Un Moi(s) de cinéma #6

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo.

Christophe Chabert | Mercredi 3 juin 2015

Au sommaire de ce sixième numéro :

Cannes 2015 : bilan rapide
Loin de la foule déchaînée de Thomas Vinterberg
Vice Versa de Pete Docter
Une seconde mère d'Anna Muylaert


Loin de la foule déchaînée

De Thomas Vinterberg (Angl-EU, 1h59) avec Carey Mulligan, Juno Temple...

De Thomas Vinterberg (Angl-EU, 1h59) avec Carey Mulligan, Juno Temple...

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Epoque victorienne, dans la campagne anglaise la jeune héritière Bathsheba Everdene se fait courtiser par trois hommes de différentes classes sociales.


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Pete Docter : « depuis que le son existe dans un film d’animation, le jazz en a fait partie »

Soul sur Disney+ | Coréalisateur de "Soul", Pete Docter s’est virtuellement adressé à la presse française pour présenter sa quatrième réalisation de long-métrage au sein des studios Pixar. Trois questions, trois réponses…

Vincent Raymond | Lundi 28 décembre 2020

Pete Docter : « depuis que le son existe dans un film d’animation, le jazz en a fait partie »

En quoi votre approche a-t-elle changée de Monstres & Cie à Soul ? Pete Docter : Quand j’ai commencé sur Monstres & Cie, je n’avais aucune idée de ce que je faisais — d’ailleurs ça n’a pas changé : je ne sais toujours pas ce que je fais ! Je me jette à l’eau. Faire un film, c’est un peu être bloqué jusqu’au moment où vous sentez que quelque chose prend : un personnage, un thème, un sentiment… Dans le cas de ce film, c’était plus un sentiment ou une circonstance de la vie. Chaque film est différent, et il faut avoir confiance dans le chaos inhérent, dans le processus créatif et ne pas arriver avec une idée préconçue : laissez aller et gardez en tête que personne ne sait ce que vous faites ; il faut simplement y aller. Comment avez-vous décidé d’amener le jazz dans ce film ? Au départ, c’était un choix esthétique : nous cherchions quelque chose de sympa à regarder. Depuis que le son existe dans un film d’animation, le jazz en a fait partie : si on pense à Betty Boop et nombre des premiers films de Disney, il y avait du jazz. L’énergie, l’esprit

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Le vagabond des limbes : "Soul", un Pixar privé de salles

Sur Disney+ | Narrant les tourments d’une âme cherchant à regagner son corps terrestre, le nouveau Pixar résonne étrangement avec la situation du monde du cinéma actuellement au purgatoire et peinant à retrouver sa part physique (la salle). "Soul", un nouvel opus existentialiste à mettre au crédit de Pete Docter. Sur Disney+ le 25 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 22 décembre 2020

Le vagabond des limbes :

À quelques heures d’intervalle, Joe Gardner se voit proposer un job à plein temps dans le collège où il est prof de musique et de rejoindre un prestigieux quartette de jazz. Cela pourrait être le jour de sa vie… sauf que c’est aussi celui de sa mort. Refusant ce destin contrariant, l’âme de Joe cherche à faire marche arrière mais se retrouve propulsée dans le “Grand Avant“ — des limbes où on lui confie la charge de préparer une future âme (la terrible 22) à sa naissance… Annoncé pour la fin du printemps 2020, à cette époque si lointaine (novembre 2019…) où ses premières images dévoilées en avant-première de La Reine des Neiges 2 laissaient pressentir l’évidence d’une sélection cannoise, Soul aura connu un sort inédit pour un probable blockbuster Pixar : son torpillage par une pandémie, conduisant la maison-mère à le basculer d’emblée sur sa plateforme, Disney+. Ni les regrets des (nombr

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À voir cul sec : "Drunk" de Thomas Vinterberg

Comédie | Thomas Vinterberg s’empare d’une théorie tordue pour s’attaquer à un nouveau “pilier culturel“ scandinave : la surconsommation d’alcool. Une fausse comédie et une vraie étude de mœurs à voir cul sec.

Vincent Raymond | Jeudi 8 octobre 2020

À voir cul sec :

Ils sont quatre potes, au bas mot quadragénaires et profs dans le même lycée. Quatre à ressentir une lassitude personnelle et/ou professionnelle. Quatre à se lancer, « au nom de la science » dans une étude secrète : tester la validité de la théorie d’un chercheur norvégien postulant qu’un humain doit atteindre une alcoolémie de 0, 5 g/l pour être dans son état normal : désinhibé et créatif. Commence alors une longue descente — et pas qu’aux enfers… Drunk se décapsule sur une séquence qu’on croirait documentaire, montrant ce qui ressemble à une soirée d’intégration entre étudiants (en réalité, il s’agit d’élèves de terminale), en train de se livrer à une sorte de compétition sportive. Sauf qu’ici, l’enjeu pour les participants n’est point tant de courir vite, mais pour chacun d’engloutir le contenu d’une caisse de bière, de le vomir, avant d’aller semer sa “bonne humeur“ éthylique dans les rues de la ville et ses transports en commun. Ce ne sont pas tant les débordements (somme toute minimes et potaches) causés par ces lycéens bien peignés qui choquent ; pl

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De profondis sous-marin russe : "Kursk"

Drame | de Thomas Vinterberg (Bel-Lux, 1h57) avec Matthias Schoenaerts, Léa Seydoux, Colin Firth…

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

De profondis sous-marin russe :

Août 2000. Victime d’une avarie grave, le sous-marin nucléaire russe Kursk gît par le fond en mer de Barents avec quelques survivants en sursis. Les tentatives de sauvetage par la flotte nationale ayant échoué, la Royal Navy propose son aide. Mais Moscou, vexé, fait la sourde oreille… On avait quitté Thomas Vinterberg évoquant ses souvenirs d’enfance dans La Communauté, récit fourmillant de personnages centré sur une maison agrégeant une famille très élargie. Le réalisateur de Submarino — faut-il qu’il soit prédestiné ? — persiste d’une certaine manière dans le huis clos avec cette tragédie héroïque en usant à bon escient des “armes“ que le langage cinématographique lui octroie. Sobrement efficace (l’excès en la matière eût été obscène), cette superproduction internationale travaille avec une enviable finesse les formats d’image pour modifier le rapport hauteur/largeur et ainsi renforcer l’impression d’enfermement, comme elle dilate le tem

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The Crew 2 : dérapage contrôlé

Jeu video | Retour sur une grosse actu de l'été côté jeu vidéo : le petit dernier du studio Ubisoft Ivory Tower, The Crew 2.

