Bis

ECRANS | De Dominique Farrugia (Fr, 1h38) avec Franck Dubosc, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

C'est un cas d'école : comment le succès d'un film d'auteur français — Camille redouble — conduit à un dérivé opportuniste et commercial qui en reprend exactement la même formule — ce Bis signé Dominique Farrugia. Impossible d'oublier cette donnée pendant qu'on regarde cette comédie, pourtant pas la plus nulle engendrée par le cinoche français ces derniers temps. Il y a certes les éternels jeux de mots foireux qu'affectionne l'ex-Nul et qui nous donnent plutôt envie de chialer de dépit ; et une fin d'un conservatisme tellement inouï et assumé qu'on se demande si Farrugia ne fait pas déjà campagne pour la réélection de Sarkozy en 2017.

Ceci mis à part, dans le foutoir ambiant, il y a quelques bonnes idées, notamment celle qui montre ces deux vieux-jeunes tenter de convaincre la secrétaire de Claude Berri de produire les futurs succès du box office hexagonal. Voir Kad Merad voler l'idée des Ch'tis à Dany Boon est assez amusant, mais la réaction sceptique de la secrétaire l'est plus encore, venant corroborer l'idée qu'un succès est avant tout contextuel et pas universel. De même, si les deux acteurs principaux font le strict minimum, les seconds rôles sont bien vus et surtout bien incarnés par des acteurs excellents (Boisselier, Darmon, Anthony Sonigo ou Anne Girouard). Qu'on se fasse bien comprendre : Bis n'est pas un bon film ; mais ce n'est pas une honte non plus.

Christophe Chabert


Bis

De Dominique Farrugia (Fr, 1h40) avec Franck Dubosc, Kad Merad...

De Dominique Farrugia (Fr, 1h40) avec Franck Dubosc, Kad Merad...

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Éric et Patrice sont amis depuis le lycée. Au fil des années chacun a pris un chemin très différent : d’un côté Éric, hédoniste sans attaches aux multiples conquêtes, et de l’autre Patrice, père de famille « monogame » à la vie bien rangée. Après une soirée bien arrosée, les deux amis d’enfance se retrouvent propulsés en 1986 alors qu’ils n’ont que 17 ans. Ce retour dans le passé est l’occasion rêvée pour tenter de changer le cours de leur vie. Que vont-ils faire de cette seconde chance ?


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Baguettes Magiques : on célèbre la cuisine chinoise au Nouvel Institut Franco-Chinois

Food | Le festival culinaire Baguettes Magiques, organisé par le Nouvel Institut Franco-Chinois (2 rue Sœur Bouvier, Lyon 5e), revient jusqu'au (...)

Adrien Simon | Mercredi 8 septembre 2021

Baguettes Magiques : on célèbre la cuisine chinoise au Nouvel Institut Franco-Chinois

Le festival culinaire Baguettes Magiques, organisé par le Nouvel Institut Franco-Chinois (2 rue Sœur Bouvier, Lyon 5e), revient jusqu'au dimanche 12 septembre pour sa cinquième édition. L'idée ? Des chefs investissent au déjeuner les jardins du fort Saint-Irénée. Après la bistronomie de Table Wei et de Manto ou la street-food du Bistrot Zakka, ce jeudi les Jardins de Vartan ramèneront leurs légumes (bio) pour un repas végétarien, et Philippe Bernachon clôturera la journée par un cocktail dinatoire. Le samedi, c’est Jérémy Galvan, l’étoilé de la rue du Bœuf, qui montera pour proposer un menu gastronomique en piochant dans le potager de l’Institut. Et pour finir : double-brunch le dimanche, confectionné par Ravigote, avec pour les enfants, grâce à La Petite Académie, calligraphie, dessin et même fabrication de dragons ! (Menus de 26€ à 120€).

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Chez Pimousse, partage et beaujolais

Restaurant | Un bistrot à partager, en bord de Saône : Pierre-Michaël Martin régale chez Pimousse.

Adrien Simon | Lundi 5 juillet 2021

Chez Pimousse, partage et beaujolais

Il naviguait jusqu’à présent pour la flotte de Floriant Remont, Pierre-Michaël Martin a désormais accosté en bord de Saône, au pied de La Croix-Rousse. Ses cookies garnissaient les tables des Bistrots du Potager, Pimousse en reprend les codes : un intérieur soigné (ici blanc, bois clair, verre et lumière) pour des tables à partager et des magnums de beaujolais. Après quelques tapas — jambon noir de Bigorre, burrata (petits pois et fèves) ou thon rouge et pequillos (16€) —, de vrais plats : de pigeon (artichaut et figues), de bœuf (raturé), de cabillaud. Et surtout, les ris de veau (anchois et escargots) servis fumants à même la poêle (25€). En plus des cookies, une cave sans fond, dans laquelle piocher du Champagne Drappier (brut nature, 64€), un brouilly de Lapalu (46€), ou un mythique Silex de Dagueneau (148€). Chez Pimousse 27 quai Saint-Vincent, Lyon 1er Midi et soir ; fermé le week-end

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Bistrot Senior : une cantine radiophonique

Restaurant | L’année dernière LYL Radio déménageait en face de (feu) Chez Émile, le disquaire. Et posait son studio dans un bistrot. Qui prit doucement son envol avant d’être fauché par la Covid-19. Cette rentrée est l’occasion de le (re)découvrir.

Adrien Simon | Mercredi 23 septembre 2020

Bistrot Senior : une cantine radiophonique

Un chroniqueur parisien nous demanda un jour un conseil dînatoire "en régions" : on l’envoya fissa chez un futur étoilé. Son verdict, en substance : « c’était bon mais la musique était gênante ». Et voilà les cuistots priés de soigner — bien plus que nos estomacs — nos oreilles. Eux qui ont déjà mis un pied en salle (rencontrer les hôtes), un nez dans le verre (accorder mets et boissons) et un œil sur les réseaux (on y fait plus de flammes qu'aux fourneaux). "Ambianceur sonore" sera peut être un autre de ces métiers nécessaire au succès d’un bouge branché — avec le décorateur d’intérieur, la designeuse culinaire, et le conseiller en image. Au risque que l’avalanche sensorielle finisse par fatiguer. Ceci étant dit, on admettra volontiers qu’une sale bande-son puisse gratouiller les oreilles, comme une mauvaise odeur le nez, et dans les deux cas finisse par gâcher un repas. Il est autorisé de ne pas être sensible à ce qui sortira des enceintes dans le bistrot dont on va parler. Mais il faudra admettre que l'équipe prend la question musicale au sérieux ! Son tenancier, Lucas Bouissou, est le boss de LYL : une Web radio née en 201

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Décharge parentale : "10 jours sans maman"

Comédie | Excédée par la forfanterie paternaliste qu’il manifeste au logis, l’épouse du DRH d’une grande surface s’octroie dix jours de vacances seule ; charge au mari de s’occuper de la maison et des trois enfants, en plus de son travail. Bien sûr, ça ne va pas bien se passer, du moins au début…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Décharge parentale :

L’une des plaies du cinéma contemporain (et tout particulièrement de la comédie française) s’appelle la bande-annonce. Consistant en un concentré de film surmonté façon clip épileptique, ce produit formaté gâche plus les effets et/ou l’histoire qu’il n’éveille la curiosité. Promesse de prévisibilité catastrophique, celle de 10 jours sans maman est l’exemple du parfait repoussoir. Sauf que… Loin d’être un chef-d’œuvre de raffinement, d’intelligence ni d’esthétique (on baigne quand même dans l’uniforme lumière fromage blanc téléfilm), le nouveau Ludovic Bernard (L’Ascension) n’est pas si épouvantable que cela. Même avec Franck Dubosc, c’est dire ! D’abord, il tient son pari d’aborder la question de la méconnaissance de la charge mentale ménagère par le biais de la comédie, il s’attaque à ce tabou existant encore autour de la question de l’apparition des règles chez les adolescentes, et en bonus ironise sur les grotesques méthodes des grosses boîtes, mixte de lean management sauvage et d’injonction à être joyeusement corporate sous la houlette de

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Cyrano à tour de rôles

Théâtre | Huit acteurs, un tirage au sort, 1 677 216 possibilités : l'équipe du Collectif BIS, qui présente les trois premiers actes de Cyrano du 11 au 14 (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 février 2020

Cyrano à tour de rôles

Huit acteurs, un tirage au sort, 1 677 216 possibilités : l'équipe du Collectif BIS, qui présente les trois premiers actes de Cyrano du 11 au 14 février au NTH8, a le sens du teasing mais pas seulement. Car cette troupe a appris tout le texte d'Edmond de Rostand et c'est le public qui chaque soir va tirer au sort la partition de chacun. Pour l'avoir déjà vue, cette méthode qui suppose un travail colossal est aussi une façon d'aller au plus près de la littérature tant elle est malaxée. Une véritable expérience où le collectif est le tout, y compris le metteur en scène.

