L'Amérique au firmament…

ECRANS | Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas : de janvier à juin, c’est le retour des super auteurs du cinéma américain avec des films qu’on dira, par euphémisme, excitants. À l’ombre de ces mastodontes vrombissants, une poignée de cinéastes d’ici devraient leur donner le change. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 6 janvier 2015

Photo : Courtesy of Warner Bros. Pictures


Les Wachowski, Eastwood, Gonzalez Iñarritu, Paul Thomas Anderson, Michael Mann, Tim Burton, George Miller, à qui on ajouterait bien James Wan et Josh Whedon : le premier semestre 2015 se pose en miroir inversé du dernier semestre 2014. Fini le renouvellement générationnel, les cinéastes du monde entier qui arrivent à une forme de maturité créative, les francs-tireurs décidés à faire trembler le cinoche mainstream ou son frère jumeau, le world cinéma… Certes, il y en aura quelques-uns d'ici à fin mai ; mais ce sont bien les superauteurs américains qui risquent de faire la pluie et le beau temps sur l'actualité cinématographique d'ici là.

Après un mois de janvier en forme de tour de chauffe, ce sont donc Larry et Lana Wachowski qui ouvrent le bal avec leur Jupiter Ascending le 4 février — que son distributeur français a, de manière particulièrement débile, rebaptisé Jupiter : le destin de l'univers. Après la fresque spatio-temporelle de Cloud Atlas, génial puzzle d'une ambition folle, les Wachowski s'envoient en l'air pour un space opera fortement féministe avec Mila Kunis et Channing Tatum. On prend ! Deux semaines plus tard, c'est le géant Eastwood qui régale avec American Sniper. Certes, Jersey Boys était sans doute son film le plus raté depuis Créance de sang… Mais là, il a un matériau en or — le trauma d'un sniper durant la guerre en Irak une fois revenu aux États-Unis — et le très in Bradley Cooper au casting.

Le 25 février, Alejandro Gonzalez Iãrritu, dont on est très loin d'être fan ici, devrait faire forte impression avec Birdman, ou Michael Keaton interprète un acteur autrefois star de blockbuster qui tente de relancer sa carrière en tenant un rôle sérieux à Broadway. Le film est quasiment tourné en un seul plan-séquence, le genre de défi que son chef-opérateur Emmanuel Lubezki aime relever — cf. son boulot avec Malick et Cuarón, notamment sur Gravity.

Privé de désert

On ne mollit pas : une semaine plus tard, le grand Paul Thomas Anderson tente la première adaptation au cinéma d'un bouquin de l'immense et très secret Thomas Pynchon, Inherent Vice, polar 70's pop et perché où Joaquin Phoenix joue un privé tellement décalé que le Philip Marlowe d'Altman passe presque pour un type normal. On trépignait à l'idée de son retour derrière une caméra ; ce sera chose faite le 18 mars puisque Michael Mann signera Hacker, cyber-thriller mondialisé starring Chris Hemsworth. Quant à Tim Burton, on désespérait de le voir sortir des ornières Disney et de sa propre caricature d'auteur à la signature graphique désormais consacrée ; bonne nouvelle, Big Eyes (25 mars) s'annonce comme son retour à un cinéma artisanal, plus proche d'Ed Wood ou de Big Fish. Avec, dans les deux rôles principaux, Christoph Waltz et Amy Adams, ce qui nous change de Johnny Depp et Helena Bonham-Carter. Enfin, un dernier pour la route (furieuse) : le reboot de Mad Max (14 mai) par celui qui en fut le créateur, George Miller lui-même, sans Mel Gibson mais avec Tom Hardy (et Charlize Theron). Les bandes-annonces qui ont tourné sur Internet ont rendu hystériques les trois-quarts des cinéphiles mondiaux ; il est vrai que dans le genre explosif, on peut difficilement faire mieux.

On a annoncé deux outsiders dans cette liste de films-événements : d'abord James Wan qui, pour ses premiers pas dans le blockbuster après s'être fait un nom dans la série B d'horreur, de Saw à Conjuring et aux deux Insidious, récupère la franchise impérialiste Fast and Furious, en promettant de lui donner de la chair — tournage en pellicule, acteurs faisant eux-mêmes les cascades — et une âme. À vérifier le 1er avril. Quant à Josh Whedon, après son incartade shakespearienne, il retourne à ses Avengers pour un deuxième volet, Age of Ultron, promis à un carton planétaire lors de sa sortie le 29 avril.

France, terre d'exil

Face à cette dream team de super-héros Marvel, la France fait de la résistance en proposant son propre super-héros : Vincent. Bon, dis comme ça, c'est sûr, ça paraît déséquilibré… Mais Vincent n'a pas d'écailles (18 février), premier film écrit, réalisé et interprété par Thomas Salvador, montre comment un jeune homme découvre qu'une fois plongé dans l'eau, il possède une force surhumaine et des aptitudes de nageur à côté desquelles Florent Manaudou a l'air de faire de la brasse en petit bassin.