Lisa Dumoulin | Samedi 4 août 2018

The Crew 2 : dérapage contrôlé

Deuxième pôle numérique en France, la métropole lyonnaise regorge de studios de développement et d’édition de jeux vidéos. Des petits indépendants mais aussi en tête de file Ubisoft, qui a racheté en 2017 le studio Ivory Tower (fondé en 2007). Cet été, Ubisoft Ivory Tower, implanté à Villeurbanne, a sorti le deuxième opus de sa franchise The Crew, après plusieurs années de développement par les 175 employés du studio. The Crew 2, ce sont les sports mécaniques (voitures, motos, bateaux, avions…) made in USA, à expérimenter - et maîtriser, car le but du jeu est de devenir le champion toutes catégories - dans un monde ouvert, soit tout le territoire des États-Unis sans aucune restriction ! L’environnement est d’une richesse incroyable, tout comme le design des véhicules : certains sont la copie conforme de modèles existants, réalisés en partenariat avec des marques comme Ferrarri & co. Manger local c’est bien, jouer local c’est bien aussi ! The Crew 2 (Ubisoft)

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"La Communauté" : Toit, émois…

Le film de la semaine | Thomas Vinterberg renoue avec son thème de prédilection — l’étude des dynamiques de groupes en vase clos — en exhumant des souvenirs de sa propre enfance au sein d’une communauté. Chroniques sans filtre d’un passé pour lui révolu.

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

Les années 1970, au Danemark. Plutôt que de revendre la vaste demeure familiale qu'ils ont héritée, Erik, Anna et leur fille Freja la transforment en une communauté ouverte à une poignée d’amis ainsi qu’à quelques inconnus démocratiquement sélectionnés. Le concept est splendide, mais l’idéal se heurte vite aux murs de la réalité… À l’inverse de Festen (1998), film adapté en pièce de théâtre, La Communauté fut d’abord un matériau créé pour les planches à Vienne avant d’être transposé pour l’écran. Pourtant — et bien que le sujet s’y prête — Vinterberg ne se laisse jamais enfermer par le dispositif du huis clos. Prétexte de l’histoire, ce foyer partagé ne fusionne pas les personnages en une masse compacte façon “auberge espagnole” à la sauce nordique : il aurait plutôt tendance à les individualiser, à diffracter leurs trajectoires. À sa manière, la communauté agit en effet comme un accélérateur sur ces particules élémentaires que sont les individus, provoquant collisions et (ré)percussions, mais également des créations "d’espèces chimiques" inconnues — en l’occurrence, des situations inenvisageables auparavant… pour le

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Videodrome, film dément

ECRANS | À l’occasion des 6e Journées Cinéma et Psychiatrie organisées par la Ferme du Vinatier, le Comœdia accueille une projection-débat autour d’un film collant (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Videodrome, film dément

À l’occasion des 6e Journées Cinéma et Psychiatrie organisées par la Ferme du Vinatier, le Comœdia accueille une projection-débat autour d’un film collant parfaitement à la thématique choisie pour les travaux — Sexe(s), psy-&-vidéos —, Videodrome (1983) de David Cronenberg. Une plongée dans la fascination pour la violence et le désir charnel ; une anticipation de notre rapport viscéral aux écrans — des préoccupations récurrentes chez Cronenberg, au demeurant. Le film sera suivi d’un échange animé par le Dr Alain Bouvarel (pédopsychiatre, directeur du Centre National de l'Audiovisuel en Santé Mentale/Festival de Lorquin), le Dr Jean-Pierre Salvarelli (psychiatre - hôpital du Vinatier) et le Dr Jean-Christophe Vignoles (psychiatre - hôpital Saint Jean de Dieu). Videodrome Au Comœdia le mardi 22 novembre à 20h

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68e Rencontres régionales de cinéma et vidéo

ECRANS | De plus en plus souvent, le vocable “amateur” est substitué par la locution “non professionnel”, au nom du politiquement correct. Pas pour les clubs de (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

68e Rencontres régionales de cinéma et vidéo

De plus en plus souvent, le vocable “amateur” est substitué par la locution “non professionnel”, au nom du politiquement correct. Pas pour les clubs de cinéastes amateurs, qui revendiquent fièrement l’amour de leur pratique. Leur rencontre régionale annuelle se tiendra à l'Espace Monts d’Or de Champagne-au-Mont-d’Or du 22 au 24 avril, fief de l’association locale Cinéal. Au programme, trois jours de projections, un forum de réalisateurs et un palmarès comptant sept prix remis par le jury et le public. Plus que jamais, avis aux amateurs !

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The Assassin

ECRANS | de Hou Hsiao-hsien (Taï, 1h45) avec Shu Qi, Chang Chen, Yun Zhou…

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

The Assassin

Où l’expression “rester interdit” devant une certaine beauté (ou une beauté incertaine) revêt un sens inaccoutumé… Mais avec Monsieur Hou ce type de situation tend à dépasser le cadre de l’exception — le cinéaste taïwanais semblant estimer l’hermétisme comme une langue raffinée dont il convient d’user pour maintenir à distance un public profane. En l’occurrence, le procédé se révèle curieux lorsque l’on s’attelle à un wu xia pian (le film de sabre chinois), genre éminemment populaire, remis au goût du jour par le très chorégraphié Tigre et Dragon (2000) du toujours génial Ang Lee. Refusant sans doute de s’abaisser à signer un film totalement épique ou spectaculaire (aurait-il peur de déchoir ?), HHH verse dans une abstraction esthétique floue, certainement très symbolique. Mais à la différence d’un Tarkovski, d’un Bergman ou d’un Kubrick (voire d’un Malick dans ses bons jours), il ne va pas au bout de sa démarche et paraît comme incapable de se résoudre à une dissolution narrative absolue, qui ferait de ses œuvres de purs objets contemplatifs — même ses séquences de combats sont à Tsui Hark ou John Woo ce que Rivette pourrait être à Scorsese e

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La Terre et l’Ombre

ECRANS | De César Acevedo (Col, 1h37) avec Haimer Leal, Hilda Ruiz, Edison Raigosa…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

La Terre et l’Ombre

Heureusement que le métal fin ne s’oxyde pas ! Sans quoi, la Caméra d’or reçue par César Acevedo pour son premier film en mai dernier sur la Croisette aurait terni avant que son œuvre n’arrive sur les écrans. Cela dit, le délai observé par La Terre et l’Ombre entre son sacre et sa sortie respecte son apparente discrétion et son rythme lent. Une lenteur insistante aussi esthétisée que l’image est composée, avec un luxe de symétries et de clairs-obscurs. Cette gravité contemplative en vient à déranger, tant elle semble s’énivrer de sa propre beauté tragique, allant jusqu’à détourner l’attention du spectateur des vrais sujets : l’agonie du fils du vieux héros et ce que le film révèle des conditions de vie infâmes des journaliers colombiens. Non qu’il faille, par principe, assigner une forme crasseuse et tremblotante à un drame social, mais opter pour un maniérisme très cosmétique n’est sans doute pas l’alternative la plus heureuse. VR

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Une seconde mère

ECRANS | Val est femme de ménage pour une famille bourgeoise de Sao Paulo, avec qui elle habite vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; elle est même devenue (...)

