Rentrée cinéma : va y avoir de l'animation…

ECRANS | "​Le Petit Prince", discutable adaptation de Saint-Ex’ qui a ravi du public à "Vice-Versa", ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir : la fin 2015 s’annonce riche en productions animées enthousiasmantes.

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

Le temps où "film d'animation" avait pour étroit synonyme "dessinanimédeoualdisney" (en un seul mot) est définitivement révolu. Si la concurrence a fait son œuvre et créé de l'émulation là où le studio aux grandes oreilles vivait confortablement de sa rente, il serait illusoire de croire que les seules majors ont permis à l'animation de connaître son boum actuel : l'évolution des techniques, les alternatives soumises par les indépendants (en particulier en Europe et en Asie) ont fait naître chez les spectateurs le désir de voir d'autres images.

Depuis, la mondialisation des talents a rempli son office ; une relative uniformisation contamine Hollywood, qui lorgne sur le modèle esthétique et narratif (gagnant) développé par Pixar. La pompe aspirante californienne recrute à tout-va, consacrant les animateurs qui s'assimilent à son modèle. Dernier exemple en date, le Français Pierre Coffin, réalisateur des Minions, tombeur du Mission Impossible de Tom Cruise cet été. Mais la Nature a horreur du vide, et les départs outre-Atlantique favorisent l'émergence de nouvelles générations. Mieux : une démarcation plus nette s'opère entre les publics. L'offre se diversifie, se densifie en fonction des âges, ce que tend à prouver cette rentrée.

Tout court, tout-petits

Testés lors de projections estivales (notamment au Comœdia de Lyon à l'occasion du cycle "Ma T'Août première avant-première"), les programmes courts d'une heure environ, à destination des 3-6 ans, se taillent une belle place sur les écrans, en visant un public jusqu'alors privé de réel choix. Ils ont pour eux de proposer des assortiments thématiques de courts métrages — un format adapté à la capacité d'attention des plus jeunes mais dépourvu de viabilité commerciale lorsqu'il est exploité isolément. Déconnectés de la stricte actualité, comme des chapelles cinématographiques, ces programmes peuvent aussi bien rassembler des nouveautés nordiques que des classiques d'Europe centrale époque Rideau de fer, voire un florilège des studios régionaux (Folimage a ainsi, par le passé, distillé les nombreuses merveilles figurant dans son volumineux catalogue).

D'ici les vacances de la Toussaint, les plus jeunes seront gâtés avec au moins une sortie par semaine : Les Fables de Monsieur Renard (16 septembre), Petites Casseroles qui contient La Petite Casserole d'Anatole, Grand Prix au festival du film court de Villeurbanne 2014 (le 23) ; Les Salsifis du Bengale et autres poèmes de Robert Desnos, avec les voix de Romane Bohringer et Jacques Gamblin sous la bannière Gebeka et Le Voyage de Tom Pouce (le 30), Les Animaux farfelus et Minopolska 2 (7 octobre), Sametka la chenille qui danse (le 14)…

Une fois rodés, les jeunes spectateurs pourront passer au long : il se trouve que Petit Corbeau revient dans La Course du siècle, co-réalisé par l'Allemande Ute Münchnow-Pohl et Sandor Jess (21/10). Bonne transition avant la tranche supérieure.

Familial

Déjà couronnée par le Cristal du long métrage au festival d'Annecy, Avril et le monde truqué de Franck Ekinci et Christian Desmares figure d'emblée parmi les candidats au César l'an prochain. Il faut dire que les premières images de cette alléchante uchronie rétro-futuriste mâtinée de steampunk à la française, inspirée par l'univers du dessinateur Tardi, sont somptueuses (4 novembre).

Son principal challenger, qui le précédera dans les salles de quelques semaines, est signé par une paire bien connue dans la région, Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli (auteurs de Une vie de chat), à nouveau à la manœuvre pour Phantom Boy. Coproduite par les Valentinois de Folimage, cette histoire nous fait suivre les aventures d'un gamin capable de quitter son corps (14 octobre). Du fantastique appétissant, plus attrayant que le malheureux Adama de Simon Rouby (21 octobre) : ce conte ayant un pied sur le continent africain, l'autre dans les tranchées de 14-18 semble graphiquement inachevé ; même le flow d'Oxmo Puccino (qui compte parmi les voix et interprète le single final) semble sous narcose. Dommage. Plus consensuel, Hotel Transylvania 2 de Genndy Tartakovsky : la suite des aventures de Dracula, du loup-garou et de la créature de Frankenstein recyclés en tenanciers d'hôtel, devrait faire le job. À coup sûr, rien d'effrayant dans cette désormais série ; pas même une mention de AirBnB ! (7 octobre).

On surveillera également avec curiosité une première co-réalisation française, Mune le gardien de lune de Benoît Philippon et Alexandre Heboyan (14 octobre), construit comme une légende onirique et porté par les voix de Omar Sy, Michael Gregorio et Izïa Higelin. Enfin, Noël verra débarquer un chien et des cacahuètes : Snoopy et les Peanuts, dans une version modélisée des personnages de Charles M. Schultz (16 décembre). Sans vouloir faire de procès d'intention au réalisateur Steve Martino, on redoute que le gain d'épaisseur des personnages n'ait entraîné, par un jeu pervers de vases communicants, une perte de cette mélancolie faisant leur charme — si peu compatible avec l'esprit guilleret que l'époque tend à nous vendre.

Enfin, si Miss Hokusai donne le ton cette semaine d'un cinéma enclin à l'abstraction (très très fugacement), on devra attendre les ultimes jours de 2015 pour apprécier la biographie d'Adam Jacek Winker que raconte La Montagne magique (23 décembre). Par le sujet historique, mais aussi les techniques mixtes utilisées (collages, rotoscopie, peinture, compositions numériques…), le film de Anca Damian est l'un des plus riches qui nous soient promis. Son dernier atout n'est pas le moindre : c'est l'ami Christophe Miossec qui en est le récitant.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : île en faut peu pour être Fårö

Cannes 2021 | Une réalisatrice sur l’île d’un réalisateur autofictionne sa relation avec un autre réalisateur et signe un film faisant penser à un autre réalisateur. On préfère le cinéma de Mia Hansen-Løve quand il s’intéresse aux histoires des autres qu’aux récits à peine transformés de sa propre existence.

Vincent Raymond | Vendredi 16 juillet 2021

“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : île en faut peu pour être Fårö

Chris et Tony, un couple de cinéastes, débarque sur Fårö, l’île où vécut Ingmar Bergman (et où demeure son empreinte) pour écrire, chacun s’attelant à son projet personnel. Entre les obligations liée à la résidence artistique de l’un, le désir (ou la nécessité) d’explorer l’univers bergmanien, les impasses narratives de l’autre, le couple perd un peu de son harmonie et la fiction contamine le réel… Un vent de déjà-vu traverse ce bien sage ego-fan-trip où Mia Hansen-Løve ne se donne pas vraiment la peine de dissimuler les visages derrières les personnages : Tony, c’est Assayas et Chris… eh bien c’est elle. Deux artistes ensemble, unis par le métier et une enfant, mais dissociés par l’impossibilité de construire conjointement une famille équilibrée et chacun leur œuvre. Une incapacité qui les rapproche de Bergman, ou du moins que Fårö semble révéler à Chris : quand Tony avance dans son écriture et est célébré par les insulaires, elle se trouve en proie aux doutes, aux atermoiements, son stylo tombant régulièrement (et symboliquement) en panne sèche…

Continuer à lire

“Titane” de Julia Ducournau : au lit, motors !

Palme d'Or 2021 | Une carrosserie parfaitement lustrée et polie, un moteur qui rugit mais atteint trop vite sa vitesse de croisière pépère… En apparence du même métal que son premier et précédent long-métrage, Grave, le nouveau film de Julia Ducournau semble effrayé d’affronter la rationalité et convoque le fantastique en vain. Dommage.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Titane” de Julia Ducournau : au lit, motors !

