Lumière 2014, jour 5 – Comédie érotique d'un après-midi d'automne

ECRANS | «Overlord» de Stuart Cooper, «Trains étroitement surveillés» de Jiri Menzel, «Andreï Roublev» d’Andreï Tarkovski.

Christophe Chabert | Samedi 18 octobre 2014

Le festival Lumière entre dans sa dernière ligne droite, et même s'il reste deux jours de projections et encore pas mal de choses à découvrir, l'envie est grande de lever le pied et de se faire simplement plaisir. Autant dire que la nouvelle d'une projection surprise de Piège de cristal en présence de son mythique réalisateur John MacTiernan ce samedi à 20h45 à l'UGC Ciné Cité Confluence a fait l'effet d'une petite bombe. Non seulement parce que le film est génial, mais aussi parce que MacTiernan sort d'une année passée en prison, et qu'il est toujours bon d'aller lui témoigner sa gratitude de spectateur. On en reparle demain, bien entendu.

D'ailleurs, pendant que la plupart des festivaliers saluaient la remise du Prix Lumière à Pedro Almodóvar, on s'est offert une «grande projection» — la seule de cette section — celle d'Andreï Roublev de Tarkovski. Pas vraiment un film de distraction, certes, même si on se disait en entrant que Lumière était quand même un festival à part. Quelle autre manifestation pourrait, un vendredi soir, remplir une salle de 350 places avec un film russe de 3 heures vieux de quarante-cinq ans ? Qui plus est, une fois n'est pas coutume au cours de cette édition, avec un public plutôt jeune ? On n'avait jamais vu le film sur grand écran — condition nécessaire pour en admirer la splendeur — et pas revu tout court depuis une bonne dizaine d'années. À l'arrivée, une légère frustration s'est faite sentir. Roublev, ce n'est ni Stalker, ni Nostalghia, plutôt une grande œuvre labyrinthique dont Tarkovski ne cesse de déplacer le centre, obligeant le spectateur à chaque chapitre à remettre en causes ses certitudes sur l'optique choisie par l'auteur pour raconter la vie de ce peintre iconographe du XVe siècle. Cela étant, magie du festival bis, sur le trajet du retour, de passionnantes discussions sont parties autour du film avec mes camarades de séance, comme on n'en avait pas eu depuis des lustres — cinéphilie, not dead !

Passons aux découvertes du jour, à commencer par Overlord, revenu tout droit de Cannes Classics où il était présenté cette année, et amené sur un plateau au festival par l'excellent Peter Becker, patron des éditions vidéo américaines Criterion, qui l'a présenté avec une précision remarquable, force anecdotes sur sa fabrication et une passion qui, là encore, est le signe d'une cinéphilie internationale en pleine forme. Cette introduction était tellement bien qu'elle a presque handicapée la vision du film. Car Becker avait dévoilé la prouesse technique sur laquelle repose la mise en scène de Stuart Cooper : mêler de manière fluide archives filmées durant le D-Day de 1944 et fiction reconstituant l'itinéraire d'un jeune soldat anglais qui s'apprête à débarquer sur les plages normandes. Avec son chef opérateur — qui est aussi celui de Barry Lyndon — Cooper a retrouvé des objectifs de l'époque ainsi qu'une pellicule proche de celle utilisée par les caméramen en 1944, pour effacer les différences de nature entre les deux matériaux utilisés.

Mais, de l'exploit technique au pur dispositif cinématographique, il n'y a qu'un pas que franchit à plus d'une reprise Overlord. Les stratégies employées par Cooper pour assembler archives et fiction sont finalement assez peu nombreuses, et parfois un peu lourdes. Par exemple, représenter le rêve du soldat lorsqu'il s'endort dans le train avec des images réelles de la guerre ; où marier plans aériens sur les ruines contemporaines et vues prises depuis les avions des bombes larguées pour les détruire. C'est finalement quand les deux prennent leur autonomie que le film est le plus convaincant : superbe travail de montage pour montrer des bâtiments détruits par les flammes et les efforts, vains, des habitants pour tenter d'éteindre l'incendie ; ou encore ces deux moments bouleversants, celui où le soldat s'isole pour écrire une lettre tandis que la caméra dézoome à travers les arbres, et la séquence, magnifique, où il revit — à moins qu'il ne l'imagine — le moment d'amour passé avec une infirmière.

