Barbecue

ECRANS | D’Éric Lavaine (Fr, h38) avec Lambert Wilson, Franck Dubosc, Florence Foresti…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Le concept — une comédie avec des potes, un barbecue et Franck Dubosc — pouvait laisser penser à un ersatz de Camping ; grave erreur ! Barbecue est en fait un ersatz des Petits mouchoirs de Guillaume Canet. Même humour pas drôle entre gens riches pleins de problèmes de riches, même envie de capturer l'air du temps générationnel des gens riches, même vague suspense mélodramatique autour de la mort possible d'un des mecs riches présents sur l'écran. Et, surtout, même morale décomplexée où l'argent ne fait pas le bonheur, mais quand même, si tu n'en as pas, ben t'es qu'un gros raté.

On le sait : la comédie française vote depuis belle lurette à droite et, après tout, elle fait bien ce qu'elle veut. Mais dans ce film horriblement mal écrit au casting aussi furieusement opportuniste que totalement à côté de la plaque — exception : Florence Foresti, qui se sauve courageusement du désastre — la chose est affirmée clairement : le pauvre de la bande a un job de merde, pas de copine et est à moitié simplet. Comme disait l'autre : vive la sociale !

Christophe Chabert

Sortie le 30 avril


Barbecue

D'Eric Lavaine (Fr, 1h38) avec Lambert Wilson, Franck Dubosc...

D'Eric Lavaine (Fr, 1h38) avec Lambert Wilson, Franck Dubosc...

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Pour ses 50 ans, Antoine a reçu un cadeau original : un infarctus. A partir de maintenant, il va devoir "faire attention". Or, Antoine a passé sa vie entière à faire attention : attention à sa santé, à ce qu'il mangeait, attention à sa famille, à accepter les travers de ses amis, et à avaler de trop nombreuses couleuvres…


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“Benedetta” de Paul Verhoeven : la chair et le sang

Cannes 2021 | Exaltée par sa foi et la découverte de la chair, une nonne exerce une emprise perverse sur ses contemporains grâce à la séduction et au verbe. Verhoeven signe un nouveau portrait de femme forte, dans la lignée de Basic Instinct et Showgirls, en des temps encore moins favorables à l’émancipation féminine. Quand Viridiana rencontre Le Nom de la Rose…

Vincent Raymond | Lundi 12 juillet 2021

“Benedetta” de Paul Verhoeven : la chair et le sang

Italie, début du XVIIe siècle. Encore enfant, Benedetta Carlini entre au monastère des Théatines de Pescia où elle grandit dans la dévotion de la Vierge. Devenue abbesse, des visions mystiques de Jésus l’assaillent et elle découvre le plaisir avec une troublante novice, sœur Bartolomea. Son statut change lorsqu’elle présente à la suite d’une nuit de délires les stigmates du Christ et prétend que le Messie parle par sa voix. Trucages blasphématoires ou miracle ? Alors que la peste menace le pays, la présence d’une potentielle sainte fait les affaires des uns, autant qu’elle en défrise d’autres… Les anges du péché Entretenue depuis son enfance dans un culte dévot de la Vierge, conditionnée à adorer des divinités immatérielles omnipotentes, coupée du monde réel, interdite et culpabilisée lorsqu’il s’agit d’envisager les sensations terrestres, Benedetta vit de surcroît dans un monde de fantasmes et de pensées magiques, où chaque événement peut être interprété comme un signe du ciel — ce que la superstition ambiante ne vient surtout pas démentir. Prisonnière d’une communa

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Décharge parentale : "10 jours sans maman"

Comédie | Excédée par la forfanterie paternaliste qu’il manifeste au logis, l’épouse du DRH d’une grande surface s’octroie dix jours de vacances seule ; charge au mari de s’occuper de la maison et des trois enfants, en plus de son travail. Bien sûr, ça ne va pas bien se passer, du moins au début…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Décharge parentale :

L’une des plaies du cinéma contemporain (et tout particulièrement de la comédie française) s’appelle la bande-annonce. Consistant en un concentré de film surmonté façon clip épileptique, ce produit formaté gâche plus les effets et/ou l’histoire qu’il n’éveille la curiosité. Promesse de prévisibilité catastrophique, celle de 10 jours sans maman est l’exemple du parfait repoussoir. Sauf que… Loin d’être un chef-d’œuvre de raffinement, d’intelligence ni d’esthétique (on baigne quand même dans l’uniforme lumière fromage blanc téléfilm), le nouveau Ludovic Bernard (L’Ascension) n’est pas si épouvantable que cela. Même avec Franck Dubosc, c’est dire ! D’abord, il tient son pari d’aborder la question de la méconnaissance de la charge mentale ménagère par le biais de la comédie, il s’attaque à ce tabou existant encore autour de la question de l’apparition des règles chez les adolescentes, et en bonus ironise sur les grotesques méthodes des grosses boîtes, mixte de lean management sauvage et d’injonction à être joyeusement corporate sous la houlette de

