Le Crocodile du Botswanga

ECRANS | De Lionel Steketee et Fabrice Éboué (Fr, 1h30) avec Thomas Ngijol, Fabrice Éboué…

Christophe Chabert | Mardi 18 février 2014

Après Case départ, le tandem Ngijol / Éboué continue son exploration grinçante des rapports entre la France et l'Afrique, cette fois sous un angle contemporain, avec cette dictature dans un pays imaginaire — mais très inspiré de la réalité — tenu d'une main de fer par un président cinglé, Bobo Babimbi. Éboué y incarne un agent de footballeurs sans scrupule qui ramène dans son pays d'origine son petit protégé, que le président aimerait bien voir jouer dans l'équipe nationale du Botswanga.

L'entrée en matière est percutante, avec quelques gags vraiment très acides, mais le film se disperse ensuite dans un scénario bordélique où les auteurs semblent vouloir taper sur tout le monde histoire de ne se brouiller avec personne. Du coup, Le Crocodile du Botswanga ne va au bout de rien, peu aidé par une mise en scène qui met très mal en valeur les gags — la chasse au phacochère en est l'exemple le plus criant.

Surnage toutefois la prestation, absolument grandiose, de Thomas Ngijol dans le rôle du dictateur. Jusqu'à la dernière image, il s'engage avec une générosité délirante dans son personnage, lui conférant la folie et la grandeur qu'effectivement ce genre de tyran mégalomane peut inspirer, effrayant jusqu'à en être ridicule, drôle jusqu'à en être glaçant.

Christophe Chabert


Le crocodile du Botswanga

De Fabrice Eboué et Lionel Steketee (Fr, 1h30) avec Thomas Ngijol, Fabrice Eboué...

De Fabrice Eboué et Lionel Steketee (Fr, 1h30) avec Thomas Ngijol, Fabrice Eboué...

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Leslie Konda, jeune footballeur français talentueux, repéré à son adolescence par Didier, un agent de faible envergure qui a su le prendre sous sa coupe, vient de signer son premier contrat d’attaquant dans un grand club espagnol.


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Pareil, et en moins bien : "Alad'2"

Comédie | de Lionel Steketee (Fr, 1h38) avec Kev Adams, Jamel Debbouze, Vanessa Guide…

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Pareil, et en moins bien :

Sofia a quitté Sam. Dans l’avion pour la rejoindre, Sam imagine la suite des aventures d’Aladdin, chassé de Bagdad par le cruel Shah Zaman qui, de surcroît veut épouser la princesse Shalila. Aidé par son génie, le rusé voleur repart en conquête de sa promise et de Bagdad… La coutume veut que la suite d’un succès cherche à le superlativer — en y parvenant rarement, d’ailleurs — grâce à une histoire plus époustouflante, la montée en gamme de la réalisation et une distribution de prestige. C’est visiblement ce troisième point qui a été privilégié avec le recrutement de Jamel Debbouze comme co-star (par ailleurs intercesseur idéal pour qui souhaite tourner au Maroc, semble-t-il). Mais associer les deux humoristes revient à mélanger de l’eau et de l’huile (ou l’inverse) ; de fait, chacun déroule son one man show à sa sauce dans son segment de film sans qu’il y ait réellement de rencontre. On suit donc en alternance des sketches où Kev, aventurier aux adbos souriants, croise pléthore de stars venues faire des caméos, et d’autres où Djamel, en félon, b

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Chanteurs/cultes : "Coexister" de Fabrice Eboué

ECRANS | de & avec Fabrice Eboué (Fr, 1h30) avec également Ramzy Bedia, Guillaume De Tonquédec, Audrey Lamy…

Vincent Raymond | Mardi 10 octobre 2017

Chanteurs/cultes :

