Alleluia

ECRANS | Fabrice Du Welz passe au tamis du surréalisme belge "Les Tueurs de la lune de miel" pour une version qui, malgré ses embardées baroques, son humour très noir et un Laurent Lucas absolument génial, reste proche de son modèle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Photo : ® Panique s.p.r.l - Radar Films - Savage Film - Kris Dewitte


Météore cinématographique, Les Tueurs de la lune de miel appartient à cette catégorie de films dont le souvenir se grave à vie dans l'esprit de ceux qui le voient. Leonard Kastle, musicien contemporain qui signait là sa seule réalisation pour le cinéma, s'emparait d'un fait divers tragique — un couple d'amants meurtriers recrutait des veuves par petites annonces, avant de les assassiner sauvagement une fois le mariage célébré — pour en faire une œuvre au romantisme paradoxal, entre amour fou et amour virant à la folie.

S'attaquer au remake d'un tel monument tient de la gageure, mais Fabrice Du Welz, qui a démontré dans Calvaire et le mésestimé Vinyan qu'il savait digérer ses influences cinéphiles pour en faire des films hautement personnels, a relevé le défi. Transposant l'histoire aujourd'hui dans les Ardennes, remplaçant les petites annonces par des sites de rencontres en ligne, il injecte surtout à la dramaturgie de Kastle ce qui fait sa patte : un goût pour le surréalisme belge, les apartés baroques et un humour particulièrement macabre.

Sur-réalisme

Il fait ainsi de son dragueur en série un homme à la sexualité fétichiste pratiquant des rituels de magie noire, et de l'infirmière jalouse une névrosée tiraillée entre l'envie de se mettre au service de son homme ou de le garder pour elle seule. Ces tarés, qui trouvent justement leur équilibre dans leur dinguerie respective, Du Welz les met en scène comme des créatures échappées d'un autre monde fait de vieux films en noir et blanc et de bûchers ardents où leur amour est célébré comme une cérémonie païenne. Alleluia tire profit de ce grand écart entre réalisme glauque — le grain énorme de la pellicule, les décors désespérants de quotidienneté triste — et envolées fantaisistes, osant même, le premier meurtre accompli, une parenthèse chantée avant découpe du cadavre !

Héritier avoué d'un André Delvaux, Du Welz manie avec talent la provocation et le malaise, épaulé par un Laurent Lucas retrouvé, aussi séduisant que flippant en vieux beau incapable de dominer ses pulsions. Le film, toutefois, peine à s'écarter de son écrasant modèle sinon par ce jeu de parenthèses et de digressions, plus variation stylisée que véritable réappropriation. Mais il confirme l'univers singulier d'un auteur vraiment passionnant.

Alleluia
De Fabrice Du Welz (Belg-Fr, 1h30) avec Laurent Lucas, Lola Dueñas…


Alleluia

De Fabrice Du Welz (Fr-Belg, 1h30) avec Laurent Lucas, Lola Dueñas...

De Fabrice Du Welz (Fr-Belg, 1h30) avec Laurent Lucas, Lola Dueñas...

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Lorsque Gloria accepte de rencontrer Michel, contacté par petite annonce, rien ne laisse présager la passion destructrice et meurtrière qui naîtra de leur amour fou...


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Fabrice du Welz : « ma trilogie a trouvé une forme de cohérence »

Adoration | Dernière pierre ajoutée à son édifice ardennais, Adoration est le plus sauvage et solaire des éléments de la trilogie de Fabrice du Welz. Avant de s’attaquer à son nouveau projet, Inexorable, le fidèle d’Hallucinations Collectives livre quelques “adorables“ secrets…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Fabrice du Welz : « ma trilogie a trouvé une forme de cohérence »

Il vous a fallu une quinzaine d’année pour mener à son terme votre “trilogie ardennaise”. De Calvaire à Adoration, en passant par Alleluia, on peut à présent voir un double mouvement s’y dessiner : d’une part un rajeunissement progressif des protagonistes (vous commenciez dans un EHPAD pour finir avec des adolescents), de l’autre leur féminisation… Fabrice du Welz : Au départ, ce n’était pas prévu pour être une trilogie. C’est après Alleluia que je me suis un peu laissé prendre au jeu quand on m’a parlé des correspondances existant entre ce film et Calvaire. Et il est vrai qu’il y avait comme une sorte de mouvement ou de recherche vers une figure féminine, qui éclate ici avec le personnage de Gloria. Maintenant je me rends compte que je suis resté assez fidèle à un certain décor des Ardennes, mais aussi à des noms, comme Gloria ou Bartel — souvent, quand je commence un nouveau projet, je me raccroche à eux. Aujourd’hui, la trilogie trouve avec ce film une form