Christophe Chabert | Mardi 23 juin 2015

Une seconde mère

Val est femme de ménage pour une famille bourgeoise de Sao Paulo, avec qui elle habite vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; elle est même devenue une deuxième mère pour Fabinho, le fils un peu glandeur qui prépare des études d’architecture. Sauf que Val a aussi une fille, Jessica, qu’elle a abandonnée et dont elle se contente de payer les études à distance, mais qui va débarquer dans sa vie — et dans la maison de ses employeurs — chamboulant les règles strictes imposées à sa mère. Qu’on ne s’y trompe pas, Anna Muylaert n’a pas choisi la voie du drame social pour évoquer ce qui est le thème principal du nouveau cinéma brésilien, au diapason de la réalité du pays : la lutte des classes persistante malgré le boom de son économie. Une seconde mère oscille entre le rire et les larmes, tirant vers une forme de marivaudage où les valets et les maîtres s’observent, se défient, se mélangent parfois, s’écartent souvent. C’est l’idée principale de la mise en scène : le cadre est souvent découpé en deux, posant une frontière entre chaque partie puis les faisant dialoguer par une théâtralité assumée — Val qui commente cachée dans la cuisine les agissements de la famille

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La Révolution Pixar

ECRANS | Vice-versa, chef-d’œuvre absolu signé Pete Docter, est un nouveau cap pour la révolution initiée depuis vingt ans par les studios Pixar dans le cinéma d’animation. Ou comment une bande de geeks sont venus bousculer le monstre Disney, qui n’est pas parvenu à tuer leur créativité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

La Révolution Pixar

«Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?». On ne sait pas si John Lasseter et ses camarades des studios Pixar ont lu Lamartine, mais ils auraient pu graver cette fameuse citation au frontispice de leurs bureaux. Au moins en ont-ils donné une version 2.0 à travers leur mythique logo : une lampe fait des bonds comme à pieds joints, lançant des œillades de lumière au spectateur avant d’aller écraser et remplacer le i de Pixar. L’objet doté de personnalité, de vie et d’humour : un véritable credo à la source de leurs premiers travaux, mais aussi l’amorce de la révolution Pixar. C’est d’abord un pied-de-nez à la tradition Disney : là où la firme du haut château s’intéressait avant tout aux héros des contes classiques — de Blanche-neige à Pinocchio — et à l’humanisation des animaux — Bambi, Dumbo, la centaine de dalmatiens ou encore les Aristochats — Pixar choisit de laisser la figure humaine dans l’ombre et ne se consacre à nos amis les bêtes que si celles-ci lui autorisent un changement radical d’échelle. Avec les deux Toy Story et Mille et une pattes, réalisés par le grand manitou John Lasseter (épaulé par le non moins influent Andre

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Vice-versa

ECRANS | Les studios Pixar et Pete Docter donnent une singulière lecture de ce que l’on appelle un film-cerveau en plongeant dans la tête d’une fillette de onze ans pour suivre les aventures de… ses émotions ! Aussi ambitieux qu’intelligent, drôle, émouvant et exaltant, voici une date majeure dans l’histoire du cinéma d’animation. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Vice-versa

Vice-versa tombe à pic pour rappeler deux choses essentielles : d’abord, que les studios Pixar sont de grands aventuriers du cinéma, des pionniers qui ne se reposent pas sur leurs lauriers et semblent se nourrir de défis toujours plus ambitieux. Il a fallu huit ans au génial Pete Docter, déjà auteur de Monstres et compagnie et de Là-haut, pour venir à bout de Vice-versa ; on comprend à sa vision à quel point tous les projets montés par le studio entre temps n’étaient que des récréations — parfois formidables comme Toy Story 3 ou Rebelle, parfois décevantes comme les suites de Cars et de Monstres et Compagnie — en attendant d’accoucher de cette œuvre majeure. Deuxième rappel : le cinéma d’animation n’est pas, comme trop de productions Dreamworks ou Disney récentes ont eu tendance à l’affirmer, une recette commerciale visant à séduire les bambins

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Loin de la foule déchaînée

ECRANS | De Thomas Vinterberg (Ang-ÉU, 1h59) avec Carey Mulligan, Matthias Schoenaerts, Michael Sheen…

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Loin de la foule déchaînée

Après La Chasse, où son savoir-faire virait à la manipulation contestable, Thomas Vinterberg continue sa carrière sinueuse avec cette nouvelle adaptation du roman de Thomas Hardy. Au XIXe siècle dans le Dorset anglais, une femme, Batsheba Everdene, va déchaîner les passions des hommes, d’abord celles de Gabriel Oaks, un berger taciturne, puis de William Boldwood, un propriétaire terrien psychologiquement fragile, et enfin du sergent Troy, un soldat dont elle tombera follement amoureuse. Vinterberg approche cette matière hautement romanesque avec une fidélité scrupuleuse, montrant comment d’une suite de hasards peut surgir une forme de fatalité : la perte d’un cheptel, un héritage imprévu, un mariage raté à cause d’une erreur sur le nom de l’église… Les personnages, malgré ces incessants revirements du destin, gardent tous leur rectitude et leurs principes : Batsheba cherche à préserver sa liberté et son indépendance, Oaks se pose en ange gardien dissimulant ses sentiments derrière sa droiture morale, Boldwood ronge son frein sans comprendre pourquoi elle se refuse à

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Cannes 2015, jours 10 et 11. La dernière ligne droite…

ECRANS | "Valley of Love" de Guillaume Nicloux. "Chronic" de Michel Franco. "Macbeth" de Justin Kurzel. "Notre petite sœur" d’Hirokazu Kore-eda. "Marguerite et Julien" de Valérie Donzelli. Le Palmarès du festival.

Christophe Chabert | Mardi 26 mai 2015

Cannes 2015, jours 10 et 11. La dernière ligne droite…

Encore une poignée de films arrachés à l’épuisement de fin de festival. Une journée pour souffler après le Palmarès. Et nous voilà de retour derrière notre clavier pour commenter tout ça, depuis nos calmes pénates et sous un ciel grisâtre, loin des coups de soleil et du stress cannois. Nicloux : Depardieu et Huppert, perdus dans l’espace La fin de la compétition — et les deux films rattrapés in extremis avant de rentrer — auront achevé de faire pencher la balance longtemps indécise du jugement global porté sur sa qualité : c’était quand même très moyen. On y reviendra à la fin de ce billet, mais il faut remonter à loin pour trouver autant de déceptions, sinon de films franchement mauvais, dans ce qui est censé être le top du festival. Et s’il y eût aussi quelques grands moments, c’est bien l’écart entre les deux extrêmes qui pose question. Mais bon, ne spoilons pas, on développera plus tard. Ainsi du Valley of Love de Guillaume Nicloux qui, sans être le «navet» proclamé par certains, nous a quand même sérieusement laissé sur notre faim. Il faut dire que Nicloux est un drôle de cinéaste, que l’on a d’abor

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Cannes 2015, jours 8 et 9. Love, love, love

ECRANS | "Youth" de Paolo Sorrentino. "The Assassin" de Hou Hsiao-Hsien. "Mountains May Depart" de Jia Zhang-ke. "Dheepan" de Jacques Audiard. "Love" de Gaspar Noé.

