Shaun le mouton

ECRANS | Les studios Aardman se sont transcendés avec cette adaptation des aventures de Shaun, dont Mark Burton et Richard Starzac respectent les partis pris initiaux — gags burlesques, rythme trépidant et pas une ligne de dialogue — en y ajoutant un esprit anar réjouissant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

La jeunesse, c'est l'âge de l'enthousiasme, des grands projets, de la vie libre et insouciante. Et puis le train-train quotidien s'installe, la routine du travail, des jours qui se ressemblent et des amis que l'on ne regarde plus. En cinq minutes déjà formidables, Shaun le mouton raconte ainsi comment un fermier passe de la joie d'élever son cheptel de moutons à l'application machinale d'un planning abrutissant pour lui, mais aussi pour ses animaux, proches de la dépression.

À la faveur d'une publicité entrevue sur le flanc d'un bus, les moutons se prennent à rêver d'évasion, échafaudant un plan pour échapper à la surveillance de leur berger et de son chien Bitzer, lui aussi en plein relâchement. Commence alors une aventure débridée et impossible à décrire tant elle fourmille de trouvailles visuelles.

On n'est pas des moutons !

Car Shaun le mouton, adaptation d'une série animée autour d'un personnage apparu dans Rasé de près, une des aventures de Wallace et Gromit, est avant tout un défi de mise en scène : raconter une histoire sans avoir recours aux dialogues, remplacés par des borborygmes et une gamme presque symphonique de bêlements. Mark Burton et Richard Starzac font mieux que le relever ; leur travail relève de l'orfèvrerie comique, soutenant d'un bout à l'autre un tempo où chaque paramètre compte : l'animation — en plasticine et images par images — mais aussi les cadres et le découpage.

Aussi généreux en gags que varié en registres d'humour — du clin d'œil parodique au pur slapstick — le film transforme en autant d'idées burlesques son arborescence centrale, où tous les personnages sont confrontés à des situations improbables — le fermier amnésique devenu coiffeur star, Shaun et Bitzer emprisonnés par un ennemi déclaré des animaux errants, le reste du troupeau faisant les quatre cents coups dans la grande ville…

Mais c'est finalement l'ambiance joyeusement anar de Shaun le mouton qui lui confère son statut de petit classique instantané. Que ce soit dans cette accumulation délirante de péripéties loufoques ou dans l'appel à sortir de son enclos pour semer la pagaille, renverser les murs de notre société trop propre sur elle et mordre les chevilles des sinistres empêcheurs de brouter en rond, les studios Aardman font preuve d'un esprit de sales gosses ô combien fondamental par les temps qui courent.

Shaun le mouton
De Mark Burton et Richard Starzac (Ang, 1h25) animation


Shaun le mouton

De Mark Burton (Fr-GB, 1h25) animation

De Mark Burton (Fr-GB, 1h25) animation

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Shaun est un petit mouton futé qui travaille, avec son troupeau, pour un fermier myope à la ferme Mossy Bottom, sous l’autorité de Bitzer, chien de berger dirigiste mais bienveillant et inefficace. La vie est belle, globalement, mais un matin, en se réveillant, Shaun se dit que sa vie n’est que contraintes. Il décide de prendre un jour de congé, avec pour cela un plan qui consiste à endormir le fermier. Mais son plan fonctionne un peu trop bien et il perd rapidement le contrôle de la situation. Une chose en entraînant une autre, tout le troupeau se retrouve pour la première fois bien loin de la ferme et plus précisément : dans la grande ville. Mais comment un mouton peut-il survivre en ville ? Comment éviter d’être reconnus comme étant des moutons, et donc éviter les griffes acérées de Trumper le terrifiant responsable de la fourrière ? Leur journée sera une course à 100 à l’heure, pleine d’aventures incroyables – et très drôles. Quand il rencontre un petit chien orphelin nommé Slip, qui rêve d’avoir des parents, Shaun réalise qu’il serait bien plus heureux avec sa famille de moutons, à la ferme.


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Deux bonnes pâtes : "Wallace & Gromit - Cœurs à modeler"

Animation | de Nick Park (G-B, 0h59) animation

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Deux bonnes pâtes :

Têtes de gondole de la maison Aardman, Wallace et Gromit reviennent ces derniers mois sur les écrans à la faveur de rééditions aussi agréables à revoir que frustrantes : depuis Le Mystère du Lapin-Garou (2005), les deux comparses semblaient avoir été délaissés au profit d’un personnage plus mignon ou plus lucratif puisqu’il est devenu le héros d’une série autonome, Shaun le mouton. Composé de deux courts-métrages, Cœurs à modeler accentue ce double sentiment puisqu’il réunit A Close Shave (1995) — une fantaisie fantastique entre Delicatessen et Terminator, marquant d’ailleurs la “naissance” du jeune ovidé Shaun — et A Matter of Loaf and Death (2008), un inédit où Wallace, reconverti dans la boulange, tombe sous le charme d’une femme fatale aux allures d’ogresse jetant son dévolu sur tous les mitrons. Heureusement que l’enfariné benêt pourra compter sur la clairvoyance muette de Gromit pour le tirer de ce fichu pétrin… Bourrée d’astuces visuelles virtuoses et rythmée par un sens du gag irrési

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Un Moi(s) de cinéma #5

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Un Moi(s) de cinéma #5

Au sommaire de ce cinquième numéro : • Shaun le mouton de Nick Park • Lost River de Ryan Gosling • Taxi Téhéran de Jafar Panahi • Every Thing Will Be Fine de Wim Wenders

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Creature comforts

ECRANS | PETER LORD / Aardman/Elephant

| Mercredi 13 décembre 2006

Creature comforts

Profitant malicieusement de la sortie en salles de Souris City, Elephant sort les deux premières saisons de Creature Comforts, série d'animation animalière produite par les studios Aardman. Soit 22 épisodes de 8 minutes où des animaux en pâte à modeler apportent leurs témoignages sur des sujets comme la médecine, le travail, la famille, le sport, les extra-terrestres... Reprenant la grammaire de n'importe quel reportage de JT (plan moyen et fixe avec micro dans le champ !), Creature comforts ne trompera pas longtemps les spectateurs sur sa véritable ambition : dresser un portrait d'une ampleur documentaire inédite sur l'état de l'Angleterre (dans la deuxième saison, les animaux donnent même leur avis sur la manière dont la famille Royale gère les affaires de la couronne !). Les auteurs sont donc partis interviewer des Anglais pris au hasard, ont enregistré leurs opinions, en ont gardé tout ce qui pouvait faire fonctionner le double-sens, avant de les rejouer avec un maximum de réalisme. Un tour de force technique plus tard (car Aardman fait encore de l'animation image par image, loin des facilités du numérique...), et voilà une série qui en dit long sur la résignation politique d'u

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