2014 : autant en emporte le Vent…

ECRANS | Après une année 2013 orgiaque, 2014 s’annonce à son tour riche en grands auteurs, du maître Miyazaki à une nouvelle aventure excitante de Wes Anderson en passant par les vampires hipsters croqués par Jarmusch et les flics tarés de Quentin Dupieux. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 2 janvier 2014

Le Vent se lève, il faut tenter de vivre… disait le titre intégral du dernier film d'Hayao Miyazaki qui, après 25 ans au service de l'animation japonaise, a décidé de tirer sa révérence avec cette œuvre effectivement testamentaire. Réduite au seul Vent se lève pour sa sortie le 22 janvier, cette fresque narre les années d'apprentissage d'un ingénieur féru d'aviation, passion qui l'aveuglera sur la réalité de la guerre dans laquelle le Japon s'engage, mais aussi sur l'amour que lui porte une jeune fille qu'il a sauvée lors d'un spectaculaire tremblement de terre. En assumant la part la plus adulte de son cinéma et en se livrant en transparence à un troublant autoportrait en créateur obsessionnel, coupé du monde et de la vie, Miyazaki signe un chef-d'œuvre alliant splendeur plastique, force émotionnelle et intelligence du regard.

Les Belles et les Bêtes

Il sera le premier en cette rentrée à illuminer les écrans, mais 2014 ne sera pas en rade de grands auteurs, au contraire. On ronge bien sûr notre frein en attendant de découvrir la deuxième partie du Nymphomaniac de Lars von Trier (29 janvier), dont le Volume 1 nous a conquis par son insolente liberté de forme et de ton ; le même jour, par un hasard de calendrier, Riad Sattouf, formidable auteur de BD et réalisateur d'une des meilleures comédies françaises de ces dernières années (Les Beaux Gosses), mettra lui aussi Charlotte Gainsbourg à l'honneur dans sa fable caustique Jacky au royaume des filles.

Au petit jeu des comédiens qui vont truster l'affiche en 2014, on trouve, comme en 2013, Léa Seydoux. Elle jouera d'abord la Belle dans la nouvelle adaptation par Christophe Gans de La Belle et la Bête (12 février), puis elle ira faire la belle dans le Grand Budapest Hotel de Wes Anderson (26 février). Le film fera l'ouverture de la Berlinale et Anderson, qui compte parmi nos cinéastes favoris, le présentera ensuite au Comoedia et à l'Institut Lumière. Dans cette galaxie du cinéma américain qui compte parmi ses habitants Sofia et Roman Coppola, Wes Anderson a pour voisin Spike Jonze, qui réunit le physique de Joaquin Phoenix et la voix de Scarlett Johansson dans Her (19 mars), histoire d'amour entre un homme fragilisé par une rupture sentimentale et le programme vocal personnalisé de son ordinateur.

Le 19 mars toujours, un autre doux dingue aux multiples casquettes (musicien, DJ, cinéaste), Quentin Dupieux, enverra ses bidonnants Wrong cops faire la loi sur les écrans. Projet récréatif entre l'excellent Wrong et le futur Réalité, ce croisement burlesque entre plusieurs histoires imbriquées selon une logique de l'illogique, est plus drôle que l'intégralité des comédies produites par des Français l'an dernier, et plus novateur formellement que les trois quarts des films estampillés "auteur" dans l'Hexagone.

Mondo cinéma

Le cinéma français, qui a fini l'année 2013 avec une grosse gueule de bois, va-t-il se mettre au régime sec en 2014 ? Sachant que le semestre commence par le Yves Saint Laurent de Jalil Lespert et se conclura, en mai, par le Saint Laurent de Bertrand Bonello — avec… Léa Seydoux ! —, on se dit que la rationalité n'est pas encore de rigueur. On guettera cependant le nouveau Alain Resnais qui, après avoir sombré dans le verbe ampoulé d'Anouilh revient à celui, autrement plus contemporain, d'Alan Ayckbourn — déjà auteur des pièces qui ont inspiré Smoking / No Smoking et Cœurs — pour Aimer, boire et chanter (26 mars). En tout cas, contrairement à Miyazaki, de vingt ans son cadet, pas de retraite en vue pour le nonagénaire Resnais… À suivre aussi, le nouveau film des frères Larrieu, L'Amour est un crime parfait (15 janvier), et celui de la revenante Marina De Van, Dark touch (19 mars), où elle s'essaie au cinéma de genre en version anglophone.

La France étant un bastion pour la défense du cinéma mondial, on verra en 2014 des films venus de partout : du Japon, avec Real (26 mars), où Kiyoshi Kurosawa reprend le chemin du grand écran après l'escapade télé de Shokuzai ; de Roumanie, avec Métabolisme de Corneliu Porumboiu (26 mars), déjà auteur des excellents 12h08 à l'est de Bucarest et Policier adjectif ; de Pologne, avec le phénomène festivalier Ida de Pawel Pawlikowski (12 février) ; et du Québec, avec la sortie longtemps attendue du nouveau Xavier Dolan, Tom à la ferme, son premier flirt avec le cinéma de genre. Jim Jarmusch, lui, fait le tour du monde en un seul film avec l'excellent Only lovers left alive (19 février), où des vampires traînent leur éternité comme des hipsters nostalgiques entre Tanger et Detroit, entre beat generation et ruines industrielles. 

Et l'Amérique, la vraie, dans tout ça ? Les projecteurs sont déjà braqués sur le Noé de Darren Aronofsky (9 avril), pour savoir comment le réalisateur de Requiem for a dream et Black swan va s'accommoder d'un blockbuster qu'on espère pas trop biblique. Sinon, il y aura de la SF et du super-héros en 2014, comme il y en eut en 2013, mais il y aura aussi, le 7 mai, des Muppets. Lavant l'injure faite au tordant Les Muppets, le retour, sorti seulement en vidéo, Muppets most wanted trouvera bien le chemin des salles. Après avoir débauché Jason Siegel, Kermit et ses potes ont recruté Ricky Gervais, l'Anglais le plus drôle du monde. Ça s'appelle sentir le vent — comique — se lever, et ce n'est pas donné à tout le monde !


Nymphomaniac - Volume 1

De Lars von Trier (Dan-All-Fr-Bel, 1h50) avec Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård...

De Lars von Trier (Dan-All-Fr-Bel, 1h50) avec Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård...

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La folle et poétique histoire du parcours érotique d'une femme, de sa nLa folle et poétique histoire du parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s'est auto-diagnostiquée nymphomane.


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“Benedetta” de Paul Verhoeven : la chair et le sang

Cannes 2021 | Exaltée par sa foi et la découverte de la chair, une nonne exerce une emprise perverse sur ses contemporains grâce à la séduction et au verbe. Verhoeven signe un nouveau portrait de femme forte, dans la lignée de Basic Instinct et Showgirls, en des temps encore moins favorables à l’émancipation féminine. Quand Viridiana rencontre Le Nom de la Rose…

Vincent Raymond | Lundi 12 juillet 2021

“Benedetta” de Paul Verhoeven : la chair et le sang

Italie, début du XVIIe siècle. Encore enfant, Benedetta Carlini entre au monastère des Théatines de Pescia où elle grandit dans la dévotion de la Vierge. Devenue abbesse, des visions mystiques de Jésus l’assaillent et elle découvre le plaisir avec une troublante novice, sœur Bartolomea. Son statut change lorsqu’elle présente à la suite d’une nuit de délires les stigmates du Christ et prétend que le Messie parle par sa voix. Trucages blasphématoires ou miracle ? Alors que la peste menace le pays, la présence d’une potentielle sainte fait les affaires des uns, autant qu’elle en défrise d’autres… Les anges du péché Entretenue depuis son enfance dans un culte dévot de la Vierge, conditionnée à adorer des divinités immatérielles omnipotentes, coupée du monde réel, interdite et culpabilisée lorsqu’il s’agit d’envisager les sensations terrestres, Benedetta vit de surcroît dans un monde de fantasmes et de pensées magiques, où chaque événement peut être interprété comme un signe du ciel — ce que la superstition ambiante ne vient surtout pas démentir. Prisonnière d’une communa

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Quais du Polar : un festival de littératures noires

Polar | Né en bord de Saône, Quais du Polar s’offre une résurrection post-Covid de luxe en bord de Rhône et à l’air libre. Coups d’éclats, de soleil et lunettes noires à prévoir.

Vincent Raymond | Lundi 28 juin 2021

Quais du Polar : un festival de littératures noires

À quelque chose, malheur est bon : forcée de se décaler à l’aube de l’été pour éviter la parenthèse covidienne, cette 17e édition de Quais du Polar s’est adaptée, démultipliant les interactions avec la ville et l’air libre. Point de Grande Librairie dans le Palais de la Bourse cette année, mais une farandole d’étals s’étirant quai Sarrail en face, le long du Rhône, à la manière des bouquinistes — c’est ici que les autrices et auteurs viendront dédicacer. Pas d’espace jeunesse en intérieur non plus : à l’instar de Lyon BD, le Parc de la Tête d’Or est réquisitionné pour accueillir les auteurs et leur public sur la pelouse des Ébats. Mais ce n’est pas tout : le festival a aussi créé de nouveaux formats, en théorie éphémères (2022 verra en effet le retour du festival à son calendrier normal) de “reconquête” de l’espace public. En plus de la traditionnelle Grande Enquête signée Christelle Ravey, saluons notamment l’hommage

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Au Musée des Confluences, la planète à terre

ARTS | Exposition d’ampleur, aussi belle qu’anxiogène, La Terre en héritage a le mérite de remettre en perspective nos connaissances et montre comment depuis le néolithique, l'humain a dévoyé les richesses de son air, son sol, ses eaux à son seul profit.