Victime enfant d’un accident de voiture dont elle a été la cause, Alexia vit depuis avec une plaque de titane dans le crâne. Devenue danseuse, elle se livre en parallèle des meurtres affolant le sud de la France et “s’accouple” avec une voiture. Pour se faire oublier après une soirée très sanglante, Alexia endosse l’identité d’Adrien, un adolescent disparu depuis dix ans. Son père, un commandant de pompiers détruit, va cependant reconnaître ce “fils” prodigue et l’accueillir… Programmé par la Semaine de Critique en 2016, le sympathique Grave avait instantanément transformé Julia Ducournau, dès son premier long-métrage, en nouvelle figure de la hype cinématographique française. Sans doute les festivaliers, déjà peu coutumiers des œuvres se revendiquant d’un “autre cinéma” louchant vers le fantastico-gore, la série B et les séances de minuit, avaient-il été titillés par le fait que ce film soit signé non pas par l’un des olibrius vaguement inquiétants fréquentant les marches du Palais (Gaspar

Continuer à lire

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Comédie | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusion — et avec leur distribution originale — des aventures conçues pour la récurrence télévisuelle. Mais elles ressemblaient surtout à des épisodes de luxe. Jusqu’à Kaamelott - Premier Volet, excep

Continuer à lire

Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Kaamelott | Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de "Kaamelott - Premier Volet". Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Attention, spoilers ! Vous viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À part quelques grands traits, je ne pouvais pas s

Continuer à lire

“Rouge“ de Farid Bentoumi : poussée à boue

Thriller | De petits arrangements avec la sécurité dans une influente usine vont empoisonner l’environnement, les salariés et les relations familiale d’une infirmière trop jeune et trop honnête. Après la belle histoire Good Luck Algeria, Farid Bentoumi monte d’un cran avec cet éco-thriller tristement contemporain. Label Cannes 2020.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Rouge“ de Farid Bentoumi : poussée à boue

Tout juste diplômée, Nour a été embauchée comme infirmière dans l’usine où son père est syndicaliste. Très vite, elle découvre l’existence de graves pollutions boueuses affectant l’environnement et les salariés, ainsi que de nombreuses complicités pour dissimuler ces empoisonnements… Ironie tragique, le rouge du titre ne renvoie pas à la couleur du monde ouvrier, celui-ci ayant pactisé avec le patronat autour d’intérêt communs ; en l’occurence sur le dos du monde vert. C’est d’ailleurs l’un des enjeux remarquables de ce film qui infléchit de manière pragmatique la démarcation entre “les bons et les méchants“. En vérité, on n’est plus dans la dialectique ancienne parant mécaniquement le prolétaire de toutes les vertus et l’employeur des pires turpitudes : la loi du marché est passée par là. Et les compromissions clientélistes successives des élus comme des représentants syndicaux ont fait le reste. Le capitalisme ayant horreur du vide (comprenez : de ne pas avoir une classe à exploiter impunément) a donc jeté son dévolu sur l’environnement, au sens large. Alerte rouge

Continuer à lire

“Profession du père“ de Jean-Pierre Améris : complots de famille

Drame | Entre introspection et rétrospection, Jean-Pierre Améris s'approprie le roman autobiographique de Sorj Chalandon racontant une enfance face à un père mythomane. Une œuvre grave, complexe et cathartique, dominée par un Benoît Poelvoorde bipolaire tantôt exalté, tantôt féroce.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Profession du père“ de Jean-Pierre Améris : complots de famille

Lyon, 1961. Émile a un père formidable : parachutiste pendant la guerre, membre d’une armée secrète opposée à de Gaulle, fondateur des Compagnons de la Chanson… Las ! Rien n’est vrai et la mythomanie paranoïaque de cet homme tyrannique contamine dangereusement Émile… Il faut parfois aller au plus près de soi-même pour toucher à l’universel et au cœur des autres. Jean-Pierre Améris en avait fait l’expérience avec son film sans doute le plus intime à ce jour, Les Émotifs anonymes (devenu comédie musicale outre-Manche) qui évoquait avec une délicatesse à la fois désopilante et touchante l’enfer de sur-timidité. Étonnamment, effectuer un détour peut également permettre d’accéder à des zones plus profondes de son âme. C’est le cas ici où la transposition du roman homonyme de Sorj Chalandon dont l’essence autobiographique fait écho à l’enfance du cinéaste. La proximité générationnelle et le cadre lyonnais commun ont sans doute contribué à rapprocher les deux histoires pour aboutir à cet hybride semi-fictif : un film épousant le point de vue d’un fils et tenant au

Continuer à lire

“OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire“ de Nicolas Bedos : agent blanchissant

Comédie | OSS 117 continue ses “exploits“ en Afrique, où il échappe aux crocs des cocos comme des crocos et se trouve lesté d’un jeune partenaire… Un troisième volume en-dessous des deux précédents (Nicolas Bedos ne réalise pas tout à fait qu’il a pris la succession de Michel Hazanavicius), porté toutefois par son scénario et ses comédiens. Parfait pour clore un cycle et le festival de Cannes… devant un président de jury doté d’un solide sens de l’humour.

Vincent Raymond | Lundi 19 juillet 2021

“OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire“ de Nicolas Bedos : agent blanchissant

1981. De retour d’Afghanistan, Hubert Bonisseur de La Bath alias OSS 117 est affecté à de nouvelles fonctions administratives. Mais la disparition du jeune agent OSS 1001 en Afrique convainc sa hiérarchie de renvoyer en mission sur le terrain son “meilleur élément“… Doué en théorie de raison, l’Humain se distingue par son incomparable capacité à user au quotidien de déraison. Placez-le face à une boîte de biscuits au chocolat (et à l’orange) : même s’il sait que la vider d’un coup : a/ lui coupera l’appétit b/ l’écœurera c/ le privera d’en manger plusieurs jours durant, que croyez-vous qu’il fera ? La réponse d/ : il la bâfrera jusqu’au couvercle ! Au cinéma, c’est un peu pareil : lorsqu’une franchise de qualité fonctionne, se pose invariablement la question de la laisser à son apogée en cultivant la frustration du public… ou de courir le risque de lui offrir une suite, quitte à déchoir et décevoir. Mais comme le public a la mémoire courte et les poches profondes — vous souvenez-vous d’Indiana Jones et le Royaume du crâne du cristal (2008), le plus rentable au box office et cependa

Continuer à lire

“La Conspiration des belettes“ de Juan José Campanella

Comédie | Dans une grande demeure à l’écart de la capitale argentine vit un ménage à quatre de vieilles gloires du cinéma qui s’insupportent mutuellement : un réalisateur, (...)

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“La Conspiration des belettes“ de Juan José Campanella

Dans une grande demeure à l’écart de la capitale argentine vit un ménage à quatre de vieilles gloires du cinéma qui s’insupportent mutuellement : un réalisateur, un scénariste, un comédien paraplégique ainsi que son épouse, actrice à la mémoire défaillante. Leur haine routinière est perturbée par l’irruption d’admirateurs : des agents immobiliers désireux de faire main basse sur leur bâtisse. Mais on ne s’attaque pas si aisément à des experts en construction dramatique… Jadis lauréat d’un Oscar pour un thriller politico-sentimental — Dans ses yeux — et vieux routier des plateaux étasuniens où il a tourné bon nombre de séries, Juan José Campanella concocte ici un délice de manipulation auto-réflexive et métafilmique jouant autant avec les règles du genre policier qu’avec le public. En découle une comédie noire sardonique très Sunset Boulevard sur les vieilles peaux encapsulées dans leur passé, une réflexion mélancolique sur l’éphémère de la séduction (et à ses faux-semblant troubles), ainsi qu’un éloge vachard et jouissif du pouvoir absolu de la création artistique,

Continuer à lire

”Fast & Furious 9” de Justin Lin : des roues et des roustes

Action | Carburant à l’extrait de testostérone et aux moteurs thermiques en surrégime, la musculeuse et vrombissante saga revient pour un 9 ou 10e tour de (...)

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

”Fast & Furious 9” de Justin Lin : des roues et des roustes

Carburant à l’extrait de testostérone et aux moteurs thermiques en surrégime, la musculeuse et vrombissante saga revient pour un 9 ou 10e tour de piste (tout dépend si l’on compte les spin off au paddock), à nouveau piloté par Justin Lin, déjà aux commandes de la moitié de la franchise. Suivant la règle de la suite accumulative du type Expandables, cet opus surenchérit à tous les étages : davantage d’actions spectaculaires (les voitures vont en orbite, à l’instar de celles d’Elon Musk), plus de personnages — donc de vedettes. John Cena ajoute donc ses biscottos à la fine équipe, dans le rôle de Jakob-le-frère-jusqu’alors-caché-car-maudit-de-Dom-Toretto. Il rejoint à la distribution de Helen Mirren, Charlize Theron, Kurt Russell ou Jason Statham qui viennent eux-aussi montrer le bout de leur museau entre deux poursuites en moto, camion, voiture qui plane ou qui accélère. Sinon, l’histoire ? Disons qu’elle est facultative et ne constitue pas un argumen

Continuer à lire

“Benedetta” de Paul Verhoeven : la chair et le sang

Cannes 2021 | Exaltée par sa foi et la découverte de la chair, une nonne exerce une emprise perverse sur ses contemporains grâce à la séduction et au verbe. Verhoeven signe un nouveau portrait de femme forte, dans la lignée de Basic Instinct et Showgirls, en des temps encore moins favorables à l’émancipation féminine. Quand Viridiana rencontre Le Nom de la Rose…

Vincent Raymond | Lundi 12 juillet 2021

“Benedetta” de Paul Verhoeven : la chair et le sang

Italie, début du XVIIe siècle. Encore enfant, Benedetta Carlini entre au monastère des Théatines de Pescia où elle grandit dans la dévotion de la Vierge. Devenue abbesse, des visions mystiques de Jésus l’assaillent et elle découvre le plaisir avec une troublante novice, sœur Bartolomea. Son statut change lorsqu’elle présente à la suite d’une nuit de délires les stigmates du Christ et prétend que le Messie parle par sa voix. Trucages blasphématoires ou miracle ? Alors que la peste menace le pays, la présence d’une potentielle sainte fait les affaires des uns, autant qu’elle en défrise d’autres… Les anges du péché Entretenue depuis son enfance dans un culte dévot de la Vierge, conditionnée à adorer des divinités immatérielles omnipotentes, coupée du monde réel, interdite et culpabilisée lorsqu’il s’agit d’envisager les sensations terrestres, Benedetta vit de surcroît dans un monde de fantasmes et de pensées magiques, où chaque événement peut être interprété comme un signe du ciel — ce que la superstition ambiante ne vient surtout pas démentir. Prisonnière d’une communa