Directeur de la branche musicale déficitaire d’une multinationale, Nicolas est sommé par sa PDG de produire un succès sous six mois. Au bout du rouleau, il décide de créer un groupe réunissant un prêtre, un rabbin et un (faux) imam chantant le vivre-ensemble et la concorde. Un sacré défi… Alleluia ! À partir de cet improbable argument, qui aurait pu aisément choir dans la comédie flasque et la bienveillance sucrée, Fabrice Eboué a su tirer une authentique satire prenant comme cible non pas les divergences entre les obédiences, mais les hypocrisies — rassemblant fidèles et mécréants. S’appuyant sur un trio excellemment choisi (Tonquédec/Cohen/Bédia, à la fois naturels et caricaturaux), complété par Audrey Lamy convaincante en ingénue-couche-toi-là et Mathilde Seigner plus que réaliste en capitaine d’industrie sans état d’âme, le comédien-réalisateur (dont le personnage ne se donne même plus la peine d’être cynique) repousse les limites de la provocation et du mauvais goût en restant dans les clous — si l’on ose. Jamais blessant, son très plaisant sens du corrosif

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Thomas Ngijol / Fabrice Éboué

SCENES | Succès surprise sur les écrans de cinéma estivaux, Case départ a montré que Thomas Ngijol et Fabrice Éboué savaient manier avec intelligence l’humour (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 1 septembre 2011

Thomas Ngijol / Fabrice Éboué

Succès surprise sur les écrans de cinéma estivaux, Case départ a montré que Thomas Ngijol et Fabrice Éboué savaient manier avec intelligence l’humour communautaire, y compris pour le retourner contre le communautarisme. Très bons comédiens (tendance stand up), Éboué et Ngijol présenteront cette saison leurs spectacles respectifs (Faites entrer Fabrice Éboué et A block) : drôles, décapants et nécessaires. Fabrice Éboué, mercredi 14 décembre au Transbordeur ; Thomas Ngijol, lundi 12 janvier au Transbordeur

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Case départ

ECRANS | De Thomas Ngijol, Fabrice Eboué et Lionel Steketee (Fr, 1h34) avec Thomas Ngijol, Fabrice Eboué…

Christophe Chabert | Vendredi 1 juillet 2011

Case départ

Avec moins de subtilité mais plus d’efficacité que Joann Sfar, Ngijol et Eboué ont décidé de prendre le racisme à la gorge en s’amusant avec tous les racismes pour en démontrer l’inanité. Case départ raconte comment deux frères que tout oppose (l’un est un modèle d’intégration, l’autre une racaille ratée de banlieue) vont ensemble vivre la situation de leurs ancêtres, esclaves antillais. Le début, pas forcément drôle mais très caustique, est prometteur : les clichés y sont systématiquement retournés sans démagogie, et le film ose faire sans ambage des deux personnages de gros crétins égoïstes. Par la suite, quelques saillies font mouche (les deux scènes avec le marchand juif, quelques réparties de Ngijol et, plus globalement, une prestation convaincante d’Eboué). Mais le film manque sérieusement de rigueur dans son écriture et sa mise en scène, et dès qu’il s’agit de lier les gags entre eux, il n’y a pour ainsi dire plus personne. Dommage, car Case départ avait manifestement l’ambition de sortir du comique franchouillard et éculé. Christophe Chabert

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Fatal

ECRANS | De et avec Michael Youn (Fr, 1h35) avec Stéphane Rousseau, Fabrice Éboué…

Christophe Chabert | Mercredi 9 juin 2010

Fatal

Fatal, après Coco et Cyprien, traduit le désarroi du cinéma populaire français quand il tente de gonfler un personnage venu de la scène (ici, du clip) sur grand écran. Le film tient plutôt bien dans ses vingt premières minutes, quand Youn accumule faux clips, fausse émission de télé, fausse cérémonie de récompenses musicales et fausses pubs. Il y a un côté Tonnerre sous les tropiques dans cette entrée en matière qui fait du cinéma sans cinéma, raconte une histoire sans écrire de scénario… C’est justement quand Fatal rentre dans les clous du cinéma mainstream que le film se plante magistralement. Youn se contente de reproduire des schémas archi-éculés, les habillant en piquant à droite à gauche (Talladega nights, Zoolander, ou un épisode de South Park, Le Bruit marron). Du coup, Fatal est un gros pâté graduellement insupportable (mention spéciale au passage dans les Alpes, atroce), dont on ne sait plus s’il se moque des clichés qu’il convoque ou s’il les utilise pour séduire la frange la plus beauf du public. CC

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