L'Œil du Petit Bulletin #3

Christophe Chabert | Lundi 2 février 2015

Chaque mois, Le Petit Bulletin vous recommande ses coups de cœur cinéma !

Au sommaire de ce troisième numéro :

Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet
Réalité de Quentin Dupieux
Vincent n'a pas d'écailles de Thomas Salvador
Birdman d'Alejandro Gonzalez Iñarritu
Hungry hearts de Saverio Costanzo

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"En réalité(s)" remporte le Prix Célest'1

Théâtre | Pièce remarquée et remarquable de la saison, "En réalit(é)" de la toute jeune compagnie Courir à la Catastrophe a logiquement été primé lors de la première édition du prix Célest'1.

Nadja Pobel | Mercredi 26 juin 2019

Le Théâtre des Célestins organisait les week-ends du 14-15 et 21-22-23 juin la première édition du Prix Célest'1. Lors du grand format, la pièce En réalité(s) a reçu le prix du jury (*), et Quatorze celui du public à l’issue des représentations de huit pièces présentées sur le grand plateau. En réalité(s) est menée par une équipe tout récemment sortie de l’ENSATT et a déjà été primée par le Théâtre 13 à Paris. Elle était récemment sélectionnée au festival Théâtre en Mai du CDN de Dijon. À Lyon, la metteuse en scène Alice Vannier avait déjà montré cette pièce aux Clochards Célestes en mars et avait complètement séduit par sa rigueur, son sens de l’espace et sa maitrise de la dramaturgie au service de l’ouvrage coordonné par Pierre Bourdieu La Misère du monde. En réalité(s) sera donné cet été dans le Off d'Avignon dans la salle du Train Bleu. Le jury du public (composé de 47 abonnés des Célestins) a très largement plébiscité Quatorze, mise en scène par Sébastien Valignat (compagnie Cassandre), un récit de

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Mise à prix

Théâtre | C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Mise à prix

C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de la place à ceux qui n’en trouvent pas. Et ainsi permettre l’émergence si souvent réduite à la portion congrue sur ces grands plateaux, quoique les Célestins aient toujours été attentifs - la compagnie La Meute de Thierry Jolivet peut en témoigner. Dotées d’écoles nationales (ENSATT, Comédie de Saint-Étienne), régionales (conservatoires…), la région est un véritable vivier d’artistes que l’on ne voit que trop peu. D’où cette idée qu’ils puissent montrer leur travail au cours de deux week-ends. Celui des 14 et 15 juin sera l’occasion de voir des maquettes : quatorze projets (parmi 136 !) ont été retenus et des extraits sous forme de lecture, vidéo, morceaux de scènes seront visibles. Du 21 au 23 juin, huit créations seront jouées en intégralité. 110 candidats à ces grands formats se sont faits connaitre. À chaque fois, un jury de professionnels (non rhônalpins pour éviter toute collusion) et un autre constitué de trente abonnés volontaires du théâtre remettront des prix amenant

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Bourdieu déminé aux Clochards Célestes

Théâtre | Tous jeunes et déjà primés pour un travail remarquable, les membres de la compagnie Courir à la catastrophe s'attaquent à la somme bourdieusienne La Misère du monde. Courez-y !

Nadja Pobel | Mercredi 13 février 2019

Bourdieu déminé aux Clochards Célestes

Ils ont tout récemment reçu les prix conjoints du jury et du public du Théâtre 13 parisien, ils seront présents bientôt au renommé festival Théâtre en Mai à Dijon. Ces récompenses ne sont pas volées, car En réalités, créé en juin, a la modestie des premiers travaux (sans esbroufe, fabriqué avec des bouts de ficelle) et l'ambition de ceux qui montent sur scène avec un réel propos à défendre (ce n'est pas si courant). Ici, les six acolytes issus du Conservatoire d'Art Dramatique parisien du 5e arrondissement ou de l'ENSATT, comme la metteuse en scène Alice Vannier, alternent les séquences d'entretiens analytiques des sociologues à leurs débats de professionnels quant à l'organisation de ce livre piloté par Pierre Bourdieu et paru en 1993. Ces intermèdes, qui pourraient être un peu plus nombreux, se révèlent jubilatoires (l'auto-dérision du sociologue sur sa fonction) et très pertinent car ils permettent d'appréhender une réflexion en train de s'élaborer : celle d'articuler politiquement ce qui émane des témoignages. Oui, les couches populaires ont quelque chose à enseigner aux dirigeants.