Le plus intéressant avec Overlord reste sa drôle de postérité, surtout pour un film demeuré inédit presque partout dans le monde depuis sa réalisation en 1975. Cooper a ainsi été invité à montrer son œuvre au maître Kubrick, qui l'a aimée («il lui manque juste 90 minutes» déclara-t-il) mais qui a surtout gardé dans un coin de sa tête les séquences où le jeune homme est transformé en soldat par un instructeur sévère — le premier plan de Full metal jacket, où le sergent marche au milieu des deux rangées de soldats droits comme des piquets dans le dortoir, est quasi similaire à celui tourné, douze ans avant, par Cooper. Sans parler de Spielberg, puisque le Soldat Ryan commence quasiment là où Overlord s'arrête, avec cette image, indélébile, du soldat qui lève la tête pour regarder hors du bateau et reçoit une balle fatale en plein crâne.

Évidemment, Overlord n'est pas le genre de films à se taper sur les cuisses. Pourtant, au cours de ce festival Lumière, les comédies ont été légions, et on ne parle pas de Banzaï — quoique, bon, soyons honnêtes, la scène du chameau et du Coca-cola au téléphone, c'est quand même assez fendard. Hier, c'était Le Bourreau et El Extraño Viaje ; aujourd'hui, ce fut Trains étroitement surveillés, premier film tourné par Jiri Menzel, qui restera comme un des excellents moments de ce festival. Car, à l'image de la plupart des films de la Nouvelle Vague tchèque — de Forman à Passer en passant par Chytilova — y règnent une liberté et une fantaisie qui contrastent avec la noire réalité du pays à cette période — emprise de la censure soviétique, répression du Printemps de Prague… Ce sont des films tournés par des cinéastes jeunes qui mettent leur énergie juvénile au service d'une manière de faire du cinéma allègre et décomplexée, préférant rire que pleurer — même si en général, et Trains étroitement surveillés n'échappe pas à la règle, une note pessimiste finit toujours par en former la conclusion. Jeune, le héros de Trains étroitement surveillés l'est à tous les niveaux : par son âge, mais aussi par son manque d'expérience, que ce soit dans ses nouvelles fonctions de stagiaire dans une petite gare au moment de l'occupation de la Tchécoslovaquie par les armées nazi, ou avec les femmes, en particulier sa copine avec qui il échange tout au plus quelques chastes baisers.

Menzel déploie son film sur deux plans adroitement intriqués : d'un côté, la peinture quotidienne d'un microcosme débordé par le vent de l'histoire ; de l'autre, le récit d'apprentissage sentimental mais surtout érotique de son héros. Car Trains étroitement surveillés ne parle que de ça, même s'il en montre assez peu — mais déjà beaucoup vue la pudeur en vigueur dans les années 60. Tandis que le chef de gare remâche sa frustration, son second, lui, tombe tout ce qui bouge, surtout les jeunes sténographes qui défilent dans son bureau ; un oncle photographe se plaît à photographier de jolies demoiselles derrière un faux avion, et les tripote autant que faire se peut pour qu'elles adoptent la pose qui convient ; quant à Milos, sa première nuit d'amour s'avère un désastre, et un médecin — Menzel lui-même — lui diagnostique un problème «d'éjaculatio précox», et comme remède d'aller coucher avec une femme mûre et expérimentée.

La forme du film est celle, canonique, d'un certain cinéma moderne définit par Kurosawa dans Dodeskaden, où c'est la scène qui compte par-dessus tout, plutôt que la dextérité à les faire se fondre les unes dans les autres, avançant selon une logique post-it où les enjeux se développent presque indépendamment les uns des autres, avant que dans le dernier acte tout finisse par se recouper et sceller le destin de l'ensemble des personnages. Mais à ce jeu, Menzel est très fort : car il sait effectivement écrire et réaliser des séquences tout à fait formidables, en particulier celle où le sous-chef se livre à un jeu érotique à base de tampons encreurs, ou encore celle où Milos va voir la femme du chef de gare pour lui demander de l'initier au sexe. Or, celle-ci l'accueille alors qu'elle est en train de gaver une oie en lui massant le cou, ce qui donne lieu à la masturbation symbolique la plus hilarante de l'histoire du cinéma. Sans oublier son sens du running gag — le chef qui nourrit ses pigeons, le vieil aiguilleur qui s'enthousiasme systématiquement lorsque la pendule sonne — et sa vision acide d'un collabo nazi ridicule à force de vanter à toit bout de champ la grandeur du Reich. Tout cela donne un film enthousiasmant, brillant et intemporel, qui ressortira dans les salles en novembre prochain.

