Le Dernier loup

ECRANS | De Jean-Jacques Annaud (Chine-Fr, 2h) avec Feng Shaofeng, Shawn Dou…

Christophe Chabert | Mardi 24 février 2015

Jean-Jacques Annaud est-il devenu une sorte d'ambassadeur français auprès des territoires en plein boom économique, un ministre du cinéma non officiel allant refourguer son expérience (les gens de droite disent son "expertise", c'est un bon moyen de les reconnaître) ?

Après le Qatar pour Or Noir, c'est la Chine qui coproduit ce Dernier loup où plane l'ombre d'un autre animal jadis magnifié par Annaud : l'ours. Car les mécanismes sont à peu près les mêmes : de beaux paysages — ceux de la steppe mongole — des grands sentiments et une bête d'abord sauvage, puis apprivoisée par un maître aimant, curieux et compréhensif.

Il est dommage, alors que la critique a été souvent injuste avec l'auteur de La Guerre du feu et du Nom de la Rose, modèles d'un certain cinéma populaire à grand spectacle, qu'il soit aujourd'hui congelé dans sa créativité, au point de ressortir en moins bien des recettes désormais datées. Par moments, il arrive toutefois à capter quelques visions puissantes, comme ces chevaux pris dans un lac de glace ; mais Le Dernier loup manque d'ampleur, et encore plus de courage.

Car au moment où des cinéastes chinois tentent vaillamment de s'extraire d'un système toujours répressif, il y a quelque chose de gênant à voir Annaud se couler docilement dans le moule, réalisant un blockbuster comme les autorités en rêvent, facile à exporter et jamais acide envers le pouvoir ou l'histoire du pays. Une realpolitik cinématographique pas plus glorieuse que les courbettes de nos dirigeants lorsqu'il s'agit de vendre des trains ou des avions en Chine.

Christophe Chabert


Le Dernier loup

De Jean-Jacques Annaud (Fr-Chine) avec Feng Shaofeng, Shawn Dou...

De Jean-Jacques Annaud (Fr-Chine) avec Feng Shaofeng, Shawn Dou...

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1969. Chen Zhen, un jeune étudiant originaire de Pékin, est envoyé en Mongolie-Intérieure afin d’éduquer une tribu de bergers nomades. Mais c’est véritablement Chen qui a beaucoup à apprendre – sur la vie dans cette contrée infinie, hostile et vertigineuse, sur la notion de communauté, de liberté et de responsabilité, et sur la créature la plus crainte et vénérée des steppes – le loup. Séduit par le lien complexe et quasi mystique entre ces créatures sacrées et les bergers, il capture un louveteau afin de l’apprivoiser. Mais la relation naissante entre l’homme et l’animal – ainsi que le mode de vie traditionnel de la tribu, et l’avenir de la terre elle-même – est menacée lorsqu’un officier du gouvernement central décide par tous les moyens d’éliminer les loups de cette région.


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