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De la chouette animation : "L'Odyssée de Choum"

Animation | La parade nuptiale d’un oiseau pour trouver l’élue de son nid ; l’amitié entre un oiseau naufragé et une jeune baleine ; la course-poursuite entre un bébé chouette et son puîné dans l’œuf emporté par une tempête… Trois courts-métrages exceptionnels à voir sans tarder !

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

De la chouette animation :

L’exemple récent de films d’animation atypiques partis de France ou d’Europe à la conquête du monde, glanant les récompenses (après avoir éprouvé toutes les peines à se financer…), devrait rendre les spectateurs plus vigilants : qu’elles soient longues ou courtes, ces œuvres animées brillent souvent par leur inventivité graphique, leur poésie narrative et visuelle ou leur intégrité artistique les conduisant hors des sentiers rebattus. Et combien dépaysants se révèlent la plupart des programmes estampillés “jeune public“, effervescent laboratoire du cinéma contemporain ! Judicieusement composé autour des volatiles, celui-ci est un mixte de techniques : 2D minimaliste colorée et épurée pour Le Nid de Sonja Rohleder, peinture sur verre (image par image, donc) pour le déchirant L’Oiseau et la Baleine de l’opiniâtre Carol Freeman et enfin celui donnant son titre au programme (une 2D digitale au rendu rappelant celui de Zombillénium) écrit par Claire Paoletti et Julien Bisaro, lequel l’a réalisé. Gravez d’ores et déjà leurs noms dans vos mémoires : on perçoit chez les au

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Food Traboule ou la Tour Rose rebootée

Food Court | L'institution gastronomique du Vieux Lyon, franchement rajeunie, se transforme en festival permanent de street food.

Adrien Simon | Jeudi 16 janvier 2020

Food Traboule ou la Tour Rose rebootée

Les petits panneaux destinés aux touristes perdus indiquent encore La Tour Rose. Il faudra bientôt rajouter "2.0" : l'institution prestigieuse n'est plus. Depuis le départ de Philippe Chavent, qui fit beaucoup dans les 90's pour ne pas laisser la gastronomie lyonnaise s'encroûter, elle allait de mal en pis. Mais la voilà rénovée ! Et scindée en deux entités : MiHotel gérant 14 suites, à mi-chemin entre l'appart' et l'hôtel, et donc le Food Traboule. Qu'est-ce ? Un food court, une "aire de restauration", comme on en trouve dans la plupart des grandes métropoles (genre le Mercado da Ribeira de Lisbonne ou le Grand Central Market de L.A.), habituellement dans d'anciennes halles ou hangars. Ici c'est un food court "à la Lyonnaise" donc fier de son passé. Notez : on est à la fois en plein cœur du quartier Unesco, dans les murs d'un ancien étoilé Michelin, lui-même dans la rue (du Bœuf) la plus étoilée de France. L'Ovni a été baptisé en grande pompe ce mardi 14 janvier. On aurait dit qu'on inaugurait la Cité de la Gastronomie, la vraie — celle de l'Hô

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Sorties de leur réserve : "Une belle équipe"

Comédie | Un seul point. C’est ce qu’il manque à l’équipe de foot de Clourrières pour assurer son maintien. Sauf que les joueurs ont tous été suspendus après une bagarre. Alors, l’entraîneur monte une équipe féminine pour les trois ultimes rencontres. Et se heurte à l’hostilité machiste du village…

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Sorties de leur réserve :

Alors qu’il s’apprêtait à en débuter le tournage en 2018, Kad Merad prévenait que ce film n’aurait rien à voir avec Comme des garçons, cette comédie-fiction bâtie sur l’histoire de la première équipe de France de football féminine. On le confirme : Mohamed Hamidi ne s’intéresse ni à la romance ni à la reconstitution historique, mais au — difficile — basculement des mentalités vers une société paritaire, le football étant le symptôme (ou le déclencheur) d'une prise de conscience : troquer le ballon contre la charge domestique ordinairement dévolue à leurs épouses équivaut à une castration pour ces messieurs. Le réalisateur (qui, au passage, remercie ses six sœurs au générique) s’amuse à montrer à quel point la sensibilité masculine est asymétrique : chatouilleux sur leurs “privilèges“ envolés, les hommes sont aveugles au fait que les affiches publicitaires utilisent des corps de femmes afin de vendre n’importe quoi à n’importe qui. Bien

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"The Pajama Game" : la grève en chantant

Comédie Musicale | Jean Lacornerie et Gérard Lecointe signent avec The Pajama Games une impeccable comédie musicale sur fond de lutte des classes.

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2019

Dire que The Pajama Game est le spectacle idéal de la fin d'année serait un peu court et surtout très réducteur. La comédie musicale que signent Jean Lacornerie et Gérard Lecointe - avec le chorégraphe Raphaël Cottin - est simplement une excellente production. Le metteur en scène (directeur du théâtre de la Croix-Rousse) et le directeur musical (directeur du Théâtre de la Renaissance), à l’œuvre sur scène comme percussionniste, ont eu l'excellente idée, après leur collaboration notamment pour Bells are Ringing, de dégotter cette création de George Abbott et Richard Bissell de 1954, récemment jouée par Harry Connick Jr. et portée à l'écran par Stanley Donen en 1957. Les ouvrières d'une usine de fabrication de pyjamas sont en grève pour obtenir une augmentation de salaire et lorsque la cheffe du syndicat tombe amoureuse du nouveau directeur exécutif, ce dernier fait face au big boss (devenu ici une voix dans un haut-parleur), fouille dans l

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Des papilles ouvertes sur le monde

Refugee Food Festival | Pour la troisième fois, des restos lyonnais invitent des chefs réfugiés à partager leur cuisine.

Adrien Simon | Mardi 11 juin 2019

Des papilles ouvertes sur le monde

C'était en février et vous êtes certainement passés à côté, malgré la retransmission télé, le tapis rouge, les enveloppes et De Caunes : le monde de la gastronomie se dotait d'un nouveau classement mondial, encore un, les World Restaurant Awards, créé par Joe Warwick et le Lyonnais Andrea Petrini, tous deux échappés de l'organisation du plus fameux des classements, le 50 Best. Ces Awards, dont le jury était composé de grands noms de la cuisine mondiale (René Redzepi, David Chang ou Alex Atala, par exemple), sut à la fois récompenser de petits nouveaux très cools (comme Wolfgat et ses vingt couverts sur une plage d'Afrique du Sud) et ménager ceux qui font encore la pluie et le beau temps dans l'univers gastronomique (Ducasse ou Passard). Et applaudir des initiatives rappelant que les restaurateurs ont aussi d'autres ambitions que de nourrir Instagram et monter dans les classements internationaux. Par exemple, Food for Soul, l'association du chef étoilé italien Massimo Bottura qui cuisine des invendus pour les offrir à des gens dans le besoin dans des lieux rénovés par des artistes. Ou enfin, le Refugee Food Festival qui a reçu le prix de l'événe

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Stupeur et tremblements : "Comme si de rien n'était"

Drame | De Eva Trobisch (All, 1h30, avec avert.) avec Aenne Schwarz, Andreas Döhler, Hans Löw…

Vincent Raymond | Mardi 2 avril 2019

Stupeur et tremblements :

Encore un peu secouée par la liquidation de sa petite société d’édition, Janne se rend à une soirée d’anciens. Si elle renoue avec un prof d'antan, elle y rencontre aussi le patron de celui-ci qui abuse d’elle. Sous le choc, Janne est incapable de réaliser ce qu’elle a subi… On ne pouvait choisir meilleur titre pour ce portrait de femmes — car au-delà de Janne, sa mère et l’épouse de son agresseur sont aussi représentées — à la fois mélancolique et terriblement actuel. Perturbant dans le bon sens du terme, ce film sortant dans le sillage du mouvement #MeToo met en lumière l’état de sidération psychique touchant de nombreuses victimes de viol pouvant les rendre mutiques, honteuses voire les contraindre à refouler leur traumatisme, histoire de “sauver les apparences“. Piégée par son silence, par le contexte social et les pressions professionnelles comme sa volonté de donner le change pour complaire aux stéréotypes sociétaux, Janne perd doucement pied ainsi que ses proches. Renvoyant chacune et chacun à son seuil d’acceptation et de tolérance face aux agressions du quotidien, qu’el

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B., comme Bistronomie

Restaurant | Plus tout à fait le même, ni tout à fait un autre, le Bistro B., dans le 6e, a été repris par un duo formé à l'Astrance et dans les cuisines de Daniel et Denise.