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Eydolon : la technologie de la sensation

Réalité Virtuelle | La démocratisation de la VR (pour virtual reality, la réalité virtuelle) a de l’avenir : Eydolon en est l’exemple lyonnais, précurseur et prometteur.

Anaïs Gningue | Mardi 14 février 2017

Eydolon : la technologie de la sensation

Votre mission ? Tenter d’attraper 32 donuts en cinq minutes. Pour de l’inédit, enfilez les housses de protection aux pieds comme à la tête et testez les interfaces immersives aux univers multiples, comme ce Hexamster Running 2000 : un jeu dynamique où l’on sautille pour se déplacer tel un hamster dans une maison aux couleurs très pop. Pour choper des donuts, donc. Plus statique et contemplatif, Hexatemple fait ressortir l’aventurier qui est en nous : explorez les quatre salles de jeux (tir à l’arc mouvant, tennis artisanal, chamboule-tout enflammé, reconnaissance ludique des planètes) qui se terminent sur une vue époustouflante mettant votre vertige à l’épreuve. Pas de perdant ni de gagnant : l’exploration est vôtre. Et les dernières nouveautés fraîchement installées vous confronterons à des montagnes russes ou vous feront voler avec Joe's Taxi 3200... ► Ouvert mi-décembre 2016, Eydolon est un espace partenaire du parc

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The Revenant : l'homme qui a vu l'ourse

ECRANS | Délaissant comme Tarantino les déserts arides au profit des immensités glacées, Alejandro González Iñárritu poursuit sa résurrection cinématographique avec un ample western épique dans la digne lignée d’Arthur Penn et de Sydney Pollack. Un survival immersif et haletant mené par des comédiens au poil.

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2016

The Revenant : l'homme qui a vu l'ourse

Les États-Unis excellent dans l’art du paradoxe. Le pays suit avec un mixte de répulsion et de plaisir la campagne pour l’investiture républicaine menée par un populiste démagogue, ouvertement xénophobe, avide de succéder au premier chef d’État Noir de son Histoire. Au même moment, la société s’émeut de voir les membres de l’Académie des Oscars — présidée par l’Afro-Américaine Cheryl Boone Isaacs — s’entre-déchirer à qui mieux mieux au sujet du manque de représentativité des minorités visibles parmi les candidats à la statuette. Au Texas et en Californie, une muraille-citadelle gardée a été érigée ces dernières années pour préserver le territoire de toute intrusion… tandis qu’à Hollywood le cinéma sort de l’impasse en empruntant une diagonale mexicaine. Issus de familles de classe moyenne ou supérieure, Guillermo del Toro, Alfonso Cuarón et Alejandro González Iñárritu n’ont pas fui de misérables villages favelaesques fantasmés par les conservateurs, pour profiter des avantages supposés du système étasunien et détruire sa culture — discours identitaire faisant florès ces derniers temps. C’est même l’exact contraire qui s’est produit ; les rednecks doivent en m

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Écully, sempre italiano

ECRANS | Pendant dix jours, le centre culturel d’Écully et son cinéma proposent une superbe programmation autour de l’Italie, avec expositions, concerts et (...)

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Écully, sempre italiano

Pendant dix jours, le centre culturel d’Écully et son cinéma proposent une superbe programmation autour de l’Italie, avec expositions, concerts et surtout films, pris dans l’actualité récente du cinéma transalpin ou dans son histoire, dont on connaît la richesse. Niveau actualité, deux avant-premières notables : Une belle fin d’Uberto Pasolini, certes tourné en anglais, à Londres et avec un casting 100% outre-Manche — dont l’excellent Eddie Marsan, hélas ici dans un registre monoexpressif et dépressif qui ne rend pas justice à son talent — mais signé par un cinéaste certifié italien. Bon, le film n’est vraiment pas notre tasse de thé, comme on l’expliquera la semaine prochaine au moment de sa sortie… En revanche, on a très envie de découvrir Leopardi de Mario Martone, biopic d’un poète majeur du XVIIIe siècle et étudiant rebelle envers sa famille d’aristocrates conservateurs. Parmi les films déjà sortis, il n’est pas inutile de conseiller encore et encore Hungry Hearts de Saverio Costa

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Doc en packs au Toboggan

ECRANS | Pour sa cinquième édition, Les Écrans du doc se fraie un chemin entre les festivals de cinéma lyonnais du moment — Les Reflets au Zola, qui continuent cette (...)