Signalons que le film a été présenté par les distributeurs du film, Malavida. C'est une belle occasion pour saluer leur travail, exceptionnel : depuis une dizaine d'années, ils œuvrent sans relâche à faire découvrir en DVD les trésors du cinéma de l'est, et en particulier le cinéma tchèque : les premiers Forman, mais aussi des œuvres clés comme Marketa Lazarova, Valérie ou la semaine des merveilles ou encore, tout récemment, le génial L'Incinérateur de cadavres… Grâce à eux, une partie du grand cinéma polonais classique — Wajda, Zulawski, Munk, Haas — a refait surface, et ils travaillent à la redécouverte d'un cinéaste suédois méconnu mais essentiel, Bo Widerberg. Leur catalogue est un véritable coffre aux trésors — n'hésitez pas à aller y jeter un œil, une fois le festival terminé !

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Lumière 2014, c’est terminé mais… ça continue. Comme chaque année, l’Institut Lumière reprend une partie de la programmation du 24 octobre au 11 novembre, avec notamment trois films de Claude Sautet (Les Choses de la vie, César et Rosalie, Vincent, François, Paul et les autres…), trois Capra (Amour défendu, L’Homme de la rue et L’Extravagant Mr Deeds) et cinq Almodovar (dont Kika, qui n’avait pas été présenté au cours du festival !). À ne pas rater, la copie restaurée d’Un étrange voyage d’Alain Cavalier, dont on vous parle ici, et celle de Wake in fright que l’on vous conseillait là. Et trois énormes classiques : Andreï Roublev, Monsieur Klein et Une journée particulière. À suivre

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Christophe Chabert | Lundi 20 octobre 2014

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Voilà, le festival est fini, mais il est encore temps de revenir sur ses deux dernières journées de projection, dont un samedi riche en émotions. À commencer par la venue, tardive mais exceptionnelle, de John MacTiernan pour présenter Piège de cristal. Après avoir été honoré par la Cinémathèque Française et par le festival de Deauville, MacTiernan a débarqué quasiment à l’improviste à Lyon, où il s’est d’abord plié à l’exercice de la présentation d’un film du festival — en l’occurrence L’Homme de la rue de Capra ; puis, en catimini, Lumière a monté cette séance exceptionnelle autour du premier Die hard, ce qui n’a pas empêché la salle d’être comble en 24 heures, remplie de fans qui se sont rués sur le cinéaste une fois son introduction terminée. MacTiernan est apparu fatigué, se déplaçant difficilement, s’exprimant avec lenteur, lançant aux spectateurs un avertissement qui sentait bon la parano quant aux dérives de son pays vers l’extrême droite. Pour ceux qui n’auraient pas vraiment suivi "l’affaire MacTiernan", rappelons que suite à un vaste scandale lié à des écoutes illégales impliquant un certain nombre de grands n

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John McTiernan à Lumière 2014

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Surprise, à deux jours de la fin de Lumière 2014 : le réalisateur américain John McTiernan (Predator, A la poursuite d'Octobre rouge,  Le 13e Guerrier...) rejoint la programmation. Au sens figuré comme au sens propre : il sera samedi 18 octobre à l'UGC Concluence à 20h45 pour présenter Piège de cristal, mythique premier épisode de la franchise Die Hard, à laquelle Bruce Willis doit tout de son statut d'action hero.

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Christophe Chabert | Vendredi 17 octobre 2014

Lumière 2014, jour 4 – ¡ Viva españa !

