Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de coeur de la compétition (2)

ECRANS | "Ocze Masz" de Kacper Lisowski. "Poisson" d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux. "Tant qu’il nous reste des fusils à pompe" de Caroline Poggi et Jonathan Vinel. "Café de la plage" de Xavier Champagnac, Prune Saunier et Gilles Gaston-Dreyfus.

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Une des déceptions de cette compétition 2014, c'est la faiblesse des courts européens présentés, largement distancés par les films français, mais surtout francophones — comme on l'expliquera dans notre billet de demain. Un exemple : Safari de l'Espagnol Gerardo Herrero, qui sombre dans le mauvais goût le plus total en créant un suspens malsain et clipesque autour d'une tuerie façon Columbine. D'ordinaire, le court espagnol sait être mordant et caustique, mais dans ce cas, il n'est qu'un vain exercice de style d'un petit malin cherchant à choquer pour choquer.

Il faut toujours une exception pour confirmer la règle : ce sera donc le Polonais Ocze Masz (qu'on peut traduire par La Fête des pères) qui, sans être aucunement révolutionnaire, tient plutôt correctement son programme doux-amer. Un chanteur punk vieillissant passe la nuit avec une groupie levée à la fin d'un concert et se réveille le matin avec la gueule de bois, la demoiselle dans le coma et son fiston sur les bras. C'est beaucoup pour un seul homme, surtout quand il a fait de l'absence de responsabilités une véritable éthique de vie. Il tente d'abord de refourguer le gamin à son paternel biologique, mais il se retrouve face à un petit-bourgeois qui n'a pas franchement envie de se retrouver avec cette charge-là. Quant au gamin, il n'a qu'une seule envie : retourner au chevet de sa mère à l'hôpital.

Kacper Lisowski raconte son histoire façon réalisme dardennien, c'est-à-dire avec ce qu'il faut de vitesse, de caméra à l'épaule et de décors urbains en friche. Il n'a cependant pas encore la dextérité des deux frères belges pour faire passer en douceur les ficelles de son scénario — le punk n'a jamais réglé ses comptes avec son propre père, source de sa rage et de son hostilité envers le monde, et il trouve ici l'opportunité de ne pas reproduire le schéma familial. Mais Ocze Masz sait mettre à profit l'énergie rock de son héros, bourru et cradingue, pour  mieux la renverser comme un gant et en faire un nounours maladroit et attachant.

Dans une compétition où l'on ne se tape pas trop sur les cuisses, Café de la plage est une respiration appréciable. C'est d'ailleurs ainsi qu'il a été conçu : comme une récréation au milieu d'un tournage plus gros — le long-métrage Parenthèse. Dix minutes, trois acteurs, un seul plan fixe, pas mal de bruitages off et basta. Loin d'être un truc de branleurs ou une simple blague vite emballée, Café de la plage s'amuse plutôt à revenir à une certaine essence de la comédie, où tout est affaire de timing, où le moindre objet peut devenir un instrument propice au slapstick (déplier Le Canard Enchaîné en bord d'océan devient une lutte burlesque contre le vent) et où les banalités échangées entre un homme et une femme pour se témoigner leur amour résonnent  avec les silences qui les entrecoupent, et qui racontent exactement le contraire

Les deux solistes ne sont pas des inconnus : elle, c'est Dinara Droukarova, actrice russe révélée toute jeune par Vitali Kanevsky, revue chez Ormibaev ou, récemment, en infirmière maladroite dans le Amour palmé d'Haneke ; lui, c'est Gilles Gaston-Dreyfus, vieux compère d'Edouard Baer au sein du Centre de visionnage et de ses films pour le grand écran — Jean-Bernard Ollivier, l'inoubliable narrateur d'Akoibon, c'était lui ! Difficile d'imaginer couple aussi dépareillé — la belle slave et le petit chauve à lunette — ce qui produit instantanément du comique à l'écran. Tout comme ce type qui n'en finit plus de piocher dans ses fruits de mer à l'arrière-plan, conscience inconséquente de cette tragi-comédie du pas grand chose — ce qui n'est pas rien.

Auréolé d'un ours d'or à la dernière Berlinale, Tant qu'il nous reste des fusils à pompe faisait partie des films très attendus de la compétition. Il rejoint aisément les œuvres les plus ambitieuses du festival, même s'il nous laisse un peu sur notre faim aussi. Ses deux réalisateurs, Caroline Poggi et Jonathan Vinel, parviennent à créer un univers extrêmement singulier, investissant une bourgade pavillonnaire désertique et écrasée par le soleil estival, avec ses rues bien droites, ses maisons bien propres et ses pelouses bien tondues. Ils y introduisent des fantômes très humains et des humains complètement fantomatiques, dont une sorte de groupuscule fascistoïde dont l'idéologie reste totalement nébuleuse, à part leur culte de la force et des fusils à pompe. La voix-off de Joshua présente le cadre de l'histoire : son meilleur ami s'est suicidé d'un coup de fusil à pompe dans la bouche, son souvenir le hante, et il s'apprête à lui emboîter le pas, mais pas avant de s'être assuré que son frère a trouvé une «famille» pour le recueillir. Cette famille, ce sera le gang des icebergs, dont on ne sait s'ils tirent leurs noms de leurs méthodes particulièrement glaciales ou si leurs patrouilles et leurs looks quasi-militaires ne sont que la face émergée d'un dessein beaucoup plus vaste et fatalement clandestin.

Tant qu'il nous reste des fusils à pompe se tient dans cette zone incertaine, refusant toute explication — psychologique, politique, sociologique — pour se contenter d'enregistrer des comportements et des décisions aux finalités obscures. La voix-off de Joshua possède ce ton désabusé, apathique, qui contraste avec la violence de ce qu'il raconte : le suicide d'un ami, son suicide annoncé. Poggi et Vinel décrivent un monde inquiétant, mais sans pointer la source de cette inquiétude, préférant en faire le carburant de leur mise en scène. Plans au cordeau, surimpressions, bascule entre le fantasme, traité avec naturel, et la réalité, presque abstraite, mélange entre musique classique et dubstep — cela fait du bien d'entendre du Salem en Dolby dans un film. Aussi brillant soit-il, le film a un côté Bruno Dumont en villégiature rock'n'roll, c'est-à-dire toujours à la limite de la pose arty et auteuriste. Mais Poggi et Vinel sont de toute évidence des cinéastes à suivre.

Pour terminer cette deuxième livraison de coups de cœur, parlons d'un des meilleurs films de la compétition 2014 : Poisson d'Aurélien Vernhes-Lermusiaux. Celui-ci a remporté le Grand Prix de Villeurbanne avec Le Rescapé, et il donne ici un beau prolongement à son cinéma, où le réel est lentement contaminé par une étrangeté proche du fantastique. Rien que de plus banal au départ que cette femme qui part en randonnée dans une forêt montagneuse avec ses deux enfants. Même la raison de cette traversée — le deuil de son mari — pourrait ramener Poisson vers les eaux du naturalisme français que pourtant il évite en permanence. D'abord par cette rencontre imprévue avec un couple qui fait l'amour en pleine nature, vision sexuelle sur laquelle le personnage comme le cinéaste s'attardent plutôt que de la fuir. Puis par ce dialogue qui s'engage avec un homme croisé en chemin — le toujours très bon Samir Guesmi — badinage léger autour de sujets graves qui esquisse peut-être le début d'une relation. Ou encore cette longue séquence où l'on découpe un cochon dans une grange ; ce pourrait être une vision d'horreur, mais c'est au contraire une douceur tranquille qui émane de ces visages, de ces corps et de ces mains trempant dans la viande et le sang.