Christophe Chabert | Mardi 17 mars 2015

Doc en packs au Toboggan

Pour sa cinquième édition, Les Écrans du doc se fraie un chemin entre les festivals de cinéma lyonnais du moment — Les Reflets au Zola, qui continuent cette semaine, le Festival du cinéma européen, qui débute ce vendredi à Meyzieu — et tire largement son épingle du jeu. L’idée étant de monter des doubles programmes thématisés pour mettre en perspective la production documentaire actuelle, plutôt foisonnante. Ainsi, Mehran Tamadon sera mis à l’honneur ce mercredi avec ses deux films, Bassidji et Iranien, où lui, l’athée, se confronte coup sur coup aux défenseurs extrêmes de la République islamiste et à quatre mollahs, dans un dialogue de sourds qui serait drôle s’il n’était aussi tragique dans ses conséquences — Tamadon ne peut désormais plus retourner en Iran. Il sera présent pour débattre avec les spectateurs au cours de la soirée. Complémentaires aussi, les deux documentaires projetés le jeudi 19 qui montrent le calvaire des demandeurs d’emploi : côté pile, l’enfer bureaucratique de Pôle e

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Hungry Hearts

ECRANS | Après "La Solitude des nombres premiers", Saverio Costanzo prolonge son exploration des névroses contemporaines en filmant l’enfermement volontaire d’une femme, atteinte d’une phobie radicale du monde extérieur. Un film dérangeant dont la mise en scène rappelle Polanski. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 24 février 2015

Hungry Hearts

La rencontre entre Jude et Mina pourrait être le prélude à une comédie romantique : ils se retrouvent tous deux enfermés dans les toilettes d’un restaurant chinois, incommodés par l’odeur et embarrassés par cette promiscuité forcée. Cette première scène de Hungry Hearts agit donc comme un faux-semblant pour le reste du film, pas franchement drôle et même carrément inquiétant. Mais Saverio Costanzo, déjà auteur du remarquable et terrible La Solitude des nombres premiers, y offre deux indices au spectateur quant à la tournure que prendront les événements : d’abord, la claustration physique et son prolongement psychologique, véritable sujet du film ; puis cette idée d’un corps masculin dont les fluides créent des effluves nauséabondes et potentiellement dangereuses. C’est ce qui va détraquer l’histoire d’amour : une fois le mariage célébré, l’enfant à naître n’est pas vraiment désiré. «Ne viens pas en moi !» demande Mina, mais Jude ne parvient pas à se retenir. Quelque chose d’étranger est donc entré

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Birdman

ECRANS | Changement de registre pour Alejandro Gonzalez Iñarritu : le cinéaste mexicain laisse son désespoir misérabiliste de côté pour tourner une fable sur les aléas de la célébrité et le métier d’acteur, porté par un casting exceptionnel et une mise en scène folle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 24 février 2015

Birdman

Partons du titre complet de Birdman : la surprenante vertu de l’ignorance. De la part d’un cinéaste aussi peu modeste qu’Alejandro Gonzalez Iñarritu, ce sous-titre a de quoi faire peur, tant il nous a habitué dans ses films précédents à donner des leçons sur la misère du monde sous toutes ses formes. Or, Birdman séduit par sa volonté de ne pas généraliser sa fable, circonscrite entre les murs d’un théâtre à Broadway : ici va se jouer à la fois une pièce adaptée de Raymond Carver et la tragi-comédie d’un homme ridicule, Riggan Thompson. Des années avant, il était la star d’une série de blockbusters où il jouait un super héros ; aujourd’hui, il tente de relancer sa carrière et gagner l’estime de ses contemporains en jouant et mettant en scène du théâtre "sérieux". Le naufrage de son existence ne se résume pas seulement à ses habits de has been : sa fille sort d’une cure de désintox, son mariage a sombré et il se fait écraser par une star mégalomane et égocentrique, Mike Shiner, plus roué et cynique que lui pour conquérir les faveurs de la critique et du public. Pour filmer les secousses qui vont bousculer Thompson dans le

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Réalité

ECRANS | Un caméraman qui veut tourner son premier film d’horreur, un producteur instable, un animateur atteint d’un eczéma imaginaire, une petite fille nommée Réalité… Avec ce film somme et labyrinthique, aussi drôle que fascinant, Quentin Dupieux propulse son cinéma vers des hauteurs que seul un David Lynch a pu atteindre ces dernières années. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Réalité