Ce jeudi aura donc été entièrement consacré à la suite de la carte blanche laissée à Pedro Almodovar pour mettre en lumière — jeu de mot — un cinéma espagnol dont on ne connaît pour ainsi dire presque rien en France. Certes, ce n’est pas une poignée de films qui va permettre de rattraper l’injustice mais il faut saluer le beau travail de programmateur du nouveau Prix Lumière : sa sélection est belle, riche, variée et pertinente. Après l’étonnant Embrujo et le génial Arrebato, voici donc Grand Rue, Le Bourreau et El Extraño viaje. On pouvait d’ailleurs s’amuser à chercher à l’intérieur même des films ce qui les unissait : dans Arrebato, un personnage cite nommément Fernando Fernan Gomes, acteur dans Embrujo et réalisateur d’El Extraño Viaje, dont l’idée originale est signée Luis García Berlanga, réalisateur du Bourreau… Quant à Juan Antonio Bardem, il est l’oncle de Javier Bardem, acteur révélé par Almodovar, qui fait une apparition vocale de Arrebato… La boucle est bouclée, mais au-delà de l’anecdote, cela prouve surtout que le cinéma espagnol a été, pendant près de 40 ans, un petit

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Christophe Chabert | Jeudi 16 octobre 2014

Lumière 2014, jour 3 – Extase

Après trois jours de festival, le voilà, le film qu’il fallait avoir vu. Une seule séance, ce mercredi soir à l’Institut Lumière, pour Arrebato d’Ivan Zulueta, projeté dans le cadre de la carte blanche à Pedro Almodóvar, inédit en France et dont il n’est absolument pas dit qu’on puisse le revoir sur grand écran un jour. C’est un météore, à l’image de son auteur, qui n’a presque rien fait par la suite, retournant à un quotidien assez proche de celui décrit dans le film — claustration, vie nocturne et addiction à l’héroïne. Il a gardé tout son potentiel de fascination, même 35 ans après son tournage, et conserve son caractère hautement dérangeant — dès la dixième minute et un shoot d’héroïne en gros plan, un spectateur a pris la poudre d’escampette, et ce ne fut pas le seul ; mais, deux minutes après la fin du générique, beaucoup n’arrivaient carrément pas à quitter la salle, médusés par la puissance de ce qu’il venait de voir. À la Quinzaine des réalisateurs cannoise en mai dernier, Nicolas Winding Refn, présentant la copie restaurée de Massacre à la tronçonneuse — que l’on vous incite fortement à découvrir à Lumière — parlait de cette m

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Lumière 2014, jour 2 – Petit, petit, petit...

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Christophe Chabert | Mercredi 15 octobre 2014

Lumière 2014, jour 2 – Petit, petit, petit...

Tandis que la France s'émeut des troubles aux projections d'Annabelle – certains audacieux osent prétendre que ceux-ci ne sont pas liés à la jeunesse des spectateurs ni à la nature horrifique du film, mais plutôt à sa médiocrité, illustrant sans le vouloir la fameuse phrase de la critique Pauline Kael  : «les salles sont pleines, mais rien n'indique que les spectateurs n'en sortent pas furieux» – prolifère tranquillement durant le festival Lumière tout type de comportements antisociaux. Ainsi, durant la séance du Voyeur à l'Institut Lumière, un couple de vieux débris – pourquoi leur témoigner de la mansuétude ? a laissé sonner cinq fois son portable pendant le film et n'a rien trouvé de mieux à répondre à ceux qui s'en sont plaints que «le cinéma, aujourd'hui, c'est comme ça, y a du bruit...» Allez, va acheter ton exemplaire du bouquin d'Eric Zemmour, l'intégrale DVD de Laurent Gerra et le best of de Michel Sardou, mais surtout, ferme ton putain de téléphone, si tu ne veux pas que ta retraite s'arrête prématurément. On nous a rapporté des incidents similaires à la projection de La Taverne de la Jam

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Lumière 2014, jour 1 – Garçon, des films !

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Christophe Chabert | Mardi 14 octobre 2014

Lumière 2014, jour 1 – Garçon, des films !

