Écully, sempre italiano

ECRANS | Très belle troisième édition pour le festival Ciné Italia d’Ecully, entre nouveautés, rattrapages et classiques.

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Pendant dix jours, le centre culturel d'Écully et son cinéma proposent une superbe programmation autour de l'Italie, avec expositions, concerts et surtout films, pris dans l'actualité récente du cinéma transalpin ou dans son histoire, dont on connaît la richesse.

Niveau actualité, deux avant-premières notables : Une belle fin d'Uberto Pasolini, certes tourné en anglais, à Londres et avec un casting 100% outre-Manche — dont l'excellent Eddie Marsan, hélas ici dans un registre monoexpressif et dépressif qui ne rend pas justice à son talent — mais signé par un cinéaste certifié italien. Bon, le film n'est vraiment pas notre tasse de thé, comme on l'expliquera la semaine prochaine au moment de sa sortie… En revanche, on a très envie de découvrir Leopardi de Mario Martone, biopic d'un poète majeur du XVIIIe siècle et étudiant rebelle envers sa famille d'aristocrates conservateurs.

Parmi les films déjà sortis, il n'est pas inutile de conseiller encore et encore Hungry Hearts de Saverio Costanzo, feel bad movie comme on n'ose plus en faire, dont la rugosité et les expérimentations formelles ne s'ôtent pas facilement du crâne, ou encore Reality de Matteo Garone, ne serait-ce que pour se préparer à son prochain film, attendu peut-être du côté de Cannes, The Tale of Tales, avec cette fois un casting international.

Enfin, dans les classiques proposés par le festival, il n'y a que du très bon : du Stromboli de Rossellini au Django de Corbucci — un grand écart typique de la santé du cinéma italien après-guerre — en passant par Médée de Pasolini ou Le Grand embouteillage de Comencini, le choix est vaste et varié. Il faudra par ailleurs surveiller un film assez rare, lui aussi signé Comencini, Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ?, comédie noire avec une pointe d'érotisme largement apportée par la belle Laura Antonelli, star des années 70 un peu oubliée — à tort — aujourd'hui.

Christophe Chabert

Ciné Italia
Du 1er au 10 avril, au Centre Culturel Ecully

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Kosme, sans fard

Entretien | Fer de lance de la jeune scène techno et house, auteur de DJ sets époustouflants qui ont fait le bonheur des aficionados du Sucre où il était résident, Kosme s'est exilé à... Chamonix pour trouver un nouveau souffle. À savourer ce week-end, du côté de la We Are Reality.

Sébastien Broquet | Mardi 20 septembre 2016

Kosme, sans fard

Est-ce que le fait de quitter Lyon et l’urbanité pour Chamonix et un endroit plus proche de la nature a changé ta manière de composer, ton son, tes DJ sets ? Kosme : Ça a changé entièrement ma vie ! J'arrivais personnellement à la fin d'un cycle à Lyon, pas seulement dans la musique, mais aussi dans ma vie. J'avais besoin d'un nouvel envol, d'un nouvel air, de repousser mes limites et de sortir de ma zone de confort pour évoluer. Depuis deux ans, on a lié des liens étroits avec Chamonix grâce au festival Unlimited alliant musique et montagne, organisé par José Lagarellos : c'est assez naturellement que je me suis installé ici. Chamonix répond actuellement entièrement aux besoins liés à ma vie de DJ. Je trouve ici l'inspiration, mais aussi le mode de vie sportif, la nature et le "bien être" qui m'aident a recharger mes batteries et a être plus performant pour mes dates le week-end. Je pense avoir trouvé le bon équilibre, ça m'a énormément apporté humainement et artistiquement... et ça tente déjà d'autres collègues DJ qui m'envient un peu !

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 20 septembre 2016

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

23>09>16 TRANSBORDEUR WE ARE REALITY Ok, l'on parle déjà par ailleurs de Kosme, interviewé en page 3. Mais difficile de ne pas revenir sur cette WAR de rentrée au plateau implacable : outre l'espoir Lyonnais, la légende Carl Craig étant également au programme. Instigateur d'un groove absolument unique, esthète de la techno made in Detroit, inventeur d'un futur pour le jazz (ce qui n'est pas si simple...), immense remixeur et l'on en passe... Difficile de passer outre cet homme sans qui la techno ne serait pas la même. Ah, il y a aussi Marcel Dettman pour conclure la nuit. Béton. 24>09>16 LE SUCRE GARÇON SAUVAGE CLUB Le retour de la soirée queer & sauvage au Sucre, avec l'un des DJs qui colle le mieux à cet esprit : Joe Goddard, membre des indie stars Hot Chip, moitié de The Two Bears et par ailleurs

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Insomniaque : vos trois soirées du week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 7 juin 2016

