Gondry, star du doc

Christophe Chabert | Mardi 8 avril 2014

Photo : "Conversation animée avec Noam Chomsky"


Période faste pour le documentaire français en ce moment… Du coup, Les Écrans du doc, le festival consacré au genre au Toboggan de Décines n'a eu qu'à se pencher pour ramasser les beaux fruits de cette production. Parmi eux, les très réussis L'Escale, Se Battre et La Cour de Babel, sans oublier le dernier film-fleuve de l'immense Frederick Wiseman, le plus français des cinéastes américains, At Berkeley.

La soirée à ne pas rater durant le festival sera celle consacrée à Michel Gondry — vendredi 11 avril, avec la projection de L'Épine dans le cœur et, en avant-première, du remarquable Conversation animée avec Noam Chomsky. C'est une belle occasion pour revenir sur le cas Gondry, qui alterne depuis ses débuts des projets commerciaux d'envergure avec des petites formes aventureuses et expérimentales, où le documentaire a trouvé une place naturelle.

Bloc Party filmait un grand concert donné dans la rue à Brooklyn par la crème de la crème du hip hop à destination des habitants du quartier ; L'Épine dans le cœur faisait le portrait de sa tante Suzette, institutrice, notamment ses rapports tumultueux avec son fils ; Conversation animée avec Noam Chomsky est un dialogue en plusieurs temps où les théories du célèbre linguiste se confrontent à la curiosité du béotien Gondry, puis se fondent dans un travail d'animation aussi rudimentaire qu'inventif, dans un échange qui vaut portrait de Chomsky autant qu'autoportrait du cinéaste. Dans tous les cas, Gondry y affirme un regard hautement bienveillant et empathique sur les gens, inconnus ou illustres, proches ou très loin de son monde. Un humaniste, un vrai.

Les Écrans du doc
Au Toboggan, du 9 au 13 avril

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C’est la lutte initiale ! Fenêtre sur le monde et l’Homme, Les Écrans du doc témoignent d’une prise de conscience des enjeux socio-politiques contemporains, par le peuple et pour le peuple. Un soulèvement civil et salutaire. Ouverture toute trouvée, Silvia Munt lancera les hostilités avec son brûlot Afectados, témoignant de la révolte aussi intime que collective des Indignés espagnols. Le combat continuera avec Food Coop de Tom Boothe, consacré à la réussite d'un supermarché coopératif à New York. Pour alimenter le débat et distribuer leurs avis, les membres du projet Demain ou les Amis du Monde Diplomatique basés à Lyon viendront partager leur point de vue. Swagger d’Olivier Bab

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Dans le documentaire comme dans les autres genres, certains arbres au feuillage outrageusement vert et au tronc gentiment creux captent indument une lumière méritant de se répandre sur d’autres pousses de la forêt. Heureusement, il existe des manifestations telles que Les Écrans du Doc pour aller au-delà de cette canopée et faire état d’une diversité parfois insoupçonnée. En une petite semaine, quatorze films vont se succéder au Toboggan décinois, pour la plupart accompagnés par des animations. Si la moitié de la programmation est constituée d’avant-premières — dont Il m’a appelé Malala de Davis Guggenheim et No Land’s Song de Ayat Najafi à l’occasion de la soirée d’ouverture, coïncidant avec la Journée internationale des Droits des Femmes —, on se réjouit des coups de projecteurs braqués sur des œuvres nécessaires telles que les récents Merci patron ! de François Ruffin, astucieuses représailles à l’avidité des milliardaires, ou

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Microbe et Gasoil

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Christophe Chabert | Mardi 7 juillet 2015

Microbe et Gasoil

Insaisissable Michel Gondry ! Alors s’être embourbé dans une adaptation coûteuse de L’Écume des jours, il revenait quelques mois plus tard avec un petit film enthousiasmant où il partait à la rencontre de Noam Chomsky… Il en est ainsi depuis qu’il est passé de réalisateur de clips à cinéaste : il alterne les registres et les budgets, passe de la France à Hollywood, préservant une certaine idée du do it yourself dont il fait soit la matière de ses films, soit leur sujet. En cela, Microbe et Gasoil, film simple, léger dans son tournage comme dans son résultat à l’écran, est bien plus qu’une parenthèse récréative dans son œuvre ; c’est peut-être là où il dit le mieux la vérité de son projet. Et pour cause : il y replonge dans les souvenirs de sa propre enfance, qu’il projette dans une France d’aujourd’hui comme pour la marquer d’un sceau d’intemporalité. Microbe et Gasoil, ce sont deux héros adolescents en goguette sur les routes de F