Adrien Simon | Mardi 5 février 2019

B., comme Bistronomie

Le 21 janvier paraissait la nouvelle édition du guide Michelin. Bibendum cette année - est-ce dû à un récent changement de direction ? - a sorti la sulfateuse. Trois établissements triple étoilés, et non des moindres, ont été déchus. Le message ? Ni les dynasties, ni les stars ne sauraient être éternellement auréolées. Ni la maison de l'Ill, plus de cinquante piges en haut du classement sous la houlette des Haeberlin père et fils, ni Marc Veyrat, le grand chef à chapeau le plus célèbre de France n'étaient donc intouchables. Ni le prodige Pascal Barbot, le plus jeune des triple étoilés, il le devint à 35 ans, le plus rapide aussi, en seulement sept ans. Il se dit que son micro-restaurant parisien ne respirait plus le renouvellement, tant dans l'assiette que dans le décor. On a demandé confirmation au Lyonnais Thomas Nicolle, qui y bossa au service, pendant sept ans tout de même : « ça fait quelques années que je n'y suis pas passé, mais je suis triste pour eux, je n'ai pas encore osé les appeler. C'est d'autant plus dommage, que c'était l'un des derniers tr

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Mercredi Biscuiterie, la madeleine de Proust

Goûter | Une biscuiterie qui vous rappelle les gâteaux de votre enfance, mais cuisinés maison : c'est Mercredi Biscuiterie.

Lisa Dumoulin | Mardi 16 octobre 2018

Mercredi Biscuiterie, la madeleine de Proust

Sablés dinosaures, dominos à la fleur de sel, petits beurres au chocolat, mikados, langues de chat et palmitos... ça vous évoque de tendres souvenirs ? C'est fait exprès. Le crédo de la biscuiterie et salon de thé Mercredi Biscuiterie, c'est la nostalgie. Plus précisément, les biscuits de votre jeunesse que vous preniez pour le goûter. En un peu plus gourmands, un peu plus garnis et surtout 100% fait maison à partir de produits frais et locaux. Dans une atmosphère douce et régressive parfaitement assumée, on choisit ses biscuits au comptoir : assortiment à composer soi-même parmi les biscuits du jour mais aussi les gâteaux moelleux : cake au citron, moelleux à la noisette et caramel beurre salé, roulé à la confiture ou encore l'impoli, qui n'est autre qu'un gâteau napolitain (mais si vous savez, les couches de génoise) mais le nom étant déposé, il a fallu trouver une autre appellation ! Puis on s'installe dans les accueillants fauteuils en osier et on nous apporte notre goûter sur un plateau, comme chez maman. On nous conseille aussi sur les meilleurs accords biscuits / boissons car ce n’est pas réservé qu’aux mets et aux vins ! C'est pas que pour les

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The Crew 2 : dérapage contrôlé

Jeu video | Retour sur une grosse actu de l'été côté jeu vidéo : le petit dernier du studio Ubisoft Ivory Tower, The Crew 2.

Lisa Dumoulin | Samedi 4 août 2018

The Crew 2 : dérapage contrôlé

Deuxième pôle numérique en France, la métropole lyonnaise regorge de studios de développement et d’édition de jeux vidéos. Des petits indépendants mais aussi en tête de file Ubisoft, qui a racheté en 2017 le studio Ivory Tower (fondé en 2007). Cet été, Ubisoft Ivory Tower, implanté à Villeurbanne, a sorti le deuxième opus de sa franchise The Crew, après plusieurs années de développement par les 175 employés du studio. The Crew 2, ce sont les sports mécaniques (voitures, motos, bateaux, avions…) made in USA, à expérimenter - et maîtriser, car le but du jeu est de devenir le champion toutes catégories - dans un monde ouvert, soit tout le territoire des États-Unis sans aucune restriction ! L’environnement est d’une richesse incroyable, tout comme le design des véhicules : certains sont la copie conforme de modèles existants, réalisés en partenariat avec des marques comme Ferrarri & co. Manger local c’est bien, jouer local c’est bien aussi ! The Crew 2 (Ubisoft)

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Mater dolorosa : "Ma fille"

Drame | de Laura Bispuri (All-It-Sui, 1h37) avec Valeria Golino, Alba Rohrwacher, Udo Kier…

Vincent Raymond | Mardi 26 juin 2018

Mater dolorosa :

Fillette sarde de 10 ans, Vittoria découvre Angelica et sa vie dépenaillée, à mille lieues de l’existence modeste mais rangée dans laquelle Tina, sa mère, veut l’élever. Sauf que la délurée Angelica est sa génitrice biologique. Vittoria va se rapprocher d’elle, au grand dam de Tina… Valeria Golino semble s’être fait une spécialité des emplois de mère courage, usant sa plénitude quadragénaire et son regard triste dans des histoires de familles à problèmes majuscules avec une grâce jamais entamée ; Ma fille le prouve à nouveau, même si la comédienne occupe ici, à égalité avec Alba Rohrwacher (dans le rôle de la serpillère, mère du sang mais pas de cœur) un rôle secondaire. Car la réalisatrice Laura Bispuri place réellement l’enfant au centre du récit, adoptant le plus souvent son point de vue afin que l’on perçoive son dilemme, ses (dés)espoirs, ses chagrins. Cela, sans un mot de sa part ou presque. Pour rendre compte de cet écartèlement permanent, qui se retrouve dans la rousseur de Vittoria, entre la bru

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Canaille Peluche : "Le Doudou"

Comédie | Employé à Roissy, Sofiane excelle dans les magouilles foireuses et le baratin. Découvrant l’avis de recherche d’un nounours perdu, il espère dans un premier (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 juin 2018

Canaille Peluche :

Employé à Roissy, Sofiane excelle dans les magouilles foireuses et le baratin. Découvrant l’avis de recherche d’un nounours perdu, il espère dans un premier temps escroquer des parents aux abois. Mais finit par partager l’obsession du papa excédé : retrouver le précieux doudou. Première réalisation de Philippe Mechelen & Julien Hervé, ce buddy movie des familles se révèle bien plus sympathique que Les Tuche, la série à succès commise par le duo. Car s’y côtoient en bonne intelligence et avec rythme de l’absurde (un maître-chien psychopathe persuadé que son dogue est sa “fille“, des châtelains fin de race et hors d’âge), une pointe d’incorrection (Isabelle Sadoyan, dans son ultime rôle, campe une vieille résistante frappée d’Alzheimer révélant ses sympathies collabo) ainsi qu’une certaine tendresse de mieux en mieux assumée par Kad Merad. Paupière lourde de patriarche à l

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Xabi Molia : « Je place Kad Merad au même rang que Denis Podalydès »

Comme des rois | Dans la peau d’un petit escroc à l’aura pâlissante, Kad Merad effectue pour Comme des rois de Xabi Molia une prestation saisissante, troublante pour lui car faisant écho à sa construction d’acteur. Propos glanés entre les Rencontres du Sud d’Avignon et Paris.

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Xabi Molia : « Je place Kad Merad au même rang que Denis Podalydès »

Xabi, quelle a été la genèse de ce film ? Xabi Molia : L’idée est venue d’une manière assez amusante. Il faut savoir que j’ai le profil du bon pigeon : j’adore qu’on me raconte des histoires. Je me suis donc fait arnaquer assez régulièrement, et notamment une fois à la gare Montparnasse. Pendant que j’attendais le départ de mon train, un type est monté et m’a raconté une histoire très alambiquée… Je ne saurais la raconter, mais l’enjeu c’était 20€. Je me souviens m’être méfié et l’avoir poussé dans ses retranchements ; mais lui retombait sur ses pattes, trouvait de nouveaux trucs pour que son histoire tienne debout. Bref, il me prend ces 20€ et je ne le revois évidemment jamais. J’ai d’abord été déçu de m’être fait délester de 20€. Mais finalement, il les avait quand même gagnés de haute lutte ! Et j’ai imaginé le matin que ce type avait peut-être dit à sa femme : « bon bah moi aujourd’hui je vais Gare Montparnasse, j’ai un nouveau truc ». Et le soir, peut-être qu’elle lui a demandé comment ça s’est passé et qu’il lui a répondu « oh bah aujourd’hui difficile j’ai fait 60 / 80 eur

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L’embrouille en héritage : "Comme des rois"

Le Film de la Semaine | Un bonimenteur de porte-à-porte à la rue donne malgré lui le virus de la comédie à son fils… Xabi Molia signe une splendide comédie sociale aux accents tragiques, portée par Kacey Mottet Klein et Kad Merad, touchants dans l’expression maladroite d’une affection mutuelle.