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Fais ce que doigts… : "Au bout des doigts"

De concert | De Ludovic Bernard (Fr, 1h45) avec Jules Benchetrit, Lambert Wilson, Kristin Scott Thomas…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Fais ce que doigts… :

Pianiste virtuose et quasi-autodidacte, Mathieu Malinski est repéré dans une gare par le directeur du Conservatoire de Paris qui veut l’intégrer à son école. Mais le jeune banlieusard est indocile, de surcroît piégé par un passif de petite délinquance. Un lent apprentissage s’engage… Massifs himalayens, gammes chromatiques… Ludovic Bernard semble affectionner tout ce qui monte. Après L’Ascension, il opte ici toutefois pour un décor plus classique — même si la trame de base reste identique : cela demeure l’histoire d’un djeun’s s’extrayant de sa banlieue au prix d’un exploit, faisant mentir conjointement le déterminisme social et les préjugés. Accessoirement, il triomphe aussi de son orgueil et de ses préjugés. Réglé comme du papier à musique, mais Jules Benchetrit a un telle mine de Rod Paradot qu’on y croirait. N’oublions pas Lambert Wilson : en Richard Descoings du Conservatoire, doté d’une faille intime mais résolu à révéler les talents d’où qu’ils proviennent, il est criant de vérité — à croire qu’il

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De l'usage des mots au TNP avec Lambert Wilson et Isabelle Adjani

Festival | Ode à la langue, à ceux qui l'inventent et la subliment, Les Langagières version 2018 sont de très haute tenue avec, en guest stars au TNP, Lambert Wilson et Isabelle Adjani pour les servir.

Nadja Pobel | Mardi 22 mai 2018

De l'usage des mots au TNP avec Lambert Wilson et Isabelle Adjani

Lambert Wilson et Isabelle Adjani seront au rendez-vous le 1er juin pour incarner Camus et Maria Casarès et donner voix à leur correspondance enflammée, tout juste publiée. Mais ce casting ne doit pas masquer la richesse de ces douze jours qui sont le reflet le plus net qui soit de la politique que mène Christian Schiaretti depuis son accession à la tête du TNP en 2002 et jusqu'à son départ fin 2019 : les mots. Épaulé par les élus de son cercle de création et de transmission (Baptiste Guiton met en scène Je, d'un accident ou d'amour avec Maxime Mansion, lui-même à l'origine du festival En actes) ou d'anciens acolytes de feu sa troupe (Grammaires des mammifères piloté par le toujours très intéressant Philippe Mangenot), il propose une série de spectacles, de lectures voire de récitals (consacré à Aragon, André Velter...) ou encore "séance de spiritisme" (!) autour de Victor Hugo. Toutes les paroles sont réunies

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Troquées : "L’Échange des princesses"

ECRANS | de Marc Dugain (Fr, 1h40) avec Lambert Wilson, Olivier Gourmet, Anamaria Vartolomei… (sortie le 27 décembre)

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

Troquées :

Pour asseoir son pouvoir, le régent Philippe d’Orléans ourdit la double union d’un Louis XV de onze ans avec la malheureuse Infante d’Espagne de quatre ans, et de sa fille avec l’héritier d’Espagne. Mais hélas, aucun des deux mariages ainsi arrangé n’est heureux… Derrière la caméra, ce sont les noces entre le cinéaste-écrivain Marc Dugain et sa coscénariste autrice du roman, Chantal Thomas que l’on célèbre. Et elles sont fécondes : rarement récit historique fut rendu avec autant de finesse, de réalisme et cependant de liberté(s). L’un des derniers à nous avoir immergé aussi exactement dans les bouillonnements du XVIIIe siècle était Benoît Jacquot avec Les Adieux à la Reine, également adapté de… Chantal Thomas. Conte absurde où des enfants sont tout à la fois déifiés et traités comme des marionnettes, L’Échange des princesses montre l’ambition des uns, la bigoterie des autres

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"Corporate" : critique et interview du réalisateur Nicolas Silhol

ECRANS | Responsable des ressources humaines, Émilie se trouve impliquée dans une enquête de l’inspection du travail, suite à un suicide dans son entreprise. Jusqu’où (...)