Continuer à lire

Cinq expos à voir cet été

Bons Plans | Du XIXe au XXIe siècles, des frères Flandrin à Weerasethakul, voici notre sélection éclectique des expositions d’art à ne pas manquer cet été.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 15 juillet 2021

Cinq expos à voir cet été

Apichatpong Weerasethakul, entre rêve et réalité Le cinéaste (Palme d’or à Cannes en 2010 pour Oncle Boonmee…) et artiste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul investit l’ensemble des espaces de l’IAC pour un véritable trip en images vidéo. De salle en salle, on est immergé, entre rêve et réalité, dans différents dispositifs de projections, où l’on découvre de jeunes gens jouant avec un ballon de feu, un couple se promenant dans un jardin de sculptures, d’étranges chiens fantomatiques… Un parcours hallucinant ! Apichatpong Weerasethakul, Periphery of the night À l’Institut d’Art Contemporain à Villeurbanne jusqu’au 28 novembre La fratrie Flandrin Auguste, H

Continuer à lire

Le retour, en plus grand, du Lyon Street Food Festival

Food | Le festival de la bouffe de rue, et plus encore, revient pour une cinquième édition — cette fois à Faogr-Brandt, du 16 au 19 septembre 2021.

Adrien Simon | Jeudi 8 juillet 2021

Le retour, en plus grand, du Lyon Street Food Festival

Après quatre éditions passées aux Subsistances, le Lyon Street Food Festival avait prévu de se décaler, en automne 2020, du côté des usines Fagor-Brandt (bien connues des amateurs de Nuits Sonores). L’objectif ? Prendre ses aises et augmenter la jauge, alors que plus de 30 000 personnes étaient venus manger (avec les doigts) l’année précédente. Patatras, la Covid est passé par là, alors on se donne rendez-vous même lieu même heure, presqu’un an plus tard. L’événement qui, depuis la première édition, voit accourir les Lyonnais et Lyonnaises par l’odeur (de street food) alléchés, n’a cessé de gonfler au fil des années. Résultat, il devient peu aisé de le définir. Est-ce un rassemblement de foodtrucks ? Un rencard pour grands chefs voulant s’essayer à la nourriture de rue (cette année, notamment, Anne-Sophie Pic, Yoann Conte, Mathieu Viannay, tous étoilés) ? Un salon de créateurs locaux (une cinquantaine « d’artisans fait-main », répart

Continuer à lire

Une rétrospective pour Kinuyo Tanaka

Festival Lumière | À moins d’être un familier du cinéma de Mizoguchi dont elle fut l’une des interprètes fétiches (notamment pour Les Contes de la lune vague après la pluie, 1953) (...)

Vincent Raymond | Jeudi 8 juillet 2021

Une rétrospective pour Kinuyo Tanaka

À moins d’être un familier du cinéma de Mizoguchi dont elle fut l’une des interprètes fétiches (notamment pour Les Contes de la lune vague après la pluie, 1953) ou de celui de Naruse, le nom de Kinuyo Tanaka n’est pas forcément évocateur de beaucoup d’images. Pourtant, cette comédienne a la carrière longue comme le bras a imprimé sa silhouette de l’enfance et l’aube du cinéma nippon à sa mort en 1977. Mais plus encore, elle a signé la réalisation de six longs-métrages entre 1953 et 1962 : Lettre d'amour, La Lune s'est levée, Maternité éternelle, La Princesse errante, La Nuit des femmes et Mademoiselle Ogin. Si le premier fut présenté à C

Continuer à lire

On se lève pour (et à) Woodstower

Festival | Assis, couché, debout, l'été des festivals ressemble de plus en plus à un immense « Jacques a dit ». Et comme cette fois Jacques, enfin, Jean et (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 juillet 2021

On se lève pour (et à) Woodstower

Assis, couché, debout, l'été des festivals ressemble de plus en plus à un immense « Jacques a dit ». Et comme cette fois Jacques, enfin, Jean et Emmanuel ont dit : « debout » et bien à Woodstower, comme à Nuits Sonores, on pourra finalement se lever. Ça n'a l'air de rien mais ce n'est pas la moitié d'une bonne nouvelle vues les fourmis dans les jambes de tout le monde. Plus donc, de chaises, de numérotation, de distanciation et de chorégraphies — le pass sanitaire ou le certificat de vaccination sont eux obligatoires, sauf pour la plage et les animations gratuites — et bonjour le placement libre où tu veux : là, là et même là — il sera quand-même permis de s'assoir dans des gradins conservés à cet effet pour la team des fatigués. Et pour fêter le retour de son public en mode bipède, le festival sis du 24 au 29 août a décidé de prolonger un peu les festivités du vendredi et du samedi jusqu'au bout de la nuit

Continuer à lire

Feyzin : le musicien Alexandre Rochon nommé directeur de l'Épicerie Moderne

Mercato | François Jolivet s'en va, Alexandre Rochon arrive : l'Épicerie Moderne vient de changer de tête.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 juillet 2021

Feyzin : le musicien Alexandre Rochon nommé directeur de l'Épicerie Moderne

Pour ceux qui ont suivi de près l'essor de la scène clermontoise entre la deuxième moitié de la décennie 2000 et du début de la suivante, le nouveau directeur de l'Épicerie Moderne n'est certainement pas un inconnu. En 2006, Alexandre Rochon avait fondé avec un collectif d'artistes le label artisanal et indépendant Kütü Folk spécialisé dans le revival folk (St. Augustine, Leopold Skin...). Un label sur lequel on retrouvait logiquement son propre groupe The Delano Orchestra, drôle de vaisseau aux frontières du folk et du post-rock avec lequel il publia pas moins de cinq albums et multiplia les collaborations, discographique comme sur le Babel de Jean-Louis Murat, ou scénique avec la conception musicale de l'adaptation du cycle de Marie de l'auteur belge Jean-Philippe Toussaint (M.M.M.M). En parallèle, également vidéaste, le Clermontois a beaucoup œuvré à la réalisation de

Continuer à lire

“Annette” de Leos Carax : noces de son

Cannes 2021 | Espéré depuis un an, le nouveau Carax tient davantage de la captation d’un projet scénique que de ses habituelles transes cinématographiques. Vraisemblablement nourrie de son histoire intime, cette mise en abyme du vampirisme trouble entre artistes, artistes et modèles, artistes et environnement familial dépose presque toute fragilité en multipliant les oripeaux chic, glamour et trendy. Parfait pour le tapis rouge de l’ouverture de Cannes ; moins pour l’émotion…

Vincent Raymond | Mercredi 7 juillet 2021

“Annette” de Leos Carax : noces de son

Figurer en ouverture sur la Croisette n’est pas forcément une bonne nouvelle pour un film. A fortiori cette année, après deux ans de disette. Car ce que le Festival attend de sa première montée des marches, c’est qu’elle amorce la pompe à coup de stars, de strass et de flashs fédérateurs. L’œuvre qui abrite ces premiers de cordée se trouve souvent reléguée à l’enveloppe de luxe et elle encourt surtout le risque d’être vite oblitérée d’abord par le reste de la sélection, puis par le tamis du temps — on n’aura pas la cruauté de rappeler quelques pétards mouillés du passé… Cochant les cases de la notoriété grand public et auteur, Annette souscrit également — on le verra — à d’autres paramètres prisés par les festivals : une dénonciation à travers la comédie musicale cinématographique de l’égotisme des gens de la “société du spectacle”, à l’instar du All That Jazz

Continuer à lire

Lyon : Audrey Henocque et Sylvie Tomic remplacent Victoire Goust, démissionnaire

Politique | Victoire Goust, adjointe à la Ville de Lyon en charge du Tourisme Durable et des Grands Événements, a démissionné en juin. Sa délégation sera partagée entre Audrey Henocque et Sylvie Tomic.

Sébastien Broquet | Mercredi 7 juillet 2021

Lyon : Audrey Henocque et Sylvie Tomic remplacent Victoire Goust, démissionnaire

Victoire Goust, élue EELV jusqu'ici 21e adjointe en charge du Tourisme Durable et des Grands Événements, a démissionné au mois de juin ; conseillère municipale du 8e arrondissement, elle conserve toutefois sa place au conseil municipal. C'est Le Progrès qui a révélé l'information dans son édition du samedi 2 juillet. Novice en politique, lancée dans la campagne municipale dans le sillage de Grégory Doucet qui a fédéré derrière lui nombre de candidatures de militants associatifs, Victoire Goust a choisi de démissionner pour des raisons personnelles. Une défection qui illustre aussi la difficulté pour certains nouveaux mandatés et mandatées débarqués sans formation politique préalable, sans passé dans un parti — et donc principalement chez LREM ou EELV —, à s'imprégner de la réalité du monde politique. La désormais ancienne adjointe sera remplacée par deux femmes, sa délégation étant partagée et réorientée. Ainsi,

Continuer à lire

Pistache, le resto au-dessus de la piscine du Rhône, ferme définitivement

Restaurant | À La Piscine avait périclité à l'automne 2019. C'est au tour de Pistache de jeter l'éponge. Le restaurant situé en surplomb de la piscine du Rhône restera vide cet été.