Inutile de parler ici de la cérémonie d’ouverture, qu’on a séchée comme toutes les années — la Halle Tony Garnier, pour le cinéma, ce n’est simplement pas possible — mais le festival Lumière a pris l’heureuse initiative de commencer dès le lundi matin ses projections, ce qui fait qu’au moment d’aller se coucher, on avait déjà trois films au compteur — notre rythme de croisière prévu pendant une semaine. Avant de causer desdits films, deux remarques liminaires : d’abord, la moyenne d’âge carrément élevée à toutes les séances. On ne fera pas l’injure au festival en disant qu’il a réussi à transformer ce que beaucoup considère comme du "vieux cinéma" en cinéma pour vieux, mais tout de même… On n’avait pas eu ce sentiment les années précédentes, en tout cas, pas de façon aussi systématique. Est-ce à dire que, pour les séances du matin et de l’après-midi, seuls les retraités peuvent se rendre au cinéma ? Ce serait logique, mais l’absence de jeunes cinéphiles dans les rangs — à quelques exceptions près, quasiment toutes connues de nos services — est tout de même un peu flippante. Deuxième remarque : les présentations. On a eu droit hier au laïus introductif de Nicole G

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Lumière 2014 : Almodóvar fait son cinéma…

ECRANS | Bien sûr, il y a le Prix Lumière qui lui sera remis vendredi soir en présence d’invités prestigieux — dont, dit-on, Penelope Cruz… Bien sûr, il y a la (...)

Christophe Chabert | Lundi 13 octobre 2014

Lumière 2014 : Almodóvar fait son cinéma…

Bien sûr, il y a le Prix Lumière qui lui sera remis vendredi soir en présence d’invités prestigieux — dont, dit-on, Penelope Cruz… Bien sûr, il y a la rétrospective de ses films, de ses œuvres provocatrices période Movida à ses opus de la maturité, mélodrames flamboyants dont Tout sur ma mère, Parle avec elle et Volver sont les plus beaux fleurons. Mais Pedro Almodóvar chaussera aussi, pour ce festival Lumière, la casquette du cinéphile à travers deux cartes blanches qui font figure d’aérations nécessaires au sein de la programmation, par la rareté des films choisis comme par leur éclectisme. "El cine dentro de mí" propose un joli laboratoire où le cinéaste Almodóvar crée de stimulantes correspondances entre ses films et les films des autres, non pas comme des influences directes, mais plutôt comme des souvenirs féconds et obsédants dont la trace se retrouve sur l’écran, remodelé par son désir et ses obsessions. C’est parfois évident — L’Homme qui rétrécit, matrice du petit film muet en noir et blanc de Parle avec elle ; Le Voyeur, dont le personnage de Victoria Abril dans Kika est comme la reproduction à l’è

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Lumière 2014 : Alien, une histoire de cinéastes

ECRANS | La saga Alien proposée pendant toute une nuit à la Halle Tony Garnier est non seulement l’occasion de revoir une des franchises les plus stimulantes du cinéma de SF américain, mais aussi la possibilité de constater les premiers pas de quatre cinéastes importants, tous représentatifs des évolutions récentes du style hollywoodien.

Christophe Chabert | Lundi 13 octobre 2014

Lumière 2014 : Alien, une histoire de cinéastes

1979 : Alien, Ridley Scott Alors que les golden boys du Nouvel Hollywood connaissent des fortunes diverses — gloire pour Spielberg et Lucas, temps difficiles pour Coppola et Cimino, vitesse de croisière pour De Palma — les studios découvrent les vertus d’une génération d’Anglais venus de la pub et du clip : Alan Parker, Adrian Lyne et enfin Ridley Scott, peu de temps avant son frère Tony, passent à la mise en scène de cinéma. Scott, remarqué pour le beau Duellistes, se retrouve aux manettes d’Alien et invente le film d’horreur galactique, à la direction artistique impeccable, misant sur le suspense et la suggestion, montrant des ouvriers de l’espace aux prises avec un monstre viscéral. Les inoubliables visions de ce premier film ont posé la mythologie Alien : les face huggers, l’accouchement abdominal de la bête et, moins horrible, Sigourney Weaver en survivante sexy et virile. 1986 : Aliens, le retour, James Cameron Cameron sort du succès surprise de Terminator et empoigne cette suite pour en faire un film raccord avec l’état d’esprit du cinéma américain des années 80 : un Vi

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Lumière 2014 : Claude Sautet, un cinéaste français

ECRANS | Si le Prix Lumière remis à Pedro Almodóvar est l’événement du sixième festival Lumière, la rétrospective intégrale des films de Claude Sautet, ainsi que la réédition du livre d’entretiens accordés à Michel Boujut, est tout aussi essentielle, tant le cinéaste reste un sujet passionnel pour les cinéphiles. Christophe Chabert

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Lumière 2014 : Claude Sautet, un cinéaste français