Insomniaque : vos trois soirées du week-end

10.06.16 > TRANSBORDEUR WE ARE REALITY Le come-back du fils prodigue : Agoria est de retour au Transbordeur pour une nuit où il fait non seulement office de headliner pétri de talent, dont les sets regorgent de ressources, naviguant sur toutes les vagues des musiques électroniques pour agiter le dancefloor, mais aussi d'hôte parfait ; car c'est lui qui convie ici une moitié d'Âme, celle se produisant live, à savoir Frank Wiedemann l'esthète d'une house hypnotique comme on peut la savourer sur son label Innervisions. Communion. 10.06.16 > DV1 KEEPSAKES Voilà, c'est fini. C'est la dernière pour ce petit club du bas des pentes, qui depuis de longues années ne se contentait pas de programmer du DJ techno à la chaîne mais savait donner sa chance à de jeunes talents, à des promoteurs débutants. La mort d'un club, c'est souvent un bout de l'âme d'une ville qui s'envole. Mais aussi, parfois, une

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Clubbing : notre top 3 pour ce week-end

MUSIQUES | 01.04.16 > Les Valseuses BASS MUSIC PARTY Un before tout en basse ? Direction Les Valseuses où l'un des piliers de la scène dubstep (...)

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Clubbing : notre top 3 pour ce week-end

01.04.16 > Les Valseuses BASS MUSIC PARTY Un before tout en basse ? Direction Les Valseuses où l'un des piliers de la scène dubstep française officie aux platines : Uzul, largement repéré ici pour sa maîtrise des machines au sein de Kaly Live Dub. Depuis 2004, Stéphane a lancé ce side project resté un peu dans l'ombre, mais fort respecté par la scène dubstep internationale depuis son album Travelling Whithout Moving, remixant même la référence en la matière, Skream. Pour ce DJ set, toute la palette sera revisitée, du trap à la UK bass. Wobble. 02.04.16 > Le Sucre GARÇON SAUVAGE La soirée la plus déjantée de la ville part à la recherche de la plus belle drag queen, en mode madame de Fontenay, avec élection de miss très Divine (il faut s'inscrire sur Facebook). Parmi les épreuves, un lancer de sac à main : « comment avoir la classe tout en étant une femme précise, moderne et élégante » nous dit-on... César & Jason, les deux DJ résidents du Terminal, assureront la part

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Ostgut Ton, 10 ans de purisme techno

MUSIQUES | Mi-août, Ostgut Ton fêtait ses dix ans à domicile. Cette semaine, c'est au Transbordeur et au Sucre que la (panzer) division discographique du célèbre Berghain poursuit les hostilités. Petites natures s'abstenir.

Benjamin Mialot | Mardi 15 septembre 2015

Ostgut Ton, 10 ans de purisme techno

«Don't forget 2 go home !» N'oubliez pas de rentrer à la maison. Dans la file d'attente grillagée qui mène au Berghain, couloir de la (petite) mort à l'entrée duquel mieux vaut abandonner tout espoir – de passer le contrôle au faciès de Sven Marquardt, l'iconique et impénétrable physionomiste qui sépare le bon grain électromane de l'ivraie party animalière à l'autre extrémité –, voilà le seul conseil qui vaille. Tagué sur un bout de mur du temple berlinois de la culture électronique, il en est même devenu le slogan officieux. Et pour cause : réincarnation de l'Ostgut, haut lieu de la culture queer dont les agents actifs de la gentrification firent table rase début 2003, cette ancienne centrale de l'est convertie un an plus tard en club (techno au Berghain à proprement parler, house au Panorama Bar à l'étage, musique contemporaine à la Kantine, installée dans une aile) / spot de parachutisme (vous voyez très bien de quoi on parle) / boîte à cul (gay au Berghain, hétéro au Panorama) a fait de la désorientation sa marque de fabrique. Pénombre quasi-permanente, sets-marathons (du jeudi soir au l

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Une belle fin

ECRANS | D’Uberto Pasolini (Ang-It, 1h27) avec Eddie Marsan, Joanne Froggatt…

Christophe Chabert | Mardi 7 avril 2015

Une belle fin

Fonctionnaire gris dans une banlieue grise de Londres, John May est chargé de retrouver les proches des personnes décédées dans l’anonymat. Un travail qui le passionne, si tant est que ce petit bonhomme à la vie monacale et monotone puisse être qualifié de passionné. Aussi, quand il apprend que son job est menacé, il met toute son énergie pour réunir famille et amis de son voisin, Billy Stoke. Uberto Pasolini — rien à voir avec Pier Paolo — n’a pas peur du pléonasme visuel pour illustrer cette histoire au demeurant originale, même si un bon court-métrage aurait sans doute suffit à en faire le tour. Cadres au cordeau dont la répétition donne le la d’une existence désespérante, interprétation monoexpressive du pourtant excellent Eddie Marsan, petite musique triste qui revient à intervalles réguliers sur la bande-son ; tout est fait pour conférer une ambiance de crépuscule funéraire à cet objet dont la mélancolie est purement fabriquée. Sans parler d’un scénario programmatique, dont l’enjeu est cousu de fil blanc : comment ce John May va retrouver le goût de la vie en redonnant sa dignité à un mort. La fin est en cela une petite leçon de cynisme tire-larmes, rep