Christophe Chabert | Dimanche 24 mai 2015

Cannes 2015, jours 8 et 9. Love, love, love

Dur dur quand même ce festival de Cannes. Comme d’habitude, nous objecte notre petite voix intérieure. Oui, enfin, un peu plus que ça, lui répond-on, agacé. C’est parce que tu as la mémoire courte, renchérit-elle. Non, les pieds en feu et les yeux cernés surtout, tentons-nous pour couper court au débat. Sur quoi on se dit que si l’on en est à écrire ce genre de conversations imaginaires, c’est qu’effectivement il y a comme une forme de surchauffe intérieure et qu’on n’est pas loin de crier, proximité de l’Italie oblige : «Aiuto !» Youth : la grande mocheté de Sorrentino À moins que cet appel à l’aide ne soit la conséquence de l’accueil délirant réservé au dernier Paolo Sorrentino, Youth, qu’on considère pourtant clairement comme une horreur, sinon une infamie. C’est à ne plus se comprendre soi-même, tant on était resté sur le souvenir, émerveillé, de sa Grande Bellezza il y a deux ans, où il portait son cinéma rutilant et excessif vers une forme d’absolu, sillonnant les rues romaines avec une caméra virtuose et élégiaque dans un h

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Cannes 2015, jour 7. Exercices de style

ECRANS | "Sicario" de Denis Villeneuve. "Cemetery of Splendour" d’Apichatpong Weerasethakul. "Le Tout nouveau testament" de Jaco Van Dormael.

Christophe Chabert | Jeudi 21 mai 2015

Cannes 2015, jour 7. Exercices de style

Après la parenthèse enchantée de Vice Versa offerte (à vie) par les studios Pixar, retour à la dure réalité cannoise avec des films qu’on qualifiera gentiment d’inaboutis, pour des raisons somme toute très diverses. Prenons Sicario de Denis Villeneuve… Tout laissait à penser que le cinéaste québécois allait donner à ce polar sur fond de lutte contre les narcotrafiquants mexicains la même classe que celle insufflée à son superbe Prisoners. Le film démarre d’ailleurs très bien avec un assaut mené contre un repère de gangsters soupçonnés de détenir des otages. À la place, et après avoir soigneusement dégommé les habitants peu fréquentables du lieu, les agents découvrent un véritable charnier de cadavres étouffés dans des sacs plastiques puis dissimulés dans les murs de la maison. Vision d’horreur puissante qui permet aussi de mettre en avant la protagoniste du film : Kate (Emily Blunt), jeune recrue idéaliste du FBI, vite débauchée par un groupe d’intervention d’élite emmené par un type aussi débonnaire qu’inflexible (Josh Brolin) assoc

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Cannes 2015, jour 6. Et Pixar fût…

ECRANS | "Vice Versa" de Pete Docter

Christophe Chabert | Mercredi 20 mai 2015

Cannes 2015, jour 6. Et Pixar fût…

Lundi matin, 11h. Alors que commençait la deuxième moitié du festival sous le signe d’interrogations diverses et variées résumables en : «Est-ce que c’est un bon cru, cette édition 2015 ?», la lumière est apparue sur l’écran du Théâtre Lumière, et tout a soudain été bouleversé. Nous en premier, en sanglots durant les quinze dernières minutes du film, puis systématiquement lorsqu’on l’évoquait aux gens qui ne l’avaient pas encore vu ; mais aussi l’ordre d’un festival qui, jusque-là, manquait singulièrement de hiérarchie. La lumière, c’est celle de Vice Versa (Inside Out) de Pete Docter, dernier-né des studios Pixar, et c’est peu de dire qu’il s’agit d’un événement considérable, un classique instantané du cinéma et une date dans l’histoire de l’animation. Surtout, c’est le genre de choc dont on ne se remet pas, une projection qui restera à jamais gravée dans nos mémoires, petite bille bleue et jaune stockée quelque part au fond de notre conscience que des mains agiles iront régulièrement ressortir pour nous refoutre le frisson, les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres. Car ce que raconte Vice Versa, dans un élan méta-phys

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Cannes 2015, jour 5. Oh ! Carol…

ECRANS | "Carol" de Todd Haynes. "Mon roi" de Maïwenn. "Plus fort que les bombes" de Joachim Trier. "Green Room" de Jeremy Saulnier.

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

Cannes 2015, jour 5. Oh ! Carol…

Il fait beau et chaud sur Cannes, et tandis que les plagistes ont les pieds dans l’eau, les festivaliers continuent de macérer dans une mare de sueur, brûlant au soleil de files d’attente désespérées, rabrouant les resquilleurs, espérant secrètement découvrir de beaux films. À la mi-temps du festival, on est encore dans l’expectative. Il faut dire que des films, on n’en voit moins que les années précédentes, et surtout que l’on se concentre sur les films événements. A perdre chaque jour entre trois et cinq heures à attendre, on doit forcément sacrifier la part de découverte pourtant essentielle à la manifestation. D’où l’impression d’assister à une grande preview des films importants de l’automne, plus qu’à une compétition en bonne et due forme. Carol : Tood Haynes sublime le mélodrame Si toutefois on devait jouer le jeu des pronostics, on dirait que Carol de Todd Haynes ferait une très belle Palme d’or. Ce n’est pas ce qu’on a vu de mieux dans ladite compétition — Le Fils de Saul a notre préférence — mais il marque une étape décisive dans la carrière d’un cinéaste plutôt rare, dont chaque œuvre était jusqu’ici pétrie de contradic

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Cannes 2015, jour 4. La mère des songes.

ECRANS | "The Sea of Trees" de Gus Van Sant. "Mia Madre" de Nanni Moretti. "Les Milles et une nuits, volume 1" de Miguel Gomes.

Christophe Chabert | Dimanche 17 mai 2015

Cannes 2015, jour 4. La mère des songes.