Sébastien Broquet | Mercredi 7 juillet 2021

Pistache, le resto au-dessus de la piscine du Rhône, ferme définitivement

Le lieu va finir par avoir l'image d'un spot maudit. Après l'échec de À La Piscine, restaurant porté par la société Swimming Poule (émanation de Arty Farty qui collaborait alors avec le Café Cousu sur ce projet), fermé à l'automne 2019, c'est son éphémère successeur, Pistache, qui a jeté l'éponge un an plus tard. En cause : une économie initialement fragile, et évidemment la crise Covid qui a coupé net l'espoir d'une potentielle émergence. Nouvelle incarnation du lieu qui se voulait plus classique après les expériences novatrices et marquantes de À La Piscine portées en particulier par le fringant Andrea Pétrini, Pistache était géré au quotidien par le groupe Darwin (Maison Mère, Monkey Club, Soda Bar, Solal et depuis peu la friche La Cité des Halles dans le 7e) qui avait rejoint le projet en octobre 2019 — toujours avec Swimming Poule, suite à une réorganisation et

Continuer à lire

Musiques en fête : la fête de la musique se poursuit tout le mois de juillet !

MUSIQUES | Il est vrai que cette année, le 21 juin ne ressemblait pas vraiment à ce que l’on connait de la festive et opulente fête de la musique à Lyon, covid oblige. (...)

Article Partenaire | Lundi 5 juillet 2021

Musiques en fête : la fête de la musique se poursuit tout le mois de juillet !

Il est vrai que cette année, le 21 juin ne ressemblait pas vraiment à ce que l’on connait de la festive et opulente fête de la musique à Lyon, covid oblige. Quelques chanceux ont pu tout de même profiter de certains événements maintenus : Africa2020 à Heat, chorale session aux Beaux Arts, concert à l’Hôtel de ville ou encore aux Subsistances… Pour les autres, bonne nouvelle : la fête de la musique se prolonge pendant un mois avec la programmation des scènes initialement prévue le 21 juin, répartie sur les week-ends de juillet. Un nouveau projet permettant d’offrir un accueil du public dans de meilleures conditions. Quand ? chaque vendredi ou samedi du mois de juillet sur 10 dates, réparties dans les 9 arrondissements de la ville ! La liste non-exhaustive des concerts à ne pas louper : Vendredi 9 juillet est placé sous le signe du hiphop et des musiques électroniques à la Station Mue avec la « Fête de la Mue-Zik » Samedi 10 juillet : C’est au parc de Gerland qu’on se retrouve pour une « Scène Reggae Sound System » Vendredi 16 juillet : Le piano flottant prend le large et nous entraîn

Continuer à lire

Jane Campion, 13e Prix Lumière

Festival Lumière | Le timing est bien choisi : tous les yeux sont braqués sur la Croisette où débute demain le 74e Festival de Cannes, et c’est vers octobre qu’on nous (...)

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

Jane Campion, 13e Prix Lumière

Le timing est bien choisi : tous les yeux sont braqués sur la Croisette où débute demain le 74e Festival de Cannes, et c’est vers octobre qu’on nous invite à nous projeter… Le 15, très précisément, date à laquelle la 13e récipiendaire du Prix Lumière recevra sa récompense à Lyon. Son nom vient d’être dévoilé : Jane Campion. La cinéaste néo-zélandaise continue d’ouvrir la voie en étant la première réalisatrice à figurer au palmarès, après avoir été la seule couronnée d’une Palme d’Or à Cannes (La Leçon de Piano, 1993, ex aequo avec Adieu ma concubine). Révélée dans la section Un certain regard en 1986 avec Two Friends en 1986, c’est avec Sweetie et surtout Un Ange à ma table (1990), biopic fleuve de Janet Frame qui révéla Kerry Flox qu’elle se fit connaître. Prolifique durant dix ans, où elle offre aux actrices du moment des p

Continuer à lire

Apichatpong Weerasethakul entre le jour et la nuit, à l'IAC

Vidéo | Nous ne sommes pas dans la jungle thaïlandaise, mais dans le jardin de l’Institut d’Art Contemporain à Villeurbanne, où l’artiste Apichatpong (...)

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 5 juillet 2021

Apichatpong Weerasethakul entre le jour et la nuit, à l'IAC

Nous ne sommes pas dans la jungle thaïlandaise, mais dans le jardin de l’Institut d’Art Contemporain à Villeurbanne, où l’artiste Apichatpong Weerasethakul (en compagnie de Nathalie Ergino, directrice de l’IAC) présente à la presse son exposition immersive. Le cinéaste (Palme d’or à Cannes en 2010 pour Oncle Boonmee, et qui présentera sur la Croisette cette année son dernier film Memoria) alterne les films et les projets d’environnements vidéo pour des musées. Une vingtaine de projections immersives composent sa fascinante exposition à l’IAC, explorant les frêles frontières entre le rêve et la réalité, la vie et la mort, la veille et le sommeil… On parcourt les salles du musée dans une sorte d’état onirique, hypnotique, à travers des formes d’images singulières : projections ralenties, surexpositions ou sous-expositions, surimpressions, passages de la couleur à un noir et blanc presque laiteux, présentation en polyptyques… Une exposition où l’on réalise moins ses

Continuer à lire

Peinture Fraîche, acte 3 : les premiers noms

Street Art | Peinture Fraîche sera de retour à la Halle Debourg du 1er au 31 octobre 2021, pour une troisième édition sous le signe des nouvelles technologies, de l’écologie, des regards féminins et de l’abstraction. Les premiers noms viennent d’être dévoilés.

Sarah Fouassier | Mardi 29 juin 2021

Peinture Fraîche, acte 3 : les premiers noms

Le lieu du festival reste inchangé, mais la programmation sera, elle, entièrement renouvelée : vingt artistes locaux se joindront à vingt artistes internationaux et nationaux pour repeindre les murs de la Halle Debourg. La réalisation de chacune des œuvres sera filmée puis timlapsée — c’est-à-dire accélérée, afin de montrer au public, en quelques secondes, les conditions de réalisation. Ainsi seront dévoilées toutes les étapes du processus de production d’une œuvre. Ces vidéos seront visibles sur nos téléphones à l’aide de la réalité augmentée. Parmi les premiers noms révélés, on retrouve le Belge Ceepil et ses animaux en bandes qui paraissent comme emprisonnés dans une condition dont ils ne maîtrisent pas la destinée. L’Espagnol Angel Toren fera vivre au public une véritable expérience optique et numérique. Ses peintures murales mêlent tradition et innovation en jouant sur les lettrages, la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Le Suisse Ygrek installera l’une de ses créations typographiques sur fil de fer qu’il expérimente depuis 2012, tandis que le Danois Dais

Continuer à lire

Fête du Cinéma : c'est parti pour 5 jours à prix réduit

Promo | Elle avait manqué l’an dernier après le premier confinement, elle s’imposait cette année après 7 mois d’extinction des feux dans les salles : la Fête du Cinéma, (...)

Vincent Raymond | Mercredi 30 juin 2021

Fête du Cinéma : c'est parti pour 5 jours à prix réduit

Elle avait manqué l’an dernier après le premier confinement, elle s’imposait cette année après 7 mois d’extinction des feux dans les salles : la Fête du Cinéma, 36e du nom est de retour ! Toujours portée par la FNCF (Fédération nationale des cinémas français), la manifestation vise à attirer à l’entrée de l’été un maximum de public afin de : doper les entrées, vendre du pop corn, profiter de la clim’ et — surtout, quand même — voir des films. Le principe ne change guère : du mercredi 30 au dimanche 4 juillet inclus, chaque séance est accessible à un prix unique habituellement réservé au jeune public (soit 4€), hors dispositifs à majoration tels que les 3D, 4DX, etc. Seule modification par rapport aux années précédentes : la Fête s’allonge à 5 jours au lieu de 4, soit +25%. Par comparaison, la série 10% fait figure de piètre dégriffe ! S’il fallait une preuve supplémentaire de la supériorité du grand sur le petit écran…

Continuer à lire

Mohamed Chihi : « reconnaître le champ de la nuit comme un espace de sociabilisation »

Politique | L'adjoint à la sécurité de la Ville de Lyon, Mohamed Chihi, confronté à différentes problématiques et polémiques — rodéos urbains, délinquance, ateliers théâtre pour la police — s'exprime : où l'on parle de la nuit, et de sa perception parfois très réductrice.