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Hungry Hearts

ECRANS | Après "La Solitude des nombres premiers", Saverio Costanzo prolonge son exploration des névroses contemporaines en filmant l’enfermement volontaire d’une femme, atteinte d’une phobie radicale du monde extérieur. Un film dérangeant dont la mise en scène rappelle Polanski. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 24 février 2015

Hungry Hearts

La rencontre entre Jude et Mina pourrait être le prélude à une comédie romantique : ils se retrouvent tous deux enfermés dans les toilettes d’un restaurant chinois, incommodés par l’odeur et embarrassés par cette promiscuité forcée. Cette première scène de Hungry Hearts agit donc comme un faux-semblant pour le reste du film, pas franchement drôle et même carrément inquiétant. Mais Saverio Costanzo, déjà auteur du remarquable et terrible La Solitude des nombres premiers, y offre deux indices au spectateur quant à la tournure que prendront les événements : d’abord, la claustration physique et son prolongement psychologique, véritable sujet du film ; puis cette idée d’un corps masculin dont les fluides créent des effluves nauséabondes et potentiellement dangereuses. C’est ce qui va détraquer l’histoire d’amour : une fois le mariage célébré, l’enfant à naître n’est pas vraiment désiré. «Ne viens pas en moi !» demande Mina, mais Jude ne parvient pas à se retenir. Quelque chose d’étranger est donc entré

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L'Œil du Petit Bulletin #3

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous recommande ses coups de cœur cinéma ! Au sommaire de ce troisième numéro (...)

Christophe Chabert | Lundi 2 février 2015

L'Œil du Petit Bulletin #3

Chaque mois, Le Petit Bulletin vous recommande ses coups de cœur cinéma ! Au sommaire de ce troisième numéro : Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet Réalité de Quentin Dupieux Vincent n'a pas d'écailles de Thomas Salvador Birdman d'Alejandro Gonzalez Iñarritu Hungry hearts de Saverio Costanzo

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5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

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Notre cher cinéma italien…

ECRANS | Depuis sa réouverture, Écully cinéma multiplie les initiatives réjouissantes, notamment autour d’une thématique audacieuse mariant musique et cinéma. Cette (...)

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

Notre cher cinéma italien…

Depuis sa réouverture, Écully cinéma multiplie les initiatives réjouissantes, notamment autour d’une thématique audacieuse mariant musique et cinéma. Cette semaine, elle met le cinéma italien à l’honneur à travers une programmation réunissant classiques transalpins et avant-premières, ainsi qu’une série d’animations, de concerts et d’expositions. Niveau films, donc, on pourra y voir le dernier Daniele Luchetti (Ton absence) et Ali a les yeux bleus de Claudio Giovannesi, précédé d’une excellente réputation et qui sortira sur les écrans à la fin du mois. On est perplexe en revanche sur Stop the pounding heart de Roberto Minervini, docu-fiction autour d’une famille américaine d’adorateurs de la Bible, où les belles images du cinéaste et sa neutralité bienveillante finissent par créer une désagréable empathie pour ces mabouls de la pureté armés jusqu’aux dents — si, comme nous, vous vous interrogez sur le point de vue de Minervini, il en discutera via Skype à l’issue de la projection. Le plus beau morceau de cette programmation tient cependant aux classiques dénichés par ce festival tout nouveau tout beau : du film trip de Valerio Zurlini

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Reality

ECRANS | Entre satire de la télé réalité, comédie napolitaine façon Pietro Germi et portrait stylisé d’un individu au bord de la folie, le nouveau film de Matteo Garrone séduit par ses qualités d’écriture, de mise en scène et par la performance hallucinée de son acteur, Aniello Arena. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 septembre 2012