Julien Homère | Mardi 4 avril 2017

Responsable des ressources humaines, Émilie se trouve impliquée dans une enquête de l’inspection du travail, suite à un suicide dans son entreprise. Jusqu’où restera-t-elle fidèle à sa hiérarchie ? D’une grande rigueur réaliste et peuplé d’un casting hétéroclite venant de la télévision, du théâtre ou du cinéma classique, Corporate dissèque les méthodes de management amorales mais totalement acceptées par nos entreprises modernes. Enveloppant son histoire d’une mise en scène économe, froide et sans éclat, son discours sur l’injustice sociale demeure louable mais aurait été plus audible dans un documentaire. À se demander si le récit ne passe pas à côté de son sujet tant l’inspectrice du travail (justement campée par Violaine Fumeau) et son regard sur cet univers sans pitié placent au second plan une intrigue policière dispensable. Nicolas Silhol : « Je n’avais pas envie de faire un reportage » Les DRH que l’on porte dans le cœur sont rares. Pourtant, c’est bien sur ce métier clivant que le réalisateur Nicolas Silhol a décidé de tourner son premier thriller. Entretien avec le patro

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"L’Embarras du choix" : ou pas…

ECRANS | Maladivement incapable de choisir, Juliette s’embarque dans une double relation avec deux hommes apparemment parfaits. Chacun lui proposant de (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Maladivement incapable de choisir, Juliette s’embarque dans une double relation avec deux hommes apparemment parfaits. Chacun lui proposant de l’épouser, elle va devoir trancher… À Alexandra Lamy, il sera toujours beaucoup pardonné : l’actrice se montre en toute circonstance d’un indéfectible enthousiasme et d’une absolue sincérité. Cette générosité naturelle lui fait hélas du tort lorsqu’elle s’embringue dans des films hâtivement bâclés tel que celui-ci, précipitamment torché par Éric Lavaine, un an à peine après leur précédente collaboration — le plutôt aimable Retour chez ma mère. Ce n’est point tant la prévisibilité de l’intrigue qui pêche (on se doute bien, que dans une comédie romantique, la dame finit avec au moins un des deux messieurs), mais plus l’écriture en gruyère moisi, à base de trous scénaristiques — des manques qui n’ont rien à voir avec des ellipses — et d’excroissances inutiles (mais pourquoi ce caméo Franck Dubosc ?).

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"De plus belle" : à la fleur de l’âge

ECRANS | de Anne-Gaëlle Daval (Fr, 1h38) avec Florence Foresti, Mathieu Kassovitz, Nicole Garcia…

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Quadragénaire recroquevillée sur ses complexes, Lucie vient de se rétablir d’une chimiothérapie et conserve des séquelles psychologiques de sa maladie. Si elle ne peut hélas compter sur l’affection de sa mère, qui ne cesse de la rabrouer, elle va trouver en Clovis, un dragueur compulsif et Dalila, une danseuse optimiste, deux soutiens pour affronter la vie. À nouveau. Non, De plus belle n’est pas un film SUR le cancer — sujet terrifiant, et repoussoir s’il en est ; il se situe dans sa périphérie. Abordant surtout la question de la guérison, il s’intéresse moins à celle du corps qu’à la résorption des blessures narcissiques. Tout aussi douloureuses que les affections physiologiques laissant cicatrices ou mutilations, ces dommages collatéraux invisibles sont rarement traités. Pourtant, la restauration de l’estime de soi est aussi décisive dans un processus de rétablissement que le soutien des proches ou le suivi thérapeutique. Cette première réalisation, si elle n’est pas exempte de petites incertitudes, touche par son attention portée aux écorché(e)s et aux meurtri(e)s. Alors qu’on assène ordinairement la joie de comme une évidence,

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De plus belle

Avant-Première | Cela faisait bien longtemps qu’on ne l’avait pas vu à Lyon, où il avait laissé un grand souvenir lors de l’avant-première au CNP Terreaux de son film (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

De plus belle

Cela faisait bien longtemps qu’on ne l’avait pas vu à Lyon, où il avait laissé un grand souvenir lors de l’avant-première au CNP Terreaux de son film Assassin(s). Mathieu Kassovitz revient pour accompagner Anne-Gaëlle Daval lors de l’avant-première de De plus belle, son premier long-métrage, ainsi que sa partenaire à l’écran et comédienne principale du film, Florence Foresti. Voilà du beau monde à accueillir… De plus belle Au Pathé Bellecour le vendredi 3 mars à 20h

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"L’Empereur" : l’éternel retour