Nadja Pobel | Mercredi 16 juin 2021

Au Musée des Confluences, la planète à terre

Attention au crash ! Sur une frise vertigineuse qui traite l’apparition de la vie et de l’homme en une année civile, l’apparition de la vie sur terre est posée le 1er janvier, l’arrivée du premier dinosaure date du 8 décembre, celle de l’homo sapiens du 31 décembre à 23h14 et celle de la révolution néolithique de 23h58 ! Ce sont donc ces "deux minutes" qui séparent de minuit qui sont ici exposées, avec leurs inventions et leurs destructions. Quand il y a 12 000 ans l'humain cesse de vagabonder pour chasser et cueillir de quoi vivre, il fait sa révolution néolithique. Cette sédentarisation est encore ce qui façonne l’ère de l’anthropocène actuelle. Elle est analysée par le travail conjoint du Musée des Confluences et de l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) via les thématiques se nourrir / posséder / occuper la Terre au cœur des 700 m² de la salle. Organisées de façon ciculaire, ces thématiques se déclinent via des objets de fouilles au centre, jusqu’aux objets actuels dans l’un

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Kcidy : mélancolie heureuse

Portrait | Avec son deuxième album, Les Gens heureux, disque baroque 60's et mélancolique, la Lyonnaise Kcidy vient de frapper un très grand coup. Et de marquer avec bonheur un changement radical dans son approche de la pop.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 juillet 2021

 Kcidy : mélancolie heureuse

« Les gens heureux dansent », chante Kcidy sur une chanson extraite de son dernier album. Du moins ils devraient, les gens, être heureux et danser. Mais en ce moment personne ne danse. Les lieux de culture ont beau rouvrir petit à petit, à Nuits Sonores (exemple non contractuel), le public se couchera, comme on passerait son tour. Et il faudra attendre encore un peu (beaucoup ?) pour le retour des « jours heureux » promis par Emmanuel "Fonzie" Macron. Certes, Les gens heureux dansent n'est pas tout à fait une chanson sur nos corps contrariés par la pandémie mais elle traduit quelque chose de l'inaccessibilité de cet état de mouvement. « J’ai imaginé ce que ça ferait d’être entourée de ces "gens heureux" qui dansent, alors que moi je serai immobile et figée, comme engluée dans la mélancolie, comme si le bonheur de ces gens m’était inaccessible, lointain » confiait la chanteuse et musicienne au site Soul Kitchen, à propos de cette chanson cl

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Lucas Belvaux : « il ne doit pas y avoir un plaisir malsain à regarder la violence »

Des hommes | Adapté du roman de Laurent Mauvignier, Des hommes rend justice à toutes ces victimes de la Guerre d’Algérie payant les intérêts de décisions “supérieures“ prises au nom des États. Et s’inscrit avec cohérence dans la filmographie du (toujours engagé) cinéaste Lucas Belvaux…

Vincent Raymond | Mardi 25 mai 2021

Lucas Belvaux : « il ne doit pas y avoir un plaisir malsain à regarder la violence »

Il y a un lien manifeste entre Chez Nous (2017) et ce film qui en constitue presque une préquelle… Lucas Belvaux : Il est un peu né du précédent, oui. J’avais lu le livre de Laurent Mauvigner à sa sortie en 2009, et à l’époque j’avais voulu prendre les droits et l’adapter. Mais Patrice Chéreau les avait déjà, et puis il est tombé malade et n’a pas eu le temps de le faire. J’avais laissé tombé et, avec le temps, ne voyant pas le film se faire, je m’y suis intéressé à nouveau. Surtout après Chez nous : il y avait une suite logique. J’ai relu le livre, je l’ai trouvé toujours aussi bon et mon envie de l’adapter était était intacte — ce qui est bon signe après dix ans. Outre “l’actualité” de votre désir, il y a celle du sujet : on a l’impression qu’on ne fait que commencer avec le traitement de “liquidation“ de la Guerre d’Algérie. C’est encore neuf… Étra

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"The Father" de Florian Zeller : ça tourne pas daron

Drame | Florian Zeller s'empare de l’adaptation britannique de sa pièce à succès en embarquant une distribution et une équipe technique expérimentées. Le résultat s’avère conforme aux craintes : un aimant à Oscar lisse et propret ayant plus à voir avec le théâtre que le cinéma…

Vincent Raymond | Mercredi 19 mai 2021

Octogénaire vivant dans un vaste appartement londonien, Anthony sombre dans la démence. Pour lui, le temps se diffracte : il confond présent et passé, sa fille Anne avec l’assistante de vie, oublie jusqu’à la mort de sa cadette… Sa perception relative de cette altération affecte son humeur, le rendant agressif et paranoïaque. D’ultimes protections avant le lâcher prise final… Tant de dithyrambes ont déjà été dites et écrites sur Le Père (pièce et film) que porter un avis contraire semble tenir d’une posture stérilement provocatrice façon Kaganski époque Amélie Poulain ; tentons toutefois d’avancer quelques arguments… S’il n’est pas rare qu’un triomphe de la scène trouve une prolongation “naturelle” sur les écrans, métamorphoser un matériau théâtral en projet cinématographique n’en demeure pas une affaire aisée. S’affranchir de la contrainte du huis clos que la scène impose généralement constitue la principale préoccupation des réalisateurs : certains s’en accommodent en créant d’artificielles “aérations“ visuelles, d’autres laissent le flux et la tension verbale sculpter les séquences ; d’autres encore créent des objets hybrides jouan

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Julien Peultier : « montrer ce que représente la pression d'un deuxième album »

Documentaire | Ce 5 mai sort "The Big Picture, le documentaire", réalisé par Julien Peultier, guitariste de Last Train, sur l'enregistrement du deuxième album du groupe en Norvège. Il nous raconte le pourquoi et le comment de ce film qui, en relatant les affres de la création collective, célèbre la belle amitié de quatre collégiens devenus l'un des rock band les plus importants du circuit indé français.

Stéphane Duchêne | Mercredi 5 mai 2021

Julien Peultier : « montrer ce que représente la pression d'un deuxième album »

Last Train semble documenter beaucoup de choses sur sa vie de groupe, mais comment en êtes-vous arrivés à ce documentaire ? Julien Peultier : Je documente tout ce qui se passe avec Last Train depuis assez longtemps, en tournée notamment. D'ailleurs ce n'est pas toujours évident, j'ai parfois envie de me poser dans le van et de ne rien faire. Du coup, quand on est parti enregistrer The Big Picture en Norvège on a emmené avec nous Hugo Pillard qui fait des clips pour Fauve, Pomme, Tim Dup et c'est lui qui a fait ce travail de documentation. C'était très important que ce soit fait par quelqu'un d'extérieur, parce que je devais me concentrer sur l'enregistrement et le studio. Au finale, on avait pas mal de rushes, dont j'avais pu utiliser une petite partie dans le clip de The Big Picture, le morceau titre de l'album. L'idée du documentaire est venu d'une commande du Main Square Festival qui a donné carte blanche aux artistes pendant la pandémie l'an dernier. L'idée c'était de produire un contenu pour la Main Square TV sous une forme libre. On a réfléchi

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“Possessor” de Brandon Cronenberg : de la mort des marionnettes

VOD | Possessor aurait pu constituer l’Easter Egg idéal du festival Hallucinations Collectives si… Mais avec des si, les cinémas seraient ouverts et on ne serait pas obligé de voir le Grand Prix de Gérardmer signé Brandon Cronenberg en direct to DVD en espérant qu’il sorte enfin sur grand écran…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

“Possessor” de Brandon Cronenberg : de la mort des marionnettes

Dans un monde parallèle, une firme hi-tech vend à ses très fortunés clients ses “talents“ consistant à téléguider neurologiqument des individus afin qu’ils commettent des meurtres ciblés. Tasya Vos, l’une de ces marionnettistes du subconscient, éprouve de plus en plus de difficultés à sortir de ses missions. Et la dernière qu’elle accepte pourrait bien lui être également fatale… En d’autres circonstances, on aurait été embarrassé d’évoquer le père à travers le fils. Mais ici tout, du thème au style organique choisis par Brandon, renvoie au cinéma de David Cronenberg et tend à démontrer par l’exemple (et l’hémoglobine) la maxime « bon sang ne saurait mentir ». Non qu’il s’agisse d’un film par procuration, plutôt de la perpétuation logique d’un esprit, de la manifestation d’un atavisme cinématographique. Avant que le concept soit énoncé et surtout banalisé dans toutes gazettes, l’idée de l’Humain augmenté — quel que soit le moyen choisi (hybridation vidéo, amélioration psychique,

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Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Littérature | Après nous avoir expliqué en quoi consisterait son édition 2021, en ligne, la Fête du Livre de Bron livre les détails de sa programmation, adulte et jeunesse, et donne rendez-vous du 10 au 28 mars, du mercredi au dimanche, sur son site Internet.