Reality

Sans révéler la fin de Reality, il faut absolument évoquer son dernier plan, fascinant zoom arrière qui part d’un détail (un homme qui rit sur un fauteuil en regardant les étoiles) et s’achève sur une vision panoramique d’un studio de télévision géant au milieu de la ville. Il faut en parler car il dit tout le projet de Matteo Garrone : répondre par l’ampleur du cinéma à l’étroitesse des dispositifs télévisuels. L’ouverture est d’ailleurs une rime inversée de cette formidable conclusion : on accompagne par un travelling aérien une calèche qui traverse les rues de Naples, avant de descendre sur terre pour découvrir qu’il ne s’agit que d’une mise en scène de mariage, celle-ci en côtoyant une autre, nettement plus vulgaire, dont l’invité principal est le gagnant du Big Brother italien. C’est la part satirique de Reality, celle qui consiste à mesurer les dégâts de la télé-réalité dans le quotidien des gens ordinaires, mais aussi sur le cinéma lui-même : on découvre ainsi que les studios de Cinecitta sont loin de Fellini, hébergeant à sa place les castings des futures émissions où des inconnus deviendront d’éphémères célébrités. La

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Une rentrée cinéma en apesanteur

ECRANS | De septembre à décembre, le programme de la rentrée cinéma est riche en événements. Grands cinéastes au sommet de leur art, nouveaux noms à suivre, lauréats cannois, blockbusters attendus et peut-être inattendus. Morceaux de choix à suivre… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 21 août 2012

Une rentrée cinéma en apesanteur

Une rentrée sans Palme d’or cannoise n’est pas vraiment une rentrée. Et même si, comme il y a trois ans, elle est signée Michael Haneke, il ne faudra pas rater Amour (24 octobre), tant le film est un accomplissement encore plus sidérant que Le Ruban blanc dans la carrière du cinéaste autrichien. Avec sa rigueur habituelle, mais sans le regard surplombant qui a parfois asphyxié son cinéma, Haneke raconte le crépuscule d’un couple dont la femme (Emmanuelle Riva) est condamnée à la déchéance physique et qui demande à son mari (Trintignant) de l’accompagner vers la mort. C’est très dur, mais aussi très beau et puissamment universel, grâce entre autres à la prestation inoubliable des deux comédiens, au-delà de tout éloge. L’autre événement post-cannois est aux antipodes de ce monument de maîtrise et d’intelligence ; pourtant, Les Bêtes du sud sauvage (12 décembre), premier film de l’Américain Benh Zeitlin, procure des émotions et des sensations tout aussi intenses. Osant le grand pont entre

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Cannes jour 2 : La réalité et ses doubles

ECRANS | Reality de Matteo Garrone. Paradis : Amour d'Ulrich Seidl.

Christophe Chabert | Samedi 19 mai 2012

Cannes jour 2 : La réalité et ses doubles

Alors que la pluie commence à s'abattre sur les festivaliers, la compétition dessine peu à peu ses enjeux. Les sentiments sont à vifs cette année, pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur, c'est Moonrise kingdom et De rouille et d'os ; le pire, c'est Après la bataille et l'affreux Paradis : Amour d'Ulrich Seidl, qui a pris tranquillou la place du film à détester de la sélection. Comment pourrait-il en être autrement quand le cinéaste autrichien, creusant un sillon qui ne semble plus intéresser que lui, déballe d'entrée toute sa misanthropie, le temps d'une séquence insupportable où des handicapés mentaux se rentrent dedans avec des auto-tamponneuses, la caméra vissée au pare-brise pour insister sur leurs visages grimaçants. Ulrich Seidl déploie ensuite sa haine envers ses compatriotes avec quelques scènes en famille où la laideur le dispute à l'enfer du quoti

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Sine Mora

CONNAITRE | Digital Reality / Grasshopper Manufacture - Sur Xbox 360 - 14€

Benjamin Mialot | Mardi 24 avril 2012

Sine Mora

Impossible n'est pas Grasshoper. Après avoir dynamité les codes du beat'em up avec No More Heroes et en attendant de réserver le même sort au bashing de zombies avec Lollipop Chainsaw, le studio du trublion Suda51, secondé pour l'occasion par les Hongrois de Digital Reality, réalise avec Sine Mora un double exploit. D'un côté, il sort de l'ornière un genre, le shoot'em up, qu'on pensait depuis son âge d'or l'apanage de quelques artisans régressifs, Cave en tête. De l'autre, il ressuscite avec la manière la langue morte préférée des juristes. Car «sine mora», voyez-vous, est une locution latine, traduisible par «sans délai». Nul hasard à cela : dans Sine Mora, c'est principalement de l'inexorable défilement des secondes qu'il faut se méfier. En effet, tant que le chronomètre est avec vous, votre vaisseau est invincible. Laissez le compte à rebours se terminer, et ledit vaisseau finit d'un coup d'un seul dispersé aux quatre vents. Comment empêcher cela ? De trois façons. D'abord en se jouant du feu adverse, le moindre impact sur votre carlingue s'accompagnant d'une amputation de votre capital temps. Ensuite en

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