Tout le film se nourrit de ces contre-pieds bienvenus, maintenant de l'incertitude quant à la réelle nature des événements et des sentiments éprouvés. Pas de pathos mélodramatique à l'arrivée, mais un miracle, une épiphanie. On ne la révèlera pas, et elle suscitera sans doute beaucoup d'interrogations chez le spectateur. Mais, comme on l'a dit dans notre précédent billet, notre préférence va à ces films qui osent brusquer les conventions, dépasser leur maîtrise pour s'aventurer vers des rives plus troubles et moins faciles à étiqueter. Sur ce terrain, Poisson est une réussite totale, choisissant dans sa dernière scène faire tomber sur son récit un phénomène inexpliqué — on pense à certains tours de magie du sorcier Shyamalan — qui l'ouvre au lieu de le fermer, laissant le spectateur libre d'y habiter encore un peu passé le générique de fin.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

L’amour en queue de poisson : "Poissonsexe" de Olivier Babinet

Comédie | Un futur inquiétant, où il ne reste qu’une seule baleine. Scientifique dans un institut de recherches maritimes, Daniel s’échine à essayer de faire s’accoupler des poissons et échoue à trouver l’âme sœur. Son existence change lorsqu’il ramasse sur la plage un poisson mutant doté de pattes…

Vincent Raymond | Mercredi 2 septembre 2020

L’amour en queue de poisson :

Initialement prévu le 1er avril sur les écrans, jour ô combien adapté à une fable poissonneuse, ce film avait dû pour cause de confinement rester le bec dans l’eau attendant l’avènement de jours meilleurs. S’il est heureux de le voir émerger, on frémit en découvrant le monde pré-apocalyptique qu'il décrit en définitive aussi proche du nôtre : certains ne prophétisent-ils pas la pandémie comme faisant le lit de la 6e extinction massive ? Guère optimiste, mais comme s’en amusait Gustave Kervern, « je ne joue que dans des films tristes ; je refuse les films gais ». Au-delà de la boutade, Poissonsexe marie les menaces du conte philosophique d’anticipation et la poésie du parcours sentimental de Daniel, colosse au cœur de fleur bleue égarée dans un monde où amour et procréation sont totalement décorrélés ; où les couleurs froides font écho aux relations du même tonneau. Après la parenthèse lumineuse que constituait son documentaire Swagger, Olivier Babinet renoue donc

Continuer à lire

Histoires de murs au CHRD

Street Art | Puisque pour les vingt ans de la Chute du Mur de Berlin, le CHRD avait fait une expo historique et didactique, pour le trentenaire de ce haut fait, il convie six street artistes pour une parenthèse simple voire simpliste.

Nadja Pobel | Mardi 10 décembre 2019

Histoires de murs au CHRD

Force est de constater que faire appel aux artistes de l’espace urbain, aux slameurs et danseurs hip-hop pour les nombreuses déclinaisons de l’expo (entamée début novembre) réussit au CHRD. Les chiffres de fréquentation sont importants chaque week-end (400 personnes), le public rajeunit. Et ce n’est jamais une anecdote pour un lieu patrimonial et de mémoire comme celui-ci. Les artistes réunis sont bien conscients du terrain qu’ils investissent comme en témoigne l’un d’eux dans le (seul) cartel vidéo : « le CHRD est chargé d’Histoire. Ça nous renvoie à une époque où il fallait faire hyper attention si on voulait écrire des choses sur les murs pour ne pas se faire attraper et qui n’a rien à voir avec notre époque, car on ne met pas nos vies en danger en faisant de l’art. » Au premier niveau, des mots de Petite Poissone au sol et en l’air guident vers un travail collectif : derrière un mur est abandonnée une statue de Liberté misanthrope. Dans la contre-allée,

Continuer à lire

40e festival du film court, premier service

Court-métrage | N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

40e festival du film court, premier service

N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un certain sens de l’à-propos, la soirée d’ouverture de son édition anniversaire s’effectue autour du rêve, sous la houlette de Perrine Ruby — chercheuse en neurosciences, elle ne manquera pas de nous éclairer sur toutes les acceptions du terme “projection“. Cette ouverture sera précédée d’une bienvenue remembrance des 39 marches déjà gravies : le festival a en effet composé un florilège par décennie. Quatre programmes, donc, pour (re)découvrir des œuvres passées par Villeurbanne, emblématiques de leur époque, souvent primées. Tels Comme les doigts de la main d’Éric Rochant (1984), Acide Animé de Guillaume Bréaud (1998), Skhizein de Jérémy Clapin (2008), Logorama des H5 (2009) ou Avant que de tout perdre de Xavier Legrand (2012). Des films importants pour ce qu’ils sont, mais aussi pour ce et ceux qu’ils apportent au cinéma en génér

Continuer à lire

Trois Petits Points, littérature sonore

Littérature jeunesse | Une maison d’édition d’un nouveau genre débarque à Lyon : Trois Petits Points propose de la littérature sonore, soit des livres audio pour les enfants.

Lisa Dumoulin | Mercredi 13 février 2019

Trois Petits Points, littérature sonore

Arrivée à Lyon il y a quelques mois, Trois Petits Points est en réalité née à Berlin « où les livres audio sont une activité quotidienne voir multi-quotidienne : on les écoute à la maison, dans la voiture, à l’école, il y a même des ateliers de création... L’offre est énorme et j’ai eu envie de développer cela en France, qui a une littérature jeunesse très riche » explique Marion Bossuat, fondatrice des éditions Trois Petits Points. La maison propose des formats audio variés : fiction sonore, comédie musicale, performance électro, livre lu, opéra rock… Et attache une grande importance à la qualité littéraire comme à la qualité phonique. Elle défend une ligne éditoriale engagée et aborde des thèmes tels que l’écologie, l’intégration, le droit à la différence, le féminisme… Les livres « se veulent drôles, poétiques, décalés, un brin subversifs. Ils ouvrent en grand l’imaginaire, la curiosité et l’esprit critique. Pour des enfants respectueux des autres, de la nature… mais pas nécessairement des convenances sociales. » Pour Marion Bossuat, il est important de montrer aux plus jeunes que l’on peut « prendre de la dist

Continuer à lire

39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

Court-Métrage | Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur une compétition européenne traversée par l’évocation des réfugiés. En 2018, si le retour au réalisme est patent, les problématiques migratoires restent présentes à travers l’arrachement à la terre natale pour un petit Réunionnais (Objectif Lune), la promesse de retrouvailles pour une vieille Hongroise (Last Call), la défense inhumaine des frontières (Zorn dem Volke) ; la situation, enfin, de ceux qui attendent un hypothétique passage (Third Kind, The Barber Shop, Song for the Jungle voire Kiem Holijanda). Autre thématique coutumière faisant un retour fracassant, la question de la souffrance des personnes LGBT. C’est à un tour du monde des oppressions ou de la défiance à leur endroit que l’on assiste : de la France des villes et campagnes (les fictions Malik, Un homme mon fils ; le documentaire