Vient toujours un moment, dans la carrière d’un cinéaste digne de ce nom, l’envie de tourner son Huit et demi, c’est-à-dire un grand film réflexif sur la manière dont il aborde le cinéma : Truffaut avec La Nuit américaine, Almodovar avec Étreintes brisées, David Lynch avec Mulholland Drive… Quentin Dupieux, qui avait déjà approché la question dans Rubber à travers des spectateurs regardant avec des jumelles le film en train de se dérouler sans caméra, ni équipe, ni projection, en fait le cœur de Réalité. Le titre lui-même est un leurre sublime : ici, la réalité est sans doute ce qu’il y a de plus incertain et fluctuant, toujours contaminée et reformulée par le cinéma et la fiction. En fait, ce n’est pas la réalité que le film cherche à capturer, mais une petite fille prénommée Réalité, que l’on filme en train de dormir et dont on veut atteindre le subconscient — autrement dit, la capacité à produire de l’imaginaire. Dans la boucle folle que le scénario finira par créer, on comprendra que cet imaginaire-là n’est rien d’autre que celui de Dupieux lui-même ; dans les rêves de Réalité, il y avait ce long rêve éveillé qu’e

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Spartacus et Cassandra

ECRANS | Deux enfants roms tiraillés entre leur famille naturelle et la possibilité d’une vie en France sous l’aile protectrice d’une jeune acrobate de cirque : un documentaire exceptionnel de Ioanis Nuguet, aussi fort dans son propos qu’ambitieux dans sa forme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

Spartacus et Cassandra

Jusqu’au 7 janvier, les Roms étaient le sujet polémique numéro un, cristallisant l’opinion, entraînant déclarations politiques enflammées, expéditives et démagogiques. Aujourd’hui, la doxa médiatique et populaire s’est trouvé une nouvelle cible et les Roms sont retournés dans l’anonymat de la misère. Heureusement, le cinéma est là pour œuvrer à contre-courant et maintenir vives des questions contemporaines, sans oublier évidemment de tordre le cou aux idées reçues. Rien de tel pour cela que de sortir des généralités et de braquer sa caméra sur des individus qui, au départ, ne représentent qu’eux-mêmes. Spartacus et Cassandra sont donc deux enfants roms arrivés de Roumanie avec leurs parents, traînant de camps en camps avant d’atterrir dans un squat chapiteau où ils sont pris en charge par Camille, acrobate qui, même du haut de son trapèze, garde les pieds sur terre. Comprenant que les deux enfants ont un potentiel et une envie de trouver leur place dans la France d’aujourd’hui, elle rentre donc dans un combat avec le père, alcoolique et totalement irresponsable — il reproche à la France de ne l’avoir jamais aidé et pense que l’Espagne va lui offrir une maison — pour leur

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Cap au nord pour les Rencontres

ECRANS | Pour sa 24e édition, Drôle d’endroit pour des rencontres met à nouveau en lumière le cinéma français avec un programme de grande qualité et un événement : la diffusion dans son intégralité et sur grand écran de la série "P’tit quinquin" signée Bruno Dumont. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 27 janvier 2015

Cap au nord pour les Rencontres

Soyons honnêtes : cela faisait un bail que Drôle d’endroit pour des rencontres n’avait pas proposé d’édition aussi excitante. L’exploit est d’autant plus notable que l’année 2014 n’a pas été un grand cru pour le cinéma français, artistiquement parlant en tout cas. Est-ce à dire que l’embellie se profile ? Possible… On reparlera dès la semaine prochaine du film d’ouverture, le splendide Spartacus et Cassandra, merveille de documentaire entre Terrence Malick et Ken Loach sur deux enfants roms tiraillés entre les impasses de leur famille naturelle — un père alcoolique et irresponsable, une mère qui sombre dans la folie — et la perspective d’un futur sous l’aile bienveillante d’une jeune acrobate, Camille Brisson — qui viendra présenter le film aux spectateurs. Réussite aussi : le premier film de et avec Thomas Salvador, Vincent n’a pas d’écailles, ou comment inventer un super-héros français sans chercher la surenchère avec les écuries Marvel et DC Comics, mais en restant au plus près d’un quotidien crédible et néanmoins réenchanté. À suivre : le deuxième film d’Alix Delaporte après