Sébastien Broquet | Mercredi 30 juin 2021

Mohamed Chihi : « reconnaître le champ de la nuit comme un espace de sociabilisation »

Chez les politiques, la nuit est le plus souvent réduite aux nuisances, au bruit, aux incivilités. Jamais — ou rarement — à l'économie, à la culture, au lien social, aux relations humaines, voire à la joie de vivre. Pourquoi résumer la nuit et les décisions que les politiques doivent prendre par rapport à elle à ce problème d'insécurité ? Mohamed Chihi : il faut avoir une lecture qui soit la plus large possible sur ce qui amène à tenir un discours public aussi négatif sur la nuit. C'est d'abord culturel : je vais être un peu provocateur, mais les productifs, les personnes qui comptent, qui travaillent de jour, se lèvent tôt — « la France qui se lève tôt », rappelez-vous M. Raffarin — ça s'appuyait sur un imaginaire qui était et qui est toujours celui de l'honnête citoyen et citoyenne qui fait les efforts et qui mérite après les avoir fait, de se reposer. Par conséquent, il y a une volonté de sacraliser ce temps-là. Un imaginaire qui nous amène à penser la nuit comme un espace de repos. C'est le début de notre histoire. La question qui se pose maintenant, c'est de savoir comment au travers de l'évolution de notre société

Continuer à lire

Quais du Polar : un festival de littératures noires

Polar | Né en bord de Saône, Quais du Polar s’offre une résurrection post-Covid de luxe en bord de Rhône et à l’air libre. Coups d’éclats, de soleil et lunettes noires à prévoir.

Vincent Raymond | Lundi 28 juin 2021

Quais du Polar : un festival de littératures noires

À quelque chose, malheur est bon : forcée de se décaler à l’aube de l’été pour éviter la parenthèse covidienne, cette 17e édition de Quais du Polar s’est adaptée, démultipliant les interactions avec la ville et l’air libre. Point de Grande Librairie dans le Palais de la Bourse cette année, mais une farandole d’étals s’étirant quai Sarrail en face, le long du Rhône, à la manière des bouquinistes — c’est ici que les autrices et auteurs viendront dédicacer. Pas d’espace jeunesse en intérieur non plus : à l’instar de Lyon BD, le Parc de la Tête d’Or est réquisitionné pour accueillir les auteurs et leur public sur la pelouse des Ébats. Mais ce n’est pas tout : le festival a aussi créé de nouveaux formats, en théorie éphémères (2022 verra en effet le retour du festival à son calendrier normal) de “reconquête” de l’espace public. En plus de la traditionnelle Grande Enquête signée Christelle Ravey, saluons notamment l’hommage

Continuer à lire

Summer Session : la flamme de danser

Le Transbordeur | Il n'y aura qu'une salle lors de cette Summer Session du Petit Bulletin – et d'ailleurs ce n'est pas une salle puisque c'est en plein air – mais quand (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 30 juin 2021

Summer Session : la flamme de danser

Il n'y aura qu'une salle lors de cette Summer Session du Petit Bulletin – et d'ailleurs ce n'est pas une salle puisque c'est en plein air – mais quand même trois ambiances bien distinctes. En ce 3 juillet, on retrouvera le folk ombrageux de Raoul Vignal qui se fera une joie discrète de venir poser un voile argenté sur le ciel d'été qu'on imagine déjà brûlant du côté du parvis du Transbordeur, généralement assez prompt à monter en température dès lors que les premiers rayons de soleil apparaissent. Mais aussi la transe électronisante et orientaliste de Taxi Kebab, croisement de chaâbi (le chant de Lea Jiqqir est en darija, l'arabe dialectal du Maroc, et c'est propice à l'envoûtement) et d'un genre d'électro-new wave qui en jetant des motifs glacés sur le sable – ou le béton – brûlant, provoque des poussées de sueur. Oriental, Murman Tsuladze l'est tout autant mais le trio est à chercher quelque part entre la mer Noire et la Caspienne (Georgie

Continuer à lire

Quais du Polar : Cantaloube Island

Série Noire | Héritier de la veine politique et sociale qui a marqué le polar français moderne, Thomas Cantaloube, désormais entièrement tourné vers la fiction, publie une seconde Série Noire scotchante, Frakas.

Sébastien Broquet | Vendredi 2 juillet 2021

Quais du Polar : Cantaloube Island

Deux romans seulement. Mais c'est une nouvelle voix qui compte dans le polar français, tendance politico-sociale, héritage Pouy-Daeninckx, où l'on explore les tréfonds de la politique et creuse du côté des officines style SAC, tout en scrutant l'arrière-cour des grands faits historiques du pays — comme dans Meurtres pour mémoire du suscité Didier Daeninckx, car ici aussi, Maurice Papon traîne dans le paysage de Requiem pour une république. Et c'est Jacques Foccard, le monsieur Afrique du général De Gaulle, qui prend la lumière sur ce second volet, suite habile baptisée Frakas, tableau forcément sombre d'une Françafrique tordue, manipulatrice, meurtrière, alors naissante dans la foulée des indépendances qui se succédent sur le grand continent. Cette voix, c'est celle de Thomas Cantaloube. Ancien grand reporter ayant œuvré pour les Cahiers du Cinéma comme pour L'Humanité, dont il fût longtemps le correspondant aux États-Unis avant d'aller enquêter un peu partout sur la planète, il quitta le journal communiste en 2001, participa à la

Continuer à lire

Le Lyon Street Food Festival de retour

Food | Le Lyon Street Food Festival fera son retour du 16 au 19 septembre. Supprimé l'an dernier, le rendez-vous des foodies se trouve confronté à une (...)

Sébastien Broquet | Dimanche 27 juin 2021

Le Lyon Street Food Festival de retour

Le Lyon Street Food Festival fera son retour du 16 au 19 septembre. Supprimé l'an dernier, le rendez-vous des foodies se trouve confronté à une nouvelle donne depuis sa dernière édition en 2019 : les food courts sont devenus monnaie courante dans la ville, les restaurants éphémères comme Edo, celui de Mory Sacko à Fourvière, marchent sur les mêmes platebandes : il va donc falloir assurer du côté des chefs invités, et bien s'imprégner du nouveau spot choisi — Fagor-Brandt succède aux Subsistances. L'on sait déjà que Anne-Sophie Pic, la cheffe de Valence, sera de la partie. Pour la suite, réponse bientôt : la programmation complète de cette cinquième édition sera dévoilée ce jeudi 1er juillet.

Continuer à lire

Chez Pimousse, partage et beaujolais

Restaurant | Un bistrot à partager, en bord de Saône : Pierre-Michaël Martin régale chez Pimousse.

Adrien Simon | Lundi 5 juillet 2021

Chez Pimousse, partage et beaujolais

Il naviguait jusqu’à présent pour la flotte de Floriant Remont, Pierre-Michaël Martin a désormais accosté en bord de Saône, au pied de La Croix-Rousse. Ses cookies garnissaient les tables des Bistrots du Potager, Pimousse en reprend les codes : un intérieur soigné (ici blanc, bois clair, verre et lumière) pour des tables à partager et des magnums de beaujolais. Après quelques tapas — jambon noir de Bigorre, burrata (petits pois et fèves) ou thon rouge et pequillos (16€) —, de vrais plats : de pigeon (artichaut et figues), de bœuf (raturé), de cabillaud. Et surtout, les ris de veau (anchois et escargots) servis fumants à même la poêle (25€). En plus des cookies, une cave sans fond, dans laquelle piocher du Champagne Drappier (brut nature, 64€), un brouilly de Lapalu (46€), ou un mythique Silex de Dagueneau (148€). Chez Pimousse 27 quai Saint-Vincent, Lyon 1er Midi et soir ; fermé le week-end

Continuer à lire

Jeune création : les Mondes d'après

Politique Culturelle | Lucie Campos, directrice de la Villa Gillet, vient d'intégrer, avec entre autres Bruno Messina du festival Berlioz, le comité artistique chargé de mener à bien "l'appel à manifestation d'intérêt à destination des jeunes créateurs" lancé par le gouvernement dans le cadre du volet culturel du plan de relance. Un programme de soutien à la conception et à la réalisation de projets artistiques originaux doté d'un budget de 30 millions d'euros. Explications.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 juin 2021

Jeune création : les Mondes d'après

Déjà évoqué, et même promis, il y a presque un an dans le cadre du plan de relance, le gouvernement a lancé le 22 juin son appel à manifestation d'intérêt à destination des jeunes créateurs baptisé "Mondes nouveaux". Un programme doté de 30 millions d'euros (sur les 2 milliards du plan de relance dévolus à la culture) qui doit permettre à « des artistes ou collectifs d'artistes, français ou résidents en France » de concevoir des projets artistiques dans un éventail de disciplines telles que le spectacle vivant, les arts visuels, la musique, les écritures, le design et les métiers d'art. Des projets qui se feront, non pas au sein de lieux constitués de la culture (musées, centres chorégraphiques...), mais dans des lieux du territoires, par exemple en résonance avec des sites du patrimoine architectural et historique tels que gérés par le Centre des monuments nationaux ou avec des sites naturels placés sous la responsabilités du Conservatoire du Littoral, tous deux associés à cet appel. Les projet

Continuer à lire

Concert post-minimaliste : Lang au chant

Festival Superspectives | À travers un programme en quatre œuvres, l’Ensemble Dedalus nous immisce dans l’univers musical de l’américain David Lang, un post-minimaliste qui fait la part belle au chant et à la voix dans ses compositions.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 5 juillet 2021