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Ardennes que pourra : "Adoration"

Le Film de la Semaine | « Mes jeunes années (…) / Courent dans les sentiers / Pleins d'oiseaux et de fleurs » chantait Charles Trenet. À ce tableau pastoral, Fabrice Du Welz ajoute sa touche d’intranquillité et de dérangement faisant d’une fuite enfantine une course éperdue contre (ou vers) l’âge adulte.

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Ardennes que pourra :

Adolescent d’une petite dizaine d’années, Paul vit dans l’enceinte d’un hôpital psychiatrique où sa mère travaille. Lorsque Gloria, jeune patiente de son âge est internée, Paul éprouve pour elle une fascination intense. Un acte irréversible va lier leurs destins et les entraîner dans une cavale folle… Retour aux fondamentaux pour Fabrice Du Welz, que sa parenthèse — ou la tentation ? — hollywoodienne avait sinon dispersé, du moins un peu dérouté de sa ligne originelle. Ultime volet de sa “trilogie ardennaise”, Adoration n’en est certes pas le moins sauvage ni le moins exempt de mystères non élucidés, mais il semble convertir en lumière pure la vitalité débordante de ses protagonistes. Et même s’autoriser, suprême audace, une espérance dans une conclusion en forme d’épiphanie. Le cadre lui-même s’avère propice puisque la nature dans laquelle se dissolvent ses fugitifs déborde de vie, de bienfaits estivaux ou de rencontres favorables ; quand aux poursuivants, ils demeurent à l’état de silhouettes — rien à voir avec La Nuit du chasseur !

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Le doute à l’ombre : "Une intime conviction"

Procès | De Antoine Raimbault (Fr, 1h50) Avec Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas…

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Le doute à l’ombre :

Accusé d’avoir tué sa femme, Jacques Viguier se terre dans un mutisme coupable. Nora le croit si viscéralement innocent qu’elle convainc Me Dupond-Moretti de le défendre, se dévouant sans relâche pour trouver des preuves le disculpant, au risque de polluer la procédure par son action… Il est peu fréquent sous nos latitudes de voir une affaire judiciaire aussi promptement adaptée sur les écrans français, et ce en conservant les noms des protagonistes. Le fait que le réalisateur ait été proche du dossier n’y est pas étranger, mais ne doit rien enlever aux mérites de ce qui constitue son premier long-métrage. Un film de procédure et de prétoire répond en effet à un strict protocole : il se doit de reproduire la théâtralité de la liturgie judiciaire tout en intégrant son jargon et ses pesanteurs — qui en amenuisent sérieusement la dramaturgie. Raimbault use d’un “truc“ pour dynamiser son film : l’invention de Nora, investigatrice parallèle, agissant comme les auxiliaires de la défense dans le monde anglo-saxon. Son action sur la narration (et globalement positive sur le verdict) repo

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"Message from the King" : et ma sœur ?

ECRANS | de Fabrice Du Welz (G-B-Fr-Bel, int. -12 ans avec avert., 1h42) avec Chadwick Boseman, Luke Evans, Teresa Palmer…

Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

Parti du Cap, Jacob King atterrit en urgence à Los Angeles. Il a sept jours et 600 $ pour retrouver sa sœur Bianca, mystérieusement disparue. Très vite, il découvre son corps à la morgue mais aussi qu’un réseau de dealers, un producteur pédophile et un dentiste vénal sont liés à sa mort… Il a dû se faire plaisir, Fabrice Du Welz, en tournant ce film aux faux-airs de blaxploitation, où les bas-fonds crasseux du New York des années 1970 sont troqués contre un L.A. contemporain, alliant visage sinistre et indécente opulence. En bon disciple du cinéma de genre, il respecte le cahier des charges, en réunissant une cohorte d’affreux aussi patibulaires que pervers, une donzelle en danger, dont le sauvetage assurera la rédemption du héros — qui a forcément un carnaval de choses à se reprocher, de l’abandon de sa sœur aux avoinées qu’il distribue. Jacob King a en outre des accents eastwoodiens, marquant physiquement les coups qui lui sont prodigués. On pourrait croire à un pur film d’action et d’ambiance, misant davantage sur l’efficacité que sur l’invent

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10 Hallus Cinés

ECRANS | Dix bougies soufflées et 1000 univers à dévorer ! Point de ralliement pour tous les cinéphiles déviants, Hallucinations collectives rouvre les portes de sa (...)