Cannes 2015, de l’avis général, c’est l’enfer. Après les exploitants, c’est au tour de la presse, et notamment de son lumpenprolétariat, de râler sévère contre l’organisation. Il fallait en tout cas arriver deux bonnes heures à l’avance, cuire tel un poulet au four en faisant la queue et réciter une prière aux dieux du cinéma pour espérer voir les projections du Gus Van Sant et du Todd Haynes, du moins si l’on ne faisait pas partie du gotha de la critique. De plus en plus terrible année après année, cette répartition engendre qui plus est des comportements particulièrement rustres, les copains se gardant des places dans les queues puis dans les salles, histoire de s’assurer que l’on ne finisse pas le cul sur les marches — dans le meilleur des cas — ou le bec dans l’eau — dans le pire. Bref, une réforme de ce fourbi paraît inéluctable, et on rêve que tout cela se termine à la loyale : premier arrivé, premier servi, quitte à ce que, telles des groupies avant un concert de rock, certains en soient à planter leur tente devant les barrières pour être sûrs de dégotter le précieux sésame. The Sea of Trees : Van Sant se fait hara kiri Évidemment, la rage

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Cannes 2015, jour 3. Au cœur de l’irrationnel

ECRANS | "Le Fils de Saul" de László Nemes. "L’Homme irrationnel" de Woody Allen. "The Lobster" de Yorgos Lanthimos.

Christophe Chabert | Samedi 16 mai 2015

Cannes 2015, jour 3. Au cœur de l’irrationnel

Appliquant la règle berlinoise dite de l’embargo jusqu’à la projection officielle d’un film, on se laisse parfois 24 heures — un luxe ! avant de causer de la compétition, ce qui fait qu’à l’heure où vous découvrirez ces lignes, vous saurez déjà en allant fureter sur les réseaux sociaux qu’une bronca spectaculaire s’est levée sur The Sea of trees, le nouveau Gus Van Sant. Pour savoir ce que l’on en a pensé, patience jusqu’à demain, donc. Le Fils de Saul / Le Fils de l’homme On a aussi attendu pour dire à quel point Le Fils de Saul, premier long-métrage du Hongrois László Nemes, fut le grand choc de ce début de festival — en espérant que ce ne soit pas le seul. S’il y a une raison d’endurer le cirque cannois, c’est bien pour se retrouver nez à nez avec des œuvres pareilles, surgies de nulle part mais, une fois la projection terminée, inscrites de manière indélébile dans notre mémoire. On pourrait penser que cela tient exclusivement au sujet du film : la description d’un camp d’extermination nazi à travers les yeux de Saul, un membre du Sonderkommando, ces prisonniers chargés de participer à la solution finale en conduisant les juifs dans les

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Cannes 2015, jours 1 et 2. Le festival se la raconte…

ECRANS | "Tale of tales" de Matteo Garrone. "L’Étage du dessous" de Radu Muntean. "L’Ombre des femmes" de Philippe Garrel.

Christophe Chabert | Jeudi 14 mai 2015

Cannes 2015, jours 1 et 2. Le festival se la raconte…

Voilà, Cannes, 2015, c’est parti, dans un foutoir qui ferait le charme du festival s’il n’était pas une source considérable d’épuisement pour celui qui le subit onze jours durant. Au menu cette année : un plan Vigipirate renforcé qui crée un gigantesque périmètre de sécurité devant l’entrée du Palais, obligeant les centaines de festivaliers à s’agglutiner le long des barrières lorsqu’ils sortent et provoquant des queues monstres quand ils veulent pénétrer à l’intérieur ; des exploitants furibards devant la réforme de leur système de tickets, prêts à mener une action en haut des marches histoire d’exprimer leur mécontentement ; et un grand Théâtre Lumière rénové de fond en comble, du double escalier en hélice à la salle elle-même, bien plus confortable que dans sa configuration précédente. Comme d’habitude, les couacs sont nombreux au démarrage, à commencer par des séances presse tellement étroites qu’il était quasi-impossible d’assister aux projections du dernier Kore-Eda, Notre petite sœur ; pas grave, on se le gardera pour les séances de rattrapage le dernier dimanche, juste avant le palmarès. Ou encore ces publicités pour le moins menaçantes de la Ville de

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Un Oeil sur... La Grande Tablée

SCENES | En partenariat avec la Ville de Lyon, le Petit Bulletin vous présente les talents locaux qui feront parler d'eux demain. Quatrième épisode avec le collectif théâtral La Grande Tablée. Journaliste : Stéphane Duchêne - Réalisation : La Brêche - Crédit musique : Péthrol – Summer Rise

Benjamin Mialot | Mardi 14 avril 2015

Un Oeil sur... La Grande Tablée

Expression d’une certaine idée de la créativité autant que réaction à la morosité économique ambiante, le collectif est une forme d’organisation de plus en plus prisée par les jeunes artistes. C’est le cas de La Grande Tablée, regroupement d’émules de l’ENSATT qui présentera prochainement une mise en scène à plusieurs voix des Piliers de la société d’Ibsen au Théâtre de l’Elysée. Portrait d’une compagnie décidée à faire bouger les lignes.

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Vidéo-clubs : les derniers des Mohicans

ACTUS | En pleine explosion dans les années 80, incontournables dans les années 90, les vidéo clubs ont connu un lent déclin dans les années 2000. À Lyon, certains résistent, d’autres se résignent, d’autres s’adaptent. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 27 septembre 2013

Vidéo-clubs : les derniers des Mohicans

Alors que le festival Lumière s’apprête à remettre son prix à Quentin Tarantino, il n’est pas inutile de rappeler la légende qui entoure ses jeunes années : employé dans un vidéo club, il y a ingurgité tout ce qui allait constituer sa cinéphilie délirante, avant d’alimenter son cinéma jusqu’à la transformer en philosophie personnelle et en discours politique. Un autre cinéaste a immortalisé le vidéo-club comme lieu alternatif, à la fois commerce de proximité et temple d’une érudition débridée et sans chapelle : Kevin Smith, dont le premier film Clerks se déroulait à moitié dans un vidéo club tenu par un gérant débonnaire et volontiers critique envers ses clients. Dans les années 80, époque glorieuse de la VHS et du magnétoscope dans tous les foyers, les vidéo clubs explosent partout en France ; dans les années 90, ils s’installent pépère dans le paysage, certaines chaînes devenant même des acteurs majeurs du secteur, proposant bornes automatiques et forfaits imbattables. L’apparition du DVD au tournant du siècle aurait dû logiquement donner un coup d’accélérateur au secteur ; mais ce sont plutôt les coups

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(Télé)Visions de Cronenberg

ECRANS | Hourra ! C’est le retour de L’Épouvantable vendredi cette semaine à l’Institut Lumière, dans une formule allégée à deux films au lieu de trois. Pour cette (...)