Continuer à lire

39e Festival du Film Court, acte 1

Court-Métrage | À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

39e Festival du Film Court, acte 1

À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format est par essence le terrain de prédilection des cinéastes novices) mais de renouvellement. Olivier Calonnec, qui a succédé cet été à Laurent Hugues à la tête de la manifestation, n’est évidemment pas étranger à ces revigorantes inflexions. Le mouvement s’empare de la programmation dès la soirée d’ouverture vendredi 16 novembre construite autour de la Danse, danse, danse ! Comme un écho à la Biennale de l’année, elle commencera par un film de la compétition européenne, Les Indes galantes de Clément Gogitore (récent lauréat du Jury des Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais pour L’Autre Continent) et s’achèvera par une œuvre issue de la sélection animation, Make it Soul, de Jean-Charles Mbotti Malolo. Un avant-goût transversal de la production annuelle sur laquelle on reviendra en détail la semaine prochaine. Le festival mettra ensuite l’accen

Continuer à lire

Petite Poissone n’est pas une street artiste

Portrait | Textes percutants et dessins faussement naïfs collés dans les rues de Lyon, Marseille ou Paris : la Grenobloise Petite Poissone n’est pas qu’une street artiste.

Julie Hainaut | Mardi 2 octobre 2018

Petite Poissone n’est pas une street artiste

Elle l’a collé dans la rue. « Je ne suis pas un street artiste, je suis un être humain. » Petite Poissone refuse de rentrer dans une case. De limiter son art à un seul médium. Elle l’exerce partout, sur des murs, des objets, des toiles immenses ou des livres. Elle aime le monde du street art, pas son effet de mode. « C’est un truc magique : même si tu dessines mal, il suffit que tu dessines 544 fois mal sur des murs pour que ça devienne génial. Un peu comme ces cours de zumba dans les stades : tout seul, tu serais ridicule à faire ces mouvements, mais à 10 000, ç'a l’air trop cool. Je ne me considère pas comme une street artiste, mais j’aime ce milieu, son esprit, indépendamment de ce que la mode peut en faire. » Exactement le bon taux d’alcoolémie Chez elle, le texte est indissociable du dessin. Elle écrit, dessine, peint, crée ses propres supports. Toute petite déjà, elle réalisait des fanzines, caricaturait ses profs et camarades. Avec un humour absurde, savant mélange de ses mentors : Woody Allen, Gotlib, Hermann, Glen Baxter, Monty

Continuer à lire

38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Court-Métrage | Vigie d’une production européenne très orientée genre cette année, le Festival du Film Court de Villeurbanne participe de surcroît au rayonnement de la création locale. Clap clap !

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Nul besoin de tortiller en tout sens la compétition européenne pour dégager la dominante thématique de ce 38e millésime villeurbannais : le fantastique infuse et irrigue près de la moitié des 48 films en lice. Et il ne s’agit pas d’une lubie hexagonale : tous les pays représentés connaissent la même résurgence pour ce cinéma de genre que les jeunes cinéastes maîtrisaient parfois mal autrefois. Ce n’est plus cas. Pour Laurent Hugues, directeur des festivals du Zola, « si le goût pour le fantastique a toujours été là, il avait du mal à passer le stade des commissions d’aide à la production, qui donnaient leur préférence aux films à caractère social. Aujourd’hui, on trouve davantage de personnes aspirant à élargir le spectre des œuvres financées. » Quant au volume… Le fantastique ne naît pas dans une société apaisée : « L’air du temps inspire une inquiétude grandissante chez les auteurs, un malaise qui s’accroit depuis deux ou trois ans. » Et le comité de sélection du festival a peut-être, lui aussi, gagné en audace. Mise en bouche

Continuer à lire

La saison des festivals est ouverte

Grand Lyon | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

Continuer à lire

Sathönay en concert secret

MUSIQUES | Un duo, un solo et un trio pour réviser ses mathématiques et ses esgourdes : c’est d’abord Arnaud Rivière & Rodolphe Loubatière qui marient bidouillage (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 17 janvier 2017

Sathönay en concert secret

Un duo, un solo et un trio pour réviser ses mathématiques et ses esgourdes : c’est d’abord Arnaud Rivière & Rodolphe Loubatière qui marient bidouillage électronique et percussions, puis Cyril M. et ses objets improbables qui offrent une expérience musicale chaque fois renouvelée, enfin Sathönay qui rassemble Nico Poisson, François Virot et Léonore Grollemund et fusionne musiques traditionnelles proche-orientales et psyché-pop à l'occidentale. Une soirée surprenante s’annonce ce jeudi 19 janvier (écrire à jesuisanxieux@gmail.com pour connaître le lieu, qui est secret).

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : L’enfance du 7e art

37e festival du film court de Villeurbanne | Si la fusion Auvergne/Rhône-Alpes a porté le mastodonte clermontois au top des rendez-vous régionaux dédiés aux courts-métrages, celui du Zola conserve (malgré un budget trop modeste) l’avantage de l’antériorité, de la convivialité et de la curiosité.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Festival du film court de Villeurbanne : L’enfance du 7e art

Année après année, le Festival du film court de Villeurbanne demeure LE refuge pour spectateurs avides de propositions cinématographiques inédites. La preuve avec cette 37e édition, parcourue par un souffle de nouveautés, perceptible notamment dans les 44 films de sa compétition européenne — sa principale sélection —, et accentuée par une étonnante surreprésentation d’enfants. D’enfants à naître, dans le superbe court animé de Roshanak Roshan, Yalda où une Iranienne exilée révèle sa crainte de devenir mère, ou d’êtres infantilisés, à l’instar du protagoniste de Nabelschur. Signé par la prometteuse Eliza Petkova, ce film à la direction artistique impeccable montre un jeune homme garrotté par une mère mutique et possessive à l’amour odieusement destructeur. Renouveau allemand Observateurs, messagers, parfois dépositaires de secrets écrasants, les enfants entrent dans un monde terrifiant auquel ils ne sont pas préparés : la fillette kurde réfugiée chargée d’annoncer un diagnostic médical à sa mère de Il Silenzio, ou le môme découvrant que son père doit dém

Continuer à lire

Le Festival du Film Court, premier sur le renouvellement

ECRANS | ​Lancé à l’aube des années 1980 à Gerland puis installé dans la foulée au Zola de Villeurbanne, le Festival du Film Court a connu de nombreuses métamorphoses. Mais il demeure, à 36 ans, un phare précieux pour révéler les nouvelles générations. Et transmettre le témoin…

Vincent Raymond | Mardi 10 novembre 2015

Le Festival du Film Court, premier sur le renouvellement

Il faut avoir de l’endurance oculaire lorsque l’on appartient au comité de sélection villeurbannais : cette année, ces passionnés ont eu à se prononcer sur près de 1 300 courts métrages inscrits en présélection dans la section principale, la compétition européenne. C’est donc la quintessence de la production 2014-2015 qui a été retenue, soit 38 œuvres réparties en 7 programmes — auxquelles s’ajoute un bonus : une "séance de rattrapage" offerte à 5 films à la lisière de la sélection, méritant d’être vus même s’ils ne concourent pas pour un prix. Beaucoup de films, mais surtout «plus de cinéma en compétition que les années précédentes précise Laurent Hugues, le directeur des festivals, car ce n’est pas la même chose. Faire du cinéma, c’est employer un langage spécifique pour raconter une histoire, pour la véhiculer et caractériser ses personnages.» Un langage, mais aussi plusieurs idiomes, pourrait-on compléter, tant grande est la diversité des formes rassemblées durant la dizaine festivalière : certes, le documentaire est absent et la fiction dominatrice, cependant que l’expérimental possède son représentant et l’animation compose le cinquième de la sé

Continuer à lire

Rentrée cinéma : du côté des festivals

ECRANS | Si le festival Lumière ouvre le bal des festivals de l’automne, une cohorte de rendez-vous se pressera dans son sillage, célébrant toutes les (...)