Stéphane Duchêne | Lundi 1 mars 2021

Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Une cinquantaine d'invités, un événement on line (et non on hippodrome, comme d'usage) étalé sur trois semaines, telle est la formule choisie de l'édition 2021 de La Fête du livre de Bron placée sous le signe de L'invincible été camusien qui ferait ici, davantage que de thème, office de devise de résistance, de vaccin contre la fatalité. Et si rien ne remplacera dans les cœurs des lecteurs une version "en présentiel", selon la formule désormais consacrée, on pourra quand même se contenter d'une jolie programmation tout à la fois resserrée (le nombre d'auteurs : réduit) et rallongée (dans la durée : trois semaines au lieu de cinq jours). Programmation qui, il faut le préciser, s'inspire plus que largement de celle imaginée pour l'édition en bugne à bugne envisagée dans un premier temps. Au programme donc, et comme nous l'expliquait il y a peu Yann Nicol, directeur de l'événement : des rendez-vous récurrents chaque week-end (entendre « s

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Eliott Jane, esprit libre

French Pop | Après avoir étrenné sa soif d'absolu en groupe et en envolées punk, la Lyonnaise Eliott Jane livre un premier EP solo, "Liberté chérie", entre variété pop et new-wave flashy. Où elle explore les chemins, souvent contrariés, qui mènent à la liberté. Celle d'être soi, quoi qu'il en coûte.

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 février 2021

Eliott Jane, esprit libre

Liberté Chérie. Si l'on doit être un peu honnête, voilà un titre qui résonnerait presque de toute l'incongruité possible, tant on a fini par davantage la polir, notre liberté, que par la chérir. Pour pas dire qu'on la délaisse : on l'aime bien, hein, mais on l'a remisée, contraints-forcés, dans un coin de notre vie, juste à côté des envies de resto, des pogos baveux, des virées chez mamie avec un rhume et de phrases du genre « oh, ça va, tu peux boire dans mon verre, j'ai pas la gale ». En dépit du contexte, Eliott Jane, elle, n'en a cure, sa Liberté avec un grand Elle, la chanteuse continue de la chérir et au passage, s'il faut, elle vous emmerde. D'ailleurs son EP était sinon déjà en boîte — elle l'a enregistré pendant le confinement — du moins passablement sur le métier au moment où l'on a commencé il y a un an à faire l'expérience des apéros Zoom en pyjama et des séances de step sur la table basse. Il faut dire que ladite Liberté, la sienne, est un peu plus vaste que celle qu'on questionne depuis le début de ce paragraphe. Elle est chevillée au corps de la c

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Le désarroi des artistes dans des théâtres fermés

Théâtre | Lors du deuxième confinement, les théâtres ont pu rester ouverts — pour les artistes. Ces derniers ont occupé les plateaux pour répéter ce qui aurait dû se créer ces derniers mois. Comment traverse-t-on cette période qui ne dit pas sa fin ? Réponses avec les comédiens / metteurs en scène Philippe Caubère, Catherine Hargreaves et Laurent Ziserman.

Nadja Pobel | Mercredi 27 janvier 2021

Le désarroi des artistes dans des théâtres fermés

Une deuxième annulation ? Et combien d’autres ? Catherine Hargreaves devait présenter son Happy Hours avec sa complice Adèle Gascuel en octobre. Puis mi-décembre. Elle-même s’embrouille dans les dates : tout se mêle, entre confinement à demi, couvre-feu à 20h, à 18h, réouverture avortée le 15 décembre... Au final, rien. « Je ne sais pas quoi penser. On ne sait plus, avec ma compagnie des Sept sœurs, comment axer le travail de production. On tourne en rond — alors je reste dans mon coin et j’écris ». Elle devait partir en résidence d’écriture durant l’hiver 2020 en Angleterre. C’est sans cesse différé : « je pourrais y aller mais je serai enfermée dans un appartement. Or mon projet est basé sur la rencontre avec des gens. De plus, le Brexit influe sur nos capacités à renouveler des histoires » constate la Franco-Britannique qui refuse de se plaindre — sa compagnie étant subventionnée. Être empêchée de travailler ne la dis

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Lyon : les Ateliers de la Danse seront adossés au groupe scolaire Kennedy

Danse | L'opposition a grincé après l'annonce de l'abandon du projet d'Ateliers de le Danse dans l'ancien Musée Guimet. Ateliers qui seront relocalisés dans le 8e, sur le site du groupe scolaire Kennedy, tout proche de la Maison de la Danse. Une décision qui impacte par ricochet l'avenir du Musée Guimet mais aussi de l'ancienne ENSBA.

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Lyon : les Ateliers de la Danse seront adossés au groupe scolaire Kennedy

L'annonce a bousculé et montré que les Verts et leurs alliés n'hésiteraient pas à aller à l'encontre des habitudes prises sous le règne Collomb et que les caciques de la culture lyonnaise devraient remettre leur trône en jeu : ainsi Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la Danse, maîtresse de cérémonie de la Biennale de la Danse, l'incontournable pivot de tout ce qui touche à l'art chorégraphique dans la cité — et ce, avec un talent indéniable. Mais la voici challengée, de nouveau : son projet de Maison de la Danse à Confluence avait déjà été retoqué — non pas par les politiques locaux emmenés alors par Georges Képénékian et Gérard Collomb, qui défendaient le projet, puisque c'est le Ministère de la Culture qui avait refusé de suivre financièrement comme nous l'avait expliqué en juin dernier Georges Képénékian pendant la campagne élector

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Un enfant à la mère : "Sous les étoiles de Paris" de Claus Drexel

Comédie dramatique | Claus Drexel l’affirme d’emblée : il s’agit d’un conte.

Vincent Raymond | Mardi 27 octobre 2020

Un enfant à la mère :

Clocharde vivant recluse dans le silence d’un local sous un pont de Paris, Christine voit surgir le petit Suli, un migrant africain dont la mère a été arrêtée pour se faire expulser. D’abord revêche avec l’enfant, Christine le prend sous son aile mitée et tente l’impossible : retrouver la mère… Claus Drexel l’affirme d’emblée : il s’agit d’un conte. Silhouette hors d’âge et claudiquante, Catherine Frot fait en effet figure de Carabosse des égouts attendant d’être délivrée d'un mauvais sort par le petit chevalier Suli au terme de leur déambulation-apprivoisement initiatique. S'il révèle les invisibles au sein de la foule solitaire, ce film démarrant comme un diesel trouve quelques moments de grâce dans le lien entre les deux personnages, et quelques images choc : l’évocation d’une “cour des miracles“ peuplée de drogués sous un parking ou les terribles (et bien réels) plans sur les bidonvilles de migrants de l’autre côté du périph’. Sur un registre plus anecdotique, il s’agit sans doute de l’un des rares — le seul ? — films où les deux sœurs Frot se donnent la réplique.

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Claus Drexel : « l’idée était de faire un conte »

Sous les étoiles de Paris | Après le visionnaire "America", Claus Drexel revient à la fiction à la demande de Catherine Frot pour un étrange buddy movie entre une clocharde et un petit migrant dans le décor somptueux de Paris. Un projet venu tout droit d’un autre documentaire, "Au bord du monde"…

Vincent Raymond | Mardi 27 octobre 2020

Claus Drexel : « l’idée était de faire un conte »

C’est par un documentaire, Au bord du monde (2013), que vous êtes arrivé à Sous les étoiles de Paris… Claus Drexel : Oui, mais je faisais déjà de la fiction avant. J’ai plutôt fait un virage vers le documentaire sans jamais avoir envie d’arrêter la fiction. Ce qui s’est passé à l’époque de Au bord du monde, c’est que je voyais des reportages sur les gens de la rue où ces personnes ne s’exprimaient jamais parce qu’on interviewait les associations — qui font un travail formidable. J’avais l’impression de vivre dans une ville avec des personnes que je ne connaissais pas, dont je ne savais rien. J’ai eu envie de les rencontrer, en tant qu’individu. C’est un peu par hasard qu’est venue ensuite l’idée de tirer un documentaire de ces rencontres, Au bord du monde, et finalement j’ai adoré ça. Ce film a changé mon regard sur le monde à plusieurs niveaux. Car j’ai adoré le concept de documentaire et j’ai eu envie de continuer à en faire, sans perdre l’envie de faire de la fiction qui était ma voie d’origine. Alors, quand Catherine Frot m’a contacté après avoir vu

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Odessey and Oracle : armes de crocodile

Pop | Trois ans après "Speculatio", Odessey and Oracle, troupe pop baroque lyonnaise aux enluminures rétro-futuristes revient avec "Crocorama". Et soulève une fois de plus son tapis de sucre pour larguer avec grâce son vitriol révolutionnaire sur les temps qui courent et ne passent pas. Splendide.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 octobre 2020

Odessey and Oracle : armes de crocodile

« Les déesses de l'argent dansent dans leur bulle spéculative », ainsi s'ouvrait en 2017, Speculatio, le précédent album d'Odessey and Oracle. Paroles prononcées d'une voix de miel par Fanny L'Héritier sur une musique empreinte d'un genre de psychédélisme médiéval agitant un ticket pour l'espace. Manière de déposer à nos oreilles une note d'intention, une profession de foi : il s'agissait moins ici de compter les fées que les abattis de notre société. Comme un lien hypertexte donnant sur 2020, sur Speculatio, déjà, Odessey and Oracle confiait J'ai vu un croco, comme on verrait un Grominet et, avec lui, le début des emmerdes. De là, vient que ce deuxième long format résonne en Crocorama. Qui pourrait être l'un de ces disques pour enfants, papillonnant d'une note à l'autre pour dénicher le sommeil quelque part dans l'allégresse ; où l'on croise toute une faune cryptozoologique en jouant à saute-mouton par dessus les ruisseaux avant de se perdre en hoquetantes rêveries azoté

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Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

Danse | Grégory Doucet et Nathalie Perrin-Gilbert retoquent le projet d'installer des Ateliers de la Danse dans l'ancien musée Guimet — trop coûteux — sans pour autant remettre en question le concept de Dominique Hervieu en lui-même, qui sera installé (probablement) dans le 8e arrondissement.