Les meilleurs films français (pour l'instant) ont choisi de s'expatrier hors de notre beau pays (pourquoi j'ai écrit cette phrase ?) mais pas forcément pour l'exotisme. Ainsi, Loin des hommes (14 janvier) de David Oelhoffen adapte un texte d'Albert Camus se déroulant au début de la guerre d'Algérie dans les montagnes de l'Atlas. Viggo Mortensen y joue (en français et en arabe : performance !) un instituteur se liant d'amitié avec un paysan algérien accusé de meurtre (Réda Kateb, toujours fascinant). Du bon cinoche populaire, soigné, solide et humaniste.

Rien à voir avec le fabuleux dernier film de Quentin Dupieux, Réalité, qui s'impose comme le chef-d'œuvre d'un cinéaste qu'on adorait, et qu'on commence sérieusement à admirer. Ici, il propulse Alain Chabat dans un labyrinthe irracontable — ça tombe bien, il ne faut pas trop le raconter — qui transforme Los Angeles en un espace mental où chaque personnage est à la fois lui-même et un autre, comme pris dans un film dont on dupliquerait sans cesse la VHS en recollant de manière différente la bande. Vous ne pigez pas ? Eh bien attendez le 28 février pour vous prendre une des claques de l'année !

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"En réalité(s)" remporte le Prix Célest'1

Théâtre | Pièce remarquée et remarquable de la saison, "En réalit(é)" de la toute jeune compagnie Courir à la Catastrophe a logiquement été primé lors de la première édition du prix Célest'1.

Nadja Pobel | Mercredi 26 juin 2019

Le Théâtre des Célestins organisait les week-ends du 14-15 et 21-22-23 juin la première édition du Prix Célest'1. Lors du grand format, la pièce En réalité(s) a reçu le prix du jury (*), et Quatorze celui du public à l’issue des représentations de huit pièces présentées sur le grand plateau. En réalité(s) est menée par une équipe tout récemment sortie de l’ENSATT et a déjà été primée par le Théâtre 13 à Paris. Elle était récemment sélectionnée au festival Théâtre en Mai du CDN de Dijon. À Lyon, la metteuse en scène Alice Vannier avait déjà montré cette pièce aux Clochards Célestes en mars et avait complètement séduit par sa rigueur, son sens de l’espace et sa maitrise de la dramaturgie au service de l’ouvrage coordonné par Pierre Bourdieu La Misère du monde. En réalité(s) sera donné cet été dans le Off d'Avignon dans la salle du Train Bleu. Le jury du public (composé de 47 abonnés des Célestins) a très largement plébiscité Quatorze, mise en scène par Sébastien Valignat (compagnie Cassandre), un récit de

Continuer à lire

Mise à prix

Théâtre | C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Mise à prix

C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de la place à ceux qui n’en trouvent pas. Et ainsi permettre l’émergence si souvent réduite à la portion congrue sur ces grands plateaux, quoique les Célestins aient toujours été attentifs - la compagnie La Meute de Thierry Jolivet peut en témoigner. Dotées d’écoles nationales (ENSATT, Comédie de Saint-Étienne), régionales (conservatoires…), la région est un véritable vivier d’artistes que l’on ne voit que trop peu. D’où cette idée qu’ils puissent montrer leur travail au cours de deux week-ends. Celui des 14 et 15 juin sera l’occasion de voir des maquettes : quatorze projets (parmi 136 !) ont été retenus et des extraits sous forme de lecture, vidéo, morceaux de scènes seront visibles. Du 21 au 23 juin, huit créations seront jouées en intégralité. 110 candidats à ces grands formats se sont faits connaitre. À chaque fois, un jury de professionnels (non rhônalpins pour éviter toute collusion) et un autre constitué de trente abonnés volontaires du théâtre remettront des prix amenant

Continuer à lire

Bourdieu déminé aux Clochards Célestes

Théâtre | Tous jeunes et déjà primés pour un travail remarquable, les membres de la compagnie Courir à la catastrophe s'attaquent à la somme bourdieusienne La Misère du monde. Courez-y !

Nadja Pobel | Mercredi 13 février 2019

Bourdieu déminé aux Clochards Célestes

Ils ont tout récemment reçu les prix conjoints du jury et du public du Théâtre 13 parisien, ils seront présents bientôt au renommé festival Théâtre en Mai à Dijon. Ces récompenses ne sont pas volées, car En réalités, créé en juin, a la modestie des premiers travaux (sans esbroufe, fabriqué avec des bouts de ficelle) et l'ambition de ceux qui montent sur scène avec un réel propos à défendre (ce n'est pas si courant). Ici, les six acolytes issus du Conservatoire d'Art Dramatique parisien du 5e arrondissement ou de l'ENSATT, comme la metteuse en scène Alice Vannier, alternent les séquences d'entretiens analytiques des sociologues à leurs débats de professionnels quant à l'organisation de ce livre piloté par Pierre Bourdieu et paru en 1993. Ces intermèdes, qui pourraient être un peu plus nombreux, se révèlent jubilatoires (l'auto-dérision du sociologue sur sa fonction) et très pertinent car ils permettent d'appréhender une réflexion en train de s'élaborer : celle d'articuler politiquement ce qui émane des témoignages. Oui, les couches populaires ont quelque chose à enseigner aux dirigeants.