Julien Homère | Mardi 4 avril 2017

10 Hallus Cinés

Dix bougies soufflées et 1000 univers à dévorer ! Point de ralliement pour tous les cinéphiles déviants, Hallucinations collectives rouvre les portes de sa “Chambre des Merveilles” regorgeant de nouveautés aussi folles que drôles, tantôt connues, tantôt oubliées. Digne d’une chasse aux œufs punk, la soirée d’anniversaire régalera ses invités d’une ribambelle de court-métrages, clips et bandes-annonces inédits, en passant par la projection d’un film secret en avant-première mondiale. En plus d’accueillir Fabrice Du Welz, pont à lui seul de la Belgique aux États-Unis avec son Message from the King en avant-première, attardons-nous un instant sur deux films qui résument le sens de cette manifestation, antinomiques sur la forme mais oniriques dans le cœur : Soy Cuba de Mikhaïl Kalatozov et Litan de Jean-Pierre Mocky. Redécouvert dans les années 1990, le pre

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Hallucinations Collectives se dévoile

Festival | Oyez ! Oyez ! Hallucinations collectives dévoile sa 10ème programmation avec des infos juteuses… pour ne pas dire saignantes ! Sévissant du 11 au 17 avril, le festival accueillera des invités de choix et des avant-premières à la pointe de l’actualité pour le plus grand plaisir de tous les cinéphiles déviants.

Julien Homère | Vendredi 24 mars 2017

Hallucinations Collectives se dévoile

Notons la présence du phénomène Get Out de Jordan Peele, petit thriller terrifiant qui ravage le box-office US au point de rallier William Friedkin lui-même à sa cause. Le culte Fabrice Du Welz viendra présenter son polar énervé Message from the King, avec l’étoile montante Chadwick Boseman. La France aura pour représentant Xavier Gens pour la séance d’Hitcher de Robert Harmon, série B jouissive avec Rutger Hauer. Il n’y a pas qu’au rayon des exclusivités que l’association Zone Bis a marqué le coup pour cette édition anniversaire. En plus d’offrir une soirée commémorative le vendredi et une nuit Hallucinations auditives avec Joe La Noïze & Ta Gueule, le cinéma Comœdia verra s’imprimer sur ses toiles plusieurs classiques oubliés tels qu’Opéra de Dario Argento,

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Les Ogres

ECRANS | Léa Fehner tend le barnum de son deuxième long-métrage au-dessus du charivari d’une histoire familiale où les rires se mêlent aux larmes, les sentiments fardés aux passions absolues… Qu’importe, le spectacle continue !

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Les Ogres

Surprenant de voracité, le titre ne ment pas : Les Ogres est bien un film-monstre. Car pour évoquer de manière lucide le quotidien d’une troupe tirant le diable par la queue, confondant la scène et la vraie vie, l’enfant de la balle — voire, enfant de troupe — Léa Fehner n’aurait pu faire moins que cette chronique extravagante, profuse, débordante de vie. D’une durée excessive, et cependant nécessaire, cette œuvre vrac et foutraque rend compte du miracle sans cesse renouvelé d’un spectacle, né d’un effarant chaos en coulisses, produit par la fusion d’une somme d’individus rivaux soumis à leurs démons, leurs passions et jalousies. Quel cirque ! Ogres, ces saltimbanques le sont tous à des degrés divers, se nourrissant réciproquement et sans vergogne de leur énergie vitale — à commencer par le propre père de la cinéaste. Chef de bande tout à la fois charismatique et pathétique, odieux et investi dans le fonctionnement de la compagnie qu’il dirige en pote-despote, il tiendrait même de Cronos, dévorant ses enfants comme le Titan mythologique. Si Léa Fehner a su dépeindre les relations complexes se nouant au sein de ce groupe d’artistes cabossé

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Cannes 2014, jours 9 et 10. La fin — enfin !

