Historia del Miedo

ECRANS | De Benjamin Naishtat (Arg, 1h20) avec Jonathan Da Rosa, Tatiana Gimenez…

Christophe Chabert | Mardi 4 novembre 2014

En début d'année sortait le formidable Les Bruits de Recife, récit angoissant d'une paranoïa latente dans un quartier chic brésilien. Aujourd'hui débarque sur les écrans Historia del Miedo, qui en est la version auteuriste et arrogante, preuve s'il en fallait une qu'il faut toujours trier le bon grain de l'ivraie dans ce cinéma grossièrement regroupé sous le sigle "art et essai". Là où Kleber Mendoça choisissait une narration complexe mais en fin de compte romanesque et brillante, Naishtat prend tout de suite l'option du scénario post-it et de la séquence-fragment.

On assiste donc à des tranches de vie ordinaires contaminées par la bizarrerie — un mime inquiétant dans un fast food, un homme nu sur l'autoroute, des incendies inexpliqués qui se déclenchent à proximité des quartiers pavillonnaires — avant que le cinéaste ne focalise son récit sur des bourgeois apeurés, claquemurés dans leur propriété puis plongés dans une obscurité effrayante. L'alliance entre un discours politique défendable mais éculé — l'égoïsme des nantis et leur trouille contagieuse de se voir spolier leurs biens par les plus pauvres — et cette forme décousue, est fatale à une œuvre à périr d'ennui plutôt que de terreur.

Christophe Chabert

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Berlinale 2014, jour 3. Vraies et fausses valeurs

ECRANS | Nymphomaniac volume 1 (version longue) de Lars von Trier. Kreuzweg de Dietrich Brüggemann. Historia de miedo de Benjain Naishtat. A long way down de Pascal Chaumeil.

Christophe Chabert | Lundi 10 février 2014

Berlinale 2014, jour 3. Vraies et fausses valeurs

Dans un festival de cinéma, jes journées se suivent et ne se ressemblent pas. Après un samedi fracassant, ce dimanche fut des plus décevants, avec un retour en force de l’auteurisme frelaté qui, jusqu’ici, était resté gentiment à la porte. Le meilleur film du jour, et de très très loin, n’était pas une surprise du tout, puisqu’il s’agissait de la version longue de Nymphomaniac volume 1. Soit le montage voulu par Lars von Trier, avec la totalité des plans de sexe explicite et la durée imaginée par l’auteur. Niveau cul, disons-le, s’il y a là plus de bites en érection et de coïts en insert que dans la version courte, on reste loin du porno annoncé. En revanche, le rythme de cette version est très différent de celle sortie en salles, et cela ne fait désormais plus aucun doute : Nymphomaniac est une des œuvres cinématographiques les plus importantes de ces dernières années. La mise en scène gagne en ampleur, en beauté, en profondeur, gardant tout ce qui faisait déjà la force de la version courte — l’humour insolent, la logorrhée figurative, les morceaux de bravoure comme le chapitre sur Mrs H. / Uma Thurman — en y ajoutant une dimension imp

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