Concert post-minimaliste : Lang au chant

Né à Los Angeles en 1957, étudiant en musique brillant (il ira jusqu’au doctorat, puis enseignera à la prestigieuse université de Yale), David Lang fut membre d’un groupe de rock, prit des cours avec Hans Werner Henze ou Elliott Carter, tout en écoutant Steve Reich et Jimi Hendrix, puis opta pour le système D à New York avec deux autres compositeurs pour diffuser leur musique, en créant en 1987 le "groupe-organisation" Bang on a Can. Bref, David Lang répond au joyeux cocktail US de l’artiste tout à la fois hyper formé au classique, ouvert à tous les genres musicaux, épris de nouveauté, et capable d’aller se confronter à d’autres disciplines. Il ira du côté du cinéma (pour la musique du film Youth de Sorrentino), de la danse (en collaborant par exemple avec Edouard Lock), et encore et surtout du côté du théâtre et de l’opéra. On lui connaît d’ailleurs une bien singulière

Continuer à lire

Micro Sillon, ça tourne rond

Cave à Manger | ​Précédemment, on évoquait l'alliance entre vinyles et vins natures : ça se passait chez Satriale, dans les Pentes. Cette semaine, une cave (nature encore, dans le 1er toujours, mais où l'on mange, cette fois) a ouvert à l’enseigne Micro Sillon. Point cette fois d’histoire musicale. Mais une référence à un sacré épisode de la jeune bouffe lyonnaise. Remember 2014…

Adrien Simon | Mercredi 30 juin 2021

Micro Sillon, ça tourne rond

Cet énième déconfinement a vu les terrasses ressortir, et ressurgir des souvenirs. Jusqu'en -2 avant Covid, il y eut un resto qui replaça Lyon sur la carte du manger et du cool : le Café Sillon, né en 2014 — prix du Fooding dans la foulée. L'apothéose ? Une folle nuit, en clôture du festival Attable. Dans les cuisines de ce néobistrot du 7e se réunirent, jusqu'à tard, un bataillon de chefs stars (Troisgros père et fils, Carrette, Grébaut, Aizspitarte). Quelques mois plus tard, bim, le Sillon fermait. Et son chef, Mathieu Rostaing-Tayard, disparaissait des radars. La rumeur dit qu'il reprend du service. Mais du côté de Biarritz… Le Pays Basque n'est pas lyonnais, alors comment le fantôme du Sillon fait-il pour venir hanter Lyon en ce début d’été ? Mory Sacko disait dans notre dernier numéro qu’un resto ne saurait se réduire à sa nourriture. Qu'un resto ne tient pas que par un chef. Au Sillon, au côté de Mathieu,

Continuer à lire

Regain : on dirait le sud

Restaurant | Après la fermeture il y a plus d’un an d’A la piscine, Thomas Rolland et Benjamin Sanchez rebondissent près des Terreaux avec Regain. Dans un espace presque chic, ils envoient un menu déjeuner bien roulé.

Adrien Simon | Lundi 5 juillet 2021

Regain : on dirait le sud

2018. Le festival Attable, co-organisé par Arty Farty (Nuits Sonores) devait envoyer le signal au reste du monde d’une cuisine lyonnaise à nouveau « dans le coup ». L’événement désignait le 7e arrondissement comme l’épicentre d'un tremblement gastronomique en cours. La Piscine du Rhône abritait alors un superbe spot accueillant de jeunes chefs étrangers qui dépotent, souvent à peine extirpés de restos bien placés au 50 Best (classement mondial, dont Andrea Petrini, l’ancien sélectionneur de À la Piscine fut l’un des chairman). Au quotidien, la bouffe était envoyée par Benjamin Sanchez (étudiant en relations internationales, reconverti cuistot, passé par le Café Sillon — décidément !) et Thomas Rolland

Continuer à lire

Arandel : « aussi compliqué que se remixer soi-même »

Electro-Bach | Même si c'est une première partie, c'est l'un des événements des Nuits de Fourvière : la transposition du fabuleux InBach d'Arandel sur scène. Avec pour ce concert lyonnais, une pléiade d'invités et des arrangements de cordes. Un événement qui se double de la sortie d'InBach vol.2 composé d'inédits de la rencontre Bach/Arandel.

Stéphane Duchêne | Mercredi 30 juin 2021

Arandel : « aussi compliqué que se remixer soi-même »

Comment as-tu mis au point ce live d'InBach ? Arandel : Au départ, c'est un projet en trio avec Ornette aux claviers qui s'occupe de toutes les parties de Bach. Je voulais qu'il y ait quelqu'un sur scène pour les jouer, que ce ne soit pas uniquement de l'électronique ou des bandes. Il y a aussi Flore aux machines et moi sur plusieurs instruments, du chant, de la flûte, des claviers, de la batterie. On joue majoritairement InBach mais aussi quelques morceaux des albums précédents qui trouvaient leur place, ce qui n'était pas évident. Avant les live d'Arandel, c'était 1h10 sans pause, les morceaux étaient fondus, enchaînés, dans un format plus club. Là, c'est plus classique avec des pauses pour respecter les morceaux de Bach. À Fourvière c'est un peu spécial, avec des invités présents sur l'album... Oui, l'an dernier, on devait avoir ce live à Days Off à la Philharmonie de Paris. C'est le projet qu'on avait vendu à Fourvière mais les deux concerts

Continuer à lire

L’Été en Cinémascope, le retour

En Plein Air | Hommages et déserts au menu de l’Été en Cinémascope 2021, avec en sus de somptueux plats de résistance. Réservez tout de suite un mardi et sept jeudis ; en plus, c’est gratuit !

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

L’Été en Cinémascope, le retour

Un temps, on a redouté que la place Ambroise-Courtois demeure silencieuse et obscure durant les mois chauds — ce qui eût été une première depuis un bon quart de siècle ! Fort heureusement, il n’en sera rien : du 1er juillet au 31 août (admirez l’amplitude et la précision de la couverture), l’Été en Cinémascope vient meubler nos soirées avec une programmation à l’image de la programmation de l’Institut Lumière dont il dépend : d’un éclectisme sans aucune frontière. S’ouvrant avec Cuisine et dépendances de Philippe Muyl (jeudi 1er juillet à 22h) et une pensée pour Jean-Pierre Bacri, le cycle se poursuit avec une autre histoire d’appartement — totalement de saison —, le délicieux 7 ans de réflexion de Billy Wilder (mardi 6 à 22h) qui incitera à prendre le métro pour rentrer et un bain moussant à la maison. En écho au 40e anniversaire de Jazz à Vienne, la soirée du 13 débutera à 21h par un set musical salsa afro-cubaine par le groupe Guaracha Sabrosa suivi par l’une

Continuer à lire

En salles : un été en famille

Cinéma | Bénéfice collatéral de sept mois de disette : il n’y aura pas de pénurie estivale dans les salles. Tout particulièrement pour les films parlant des familles ou à leur destination, et du désir de se libérer de son emprise sur un mode tragique, comique… voire les deux.

Vincent Raymond | Mercredi 30 juin 2021

En salles : un été en famille

Variation multiple et ludique de Freaky Friday, Le Sens de la famille de Jean-Patrick Benes (30 juin) crée ainsi un chamboule-tout géant, où les esprits des parents, grands-parents et enfants naviguent dans les corps des uns et des autres sans fin pour une raison inconnue. S’ensuivent d’inévitables quiproquos glissant doucement vers un registre trash, changeant agréablement de l’injonction à faire de la comédie aseptisée. La fin qui ne résout rien permet (presque) de supporter le jeu de Dubosc — le seul à en faire des tonnes. Plus archaïque est la famille des Croods, une nouvelle ère, second opus signé Joel Crawford (7 juillet), revisitant dans une pseudo-préhistoire d’heroic fantasy aux couleurs criardes la querelle entre anciens et modernes, mâtinée d’un remix du Père de la Mariée et de Mon beau-père et moi. Là encore, le finale délirant offre un relief inattendu à ce qui semblait s’engager

Continuer à lire

Fripes Machine : les Charly et Lulu de la sape

Friperie | On connaissait Le Frip Club rue Victor Hugo, on connaissait aussi le joli camion itinérant du Road Frip. La fusion de ces deux concepts fait naître Fripes Machine, une boutique partagée en plein cœur de Guillotière.

