Hallucinante nuit hallucinée

Christophe Chabert | Mercredi 4 décembre 2013

Après une première expérience réussie l'an passé, les cinéphages de Zonebis, coupables chaque année d'organiser l'excellent festival Hallucinations collectives, s'associent de nouveau au site Nanarland.com pour une deuxième Nuit hallucinée qui porte bien son nom. L'idée est d'y faire se rencontrer des nanars avérés — ces «mauvais films sympathiques» où l'amateurisme, l'opportunisme et le n'importe quoi règnent en maître — et des films bizarres et inédits.

La soirée débutera ainsi avec l'avant-première du très attendu nouveau film de Quentin Dupieux, Wrong cops. En fait, un collage de trois sketchs dont le premier, avec Marylin Manson au naturel, avait fait crouler de rire la Croisette en 2012, et qui fait figure d'en-cas rigolo avant le prochain Dupieux, Réalité, déjà en boîte et qu'on espère voir à Cannes en 2014.

Autre avant-première, celle d'HK / Forbidden super-hero où l'on voit un puceau timide se métamorphosé en super-héros après avoir enfilé — par mégarde d'abord — une petite culotte féminine sur la tête. C'est, de fait, plus drôle que de se faire piquer par une araignée radioactive, et cela conduit à s'exclamer : ils sont fous, ces Japonais !

Niveau déconne, en plus des mythiques «cuts» Nanarland, florilèges de perles cinématographiques navrantes et hilarantes, on verra un bon gros film qui tâche, Miami Connection, où un groupe de hard rock affronte des motards, des dealers et des ninjas ; du pur cinoche d'exploitation tourné avec les coudes…

Plus insituable encore, l'épisode suédois (Suède, enfer et paradis) des Mondo movies, ces faux documentaires crapoteux qui camouflent leur voyeurisme derrière un réalisme bidon(né). Autant dire que les amateurs de tranquillité et de civilité dans les salles peuvent passer leur chemin : la Nuit hallucinée, c'est le triomphe du cinoche qui défoule.

Christophe Chabert

La Nuit hallucinée 2 : revengeance
Au Comœdia, samedi 14 décembre


Wrong Cops

De Quentin Dupieux (Fr, 1h25) avec Mark Burnham, Marilyn Manson...

De Quentin Dupieux (Fr, 1h25) avec Mark Burnham, Marilyn Manson...

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Los Angeles 2014. Duke, un flic pourri et mélomane, deale de l’herbe et terrorise les passants. Ses collègues au commissariat: un obsédé sexuel, une flic maître chanteur, un chercheur de trésor au passé douteux, un borgne difforme se rêvant star de techno…


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Vos nuits sont elles plus belles que vos jours ? À l’approche du solstice d’hiver, elles sont en tout cas plus froides et plus longues. Et grâce aux camarades de Hallucinations collectives et de Nanarland (qui vient de sortir un nouveau recueil livresque de chroniques des “mauvais films sympathiques”, ne l’omettez pas dans votre hotte), celle du 17 décembre se fera plus estomaquante avec un programme de gâteries soigneusement sélectionnées. L’avant-première de The Greasy Strangler de Jim Hosking (qui n’a rien à voir avec la maladie), suivie par la projection d’un aimable classique, Histoires de Fantômes Chinois de Siu-Tung Ching et de deux nanars, donc : Samurai Cop de Amir Shervan et Karate contre Mafia de Ramon Saldias. Ah, et il y aura aussi des surprises… Au Comœdia le samedi 17 décembre à 19h30

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C’est devenu un rendez-vous incontournable pour les amateurs de cinéma déviant, de nanars et de mauvais goût trash : la Nuit Hallucinée organisée par ZoneBis fête sa troisième édition ce samedi 13 décembre au Comœdia avec un programme particulièrement corsé. En plus des rituels montages hilarants signés Nanarland, quatre films seront proposés, tous plus déglingués les uns que les autres. Le plus straight, c’est celui qui fera l’ouverture de la soirée : Electric Boogaloo, docu signé Mark Waters qui, quelques semaines après l’excellent The Go-Go Boys, propose à son tour de retracer l’histoire de la Cannon Films, mais en l’axant sur son apport au cinéma bis via les figures cultes de Chuck Norris ou Jean-Claude Van Damme, purs produits de l’écurie Golam / Globus. Illustration par l’exemple plus tard dans la nuit avec Le Justicier de New York, où papy Bronson reprend ses habits de justicier dans la ville pour aller nettoyer les rues de la grosse pomme de tout ce qui ne lui ressemble pas — putes, dealers, camés, clodos. Un sommet

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L’adage est connu : tout succès repose sur un malentendu. Dans le cas de Quentin Dupieux, le malentendu tient du hold-up : après avoir bricolé une entêtante boucle électronique intitulée Flat Beat — le «rythme plat» — illustrée avec une marionnette grossière, Flat Eric, il est contacté par Levi’s qui souhaite reprendre ce tube minimaliste et le personnage qui l’accompagne pour vendre ses jeans. La pub deviendra culte et Dupieux, qui se fait alors appeler Mr Oizo, va être emporté sans le vouloir par le courant French Touch. Son premier album, Analog Worms Attack, creuse cette veine de techno bricolée, bizarre et rugueuse qui, quand on l’écoute de près, est tout sauf commerciale. Dupieux ramasse le magot empoché grâce à la pub, aux ventes de disques et à ses prestations de DJ, puis part en Espagne tourner un film autofinancé défiant les règles de la narration : Nonfilm, moyen métrage de 44 minutes qui annonce, de façon visionnaire, la disparition du cinéma traditionnel et de ses outils. Un Steak dans ta face Ça pourrait ressembler au suicide d’un type dont la consécration précoce aurait entraîné une mégalomanie furieuse

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Christophe Chabert | Vendredi 23 novembre 2012

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Après le succès remporté par la deuxième édition d’Hallucinations collectives, les esprits frappeurs de ZoneBis viennent mettre un beau cadeau sous le sapin avec une "nuit hallucinée" placée sous le signe du n’importe quoi. Associée pour l’occasion à Nanarland, qui propose depuis plusieurs années la même chose à la Cinémathèque française, l’association présentera donc cinq films (un court, quatre longs) dont certains brillent par leur joyeuse nullité. On citera par exemple Troll 2, considéré comme le plus mauvais film jamais tourné, ce qu’une horde de fans déviants ne manquent pas de souligner aux États-Unis au cours de séances virant au happening géant. Tout aussi navrant, L’Infernale poursuite est un pur produit d’exploitation foutraque où le méchant est une ceinture noire de karaté ayant perdu ses jambes durant la guerre de Corée. Mais le plus beau morcea

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