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

L’embrouille en héritage :

Volubile embobineur, Joseph a connu des jours meilleurs dans l’escroquerie. Pour se sortir de cette période un peu délicate, il pense pouvoir compter sur sa famille, en particulier sur Micka, son fils qu’il a patiemment formé. Mais ce dernier rêve d’exercer ses talents ailleurs : sur scène. Aspirer à être comme un roi, c’est un peu construire des châteaux en Espagne : viser un objectif prestigieux, tout en sachant inconsciemment en son for intérieur qu’il est d’une essence incertaine. On ne pourrait mieux résumer le personnage de Joseph, artisan-escroc à l’ancienne dont les talents de hâbleur ne lui permettent plus que de ramasser des miettes dans un monde contemporain le dépassant chaque jour davantage. Bateleur sans public, il demeure seigneur révéré d’une famille soudée dans le délit, mais assiste impuissant à la rébellion paradoxale de son fils dont il réprouve les choix et déplore l’absence de conscience criminelle. Un fils qui, de surcroît, le surpasse dans sa branche. Art, niaque et arnaques Xabi Molia avait entre ses

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Los Modernos : Que Viva Mexico !

L'expo de l'hiver | Au début du XXe siècle, de nombreux artistes français et mexicains ont dialogué, au sens propre comme au sens figuré : par le biais de voyages ou par écho des pratiques artistiques. Une fascination mutuelle qui a métissé la production picturale et photographique de l’époque.

Lisa Dumoulin | Mardi 19 décembre 2017

Los Modernos : Que Viva Mexico !

« Juste de l’autre côté de la rue, le Mexique commençait. On regarda émerveillés. À notre étonnement, ça ressemblait au Mexique. » écrit Jack Kerouac dans son roman Sur la route en 1957. Il résume toute l'ambivalence du Mexique, et peut-être du voyage en général. L’exposition rassemble deux collections, celle du Musée des Beaux-Arts de Lyon et celle du Museo Nacional de Arte de Mexico et illustre les dialogues mais aussi les ruptures entre les scènes française et mexicaine de l’art moderne de 1900 à 1960. Car les artistes présentés dans l’exposition ont pour beaucoup entretenus des relations avec leurs contemporains outre-Atlantique. Le Mexique, alors en pleine Révolution, fascine les artistes français - et américains - tandis que les mexicains s’intéressent aux avant-gardes artistiques d’après guerre en Europe et plus particulièrement en France : fauvisme, cubisme, surréalisme, néo-impressionnisme, recherches sur l’abstraction… Trois principaux points de rencontre sont mis en lumière par l’exposition : le cubisme, le surréalisme et la photographie. Diego Rivera, du c

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Les statues leurrent aussi : "Au revoir là-haut"

Le Film de la Semaine | Conte noir plongeant ses racines dans la boue des tranchées et s’épanouissant dans la pourriture insouciante des Années folles, le sixième long-métrage de Dupontel fait rimer épique et esthétique en alignant une galerie de personnages (donc une distribution) estomaquante.

Vincent Raymond | Mardi 24 octobre 2017

Les statues leurrent aussi :

Après avoir frôlé la mort dans les tranchées, une gueule cassée dotée d’un talent artistique inouï et un comptable tentent de “s’indemniser” en imaginant une escroquerie… monumentale. Honteux ? Il y a pire : Aulnay-Pradelle, profiteur de guerre lâche et assassin, veut leur peau… La barre était haut placée : du monumental roman de Pierre Lemaitre, statufié par un de ces Goncourt que nul ne saurait discuter — ils sont si rares… — Albert Dupontel a tiré le grand film au souffle épique mûrissant en lui depuis des lustres. La conjonction était parfaite pour le comédien et réalisateur qui, s’il n'a jamais caché ses ambitions cinématographiques, n’avait jusqu’à aujourd’hui jamais pu conjuguer sujet en or massif et moyens matériels à la mesure de ses aspirations. Chapeau, Lafitte Le roman se prêtait à l’adaptation mais n’a pas dû se donner facilement — l’amplitude des décors et des situations augmentant les risques de fausse route et d’éparpillement. Galvanisé, Dupontel s’est réapproprié ce récit picaresque et

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Le Bistrot du Potager Gerland : ça déménage !

Restaurant | Cette quasi institution de la rue de la Martinière se téléporte du côté de Gerland. Le voyage lui a fait un bien fou.

Adrien Simon | Mardi 17 octobre 2017

Le Bistrot du Potager Gerland : ça déménage !

Depuis la cour du Croiseur, salle de spectacle du 7e, on observait l'année dernière de grandes grues s'affairer au sein d'un chantier monstre. C'était durant le Salon des Débouchées, hommage de novembre aux vins propres (nous en reparlerons). Quant au projet immobilier en question, il s'agissait de Gerland 75, réhabilitation, en logements et bureaux, des anciens Magasins Généraux de la Mouche. L'année dernière, la petite halle en pierres du XIXe se tenait toute seule au milieu d'un terrain vague. Aujourd'hui, même si elle attend toujours les parcs paysagers qui devraient l'entourer, la voilà habitée par un tout neuf Bistrot du Potager. Rappel : il y a presque douze ans, Franck Delhoum ouvrait le Potager des Halles, à la Martinière (dans le 1er), avant de lui adjoindre un bistrot à tapas. Or, Franck a mis les voiles, direction Gerland. Un quartier plein d'avenir si l'on en croit la Métropole, qui vante à grand renfort de plaquettes chics, un « territoire » en « métamorphose », attirant de « nouvelles énergies créatrices »

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Robin Campillo : « Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu »

120 battements par minute | Auréolé du Grand Prix du Jury au Festival de Cannes, le scénariste et réalisateur de 120 battements par minute revient sur la genèse de ce film qui fouille dans sa mémoire de militant.

Vincent Raymond | Lundi 21 août 2017

Robin Campillo : « Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu »

Comment évite-t-on de tomber dans le piège du didactisme ? Robin Campillo : Ça fait longtemps que se pose pour moi le problème des scénarios qui prennent trop le spectateur par la main comme un enfant et qui expliquent absolument tout ce que vivent les personnages. La meilleure façon que j’aie trouvée, c’est de reprendre ce truc à Act Up Paris : il y avait un type qui fait l’accueil, qui expliquait très bien comment fonctionnait la prise de parole. Mais ensuite, quand on était dans le le groupe, on ne comprenait absolument plus rien à la manière dont fonctionnaient les gens : il y avait trop d’informations ! On s’apercevait que le sujet sida était éclaté en plein d’autre sujets, et on était perdus. J’ai donc voulu jeter le spectateur dans cette arène, comme dans une piscine pour qu’il apprenne à nager tout seul. Je voulais qu’il n’ait pas le temps de réagir à ce qui se produisait, aux discours ni aux actions, lui donner l’impression que les choses arrivaient sans qu’il ait le temps d’en prendre conscience. Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu, quand on ne sait pas ni où ni à quel moment on

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À Cannes, il a eu le Grand Prix : "120 battements par minute" de Robin Campillo

Act Up Paris | de Robin Campillo (Fr, 2h20) avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel…

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

À Cannes, il a eu le Grand Prix :

Histoires de révoltes et de combats. Celles des militants d’Act Up Paris à l’orée des années 1990, sensibilisant à coup d’actions spectaculaires l’opinion publique sur les dangers du sida et l’immobilisme de l’État. Et puis la romance entre Nathan et Sean, brisée par la maladie… Grand Prix à Cannes, ce mixte d’une chronique politique et d’une histoire sentimentale est aussi une autobiographie divergée de Robin Campillo. Ancien membre d’Act Up, il a toute légitimité pour évoquer le sujet de l’intérieur, en assumant sa subjectivité, et tenant compte du temps écoulé. Le portrait collectif qu’il signe n’est ainsi ni un mausolée aux victimes, ni un panégyrique aux survivants, ni un documentaire de propagande : il s’inscrit dans un contexte historique, à l’instar d’un conflit armée. Campillo emprunte d’ailleurs sa construction aux films de guerre, chaque génération ayant les siennes — les AG étant les réunions d’état-major avant les actions et manifs ; le champ de bataille les lieux d’intervention. Sauf qu’il y a ici deux guerres à mener : l’une, visible, contre les insti

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"L’Amant double" de François Ozon : maux comptent double

ECRANS | Une jeune femme perturbée découvre que son ancien psy et actuel compagnon mène une double vie. Entre fantômes et fantasmes, le nouveau François Ozon transforme ses spectateurs en voyeurs d’une œuvre de synthèse. En lice à Cannes 2017.