Continuer à lire

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 12 septembre 2017

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

15.09.17 > TERMINAL ACID WASHED Le nu disco un brin pervers, pas mal italo et larvé d'acid house que pratique Acid Washed nous enchante, assurément : écoutez Heartbeat Maker, envolée qui ouvre leur album House of Melancholy ; un track parfait pour faire hurler un dancefloor comprimé comme celui du Terminal vers les 3 heures du mat', ivre et joyeux. Sexy. 16.09.17 > GROOM CLÉMENTINE Perle en ascension de la scène locale, activiste de Chez Émile, le disquaire, mais aussi du côté de la pertinente web-radio Lyl où elle mène de main de maîtresse l'émission Mellow Madness, Clémentine s'offre une nuit au Groom où soul, disco et funk s'emmêlent langoureusement pour vous coller la fièvre all night long. Black.

Continuer à lire

Eydolon : la technologie de la sensation

Réalité Virtuelle | La démocratisation de la VR (pour virtual reality, la réalité virtuelle) a de l’avenir : Eydolon en est l’exemple lyonnais, précurseur et prometteur.

Anaïs Gningue | Mardi 14 février 2017

Eydolon : la technologie de la sensation

Votre mission ? Tenter d’attraper 32 donuts en cinq minutes. Pour de l’inédit, enfilez les housses de protection aux pieds comme à la tête et testez les interfaces immersives aux univers multiples, comme ce Hexamster Running 2000 : un jeu dynamique où l’on sautille pour se déplacer tel un hamster dans une maison aux couleurs très pop. Pour choper des donuts, donc. Plus statique et contemplatif, Hexatemple fait ressortir l’aventurier qui est en nous : explorez les quatre salles de jeux (tir à l’arc mouvant, tennis artisanal, chamboule-tout enflammé, reconnaissance ludique des planètes) qui se terminent sur une vue époustouflante mettant votre vertige à l’épreuve. Pas de perdant ni de gagnant : l’exploration est vôtre. Et les dernières nouveautés fraîchement installées vous confronterons à des montagnes russes ou vous feront voler avec Joe's Taxi 3200... ► Ouvert mi-décembre 2016, Eydolon est un espace partenaire du parc

Continuer à lire

The Revenant : l'homme qui a vu l'ourse

ECRANS | Délaissant comme Tarantino les déserts arides au profit des immensités glacées, Alejandro González Iñárritu poursuit sa résurrection cinématographique avec un ample western épique dans la digne lignée d’Arthur Penn et de Sydney Pollack. Un survival immersif et haletant mené par des comédiens au poil.

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2016

The Revenant : l'homme qui a vu l'ourse

Les États-Unis excellent dans l’art du paradoxe. Le pays suit avec un mixte de répulsion et de plaisir la campagne pour l’investiture républicaine menée par un populiste démagogue, ouvertement xénophobe, avide de succéder au premier chef d’État Noir de son Histoire. Au même moment, la société s’émeut de voir les membres de l’Académie des Oscars — présidée par l’Afro-Américaine Cheryl Boone Isaacs — s’entre-déchirer à qui mieux mieux au sujet du manque de représentativité des minorités visibles parmi les candidats à la statuette. Au Texas et en Californie, une muraille-citadelle gardée a été érigée ces dernières années pour préserver le territoire de toute intrusion… tandis qu’à Hollywood le cinéma sort de l’impasse en empruntant une diagonale mexicaine. Issus de familles de classe moyenne ou supérieure, Guillermo del Toro, Alfonso Cuarón et Alejandro González Iñárritu n’ont pas fui de misérables villages favelaesques fantasmés par les conservateurs, pour profiter des avantages supposés du système étasunien et détruire sa culture — discours identitaire faisant florès ces derniers temps. C’est même l’exact contraire qui s’est produit ; les rednecks doivent en m

Continuer à lire

Mad Max : Fury Road

ECRANS | Une date dans le cinéma d’action ? Non, mais un bon blockbuster… Un grand film de George Miller ? Non, juste une efficace remise à jour de la franchise "Mad Max"… Bref, entre excitation et frustration, Fury Road laisse autant repu que sur sa faim. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 15 mai 2015

Mad Max : Fury Road

Seul face au désert, Max Rockatansky soliloque sur les êtres qu’il n’a pas pu sauver, les temps qui sont devenus fous et lui-même, peut-être plus cinglé encore que ceux qui veulent sa peau. Mad Max est de retour et, pour signer une bonne fois pour toutes l’entrée dans le XXIe siècle (cinématographique) de son héros légendaire, George Miller lui offre un lézard à deux têtes qu’il décapite puis dévore à pleines dents. Comme dit l’affiche : «Le futur appartient aux fous.» C’est vrai et c’est faux dans Fury Road : vrai, car la folie est bel et bien omniprésente à l’écran, par la création d’un univers où effectivement, la raison semble avoir définitivement hissé le drapeau blanc, où les pénuries en série (pétrole, eau, verdure) ont donné naissance à une lignée d’êtres dégénérés, à la peau blanchâtre et au vocabulaire proche de celui d’Idiocracy, corps monstrueux, difformes et malades qui arrivent encore à se diviser en castes, alors qu’il n’y a manifestement plus grand chose à gouverner. Folie aussi dans le projet, assez dément, de faire de Fury Road une sorte de film d’action ultime, sans temps morts, comme une énorm

Continuer à lire

Mad Max : les routes furieuses de George Miller

ECRANS | Élu meilleur film de l’année par tout ce qu’Internet compte de critiques de bande-annonces à la simple vue de ses innombrables trailers, Mad Max Fury road (...)