ECRANS | Jimmy’s hall de Ken Loach. Alleluia de Fabrice Du Welz. Whiplash de Damien Chazelle. Sils Maria d’Olivier Assayas. Leviathan d’Andrei Zviaguintsev.

Christophe Chabert | Samedi 24 mai 2014

Cannes 2014, jours 9 et 10. La fin — enfin !

Il faut savoir arrêter une guerre, dit-on. Un festival de cinéma aussi, avec comme bilan chiffré 32 films vus (plus trois vus avant d’y aller), et quelques blessés légers — après une telle foire, on se dit chaque année qu’on ne nous y reprendra plus. Et, quand on relit ce qu’on a écrit à chaud, on se lamente de notre propre médiocrité en se répétant obstinément que ce métier est aussi vain que stupide — peut-être la conséquence de cette arrogance insupportable qui règne à Cannes, où personne ne salue les gens qui travaillent à faire vivre le festival, mais où tout le monde saute au cou du premier imbécile friqué venu.   Il faut savoir arrêter une guerre. Oui, mais après, comment fait-on pour réconcilier les combattants ? C’est la question posée par Ken Loach dans son dernier film, Jimmy’s Hall — son dernier, disait-il avant de le présenter, mais ça avait l’air moins clair lors de la conférence de presse. Ce n’est pas une suite au Vent se lève, mais un prolongement, ce moment où, la guerre terminée, la nation irlandaise, divisée par des crimes fratricides, doit réapprendre à vivre ensemble et reformer une communauté. Sujet fordie

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La Pièce manquante

ECRANS | De Nicolas Birkenstock (Fr, 1h25) avec Philippe Torreton, Lola Dueñas…

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

La Pièce manquante

André découvre un matin que sa femme Paula est partie, le laissant seul avec ses deux enfants. Ils décident ensemble de cacher la chose au reste de la famille mais aussi à la petite communauté rurale dans laquelle ils vivent. Raconté comme ça, l’argument de La Pièce manquante ressemble à un prototype de téléfilm France Télévisions. À l’écran, c’est exactement ce que l’on voit : une enfilade de scènes attendues, dialoguées comme du Plus belle la vie et filmées sans la moindre audace. La platitude généralisée du résultat, où tout le monde semble s’appliquer consciencieusement à ne jamais sortir de ce psychodrame étriqué farci de silences et de mines déconfites, où l’on ne nous épargne aucun cliché du genre — le premier flirt de l’adolescente, qui fait du trampoline comme sa mère avant elle — et où la moindre tentative de romanesque retombe comme un soufflé — l’enquête du détective, pas crédible pour un rond — tient du mystère absolu. Mystérieuse aussi, la carrière de Philippe Torreton : comment peut-il être aussi ambitieux dans ses choix théâtraux et aussi mal avisé lorsqu’il tourne pour le cinéma ? Christophe Chabert

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Les pères de Vynian

ECRANS | Analyse / «Il y a dans Vynian trois références conscientes : Les Révoltés de l’an 2000, Ne vous retournez pas et Chromosome 3». C’est le réalisateur Fabrice (...)

Christophe Chabert | Mercredi 24 septembre 2008

Les pères de Vynian

Analyse / «Il y a dans Vynian trois références conscientes : Les Révoltés de l’an 2000, Ne vous retournez pas et Chromosome 3». C’est le réalisateur Fabrice Du Welz qui le dit, alors au boulot (en sa compagnie) pour décrypter ses trois films majeurs. Les Révoltés de l’an 2000 de Narcisso Ibañez Serrador«Je suis parti des Révoltés de l’an 2000, mais je crois qu’à l’arrivée, on en est loin…». Figure révérée du cinéma espagnol grâce à son film d’épouvante La Résidence en 1969, Serrador tourne son deuxième (et dernier à ce jour) long pour le cinéma en 1976 : ¿ Quien puede matar a un niño ? (Qui peut tuer un enfant ?, stupidement traduit par Les Révoltés de l’an 2000). Un couple d’Anglais part en vacances sur une île espagnole et découvre que les habitants ont mystérieusement disparu, sauf les enfants, dont le comportement étrange conduira à un jeu meurtrier. Serrador ne fournit pas d’explications à cette soudaine pulsion sadique mais laisse entendre, via son générique, qu’il faut y lire une fable où l’enfant, victime innocente de l’Histoire, décide de faire payer aux adultes leur propre violence. Dans Vynian, l’enfant, revenu à l’état sauvage après le Tsunami vit dans une h

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Repères

ECRANS | Fabrice du Welz Naissance le 21 octobre 1972 en Belgique. Suit le conservatoire d’art dramatique de Liège. Diplômé de mise en scène à l’INSA de (...)