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Doc en packs au Toboggan

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Christophe Chabert | Mardi 17 mars 2015

Doc en packs au Toboggan

Pour sa cinquième édition, Les Écrans du doc se fraie un chemin entre les festivals de cinéma lyonnais du moment — Les Reflets au Zola, qui continuent cette semaine, le Festival du cinéma européen, qui débute ce vendredi à Meyzieu — et tire largement son épingle du jeu. L’idée étant de monter des doubles programmes thématisés pour mettre en perspective la production documentaire actuelle, plutôt foisonnante. Ainsi, Mehran Tamadon sera mis à l’honneur ce mercredi avec ses deux films, Bassidji et Iranien, où lui, l’athée, se confronte coup sur coup aux défenseurs extrêmes de la République islamiste et à quatre mollahs, dans un dialogue de sourds qui serait drôle s’il n’était aussi tragique dans ses conséquences — Tamadon ne peut désormais plus retourner en Iran. Il sera présent pour débattre avec les spectateurs au cours de la soirée. Complémentaires aussi, les deux documentaires projetés le jeudi 19 qui montrent le calvaire des demandeurs d’emploi : côté pile, l’enfer bureaucratique de Pôle e

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Des paroles et des acts

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Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Des paroles et des acts

Au départ simple frat party réflexive pour professionnels de la profession, le European Lab est devenu au fil des ans un véritable festival dans le festival, sorte d'écho numérique et citoyen au Mode d'emploi de la Villa Gillet visant à «donner la parole à une nouvelle génération d’acteurs européens pour réinventer les modèles culturels de demain». Ce vaste programme, Arty Farty le déclinera principalement à l'Hôtel de région en conférences à géométrie variable (et en apéros et soirées au Sucre, on ne se refait pas) dont les sujets, des mécanismes de starification au potentiel d'innovation des friches en passant par le rôle de la culture dans l'agencement de l'espace urbain, ne manquent sur le papier pas d'intérêt. L’aréopage de journalistes, élus, universitaires, entrepreneurs, artistes (le cinéaste-bidouilleur Michel Gondry, l'auteur de science-fiction Alain Damasio, dont le visionnaire et polyphonique La Zone du dehors mériterait un cycle d'exégèse à lui seul) et autres figures du milieu musical (Matt Black, moitié de Coldcut et co-fondateur du label Ninja Tunes, Dan

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Conversation animée avec Noam Chomsky

ECRANS | Superbe documentaire de Michel Gondry où il va à la rencontre du linguiste Noam Chomsky, et transforme leurs échanges en petit laboratoire animé où se dessine un portrait de Chomsky mais aussi un autoportrait touchant de Gondry en candide curieux. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Conversation animée avec Noam Chomsky

D’aucuns aujourd’hui attendent de Noam Chomsky de grandes analyses sur la société médiatique actuelle, tâche à laquelle cet intellectuel engagé et vénéré s’est consacré ces dernières années. Mais ce n’est pas ce Chomsky-là que Michel Gondry est allé rencontrer ; c’est plutôt l’immense linguiste qui a étudié les modes de la communication verbale et non verbale. Et c’est peut-être avant tout un homme aussi simple dans son rapport aux autres qu’extraordinaire dans son parcours. Il l’interroge donc autant sur ses théories philosophiques que sur sa vie d’adolescent précoce, son rapport à la religion et, dans une dernière partie bouleversante, sur l’amour fusionnel qu’il portait à sa femme disparue. Comme s’il devait au spectateur la même franchise et la même honnêteté que Chomsky a toujours eu envers ses étudiants et ses lecteurs, Gondry exhibe le dispositif avec lequel il a enregistré ses conversations : une petite caméra 16 mm qu’il fait tourner de temps en temps et dont on entend le ronronnement sur la bande-son. Cette "matière première" — une parole en continu, des images discontinues — est ensuite transformée par le biais du dessin et de l’animation, les mots de

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L’Écume des jours

ECRANS | Avec cette adaptation du roman culte de Boris Vian, Michel Gondry s’embourbe dans ses bricolages et recouvre d’une couche de poussière un matériau littéraire déjà très daté. Énorme déception. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 25 avril 2013