Christophe Chabert | Mardi 12 mai 2015

Mad Max : les routes furieuses de George Miller

Élu meilleur film de l’année par tout ce qu’Internet compte de critiques de bande-annonces à la simple vue de ses innombrables trailers, Mad Max Fury road sera visible en version longue — en version film, quoi — dès le 14 mai. Histoire de rappeler que le culte autour du personnage ne date pas d’aujourd’hui, UGC Ciné Cité Internationale organise le mardi 12 mai une soirée avec les deux premiers volets de la saga signée George Miller — le troisième, où le cinéaste amorce un virage humaniste qu’il maintiendra ensuite via Lorenzo, Babe, le cochon dans la ville ou les deux Happy feet, est plus embarrassant. Dans Mad Max, on fait donc la connaissance de Max Rockatansky (Mel Gibson), flic badass arpentant les routes australiennes où des punks complètement vrillés sèment la terreur — viols, meurtres et tutti quanti — à la poursuite d’un or noir devenu denrée rare. À grands coups de scènes de poursuite spectaculaires, de violence et de nihilisme, Miller pose les bases d’un univers où la folie semble prendre le dessus sur tout autre sentiment, mais le circonscrit encore dans un périmètre réaliste, celui d’un futur proche où l’humanité

Continuer à lire

Hacker

ECRANS | Ce devait être le grand retour de Michael Mann après le décevant "Public Enemies", mais ce cyber-thriller ne fait oublier un scénario aux enjeux dramatiques faibles et aux personnages superficiels que lors de ses scènes d’action époustouflantes et novatrices. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 mars 2015

Hacker

Pour son retour au cinéma après six ans de silence — et une série HBO avortée, Luck — Michael Mann s’est fixé un défi à la hauteur de sa réputation : filmer les flux du cyberespace et la manière dont cette mondialisation des données affecte le monde réel. Hacker va donc défier David Fincher, l’autre grand cinéaste numérique du XXIe siècle, sur son terrain de prédilection, et il le fait d’abord en matérialisant les circuits informatiques qui relient un cyberpirate à une centrale nucléaire chinoise, provoquant une catastrophe aux conséquences géopolitiques inattendues. En effet, la police chinoise doit pactiser avec le FBI américain pour retrouver l’auteur de l’attaque, qui pourrait avoir des liens avec un ancien hacker purgeant une peine de prison, à qui l’on accorde donc une gracieuse liberté conditionnelle le temps de l’enquête. On sent que Mann se plaît à amener son cinéma vers de nouveaux territoires, que ce soit celui des effets spéciaux numériques ou celui de l’empire capitaliste chinois avec ses villes polluées et ultratechnologiques. En revanche, il ne trouve de moyen pour les faire se rejoindre qu’un action man bodybuildé et

Continuer à lire

Big Eyes

ECRANS | De Tim Burton (ÉU, 1h47) avec Amy Adams, Christoph Waltz, Danny Huston…

Christophe Chabert | Mardi 17 mars 2015

Big Eyes

Il n’y a pas de scandale à dire que la carrière de Tim Burton a, depuis dix ans, pris du plomb dans l’aile. Entre serment d’allégeance à l’empire Disney — Alice au pays des merveilles — et déclinaison paresseuse de son propre style — Sweeney Todd, Dark Shadows — l’ex-trublion semblait rangé des voitures, VRP d’une signature graphique vidée de sa substance subversive. La surprise de Big Eyes, c’est qu’il marque une rupture nette avec ses films récents. Il y a certes dans cette histoire certifiée Amérique des sixties, des pelouses verdoyantes devant des pavillons soigneusement alignés, des coupes de cheveux parfaitement laquées et des peintures bizarres d’enfants à gros yeux — celles que dessine Margaret Keane mais que son escroc de mari va s’approprier, et avec elles gloire, argent et carnet mondain ; ce n’est toutefois qu’une surface de convention, dict

Continuer à lire

Un Moi(s) de cinéma #4

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo

Christophe Chabert | Lundi 2 mars 2015

Un Moi(s) de cinéma #4

Au sommaire de ce quatrième numéro : • Inherent Vice de Paul Thomas Anderson • Selma de Ava DuVernay • The Voices de Marjane Satrapi • Hacker de Michael Mann • À trois on y va de Jérôme Bonnell

Continuer à lire

Le mystère Pynchon

CONNAITRE | Ses romans étaient réputés inadaptables, tant ils foisonnent d’intrigues, d’énigmes et de tours de force défiant toute logique figurative ; Thomas Pynchon, qui cultive le secret mais redouble, à 74 ans, de créativité et de culot, vient pourtant d’être porté à l’écran par Paul Thomas Anderson… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Le mystère Pynchon