Vincent Raymond | Mercredi 31 mai 2017

Conseillée par sa gynécologue, Chloé, une jeune femme perturbée, entame une psychanalyse auprès de Paul Meyer. Mais après plusieurs séances, la patiente et le thérapeute s’avouent leur attirance mutuelle. Le temps passe et ils s’installent ensemble. C’est alors que Chloé découvre que Paul cache d’étranges secrets intimes, dont une identité inconnue… L’an dernier sur la Croisette, c’est Elle de Verhoeven qui avait suscité une indignation demi-molle en sondant les méandres obscurs du désir féminin et en démontant sa machinerie fantasmatique — sans pleinement convaincre, pour X ou Y raison. Au tour de François Ozon de s’y employer, dans le même registre élégamment sulfureux et chico-provocateur. Car l’on sait, à force, que le réalisateur adore frayer avec les tabous, s’amusant à les titiller sans jamais outrepasser les frontières de la bienséance : courtiser le scandale est à bien des égards plus excitant (et moins compromettant) que d’a

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"Sous le même toit" : objectif nul

ECRANS | de Dominique Farrugia (Fr, 1h33) avec Gilles Lellouche, Louise Bourgoin, Manu Payet…

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Delphine et Yvan divorcent. Fauché, ce dernier revendique les 20% de la demeure familiale qu’il possède, et les occupe, histoire d’avoir en permanence un œil sur son ex. Ce sont leurs enfants, ignorés, qui en auront assez de cette scabreuse situation. Difficile de rire avec, de ou grâce à ce personnage immature exerçant un chantage afin de maintenir son emprise sur la vie privée de son ancienne épouse : ce type de possessivité pathologique et de perversité narcissique aurait davantage sa place dans un thriller. Difficile également de ne pas être écœuré par la vulgarité diffuse dégagée par cet étalage de fric, de jalousie mesquine, de testostérone satisfaite et de machisme graveleux. Et si à la toute fin, Farrugia tente de donner du sens à son (involontairement) dramatique comédie en abordant le sujet du harcèlement scolaire, c’est peu dire que le sujet tombe comme un cheveu sur la soupe. Bien que raté, L’Économie du couple (construit sur une trame immobilière proche), avait au moins le bon goût de ne pas sombrer dans un pareil pathétique.

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Michael Fassbender : « Je ne suis pas un gamer »

4 questions à... | Après avoir campé dans Steve Jobs un créateur d’ordinateur, Michael Fassbender endosse pour l’adaptation du jeu vidéo Assassin’s Creed le double rôle de Cal et d’Aguilar, coiffant en sus la capuche de coproducteur. Il mise gros jeu…

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Michael Fassbender : « Je ne suis pas un gamer »

Êtes-vous adepte des jeux vidéo ? Je ne suis pas un gamer, mais je me suis mis à Assassin’s Creed après avoir accepté d’entrer dans ce projet — par respect pour les gens d’Ubisoft d’une part, de l’autre parce que j’avais envie de connaître ce monde qu’ils avaient créé et qu’ils m’avaient tellement bien expliqué. Pour m’inspirer également de la “physicalité” du personnage que je devais interpréter, dans ses mouvements pour les combats, dans sa pratique du parkour… Mais je ne suis pas le seul à m’être totalement immergé dans cet univers : ma partenaire de jeu Ariane Labed a été plutôt hardcore dans sa préparation : elle allait tellement fort dans les combats avec les cascadeurs qu’elle a fini avec la main en sang ! Votre personnage est amené à puiser au fond de sa “mémoire génétique”. Avez-vous déjà éprouvé ce besoin pour un rôle ? Je suis pas sûr que cela soit le cas. En général, j’interprète à l’écran des personnages existant ou ayant existé ; je puise alors des informations sur eux en regardant des vidéos sur Youtube ou en lisant des livres qu’ils ont écrits, pour avoir

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"Prof. Fall" : Diamant Brun

Bande Dessinée | Une BD, une expo, une dédicace et un concert : Ivan Brun fait des histoires sombres, mais les choses bien.

Vincent Raymond | Lundi 31 octobre 2016

Cela faisait belle lurette qu’Ivan Brun n’avait pas donné signe de vie — ni de mort, l’un de ses thèmes de prédilection. Son dernier album de bandes dessinées paru, War Songs (Drugstore) datait tout de même de 2010. La peinture, son autre activité, l’avait-elle accaparé ? Avait-il délibérément cherché à fuir ses trop sombres sujets ? Peut-être avait-il tout simplement pris son temps pour mener à bien Prof. Fall, un imposant pavé lui valant de renouer avec l’éditeur lyonnais de ses débuts, Tanibis. Brun c’est noir Un retour aux sources aux allures de grand chambardement pour Brun. D’une part, il se confronte à un matériau préexistant, en l’occurrence un scénario de Tristan Perreton ; de l’autre, il manipule des mots et même du dialogue — une sacrée première pour lui qui privilégiait jusqu’alors la sécheresse du no comment, tolérant à la rigueur quelques dessins et logos dans ses bulles. Que les inconditionnels de l’illustrateur se rassurent : ses univers graphique et psychologique n’ont pas muté. Plong

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"Camping 3" : et Gérard Jugnot avala un spacecake

ECRANS | Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un instant grégaire…) réjouissez-vous, il se peut que vous puissiez vous raccrocher à une séquence comme le naufragé à sa bouée. En l’occurrence, celle où Gérard Jugnot ingurgite un spacecake — expliquer les circonstances de l’ingestion serait fastidieux. Rentabilisant au mieux sa participation et son expérience, le comédien retrouve ses trémulations asthmatiques du buveur de liqueur d’échalote, devient hystérique comme un Félix à Noël et offre par son trip une plage de grâce dans une mer d’huile solaire. À part ce moment qui, étonnamment, échappe au cadre du camping — de là à en tirer les conclusions qui s’imposent… — rien de nouveau sous le coup de soleil ; tout le monde retourne au piquet de tente. Camping 3 de Fabien Onteniente (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Gérard Jugnot…

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Le café Arsène casse la croûte

Restaurant | Les anciens tenanciers de l'Escarcelle convoquent l'esprit (pas suranné mais rénové) des bistrots à la française dans un ancien atelier de bijoutier du 1er arrondissement.

Adrien Simon | Mardi 28 juin 2016

Le café Arsène casse la croûte

On avait lu que deux trentenaires — déjà connus pour leur resto sous les Chartreux : l'Escarcelle, aujourd'hui fermé — voulaient se lancer dans le « vieux café-comptoir à la française, où l'animation ne s'arrêterait jamais. » Ils annonçaient, près de l'Opéra, un vrai (de vrai) bistrot, où l'on pourrait manger un sandwich au bar en lisant la presse ; boire une pression en consultant ses mails ; tenir le crachoir auprès du patron ; avaler un plat du jour sur des banquettes en skaï. Et les patrons de convoquer l'esprit des années 20 : café Arsène, donc. Avant d'arriver, on s'imaginait un vieux zinc en reprise, à l'instar du Café du Rhône, ou du Bistrot des Fauves. Pas du tout. On a l'impression d'un grand cube creusé directement dans la pierre, s'ouvrant via une grande double-porte en bois. Au centre, un énorme comptoir, tout neuf, massif et cubique lui aussi. Autour, des tables hautes, pour boire un coup vite fait. Le long des murs, quelques banquettes en cuir encore brillantes, et au plafond (haut, le plafond) une suspension monumentale. Ok : new look, le café-comptoir. C'est l'atelier d'architecte lyonnais D

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Bistronomie : Katsumi Ishida, le précurseur

GUIDE URBAIN | « Les foodistas ont la mémoire courte » répétait l'année dernière le journaliste Andrea Petrini au micro de Radio Nova, « Si l'on parle (...)

Adrien Simon | Mardi 22 mars 2016

Bistronomie : Katsumi Ishida, le précurseur

« Les foodistas ont la mémoire courte » répétait l'année dernière le journaliste Andrea Petrini au micro de Radio Nova, « Si l'on parle aujourd’hui énormément des nouvelles tables, des nouveaux chefs, des jeunes… Peut-être qu’il y a quinze ans, Lyon ouvrait déjà la porte. » Katsumi Ishida débarque à Lyon en 1992, en provenance du Japon où il a appris et fait la cuisine (française, à l'Apicius) et croisé un certain Alain Chapel : un moment marquant. Il pose le pied en France deux ans après le décès de ce dernier, mais rencontre son ancien boulanger, Luc Mano, qui tient boutique à la Guill'. « Je venais ici pour découvrir des produits de qualité. À la première bouchée de son pain, j'ai compris que son travail était différent » se souvient Katsumi. Après avoir travaillé dans des restaurants japonais, puis plusieurs années à la Villa Florentine, il ouvre en 1999 En Mets Fait ce qu'il te Plaît. Quelques années plus tôt, il a rencontré une autre connaissance d'Alain Chapel : Marcel Lapierre, qui produit un Morgon sans additifs, sans soufre ajouté. Avec lui, mais aussi avec Pierre Overnoy dans le Jura e

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Bistronomie : ces chefs qui bousculent la tradition

GUIDE URBAIN | De Katsumi le précurseur à Tabata & Ludovic les derniers installés, une génération spontanée de chefs voyageurs, connectés et décomplexés explosent les codes de la gastronomie traditionnelle : tour d'horizon.