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

Rentrée cinéma : du côté des festivals

Si le festival Lumière ouvre le bal des festivals de l’automne, une cohorte de rendez-vous se pressera dans son sillage, célébrant toutes les formes de cinéma. Ça va aller vite, autant être prévenu. Lumière s’achèvera en effet avec l’ouverture des vacances de la Toussaint… et donc le lancement du festival Les Toiles des Mômes dans les salles du GRAC (du 17 octobre au 1er novembre). Dédié au jeune public, complété par des animations, ce rendez-vous autrefois baptisé Toiles des Gones prend du galon en dépassant les frontières de la Métropole. Aux mêmes dates, Ciné Filou sillonnera les Monts du Lyonnais. Le cinéma Les 400 Coups de Villefranche accueillera ensuite la 20e édition de ses Rencontres du Cinéma Francophone (du 9 au 15 novembre) avec son lot d’avant-premières présentées par leurs auteurs, précédant le doyen des festivals de l’agglomération, l’incontournable 36e Festival du film Court de Villeurbanne au Zola (13 au 22 novembre). Plus discret, mais pas moins intéressant, Sol'enFilms programmera (dans les salles du GRAC à nou

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (3)

ECRANS | Chat de Philippe Lasry. Simiocratie de Nicolas Pleskof. Les Heures blanches de Karim Bensalah. Rhino full throttle d’Erik Schmitt. La Part de l’ombre d’Olivier Smolders.

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (3)

On termine aujourd’hui notre petit tour de la compétition villeurbanaise avec quelques films qui brillent par leur originalité, et même un authentique chef-d’œuvre dont on se prend à rêver qu’il ira décrocher le Grand Prix samedi lors de la cérémonie de palmarès… Chat de Philippe Lasry n’en est pas un, de chef-d’œuvre, mais il est fortement recommandable. Son dispositif minimaliste — tout se déroule sur la scène d’un théâtre dans une institution pour handicapés mentaux — est assez séduisant : l’éducatrice incarnée par Corinne Masiero — meilleure ici que dans la plupart des longs dans lesquels elle s’est égarée depuis Louise Wimmer — demande à une jeune fille de raconter un souvenir qui lui inspire de la tristesse. Elle choisit le moment où elle a dû déménager et où ses parents ont décidé de donner son chat à un voisin. Puis l’éducatrice désigne d’autres participants à l’atelier pour monter sur scène et rejouer ce moment. Tandis que l’exercice s’enlise, l’ensemble du groupe se lance dans un moment de défoulement qui la renvoie à son propre passé douloureux. Explosion dont on ne sait si elle est de l’ordre de la cruauté ou de l’amusement spontané,

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de coeur de la compétition (1)

ECRANS | "Nectar" de Lucile Hadzihalilovic. "Shadow" de Lorenzo Recio. "La Petite casserole d’Anatole" d’Éric Montchaud.

Christophe Chabert | Mercredi 19 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de coeur de la compétition (1)

Avant d’entrer dans les détails de cette compétition 2014 du festival de Villeurbanne, une remarque liminaire : chaque festival de court-métrage possède son empreinte particulière, une certaine cohérence pour trier, parmi le millier de films reçus, ce qui constituera sa vitrine annuelle. Au fil des éditions, Villeurbanne dessine un goût pour le court où s’exprime une réelle maîtrise du cinéma, dans la manière de raconter une histoire ou de la mettre en scène visuellement à l’écran. Sur les 37 films présentés, quasiment aucun n’est pris en faute de goût, à l’exception, mais c’est presque inévitable, notamment dans le court français, du dialogue, pas toujours très crédible, et de la direction d’acteurs, parfois hasardeuse. Cette cohérence a son revers : le binge watching de la compétition entraîne assez vite une accoutumance à ce cinéma bien fait, bien produit, bien écrit et bien réalisé, qui laisse peu de place à l’imprévu et se contente souvent de traiter un sujet de façon assez conventionnelle. Ce sont, du coup, les œuvres les plus aventureuses qui tirent la couverture à elles, celles qui n’ont pas peur d’expérimenter et de déranger, refusant les récits bouclés ou bous

Continuer à lire

Une belle brochette de courts…

CONNAITRE | Le festival du film court de Villeurbanne, manifestation phare du genre dans l’agglo, a commencé au Zola vendredi dernier et se poursuit jusqu’à dimanche. (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 novembre 2014

Une belle brochette de courts…

Le festival du film court de Villeurbanne, manifestation phare du genre dans l’agglo, a commencé au Zola vendredi dernier et se poursuit jusqu’à dimanche. En plus de ses sections parallèles, c’est bien sûr sa compétition qui fera l’événement cette semaine, avec l’arrivée du jury et le palmarès samedi soir. Sur les trente-sept films présentés, une bonne douzaine vaut largement le déplacement, et on en parlera quotidiennement sur notre site web… Mais l’un d’entre eux est de ces chefs-d’œuvre qui éclipsent tous les autres. Il s’appelle La Part de l’ombre et est signé par Olivier Smolders, fabuleux cinéaste belge qui a construit une œuvre singulière puisqu’à l’exception d’un long resté hélas confidentiel, il n’a tourné que des courts. Son nouveau film se propose d’éclaircir, à partir d’une multitude de sources, l’énigme du photographe hongrois Oskar Benedek, dont la carrière sulfureuse et avant-gardiste a été interrompue par sa disparition mystérieuse en 1944. Smolders y trouve un nouveau prétexte pour explorer les puissances de l’image et son rapport à la mort, ici conçue comme un effacement progressif du vivant. Une œuvre-choc et hantée, dont on n

Continuer à lire

Les Drôles de poissons-chats

ECRANS | De Claudia Sainte-Luce (Mex-Fr, 1h29) avec Ximena Ayala, Lisa Owen, Sonia Franco…

Christophe Chabert | Mardi 27 mai 2014

Les Drôles de poissons-chats

Vendeuse désabusée dans un supermarché, Claudia se réveille une nuit avec un terrible mal de ventre. Direction les urgences où on lui diagnostique une crise d’appendicite ; tandis qu’elle se remet de l’opération, elle va sympathiser avec sa voisine de chambre, Martha, quadragénaire entourée par ses quatre enfants. Le cancer qui la ronge n’entame pas sa joie de vivre et elle propose même à Claudia de venir passer quelques jours chez elle, où elle va peu à peu trouver sa place au milieu de ce sympathique chaos domestique. Il y a d’abord une petite appréhension face aux Drôles de poissons-chats : le récit d’apprentissage tragi-comique à hauteur d’enfant ou d’adolescent est devenu un poncif du world cinema d’auteur. Mais Claudia Sainte-Luce fait vite la différence grâce à une fine caractérisation de tous ses personnages, notamment les enfants de la tribu, possédant tous une personnalité singulière, créant ainsi des contrastes forts qui lui permettent de pimenter les situations les plus quotidiennes. La mise en scène, aidée par une très belle photo signée Agnès Godard, plus inspirée ici que pour les films de Claire Denis, parvient à capter l’énergie née de ce désordr

Continuer à lire

¡ Feliz cumpleaños, les Reflets !