Jusqu’à sa mort, J. D. Salinger faisait figure de grand romancier américain invisible ; dorénavant, il n’y a plus que Thomas Pynchon pour occuper ce titre, à une différence (de taille) près : si Salinger a conjointement cessé de publier en même temps qu’il se retirait hors de tout espace public, Pynchon, lui, paraît atteint d’une frénésie créative en constante accélération, ce qui lui fait un point commun avec un autre artiste cultivant le secret, Terrence Malick. Bref, Pynchon n’est pas du genre à apparaître dans les grands raouts littéraires genre fêtes du livre, ce qui explique en partie sa notoriété très relative par rapport à certains de ses confrères — Banks, De Lillo ou Paul Auster, au hasard. Ce déficit tient aussi à la complexité de son œuvre, pas facile à domestiquer mais qui a su créer une horde d’inconditionnels prête à se lancer dans les exégèses les plus folles, sinon à cartographier chaque roman pour en pister les ramifications. La France a découvert Pynchon en 1975 avec ce qui reste son chef-d’œuvre, L’Arc en ciel de la gravité : au crépuscule de la Deuxième Guerre mondiale, les services secrets britanniques utilisent Tyrone Slothrop

Continuer à lire

Inherent Vice

ECRANS | En adaptant "Vice caché" de l’immense Thomas Pynchon, Paul Thomas Anderson prouve, après "The Master", qu’il n’aime rien tant qu’aller à l’encontre de sa maîtrise, éprouvée et incontestable. De fait, ce polar pop, enfumé et digressif est un plaisir intense, où il est avant tout question de jeu, dans tous les sens du terme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Inherent Vice

Quelque part dans les volutes de la Californie psychédélique au début des années 70, Doc Sportello semble sortir d’un rêve évaporé lorsqu’il voit surgir chez lui son ex-petite amie, Shasta Fay, qui lui annonce qu’elle est tombée amoureuse d’un richissime promoteur immobilier — marié — et dont elle soupçonne qu’on ourdit un complot contre lui. Sportello, qui exerce la fonction de détective privé, décide d’enquêter, moitié par amour envers cette fille qu’il n’arrive pas à s’enlever de la tête, moitié par curiosité professionnelle envers un monde bien éloigné de celui de la contre-culture beatnik, adepte de drogues et de nonchalance cool, dans lequel il baigne. Raconté comme ça, le point de départ d’Inherent Vice rappelle inévitablement les romans noirs de Raymond Chandler, ainsi que ses relectures iconoclastes par Robert Altman — Le Privé — ou les frères Coen — The Big Lebowski. Sauf que Paul Thomas Anderson n’adapte pas l’auteur du Grand Sommeil, mais un autre immense romancier américain, Thomas Pynchon. Et si Vice caché se nourrissait de cette mythologie propre à la littérature criminelle, il la cabossait par un réf

Continuer à lire

Insomniaque - Soirées de la semaine du 25 février au 3 mars

MUSIQUES | 27.02 L'Amour Autre temps, autres mœurs : alors que les blousons noirs des 60's peuplaient les pages "faits-divers" des quotidiens, les nôtres – (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

Insomniaque - Soirées de la semaine du 25 février au 3 mars

27.02 L'Amour Autre temps, autres mœurs : alors que les blousons noirs des 60's peuplaient les pages "faits-divers" des quotidiens, les nôtres – Brodinski, Gesaffelstein et autres «princes de la techno» – voient leur style décortiqué dans la presse masculine. The Hacker réussit depuis une vingtaine d'années – et a fortiori sur son récent diptyque indus/new wave Love/Kraft – l'exploit de se situer à l'intersection de ces deux attitudes, mi-voyou aux kicks qui claquent comme des coups de batte mi-gentleman à la tête pleine de mélodies cafardeuses. Autant dire qu'il a toute sa place au Bellona. 28.02 Terminal 2 Years Le Terminal fête ses deux ans d'activité et, considérant les liens profonds qui unissent notre journal au 3 de la rue Terme – des exemplaires ant

Continuer à lire

Birdman

ECRANS | Changement de registre pour Alejandro Gonzalez Iñarritu : le cinéaste mexicain laisse son désespoir misérabiliste de côté pour tourner une fable sur les aléas de la célébrité et le métier d’acteur, porté par un casting exceptionnel et une mise en scène folle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 24 février 2015

Birdman

Partons du titre complet de Birdman : la surprenante vertu de l’ignorance. De la part d’un cinéaste aussi peu modeste qu’Alejandro Gonzalez Iñarritu, ce sous-titre a de quoi faire peur, tant il nous a habitué dans ses films précédents à donner des leçons sur la misère du monde sous toutes ses formes. Or, Birdman séduit par sa volonté de ne pas généraliser sa fable, circonscrite entre les murs d’un théâtre à Broadway : ici va se jouer à la fois une pièce adaptée de Raymond Carver et la tragi-comédie d’un homme ridicule, Riggan Thompson. Des années avant, il était la star d’une série de blockbusters où il jouait un super héros ; aujourd’hui, il tente de relancer sa carrière et gagner l’estime de ses contemporains en jouant et mettant en scène du théâtre "sérieux". Le naufrage de son existence ne se résume pas seulement à ses habits de has been : sa fille sort d’une cure de désintox, son mariage a sombré et il se fait écraser par une star mégalomane et égocentrique, Mike Shiner, plus roué et cynique que lui pour conquérir les faveurs de la critique et du public. Pour filmer les secousses qui vont bousculer Thompson dans le

Continuer à lire

American Sniper

ECRANS | En retraçant l’histoire de Chris Kyle, le sniper le plus redoutable de toute l’histoire américaine, Clint Eastwood signe un film de guerre implacable où la mise en scène, aussi spectaculaire qu'aride, crée une dialectique chère au cinéaste pour rendre la complexité de ce héros ambigu. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