Adrien Simon | Mardi 22 mars 2016

Bistronomie : ces chefs qui bousculent la tradition

Il fut un temps où la cuisine, en France, n'était pas "cool". Un temps d'avant Instagram, les blogueuses et les yelpeurs ; avant Top Chef, Jamie et Cyril ; avant la "food" (porn, ing, ista) ; avant les brunchs électro, les soirées fooding, les chefs en jean-baskets et tablier bleu. La cuisine en France, à défaut d'être branchée, pouvait être gastronomique, patrimoniale, référence mondiale. Quoique... Fin 90, une certaine presse étrangère la juge « rigide », « ennuyeuse », trop chère. En 2014, le New York Times s'acharne encore : la cuisine française a définitivement implosé ! Mais ses débris sont précieusement ramassés par une flopée de jeunes chefs, (notamment) adeptes de la bistronomie, qui explosent les codes du restaurant de papa et envoient des assiettes mode. À Lyon, parler de bistronomie revient à évoquer En Mets Fait ce qu'il te Plait, improbable chalet au coin des rues Chevreul-Gryphe (la façade a depuis été refaite). Improbable bazar aussi, que son hall d'entrée. Katsumi s'y installe en 1999, seul en cuisine : il décrète que l'on viendra chez lui pour ce qu'il y a dans l'assiette (et les verres) — un point c'est

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Marseille

ECRANS | de et avec Kad Merad (Fr, 1h39) avec Patrick Bosso, Venantino Venantini…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Marseille

Si Kad Merad était un post-adolescent imbu de son importance capillaire, on se gausserait de lui comme de son film maladroit, emberlificoté dans ses bonnes intentions et au finale spectaculairement avorté. Mais l’homme, plus encore son absolue sincérité ou son absence de cynisme, désarment toute intention médisante. Alors, on s’abstient. À l’inventeur du Kamoulox, il sera beaucoup pardonné. VR

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Une saison revue à la baisse

SCENES | Si priorité est donnée dans ces colonnes aux spectacles et aux artistes, impossible de faire l’impasse sur les gels ou amputations de budgets culturels annoncés par la Ville en juin. Explications avec Georges Képénékian, 1er adjoint au maire délégué à la culture et réaction des Subsistances et des Célestins. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Une saison revue à la baisse

Les salles de la Ville – qui consacre 20% de son budget à la culture – risquent bien de devoir modifier leur offre de programmation dans les mois et années à venir. Car le 15 juin dernier, lors de l’annonce des grandes orientations budgétaires pour la période 2016-2020, le milieu a tremblé : pour combler le désengagement de l’État vis-à-vis des collectivités territoriales (moins 240 M€) et malgré un endettement calculé pour continuer à investir, deux domaines ont souffert plus que d’autres, le sport et la culture. Bilan pour cette dernière délégation : budget gelé pour l’Auditorium-Orchestre National de Lyon, l’Opéra et les Célestins, baisse de 150 000€ pour le musée des Beaux-arts et le Musée d’Art Contemporain, et de 450 000€ pour les Subsistances. «Ce n’est pas un rabotage, nous avons voulu prendre des options qui font sens sans faire dérailler le train plutôt que d’appliquer systématiquement - 8% à tout le monde. On a plutôt fait contribuer les maisons les plus grosses à cet effort pour préserver l’émergence. Et faire en sorte que les budgets cré

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Il pleut des cordes à Guitare en scène

MUSIQUES | Pour être invité à Guitare en scène, ce n'est pas bien compliqué : il suffit d'avoir une guitare. Bon, et accessoirement de savoir en jouer excellemment. (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2015

Il pleut des cordes à Guitare en scène

Pour être invité à Guitare en scène, ce n'est pas bien compliqué : il suffit d'avoir une guitare. Bon, et accessoirement de savoir en jouer excellemment. Ici, on vénère à ce point la six cordes que même quand elle n'en a que quatre, on l'aime quand même. C'est ainsi que l'on retrouvera cette année à Saint-Julien-en-Genevois des stars de la basse comme Sting – qui s'est diversifié au-delà de ce qui fut son instrument d'origine – ou le grand Marcus Miller. Mais pour les dingos de soli et de tablatures, il y a du virtuose : blues avec Sonny Landreth, le guitariste préféré d'Eric Clapton – après Eric Clapton, sans doute – rock progressif avec Steven Wilson, classic rock avec le bellâtre Aynsley Lister, "Black Keys libanais" avec The Wanton Bishops ou hard rock avec Flayed. Sans oublier bien sûr, Scorpions – inventeurs brevetés du soft hard rock. Et celui qui, pour les lecteurs de Guitare Mag, est sans doute l'un des équivalents de Dieu – après Eric Clapton, sans doute : l'Anglais Mark Knopfler,

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Crise énergétique à l'IAC

ARTS | Exposition collective en deux volets, Otium propose de «revisiter certaines approches de la matière et des énergies dont nous sommes issus. Depuis la (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 23 juin 2015

Crise énergétique à l'IAC

Exposition collective en deux volets, Otium propose de «revisiter certaines approches de la matière et des énergies dont nous sommes issus. Depuis la relation tellurique au monde jusqu'aux perceptions de type mythique, animiste ou astral qui procèdent d'une vision" enchantée" de l'univers». Un joli programme dont on ressort plutôt très désenchanté : de l'érotisme frelaté de Paul-Armand Gette à la navrante installation de Basserode qui, à travers quelques silex fixés à une cimaise, voudrait faire croire à une pluie de météorites entrées en collision avec la Terre, la majorité des œuvres présentées nous ont indifféré. Peut-être manquons-nous d'imagination, mais rien ici ne semble doté d'une quelconque énergie et notre relation tellurique au monde reste sans voie plastique. Myriam Mechita sauve un peu la mise avec son travail sur papier mélancolique et ses étranges pierres de couleurs incrustées dans les murs. Et désenchantés nous sommes restés, mais de manière plus intéressée et idoine, en découvrant l'environnement de Steve Bishop, invité à l'IAC par La Salle de bains. Ce jeune artiste canadien propose en effet une sorte de parcours en boucl

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Fanzine Camping, de la jeunesse et de la débrouille

CONNAITRE | On vous le serine à chaque itération de la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne et du Salon de la petite édition de Saint-Priest, vous pouvez en ce moment (...)

Benjamin Mialot | Mardi 26 mai 2015

Fanzine Camping, de la jeunesse et de la débrouille

On vous le serine à chaque itération de la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne et du Salon de la petite édition de Saint-Priest, vous pouvez en ce moment le vérifier à la bibliothèque de la Part-Dieu via l'exposition qu'elle consacre au cinquantenaire de L'école des loisirs : c'est dans les pages des publications jeunesse que s'inventent les formes graphiques et narratives de demain. Le week-end qui vient devrait lui aussi apporter de l'eau à notre moulin, grâce à la première édition de Fanzine Camping, un festival abordant la gribouille pour lecteurs en culottes courtes par son versant le plus indépendant, voire carrément do it yourself. Y tiendront salon des revues où les récits plus ou moins séquentiels côtoient les travaux pratiques et les mini-reportages (notre camarade décalé et thématique Georges, son formidable cousin strasbourgeois Biscotto, Cuistax, sorte de Pif Gadget belge et lo-fi...), des auteurs du coin (Julie Colombet et ses obsessions animalières, la touche-à-tout et prolifique Delphine Perret ou encore Anouk Ricard, dont le trait naïf se prête aux gentils enfantillage

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L'Angleterre en force à Nuits Sonores

MUSIQUES | ​Best of de la saison qui s'achève, la programmation de Nuits Sonores 2015 est aussi la plus cosmopolite que le festival ait connue. Mais désormais, à la fin, ce sont nos voisins d'outre-Manche qui gagnent : bouillon de la bass culture à l'aune de laquelle la house et la techno n'en finissent plus de se réinventer, l'Angleterre est, par l'entremise de sa capitale, LA grande nation électronique des années 2010. La preuve en dix ambassadeurs. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

L'Angleterre en force à Nuits Sonores

Daniel Avery / Shackleton On l'a découvert de jour l'an passé, cette fois c'est de nuit que l'on pourra prendre la mesure de la versatilité du ténébreux rouquin, qui plus est sur une scène toute entière dédiée à la résidence qu'il anime à la mythique Fabric. Depuis Drone Logic, Daniel Avery n'a rien produit. Pas grave : ce premier album, classique instantané de techno charnelle (ou de rock stockable dans le cloud ?), reste un an et demi après sa parution l'une des plus belles incarnations de ce «chant de la machine» qui, chaque printemps, exerce sur nos concitoyens la même fascination que la voix des sirènes sur les marins qui croisaient jadis en mer de Sicile. Nuit 1 – Halle 2 Á l'Ancien marché de gros, mercredi 13 mai à 3h15

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Berlinale 2015, jour 8. Gay Berlin.

ECRANS | « 13 minutes » d’Olivier Hirschbiegel. « Vergine giurata » de Laura Bispuri. « L’été de Sangaile » de Alanté Kavaïté. « Nasty baby » de Sebastian Silva.