L’Écume des jours

Plus madeleine de Proust adolescente que véritable chef-d’œuvre de la littérature française, L’Écume des jours avait déjà fait l’objet d’une adaptation cinématographique, devenue difficile à voir pour cause de gros échec à sa sortie en salles. Le cinéma français ayant redécouvert les vertus de son patrimoine littéraire, voici donc Michel Gondry qui s’y colle. Le moins que l’on puisse dire est que, là où beaucoup auraient jugé l’univers métaphorico-poétique de Vian ardu à transposer à l’écran, Gondry est face à lui comme un poisson dans l’eau, trouvant une matière propice à déverser toutes ses inventions visuelles. Trop propice, tant les premières minutes du film fatiguent par leur accumulation d’idées passées au broyeur d’un montage hystérique. On n’a tout simplement pas le temps de digérer ce qui se déroule sous nos yeux, Gondry enchaînant à toute blinde les trouvailles, multipliant les accélérés, les changements d’échelle ou les trucages à la Méliès. D’une certaine manière, sa fidélité à Vian est déjà un handicap : là où il aurait pu faire le tri, il préfère empiler 

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Quoi de neuf, docs ?

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Christophe Chabert | Lundi 12 novembre 2012

Quoi de neuf, docs ?

Alors que le mois du film documentaire bat son plein, deux festivals complémentaires y seront exclusivement consacrés durant les quinze jours à venir. Histoires vraies.doc au Ciné Duchère tire le premier, avec parmi les reprises proposées De mémoires d’ouvriers de Gilles Perret, sur la naissance de la classe ouvrière dans les Alpes ou encore le beau film de Safinez Bousbia sur El Gusto, ce groupe de papys du chaâbi algérois façon Buena Vista Social Club. La musique sera au cœur de cette édition avec Les Fils du vent, sur les héritiers de Django Reinhardt, Traviata et nous, ou comment Nathalie Dessay et Jean-François Sivadier se sont confrontés au monument de Verdi et enfin, en avant-première, un documentaire sur la rencontre entre les Pockemon Crew, troupe de danseurs hip-hop lyonnais et Emelthée, un chœur spécialisé dans la musique baroque et contemporaine. Du côté de Décines, Les Écrans du doc ouvrira sa troisième édition avec l’avant-première des Invisibles de Sébastien Lifschitz, témoignage d’une

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The We and the I

ECRANS | De Michel Gondry (ÉU, 1h43) avec Michael Brodie, Teresa Lynn…

Christophe Chabert | Jeudi 6 septembre 2012

The We and the I

Au dernier festival de Cannes, les cinéastes faisaient entrer le monde derrière les vitres fumées de limousines blanches, soulignant la solitude de l’humain face à une technologie omniprésente. Michel Gondry prend tout cela à revers avec The We and the I : c’est dans un antique bus de Brooklyn qu’il réunit un groupe d’adolescents et les regarde passer du collectif (le «Nous») à l’individualité (le «Je»). Ça ressemble à un défi (et il y en a un autre : tous les comédiens sont de jeunes amateurs), mais le film n’a rien d’un exercice de style et s’inscrit dans la veine la plus attachante de Gondry, celle de Block party et de Soyez sympas, rembobinez : un cinéma de proximité ou de quartier réellement humaniste qui interroge la nécessité du lien social. Avec beaucoup de malice, Gondry part du cliché (les «bullies» au fond du bus qui foutent le dawa, les meufs qui se débattent avec leur problème de look et de mecs) puis le démonte en recentrant sur quelques personnages plus complexes, révélant mal de vivre, a

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Le cran des écrans

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Dorotée Aznar | Lundi 21 novembre 2011

Le cran des écrans

Commencé avec une soirée consacrée à Christian Rouaud, la veille de la sortie de son Tous au Larzac, le festival Les Écrans du doc se poursuit cette semaine au Toboggan de Décines avec plusieurs films inédits ou en avant-premières. Remarqué à la Quinzaine des réalisateurs, La Nuit elles dansent des Canadiens Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault suit une famille de danseuses orientales égyptiennes au Caire d’avant la Révolution. Un documentaire qui n’hésite pas à chercher le romanesque mais aussi à se rattacher à la tradition du grand mélodrame égyptien. Il y a une décennie, Serge Halimi avait fait trembler les murs médiatiques avec son petit livre rouge Les Nouveaux chiens de garde. Le combat continue sur le grand écran avec un documentaire éponyme signé Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, qui dénonce la mainmise des groupes industriels sur les médias et l’apparition d’une génération de «journalistes» gardiens de l’ordre économique et apôtre du marché. Engagé aussi, Laïcité Inch’Allah fait beaucoup parler de lui depuis sa sortie ; le film tombe à point nommé, puisqu’il a été réalisé pendant la Révolution tunisienne, et que son angle d’attaqu

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The Green Hornet

ECRANS | Faute d’orientation claire et de script solide, The Green Hornet, comédie d’action pourtant prometteuse, ne transcende jamais son statut d’Iron Man du pauvre. Le premier gros gâchis de talents de 2011. François Cau

