Steak (R)évolution

ECRANS | De Franck Ribière (Fr, 2h10) documentaire

Christophe Chabert | Mardi 4 novembre 2014

Le projet peut paraître gonzo, mais il est plus malin qu'il n'y paraît : Franck Ribière, qui a grandi dans une famille d'éleveurs, en a gardé une passion pour la viande de bœuf, et décide de partir caméra au poing à la recherche du meilleur steak du monde. Un itinéraire qui l'emmène de l'Amérique au Japon, de l'Argentine au Brésil, de l'Italie à l'Espagne, soit autant de rencontres avec des éleveurs, des bouchers et des chefs pour qui la viande est une affaire sérieuse qui nécessite du temps, de l'amour et une véritable philosophie.

Avec le boucher Yves-Marie Le Bourdonnec comme guide éclairé, Ribière accouche d'un film dont la plus grande qualité est d'être autant pédagogique que joyeux, instructif que festif. Pas question de s'apitoyer sur quoi que ce soit, ni de dénoncer ceux qui font mal leur boulot — même si on voit apparaître en transparence le spectre d'un fiasco de l'agriculture industrielle ; ici, il s'agit d'affirmer le plaisir d'une viande de qualité, produite selon des méthodes respectueuses des écosystèmes et des paysages.

Et surtout d'y goûter : les instants de dégustation vont faire saliver même le plus ardent des vegans sans pour autant lui donner mauvaise conscience. En prônant une consommation limitée et parcimonieuse de la viande pour en garantir la production — et la qualité — Ribière et Le Bourdonnec montrent que l'on peut être carnivore et responsable, bon vivant et conscient que tout cela ne peut pas se faire dans l'opulence destructrice qui caractérise notre monde contemporain.

Christophe Chabert


Steak (R)évolution

De Franck Ribière (Fr, 2h10) documentaire
Cinéma Comœdia 13 avenue Berthelot Lyon 7e
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Boucherie fine

ACTUS | Yves-Marie Le Bourdonnec, surnommé le "boucher star", devient vedette de cinéma dans "Steak (R)évolution", documentaire de Franck Ribière qui fait le tour de la planète à la recherche du "meilleur steak du monde". Ou comment le plaisir de la viande se conjugue avec une démarche éco-responsable… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 novembre 2014

Boucherie fine

Il squatte plateaux télé et émissions de radio ; on voit régulièrement sa tronche dans les magazines ; on s’est même inspiré de lui pour un roman (Comme une bête, signé Joy Sorman). Cette semaine, Yves-Marie Le Bourdonnec va franchir une étape supplémentaire dans sa starisation : il est le héros d’un film appelé Steak (R)évolution, réalisé par Frank Ribière, que l’on connaissait jusque-là pour ses activités de producteur et distributeur des films d’Alex De La Iglesia, ainsi qu’une malheureuse tentative pour faire renaître une tradition du cinéma de genre en France. Le Bourdonnec, pourtant, n’est ni acteur, ni chanteur, ni vedette de la télé-réalité ; il est boucher. Pas n’importe quel boucher : un boucher révolutionnaire, décidé à redonner ses lettres de noblesse à son art et, surtout, à transformer en profondeur l’approche française de la viande, de sa production à sa consommation. Ce qui lui a valu sa réputation ? La maturation. Mais ce n’est que l’aboutissement d’une démarche globale mêlant plaisir du goût et responsabilité écologique et économique. Son credo : «L’histoire de la viande, c’est l’histoire d’un paysage, c’

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