KIDS | Ni suite, ni remake du film qui avait apporté à Luc Jacquet il y a douze ans une notoriété mondiale, L’Empereur s’avance (en dandinant) comme une (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Ni suite, ni remake du film qui avait apporté à Luc Jacquet il y a douze ans une notoriété mondiale, L’Empereur s’avance (en dandinant) comme une extension de La Marche de l’Empereur. Suivant littéralement ab ovo le cycle de l’existence de son animal fétiche, ce récit aurait pu se nommer “Une histoire immortelle” — mais il était déjà retenu par Orson Welles — voire “Le Miraculé”, si Mocky n’en avait eu l’idée plus tôt. Car le palmipède du titre va devoir braver mille dangers pour accéder à l’âge adulte. Et chacun des flashbacks constituant ce doc-nature relatera un de ces périls, lui donnant des reflets de film à suspense : comment l’œuf survit au froid ; comment le poussin éclôt, grandit malgré les conditions extrêmes et les prédateurs sur la banquise, avant de rejoindre l’océan guidé par son instinct pour se jeter (ou pas) à l’eau… Riches d’images stupéfiantes, dont certaines combinant intelligence et poésie (les manchots vu à l’envers sous l’eau, semblent voler vers les hauts-fonds) ce voyage antarctique narré par Lambert Wilson se double d’un hymne à la fragilit

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"L’Odyssée" : aquatique en toc

ECRANS | de Jérôme Salle (Fr, 2h02) avec Lambert Wilson, Pierre Niney, Audrey Tautou…

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Rien de tel qu’un biopic pour hameçonner public et récompenses. Alors, imaginez-en un consacré à l’icône irénique Jacques-Yves Cousteau… c’est du dragage dans les grandes profondeurs ; de la pêche à la dynamite — pour reprendre ses gaillardes méthodes de recensement des espèces pélagiques. Sauf que “JYC”, comme tout un chacun, n’était pas clair comme de l’eau de roche et Jérôme Salle n’a pas réussi à trancher : hagiographie consensuelle ou étude critique des nombreuses vies du bonhomme ? Faussement âpre pour ne pas paraître (trop) complaisant, son film est pareil à un grand livre privilégiant les belles images en couleurs, arrachant celles qui seraient trop ternes ou gênantes ! Si Salle ménage la dorure de la statue du Commandant, il montre cependant la course perpétuelle après l’argent de cet utopo-égoïste plus imbu de sa propre publicité et de ses aventures que du destin de ses proches ou de celui de la planète. Le vieux cabot de mer s’est mué sur le tard en héraut de l’e

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"Camping 3" : et Gérard Jugnot avala un spacecake

ECRANS | Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un instant grégaire…) réjouissez-vous, il se peut que vous puissiez vous raccrocher à une séquence comme le naufragé à sa bouée. En l’occurrence, celle où Gérard Jugnot ingurgite un spacecake — expliquer les circonstances de l’ingestion serait fastidieux. Rentabilisant au mieux sa participation et son expérience, le comédien retrouve ses trémulations asthmatiques du buveur de liqueur d’échalote, devient hystérique comme un Félix à Noël et offre par son trip une plage de grâce dans une mer d’huile solaire. À part ce moment qui, étonnamment, échappe au cadre du camping — de là à en tirer les conclusions qui s’imposent… — rien de nouveau sous le coup de soleil ; tout le monde retourne au piquet de tente. Camping 3 de Fabien Onteniente (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Gérard Jugnot…

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"Tout de suite maintenant" : Bonitzer, père et fille

ECRANS | de Pascal Bonitzer (Fr, 1h38) avec Agathe Bonitzer, Vincent Lacoste, Lambert Wilson…

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

Intrigante, cette propension qu’a Bonitzer à s’enticher de héros peu sympathiques, et de les sadiser pour faire bonne mesure — cette perversion d’auteur doit certainement revêtir un nom ; elle a en tout cas un public. Ici, il jette son dévolu sur Nora, une Rastignac froide (pour ne pas dire frigide) jouant les Électre dans le monde tortueux de la finance, où tous les coups sont recommandés. Le rôle de cette jeune arriviste, au plan de carrière contrecarré par l’irruption d’affects personnels aussi divers que la possession amoureuse ou le désir de venger son père, il le confie à sa fille à la ville, Agathe — histoire d’ajouter une grille de lecture psychanalytique trouble à son film. Nora n’est pas la seule à être peu aimable : ses aînés sont une bande de socio-traîtres ayant remisé leurs idéaux au profit… du profit, justement, ou bien des névropathes devenus dépressifs, déments ou alcooliques. Bref, personne ou presque ne semble digne d’être sauvé. Disséminant çà et là quelques-unes de ces démonstrations professorales dont il raffole (comme s’amuser à prédire les comportements), Bonitzer confirme surtout son goût de moraliste et s’offre même une envolée fantastique ina

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"Retour chez ma mère" : un double portrait de femmes réussi

ECRANS | Un film de Éric Lavaine (Fr, 1h37) avec Alexandra Lamy, Josiane Balasko, Mathilde Seigner…

