Des (é)Toiles plein les yeux

Christophe Chabert | Mardi 14 octobre 2014

Le festival Lumière à peine terminé que démarre son cousin jeune public, Les Toiles des Gones. Pas de patrimoine ici — même si on trouve dans la programmation de cette année un Disney vintage, Le Livre de la jungle — mais le même maillage de salles dans tout le Grand Lyon pour présenter jusqu'au 2 novembre le meilleur du cinéma jeune public récent. Soit 21 films s'adressant à tous les âges — certains sont destinés à des enfants à partir de 2 ans — assortis d'animations en tout genre — ateliers, goûters, concerts, quizz…

Parmi les films déjà sortis, signalons le dernier Grand prix du festival du cinéma d'animation d'Annecy, Le Garçon et le monde, venu du Brésil et qui est déjà salué comme un futur classique du cinéma jeune public. Quant aux avant-premières, le programme est alléchant, à commencer par Panique chez les jouets, dernière sortie de chez Gebeka Films — le seul distributeur lyonnais en activité, rappelons-le — regroupant trois courts dont La Bûche de Noël signé par les Belges Patar et Aubier, géniaux créateurs de Pic Pic André et de Panique au village. À surveiller aussi, un film d'animation norvégien, De la neige pour Noël de Rasmus A. Sivertsen, dont on nous a dit le plus grand bien et qui a rencontré un succès énorme dans son pays d'origine. Enfin, signalons aussi le nouveau film de Tomm Moore, réalisateur du beau Brendan et le secret de Kells, Le Chant de la mer, et les nouvelles aventures des très populaires Gros-Pois et Petit-Point. Si avec tout ça, les enfants s'ennuient pendant les vacances…

Christophe Chabert

Les Toiles des Gones
Dans les salles du GRAC, du 18 octobre au 2 novembre

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Le Chant de la mer

ECRANS | De Tomm Moore (Irl-Dan-Belg-Fr, 1h33) animation

Christophe Chabert | Mardi 9 décembre 2014

Le Chant de la mer

Située sur une île sauvage irlandaise, l’action du Chant de la mer fait la part belle aux légendes et au folklore celtiques, tout en racontant l’histoire simple d’un père endeuillé par la disparition de sa femme, resté seul dans son phare avec ses deux enfants. Ben, l’aîné, est têtu et aventureux ; Maïna, la plus jeune, est mutique. Leur grand-mère décide de les emmener vivre en ville, mais cet arrachement va surtout révéler les pouvoirs de Maïna et l’existence d’êtres magiques victimes d’un mauvais sort. La beauté de ce film d’animation, juste minorée par quelques longueurs scénaristiques, tient à sa capacité à recourber le fantastique et le conte sur la réalité, l’un venant éclairer et résoudre l’autre. Ici, l’univers magique est tout entier contenu dans les figures du récit, le caractère des personnages et leurs drames. Presque psychanalytique, ce mouvement n’est pas sans rappeler la manière dont Del Toro utilise le merveilleux dans ses œuvres. Comme s’il intégrait cette circularité des choses à son dessin, Tomm Moore élabore un graphisme qui préfère l’arrondi à l’anguleux, la spirale à la ligne, les vagues à l’horizon. Joli tour de force pour un joli film de

Continuer à lire

Panique chez les jouets

ECRANS | De Joël Simon, Bruno Collet, Vincent Patar et Stéphane Aubier (Fr-Belg, 43 min) animation

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Panique chez les jouets

À l’approche de Noël, les programmes réunissant plusieurs courts pour enfants se multiplient. Mais Panique chez les jouets est clairement à part. S’adresse-t-il vraiment au jeune public ? Sans doute, mais il y a fort à parier que les adultes y prendront autant, voire plus, de plaisir. Notamment face à La Bûche de Noël, servi en dessert du programme, le nouveau délire de Patar et Aubier, créateurs des mythiques PicPic André, qui reprennent les personnages de leur long Panique au village pour trente minutes de conte de Noël parfumé à la bière belge. On y retrouve cette alliance démente entre minimalisme et littéralité — les trois personnages principaux, Cowboy, Indien et Cheval, sont des figurines de… cowboy, d’indien et de cheval — autorisant ensuite toutes les élucubrations — comme tenter de récupérer la dernière bûche du supermarché, achetée par le fermier Steven, grand numéro vocal d’un Poelvoorde braillard et hilarant, ou organiser une soirée techno avec la police et le garde-barrière. Depuis Panique au village, l’animation des personnages a gagné en souplesse, l’hystérie est moins systématique et le scénario, plutôt bien

Continuer à lire

Pas de vacances pour les mômes !

ECRANS | La cloche des vacances aura à peine sonné que déjà les enfants seront sommés d’aller se dégourdir les méninges dans les salles du GRAC (du Comœdia au Zola, des (...)

Christophe Chabert | Jeudi 18 octobre 2012

Pas de vacances pour les mômes !

La cloche des vacances aura à peine sonné que déjà les enfants seront sommés d’aller se dégourdir les méninges dans les salles du GRAC (du Comœdia au Zola, des Alizés au Scénario, du Cinéma Saint-Denis au Lem : une vingtaine de salles dans Lyon et son agglomération) pour le festival Les Toiles des gones. Les sorties jeune public étant de plus en plus nombreuses sur les écrans, la programmation est assez éclectique, mais plutôt réjouissante. Pour tous ceux (pas que les enfants, donc) qui ne l’ont pas encore vu, rattrapage obligatoire des Enfants-loups, Ame et Yuki de Mamoru Hosoda, un des plus beaux films de l’année toute catégorie confondue. Récit d’apprentissage magnifique qui débute comme une fable fantastique et s’achève dans l’émotion pure, il saisit par la beauté de son écriture et de sa mise en scène. Encore tout frais dans les salles, Kirikou et les hommes et les femmes

Continuer à lire