Dorotée Aznar | Jeudi 6 janvier 2011

The Green Hornet

L’alliance entre la réalisation inventive de Michel Gondry et l’écriture acérée de Seth Rogen et Evan Goldberg, binôme formé à l’école Judd Apatow, avait tout pour nous réjouir. Mais c’était oublier un peu vite le spectre du terrible producteur Neal H. Moritz – responsable de trucs pas possibles comme les Fast & Furious, les xXx ou Furtif, et dont l’influence se manifeste ici via un rythme claudiquant, une narration à la fois effrénée dans son déroulé et amorphe dans son exécution, visant l’efficacité à tout crin en dépit du bon sens et des personnalités artistiques en présence. Dans l’une des meilleures scènes du film, le bad guy en chef Chudnofsky (Christoph Waltz, à des lieux de sa performance mythique d’Inglourious Basterds) se trouve confronté à un gros problème de crédibilité face à un jeune gangster arrogant. Les prémices d’un running gag mollasson, au gré duquel le personnage va adopter le patronyme de Bloodnofsky, s’habiller en rouge et se trouver une punchline pour accompagner chacun de ses meurtres. Consciemment ou non, Michel Gondry, Seth Rogen et Evan Goldberg ont résumé dans cette sous-intrigue tous les problèmes du film - un produit hybride qui ne sait jamais

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Les Rencontres Documentaires, plongée dans le réel

CONNAITRE | Cinéma / Jusqu'au dimanche 28 novembre, le cinéma Tobboggan de Décines ouvre sa programmation à la Première édition des Rencontres Documentaires. Entre regard sur l'Algérie contemporaine, réflexion sur les media et réquisitoire altermondialiste : au total, sept documentaires pour tenter de nourrir son identité d'un regard nécessaire à notre monde, le regard informé.

Dorotée Aznar | Vendredi 26 novembre 2010

Les Rencontres Documentaires, plongée dans le réel

Cette optique militante de la programmation est également renforcée par l'organisation de débats, conférences qui échelonneront les projections. Les intervenants membres d'associations, historiens, réalisateurs permettront ainsi d' élargir les horizons, forger les positions et affiner les idées. Ces "Premières éditions des Rencontres du Doc" portent à nos regards de spectateurs des problématiques multiples, économiques essentiellement. Un enjeu qui contraint les existences et dont on ne se lasse pas d'observer les conséquences. Les focales sont diverses : ici, c'est un grand format, "La Fin de la pauvreté ?" interroge ainsi Philipe Dias parcourant territoires et continents dans une vision surplombante apte à démêler les mécanismes. Là, Jocelyne Lemaire Darnaud prend sa caméra et enquête tout simplement sur la circulation de son argent, un petit ruisseau qui produit une grande rivière : "Moi, la finance et le développement durable", où comment son petit compte en banque peut financer de «très grandes choses». Qui dit finance, dit pouvoir, politique certes, mais aussi médiatique. Le 27 novembre, une grande soirée carte blanche à et en présence du journaliste et documentariste Pierr

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Soyez sympas, rembobinez

ECRANS | de Michel Gondry (ÉU, 1h34) avec Jack Black, Mos Def…

Dorotée Aznar | Samedi 1 mars 2008

Soyez sympas, rembobinez

Mike et Jerry, grands dadais coincés dans des corps d’adultes, squattent plus que de raison le vidéoclub décati du bon vieux monsieur Fletcher. Quand celui-ci confie la boutique à Mike, le pire ne tarde pas à arriver : suite à une péripétie improbable, Jerry se retrouve entièrement “magnétisé“ et efface malencontreusement toutes les bandes vidéos du magasin. Les deux comparses n’ont dès lors plus d’autre choix que de retourner eux-mêmes les films en location, avec les moyens du bord. Avec ce postulat de départ propice à de multiples fantasmes cinématographiques, Michel Gondry se joue de l’attente d’un spectateur avide de savourer les savoureux remakes cheap promis. À l’image de ces morceaux de bravoure effectivement jubilatoires (Jack Black imitant Jackie Chan dans Rush Hour 2, tout un poème !), Soyez sympas, rembobinez ressemble à un objet comique d’un autre temps. Conscient qu’il n’a plus rien à prouver en termes strictement visuels, Michel Gondry concentre ses efforts sur ses personnages, sur l’enthousiasme contagieux et la fièvre créatrice de ses deux héros improvisés metteurs en scène. Certes, les défauts du film (le rythme, en particulier) jou

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