Sébastien Broquet | Mardi 6 octobre 2020

Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

C'était l'un des projets phares lancés par la précédente mandature sous Gérard Collomb, et ce chantier ne verra jamais le jour dans sa forme initiale : les Ateliers de la Danse, imaginés par la directrice de la Maison de la Danse Dominique Hervieu au sein de l'ancien Musée Guimet (Lyon 6e), fermé depuis 2007, ont été retoqués par la nouvelle municipalité. En cause : le coût, principalement. Qui ne correspond pas aux chiffres annoncés en conseil municipal. Si le montant initial était envisagé autour de 5M€ en 2015, il a vite grimpé à 31M€ en 2020. Et Nathalie Perrin-Gilbert, la nouvelle adjointe à la Culture, a découvert à son arrivée en poste que ces Ateliers de la Danse coûteraient en réalité 40M€ à la collectivité. Pour un projet que certains dans les couloirs de la mairi

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Mais qu’a fait la police ?! : "Josep" de Aurel

Animation | Premier long-métrage d’un illustrateur (Aurel) sur un de ses confrères (Josep Bartolí), en animation de surcroît.

Vincent Raymond | Mercredi 30 septembre 2020

Mais qu’a fait la police ?! :

Premier long-métrage d’un illustrateur (Aurel) sur un de ses confrères (Josep Bartolí), en animation de surcroît, Josep raconte comment le personnage-titre, républicain espagnol réfugié en France fut en fait parqué dans un camp par les autorités et maltraité par tous les gendarmes — sauf un. Voilà qui résonne terriblement avec l’actualité des violences policières : y aurait-il une “tradition“ de comportements individuels racistes, d'omerta, d’obligation de suivre le groupe, d’absence de contrôle par la hiérarchie ? Tout cela pèse violemment sur le récit, par ailleurs édifiant, éclairant l’existence mal connue des camps de concentration destinés aux réfugiés anti-franquistes — cette autre tache sur l’Histoire hexagonale. En confrère respectueux, Aurel efface ici son trait pour ne pas faire ombrage à celui de son devancier. Et l’animation, qui préfère un mouvement saccadé à une trop grande fluidité, fait bien écho au style tourmenté, expressionniste, de Josep. On saluera enfin un joli travail sur le magma des souvenirs, qui fait survenir la présence fluctuante de Frida Kahlo.

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Librairie Michel Descours : plus de galerie... mais des expos

Librairie | Michel Descours lâche sa galerie et recentre son activité de marchand d'art à Paris, mais la librairie affiliée continuera d'organiser des expositions. Explications.

Stéphane Duchêne | Vendredi 11 septembre 2020

Librairie Michel Descours : plus de galerie... mais des expos

En juin dernier, la Librairie Michel Descours, spécialisée dans les arts, a mis un terme à son activité de galerie – entendre par là de vente d'art. Michel Descours ayant ouvert une galerie à Paris sur laquelle il entend recentrer cette activité. C'est donc la librairie, jusqu'ici secondaire, qui va constituer le gros de l'activité lyonnaise, sous l'impulsion de Gwilherm Perthuis, passé de la galerie à la librairie il y a un an en... traversant la rue (comme quoi...). Mais cela ne signifie pas que les expositions vont pour autant déserter le lieu. Comme nous l'explique Gwilherm Perthuis, « pendant au moins un an, le temps d'expérimenter des projets variés, la librairie impulsera des projets d'expositions ». Une manière de prolonger l'activité librairie autour des « liens entre l'image et la littérature ». Chaque mois, Descours proposera un rendez-vous à la galerie qui présentera des formes plastiques, des archives, des documents, des estampes... C'est

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Au temps pour lui : "Tenet" de Christopher Nolan

Thriller | Attendu comme le Messie, le nouveau Nolan peut exploser le box-office si les spectateurs consentent à voir plusieurs fois ce "Mission : Impossible" surnaturel pour être sûr de bien le comprendre. Il y aura donc un avant et après "Tenet". Encore que…

Vincent Raymond | Mardi 25 août 2020

Au temps pour lui :

Agent travaillant pour une organisation gouvernementale, Tenet est chargé d’enquêter sur un trafic de matériaux aux propriétés physiques insolites puisqu’ils inversent le cours du temps. Derrière tout cela se cache un mafieux russe cruel, Sator, doté d’une belle femme malheureuse… Quand un concept surpasse la chair de l’intrigue… Nolan nous a habitués à manipuler — et de façon osée — les deux composantes “deleuziennes“ du cinéma : l’image-temps et l’image-mouvement. À modeler la texture de la première pour qu’elle accueille la seconde. Une démarche aussi productive qu’inventive entamée avec Inception, poursuivie avec Interstellar et étrangement Dunkerque (où le montage approfondissait différemment l’intrication d’espaces temporels disjoints et cependant parallèles). Tenet suit logiquement cette ligne, aussi sûrement qu’une obsession proustienne pour le temps perdu, avec donc ce qu’elle comp

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Sophie Deraspe : « dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

Antigone | D’une intrigue tragique vieille comme le monde, Sophie Deraspe fait une relecture terriblement contemporaine et réalisée avec adresse. Il se passe toujours beaucoup de choses du côté du cinéma québécois, plus divers qu’on voudrait nous laisser croire.

Vincent Raymond | Mercredi 2 septembre 2020

Sophie Deraspe : « dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

L’Affaire Fredy Villanueva a été la source principale de votre écriture. Mais la transposition d’Antigone, de par sa lecture géopolitique contemporaine, s’est-elle imposée à vous comme un corollaire à votre documentaire Le Profil Amina ? Ici aussi en effet, les crises du Moyen Orient ou du Printemps arabe forment un substrat nécessaire à l’accomplissement de l’intrigue… Sophie Deraspe : Les liens ne sont pas directs avec Le Profil Amina. Peut-être que je me sentais à l’aise d’aller vers le Moyen Orient ; ici, la famille est algérienne et avant le tournage, je n’étais pas allée en Algérie… Mais j’ai plutôt l’impression que les liens les plus directs avec Le Profil Amina se passent avec la vie en ligne — une vie virtuelle. Par exemple, ce qui concenrne l’affaire Villanueva, je l’ai appris dans les médias traditionnels : les émeutes, les manifestations, les militants… Mais ensuite, c’est en ligne que j’ai eu accès à la parole des gens, à la voix du peuple. Et c’est comme ça que

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Marc Simonet-Lenglart : « le Loto du patrimoine ne suffit pas »

Château de Fléchère | Propriétaire heureux, Marc Simonet-Lenglart passera bientôt le relais à d'autres à Fléchère. Il évoque ce château, en forme, et la situation nationale du patrimoine, plus en difficulté.

Nadja Pobel | Lundi 13 juillet 2020

Marc Simonet-Lenglart : « le Loto du patrimoine ne suffit pas »

Comment se chiffre Fléchère ? Marc Simonet-Lenglart : Pour bien gérer un château comme celui-là, il faut à peu près 160 000€ en étant économe. Mais Fléchère ne rapporte que 128 000€ par an qui proviennent des visites. L'an dernier a été notre meilleure année et c'est d'ailleurs le drame. Nous étions passés de 90 000 à 128 000 €. Il y a 14 000 visiteurs par an. Et donc ce sont les recettes de Cormatin qui ont toujours aidé à faire les travaux de Fléchère. Il manque chaque année, 30 à 40 000€ pour le fonctionnement et il manque toute la partie de restauration proprement dite. Cela se fait sur les recettes de Cormatin qui reçoit à peu près 60 000 visiteurs. C'est un peu problématique. Outre les déductions d’impôt, les pouvoirs publics, via la DRAC, quand il y a des tranches de travaux comme les deux toitures et les deux pavillons, subventionnent à 40%. Le Département de l'Ain a donné une aide de 50 000€ qui représentent environ 10% du chantier. Ça fait 50 % de subvention et ce n'est pas valable pour tous

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À Fléchère, un château comme un personnage de cinéma

Escapade | Peut-être est-ce le dernier été pour le visiter ! Le château de Fléchère s'apprête à être vendu. Filez donc le long de la Saône, dans l'Ain, à Fareins, visiter le plus bel édifice XVIIe siècle de la région, quasi intact et aux fresques miraculeusement retrouvées après de rocambolesques épisodes dont la décadence des fêtes qu'y donnèrent le Gang des Lyonnais...

Nadja Pobel | Lundi 13 juillet 2020

À Fléchère, un château comme un personnage de cinéma

Y'a-t-il un butin planqué quelque part au château de Fléchère ? Non, mais en 1973, durant quelque mois avant sa disparition définitive, un membre du Gang des Lyonnais, Joanny Chavel a reçu le beau et mafieux monde (les deux termes n'étant pas inconciliables). Certains ont cherché longtemps des restes du casse de l'Hôtel des postes de Strasbourg ; Olivier Marchal y tourna logiquement des scènes de son film Les Lyonnais en 2010. C'est d'ailleurs par le cinéma que Marc Simonet-Lengart a découvert le lieu, grâce à une diffusion télé du Diable par la queue que Philippe de Broca tourna ici en 1968. Montand, Marielle, Rochefort... « le film était si délicieux et déjanté que le château lui-même me paraissait être un des personnages ». Il l'acquiert, avec deux autres amis, en 1998 après treize années de bataille juridique avec celui qui voulait en faire une résidence d'une centaine de logement

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Yann Cucherat : « on prélèvera 4% des subventions accordées aux institutions pour les redistribuer aux petites structures »

Élections Municipales 2020 | Second volet de nos entretiens consacrés à la campagne pour les Municipales à Lyon, avec cette fois Yann Cucherat, l'actuel adjoint aux Sports et aux Grands Événements, qui nous détaille le programme culturel qu'il mettrait en application pour les six années à venir s'il était élu maire. Arrivé en troisième position avec 14, 92 % des voix au premier tour, le candidat s'est depuis vu retirer l'étiquette LREM pour cause d'alliance avec Les Républicains d'Étienne Blanc, négociée par son mentor Gérard Collomb.

