Milos Forman, (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 20 juin 2013

Quentin Tarantino, Prix Lumière 2013

Ca y est, on connait enfin le nom du prochain récipiendaire du prestigieux Prix Lumière : c'est Quentin Tarantino qui succède à Clint Eastwood, Milos Forman, Gérard Depardieu et Ken Loach. Le réalisateur sera évidemment présent au Festival Lumière 2013 (qui se tiendra, pour rappel, du 14 au 20 octobre) pour recevoir sa distinction.

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