Christophe Chabert | Vendredi 13 février 2015

Berlinale 2015, jour 8. Gay Berlin.

À la Berlinale, on remet chaque année le Teddy Bear du meilleur film LGBT, une tradition qui fête ses vingt ans et qui a depuis fait école dans d’autres festivals (cf la Queer Palm de Cannes). On ne sait trop si c’est l’œuf qui a fait la poule ou les poules qui ont pondu des œufs, mais toujours est-il que la Berlinale est devenue un lieu important pour le lancement d’une saison entière de films gays, ceux-ci se retrouvant dans toutes les sections, mais plus particulièrement en compétition (comme le Greenaway d’hier) et surtout au Panorama, où il y en a à foison. 13 minutes, et deux heures de souffrance Avant de donner quelques exemples parmi ceux qu’on a vus durant cette semaine, arrêtons-nous sur 13 minutes, le nouveau Olivier Hirschbiegel, «auteur» de La Chute et de l’impérissable Diana, dont on ricane encore deux ans après l’avoir vu — même si Grace de Monaco l’a dépassé dans le genre biopic bidon de princesse ridicule. Hirschbiegel, dans le meilleur des cas, pourrait postuler au titre de Claude Berri allemand, alignant les grosses p

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Nuits Sonores 2015 - La programmation de jour

MUSIQUES | La première moitié du programme de Nuits Sonores 2015 est tombée, entraînant dans sa chute son lot d'impatiences et de surprises. Brace yourselves, habitants de la Confluence, spring is coming. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 14 janvier 2015

Nuits Sonores 2015 - La programmation de jour

Si Wagner fait naître chez certains des sentiments belliqueux à l'encontre de la Pologne, la prochaine édition de Nuits Sonores, elle, devrait vous donner envie de passer l'été au pays de Copernic. Car c'est Varsovie, capitale qui s'impose depuis quelques années comme l'une des cool du Vieux continent, qui sera à l'honneur de la traditionnelle carte blanche. L'occasion de découvrir tout un contingent de producteurs et groupes aux noms pour le moment nimbés de mystère : Xenony, Piotr Kurek (accompagné par le collecteur analogique Étienne Jaumet), Black Coffee, Alte Zachen ou encore Polonezy Fanfare.Nonobstant cette escale, Nuits Sonores (et ses événements connexes bien sûr, du participatif Extra! au réflexif Lab) restera fermement ancré à la Confluence, selon le même découpage que l'an passé : le détachement polonais à la Maison de la Confluence, les soirées éponymes à l'ancien Marché de gros et les Days à la Sucrière. Tiercé gagnant Premier dévoilé, le contenu de ces derniers, aux inévitables et néanmoins agréables relents de Sucre (à l'instar de la

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Barbecue

ECRANS | D’Éric Lavaine (Fr, h38) avec Lambert Wilson, Franck Dubosc, Florence Foresti…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Barbecue

Le concept — une comédie avec des potes, un barbecue et Franck Dubosc — pouvait laisser penser à un ersatz de Camping ; grave erreur ! Barbecue est en fait un ersatz des Petits mouchoirs de Guillaume Canet. Même humour pas drôle entre gens riches pleins de problèmes de riches, même envie de capturer l’air du temps générationnel des gens riches, même vague suspense mélodramatique autour de la mort possible d’un des mecs riches présents sur l’écran. Et, surtout, même morale décomplexée où l’argent ne fait pas le bonheur, mais quand même, si tu n’en as pas, ben t’es qu’un gros raté. On le sait : la comédie française vote depuis belle lurette à droite et, après tout, elle fait bien ce qu’elle veut. Mais dans ce film horriblement mal écrit au casting aussi furieusement opportuniste que totalement à côté de la plaque — exception : Florence Foresti, qui se sauve courageusement du désastre — la chose est affirmée clairement : le pauvre de la bande a un job de merde, pas de copine et est à moitié simplet. Comme disait l’autre : vive la so

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Alléchants de mars

MUSIQUES | Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Alléchants de mars

Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson française, à boire et à manger. De la variété benête à la Renan Luce à la grande Françoiz Breut ou Barcella, sorte d'Henri Dès pour adultes qui n'a pas son pareil pour vous forer une mélodie dans le crâne. Des talents installés, comme les french countrymen de La Maison Tellier, mais surtout une invraisemblable armada lyonnaise (et environnante) qui permet de se rendre compte de la richesse quantitative et qualitative de la chanson locale d'expression française.  Le tremplin "Et en plus elles chantent", bien sûr, qui chaque année révèle sa chanteuse d'avenir (ou pas), mais aussi cette année les inévitables Max Lavegie (homme lige de Carmen Maria Vega et figure de Gourmets Recordingz), Reno Bistan, Balmino, Pan (from Grenoble) et comme une cerise sur ce drôle de gâteau, notre chouchou Daisy Lambert, qui ne manque pas de dénoter positivement – mais où diable Daisy ne dénote-t-il pas ? 

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Un beau feu de Joy

MUSIQUES | On dit que la vie ne tient qu'à un fil. Elle tient en vérité à une lettre. A une consonne (et cinq décennies) près, Joy Orbison aurait pu être un éternel amant (...)

Benjamin Mialot | Mardi 25 mars 2014

Un beau feu de Joy

On dit que la vie ne tient qu'à un fil. Elle tient en vérité à une lettre. A une consonne (et cinq décennies) près, Joy Orbison aurait pu être un éternel amant éconduit, dont le coffre de baryton, vulnérable et pourtant chéri par des mâles aussi dominateurs qu'Elvis Presley et Bruce Springsteen, peinait à contenir les peines d'une vie en forme de malédiction. Né Peter O'Grady, ce Londonien âgé d'à peine un quart de siècle est en fait l'un des producteurs les plus représentatifs du syncrétisme propre à la scène électronique britannique des années 2010, depuis qu'il a combiné l'insouciance de la house et la subterranéité du dubstep en une musique aussi pulsative qu'expérimentale, suscitant au passage quelques heureuses vocations (notamment chez Disclosure). Le morceau s'appelait Hyph Mngo et, cinq ans après sa parution, on ne sait toujours pas s'il se prête plus au popping (la fameuse "danse du robot") ou à un bon vieux fist pump. Des singles pareillement équivoques - basses résonnant sous le niveau de la mer contre claviers mappant l'hori

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Supercondriaque

ECRANS | De et avec Dany Boon (Fr, 1h47) avec Kad Merad, Alice Pol...

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

Supercondriaque

«Ne te déplaise... Je n´aime que la comédie à la française !» chantait la Ruda Salska au début du siècle, listant dans un de ces tubes festivo-lettrés dont elle avait le secret de poilantes pellicules de Pierre Richard, Philippe de Broca ou Joël Seria. A la vision du dernier méfait de Dany Boon, énième clou rouillédans le cercueil du genre, on se dit que le groupe aurait été bien en peine de l'actualiser. Rien à sauver en effet dans cette histoire d'hypocondriaque que la fille de son médecin traitant confond avec le chef d'une rébellion sévissant dans un état balkanique fictif (à ce niveau, ce n'est plus de la capillotraction, c'est du scalp à mains nues), sorte d'adaptation consensuelle et lourdement archétypale du Malade imaginaire par le prisme de La Totale. Surtout pas l'interprétation de son réalisateur : si derrière la caméra Boon se prend pour le Francis Veber de la grande époque (toute proportion gardée), il n'évoque devant, avec ses grimaces pantelantes et ses cris de trisomique mal-entendant, qu'un Michel Leeb lancé dans un numéro d'imitation de Sinok, le colosse bercé trop près du mur des Goonies. Au bout d'une heure quarant

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Anxietyville

SCENES | Sur un sujet ardu et grave, le Collectif Bis signe un spectacle épatant et débordant d’une énergie noire. "Stalking", ou comment faire du harcèlement le terreau d'un art extrêmement vivant. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 24 janvier 2014

Anxietyville

Soudain, la comédienne Chloé Giraud agrandit la scène du théâtre des Clochards Célestes. Déboulant d’une fenêtre à cour, elle bondit sur le plateau au son de It’s Raining Again de Supertramp et danse, danse, danse, de manière saccadée et surexcitée. Une parenthèse libératrice dans une existence rythmée par un homme qu’elle a quitté et qui tambourine comme un fou à sa porte – là aussi, les coulisses du lieu sont utilis"es. D’emblée le ton est donné : vif mais inquiétant. De toute évidence, quelque chose dysfonctionne. Et pour cause, le Collectif Bis a travaillé sur le phénomène du stalking, forme de harcèlement psychologique qui peut conduire à l’agression physique, voire à l'assassinat. Les artistes ne tirent toutefois jamais un théâtre documentaire ou, pire, pédagogique, de ce sujet douloureux. Il n'est d'ailleurs pas exposé tout de suite, mais se dévoile au fur et à mesure du déroulé de la pièce. C’est là toute la force de ce travail : ce sont les qualités de chacun qui donnent peu à peu du relief au thème, pas l'inverse. Infiltration Que voit-on ? Une attention portée à l’esthétique, tout d’abord. Du vert dans chaque costume notamme