ECRANS | L’air de rien, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola fêtent cette année leur trentième édition. Une endurance remarquable qui ne s’accompagne (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

¡ Feliz cumpleaños, les Reflets !

L’air de rien, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola fêtent cette année leur trentième édition. Une endurance remarquable qui ne s’accompagne d’aucun signe visible d’embourgeoisement. Au contraire : le festival affiche une santé insolente qui se traduit par une moisson de films très excitants. Ne reparlons pas de ceux que l’on a déjà défendus ici (Les Bruits de Recife, Gloria, Rêves d’or et Les Sorcières de Zugarramurdi, même si ce n’est pas le meilleur De La Iglesia) ; attardons-nous plutôt sur quelques inédits fort alléchants, comme cette jolie brochette espagnole qui réunit Martin Manuel Cuenca et son Cannibal, avec son tailleur assassin et amoureux, Enrique Urbizu et son th

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

ECRANS | Au terme de sa compétition, le festival du film court de Villeurbanne semble dessiner un boulevard pour le génial The Mass of men, qui a survolé la journée d’hier, malgré quelques belles révélations. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 23 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

Il y a des films qui, dans une compétition festivalière, ne font pas de prisonniers et écrasent tout sur leur passage. The Mass of men, chef-d’œuvre de Gabriel Gauchet dont on parlait ici, a déjà raflé des grands prix à tire-larigot, à Locarno, Grenoble, Grenade, etc. Le film n’a pourtant rien d’une bête à concours ; il représente juste ce que tout court-métrage devrait être : un regard sur le monde qui tient autant à la qualité d’une écriture, à la maîtrise de la direction d’acteurs et à des choix de mise en scène qui permettent au spectateur de vivre l’action mais aussi de la décoder et de la mettre en perspective. À l’aune de The Mass of men, les faiblesses de ses concurrents apparaissent criantes : tel cinéaste se regarde filmer, tel autre a un sujet, mais le décline scolairement à l’écran ; et celui-ci, qui n’a pas écrit des dialogues suffisamment pensés pour ses acteurs, et qui se retrouve à galérer pour les rendre cinématographiques… Qu’on soit clair, dans la compétition de Villeurbanne, si aucun f

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 1

ECRANS | À mi-parcours de sa compétition européenne, nos favoris au 34e festival du film court de Villeurbanne restent solidement en tête, malgré de jolies découvertes et un nouvel OVNI filmique de l’insaisissable Christophe Loizillon. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 22 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 1

Bon cru, annoncions-nous ici il y a quelques jours concernant la compétition européenne du festival du film court de Villeurbanne… Ça a tendance à se confirmer même si, après quatre programmes visionnés, il ne fait pas de doute que nos chouchous découverts dans d’autres festivals continuent tranquillement la course en tête : Avant que de tout perdre et L’Amour bègue — The Mass of men et Solitudes seront présentés aujourd’hui. Animations Commençons par ce qui fâche : on se demande, année après année, pourquoi le festival programme autant de films d’animations dans sa compétition. On n’a rien contre le genre en soi, mais il paraît évident que les films retenus ont l’air maigrichons face aux mastodontes de la fiction en prises de vue réelles. Exemple extrême : Snejinka (Flocon), dessin animé russe au-delà du naïf, avec son exotisme africain de pacotille façon sous-Kirikou. Ou enc

Continuer à lire

Le court des choses

ECRANS | La compétition du 34e festival du film court de Villeurbanne s’annonce passionnante, et plus que jamais ouverte sur le monde — et ses affres —, vu par des cinéastes en quête d’audace et d’efficacité. La preuve en quelques films majeurs. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 14 novembre 2013

Le court des choses

Depuis que le festival du film court de Villeurbanne a fusionné ses compétitions francophone et européenne, cette épine dorsale de sa programmation a trouvé une nouvelle ampleur. Ce qui frappe cependant pour cette 34e édition, c’est que les films eux-mêmes semblent traverser les frontières, et il n’est pas rare de voir un cinéaste français tourner en Angleterre ou en Afrique du Sud… Une mondialisation qui se retrouve aussi dans les sujets abordés, où l’immigration et les conséquences de la crise économique forment le background de nombreuses fictions. Cette façon de prendre le pouls d’une époque n’a vraiment rien d’inattendu et serait même anecdotique si les films ne cherchaient pas avant tout de nouvelles formes pour traiter leur sujet. C’est particulièrement frappant dans The Mass of men de Gabriel Gauchet, un véritable chef-d’œuvre qui fait déjà figure de favori pour le palmarès final. Gauchet met d’abord en scène un fait divers sanglant, un massacre au pistolet à clous dans un Pôle emploi britannique, qu’il regarde à travers les images froides des caméras de survei

Continuer à lire

Des Grecs et une Parmentier

ECRANS | C’est le début cette semaine de l’incontournable Festival du film court de Villeurbanne au Zola, qui s’annonce cette année comme un excellent cru. On dit ça (...)

Christophe Chabert | Mercredi 6 novembre 2013

Des Grecs et une Parmentier

C’est le début cette semaine de l’incontournable Festival du film court de Villeurbanne au Zola, qui s’annonce cette année comme un excellent cru. On dit ça car on a déjà jeté un œil à certains films de sa compétition européenne, et il y a de sacrés morceaux de cinéma là-dedans. On y reviendra en détail la semaine prochaine — le festival continue jusqu’au 24 novembre — mais il ne faudrait pas négliger les belles séances de cette semaine, à commencer par la carte blanche proposée à Julie-Marie Parmentier (vendredi 15 novembre à 21h), marraine et membre du jury de cette 34e édition, qui a fait de grands écarts de programmation, entre un court muet de Chaplin (Charlot boxeur) et un autre, absolument rarissime, de Takeshi Kitano, One fine day. Surtout, elle y a adjoint un court long métrage (64 minutes) de son amie Isild Le Besco, Demi-tarif. À l’époque, ce film hors norme et hors format avait trouvé un défenseur de choix en la personne du regretté Chris Marker, qui avait vu dans cette dérive de trois enfants livrés à eux-mêmes un souffle nouveau pour le cinéma français — confirmé par Le Besco ensuite dans ses deux a

Continuer à lire

Le court, mort ou vif

ECRANS | Pour sa 33e édition, l’excellent Festival du film court de Villeurbanne va faire, contre vents et marées, le panorama d’un genre en perpétuelle mutation et en pleine expansion. Avec déjà un gros coup de cœur dans sa compétition :«American Football»… Texte : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 11 novembre 2012