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Auteur du très injustement mésestimé Protéger et Servir (comme du moins mémorable Barbecue), Éric Lavaine adore adapter au format de la comédie des sujets de société ne prêtant pas forcément à rire. Se saisissant des désarrois de la “génération boomerang” humiliée par un retour subit et subi chez môman, il signe un double portrait de femmes d’autant plus réussi qu’il est dépourvu de vulgarité, ce saprophyte du rire ordinaire. Malgré les apparences, la mère n’y est pas qu’une mamie poussiéreuse dépassée par la modernité ; elle possède son petit tempérament — sans surprise, Josiane Balasko se montre parfaite pour jouer sur les deux registres. Quant à Alexandra Lamy en fille déprimée, elle se ferait presque manger par sa sœur à l’écran, Mathilde Seigner : en peau de vache, la seconde retrouve enfin de la subtilité dans son interprétation et redevient attachante. Certes, la presque trop grande efficacité du dialogue, aux répliques sur-ciselées façon Francis Veber, donne à l’ensemble des allures de succès des planches transposé devant la caméra. Ma

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Florence Foresti aux Nuits de Fourvière

SCENES | Depuis quelques semaines, Lyon bruissait d'incompréhensions quant à l'absence de Florence Foresti des programmations de la Halle (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 4 février 2015

Florence Foresti aux Nuits de Fourvière

Depuis quelques semaines, Lyon bruissait d'incompréhensions quant à l'absence de Florence Foresti des programmations de la Halle Tony Garnier, de la Bourse du travail et autres lieux capables d'accueillir une showwoman de son calibre. On sait désormais de quoi il retourne : c'est exclusivement aux Nuits de Fourvière que l'enfant du pays présentera son nouveau spectacle, Madame Foresti, du 6 au 12 juillet (avec une relâche le 9, soit six représentations). Ouverture de la billetterie mardi 17 mars à 16h.

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Bis

ECRANS | De Dominique Farrugia (Fr, 1h38) avec Franck Dubosc, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Bis

C’est un cas d’école : comment le succès d’un film d’auteur français — Camille redouble — conduit à un dérivé opportuniste et commercial qui en reprend exactement la même formule — ce Bis signé Dominique Farrugia. Impossible d’oublier cette donnée pendant qu’on regarde cette comédie, pourtant pas la plus nulle engendrée par le cinoche français ces derniers temps. Il y a certes les éternels jeux de mots foireux qu’affectionne l’ex-Nul et qui nous donnent plutôt envie de chialer de dépit ; et une fin d’un conservatisme tellement inouï et assumé qu’on se demande si Farrugia ne fait pas déjà campagne pour la réélection de Sarkozy en 2017. Ceci mis à part, dans le foutoir ambiant, il y a quelques bonnes idées, notamment celle qui montre ces deux vieux-jeunes tenter de convaincre la secrétaire de Claude Berri de produire les futurs succès du box office hexagonal. Voir Kad Merad voler l’idée des Ch’tis à Dany Boon est assez amusant, mais la réaction sceptique de la secrétaire l’est plus encore, venant corroborer l’idée qu’un succès est avant to

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Alceste à bicyclette

ECRANS | De Philippe Le Guay (Fr, 1h45) avec Fabrice Luchini, Lambert Wilson…

Christophe Chabert | Lundi 14 janvier 2013

Alceste à bicyclette

À l’origine de l’«idée originale» du film, Fabrice Luchini a sans doute voulu s’offrir son Looking for Richard : une réflexion sur son métier d’acteur et sa confrontation avec un texte monstre de Molière, Le Misanthrope. Il y a d’ailleurs, dans Alceste à bicyclette, quelques scènes fascinantes où ce comédien génial abolit la frontière entre la réalité et la fiction et se montre seulement au travail, cherchant, hésitant, se reprenant jusqu’à trouver la note juste pour faire vivre sans pompe les alexandrins de Molière. Mais plutôt que de créer un dispositif fort autour de son acteur, Philippe Le Guay lui colle dans les pattes un sparring partner encombrant (Lambert Wilson, très moyen en acteur précieux rendu célèbre par un feuilleton médical sur TF1) et brode autour de pauvres intrigues de fiction qui sentent bon le téléfilm parfumé à la naphtaline. Dire qu’on se fout intégralement de la belle Italienne, du chauffeur de taxi ou de la jeune fille qui tourne des «films X» est un euphémisme, et pourtant, ce foutoir poussiéreux finit par prendre toute la place. Alceste à bicyclette projette ainsi Molière dans une médiocre

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Vous n’avez encore rien vu

ECRANS | À travers un dispositif sophistiqué mais vite répétitif, Alain Resnais interroge l’éternel retour de l’art et la disparition de ceux qui le font vivre, dans une œuvre plus mortifère que crépusculaire plombée par le texte suranné de Jean Anouilh. Fin de partie ? Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 20 septembre 2012