Sébastien Broquet | Lundi 22 juin 2020

Yann Cucherat : « on prélèvera 4% des subventions accordées aux institutions pour les redistribuer aux petites structures »

Qui sera votre adjoint ou adjointe à la Culture si vous êtes élu ? Yann Cucherat : Ce n’est pas acté. On a un programme commun à partager, à diffuser aux Lyonnais et aux Lyonnaises, nous n'en sommes pas à réfléchir à qui sera dans l’exécutif, qui portera telle ou telle délégation. C’est important pour nous de ne pas distribuer les postes maintenant et d’être rassemblés autour d’un projet. Dans toutes les discussions que nous avons eues, on n’a jamais parlé de poste — mais uniquement de l’intérêt à porter ce projet ambitieux, en lien avec le contexte que l’on connaît actuellement. Ce qui peut s’entendre sur plusieurs délégations. Mais la culture est particulièrement en crise en ce moment : savoir qui sera l’adjoint couvrant ce secteur dans quelques jours est une décision très attendue par les acteurs culturels. Dans mes équipes, il y a des gens de grande qualité qui pourraient prendre cette responsabilité à bras le corps dès le lendemain des élections. Par respect pour le travail d’équipe actuellement mené, nous n’avons pas identifié une personne. Mais j’ai en tête plusieurs noms, qui pourraient être de très bons adjoints

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La course à l’abîme : "Midnight Runner"

Biopic | Champion de course, Jonas s’entraîne avec une ombre au-dessus de la tête : celle de son frère mort, qui jadis le soutenait. Déséquilibré par son absence, il se met à agresser des femmes nuitamment. Le jour, il donne le change : personne ne réalise vraiment la gravité de son état…

Vincent Raymond | Vendredi 26 juin 2020

La course à l’abîme :

Froid, clinique, sec… Tel semble Jonas, tel paraît être le film. Voudrait-on appuyer sur des clichés que l’on incriminerait en sus la rugosité du dialecte suisse-allemand, l’ambiance hivernale des entraînements dans les forêts boueuses ou sur le pavé bernois et l’image bleuâtre ! Nul besoin d'ajouter que Baumgartner s’est inspiré d’un fait divers pour charger la barque de ce douloureux long-métrage peu bavard, et cependant fascinant dans sa limpidité : le mal-être de Jonas évident, dévorant, obsédant et antérieur à la disparition de son frère — on découvrira qu’ils ont tous deux été placés dans une famille d’accueil — n’est plus apaisé par la pratique hypnotique du fond. Il a trouvé un dérivatif plus puissant dans la transgression d’un interdit ; une décharge d’adrénaline supérieure aux endorphines. Une pulsion contre la raison. Généalogie d’un processus criminel, Midnight Runner montre sans effet — si ce n’est des cauchemars trouant les nuits sans sommeil de Jonas comme autant de protestations subconscientes — l’effarement du névrosé répétant ses passages à l’acte, adressant des courriers

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Pas de bal pour le 14 juillet, mais probablement un feu d'artifice

Bal Populaire | Si la Préfecture du Rhône en valide l'autorisation, toujours en attente en ce jeudi 11 juin, il y aura bien un feu d'artifice le mardi 14 juillet à Lyon. (...)

Nadja Pobel | Jeudi 11 juin 2020

Pas de bal pour le 14 juillet, mais probablement un feu d'artifice

Si la Préfecture du Rhône en valide l'autorisation, toujours en attente en ce jeudi 11 juin, il y aura bien un feu d'artifice le mardi 14 juillet à Lyon. Mais « il ne devra pas réunir les gens en masse » a annoncé l'adjoint aux grands événements de la mairie, Yann Cucherat. Celui qui brigue le fauteuil de maire aux côtés des Républicains a annoncé qu'il serait tiré « plus en hauteur que d'habitude pour être vu de plus loin et qu'il serait plus court : ce sera un feu d'artifice symbolique ». Gérard Collomb a ensuite précisé qu'il n'y aurait pas des traditionnels bals, en particulier sur les quais, pour éviter les regroupements.

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Liam Gallagher, Thom Yorke et Woodkid seront à Fourvière cet été

Nuits de Fourvière | À l'approche du printemps tombe le programme de l'été, du moins du côté de Fourvière dont les Nuits vont une fois de plus occuper nos soirées de juin et juillet. Revue d'effectif du casting musical de cette édition 2020, toujours enrichi du programme parallèle des Salons de musique.

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2020

Liam Gallagher, Thom Yorke et Woodkid seront à Fourvière cet été

Passer aux Salons Commençons par Les Salons de musique des Nuits, cette extension intimiste et indoor des Nuits de Fourvière chargée de proposer une sorte de contre-programmation. La chose débutera avec un énième projet de l'intenable saxophoniste Thomas de Pourquery : Von Pourquery accompagné de chœurs du Conservatoire à Rayonnement Régional (2 juillet). Suivront le trio de multi-instrumentistes Bernard Lubat, André Minvielle et Fabrice Vieira (3 juillet), le Valetti Quintetto (5 juillet) formé par le même Minvielle, Raphaël Imbert, Beer-Demander et Serge Valtetti à la création et production ; un hommage à Henri Crolla, sorte de Django Reinhardt napolitain avec Dominic Cravic, concert suivi du film Le Bonheur est pour demain avec Crolla et Higelin (7 juillet) ; le spectacle Si oui, oui, Si non, non, où le jazz rock d'Albert Marcoeur rencontre les appétences contempora

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Un Mirage entre réel et virtuel

Art Numérique | Pour sa huitième édition, le Mirage Festival poursuit ses explorations artistiques dans le domaine des nouvelles technologies, et nous transporte même cette année jusqu'aux confins, imaginaires et scientifiques, de l'univers...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 mars 2020

Un Mirage entre réel et virtuel

Depuis 2013, l'ambitieux festival Mirage se donne pour ambition « de s'interroger sur la place des nouvelles technologies dans la création artistique et plus largement dans les industries créatives ». Sa huitème édition met en orbite les créations numériques (et autres) autour de la thématique des cosmogonies (le regard tout à la fois artistique, philosophique et scientifique sur l'univers qui nous entoure et le cosmos dont nous faisons partie). Mais la programmation du festival est encore plus large que cela, proposant un grand nombre de créations en réalité virtuelle souvent interactives, des activités en famille, une soirée de performances, un focus sur la création émergente, des rencontres et des tables rondes avec des acteurs de la création numérique, et, à Grrrnd Zero, une soirée musicale de clôture avec à l'affiche : Somaticae, Zoë Mc Phe

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Cours particuliers : "Wet Season"

Drame | Singapour. Ling enseigne le chinois à des élèves de terminale à qui cette matière importe peu et peine à avoir un enfant. Épouse dévouée, elle s’occupe du père paralytique de son mari fuyant. L’un de ses élèves se rapproche alors d’elle, alors qu’au-dehors, la mousson s’abat sur le pays…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Cours particuliers :

Le hasard fait se succéder sur les écrans français à quelques semaines d’intervalle La Beauté des choses (1995), l’inédit de Bo Widerberg et ce nouveau film d'Anthony Chen qui lui répond de façon stupéfiante. Bien que le contexte historique (la Seconde guerre mondiale en Suède chez Widerberg, Singapour aujourd’hui chez Chen) et le point de vue (l’adolescent pour l’un, l’enseignante pour l’autre) soient opposés, la trame est identique : un lycéen un peu à part noue une relation “inappropriée“ avec une enseignante mariée et délaissée par son époux, alors que gronde une menace extérieure — ici, climatique. Un argument de fantasme à deux sous (à dessous ?) qu’Anthony Chen habille de nombreuses ramifications signifiantes en composant l’entourage de Ling. Celle-ci apparaît en effet comme totalement marginalisée : à son foyer, elle s’occupe de son beau-père infirme et doit mendier (en vain) des rapports sexuels à son mari afin de concrétiser son vœu de grossesse ; au travail, la matière qu’elle enseigne, le chinois, est dénigrée au profit de l’anglais plus “vendeur“. Mutique, fragilisé, son pe

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Jean-Charles Mbotti Malolo : Beau(x) geste(s)

Portrait | Arts graphique et chorégraphique ne font qu’un pour Jean-Charles Mbotti Malolo, réalisateur de l’effervescent Make it soul, sublime évocation d’un duel entre James Brown et Solomon Burke. En lice pour le César du Film d’animation ce vendredi 28 février.