American Sniper

«Tu es un redneck» dit sa future femme à Chris Kyle — massif et impressionnant Bradley Cooper — lors de leur première rencontre. «Non, je suis Texan» lui répond-il. Et il précise : «Les Texans montent sur des chevaux, les rednecks se montent entre eux». Avec cette (rare) respiration au milieu de la tension qui règne dans American Sniper, Clint Eastwood met déjà les choses au clair sur son personnage : Chris Kyle est un pur produit de l’americana sudiste, élevé dans le culte de la Bible (qu’il transporte avec lui mais qu’il n’ouvre jamais), des armes (son père lui apprend tout jeune à chasser) et de la Patrie. Il semble n’avoir aucune vie intérieure, suivant un autre précepte édité par son paternel : il ne sera ni une brebis, ni un loup, mais un chien de berger, veillant presque par instinct sur les siens. Or, une fois engagé sur le terrain irakien en tant que sniper d’élite au sein des Navy SEALs, Kyle va faire l’expérience du trouble, même si sa carapace de machine de guerre texane ne se fissure pas si facilement. Sniper pas sans reproche En définitive, c’est bien le regard de Eastwood qui, progressivement, fait

Continuer à lire

Réalité

ECRANS | Un caméraman qui veut tourner son premier film d’horreur, un producteur instable, un animateur atteint d’un eczéma imaginaire, une petite fille nommée Réalité… Avec ce film somme et labyrinthique, aussi drôle que fascinant, Quentin Dupieux propulse son cinéma vers des hauteurs que seul un David Lynch a pu atteindre ces dernières années. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Réalité

Vient toujours un moment, dans la carrière d’un cinéaste digne de ce nom, l’envie de tourner son Huit et demi, c’est-à-dire un grand film réflexif sur la manière dont il aborde le cinéma : Truffaut avec La Nuit américaine, Almodovar avec Étreintes brisées, David Lynch avec Mulholland Drive… Quentin Dupieux, qui avait déjà approché la question dans Rubber à travers des spectateurs regardant avec des jumelles le film en train de se dérouler sans caméra, ni équipe, ni projection, en fait le cœur de Réalité. Le titre lui-même est un leurre sublime : ici, la réalité est sans doute ce qu’il y a de plus incertain et fluctuant, toujours contaminée et reformulée par le cinéma et la fiction. En fait, ce n’est pas la réalité que le film cherche à capturer, mais une petite fille prénommée Réalité, que l’on filme en train de dormir et dont on veut atteindre le subconscient — autrement dit, la capacité à produire de l’imaginaire. Dans la boucle folle que le scénario finira par créer, on comprendra que cet imaginaire-là n’est rien d’autre que celui de Dupieux lui-même ; dans les rêves de Réalité, il y avait ce long rêve éveillé qu’e

Continuer à lire

L'Œil du Petit Bulletin #3

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous recommande ses coups de cœur cinéma ! Au sommaire de ce troisième numéro (...)

Christophe Chabert | Lundi 2 février 2015

L'Œil du Petit Bulletin #3

Chaque mois, Le Petit Bulletin vous recommande ses coups de cœur cinéma ! Au sommaire de ce troisième numéro : Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet Réalité de Quentin Dupieux Vincent n'a pas d'écailles de Thomas Salvador Birdman d'Alejandro Gonzalez Iñarritu Hungry hearts de Saverio Costanzo

Continuer à lire

Paul Thomas Anderson et Joaquin Phoenix à l'Institut Lumière

ECRANS | C'est un sacré événement que propose l'Institut Lumière : l'avant-première d'Inherent Vice, le nouveau film de Paul Thomas Anderson, en présence du réalisateur et (...)

Christophe Chabert | Jeudi 15 janvier 2015

Paul Thomas Anderson et Joaquin Phoenix à l'Institut Lumière

C'est un sacré événement que propose l'Institut Lumière : l'avant-première d'Inherent Vice, le nouveau film de Paul Thomas Anderson, en présence du réalisateur et de son acteur, Joaquin Phoenix, le samedi 24 janvier à 20h. Adapté d'un roman du génial Thomas Pynchon (Vice caché, en français), le film est un polar situé dans les années 70, qu'on annonce dans la lignée du précédent P. T. Anderson, le fabuleux The Master. Les réservations pour l'avant-première seront ouvertes demain à 11h...

Continuer à lire

L'Œil du Petit Bulletin #2

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo. Au sommaire ce (...)

Christophe Chabert | Mardi 6 janvier 2015

L'Œil du Petit Bulletin #2

Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo. Au sommaire ce mois-ci : • Hard day de Kim Seong-hun • Loin des hommes de David Oelhoffen • Bébé Tigre de Cyprien Vial • Imitation game de Morten Tyldum

Continuer à lire

Loin des hommes

ECRANS | Adapté d’Albert Camus, le deuxième film de David Oelhoffen plonge un Viggo Mortensen francophone dans les premiers feux de la guerre d’Algérie, pour une œuvre classique et humaniste dans le meilleur sens du terme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 13 janvier 2015