Christophe Chabert | Jeudi 15 novembre 2012

(Télé)Visions de Cronenberg

Hourra ! C’est le retour de L’Épouvantable vendredi cette semaine à l’Institut Lumière, dans une formule allégée à deux films au lieu de trois. Pour cette nouvelle saison, c’est David Cronenberg qui a l’honneur de lancer les hostilités, avec deux films donc, et pas des moindres. D’abord La Mouche, son œuvre la plus célèbre, qui fait aujourd’hui encore l’unanimité même chez les détracteurs du cinéaste. Pourtant cette commande de Mel Brooks autour du remake d’une série B fantastique (La Mouche noire avec Vincent Price), avait tout de la fausse bonne idée. Cronenberg y décrit le calvaire de Seth Brundle (Jeff Goldblum), physicien geek ayant inventé une méthode de téléportation révolutionnaire mais qui, lors d’un test sur sa personne, voit son génome mélangé à celui d’une mouche ; plutôt qu’à une métamorphose gore, on assiste à l’avancée réaliste et tragique d’une forme virulente de cancer, à laquelle Cronenberg ajoute une déchirante histoire d’amour entre Brundle et une jolie journaliste (Geena Davis), façon La Belle et la bête. Ensuite, flashback quelques années auparavant avec Videodrome, grande œuvre culte où Max Renn (James Wo

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«Mes films parlent de la fragilité humaine»

ECRANS | Entretien avec Thomas Vinterberg, réalisateur de "La Chasse".

Christophe Chabert | Jeudi 8 novembre 2012

«Mes films parlent de la fragilité humaine»

Partez-vous toujours d’un sujet pour vos films et, dans le cas de La Chasse, s’agissait-il de la sacralisation de la parole de l’enfant ?Thomas Vinterberg : Mes films viennent d’endroits très variés, mais toujours de quelque chose qui relève de la fragilité humaine. Mon prochain film parlera du rejet d’une femme vieillissante, à cause de sa chair. Festen parlait d’un secret profondément enfoui chez un personnage. Dans La Chasse, j’étais intéressé à la fois par l’enfant et par l’homme en tant que victimes. Il y a entre eux une amitié très forte, presque une histoire d’amour. C’est un très bon couple, tous les deux rejetés par leur famille et c’est pour cela qu’ils se comprennent si bien. Pas sur un plan sexuel, évidemment… Dans le cas de la petite fille, à cause d’un mensonge, tout son monde s’écroule autour d’elle, ce qui est très touchant. Quant à l’histoire de Lucas, elle m’intéresse car il est sacrifié sur l’autel du besoin qu’ont les gens d’incarner leurs peurs à travers un bouc émissaire. Dans les cas réels que j’ai étudiés, les petites filles avaie

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La Chasse

ECRANS | La calomnie d’une enfant provoque un déchaînement de violence sur un innocent assistant d’éducation. Comme un contrepoint de son tube «Festen», Thomas Vinterberg montre que la peur de la pédophilie est aussi inquiétante que la pédophilie elle-même, dans un film à thèse qui en a la qualité (efficace) et le défaut (manipulateur). Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 8 novembre 2012

La Chasse

On sort de La Chasse un peu sonné, pris comme le héros dans un engrenage asphyxiant où chaque tentative pour rétablir la vérité l’enfonce dans le désespoir et renforce l’injustice à son encontre. Thomas Vinterberg a de toute évidence réussi son coup : il laisse peu de place à la réflexion durant ces 110 minutes — jusqu’à la fin "ouverte" narrativement, mais totalement close philosophiquement. Les interrogations viendront après, une fois la distance retrouvée avec un spectacle efficace mais fondamentalement pipé. La Chasse raconte comment Lucas, assistant d’éducation en bisbille avec sa femme pour la garde de son fils, va voir le ciel lui tomber sur la tête après qu’une des petites filles de l’école où il travaille l’ait accusé de «lui avoir montré son zizi». L’enfant a en fait une réaction d’amoureuse déçue face à un homme qu’elle avait identifié comme un possible père de substitution, lui prodiguant l’affection que son vrai paternel ne lui témoignait plus. La calomnie va prendre des proportions terribles : directrice, professe

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Test jeux vidéo : Saints Row The Third

CONNAITRE | Jeu vidéo disponible sur PC, PS3 et Xbox 360 (Volition / THQ)

Dorotée Aznar | Vendredi 9 décembre 2011

Test jeux vidéo : Saints Row The Third

Dans ce troisième épisode de Saints Row, cousin dégénéré du signifiant Grand Theft Auto de Rockstar Games, on peut frapper des vieilles dames à coups de godemichet. On peut aussi aplatir des muscle cars les fesses calées dans un tank, s'acheter des sapes ridicules, rouler sur des flics au volant d'un bus scolaire, braquer des tatoueurs, changer de sexe, faire du car surfing, prendre en otages des mascottes, parler comme un zombie, courir nu, aligner les passants au lance-roquettes, sauter en parachute, recruter des prostituées avec la complicité d'un pimp s'exprimant avec un autotune, taper des wheelies à contresens... Tout ça à l'aune d'un scénar à l'outrance de série B, qui voit le gang donnant son titre à la série opposé à des catcheurs mexicains, des cyberninjas et des trafiquants d'armes belges. Bref, Saints Row : the Third est, à l'image de ses prédécesseurs, un parangon de liberté d'une idiotie aussi abyssale que jouissive. Réveillez le sale gosse qui sommeille en vous. BM  

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Test jeux vidéo : Ultimate vs. Capcom 3

CONNAITRE | Jeu vidéo disponible sur PS3 et Xbox 360 (Capcom)

Dorotée Aznar | Vendredi 9 décembre 2011

Test jeux vidéo : Ultimate vs. Capcom 3

D'abord, un carton jaune pour Capcom, éditeur historique et respectable s'il en est, qui nous fait pour la énième fois le coup de la mise à jour vendue au prix fort même pas un an après la sortie du titre originale. Ultimate vs. Capcom 3 reprend ainsi pour 40 boules le contenu de Marvel vs. Capcom 3 (qui coutait 65€ à sa sortie) et l'agrémente d'une douzaine de protagonistes (sur un consistant total de 48), de huit décors et d'un rééquilibrage des forces déjà en présence. Et on s'étonne que l'early adopter soit une espèce menacée. Ceci étant, ça ne l'empêche pas, avec sa courbe d’apprentissage vertigineuse, ses graphismes poppy et pyrotechniques à souhait et son rythme à la frénésie toute proverbiale, d'incarner la quintessence du jeu de baston à la papa. Puis bon, avoir entre les mains l'issue de rixes opposants des personnages aussi charismatiques que Wolverine, Ghost Rider, Captain America, Zero (Megaman), Akuma (Street Fighter) et Dante (Devil May Cry), ça ne se refuse pas. BM

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Tout pour l’image

ACTUS | Mickaël Dumoulin et Yvan Manigand ont créé l’association Kaboch’Arts, structure de production et de réalisation audiovisuelles.