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

Jean-Charles Mbotti Malolo : Beau(x) geste(s)

C’est tout un art de s’accomplir dans plusieurs disciplines distinctes ; encore faut-il y parvenir dans l’harmonie et avec la conscience des autres. Voyez Ingres : sa virtuosité de peintre et de violoniste ne suffisait pas à adoucir un tempérament qu’on disait… peu commode, par euphémisme. Fort heureusement, la grâce parfois touche des individus si aimables que l’on ne peut même pas leur en vouloir d’avoir reçu bien davantage de talents que le vulgum pecus. Doués pour la création, ils le sont aussi par nature dans les relations humaines ; un charisme inné ou une aura évidente qu’on serait en peine d’expliquer. Quiconque a approché le peintre-photographie-poète-comédien Viggo Mortensen, ou la comédienne-peintre-danseuse Juliette Binoche, peut ainsi en témoigner. Ah oui : ce supplément d’âme s’appelle la modestie. « Beaucoup de gens pensent que je suis pointu dans les deux domaines. Mais dès que je suis avec des gens de l’animation ou de la danse, je suis l’inculte… » Sourire lumineux, voix posée, le chorégraphe et cinéaste d’animation Jean-Charles Mbotti Malolo appa

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Le sport : une autre Histoire

Fête du Livre de Bron | La politique et l'Histoire par le sport, voilà l'idée du dialogue proposé par Sylvain Coher et Judith Perrignon à travers Vaincre à Rome et L'Insoumis et ces deux figures de héros modernes que furent le marathonien Abebe Bikila et Mohamed Ali.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2020

Le sport : une autre Histoire

Que pourrait bien avoir en commun Abebe Bikila et Mohamed Ali, le coureur éthiopien et le boxeur de Louisville ; le modeste soldat de l'Armée d'Haïlé Sélassié et le déserteur superstar ; le petit homme discret et l'intarissable grande gueule ? A priori pas grand-chose. Sauf peut-être les Olympiades de Rome de 1960, année où 17 pays africains accèdent à l'indépendance. Comme un symbole, l'épreuve la plus olympique de toute, celle du légendaire Philippidès, soldat lui aussi, y est remporté par l'inconnu éthiopien Abebe Bikila, qui court pied nu sur le goudron car les chaussures lui donnent des ampoules. Quant à l'épreuve du plus noble des sports, rejeton de l'antique pugilat, elle est remportée en catégorie mi-lourds par un descendant d'esclave ba

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Auto-psy d’un frontiste : "La Cravate"

Le Film de la Semaine | De l’espoir à la désillusion, le parcours d’un jeune militant FN lors de la campagne pour l’élection présidentielle 2017. Un portrait documentaire mâtiné d’auto-analyse reposant sur un dispositif ingénieux signé par les auteurs du remarqué La Sociologue et l’Ourson.

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

Auto-psy d’un frontiste :

2017, dans le Nord de la France. Bastien, vingt ans à peine, est déjà un militant chevronné du FN. Auprès de son délégué départemental, guère plus âgé que lui, il prépare la campagne de Marine Le Pen et rêve d’intégrer les hautes sphères du parti. Une caméra le suit durant quelques mois… Déjà auteurs d’un très réussi documentaire conjuguant un dispositif original et une thématique sociétale on ne peut plus clivante (La Sociologue et l’Ourson, consacré au projet de loi du Mariage pour tous), Mathias Théry & Étienne Chaillou n’ont pas choisi la facilité avec ce sujet qu’on devine à mille lieues de leurs affinités politiques. Mais c’est sans ironie ni dédain, avec la sincère curiosité de sociologues (pour ne pas dire d’anthropologues) qu’ils s’attachent aux pas de leur “personnage“, histoire de comprendre la logique de son embrigadement, la dialectique du parti qu’il a rejoint et ses aspirations personnelles. Le terme de “personnage“, renvoyant ordinaire

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Télégénie du mâle : "Scandale"

Biopic | Patron de la très conservatrice chaîne d’infos Fox News, Roger Ailes impose à ses collaboratrices ses exigences et privautés, ainsi qu’une impitoyable loi du silence. Jusqu’à 2016, où la journaliste Gretchen Carlson, mise sur la touche, révèle ses pratiques. Peu à peu, les langues vont se délier…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Télégénie du mâle :

L’an passé, un familier du registre comique avait signé avec Vice un portrait aussi documenté que vitriolé de l’ancien vice-président républicain Dick Cheney. Rebelote aujourd'hui avec Jay Roach, dont on se souvient qu’il fut révélé par ses séries potacho-burlesques (Austin Powers, Mon beau-père et moi…) avant de se reconvertir dans le biopic politique. Dans Scandale, le cinéaste — qui ne peut cacher ses sympathies démocrates — monte au front pour épingler les travers de la frange la plus conservatrice de la société américaine à travers la bouche d’égout qui lui sert d’organe quasi-officiel. Au moment où le scandale éclate, nous sommes à la fois à la veille de #MeToo mais aussi (et surtout) en plein dans la campagne présidentielle qui vit Trump gagner les primaires, puis la Maison Blanche grâce au soutien du réseau médiatique de Rupert Murdoch piloté par Ailes. Soyons honnête : alignant des tonnes de stars oscarisables (grimées en vedettes US du petit écran inconnues en France), l’affiche n’était pas très ras

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Partie gagnante au 27 Madeleine

Boules & Brunch | Quoi de mieux qu’une rétropissette-café à 9h30 du mat' le lundi et des pancakes bien joufflus le dimanche pour surmonter l’hiver ?

Julie Hainaut | Mardi 21 janvier 2020

Partie gagnante au 27 Madeleine

Parce qu’on n’a pas envie d’attendre le soleil, la chaleur et l’apéro-barbec' pour chiquer d’la boule. Ça tombe bien, le bar-resto super cool du 7e arrondissement, le 27 Madeleine, propose depuis deux semaines de la pétanque sous tente. Au chaud, donc. Combo food-boules : parfait On avait l’habitude d’y aller l’été, pour siroter une mousse entre deux lancers de cochonnet dans la cour intérieure et oublier l’instant d’une soirée les vacances encore bien trop loin. Et puis l’hiver, on allait de brunch en brunch dans toute la ville, pour oublier l’hiver justement. Et on a appris que l’institution de boules — le 27 Madeleine a été tenu pendant plusieurs générations par une famille de boulistes — lançait une nouvelle formule de brunchs le dimanche ET proposait de la pétanque dans un espace couvert. Le combo parfait. Et puis, et puis… On a fini par pousser la porte. On n’a pas été déçu. Il y a trois ans, le lieu, qui baignait encore dans son jus (banquettes en skaï, entre autres), a été refait. « Mais il éta

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« On fait de l'humour street »

Stand-up | Ils sont les visages du stand-up lyonnais et à l’ombre de l’institution que représente les cafés-théâtres traditionnels, ils tentent d’imposer leur propre style. Portrait d’une troupe ambitieuse qui émerge dans le sillage de Hermann et Yanisse Kebbab.

Elliott Aubin | Mardi 14 janvier 2020

« On fait de l'humour street »

« Ici, à La Grooverie, on ne cherche pas à être en concurrence avec les cafés-théâtres. Deux cultures différentes ! On fait de l’humour street. Et on l’assume complètement » nous lâche Hermann, l'organisateur. « C’est à nous de prouver que nous avons des idées, de la créativité. On a lancé ces plateaux pour se donner l’opportunité de jouer régulièrement » poursuit-il. Ce soir-là à La Grooverie, à quelques pas de la place Sathonay, un petit groupe commence à se réunir. Les premières vannes fusent, on entend quelques chambrages... On se raconte les dernières prestations, le public s’installe doucement. Hermann est à l’initiative de ce plateau de stand-up, intitulé Blue Monday. Il briefe ses comédiens et comédiennes, les consignes sont simples : six à sept minutes chacun. Ils seront une dizaine. Certains monteront pour la première fois sur scène.

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Un pas en avant, un pas en arrière

Danse | La deuxième partie de la saison danse s'annonce tout à la fois sous le signe de la découverte et des reprises. Et aussi du retour à Lyon de grands chorégraphes comme Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Eun-Me Ahn...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 janvier 2020

Un pas en avant, un pas en arrière

Maintenant bien ancrés dans le paysage culturel lyonnais, deux festivals de danse ouvrent l'année avec des chorégraphes méconnus ou cheminant hors des sentiers battus. À partir du 23 janvier, le Moi de la Danse aux Subsistances nous invitera à découvrir un solo de Youness Aboulakoul (danseur pour Christian Rizzo, Olivier Dubois...) autour de la violence, le travail de la compagnie Dikie autour de l'oppression et du soulèvement, et une pièce du chorégraphe lyonnais Alexandre Roccoli. Un peu plus tard (à partir du 9 mars à la Maison de la Danse), la huitième édition de Sens Dessus Dessous rassemblera pêle-mêle la compagnie espagnole La Veronal qui navigue entre danse, théâtre, cinéma et arts plastiques ; Rianto, un jeune artiste javanais ; la dernière création du collectif (La) Horde ; le travail entre écriture et danse de Pierre Pontvianne avec David Mambouch... On retrouvera d'ailleurs le chorégraphe stéphanois Pierre Pontvianne avec le Ballet de l'Opéra qui, du 28 au 30 avril au Toboggan, s'offre un bain de jouvence en invitant trois chorégra

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La littérature au grand AIR

Assises Internationales du Roman | On l'a déjà mentionné il y a quelques mois, c'est l'immense auteur péruvien Mario Vargas Llosa qui ouvrira une édition des Assises particulièrement prometteuse, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

La littérature au grand AIR

On l'a déjà mentionné il y a quelques mois, c'est l'immense auteur péruvien Mario Vargas Llosa qui ouvrira une édition des Assises particulièrement prometteuse, sur le plan des thématiques socio-littéraires proposées comme des invités : "Généalogies du crime" (Alexandria Marzano, Klester Cavalcanti, Frédérique Toudoire-Surlapierre) ; "Mon pays" (Andrew Ridker, Zhang Yueran, Kaouther Adimi et ses Petits de Décembre) ; "Au cœur des affaires" (Jorge Volpi, Jan Stocklassa) ; "Le Huis-clos" (Imma Monso, Franck Bouysse, Burhana Sonmez); "Récits d'espace – Traverser le paysage" (Martin de la Soudière, Christian Garcin, Paolo Cognetti). Et surtout "Les fictions ethnologiques" qui contient trois des textes les plus bouleversants de 2019 : Ici n'est plus ici de l'amérindien