Loin des hommes

Il serait regrettable de faire à David Oelhoffen, dont on avait déjà apprécié le premier film, le polar Nos retrouvailles, un faux procès déjà à l’origine du rejet de The Search : voilà un réalisateur qui ose transporter le cinéma français ailleurs, via le genre ou grâce à un voyage plus littéral hors de nos frontières. Quoique, à l’époque où se déroule Loin des hommes (1954), l’Algérie est encore un territoire français, et c’est justement sur les premières fissures de la guerre d’indépendance que se bâtit le récit. Mais, là aussi, tout est affaire de dépaysement : l’instituteur Daru est une forme d’apatride, enseignant le français à des enfants algériens, mais dont les origines sont à chercher du côté de la Catalogne. Grande idée de David Oelhoffen : confier le rôle à Viggo Mortensen, lui-même sorte "d’acteur du monde" comme on le dit de certains citoyens, qui l’interprète avec son charisme habituel en mélangeant le français et l’

Continuer à lire

Vent de jeunesse sur la rentrée cinéma

ECRANS | Moins flamboyante que l’an dernier, la rentrée cinéma 2014 demandera aux spectateurs de sortir des sentiers battus pour aller découvrir des films audacieux et une nouvelle génération de cinéastes prometteurs. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 septembre 2014

Vent de jeunesse sur la rentrée cinéma

Si l’extraordinaire Leviathan ne lui avait ravi in extremis la place de chouchou de la rentrée cinéma, nul doute qu’elle aurait échu à Céline Sciamma et son très stimulant Bande de filles (sortie le 22 octobre). Troisième film de la réalisatrice déjà remarquée pour son beau Tomboy, il suit le parcours de Meriem, adolescente black banlieusarde qui refuse la fatalité d’une scolarité plombée et se lie d’amitié avec une «bande de filles» pour faire les quatre-cents coups, et en donner quelques-uns au passage, afin d’affirmer sa virilité dans un monde où, quel que soit son sexe, la loi du plus fort s’impose à tous. Cette éducation par la rue et le combat n’est pas sans rappeler les deux derniers films de Jacques Audiard ; Un prophète en particulier, puisque Sciamma cherche elle aussi à filmer l’éclosion dans un même mouvement d’une héroïne et d’une actrice — formidable Karidja Touré. S’il y a bien une com

Continuer à lire

Les quatre fantastiques

MUSIQUES | Le Sucre sort de sa routine le temps de quatre soirées durant lesquels se produiront autant de fondateurs de labels emblématiques de la musique électronique actuelle... Et qu'on vous recommande plutôt quatre fois qu'une. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

Les quatre fantastiques

La vingt-neuvième cérémonie des Victoires de la musique fut, sans surprise, un énième pince-fesses corseté où chanteurs-sandwichs et égéries périmées tentèrent tant bien que mal de faire oublier le déficit d'ambition et d'idées qui grève l'industrie du disque depuis le début des années 2000. Une  mascarade qui ne doit pas faire oublier ce motif de satisfaction : la présence, parmi les nominés, du redoutable Gesaffelstein, aboutissement de deux décennies d'activisme techno. Un activisme dont le Grenoblois The Hacker est encore aujourd'hui l'une des principales figures, aussi bien en tant que label manager (jadis de Goodlife, aujourd'hui de Zone, qu'il a co-fondé avec... Gesaffelstein) qu'en tant que producteur - d'une musique devant autant à la compacité et à la combativité du new dance sound of Detroit qu'à la morgue mélancolique des souverains de la new wave. A l'approche de la parution d'un album en forme de synthèse esthétique, le sacrément bien titré Kraft/Love (non content de lister les qualités suffisantes et nécessaires à l'exercice d'un art, il fait référence à Kraftwerk et Lovecraft), Le Sucre ne pouvait mieux l'honorer qu'en l'invitant à donne

Continuer à lire

Nuits Sonores 2013 - Jour 4

MUSIQUES | Nuits Sonores, c'est terminé. Déjà ? Déjà. A se demander si un an d'attente pour quatre jours de réjouissances, ce n'est pas un peu cher payé. Au vue de la somme de glorieux souvenirs que nous avons emmagasinés lors de la dernière journée de cette édition 2013, on peut vous affirmer que ça ne l'est pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 12 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 4

N'eut été la présence de Tale of Us et des Raveonettes à son générique, nous n'aurions sans doute pas mis les pieds au quatrième NS Days, histoire de rassembler le peu de forces encore à notre disposition avant le bouquet final. Sans surprise, nous l'aurions amèrement regretté. Car si le duo italien a signé un set à la hauteur de sa précédente prestation lyonnaise (un mix marathon de 4h au Club Transbo en décembre dernier) et si la loud pop spectorienne du duo danois a été au cœur de l'un des concerts les plus troublants – de sensualité et de puissance - de cette édition, c'est un quasi-inconnu qui a livré la prestation la plus inattendue : Squeaky Lobster, producteur bruxellois dont l'abstract hip hop kaléidoscopique, à défaut d'avoir emporté l'adhésion de l'audience, nous a pour notre part durablement scotché. Les "Lee Hazlewooderies" saturées des Liminanas, le rock'n'roll high energy des Mojomatics et les collisions métalliques de The Hacker (qui a remplacé à la dernière minute le pauvr

Continuer à lire

Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 4. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 20 mai 2012

Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

Trois sur neuf. Nous n'avons deviné les noms que de trois des neuf invités qui, hier, se sont relayés jusqu'au petit jour aux platines de la secret stage des anciennes usines Brossette. Même pas la moyenne. Nulle incompétence derrière ce pronostic de parieur mutuel urbain du dimanche, seulement le reflet du crédit que l'on accorde à Nuits sonores. Quitte à éprouver des regrets là où tout ne devrait être que gratitude.     Stage divin Il faut reconnaître qu'Arty Farty nous a fait un beau cadeau avec ce secret stage, foulé dans l'ordre par Clara Moto, The Hacker, Gesaffelstein, Oxia, Dixon, un Ricardo Villalobos tout juste remis de son examen du très exigeant catalogue du label ECM aux Célestins, Brodinski, Agoria et Laurent Garnier. Reconnaître également que, même si nous étions en attente d'une surprise qui n'est jamais venue, d'un

Continuer à lire

Théâtres de femmes

CONNAITRE | Pour sa dixième édition, le festival Théât'Réalité nous invite à réfléchir à la question du regard porté sur les femmes dans notre société. Tout au long de la journée du 27 (...)

Dorotée Aznar | Mardi 23 mars 2010

Théâtres de femmes

Pour sa dixième édition, le festival Théât'Réalité nous invite à réfléchir à la question du regard porté sur les femmes dans notre société. Tout au long de la journée du 27 mars, théâtre, danse, expositions, se succèderont au CCO de Villeurbanne. L'après-midi commence par une balade à vélo pour découvrir plusieurs créations au fil des rues de la ville : au programme, chanteuses d'opéra, créations de danse mêlant contemporain et hip-hop, une série de peinture sur la thématique de la naissance, ou encore, une performance de scotchage sauvage. Dès 17h, c'est autour et à l'intérieur du centre que se dérouleront les treize spectacles de la soirée. Des pièces de théâtre qui nous parlent du quotidien des femmes, de leurs questionnements, de leurs rôles. Mais aussi des spectacles construits autour de la parole d'anonymes, comme la pièce «Bulles d'elles» ou la création musicale et théâtrale «Ne pas pleurer, ne pas me taire». Entre deux représentations, plusieurs installations, expositions, une projection de gestes, ou encore une caravane transformée en chambre photographique parlante... Un festival hétéroclite, où tous les moyens sont bons pour penser et interroger nos représentations des f

Continuer à lire

Ensemble c’est two

MUSIQUES | Miss Kittin et The Hacker, DJ et producteurs, après un First Album qui avait durablement traumatisé son monde et donné ses lettres de noblesse à la mouvance électroclash, sortent huit ans plus tard, Two, qui surfe sans complexe sur d’autres esthétiques. François Cau

Christophe Chabert | Lundi 30 mars 2009

Ensemble c’est two

2001. La scène électro française vit tranquillement sur ses acquis, se repose nonchalamment sur les représentants proprets de ce qu’on a appelé, dans un élan d’inspiration à même de décoiffer le brushing de Bob Sinclar, la French Touch. Surgi de nulle part (enfin, de Grenoble, quoi), un duo frondeur, sexy en diable, baigné dans les sonorités électro pop des années 80 et armé d’une ironie mortelle impose un improbable mantra. To be famous is so nice, Suck my dick, Lick my ass. Le refrain de Frank Sinatra, redoutable single du First Album de Miss Kittin et The Hacker, hymne décalé à la fatuité jet-setteuse, entre dans les têtes des amateurs de techno pour ne plus en sortir. Là où tant d’autres auraient capitalisé sur cette soudaine reconnaissance jusqu’à ce que mort artistique s’ensuive, le tandem a alors d’autres aspirations, comme l’explique rétrospectivement Michel “The Hacker“ Amato. «On avait signé en 1997 sur Gigolo Records en Allemagne, on jouait notre live depuis cinq ans, sans équipe, dans un état de stress permanent, à l’arrache complet. Quand la hype est arrivée en 2002, on était heureux mais passablement épuisés. Et les journalis

Continuer à lire

Sept artistes rêvent le réel

ARTS | Expo / C’est devenu maintenant une petite tradition : chaque été, le musée Paul Dini organise une exposition collective d’art contemporain placée sous une (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 12 juin 2008

Sept artistes rêvent le réel

Expo / C’est devenu maintenant une petite tradition : chaque été, le musée Paul Dini organise une exposition collective d’art contemporain placée sous une thématique large et grand public. Après le portrait et le paysage, l’été contemporain 2008 est consacré à l’ «Irréel (de la réalité au rêve)», avec Philippe Favier, Gordon Hart, Frédéric Khodja, Isabelle Jarousse… «À partir du réel donné comme expérience, sept artistes proposent des modes d’expression –entre figuration, collage, vidéo et abstraction- qu’ils interprètent sous forme onirique ou métaphorique», écrit Sylvie Carlier, directrice du musée. À travers ses vidéos et ses images numériques, le Grenoblois Samuel Rousseau nous livre sa vision humoristique de la cosmologie : une terre vue du ciel s’enfle et se déforme comme le ventre d’une femme enceinte, des surfaces rondes de fromages deviennent des astres orangés au milieu du vide intersidéral, de simples plaques de gazinière allumées font figures d’éclipses de soleil… Le photographe Éric Roux-Fontaine poursuit quant à lui son travail auprès des communautés tsiganes, préférant au réalisme et au documentaire classique la création d’images symboliques ou surréalistes. Ainsi, s

Continuer à lire