Dorotée Aznar | Dimanche 25 septembre 2011

Tout pour l’image

C’est au cours de leurs études à Studio M qu’Yvan Manigand et Mickaël Dumoulin se sont rencontrés. Autour d’eux, d’autres élèves voient approcher la fin de leur cursus en se demandant ce qu’ils vont faire par la suite. « Dès la deuxième année, dit Mickaël, on s’est dit qu’on allait monter une association pour travailler tous ensemble et réunir nos compétences et nos efforts, créer du réseau, s’installer sur la région lyonnaise dans le cadre de la production audiovisuelle, qu’elle soit institutionnelle, événementielle ou documentaire. » Pour monter Kaboch’arts, Mickaël et Yvan n’ont pas forcément reçu un soutien direct de l’école, mais ont pu s’appuyer sur certains de leurs professeurs : « Il n’y avait pas de cours qui expliquaient comment on crée ce genre d’associations. Mais ce sont les profs qui nous ont mis en contact avec des personnes susceptibles d’avoir besoin de la vidéo. Par exemple, un comique qui voulait faire une captation de son spectacle. Ça a été un plus professionnellement : comment aborder un client ? Comment savoir ce qu’il veut ? »Restons groupés !Mickaël et Yvan tombent d’accord sur ce qui a fait la force de Kaboch’arts à sa création

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A fond les manettes - Mars 2011

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Mars 2011 : des catcheurs, des boxeurs, des intraterrestres, des fantômes et des tentacules. Tout cela, c'est dans notre sélection de jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 3 mai 2011

A fond les manettes - Mars 2011

WWE All Stars (THQ) – Sur PS3, Xbox 360, Wii, PSP et PS2 Depuis le temps que l'on attendait ça. Un jeu de catch qui, plutôt que de verser dans un réalisme contradictoire bien que raccord avec les intentions des fédérations concernées (le maintien de la sacro-sainte suspension d'incrédulité), capitaliserait sur le côté over the top de ce divertissement sportif à la manière d'un WWF WrestleMania: The Arcade Game (1995). WWE All Stars le fait à merveille, avec ses graphismes caricaturaux juste ce qu'il faut, son panel de superstars retraitées/décédées/en activité autorisant toutes les fantaisies (Randy Savage contre Rey Mysterio, André le Géant contre Big Show, ce genre de rêve de fans) et son gameplay à base de contres éclairs et de signature moves pyrotechniques. On déplorera tout de même une Intelligence Artificielle à la ramasse, des temps de chargement indécents et des movesets un peu limités. Pas de quoi bouder son plaisir.

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A fond les manettes - Mars 2011

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Mars 2010 : de la plate-forme, de la tactique, de la stratégie, du shoot au sol et du shoot dans les airs. Tout cela, c'est dans notre sélection de jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 21 mars 2011

A fond les manettes - Mars 2011

Kirby : au fil de l'aventure (Nintendo)Sur WiiEst-ce une fraise Tagada ? Est-ce un lipome fraîchement expulsé ? Non, c'est Kirby, le personnage le plus choupinet de Nintendo, et il a bien changé. Au placard, son appétit de trou noir, la petite boule rose évolue dans Au fil de l'aventure dans un univers de tissu aux coutures apparentes et ses capacités sont à l'avenant. Elle peut littéralement embobiner ses ennemis, adopter la forme d'un camion de pompier pour éteindre des flammes, découdre un bouton du décor pour raccourcir un ravin... Un gameplay ingénieux et poétique comme seul Big N sait en concevoir (là est le secret de la longévité de ses icônes, de Link à Mario), au service d'une aventure épousant tous les contours d'un conte (jusqu'à la voix off interprétant l'intégralité du cast), à un détail près : le challenge est aux abonnés absents, même en coopératif. Mais bon, on est sur Wii, la console aux publicités dignes d'un téléachat cubain, on a l'habitude. Tactics Ogre : Let Us Cling Together (Square Enix

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A fond les manettes - Décembre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Décembre 2010 : des traces de sang, des traces de pneu, des traces d'encre, des traces de brûlé et des traces de coups. Tout cela, c'est dans notre sélection des jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 18 décembre 2010

A fond les manettes - Décembre 2010

Assassin's Creed Brotherhood (Ubisoft) – Sur PS3, Xbox 360 et PCA l'aune du peu de temps écoulé entre la sortie d'Assassin's Creed 2 et l'annonce de ce spin-off et de l'habitude tenace qu'a Ubisoft de produire de belles coquilles vides (Far Cry 2, Prince of Persia, H.A.W.X....), on craignait le pire. Et bien le pire n'est pas arrivé. Au contraire. Déplaçant l'action de Venise à Rome, Brotherhood pousse à leur paroxysme les deux principales qualités de la série. D'un côté sa direction artistique, à l'origine d'environnements parmi les plus vastes et crédibles qu'on ait vus sur les consoles de Sony et Microsoft. De l'autre son gameplay fourmillant et dynamique : de sabotages commandités par Leonard de Vinci himself en rénovations de commerces décrépis en passant par le recrutement et l'entrainement de compagnons susceptibles de vous aider à mettre un terme sanglant à la tyrannie de la famille Borgia, comptez entre 20 et 30 heures de furtivité et d'escalade, avant de vous en remettre au seul aspect multijoueur, stimulante murder party en costumes.

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A fond les manettes - Novembre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Novembre 2010 : du post-apocalyptique, du science-fictif, du gothique, du fabuleux et de l'onirique. Tout cela, c'est dans notre sélection des jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 25 novembre 2010

A fond les manettes - Novembre 2010

Fallout : New Vegas(Obsidian Entertainment / Bethesda Softworks) – Sur PC, PS3 et Xbox 360Un miracle du niveau la résurrection de Lazare, voilà ce qu'est "New Vegas". La comparaison n'est pas trop forte quand on se souvient dans quel état les branques de Bethesda Softworks avait laissé "Fallout", franchise culte du jeu de rôle à pixels : vidée de sa substance, de sa subtilité et de sa maturité. Des scories dont les développeurs d'Obsidian, légitiment portés au pinacle l'an passé à la sortie d'Alpha Protocol, ont fait table rase. Univers post-apocalyptique d'une cohérence à toute épreuve, dialogues taillés aux ciseaux pour bonsaï, personnages crédibles et pas monochromes, mécanismes impeccablement huilés (quêtes à tiroirs, caractéristiques déterminantes, gestion de la survie et de la réputation), humour et sous-texte sociologique sophistiqués, toute la sève des deux premiers opus coule dans ce spin-off. Au point que l'inévitable héritage du troisième (interface mal pensée, moteur graphique périmé, vue à la première personne injustifiée) en devient supportable. Passionnant en l'état, inépuisable quand les modders auront pris les choses en main.