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Tout sur sa mère : "La Vérité"

Drame | Star de cinéma, Fabienne vient de publier ses mémoires titrées La Vérité et va entamer un nouveau tournage. Sa scénariste de fille Lumir, son époux et leur petite Charlotte, débarquent alors de New York. Leur séjour permettra de régler de vieilles querelles, mais aussi panser des plaies…

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Tout sur sa mère :

« On ne peut se fier à sa mémoire ». Aux allures de mantra, cette réplique est un peu la clef de La Vérité : on l’entend sortir de la bouche de Lumir (reprochant les arrangements de sa mère avec la vérité dans son livre), mais aussi de celle de la fantasque Fabienne, faisant remarquer en retour à sa fille que le point de vue d’une enfant est trompeur. Si l’actrice revendique dans sa vie comme son art le “mentir vrai“ d’Aragon, en assumant également une incorrigible mauvaise foi et ses caprices, elle sait — par le bénéfice de l’âge — que toute vérité est relative, subjective. Que la perfection qu’elle suppose est forcément impossible à atteindre. Et que l’écrit est un pis-aller au jeu, donc à la vie. Acteurs 1, scénaristes 0 ? Difficile de savoir qui aura le dernier mot ! Kore-eda accomplit ici une œuvre d’une vertigineuse adresse offrant bien des niveaux de lectures. Sans renoncer aux valeurs intrinsèques de son cinéma (ses “plans haïkus“ célébrant la saisonnalité et la nature ; la famille…), il témoigne d’une authentique compréhension et assimilation des codes

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"Une des dernières soirées de Carnaval" : troupe d’élite

Théâtre | Donc, cet automne, la pièce qui a reçu tous les éloges (critiques comme spectateurs) était Une des dernières soirées de Carnaval de l’Italien Carlo Goldoni, écrite (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 11 décembre 2019

Donc, cet automne, la pièce qui a reçu tous les éloges (critiques comme spectateurs) était Une des dernières soirées de Carnaval de l’Italien Carlo Goldoni, écrite en 1762 et dans laquelle on croise un père opposé au mariage de sa fille et un panel de femmes (l’hypocondriaque agaçante, la plus toute jeune, l’intrigante…) grâce auxquelles on glousse bien. Ce serait vraiment dans les vieux pots que l’on ferait les meilleurs spectacles. D’accord. Une fois cette surprise dépassée, force est de reconnaître que oui, cette proposition a des qualités. La première étant de mettre sur le plateau un grand nombre de comédiens et de comédiennes, et surtout de les laisser jouer sans vouloir leur donner à dire autre chose que ce que Goldoni disait. Le fait que le metteur en scène Clément Hervieu-Léger soit sociétaire de la Comédie-Française n’y est sans doute pas pour rien. Grâce à cette troupe investie, on suit alors avec plaisir la soirée que donne un marchand de tissus vénitien, avec nombre d’invités issus de la bourgeoisie. On les regarde se rencontrer ou se retrouver, jouer aux cartes (quelle scène !) ou encor

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Stephan Eicher : sans toit ni loi

Chanson | Attendu depuis sept ans, l'Eicher nouveau est arrivé, collection de chansons trop longtemps restées sans abri, que le Suisse vient présenter sur scène accompagné d'un ensemble à cordes.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 novembre 2019

Stephan Eicher : sans toit ni loi

C'est un art que de savoir cultiver l'absence. Ces sept dernières années sans disque, Stephan Eicher les a comblées en faisant offrande de sa personne en une sorte de geste contre-voulzyenne. Rendu à l'impossibilité de donner un successeur à L'Envolée (2012), par quelque imbroglio avec sa maison de disques ayant viré à la querelle d'apothicaires, le Suisse a occupé le terrain de l'absence en vagabondant de scène en scène, tentant d'y d'épuiser les possibilités de revisite live de ses chansons : ici une formule à automates, là un orchestre balkanique et une beatboxeuse (expérience qui verra quand même naître un album d'auto-reprises fanfare-onnes baptisé Hüh). Rangé des querelles contractuelles, voici enfin que le barde bernois réussit le prodige de reparaître sans donc jamais avoir disparu. Le single Si tu v

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Deux à la Neige : "La Reine des Neiges 2"

Animation | En paix avec sa sœur Anna et ses pouvoirs, Elsa règne désormais sur le royaume laissé par leurs parents. Mais un étrange appel qu’elle seule entend la pousse à aller vers une forêt enchantée réputée maudite. Là se trouvent les réponses aux questions qu’elle se pose depuis toujours…

Vincent Raymond | Mardi 19 novembre 2019

Deux à la Neige :

Peut-être aviez-vous entendu parler du premier opus, qui avait connu son petit succès — en particulier dans les cours de récréation et les karaokés. Taillée dans le même bloc narratif, cette suite à l’avenant est servie avec un supplément de sucre glace : Anna et Elsa étant réconciliées, l’enjeu dramatique majeur n’est plus leur opposition sororicide, mais le risque que l’une soit séparée de l’autre par des antagonistes qui, à une exception près, ne s’avèrent pas bien redoutables. Pour le reste, l’animation et la qualité des textures (en particulier celles de l’eau) demeurent d’une virtuosité stupéfiante, chaque plan semblant se présenter comme un manifeste technologique. Et naturellement, la bande-son se trouve saturée de chansons. Combien y en a-t-il ? Assurément trop et interchangeables pour Elsa et Anna racontant peu ou prou toujours des promesses de fin d’asservissement et de lendemains meilleurs — une sorte de positive attitude et de méthode Coué mise en musique. La pompon revenant à Elsa osant un combo assez incroyable lorsqu’elle attei

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Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Décoration | Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 9 novembre 2019

Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le Réverbère à Lyon une photographie exigeante et de grande qualité (William Klein, Denis Roche, Bernard Plossu et beaucoup d’autres artistes). Catherine Dérioz a été nommée, le 16 septembre dernier, par le Ministère de la Culture, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Une reconnaissance qui fait chaud au cœur à l’intéressée et aux amateurs de création photographique !

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Le souffle de Berlin au Lavoir Public

CONNAITRE | Au sein de leur collection "10 (artistes) + 100 (lieux)", les éditions Henry Dougier passent au crible la créativité des métropoles telles qu'Athènes ou (...)

Nadja Pobel | Mardi 5 novembre 2019

Le souffle de Berlin au Lavoir Public

Au sein de leur collection "10 (artistes) + 100 (lieux)", les éditions Henry Dougier passent au crible la créativité des métropoles telles qu'Athènes ou Lisbonne. Il était bien normal que Berlin soit de la partie. Du dramaturge Falk Richter au street-artiste Jim Avignon, de la Hamburger Bahnhof à la Volksbühne en passant par le Berghain, les clés de cette ville bouleversante se dévoilent sous la plume de Catherine Lecoq qui sera au Lavoir Public le samedi 9 novembre, jour du trentième anniversaire de la chute du Mur, à 18h en apéro de la soirée clubbing Arm Aber Sexy qui, par son incroyable attractivité, dit à quel point Lyon a besoin de se berliniser.

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En formule trio

Jazz | Ce n'est pas si courant dans nos contrées : trois pointures du jazz se succèdent en quelques jours dans les salles lyonnaises, avec Ibrahim Maalouf, Louis Sclavis et Herbie Hancock.

Sébastien Broquet | Mardi 15 octobre 2019

En formule trio

Ibrahim Maalouf Du jazz à la Halle Tony Garnier ? Rare sensation, mais il faut bien avouer que le parcours d'Ibrahim Maalouf est peu commun. Le trompettiste depuis longtemps ferraille dans les chemins de traverse, puisant dans les musiques latines et la pop mainstream d'autres pistes pour nourrir ses inspirations, pour aller plus loin que la figure déjà respectée qu'il aurait pu incarner, celle d'un descendant de Miles, de Jon Hassell et d'Erik Truffaz. Le Libanais, modèle d'ouverture et de subtilité, que l'on a pu voir au petit matin dans un studio de télévision après onze heures d'avion improviser avec Sami Pageaux-Waro une mélopée tirant des larmes à la maquilleuse en plateau, est capable d'initier des moments d'émotion intenses dans quasi toutes les configurations, et l'on ne doute pas que le gigantisme de cette salle ne soit même pas un obstacle pour celui qui fût récompensé en 2017 d'un César pour sa musique du film Dans les forêts de Sibérie. Depuis son premier album en 2007, le neveu d'

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Olivier Cheravola : « je veux ouvrir le Jack Jack à d’autres promoteurs »

Bron | Doté depuis quelques semaines d'un nouveau programmateur, Olivier Cheravola, le Jack Jack – émanation spectacle de la MJC Aragon à Bron, lance une nouvelle saison prometteuse.