Le court, mort ou vif

L’an dernier, c’était le big bang du passage au numérique qui avait bousculé le festival du film court de Villeurbanne. Il avait donc assisté à un déluge de films pour sa présélection, sans pour autant voir la qualité moyenne augmenter — au contraire, foi de Laurent Hugues, vaillant directeur et membre du comité de sélection. On pouvait penser que cette révolution (solaire) passée, le festival allait retrouver son rythme de croisière et profiter de l’aubaine nouvelle née d’une technologie qui a quand même beaucoup d’avantages (à commencer par une plus simple "circulation" des copies, et une facilité pour sous-titrer les œuvres non francophones). Patatras ! Voilà qu’à l’âge du Christ au tombeau, la manifestation, comme beaucoup d’autres festivals de cinéma rhodaniens, se retrouve amputée de sa subvention allouée par le Conseil Général. La vie n’est décidément pas un long fleuve tranquille pour Villeurbanne, mais plutôt que de jouer les veuves siciliennes, le festival a décidé d’aller de l’avant en fusionnant une fois pour toutes ses deux compétitions, francophones et européennes, donnant naissance à six programmes mélangeant les films indifféremment de leur provenance géo

Continuer à lire

«Un piédestal pour les acteurs»

ECRANS | Rencontre avec Morgan Simon, auteur et réalisateur d’"American football", un premier court d’une grande maîtrise et d’une belle intelligence qui renouvelle habilement le genre classique du "boy meets girl" à la française. Tourné à Lyon, le film a l’honneur de faire l’ouverture et d’être en compétition au festival. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 9 novembre 2012

«Un piédestal pour les acteurs»

American football est votre premier court…Morgan Simon : Pas tout à fait. C’est le premier avec un vrai budget. J’ai fait la FEMIS à Paris, en section scénario, j’ai tourné des films avec l’école et à côté, dans toutes sortes de formats. Disons que c’est le premier court professionnel. Le film est un boy meets girl classique mais inscrit dans un milieu inédit, celui du hardcore, avec des personnages très originaux… Qu’est-ce qui est venu en premier ?J’écoutais beaucoup ce genre de musique, bien avant de m’intéresser au cinéma, et j’ai eu envie d’en parler, de la fascination pour ce milieu, pour les tatouages. Le film était censé mélanger un côté très cinéma français et un côté plus film indépendant américain, de part ce milieu décalé. Le scénario n’était pas centré sur l’histoire d’amour au début, mais le personnage de la fille est devenu de plus en plus important ; j’ai fait le choix d’aller dans cette direction. Je trouvais intéressant de parler de ce milieu par le biais de la comédie sentimentale, plutôt que de faire un film frontal sur le sujet. On pense

Continuer à lire

Digitalisation en courts

CONNAITRE | La révolution numérique a touché Le Zola et le Festival du film court de Villeurbanne ! Conséquence : une explosion du nombre de films présentés en présélection… Reste à savoir si la qualité de la compétition suivra, mais les à-côtés du festival sont d’ores et déjà impeccables. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Mercredi 9 novembre 2011

Digitalisation en courts

Annoncée depuis des années, accélérée par la conversion des salles à la projection numérique, le Festival du film court de Villeurbanne va vivre, pour sa 32e édition, sa révolution numérique. Car jusqu’ici seuls les films possédant une copie 35 mm avaient le droit de concourir au sein de la compétition française et francophone. La première conséquence a été l’inflation considérable du nombre d’œuvres présentées au comité de sélection : 800 au lieu des 400 des éditions précédentes. Laurent Hugues, directeur du festival, avait eu beau tenter d’endiguer cette explosion en la limitant aux supports vidéos professionnels et aux films possédant une société de production, rien n’y a fait : la démocratisation numérique et l’auto-entreprise permettent à beaucoup d’amateurs de s’improviser cinéastes. Au final, ce même Laurent Hugues nous avouait que la physionomie de la compétition n’allait pas être affectée par ce boum ; les critères du comité tablent toujours sur l’originalité du regard et de la proposition cinématographique, qui n’a rien à voir avec les conditions de production. Comme un symbole, le gagnant du Grand Prix 2010, Aurélien Vernhes-Lermusiaux, revient en compétition en 2011

Continuer à lire

De l’amour (propre)

ECRANS | Bilan du 31e festival du film court de Villeurbanne : pas de véritable choc dans la compétition française, mais quelques films réussis qui dessinaient de beaux univers d’auteurs, sur la forme ou sur le fond. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 29 novembre 2010

De l’amour (propre)

Bilan / Avant le début du festival du film court de Villeurbanne, Laurent Hugues, son directeur, parlait d’une compétition française «hétérogène dans sa forme» : il n’avait pas tort, tant les films se ressemblaient peu entre eux. À leur meilleur, les films offraient des propositions qui, sans être foncièrement originales, témoignaient d’une maîtrise du récit ou de la mise en scène qui les plaçaient bien au-deçà d’un coup d’essai. Ainsi de "Ya basta !" de Gustave Kervern et Sébastien Rost (Prix du public), une réjouissante comédie rentre-dedans sur des handicapés qui utilisent leurs «talents» pour commettre un casse. Moins expérimental que les réalisations de Kervern dans le long, le film tient toutefois son objectif : faire rire sans se poser des questions de morale, les remplaçant par un humanisme cru façon frères Farelly. Autre beau film du festival, "Petit tailleur" de Louis Garrel (Prix Petit Bulletin) se lit comme une transposition fictionnelle de la situation de son auteur. L’hésitation d’Arthur entre son travail de tailleur et sa rencontre avec Marie-Julie, actrice caractérielle, est aussi celle de Garrel, entre son statut de cinéaste héritier d’un cinéma très français (l

Continuer à lire

Courts d’ici

ECRANS | Local / Chaque année, le festival du film court de Villeurbanne laisse une place aux films tournés dans la région par de jeunes cinéastes. Si cette production (...)

Christophe Chabert | Jeudi 11 novembre 2010

Courts d’ici

Local / Chaque année, le festival du film court de Villeurbanne laisse une place aux films tournés dans la région par de jeunes cinéastes. Si cette production s’infiltre pour cette édition dans la compétition française et francophone avec trois films sélectionnés, Le Court en Rhône-Alpes se charge d’accueillir les recalés ou les films ne disposant pas d’une copie 35mm. C’est le cas notamment du très prometteur "Onze repas" de Louise Hémon, qui a lui seul justifie que l’on aille jeter un œil au programme. Cette jeune réalisatrice est partie d’une douloureuse anecdote autobiographique : le suicide d’une de ses amies anorexiques. La réussite de "Onze repas" tient cependant à ce qu’Hémon n’a pas cherché à en faire un film à sujet, mais à inventer une écriture cinématographique originale et pertinente pour représenter le drame vécu par cette post-adolescente, incarnée à l’écran de manière très convaincante et par Thiodilde Fernagu. Au-delà des séquences quotidiennes, Hémon filme les cérémoniaux qui remplacent les repas, le moment où seule avec elle-même, le personnage se transforme en une masse d’énergie vitale, d’angoisses et de rêveries que la cinéaste saisit comme un corps libre,

Continuer à lire

Brèves histoires d’amour

ECRANS | Cinéma / 31 ans à proposer le meilleur de la production française et européenne en matière de court-métrage, cela relève de l’amour. Rien d’étonnant à ce que cela devienne le slogan et le thème du festival du film court de Villeurbanne, dont l’intégrité et la qualité ne seront pas démenties en 2010. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 11 novembre 2010