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Jeunes confidences

SCENES | Et si on misait sur la relève en ce début d’année ? Les grands noms du théâtre auront beau être à Lyon tout au long des six mois à venir, c’est en effet du côté des jeunes que nos yeux se tourneront prioritairement. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 janvier 2014

Jeunes confidences

Enfin ! Enfin le théâtre des Ateliers est sorti de son état végétatif. Et la relève est tout un symbole, puisque c'est Joris Mathieu, adepte de la vidéo, qui en a été nommé directeur à la place du fondateur Gilles Chavassieux (lequel ne créera plus dans ce lieu). Autre désignation importante, celle de Sandrine Mini au Toboggan à Décines. D’autres directeurs tireront eux leur révérence : Roland Auzet à la Renaissance, par envie de reprendre son travail de compagnie, et Patrick Penot aux Célestins, pour cause de retraite. C’est d'ailleurs dans ce théâtre qu’il sera possible de découvrir le travail de Mathieu avec Cosmos de Witold Gombrowicz (février). D'une manière générale la jeune génération (disons les moins de quarante ans) fera l'actu de la rentrée avec Mon traître d’Emmanuel Meirieu (voir page 16) au Radiant, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford par Marielle Hubert au Radiant encore (plus tard en janvier), qui s’annonce d’une curieuse violence mêlée de douceur, mais aussi l’exceptionnelle venue d’Howard Barker à Lyon, convaincu par la comédienne Aurélie Pitrat du collectif nÖjd de m

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Hallucinante nuit hallucinée

ECRANS | Après une première expérience réussie l’an passé, les cinéphages de Zonebis, coupables chaque année d’organiser l’excellent festival Hallucinations collectives, (...)

Christophe Chabert | Mercredi 4 décembre 2013

Hallucinante nuit hallucinée

Après une première expérience réussie l’an passé, les cinéphages de Zonebis, coupables chaque année d’organiser l’excellent festival Hallucinations collectives, s’associent de nouveau au site Nanarland.com pour une deuxième Nuit hallucinée qui porte bien son nom. L’idée est d’y faire se rencontrer des nanars avérés — ces «mauvais films sympathiques» où l’amateurisme, l’opportunisme et le n’importe quoi règnent en maître — et des films bizarres et inédits. La soirée débutera ainsi avec l’avant-première du très attendu nouveau film de Quentin Dupieux, Wrong cops. En fait, un collage de trois sketchs dont le premier, avec Marylin Manson au naturel, avait fait crouler de rire la Croisette en 2012, et qui fait figure d’en-cas rigolo avant le prochain Dupieux, Réalité, déjà en boîte et qu’on espère voir à Cannes en 2014. Autre avant-première, celle d’HK / Forbidden super-hero où l’on voit un puceau timide se métamorphosé en super-héros après avoir enfilé — par mégarde d’abord — une petite culotte féminine sur la tête. C’est, de fait, plus drôle que de se faire piquer par une araignée radioactive, et cela conduit à s’exclamer

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Atvakhabar Rhapsodies, l'écrin de Système Castafiore

SCENES | Imprégné d'univers aussi éloignés de la danse contemporaine que le jeu vidéo et le cinéma d'animation, Atvakhabar Rhapsodies est une superproduction d'une rare inventivité. Et d'une dommageable vacuité. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 18 novembre 2013

Atvakhabar Rhapsodies, l'écrin de Système Castafiore

Aussitôt le rideau levé, Atvakhabar Rhapsodies, la nouvelle création de Système Castafiore, compagnie transdisciplinaire fondée en 1990 par le vidéaste et musicien Karl Biscuit et la chorégraphe Marcia Barcellos, adresse un clin d’œil – littéralement, grâce à un astucieux trucage – au platformer Limbo qui, avec son noir et blanc vaporeux et ses silhouettes aux yeux luisants, symbolisa le renouveau du jeu vidéo indépendant. Le premier d'une longue série. Le hit du studio Playdead est en effet loin d'être la seule œuvre dont ce spectacle à mi-chemin du divertissement à grand spectacle et de l’œuvre d'auteur renvoie l'écho. Pour donner forme à l'Atvakhabar, contrée chimérique qu'aurait découvert au début du vingtième siècle un réalisateur du nom d’Emil Prokop (personnage croisé dans Protokol : Prokop, un ballet déjà foisonnant mais qui apparaît rétrospectivement comme un prototype de celui-ci), Biscuit et Barcellos semblent ainsi s'être inspirés du rétro-futurisme tel que Jules Verne le préfigura, des fantaisies animistes d'Hayao Miyazaki, des mutations bestiales de James Thierrée, du gothique facétieux selon Tim Burton, des br

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Le Grand méchant loup

ECRANS | De Nicolas et Bruno (Fr, 1h45) avec Benoît Poelvoorde, Fred Testot, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mercredi 3 juillet 2013

Le Grand méchant loup

Le cinéma commercial français souffre de sa trop bonne santé ; trop d’argent, trop de calculs, trop de compromis. Le Grand méchant loup, à l’inverse, est un film profondément malade, comme l’était d’ailleurs le précédent opus de Nicolas et Bruno, La Personne aux deux personnes : un truc personnel greffé sur un remake — celui des Trois petits cochons, un gros succès québécois — un film sur la névrose, la solitude et la mort qui se planque derrière toutes les formes de comédie possibles, un casting bankable dans lequel un seul acteur intéresse vraiment les réalisateurs, qui lui donnent du coup beaucoup plus d’espace à l’écran — Poelvoorde, évidemment génial… C’est donc très bancal, peu aimable, mais ça reste singulier. Signe qui ne trompe pas : à un moment, Nicolas et Bruno pastichent gentiment Comment je me suis disputé de Desplechin. C’est pourtant un faux-fuyant, tant on sent que dans une autre économie, plus modeste, le fil

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Séries B comme Bagnoles

CONNAITRE | On raconte que Roger Corman, qui vendait du cinéma comme on vend des voitures, avait impressionné Ingmar Bergman en projetant ses films dans les drive-in. (...)

Christophe Chabert | Mercredi 26 juin 2013

Séries B comme Bagnoles

On raconte que Roger Corman, qui vendait du cinéma comme on vend des voitures, avait impressionné Ingmar Bergman en projetant ses films dans les drive-in. Cette tradition typiquement américaine qui consiste à se garer sur de grands parkings avec sa caisse (et, en général, une caisse de bières) pour regarder en plein air un double programme constitué de séries B ou de films en fin d’exploitation, l’association ZoneBis et Le Transbordeur ont décidé de l’importer au cœur de l’été lyonnais pour deux soirées qui s’annoncent mémorables. On réservera donc (pour 5 €) sa place sur le parking du Transbo, et on pourra, le 5 juillet à la tombée de la nuit (mais les grilles seront ouvertes dès 19h avec un bar, un camion-restau et un DJ pour patienter) redécouvrir Shaft (l’original, pas le remake avec Samuel L. Jackson), fleuron de la blaxploitation dont le générique signé Isaac Hayes est presque aussi légendaire que le film lui-même. Tout aussi mythique, Mon nom est personne sera lui projeté le 26 juillet, histoire de célébrer cet autre pan de la contre-culture cinématographique qu’est le we

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Des gens qui s’embrassent

ECRANS | De Danièle Thompson (Fr, 1h40) avec Kad Merad, Éric Elmosnino, Monica Bellucci, Lou de Laâge…

Christophe Chabert | Mardi 2 avril 2013

Des gens qui s’embrassent

Poursuivant ce qu’elle pense être une observation de la société française, Danièle Thompson invente surtout au fil des films une grande célébration des classes supérieures et de leurs valeurs : famille, religion, argent, apparences, réussite… Elle a beau, comme ici, créer des oppositions — les artistes contre les nantis, les candides contre les cyniques — ce n’est qu’une habile diversion avant la réconciliation finale — dans ce film-là, incroyablement bâclée. Et quand il s’agit de critiquer vaguement l’arrogance de ses personnages, c’est à travers des stéréotypes embarrassants, pas aidés par des comédiens parfois en pleine panade — Monica Bellucci est catastrophique en bourgeoise hystérique. Surtout, Des gens qui s’embrassent a l’ambition d’un film choral, mais se retrouve coincé dans un format de prime time d’évidence trop étroit et qui intensifie tous ses défauts : ainsi la narration avance par bonds temporels, s’attarde sur des événements sans intérêt et passe à toute vitesse sur ce qui pourrait créer du trouble — le déterminisme amoureux qui relie les deux cousines, par exemple.

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