Vous n’avez encore rien vu

Depuis sa belle association avec Bacri et Jaoui, Alain Resnais semble tourner chacun de ses films comme si c’était le dernier, ou plutôt en intégrant à ses récits cette conscience du spectateur : maintenant nonagénaire, le réalisateur rédige manifestement son testament artistique. Pourtant, les relents d’angoisse qui venaient pétrifier l’hiver de Cœurs ou la fugue printanière des Herbes folles n’avaient rien de surprenants de la part d’un homme dont le premier film était un documentaire de montage sur les camps de concentration nazis… Si crépuscule il y a, c’est plutôt dans la forme des films : on avait beau parler de «légèreté» et de «fantaisie», on sentait de plus en plus que ce cinéma-là trahissait son âge. Vous n’avez encore rien vu ne laisse plus de doute : Resnais régresse ouvertement vers un temps (les années 40) où les prémisses de ce cinéma moderne dont il fût un des ambassadeurs voisinaient avec un néo-classicisme théâtral aujourd’hui poussiéreux. Retour vers le passé Il y a donc le dispositif : de

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Les Seigneurs

ECRANS | D’Olivier Dahan (Fr, 1h37) avec José Garcia, Jean-Pierre Marielle, Ramzy, JoeyStarr, Gad Elmaleh, Franck Dubosc…

Christophe Chabert | Mercredi 19 septembre 2012

Les Seigneurs

Typique du cinéma industriel qui se développe en ce moment dans l’Hexagone, Les Seigneurs est avant tout un film de producteur, en l’occurrence l’ancien comédien Isaac Sharry. Olivier Dahan, certes réalisateur de La Môme mais qu’il avait tourné juste après une commande déjà bien foireuse pour Luc Besson (Les Rivières pourpres 2), ne vient donc qu’apporter sa griffe à un récit archi-calibré (en gros, un entraîneur à la dérive est engagé pour s’occuper d’une équipe de dernière zone sur l’île de Molène, Bretagne, et convainc tous ses anciens camarades de renfiler les gants pour défendre l’usine menacée de fermeture). Le problème, c’est que Dahan est plus une erreur de casting qu’un atout : il ne sait manifestement pas mettre en scène de la comédie, sinon en surdécoupant le jeu de ses comédiens ou en les cadrant large quand ils font leur numéro, et en jouant sur des effets qui rappellent rien moins que Les Fous du stade avec Les Charlots. Quant au foot, n’en parlons même pas — de toute façon, seul Carlos Reygadas a su le filmer dans

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Plan de table

ECRANS | De Christelle Raynal (Fr, 1h30) avec Franck Dubosc, Elsa Zylberstein, Audrey Lamy…

Christophe Chabert | Mercredi 4 avril 2012

Plan de table

Dans The Player, Robert Altman montrait des producteurs capables de donner leur feu vert à n’importe quel projet, même le plus stupide, pourvu que Julia Roberts joue dedans. Vingt ans plus tard, ce n’est plus de la fiction, il semble que ce soit la même chose en France avec Franck Dubosc. Pourtant incroyablement mauvais, ce comédien qui n’a jamais réussi à comprendre qu’il n’était plus en one man show mais qu’il jouait avec d’autres acteurs sur le plateau continue donc à se commettre dans des films aberrants. Plan de table surfe donc sur tout ce qui est dans l’air (la comédie de mariage, le concept du ou bien, ou bien, la critique à peu de frais d’un matérialisme dans lequel les personnages se vautrent à longueur de temps) sans la moindre rigueur dans l’écriture ou la mise en scène. Confondant précipitation et rythme, Christelle Raynal raconte tout à 400 à l’heure, excès de vitesse dont les acteurs sont les premières victimes, condamnés à la grimace, au cabotinage ou au profil bas. Naufrage !Christophe Chabert

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Bienvenue à bord

ECRANS | D'Eric Lavaine (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Valérie Lemercier, Gérard Darmon…

Dorotée Aznar | Jeudi 29 septembre 2011

Bienvenue à bord

Franck Dubosc dans un ersatz de Croisière s'amuse par l'auteur de Poltergay, forcément ça fait peur. Sans miracle, Bienvenue à bord se hisse pourtant par-dessus la mêlée des comédies françaises qui font de la peine. Inutile de tergiverser sur les fantasmes hollywoodiens d'Eric Lavaine, le film est un brouillon de comédie US. Trop gras pour convaincre mais avec un échafaudage qui par rares moments fonctionne. L'essentiel c'est bien sûr Dubosc, dont la nullité intrigue. Idiot généreux et fédérateur, son personnage (toujours le même) rappelle parfois ceux de Will Ferrell. Le talent en moins, mais avec la même envie de déjouer l'ironie, d'être plus littéral que parodique, sentimental que cynique ou juste caricatural. Jérôme Dittmar