Une semaine après l’inauguration à la Cinémathèque Française de l’exposition consacrée à François Truffaut en parallèle à une grande rétrospective de ses films, le festival Lumière propose, pour sa sixième édition, une intégrale Claude Sautet en copies restaurées, accompagnée de la réédition de Conversations avec Claude Sautet (Actes Sud / Institut Lumière), le livre d’entretiens réalisés en 1992 par Michel Boujut. Cette coïncidence — si c’en est une ! fait ressurgir de vieilles querelles : Truffaut contre Sautet, c’est les Cahiers du cinéma contre Positif, la Nouvelle Vague contre la Qualité française, l’auteur contre l’artisan, la mise en scène contre le scénario… Cette guerre de position, Thierry Frémaux la souligne dans la nouvelle préface qu’il signe pour cette réédition. Mais plutôt que de chercher l’apaisement, il a tendance à souffler sur les braises, soulignant mi-malicieux, mi-outragé que Les Inrockuptibles, dans leur classement discutable des cent meilleurs films français de tous les temps, n’en ont gardé aucun de Sautet. Il rappelle aussi que les destins de Truffaut et de Sautet, loin d’être opposés, sont en fait «crois

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Ce lundi débute la sixième édition du festival Lumière, avec en guise d’ouverture Faye Dunaway présentant Bonnie and Clyde et en point d’orgue la remise du Prix Lumière à Pedro Almodóvar. Tout comme on ne peut que vous inciter à aller découvrir dès cette semaine des raretés comme Garçon ! de Claude Sautet et le mélodrame espagnol Embrujo ou encore l’avant-première de The Go-Go Boys, sur l’histoire de la Cannon et de ses deux producteurs. Mais s’il est un film à ne surtout pas louper dans la programmation, c’est le génial Wake in Fright de Ted Kotcheff (qui le présentera en personne). Tourné en Australie en 1971, le film part d’une anecdote réelle : pour s’assurer que les fonctionnaires de l’éducation nationale aillent exercer dans les coins les moins peuplés de l’outback, le gouvernement australien obligeait les nouveaux instituteurs à verser une caution qu’ils récupéreraient après quelques années de bons et loyaux services dans ces bleds désertiqu

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Après avoir présenté en ouverture de l’édition 2011 The Artist, Michel Hazanavicius revient au festival Lumière avec son nouveau film, The Search, qui sera projeté en avant-première et en présence de son réalisateur le samedi 18 octobre à 18h à l’UGC Ciné Cité Confluence. Fraîchement accueilli à Cannes, ce mélodrame sur fond de guerre en Tchétchénie, remake d’un film de Fred Zinnemann, a depuis subi un sérieux remontage, le cinéaste ramenant sa durée de 2h40 à 2h14. On est curieux de découvrir cette version 2, tant la première laissait entrevoir, au milieu des longueurs et des lourdeurs, un vrai geste de mise en scène, comme on le disait sur notre blog cannois à l’époque. Les locations pour la séance ouvrent ce mercredi à 13h.

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Les billets pour le Prix Lumière remis à Pedro Almodóvar (avec la projection de Parle avec elle) se sont arrachés en 45 minutes. Combien de temps faudra-t-il pour ceux de la séance de clôture, où sera projeté Tout sur ma mère du même Almodóvar, en présence du réalisateur et de son actrice Marisa Paredes ? En tout cas, ils seront mis en vente ce mardi 30 septembre à partir de 13h, sur Internet et dans les points de vente habituels. La séance, elle, aura lieu le dimanche 19 octobre à 15h30 à la Halle Tony Garnier.

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ECRANS | Pedro Almodóvar Prix Lumière, des rétrospectives consacrées à Capra et Sautet, des invitations à Ted Kotcheff, Isabella Rossellini et Faye Dunaway, des ciné-concerts autour de Murnau, des hommages à Coluche et Ida Lupino… Retour sur les premières annonces de Lumière 2014. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 septembre 2014

