It follows

ECRANS | De David Robert Mitchell (ÉU, 1h40) avec Maika Monroe, Keir Gilchrist…

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

Photo : © Metropolitan Film Export


Comment renouveler le genre éculé du slasher horrifique ? David Robert Mitchell, réalisateur du remarqué — même si inédit en salles — The Myth of the American Sleepover, a trouvé une réponse plutôt ingénieuse, et il est bien dommage qu’It Follows ne soit pas à la hauteur de son surprenant pitch de départ : Jay, adolescente bien comme il faut, vit une expérience sexuelle avec un beau garçon ténébreux. Rien de bien grave, mais peu de temps après, elle est persuadée qu’une présence menaçante la poursuit.

Y a-t-il un lien entre les deux événements ? Vendons la mèche : oui, et Mitchell invente ainsi la MST boogeyman, idée plutôt gonzo mais que le film — c’est tout à son honneur — prend très au sérieux à l’écran. Pour preuve de sa bonne foi, il ne cesse de se référer au Carpenter glorieux d’Halloween et de Fog, jusqu’à sa bande-son électro vintage, version pompière des partitions minimalistes du maître.

Le problème d’It Follows, c’est que tout ce bardas-là — mise en scène, musique, pitch — excède rarement un volontarisme très théorique. Les acteurs ne sont pas très bons, les effets spéciaux ringards et l’ensemble ne fera peur qu’à ceux qui n’ont pas vu de film d’horreur depuis une bonne quinzaine d’années. Comparé aux prodiges d’un James Wan, moins audacieux dans son propos mais bien plus efficace dans sa gestion de la peur, It Follows ne boxe clairement pas dans la même catégorie.

Christophe Chabert

Sortie le 4 février


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De David Robert Mitchell (EU, 1h40) avec Maika Monroe, Keir Gilchrist...

De David Robert Mitchell (EU, 1h40) avec Maika Monroe, Keir Gilchrist...

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Après une expérience sexuelle apparemment anodine, Jay se retrouve confrontée à d'étranges visions et l'inextricable impression que quelqu'un, ou quelque chose, la suit. Abasourdis, Jay et ses amis doivent trouver une échappatoire à la menace qui semble les rattraper...

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L'affaire est dans le sac : "Greta"

Thriller | de Neil Jordan (É-U-Irl, int.-12ans, 1h38) avec Isabelle Huppert, Chloë Grace Moretz, Maika Monroe…

Vincent Raymond | Mardi 11 juin 2019

L'affaire est dans le sac :

Serveuse à New York, Frances trouve un soir dans le métro un élégant sac à main. Il appartient à Greta, une excentrique vieille Française qui conquiert vite la jeune fille. Frances découvre alors combien Greta peut se montrer intrusive et inquiétante. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? Depuis combien de temps n'avait-il pas été plaisant de voir Isabelle Huppert à l'écran ; c'est-à-dire appelée pour autre chose qu'un rôle lui donnant le prétexte d'être soit une victime à la passivité suspecte pour ne pas dire consentante, soit une épave bourgeoise — les deux n'étant pas incompatibles ? Neil Jordan a eu le nez creux en pensant à elle : d'ordinaire agaçantes, les minauderies de son jeu se révèlent ici franchement inquiétantes et servent à asseoir la dualité de son personnage de prédatrice : sous des dehors lisses et respectables, sans âge, Greta tient du vampire, auquel il ne faut jamais ouvrir sa porte si l'on veut s'en prémunir, mais qui ne vous lâchera pas si vous l'invitez chez vous. Jordan s'y connaît sur le sujet. Le terme a beau paraître galv

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Cannes 2014, jour 4. Aux armes !

ECRANS | "The Rover" de David Michôd. "The Disappearence of Eleanor Rigby" de Ned Benson. "It follows" de David Robert Mitchell. "Les Combattants" de Thomas Cailley.

Christophe Chabert | Dimanche 18 mai 2014

Cannes 2014, jour 4. Aux armes !

S’ennuie-t-on au cours de ce festival de Cannes ? Oui, un peu, beaucoup parfois ; alors à la guerre comme à la guerre, on ose ce que l’on n’avait jamais osé jusque-là : laisser tomber la compétition, et se promener à travers les séances des sections parallèles, pour espérer y trouver des films stimulants, différents, bref, autre chose que de l’art et essai formaté, long et plombé. À ce petit jeu, The Rover, présenté en séance de minuit, repousse les limites de la bizarrerie. De la part du réalisateur d’Animal kingdom, David Michôd, rien ne laissait présager un tel virage ; si son premier film était puissant et abouti, il s’inscrivait dans un genre codifié — le film de gangsters — et sa mise en scène cherchait avant tout une forme d’efficacité sans refuser pour autant d’apporter de réelles innovations. Avec The Rover, Michôd fait exploser toutes les catégories et signe le premier film post-apocalyptique beckettien, que l’on pourrait réduire à ce pitch : deux hommes, l’un à moitié idiot, l’autre impavide, recherchent à travers une Australie désolée une voiture. Point. Le premier plan, qui montre pendant une minute Guy Pea

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