Louise Grossen | Mercredi 30 juin 2021

Fripes Machine : les Charly et Lulu de la sape

Amandine Savi et Bastien Monhard viennent d’inaugurer leur dernier projet : 110m2 de pièces vintage sur deux niveaux avec une partie vente à la pièce (de 10€ à 70€), une autre au kilo (25€ le kg) et un étage dédié à l'échange de vêtements. Des néons roses, des vieux téléphones aux murs, des long-boards, des patins à roulettes suspendus, du papier peint bariolé, des vinyles, une ambiance musicale qui suffirait pour nous faire rester, et un distributeur de bonbons. Non, on n'a pas encore découvert la machine à remonter le temps, on est juste chez Fripes Machine. Ces deux Lyonnais nostalgiques n’ont rien laissé au hasard dans la boutique. « Le projet des fripes est né de notre tour du monde avec Amandine. On a flashé sur les concepts canadiens, genre temples de la fripe. Ici, on a reproduit un peu notre rêve version miniature. Et comme on est des enfants des années 90, Hit Machine, tout ça… l’univers était tout trouvé ! » L’espace agréableme

Continuer à lire

"Présidents" d'Anne Fontaine : vieilles choses publiques

Comédie | Enchaînant films et sujets opposés, Anne Fontaine s’attaque après Police à l’étage supérieur : le pouvoir suprême et ceux qui l’ont exercé… lorsqu’ils en sont dépossédés. Entre fable et farce, une relecture des institutions et de l’actualité politique bien plus intéressante que ce que les teasers-sketches laissaient supposer…

Vincent Raymond | Mercredi 30 juin 2021

Reconverti en homme d’intérieur dépressif, l’ex président Nicolas S. prend pour prétexte la popularité grandissante de la candidate d’extrême-droite pour partir en Corrèze afin de convaincre son ancien adversaire et successeur François H. de monter un nouveau parti avec lui. La cohabitation sera d’autant plus rude qu’ils sont opposés en tout, et que leurs compagnes s’invitent dans la campagne… Une évidence en préambule : sur les arcanes de la Ve République — et ses bruits de cabinet, diront les mauvaises langues — il sera difficile de parvenir un jour à se montrer plus complet que le magistral L’Exercice de l’État de Pierre Schoeller. Rien n’empêche toutefois d’attaquer le sujet par la bande, en se focalisant sur des espèces s’ébattant dans cet écosystème. Tels les Présidents du film homonyme d’Anne Fontaine construit comme une fable dont les protagonistes ne seraient pas de grands fauves, mais deux ex éconduits par leur bien-aimée, trompant ensemble leur déni dans l’illusoire espoir d’une reconquête. Sauf que la belle, de plus en plus v

Continuer à lire

Graille : cuisine itinérante au profit des plus démunis

Food | L’inclusion et l’anti gaspi comme lignes directrices. En juin dernier, le collectif citoyen Graille installe pour la première fois sa cuisine éphémère dans un camp de réfugiés. Depuis, il officie en rue ou dans les squats pour cuisiner avec et pour les personnes en situation de précarité.

Louise Grossen | Mercredi 30 juin 2021

Graille : cuisine itinérante au profit des plus démunis

« On pose nos cuisines dehors trois fois par semaine, dans des lieux qu’on a repérés avant et que l’on sait dans le besoin. Les chefs élaborent les menus à partir d’invendus collectés dans la région et supervisent leur brigade de bénévoles. C’est une vraie fourmilière solidaire, et ça fait du bien » nous explique Amina Bourara, qui a rejoint le collectif Graille quelques mois après sa création. Parmi les cheffes qui offrent leur temps et leur expertise : Marion Casu et Julie Tarene côté patisserie, ou encore Emily Dader et Margaux Cohendet pour la cuisine. « Et ça, c’est une chance incroyable. D’abord, on a des menus bons et travaillés. Ensuite, c’est un vrai créateur de lien social. » Graille ne se contente pas de cuisiner pour les bénéficiaires des repas, mais les inclut au process, et ça change tout. Le collectif fait coup double, ou plutôt triple, en alliant lutte contre la précarité alimentaire, mêlée à l’anti gaspillage et à la solidarité : « la cuisin

Continuer à lire

Le Grand Large s'installe à Gerland

Ateliers d'Artistes | L’association pour la jeune création en Auvergne-Rhône-Alpes (ex Adéra) se nomme désormais Le Grand Large, et, en mars dernier, a déménagé de Décines à Lyon, à proximité (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 30 juin 2021

Le Grand Large s'installe à Gerland

L’association pour la jeune création en Auvergne-Rhône-Alpes (ex Adéra) se nomme désormais Le Grand Large, et, en mars dernier, a déménagé de Décines à Lyon, à proximité des Usines Fagor dans le quartier de Gerland. Présidée par Isabelle Bertolotti (directrice du Musée d’Art Contemporain de Lyon), l’association regroupe les cinq écoles d’art et de design de la région, et soutient la professionnalisation des jeunes diplômés. Elle met notamment à leur disposition des ateliers au sein d’un espace de 900 m², facilite les rencontres avec des professionnels (collectionneurs, galeristes, etc.) et des expositions, soutient l’édition des jeunes artistes. Différents événements y sont aussi organisés pour le public en cours d’année, dont on peut s’informer sur le site Web du Grand Large.

Continuer à lire

Raoul Vignal : « la guitare est mon piano à moi »

Summer Session | En vedette américaine (mais lyonnaise), la Summer Session du Petit Bulletin accueillera le 3 juillet au Transbordeur Raoul Vignal, qui a publié son troisième album Years in Marble, en mai dernier. Le songwriter et as du fingerpicking revient sur ce disque mais aussi son parcours, sa vision du folk et son cousinage avec Nick Drake.

Stéphane Duchêne | Mercredi 30 juin 2021

Raoul Vignal : « la guitare est mon piano à moi »

Comment décrirais-tu ta musique et ton attachement au folk ? Raoul Vignal : C'est clairement un genre que je rattache au passé. Ce que j'écoute comme folk, ce sont des choses d'il y a plusieurs décennies, les artistes qui m'ont permis d'entrer dans la composition et dans le jeu de guitare. Et peut-être que dans ma manière de l'interpréter, c'est mis au goût du jour avec les technologies actuelles, ce qui donne ce côté intemporel. Mais je ne cherche pas à ramener le genre dans le troisième millénaire, c'est plus une façon d'habiller ma guitare folk. Comment s'est faite ta rencontre avec la musique pop dans ta jeunesse et qu'est-ce qui t'a justement dirigé vers le folk en particulier au moment de développer ton projet solo ? C'est surtout passé par mon apprentissage de la guitare. J'ai commencé quand j'étais ado et ça m'a très rapidement gonflé, j'ai arrêté parce que la méthode d'apprentissage ne m'allait pas du tout. Être devant une partoche, apprendre les notes une à une, je ne voyais pas où était la musiq

Continuer à lire

Tout le monde (au cinéma) dehors !

Plein Air | Et la vie continue… Non, ce Kiarostami n’est pas projeté sous les étoiles cet été ; en revanche une foultitude de moments cinéma en plein air laisse espérer à un retour à la normale. Projetons-nous dans l’émoi…

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

Tout le monde (au cinéma) dehors !

C’est avec l’un des plus fidèles rendez-vous que l’on entame ce panorama : Sommerkino !, le festival du film allemand concocté par le Goethe Institut à la Maison de la Confluence (2e arrondissement). Calée du 7 au 10 juillet à 21h30, cette 10e édition, toujours gratuite, présente quatre longs-métrages germanophones (25 km/h, Oskar &Lily, Der große Sommer, Sommer vorm Balkon) dans un cadre convivial, agrémenté si les conditions sanitaires le permettent de bretzels et de bière. Également inscrits dans le parcours Tout l’monde dehors, la projection du documentaire Les 80 ans de ma mère issu d’un travail théâtral mené par la Compagnie La Grenade jeudi 1er juillet à 22h au Parc de Gerland (7e), ou encore l’éclectique festival Vents d’images, qui déploiera sa 4e édition au parc du Clos Loyat (8e) en trois temps : Le Garçon et le monde (9 juillet à 22h),

Continuer à lire

Vaulx-en-Velin : un poing, c’est court, le retour

Courts-Métrages | La tenue de sa 21e édition virtuelle en janvier dernier avait laissé le festival du film court vaudais orphelin d’une composante essentielle : le partage (...)

Vincent Raymond | Mercredi 30 juin 2021

Vaulx-en-Velin : un poing, c’est court, le retour

La tenue de sa 21e édition virtuelle en janvier dernier avait laissé le festival du film court vaudais orphelin d’une composante essentielle : le partage en salle avec le public. L’été lui offre une apostille. D’abord avec deux soirées thématiques : l’une autour de films choisis par les habitants du quartier sud de Vaulx-en-Velin (jeudi 8 juillet à 20h à la Mairie annexe du sud), l’autre centrée sur l’Argentine (vendredi 9 à 20h au cinéma Les Amphis). Enfin, en guise de bouquet final, la séance du samedi 10 proposera le Palmarès 2021, en présence de deux lauréats : Sanja Milardović, Grand Prix pour Je dis ça, je dis rien et Anthony Nti, Prix spécial du Jury et de la Francophonie pour Da Yie.

Continuer à lire

À l'Institut Lumière, on dirait les cinémas du Sud

Festival | Contraint à l’annulation l’an passé, le Festival des cinémas du Sud s’est déplacé de mai à juillet pour célébrer sa 21e édition dans un format certes compact (...)

Vincent Raymond | Mercredi 30 juin 2021

À l'Institut Lumière, on dirait les cinémas du Sud

Contraint à l’annulation l’an passé, le Festival des cinémas du Sud s’est déplacé de mai à juillet pour célébrer sa 21e édition dans un format certes compact (deux jours seulement) mais d’une appréciable densité. Au programme, six films du Maghreb et du Moyen-Orient à chaque fois présentés et assortis d’un échange avec la salle — À l’Institut Lumière les vendredi 9 et samedi 10 juillet. Contexte sanitaire oblige, l’événement accueillera moins d’invités, mais le public se consolera avec la sélection qui compte des œuvres déjà connues comme les très forts Abou Leila d’Amin Sidi-Boumédiène (en ouverture) et Tu mourras à 20 ans d’Amjad Abu Alala (en clôture, en présence du réalisateur — sous réserve), comme de nombreux inédits… par ailleurs identifiés à travers les festivals du globe. C’est le cas de Louxor de Zeina Durra (primé à la Roche-sur-Yon), Zanka Contact d’Ismaël El I

Continuer à lire

Summer Camp : le Zola passe la deuxième

Villeurbanne | On ne change pas une formule qui gagne… sauf pour l’améliorer. C’est en substance le parti-pris du Zola à l’occasion de son deuxième Summer Camp. Du fait de (...)