Sébastien Broquet | Mardi 24 septembre 2019

Olivier Cheravola : « je veux ouvrir le Jack Jack à d’autres promoteurs »

Vous débutez votre première saison pleine en tant que programmateur… Olivier Cheravola​ : Je ne fais pas que la programmation, je suis aussi en charge du développement du Jack Jack, notamment via notre dispositif d’accompagnement des groupes, qui est en place depuis trois ans. Ce nouveau poste résume la totalité de mon parcours précédent, en tant qu’artiste, ou avec le label Galant Records et le management de Supa Dupa, la programmation avec Surl... Quels changements avec votre arrivée, vous qui venez du hip-hop, dans cette salle rock ? Je viens m’inscrire dans ce qui a été fait depuis six ans. Mais c’est aussi un nouveau cycle, donc forcément des choses vont bouger. Mon souhait est de faire le lien entre ce que l’on peut appeler le rock, avec des musiques cousines ou filiales, comme le blues et évidemment mon background hip-hop. Mais je ne vais pas transformer la ligne éditoriale en une salle hip-hop, d’autant qu’il y a déjà Bizarre! pas loin de chez nous. Pour moi le rock est une musique noire, donc pour résumer : amener plus de blac

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Dans la boîte de jazz

Jazz | Entre incontournables têtes d'affiche et indécrottables têtes chercheuses, entre péniches, sous-sol et salles extra-larges, voici quelques-uns des grands moments de jazz à piocher cette saison dans la boîte de Pandore jazz.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 septembre 2019

Dans la boîte de jazz

Le jazz, c'est pas très compliqué, c'est une affaire de grands noms et de défrichage, de types qui ont joué avec les plus grands (ou qui le sont eux-mêmes) et de laborantins flirtant avec les limites de leur genre. De grands noms, le Grand Lyon n'en manquera pas cette saison qui accueillera deux éternels revenants : Herbie Hancock (2 novembre) et Bobby McFerrin (18 novembre) tous deux à l'Auditorium (avec Jazz à Vienne), et dans des styles très différents Ibrahim Maalouf (27 octobre à la Halle Tony Garnier) et Michel Jonasz (23 novembre à l'Amphi 3000). Plus pointu : Sclavis se présentera en quartet au Périscope pour Characters on a wall, autour du travail du plasticien Ernest Pignon-Ernest (18 octobre) et en trio douze jours plus tard à l'Opéra Underground avec un projet pour cordes et clarinette baptisé Asian Fields Variations (26 octobre). Ce sont d'ailleurs bien dans ces lieux que se joue le jeu du défrichage et de l'expérimentation. Au Périscope qui fêter

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Jean-Noël Scherrer : patron Cognito

Portrait | À 24 ans seulement, Jean-Noël Scherrer assume la double casquette de leader du groupe Last Train et de directeur de l'agence Cold Fame, combinant avec un infatigable panache et une volonté farouche, le rock et l'entrepreneuriat. Portrait du phénomène à l'heure où se téléscopent la sortie du deuxième album de Last Train et la première édition du festival La Messe de Minuit, initié par Cold Fame.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 septembre 2019

Jean-Noël Scherrer : patron Cognito

Dans le dernier clip de Last Train, montage d'images réalisé par le guitariste Julien Peultier, qui illustre la chanson-titre de leur deuxième album à venir, l'épique The Big Picture, enregistré en Norvège, on peut voir le quatuor à différentes étapes de sa vie musicale, des premières répétitions alsaciennes aux concerts telluriques devant des foules immenses. On y voit le chanteur Jean-Noël Scherrer électriser le public et le même, à 13 ans, martyriser une guitare trop grande pour lui dans quelque salon de rock'n'roll improvisé à la maison. Peut-être le jeune garçon d'alors s'imagine-t-il, comme tous les ados du monde, dans la peau d'une rock star, leader, chanteur et guitariste d'un groupe qui compte dans le paysage rock français et même au-delà. Mais ce que le novice d'Altkirch (Haut-Rhin) n'imagine alors sûrement pas c'est qu'une décennie plus tard, il sera aussi dirigeant et/ou associé de cinq sociétés, formateur, intervenant du Chantier des Francofolies, et surtout patron de Cold Fame, agence de diffusion et de production de concerts basée à

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Aquarium : les avisés du bocal

ECRANS | Petits poissons deviennent grands. Après trois années d’intenses activités, le ciné-café croix-roussien poursuit son développement façon pieuvre : à la fois vidéo-club, (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 septembre 2019

Aquarium : les avisés du bocal

Petits poissons deviennent grands. Après trois années d’intenses activités, le ciné-café croix-roussien poursuit son développement façon pieuvre : à la fois vidéo-club, troquet associatif, lieu de projections et d’échanges cinéphiliques, mais aussi ateliers de formation à la pratique de l’image, l’Aquarium constitue désormais l’indispensable pendant alternatif du Saint-Denis, la vénérable salle de quartier du Plateau. Et pour bien lancer sa quatrième saison, la salle repense ses rendez-vous thématiques. Pas de panique : les fondamentaux sont conservés (Ciné-Mystère, soirées impro avec le CLAP, séances jeune public, cycles…) ; il faut compter avec de nouveaux repères. Comme l’anime du dimanche, qui une fois par mois, reprend à l’heure du goûter une œuvre emblématique de la japanimation — premier sur la liste, Your Name de Makoto Shinkai le 22 septembre. Autre bonne idée, le projet de remettre en lumière de futurs classiques injustement passés inaperçus, voire boudés lors de leur sortie : baptisée Films 21, Les Pépites du XXIe siècle, cette section prend un pari sur l’avenir en supprimant la périod

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Catherine Deneuve, Emmanuelle Bercot et le conflit

Entretien | Dans le film de Cédric Kahn, l’une est une mère fuyante, l’autre une fille hurlante. Pas étonnant qu’elles n’arrivent pas à communiquer. Mais ici, les deux comédiennes Catherine Deneuve et Emmanuelle Bercot dialoguent sans peine.

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Catherine Deneuve, Emmanuelle Bercot et le conflit

Emmanuelle, comment Cédric Kahn vous a-t-il présenté le rôle de Claire ? Emmanuelle Bercot : Cédric n’est pas quelqu’un qui présente les choses (sourire). En fait, j’ai lu et tout était clair. On n’a peut-être pas le même point de vue ni le même avis sur le personnage : peu importe. Il ne sait pas ce que j’ai dans la tête quand je joue, et je ne sais pas non plus ce qu’il a dans la sienne. Mais on réussit à se rejoindre par le travail sur le plateau. Catherine, qu’est-ce qui vous attendrit dans votre personnage ? Catherine Deneuve : Le fait qu’on sente que sa vie a été très portée par la famille. C’est une chose vraiment essentielle, je trouve ça assez touchant. On voit bien que la famille, c’est encombrant : il est difficile de garder ses membres, ou les maîtresses, ou les femmes. Mais c’est émouvant de consacrer sa vie à ça. Vous trouvez-vous des points communs avec elle ? CD : Je n’ai pas l’impression. En aviez-vous davantage avec les “mères“ que sont Claire Darling dans le film homonyme ou Junon dans Un Conte de Noël ? CD : Pour Claire Darlin

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Héros just for one day

Air Concert | Avant de s’enfermer dans les salles, le TNG occupe l’espace public pour sa rentrée et fait de ses spectateurs des acteurs : we can be heroes !

Nadja Pobel | Mardi 3 septembre 2019

Héros just for one day

Le TNG en ses deux lieux (Vaise et la Presqu’île) entamera en octobre une programmation truffée de découvertes (Marion Siéfert, Linda Blanchet…), qui mériteront le déplacement. Si ce terme avait un sens vis-à-vis de l’art, peut-être pourrions-nous dire que le TNG prend des risques ; il poursuit a minima son travail de défrichage et se fait lieu de création (sa mission de CDN) plus que simple espace de diffusion. Pour commencer, rendez-vous est donné place Carnot le samedi 14 septembre de 14h à 17h. Arnaud Pirault et son Groupenfonction proposent depuis 2008 cette bulle "d’air concert" avec, en 35 minutes, Get Well Soon, Jamie T, Björk, MGMT, Eminem, Shirley Bassey, et Arcade Fire. Devant une trentaine de micros-pied, autant de participants sont attendus pour donner corps à la pop. Si cette expérience vous échappait, il sera possible de conclure la saison place des Terreaux avec un bis en version adultes et enfants. Mais juin est encore loin... Ateliers dirigés par les artistes de la compagnie : samedi 7 et dimanche 8 septembre de 10h à 18h, jeudi 12 et vendredi 13 septembre de 18h30 à 22h30. Inscriptions jusqu’au 2 se

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Pièce rapportée : "Fête de famille" avec Catherine Deneuve

Drame | Un seul être revient… et tout est dévasté. Cédric Kahn convoque un petit théâtre tchekhovien pour pratiquer la psychanalyse explosive d’une famille aux placards emplis de squelettes bien vivants. Un drame ordinaire cruel servi par des interprètes virtuoses.

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Pièce rapportée :

Pour son anniversaire, Andréa a convié enfants et petits-enfants dans la maison familiale. Mais l’irruption de l’aînée, Claire, met au jour (et à vif) plaies et dettes du passé. Entre la bipolarité de la revenante, les coups de sang du cadet et l’aboulie des autres, la fête a du plomb dans l’aile… Si les questions de corps au sens large — cul, inceste, maladie, décès… — constituent les habituels carburants dramatiques des réunions de familles cinématographiques souvent crues et psychologiquement violentes (Festen, La Bûche, Un conte de Noël…), aucune d’entre elles ne surpasse le tabou suprême que constitue le fric. Fille d’Andréa née d’un précédent lit, Claire veut récupérer l’héritage de son père qu’elle a placé dans la maison de famille… où vivent sa mère, mais aussi sa fille, qu’elle a abandonnée pour mener son existence instable et qui la hait. Dette d’amour, dette d’argent, silences embarrassés… Dans cette maison trop grande, dont les recoins pénombraux disent les non-dits coupables, personne à l’exception du cadet n’ose s’opposer à la fille prodigue ni prendr

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