1001 grammes

ECRANS | Une comédie un peu trop douce et pas assez amère, à cheval entre la Norvège et Paris.

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2015

Photo : © Les Films du losange


Marie, scientifique norvégienne, a une mission : protéger précieusement le kilo national pour l'amener à la conférence du Bureau International des Poids et Mesures à Paris, où tous les pays viennent étudier les infimes variations subies par leur étalon au fil des ans. À la différence de ce travail soigneusement organisé, la vie de Marie est un chantier : la santé de son père est vacillante et ses amours sont au point mort.

Lorsqu'elle croise un jardinier philosophe nommé Pi (le frenchy Laurent Stocker de la Comédie française), elle entame un marivaudage en sourdine, que Bent Hamer choisit de mettre en scène à la Norvégienne, c'est-à-dire avec cet humour à froid embastillé dans des cadres calculés au micromètre.

La comédie se joue donc à deux à l'heure, tandis que la romance se déploie moins vite encore ; on peut trouver ça charmant, mais c'est surtout un peu gentillet. Les jeux de répétition — de plans, de lieux, de déplacements — s'ajoutent à ce petit précis d'horlogerie sentimentale, où tout n'est que calcul de précision — c'est le sujet, mais c'est aussi la forme du film.

Christophe Chabert


1001 grammes

De Bent Hamer (Norv-All-Fr, 1h30) avec Ane Dahl Torp, Laurent Stocker...

De Bent Hamer (Norv-All-Fr, 1h30) avec Ane Dahl Torp, Laurent Stocker...

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Lorsque Marie, une scientifique norvégienne, assiste à un séminaire sur le poids réel du kilo à Paris, c’est son propre étalon de la déception, du chagrin, et surtout de l’amour, qui se retrouve sur la balance.


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Tirez la langue, mademoiselle

ECRANS | D’Axelle Ropert (Fr, 1h42) avec Louise Bourgoin, Laurent Stocker, Cédric Kahn…

Christophe Chabert | Mardi 27 août 2013

Tirez la langue, mademoiselle

Critique de cinéma et scénariste des films de Serge Bozon (dont l’exécrable Tip Top, en salles la semaine prochaine), Axelle Ropert signe ici son deuxième long après La Famille Wolberg et confirme son projet de cinéaste : refaire les films qu’elle aime en leur enlevant tout ce qui pourrait faire spectacle, comme si les originaux avaient ingurgité un tube de Lexomil. Après La Famille Tenenbaum, c’est Faux semblants de Cronenberg qui est ici lointainement remaké, puisqu’on y retrouve deux frères médecins dont la relation à la fois fusionnelle et complémentaire va être fragilisée lorsqu’ils tombent amoureux de la même femme. Plutôt que de jouer la carte de la tragédie, Ropert s’en tient donc à un recto tono émotionnel, sans cris, larmes, rires ou effusions d’aucune sorte. Le film semble avancer sur une ligne droite d’où il ne doit absolument jamais dévier, entraînant tout (dialogues, séquences, jeu des acteurs) vers une platitude absolue. Ce qui, pour la réalisatrice, est sans doute une preuve de radicalité, apparaît en fin de compte, à l’inverse, comme le plus ordinaire d

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