Christophe Chabert | Mercredi 24 septembre 2008

Repères

Fabrice du Welz Naissance le 21 octobre 1972 en Belgique. Suit le conservatoire d’art dramatique de Liège. Diplômé de mise en scène à l’INSA de Bruxelles. Réalisateur de sketchs pour les émissions de Canal +, en Belgique et en France. 1999 Premier court-métrage : Quand on est amoureux, c’est merveilleux. Pour fêter ses quarante ans, une femme se paye un strip-teaseur à domicile mais refuse de le laisser partir. Une comédie macabre très second degré sur la solitude et le temps qui passe. 2004 Premier long-métrage : Calvaire. Dans une campagne désolée et enneigée, un aubergiste séquestre un pseudo-Pascal Sevran. (Très) violent, drôle, parfois émouvant, souvent expérimental, Calvaire offre à Jacky Berroyer le meilleur rôle de sa carrière.

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La Jungle des enfants perdus

ECRANS | Cinéma / Avec «Vynian», Fabrice Du Welz emmène le spectateur dans un voyage cinématographique éprouvant, inattendu et sensoriel, pour un film limpide, fort, marquant, le meilleur de cette rentrée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 23 septembre 2008

La Jungle des enfants perdus

Des vagues qui s’échouent. Bruit lointain, répétitif, insistant. Un écran presque noir, traversé par quelques bulles. L’eau vire au rouge, les bulles se transforment en cellules sanguines, les vagues s’intensifient jusqu’à n’en former qu’une seule, remplissant tout l’espace sonore. Puis ce n’est qu’un long fracas sonore, un bruit blanc saturé, alors qu’on croit distinguer à l’image une femme à la chevelure flottant sous l’eau. Le spectateur suffoque, suppliant presque qu’on le sorte de là. Puis Vynian commence vraiment : Jeanne (Emmanuelle Béart) sort de l’eau en bikini ; son mari Paul (Rufus Sewell) la regarde avec un sourire plus triste que complice. Avec ce prologue expérimental mettant les nerfs à rude épreuve puis cette scène anodine et muette, Fabrice Du Welz a à peine ébauché son deuxième long métrage et déjà, il a emporté le morceau… Vynian ne sera pas, comme son précédent film, un splendide Calvaire, mais une expérience sensorielle accompagnant deux humains à la dérive après le drame par excellence : la perte d’un enfant. Vague de fondLe Tsunami est passé par là, mais le couple est resté en Thaïlande. Un soir, invité à une soirée de charité pour récolter des fo

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Sans état d'âme

ECRANS | de Vincenzo Marano (Fr-Ita, 1h37) avec Laurent Lucas, Hélène de Fougerolles, Therry Frémont...

Christophe Chabert | Vendredi 28 mars 2008

Sans état d'âme

Au secours, les années 80 reviennent. Avec un de ses plus redoutables ambassadeurs, le mythique Sergio Gobbi, producteur de cet improbable polar bling bling dont le mauvais goût n'a d'égal que les errances du scénario et la mise en scène façon Tony Scott du pauvre. Il y a un juge qui fricote avec une pute de luxe pendant qu'une journaliste arriviste tente de décrocher un scoop, le tout sur fond de procès d'une mère maquerelle et de jeune prostituée assassinée... Un kougloff pas possible relevant du cinéma d'exploitation pur et simple avec érotisme chic mais soft, règlements de compte à coups de bavardages hystériques et grosse déprime du casting qui ne sait jamais dans quel film il joue. Il faut voir De Fougerolles blablater longuement mecs et coiffure avec sa nouvelle «cupine» en plein milieu de l'intrigue pour se rendre compte qu'on pédale en pleine choucroute. Dans quinze ans, on aura sûrement le courage d'en rire ! CC

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