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La Princesse de Montpensier

ECRANS | De Bertrand Tavernier (Fr, 2h19) avec Lambert Wilson, Mélanie Thierry…

Christophe Chabert | Mardi 26 octobre 2010

La Princesse de Montpensier

Nicolas Sarkozy a involontairement remis Madame de La Fayette à la mode. Après "La Belle Personne" de Christophe Honoré (d’après "La Princesse de Clèves"), Bertrand Tavernier s’attaque à "La Princesse de Montpensier". Pour le moderniser ? Non, le film est une reconstitution d’époque proprette, très qualité française. Pour en faire ressortir la pertinence ? À la rigueur, on voit bien qu’à travers le personnage de Mademoiselle de Mézières, qui oscille romantiquement entre l’homme promis et l’homme aimé, c’est la question toujours d’actualité de la liberté féminine qui est envisagée. Mais le film est littéralement aspiré par un académisme plombant, que la caméra en mouvement perpétuel dissimule à grand peine. Cela se traduit par une absence de quotidienneté frappante, des scènes d’action pataudes, un texte étouffe-chrétien et surtout la raideur quasi cadavérique des jeunes acteurs recrutés pour l’occasion. Que Tavernier ait choisi de les faire jouer comme dans une dramatique télé de l’ORTF, laissant aux seuls Lambert Wilson et Michel Vuillermoz le droit d’apporter un peu de liberté dans le film, en dit long sur son affinité avec son sujet : une certaine perplexité, sinon un vrai mé

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Des hommes et des dieux

ECRANS | Les derniers jours des moines de Tibéhirine reconstitués par un Xavier Beauvois fasciné par son sujet, mais peu inspiré dans sa mise en scène, qui emprunte les chemins les plus attendus et évacue systématiquement le politique au profit du religieux. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 1 septembre 2010

Des hommes et des dieux

Des hommes et des dieux, ce n’est pas 12 hommes en colère, mais 7 moines en paix. Comme pour son précédent Petit lieutenant, qui prenait ses aises avec le polar tout en en respectant les lieux communs, Xavier Beauvois retrace les derniers jours des moines de Tibéhirine avant leur massacre dans les montagnes de l’Atlas algérien en détournant les codes du huis clos «cas de conscience». Pas de procès cependant ; la décision finale n’a de conséquence que pour ceux qui la prennent : partir en abandonnant sa mission ou rester quitte à y laisser la vie. Le scénario du film est donc rythmé par trois grandes scènes de réunion où chacun doit prendre position, donner ses raisons puis finalement participer au vote. Le reste du temps, Beauvois alterne entre plusieurs modes de récit : la rencontre entre les moines et les habitants du village (les moments les plus libres du film, quoique non exempts de facilités didactiques), l’irruption des terroristes puis de l’armée au sein du monastère et les rituels liturgiques filmés dans leur continuité. Le goût du sacré Si le cinéaste fait preuve d’une indéniable ma

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Victor

ECRANS | De Thomas Gilou (Fr, 1h35) avec Pierre Richard, Sara Forestier, Lambert Wilson…

Christophe Chabert | Jeudi 1 octobre 2009

Victor

Pure pâtisserie industrielle manufacturée par un cinéaste en pleine déconfiture (on ne s’est jamais remis du plan couscous de son Michou d’Auber), Victor est un film qui craint. L’introduction est racontée à toute berzingue, planquant telle la poussière sous le tapis l’absence de crédibilité du propos (un journal people organise un concours pour recueillir un vieillard : n’importe quoi !). Ensuite, on débarque le personnage principal (Sara Forestier, pauvre actrice en quête d’un second souffle commercial) au profit d’une pathétique satire à la Chatiliez où tout le monde, à un moment ou à un autre, est un gros enfoiré qui truande son prochain, au mépris de toute logique scénaristique. Ce triomphe cynique de la mesquinerie et de la médiocrité filmé à la va-comme-je-te-pousse dans une ambiance de grivoiserie bien franchouillarde fout franchement la gerbe, et on finit par en vouloir à Pierre Richard d’avoir prêté son talent à cette galéjade sinistre reposant sur une image de l’humanité on ne peut plus dégueulasse. CC

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King Guillaume

ECRANS | De et avec Pierre-François Martin Laval (Fr, 1h25) avec Florence Foresti, Pierre Richard…

Christophe Chabert | Mardi 20 janvier 2009

King Guillaume

Plus éloquent qu’une critique en bonne et due forme, il aurait fallu enregistrer le décalage hallucinant lors de l’avant-première entre l’arrivée triomphale des acteurs «en vrai» et les éclats de rire, plus que timides, durant les gags laborieux qui ponctuent le film. Quelque chose était dit de l’état du cinéma comique français : bon, d’accord, on sait bien que ça sent le pâté emballé pour caler un prime time sur TF1, mais on ne va pas rediffuser pour la centième fois le one woman show de Forence Foresti ! Ça tombe bien, elle prend soin de refaire sur l’écran ses personnages sur scène… Dommage qu’elle n’ait pas écrit ses répliques et qu’elle n’ait pas eu un droit de regard sur le montage, ça aurait pu dynamiser le scénario et la réalisation neurasthéniques de PEF. Dommage que King Guillaume soit un film, dans le fond, sa présentation live à toutes les séances aurait pu suffire à combler les spectateurs. CC