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L’Amérique au firmament…

ECRANS | Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas : de janvier à juin, c’est le retour des super auteurs du cinéma américain avec des films qu’on dira, par euphémisme, excitants. À l’ombre de ces mastodontes vrombissants, une poignée de cinéastes d’ici devraient leur donner le change. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 6 janvier 2015

L’Amérique au firmament…

Les Wachowski, Eastwood, Gonzalez Iñarritu, Paul Thomas Anderson, Michael Mann, Tim Burton, George Miller, à qui on ajouterait bien James Wan et Josh Whedon : le premier semestre 2015 se pose en miroir inversé du dernier semestre 2014. Fini le renouvellement générationnel, les cinéastes du monde entier qui arrivent à une forme de maturité créative, les francs-tireurs décidés à faire trembler le cinoche mainstream ou son frère jumeau, le world cinéma… Certes, il y en aura quelques-uns d’ici à fin mai ; mais ce sont bien les superauteurs américains qui risquent de faire la pluie et le beau temps sur l’actualité cinématographique d’ici là. Après un mois de janvier en forme de tour de chauffe, ce sont donc Larry et Lana Wachowski qui ouvrent le bal avec leur Jupiter Ascending le 4 février — que son distributeur français a, de manière particulièrement débile, rebaptisé Jupiter : le destin de l’univers. Après la fresque spatio-temporelle de Cloud Atlas, génial puzzle d’une ambition folle, les Wachowski s’envoient en l’air pour

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Théâtres de femmes

CONNAITRE | Pour sa dixième édition, le festival Théât'Réalité nous invite à réfléchir à la question du regard porté sur les femmes dans notre société. Tout au long de la journée du 27 (...)

Dorotée Aznar | Mardi 23 mars 2010

Théâtres de femmes

Pour sa dixième édition, le festival Théât'Réalité nous invite à réfléchir à la question du regard porté sur les femmes dans notre société. Tout au long de la journée du 27 mars, théâtre, danse, expositions, se succèderont au CCO de Villeurbanne. L'après-midi commence par une balade à vélo pour découvrir plusieurs créations au fil des rues de la ville : au programme, chanteuses d'opéra, créations de danse mêlant contemporain et hip-hop, une série de peinture sur la thématique de la naissance, ou encore, une performance de scotchage sauvage. Dès 17h, c'est autour et à l'intérieur du centre que se dérouleront les treize spectacles de la soirée. Des pièces de théâtre qui nous parlent du quotidien des femmes, de leurs questionnements, de leurs rôles. Mais aussi des spectacles construits autour de la parole d'anonymes, comme la pièce «Bulles d'elles» ou la création musicale et théâtrale «Ne pas pleurer, ne pas me taire». Entre deux représentations, plusieurs installations, expositions, une projection de gestes, ou encore une caravane transformée en chambre photographique parlante... Un festival hétéroclite, où tous les moyens sont bons pour penser et interroger nos représentations des f

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Sept artistes rêvent le réel

ARTS | Expo / C’est devenu maintenant une petite tradition : chaque été, le musée Paul Dini organise une exposition collective d’art contemporain placée sous une (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 12 juin 2008

Sept artistes rêvent le réel

Expo / C’est devenu maintenant une petite tradition : chaque été, le musée Paul Dini organise une exposition collective d’art contemporain placée sous une thématique large et grand public. Après le portrait et le paysage, l’été contemporain 2008 est consacré à l’ «Irréel (de la réalité au rêve)», avec Philippe Favier, Gordon Hart, Frédéric Khodja, Isabelle Jarousse… «À partir du réel donné comme expérience, sept artistes proposent des modes d’expression –entre figuration, collage, vidéo et abstraction- qu’ils interprètent sous forme onirique ou métaphorique», écrit Sylvie Carlier, directrice du musée. À travers ses vidéos et ses images numériques, le Grenoblois Samuel Rousseau nous livre sa vision humoristique de la cosmologie : une terre vue du ciel s’enfle et se déforme comme le ventre d’une femme enceinte, des surfaces rondes de fromages deviennent des astres orangés au milieu du vide intersidéral, de simples plaques de gazinière allumées font figures d’éclipses de soleil… Le photographe Éric Roux-Fontaine poursuit quant à lui son travail auprès des communautés tsiganes, préférant au réalisme et au documentaire classique la création d’images symboliques ou surréalistes. Ainsi, s

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