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

Summer Camp : le Zola passe la deuxième

On ne change pas une formule qui gagne… sauf pour l’améliorer. C’est en substance le parti-pris du Zola à l’occasion de son deuxième Summer Camp. Du fait de la densité de l’actualité cinématographique alimentée par le Festival de Cannes d’une part et les “réserves” accumulées pendant les confinements de l’autre, cette session s’offre jusqu’au 1er août un joli strabisme en conjuguant regard rétrospectif ET suivi des sorties, sans jamais cesser de créer des passerelles ni des événements. Qu’on en juge : une soirée Satoshi Kon en sa présence (et trois films, dont un surprise), soirée David Robert Mitchell (avec It Follows et Under The Silver Lake), un cycle Kelly Reichardt (une quasi intégrale, avec First Cow en avant-première), un autre consacré à Takeshi Kitano (dont Sonatine et Kids Return), un focus road movie montrant que le genre va des légendaires Zabriskie Point

Continuer à lire

Mathilde Delahaye fait paysage aux SUBS

ECRANS | Adepte de la forme de « théâtre-paysage », la metteuse en scène Mathilde Delahaye aime se nourrir des lieux dans lesquels elle propose ses spectacles. Sous la verrière des SUBS, elle crée cette fois-ci une installation autour de laquelle le public est invité à venir déambuler. Des acteurs professionnels et amateurs offrent une extension à la Tornade de papier froissé de Domitille Martin et Alexis Mérat suspendue depuis avril.

Article Partenaire | Mardi 22 juin 2021

Mathilde Delahaye fait paysage aux SUBS

Vous travaillez depuis vos débuts, à la fin des années 2000, à la notion de « théâtre-paysage ». Qu’est-ce que cela recouvre ? C’est un théâtre in-situ [NDLR, provisoirement installé dans un port de commerce, un ancien de stockage de la SNCF, une usine…]. La question du lieu traverse la compagnie que ce soit en salle ou en extérieur. Ici c’est pour moi un format complètement nouveau, atypique, hors cadre car le lieu des SUBS n’est pas un théâtre mais a vocation à accueillir du spectacle vivant. Les SUBS sont pratiquées par le public. Comment vous emparez-vous de la Tornade pour faire ce spectacle, Impatience ? Ce n’est pas un spectacle. Il me semble que ça va être une installation activée. Je souhaite proposer aux spectateurs quelque chose qui s’apparente à une expo, qu’on puisse rentrer et sortir quand on veut. L’idée est que pendant deux heures, le soir, pour des raisons de lumière et de crépuscule – on travaille toujours entre chien et loup - on puisse aller, venir, être sur des transats, assis, debout, allongé… L’entrée thématique de la Tornade nous (le scénographe Hervé Cherblanc et moi) a d’

Continuer à lire

Pop’sciences : imaginer de nouveaux tourismes

Entretien | Escale sur des réflexions parfaitement accessibles et stimulantes de chercheurs universitaires, le dernier numéro — gratuit — de Pop’sciences interroge les nouveaux imaginaires d’un tourisme de masse fortement modifié par la crise sanitaire. Son rédacteur en chef, Samuel Belaud, nous explique.

Nadja Pobel | Mardi 6 juillet 2021

Pop’sciences : imaginer de nouveaux tourismes

L’édito de la revue Pop'Sciences mentionne que la crise sanitaire a « achevé le modèle du tourisme de masse et mondialisé ». Est-ce si sûr ? Samuel Belaud : Au moment où on réfléchit à ce magazine, on constate que le modèle du tourisme international est à terre. L’ensemble des discours sociétaux et politiques vont dans le sens d’un tourisme réinventé, des états généraux sur le tourisme en transition se font un peu partout. Vous évoquez le gigantisme du tourisme dans cette revue, dopée par « le désir de découvrir quelque part et la peur de rater quelque chose. » L’envie de voir ailleurs est inhérente à l’espèce humaine, la soif de tourisme est impossible à étancher. Elle a été organisée, mise en marché de telle manière qu’à force de développement, on est allé trop loin. C’est le cas du low-cost dont la dette écologique supplante les recettes économiques qu’il peut générer. L’enjeu qui traverse de nombreuses enquêtes que l’on propose est la polarisation de l’activité touristique. Celle-ci n’est pas un problème en soi, ma

Continuer à lire

Les Alizés toujours dans la tourmente

Bron | Une semaine après nos révélations sur la situation compliquée affectant le cinéma municipal brondillant, l’incertitude est plus que jamais à l’affiche des Alizés. Et l’inquiétude de plus en plus grande du côté des salariés, des spectateurs et des professionnels du cinéma locaux…

Vincent Raymond | Lundi 21 juin 2021

Les Alizés toujours dans la tourmente

D’habitude, c’est sur l'écran que l’on voit des rebondissements rapides. Pas autour. Pourtant, aux Alizés, les coups de théâtre affectent bien les murs de la salle. Pas le bâti, non — enfin, pas pour le moment —, mais bien ceux qui font tourner ce cinéma quadragénaire. La semaine dernière, on apprenait que la Ville de Bron par la bouche de son maire Jérémy Bréaud (LR) avait annoncé qu’elle envisageait de retirer à l’association Les Amis du cinéma la gestion des Alizés (dont elle possède les murs) pour mettre l’établissement en DSP (délégation de service public). Une décision très politique qui inquiétait les salariés, sans étonner la présidente de l’association, Manon Vialle, qui évoquait même la possibilité de participer au cahier des charges permettant de lister les critères pour désigner le candidat à la fameuse DSP… sans exclure de présenter la candidature de l’association, sous réserv

Continuer à lire

Enrico Casarosa, réalisateur de “Luca” : « je m’identifie beaucoup à Miyazaki »

Pixar | Le réalisateur du nouveau Pixar (exclusivement visible en streaming sur Disney+) évoque quelques-unes des inspirations ayant guidé son trait et sa palette vers cet univers bariolé peuplé de monstres marins et d’une Italie idéale : celle de la Dolce Vita et des côtes. Propos rapportés.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Enrico Casarosa, réalisateur de “Luca” : « je m’identifie beaucoup à Miyazaki »

Pourquoi cette décision de réaliser le film dans un décor du littoral Italien ? Enrico Casarosa : J’ai eu la chance de grandir à Gênes. J’ai passé tous mes étés sur le littoral Italien, en compagnie de mon meilleur ami qui s’appelait vraiment Alberto. Nous avons sauté des falaises pour plonger dans la mer ensemble… Enfin, il m’a surtout poussé ! Le littoral en Ligurie a une cote particulière, très escarpée : les montagnes paraissent s’élever droit au-dessus de l’océan. Et j’ai toujours aimé tout particulièrement les Cinque Terre. On dirait que ces cinq petites villes viennent de sortir de la mer et s'accrochent à la montagne afin de ne pas tomber. C’est un lieu vraiment unique, qui me semblait l’endroit idéal pour rendre hommage à la culture italienne : la petite ville ouvrière, le bleu de la mer… C'est très particulier, et ça me rappelle mes souvenirs d’enfance, notamment cette notion autour des amitiés qui nous changent et nous font grandir qui est cœur du film. Quelles recherches avez-vous faites pour ce film ? Concernant les villes qui nous ont inspirés, il y avai

Continuer à lire

“Luca“ : Italia belle eau

Sur Disney+ | Le dernier Pixar en date, court et beau, dispo sur Disney+.

Vincent Raymond | Vendredi 25 juin 2021

“Luca“ : Italia belle eau

Aux abord des côtes italiennes, Luca est un gentil petit monstre marin tenu à l’écart des humains par ses parents. Jusqu’à ce qu’il rencontre Alberto : celui-ci lui révèle qu'il peut prendre forme humaine sur terre. Les deux amis vont s’enfuir et s’inscrire à un concours leur ouvrant le monde… Luca tranche par la simplicité de son intrigue — ce qui ne signifie pas qu’elle soit simpliste — comme en atteste la brièveté du film. Rappelant par son esprit “entre terre et mer“ Ponyo sur la falaise ou Lou et l’île aux sirènes, l'arc dramatique principal, la quête de Luca et d’Alberto, est elle-même basique, à hauteur de rêve d’enfant (même si la Vespa symbolise davantage qu’un deux-roues, la liberté et l’émancipation de leur quotidien, l’adolescence, etc.) ; l'unité de temps (l’été), de lieu (le village façon Cinque Terre), et d’action (la préparation du concours) est par ailleurs respectée. Cette épure presque nippone s’avère aussi bienvenue : en resserrant le film sur l’essentiel, sans digression, elle permet aux plus jeunes spectateurs de mieu

Continuer à lire