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A fond les manettes - Octobre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Octobre 2010 : du «vroum», du «uuuungh», du «clac clac clac», du «kaboom» et du «woosh». Tout cela, c'est dans notre sélection des jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 13 octobre 2010

A fond les manettes - Octobre 2010

F1 2010(Codemasters) – Sur PlayStation 3, Xbox 360 et PCLa dernière fois qu'un jeu de Formule 1 vous a vraiment fait vibrer, c'était quand ? Nous, en bons vieux cons, c'était en 1998 à la sortie de Grand Prix Legends. Non, pardon, c'était il y a une paire de semaines, lorsque l'on s'est lancé dans F1 2010. Il faut dire que son développeur n'est pas le premier venu puisqu'il s'agit de Codemasters, grand pourvoyeur de belles mécaniques de pixels avec les séries DiRT et GRID. Comme ces deux gammes, F1 repose sur un bel équilibre entre simulation pure et dure (désactivation des aides de conduite, nombreux réglages) et arcade décomplexée (déformations cosmétiques, menus intégrés). Graphiquement, l'Ego Engine maison fait des merveilles et, à grands renforts d'effets météo dynamiques et de circuits fidèlement reproduits, génère des sensations d'une crédibilité et d'une immersivité à toutes épreuves. Volant conseillé, cela va sans dire, d'autant que vous pourrez le rentabiliser avec le volet 2011, dont on espère qu'il exploitera à fond le prometteur volet «relations publiques» entrevu dans le mode Carrière.

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A fond les manettes - Septembre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Septembre 2010 : une love story pleine de bourre-pifs, des vers de terre lourdement armés, le retour d'une archéologue à la détente facile et dont le prénom n'est pas Indiana, une quête de vengeance à faire baver de plaisir le tandem Tarantino-Rodriguez et des Siciliens arrondissant leurs fins de mois à coups de fusils à pompe Remington : tout cela, c'est dans notre sélection de «jeux vidéo qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier». Benjamin Mialot

Dorotée Aznar | Vendredi 17 septembre 2010

A fond les manettes - Septembre 2010

SCOTT PILGRIM VS. THE WORLD(Ubisoft Montréal - Ubisoft) – Sur Playstation 3Alors que les Anglo-saxons se bidonnent depuis plus d'un mois devant l'adaptation au cinéma par Edgar Wright (Shaun of the Dead) du roman graphique de Bryan Lee O'Malley, nous, pauvres Français, allons devoir patienter jusqu'en décembre pour voir de quel bois se chauffe Scott Pilgrim. Heureusement pour les fans de ce gentil branleur obligé de botter le derrière des sept ex maléfiques de sa dulcinée, l'adaptation vidéoludique de ses mésaventures est d'ores et déjà jouable sous la forme d'un bon vieux beat'em all des familles, et on vous la recommande. Pas tant pour son gameplay, défoulant mais guère moins répétitif que celui de ses glorieux ancêtres (Final Fight, Streets of Rage...) en dépit de son arsenal indécent et de son système de progression emprunté aux jeux de rôle, mais pour sa réalisation délicieusement old-school. Laquelle, de gros sprites pixelisés en musiques MIDI survitaminées, excuse une maniabilité trop rigide et une difficulté limite rébarbative. Carton jaune en revanche pour le

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Mafia II

CONNAITRE | (2K Czech - 2K Games) – Sur PC, Xbox 360 et Playstation 3 par Benjamin Mialot

Dorotée Aznar | Lundi 13 septembre 2010

Mafia II

Prendre en main l’ascension criminelle d'une petite frappe, voilà ce à quoi vous invite Mafia II. Ça vous rappelle un certain Grand Theft Auto ? Normal, reste que c'est là l'une des rares caractéristiques que partagent les deux séries. Comme son aîné, cet opus se distingue en effet radicalement de la licence phare de Rockstar Games en misant tout sur le scénario et l'ambiance au détriment du sentiment de liberté et de la profusion d'activités propre aux sandbox games. Un choix judicieux tant la noirceur et la causticité de ce nouvel opus se révèlent rapidement, à grands coups de missions scriptées et de dialogues ultra-punchy, dignes des classiques ciné du genre. Revers de la médaille, on a à peine le temps de profiter de la magnificence d'Empire Bay, relecture minutieuse d'une mégalopole nord-américaine des années 40 puis 50, qu'il nous faut déjà la quitter, tandis que les phases de gameplay les plus excitantes ne consistent pas tant à rosser la racaille irlandaise ou à jouer au chat et à la souris avec la police mais à zoner au volant d'un ersatz de coupé Chevrolet Bel-Air au rythme du Mister Sandman des Chordettes. Des regrets donc, mais quand même, quel pied.

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Lara Croft and the Guardian of Light

CONNAITRE | (Crystal Dynamics - Square Enix) – Sur PC, Xbox 360 et Playstation 3 par Benjamin Mialot

Dorotée Aznar | Lundi 13 septembre 2010

Lara Croft and the Guardian of Light

Ce n'est pas une défaillance de votre écran. N'essayez pas de régler l'image. Vous n'êtes pas en 1996. Non parce que mine de rien, cela va bientôt faire quinze ans que la pulpeuse aventurière a révolutionné le jeu d'aventure, et elle se porte même comme un charme depuis que les zigues de Crystal Dynamics l'ont arrachée des mains moyennement expertes de Core Design. Ce dixième épisode ne dit pas autre chose, d'autant qu'il se permet une fantaisie bienvenue en troquant la sempiternelle vue à la troisième personne pour une 3D isométrique des plus séduisantes. Au-delà de ce coup de plumeau graphique et d'un système de levelling anecdotique, c'est du Tomb Raider pur jus que propose Lara Croft & the Guardian of Light : sur la foi d'un scénario indigent à base d'artefacts et de démons, il vous faudra explorer d'antiques ruines et d'hostiles jungles, résoudre quantité d'énigmes et dézinguer de la créature oubliée à tour de bras. Sauf que le mélange d'action et de réflexion est si bien dosé et le mode coopératif à 2 si différent de l'aventure solo que cela fonctionne encore.

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Worms Reloaded

CONNAITRE | (Team 17) – Sur PC par Benjamin Mialot

Dorotée Aznar | Lundi 13 septembre 2010

Worms Reloaded

Put*** dix ans ! Dix ans que l'on attendait que les développeurs de la franchise Worms reviennent aux fondamentaux qui firent du jeu originel paru en 1995 un indémodable de la stratégie au tour par tour : des équipes de lombrics sur le sentier de la guerre, pléthore d'armes et accessoires complètement loufoques (mouton explosif, bazooka, grappin, œuf surprise...), un graphisme 2D cartoony et coloré, et c'est tout. Pas de 3D illisible ou d'exploration spatiale, bref rien des tentatives hasardeuses qui, depuis la sortie de Worms World Party en 2000, faisaient grincer des dents les puristes, pour une fois à raison. Pour autant, Worms Reloaded n'est pas avare en nouveautés, principalement du côté du multijoueur, celui-ci disposant de toutes les fonctions communautaires que l'on est en droit d'attendre d'un titre aussi délirant et convivial en 2010 (éditeur de niveaux intuitif, chat vocal, classements...). Quant aux (vers) solitaires, ils peuvent passer leur chemin, le versant solo ne rivalisant pas une seule seconde question réflexion et rigolade.

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