Luz 2014

C’est donc Faye Dunaway qui viendra inaugurer la sixième édition du Festival Lumière à la Halle Tony Garnier le lundi 13 octobre. Actrice mythique, que l’on avait pu redécouvrir à Lumière dans un de ses plus grands rôles — celui de Portrait d’une enfant déchue de Schatzberg — elle présentera la version restaurée de Bonnie and Clyde, classique du film criminel et rampe de lancement d’un certain Nouvel Hollywood dont son réalisateur, Arthur Penn, fut un agitateur discret mais essentiel. On le sait, Lumière se targue d’être un festival de cinéma grand public et, après le doublé Belmondo / Tarantino de l’an dernier, la barre était placée assez haute en matière d’invités prestigieux. Pour donner le change, le Prix Lumière atterrira donc en 2014 dans les mains de Pedro Almodóvar ; le festival prépare sa venue tout au long du mois de septembre avec une séance spéciale d’Attache-moi — pas forcément son meilleur film, cela dit — et une autre de La Mauvaise éducation précédée d’une confé

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Benjamin Mialot | Vendredi 29 août 2014

L'édition 2014 du festival Lumière se dévoile un peu plus, avec l'annonce de la projection du sublime Voyage de Chihiro de Hayao Myiazaki, mercredi 15 octobre à 14h30 à la Halle Tony Garnier. Le prix des places est à l'avenant de ce créneau familial : 6€ pour les adultes, 4 pour les enfants. Pour réserver, c'est toujours par ici : http://billetterie.festival-lumiere.org/institutlumiere/manifestations.aspx

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Faye Dunaway et "Bonnie and Clyde" en ouverture de Lumière

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Pour sa grande séance d'ouverture à la Halle Tony Garnier le lundi 13 octobre à 19h45, le festival Lumière a donc décidé d'inviter Faye Dunaway pour présenter Bonnie and Clyde d'Arthur Penn dans sa version restaurée. Le film est souvent considéré, de par sa représentation crue de la violence, comme un des fondements du Nouvel Hollywood. C'est en tout cas une œuvre mythique qui a permis à son couple vedette — Dunaway, donc, et Warren Beatty — d'entrer dans la légende hollywoodienne. Comme d'habitude, la séance était complète avant même l'annonce de son contenu, mais le film sera diffusé tout au long du festival dans des séances "classiques"…

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Son nom était sur les listes des possibles récipiendaires du Prix Lumière depuis au moins la deuxième édition… Ça y est ! En 2014, Pedro Almodóvar recevra la fameuse distinction des mains de Thierry Frémaux et Bertrand Tavernier, couronnant une œuvre foisonnante et scindée en deux : d’un côté, la partie libertaire, brouillonne et décoiffante des années Movida (de Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier jusqu’à Femmes au bord de la crise de nerfs) ; et le moment où celle-ci affirme une souveraine maîtrise des codes (mélodrame, comédie et film noir) et de la mise en scène, qu’elle soit au service d’émotions fortes (Talons aiguilles, Tout sur ma mère, Parle avec elle, La Piel que habito) ou d’une démarche plus réflexive (Kika, La Fleur de mon secret, La Mauvaise éducation, Étreintes brisées). On espère que son activité de producteur sera aussi soulignée, pas tant pour le navet argentin en compétition à Cannes cette année que pour avoir accompagné l’éclosion d’un Alex De La Igle

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Benjamin Mialot | Mercredi 2 juillet 2014

Prix Lumière 2014 : Pedro Almodovar

On se demandait comment le Festival Lumière allait pouvoir rebondir sur l'édition 2013, portée par un Quentin Tarantino d'une générosité et d'une culture sans pareils. Thierry Frémaux a apporté des éléments de réponse ce matin, d'abord en dévoilant le récipidiendaire du prochain Prix Lumière : le cinéaste espagnol Pedro Almodovar, qui viendra le recevoir en compagnie de la pulpeuse Penelope Cruz - voir ci-dessus la photo utilisée pour l'affiche de Lumière 2014, qui se tiendra du 13 au 19 octobre. Pour le reste, le festival tracera sa ligne directrice (donner à voir le cinéma du passé avec la complicité de ceux qui le font maintenant) au travers de trois rétrospectives (Claude Sautet, Frank Capra et le western italien), deux hommages (un à Isabella Rossellini, l'autre au méconnu Tod Kotcheff, réalisateur du premier Rambo), trois sections thématiques (les grandes restaurations de 2014, les plaisirs coupables et les chefs-d'oeuvre méconnus), et quantité d'hommages plus ciblés (au compositeur Michel Legrand, à Ida Lupino, l'une des

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