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Comme les autres

ECRANS | de Vincent Garenq (Fr, 1h33) avec Lambert Wilson, Pilar Lopez de Ayala…

Dorotée Aznar | Mardi 26 août 2008

Comme les autres

Emmanuel, pédiatre, et Philippe, avocat, filent le parfait amour dans leur loft parisien. Seule ombre au tableau, Emmanuel veut un enfant et Philippe non. D’où clash, rencontre d’une potentielle mère porteuse sans-papiers, gags, doutes et autres quiproquos affectifs. Parti pour faire un documentaire sur l’homoparentalité, Vincent Garenq a compilé les anecdotes recueillies pour émailler la lénifiante linéarité de son script de quelques péripéties ne faisant guère illusion. L’absence totale de mise en scène, une fâcheuse tendance à enfiler les clichés comme des perles et des personnages peu crédibles malgré leur engoncement buté dans des stéréotypes “bon teint“ (Lambert Wilson et Pascal Elbé sont aussi crédibles en couple rive gauche que, disons, Laspalès et Chevallier en artistes martiaux) achèvent de caractériser Comme les autres comme une énième comédie de mœurs soumise aux diktats artistiques télévisuels. Ou le syndrome du réalisateur pétri de bonnes intentions dans son approche d’un sujet “sensible“, et qui à force de marcher sur des œufs finit par ne plus rien dire du tout…FC

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Le Grand Alibi

ECRANS | de Pascal Bonitzer (Fr, 1h33) avec Miou-Miou, Lambert Wilson, Valeria Bruni Tedeschi, Maurice Bénichou...

Dorotée Aznar | Mardi 29 avril 2008

Le Grand Alibi

Le charme des films de Pascal Bonitzer repose sur la folie douce de ses personnages bloqués dans leurs errements amoureux. Dans son dernier film Le Grand Alibi, adaptation d'un roman d'Agatha Christie, il parvient à tenir le suspense de l'enquête. Ce qui n'est pas rien. Jusqu'au bout, on ne s'ennuie pas, cherchant à connaître l'auteur des deux meurtres, épaulé par le truculent Maurice Bénichou en charge du dossier. Pourtant, le vrai sujet de film, les passions amoureuses, est négligé. Ce qui aurait pu donner un film intense reste un métrage imprécis, notamment lors de la scène de résolution, un rien bâclée. Les premières scènes, pourtant, mettent l'eau à la bouche : échanges cinglants entre des personnages dont on découvre les relations peu saines. Les tons se mélangent : farce noire, vaudeville amoureux teinté de morbide, comédie de mœurs, polar, où est-on ? Un peu dans tout cela. Dans une immense maison bourgeoise perdue dans la campagne parisienne, un sénateur passionné d'armes (Pierre Arditi), et sa femme (étonnante Miou-Miou), épouse manipulatrice sous des apparences d'idiote, reçoivent pour le week-end. Deux jeunes filles, que le spectateur pourrait prendre pour l

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Disco

ECRANS | de Fabien Onteniente (Fr, 1h43) avec Franck Dubosc, Emmanuelle Béart, Gérard Depardieu...

Dorotée Aznar | Mardi 25 mars 2008

Disco

Les Ch'tis peuvent dormir tranquilles... Ce n'est pas cet abominable Disco qui va leur faire de l'ombre ; au contraire, on espère que les spectateurs seront cohérents et infligeront à cette comédie cynique le camouflet commercial qu'elle mérite ! Après Camping, Onteniente et Dubosc touchent le fond : ils se débarrassent en cinq minutes de leur exposition pour s'enfoncer dans le développement fastidieux d'un scénario rachitique (un vieux beau espère gagner un concours de disco pour emmener son fils en vacances en Australie) reposant sur son seul acteur principal, qui ne joue à l'écran que de sa stupéfiante autosatisfaction. Le film s'enfonce alors dans un culte de la ringardise qui nie l'essentiel : l'esprit libertaire qui animait les années disco. Réac (la famille, l'amour, l'amitié virile contre la femme castratrice) et raciste (les Polonais en prennent pour leur grade), dialogué et filmé n'importe comment, il n'y a que deux leçons à tirer de ce nanar antipathique : même embourbé dans des projets improbables, Depardieu garde la classe. Et Le Havre, qu'Onteniente cherche pourtant à montrer comme un sommet de grisaille, est une bien belle ville ! CC

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