Brèves histoires d’amour

La facilité pousserait à dire qu’un festival de court-métrage est un reflet des tendances et des réalités de la production ; trop simple, cependant. Car un festival se construit aussi en réaction aux scories les plus voyants et aux modes les plus apparentes qui envahissent le genre. Un rapide coup d’œil dans le rétro des dix dernières éditions du festival du film court de Villeurbanne en témoigne : quand les cinéastes s’intéressaient au réalisme social, Villeurbanne tentait des embardées vers le cinéma de genre ; quand les comédies occupaient l’espace au prix d’une certaine médiocrité d’écriture et de mise en scène, le festival faisait le choix de l’austérité et de l’audace formelle ; lorsqu’à l’inverse cette austérité a viré pontifiante, la programmation a ouvert ses portes à des films ludiques, drôles et légers. On en était resté là l’an dernier, et même si le Grand prix (commun, rappelons-le pour la frime, avec le prix attribué par nos lecteurs) attribué à "Corpus / Corpus" n’était pas exactement un parangon de gaudriole, les diverses compétitions avaient été marquées par un retour à des œuvres moins radicales (exemplairement, "Logorama", l’autre grand gagnant de 2009, a fait

Continuer à lire

«Une compétition hétérogène»

ECRANS | Entretien / Laurent Hugues, directeur du festival du film court de Villeurbanne. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Jeudi 11 novembre 2010

«Une compétition hétérogène»

Petit Bulletin : La compétition française et francophone s’annonce relevée cette année…Laurent Hugues : Oui, mais c’est assez hétérogène dans la forme. Par exemple, d’un côté, le dernier Hendrick Dussolier, "Babel", qui est une vision très esthétique de la Chine entre son urbanité et sa ruralité ; de l’autre, "Petit tailleur" de Louis Garrel, qui est ce qu’on a trouvé de plus maîtrisé, de mieux écrit dans le court métrage. Il y a aussi "Ya basta" de Kervern, qui a déjà fait du long, et qui est une bonne synthèse de ce qui peut amener le public au court. Ça dure dix minutes, c’est équilibré, il raconte une bonne histoire avec des personnages qui existent. Ne sort-on pas de l’image du court comme un coup d’essai ?Le film de Garrel n’est pas un coup d’essai ; beaucoup de longs français sont moins bien produits, moins bien montés que ce court-là. Mais il y a aussi un type comme Jean-Gabriel Périot, qui n’est pas très connu car il vient plutôt d’un réseau alternatif. Il revient avec un film qui s’intitule "Les Barbares" : c’est une succession d’images des grands de ce monde pris dans des photos o

Continuer à lire

Le court au corps

ECRANS | Festival / Christophe Loizillon et son film 'Corpus / Corpus' sont les grands vainqueurs du 30e festival du film court de Villeurbanne au sein d’une compétition inégale, avec néanmoins quelques très bonnes surprises. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 22 novembre 2009

Le court au corps

La double récompense (Grand prix du jury et Prix des lecteurs du Petit Bulletin) obtenue par Christophe Loizillon au 30e festival du film court de Villeurbanne est réjouissante. Elle couronne un auteur discret au parcours atypique : on l’avait découvert avec une série de courts entre fiction et documentaire, puis un premier long formidable (Le Silence de Rak, avec François Cluzet), et un second qui connut un grave échec public (Ma caméra et moi). Loizillon revient donc au format court avec Corpus / Corpus, qui interroge les rapports de l’homme à l’homme à travers une série de plans-séquences où les corps n’ont pas de visage. Une pédicure et un homme âgé, une prostituée et son client, une psy et sa patiente, un bébé et un pédiatre, un cadavre et un thanatopracteur : qu’est-ce qui passe dans ces relations ? Les fluides corporels et les sécrétions, mais aussi, hors champ, l’argent, grand fantôme de ces rapports humains. Le soir du palmarès, Loizillon annonça que ce film très fort était le premier d’un triptyque dont on pourra voir le deuxième volet samedi 28 novembre au Comœdia dans le cadre du festival Docencourts. On en reparle, donc… Pétrole contre blockbus

Continuer à lire

Repères

CONNAITRE | Ils ont été primés à Villeurbanne…

Christophe Chabert | Vendredi 6 novembre 2009

Repères

Erick Zonca : en 1994, le futur réalisateur de 'La Vie rêvée des anges' fait un carton dans le court métrage. À Villeurbanne, 'Éternelles' remporte le Prix France 3 Rhône-Alpes en 1994. Samuel Benchétrit : avec 'Nouvelles de la Tour L.', l’écrivain-cinéaste remportait en 2000 le Prix TLM. Fiona Gordon et Dominique Abel : la même année, les auteurs belges de 'Rumba' reçoivent le prix TPS Cinéstar avec 'Walking on the wild side'. François Favrat : son deuxième long, 'La Sainte-Victoire', sera en décembre sur les écrans. En 2001, il reçoit le Prix Fuji de la première œuvre pour 'Mon meilleur amour'. Matthias Gokalp : 'Rien de personnel', son premier long métrage, est sorti en septembre. En 2004, il avait obtenu le Prix de la liberté avec le très fort 'Le Droit Chemin'.

Continuer à lire

Séances tenantes

CONNAITRE | Événements / Le festival du film court de Villeurbanne a choisi comme parrain de son trentième anniversaire une personnalité exceptionnelle du cinéma français : (...)

Christophe Chabert | Vendredi 6 novembre 2009

Séances tenantes

Événements / Le festival du film court de Villeurbanne a choisi comme parrain de son trentième anniversaire une personnalité exceptionnelle du cinéma français : Jean-François Stévenin, à qui a été confiée la traditionnelle carte blanche qui inaugure la manifestation (le vendredi 13 novembre). Celle-ci fera figure de rétrospective de sa carrière dans le court métrage. Car si Stévenin a traversé le cinéma, de Truffaut à Godard, de Richet à Salvadori, et s’il en a écrit une des pages les plus libres (les trois films qu’il a réalisés, tous trois magnifiques), il a aussi régulièrement fait des incartades dans le format court. Et comme Stévenin a l’esprit de famille, il a voulu que le dernier film de cette soirée soit celui réalisé par sa fille Salomé. Le festival poursuit par ailleurs son ancrage local avec un nouveau programme du Court en Rhône-Alpes, qui se met au diapason de cette édition anniversaire : il proposera donc un survol de trente années de création régionale. Cette sélection n’a pas à rougir face à la Longue nuit du film court, puisqu’on y verra les premiers pas de Jacques-Rémy Girerd (réalisateur de La Prophétie des grenouilles et Mia et le Migou), Christian

Continuer à lire

Une longue histoire du film court

CONNAITRE | Cinéma / Pour ses trente ans, le festival du film court de Villeurbanne se tourne vers son passé et fait le bilan en films de trois décennies de court métrage. Mais par-delà cet anniversaire, les compétitions de 2009 affirment avec force la vitalité du genre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 5 novembre 2009

Une longue histoire du film court

À trente ans, certains ont le vague à l’âme, une pointe de nostalgie et un peu d’angoisse. Pas le festival du film court de Villeurbanne, ni son directeur Laurent Hugues. En confectionnant la trentième édition de cette manifestation-clé dans l’actualité cinématographique locale, il a entrepris un vaste travail de mémoire, en revoyant les films distingués lors des palmarès précédents, afin de confectionner ce qui représente la grande soirée anniversaire du festival : une longue nuit du film court où seront projetés 28 films primés à Villeurbanne toutes éditions confondues. Toute une époque !Le choix était vaste (224 films ont obtenu un prix, sans compter les mentions spéciales !), et le résultat, riche en œuvres majeures ou en films cultes, permet à cette rétrospective de faire le bilan de trente ans de courts métrages. «Le début de la compétition correspond à un âge d’or du court français», explique Laurent Hugues. «On trouve des réalisateurs comme Eric Rochant, Matthieu Kassovitz, Pierre Salvadori, Jean-Pierre Jeunet ou Cédric Klapisch. Mais plus intéressant que cet empilement de noms, ce sont les films eux-mêmes. En les revoyant au printemps, je me suis aperçu que

Continuer à lire

Courts mais très bons

ECRANS | Le palmarès du Festival du film court de Villeurbanne a conclu avec panache une édition de très bonne tenue, couronnée par un réel engouement du public. CC

Christophe Chabert | Dimanche 23 novembre 2008

Courts mais très bons

Étonnant contraste. Pendant qu’on se farcissait au kilo des longs-métrages français déprimants de nullité, le festival du film court de Villeurbanne nous régalait par l’inventivité des films qui y étaient présentés. Cette édition 2008 est donc un succès artistique, mais aussi public, et augure bien du trentième anniversaire du festival. Après deux années assez ternes et un cru 2007 en forme de cure d’austérité nécessaire, la compétition française et francophone a affiché une insolente santé. Le jury, impeccable, a acté cette bonne nouvelle en décernant son Grand prix à une comédie, La Monique de Joseph, signée du Belge Damien Chemin. L’argument ? Un cultivateur de patates voit sa femme se transformer en biche. Pas d’explication et surtout pas de drame face à cette métamorphose, mais une prise de conscience tardive ; l’amour au sein de ce couple, éteint par la routine, était en fait toujours là, et le film orchestre cette renaissance de la plus drôle et émouvante des façons. Paradis retrouvéLe Prix de la meilleure réalisation est allé à l’autre grande surprise de la compétition : Les Paradis perdus d’Hélier Cisterne. Surprise est le mot qui convient le mieux à cette œuv

Continuer à lire

«D’excellents films avant tout !»

ECRANS | Entretien / Laurent Hugues, directeur du Festival du film court de Villeurbanne. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Vendredi 7 novembre 2008

«D’excellents films avant tout !»

Petit Bulletin : Le cinéma d’animation prend une place importante dans les sélections du festival, et plus seulement dans la compétition 2D/3D…Laurent Hugues : Les films d’animation de la compétition française sont narrativement et politiquement très différents. Un film comme Le Cœur d’Amos Klein parle de l’homme à l’origine du mur entre Israël et la Palestine, par exemple. Il y en a un autre sur Ingrid Bergman et Roberto Rossellini, sur un registre plus cinéphile. Certains films misent ouvertement sur leur casting…Oui, mais les cas sont là encore différents. Un court comme Madame avec Nicole Garcia, qui parle d’une femme de députée qui perd la mémoire et se rend compte qu’elle n’a pas vraiment d’existence, est vraiment porté par le personnage autant que par l’actrice. Faits divers, où l’on retrouve Pierre Richard, Michael Lonsdale, Léa Drucker ou Malik Zidi, est en revanche une carte de visite assumée pour passer au long-métrage. Mais ce sont avant tout deux excellents films !  Est-ce que le désengagement de l’État dans la culture affecte le festival ?Nous

Continuer à lire

Flashback

ECRANS | Quelques Grands Prix du festival ces dix dernières années, dont les cinéastes ont depuis passé le cap du long-métrage.

Christophe Chabert | Vendredi 7 novembre 2008

Flashback

1999 : Un Petit air de fête d’Éric Guirado.De ce court unanimement acclamé, il tirera un long-métrage (Quand tu descendras du ciel) avant de s’imposer l’an dernier avec le contestable Fils de l’épicier. 2001 : Tous à table d’Ursula MeierLa cinéaste suisse vient de réaliser Home, avec Isabelle Huppert et Olivier Gourmet, toujours à l’affiche sur les écrans. 2002 : Peau de Vache de Gérald Hustache-MathieuVéritable star du court-métrage français grâce à Peau de Vache et à La Chatte andalouse, il passe au long en 2006 avec le décevant Avril. 2004 : Cousines de Lyès SalemLe 10 décembre prochain sortira sur les écrans le premier long-métrage de Lyès Salem, Mascarades.

Continuer à lire

Demandez les programmes !

ECRANS | Hors compétition / Comme chaque année, le festival propose en dehors de ses trois compétitions une flopée de séances illustrant la diversité, ancienne ou récente, (...)

Christophe Chabert | Vendredi 7 novembre 2008

Demandez les programmes !

Hors compétition / Comme chaque année, le festival propose en dehors de ses trois compétitions une flopée de séances illustrant la diversité, ancienne ou récente, du court-métrage. Événement incontournable de la manifestation, la Longue nuit a certainement pris acte des réserves faites à la sélection austère et pas franchement hilarante de l’an dernier. Du coup, en avant pour plus de 6 heures de comédies avec notamment quelques perles rares signées par des cinéastes qui se sont depuis fait un nom : J’aime beaucoup ce que vous faites de Xavier Giannolli (avant qu’il ne fasse des dissertations sur les chanteurs de bal et le karaoké avec Depardieu), la Lettre de Michel Gondry (beau témoignage d’un imaginaire en pleine germination), ou le très culte Omnibus de Sam Karmann. Sans oublier Le Mozart des Pickpockets de Philippe Pollet-Villard, le dernier hit du court français, césarisé et oscarisé en 2008, et effectivement assez réjouissant. Autre joli programme, celui monté par le GRAC à partir de films primés lors des précédentes éditions du festival et de celles d’Atout Courts à Décines. Baptisé Prix de courts, il per

Continuer à lire

Le court en résistance

ECRANS | Cinéma / Sur fond de crise des festivals de cinéma, la 29e édition du Festival du film court de Villeurbanne tient bon la barre, attentive aux bouleversements du genre, désireuse de montrer de vrais films à ses spectateurs. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 7 novembre 2008

Le court en résistance

En regardant quelques films sélectionnés dans les compétitions françaises et européennes du Festival du film court de Villeurbanne, on s’est dit que par-delà l’appréciation critique qu’on pouvait porter sur eux, une évidence s’imposait : ces films ont vraiment leur place sur un grand écran. Autrement dit, il y a là quelque chose de l’ordre du spectacle, pas au sens hollywoodien du terme (quoique…), mais dans le plaisir de fabriquer une histoire, de diriger de bons acteurs, de mettre en route des dispositifs intellectuellement ou visuellement stimulants… Bon signe donc quant à la réussite artistique de cette édition. Et le slogan affiché par le festival «Ouvrez les yeux, soyez curieux» fait figure de supplique au spectateur : «Passez les portes du Zola, on s’occupe du reste !» Pendant la crise, le renouveau continueCar le festival a subi l’an dernier un revers de fréquentation. Explications conjoncturelles avancées par Laurent Hugues, directeur de la manifestation : le blocage des universités qui a poussé les étudiants à faire de la politique (ou à rentrer dans leurs contrées familiales !) plutôt que d’aller voir du court-métrage à Villeurbanne. Pro

Continuer à lire