Les Rois du monde

ECRANS | De Laurent Laffargue (Fr., 1h40) avec Sergi López, Céline Sallette, Éric Cantona, Romane Bohringer…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2015

Jeannot Sanchez est du genre sanguin : il a passé du temps en prison pour avoir tranché à la hache les doigts d'un type qui s'étaient égarés sur l'épaule de sa compagne Chantal. Mais comme pendant son incarcération, Chantal s'est mise en ménage avec Jacky, le boucher du coin, Jeannot s'emploie à la reconquérir. À sa manière taurine et anisée…

Derrière sa bonhomie coutumière, on avait presque oublié le Sergi López inquiétant de Harry, un ami qui vous veut du bien (2000), capable d'une animalité furieuse et ravageuse. Avec Les Rois du monde, Laurent Laffargue se fait fort de nous rafraîchir la mémoire dans ce film étrange qui, s'il se nourrit volontiers d'un pittoresque local (Casteljaloux, dans le Sud-Ouest de la France), ne saurait se réduire à de la "gasconnerie" folklorique. Car c'est tout un climat qu'il suscite et ressuscite, rappelant ce cinéma des années quatre-vingt en travaillant la pesanteur atmosphérique rurale comme un personnage (L'Été meurtrier, 37°2 le matin ou L'Été en pente douce).

Quant aux "rois" de ce monde, ce sont en réalité de petits seigneurs dérisoires, gouvernés par leurs pulsions et aveuglés par la testostérone, reprenant le canevas d'une tragédie sans cesse jouée depuis l'Antiquité grecque. Un tragédie qui réclame de tendre l'oreille : López articule davantage avec ses biceps qu'avec ses lèvres, et Cantonna mâche ses répliques dans sa barbe. Pas grave : dans ce premier film baroque entre chaleur, pastis, passion et jalousie, l'intelligence et la subtilité sont surtout portées par les personnages de Céline Sallette et Romane Bohringer.

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“Rouge“ de Farid Bentoumi : poussée à boue

Thriller | De petits arrangements avec la sécurité dans une influente usine vont empoisonner l’environnement, les salariés et les relations familiale d’une infirmière trop jeune et trop honnête. Après la belle histoire Good Luck Algeria, Farid Bentoumi monte d’un cran avec cet éco-thriller tristement contemporain. Label Cannes 2020.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Rouge“ de Farid Bentoumi : poussée à boue

Tout juste diplômée, Nour a été embauchée comme infirmière dans l’usine où son père est syndicaliste. Très vite, elle découvre l’existence de graves pollutions boueuses affectant l’environnement et les salariés, ainsi que de nombreuses complicités pour dissimuler ces empoisonnements… Ironie tragique, le rouge du titre ne renvoie pas à la couleur du monde ouvrier, celui-ci ayant pactisé avec le patronat autour d’intérêt communs ; en l’occurence sur le dos du monde vert. C’est d’ailleurs l’un des enjeux remarquables de ce film qui infléchit de manière pragmatique la démarcation entre “les bons et les méchants“. En vérité, on n’est plus dans la dialectique ancienne parant mécaniquement le prolétaire de toutes les vertus et l’employeur des pires turpitudes : la loi du marché est passée par là. Et les compromissions clientélistes successives des élus comme des représentants syndicaux ont fait le reste. Le capitalisme ayant horreur du vide (comprenez : de ne pas avoir une classe à exploiter impunément) a donc jeté son dévolu sur l’environnement, au sens large. Alerte rouge

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Mais qu’a fait la police ?! : "Josep" de Aurel

Animation | Premier long-métrage d’un illustrateur (Aurel) sur un de ses confrères (Josep Bartolí), en animation de surcroît.

Vincent Raymond | Mercredi 30 septembre 2020

Mais qu’a fait la police ?! :

Premier long-métrage d’un illustrateur (Aurel) sur un de ses confrères (Josep Bartolí), en animation de surcroît, Josep raconte comment le personnage-titre, républicain espagnol réfugié en France fut en fait parqué dans un camp par les autorités et maltraité par tous les gendarmes — sauf un. Voilà qui résonne terriblement avec l’actualité des violences policières : y aurait-il une “tradition“ de comportements individuels racistes, d'omerta, d’obligation de suivre le groupe, d’absence de contrôle par la hiérarchie ? Tout cela pèse violemment sur le récit, par ailleurs édifiant, éclairant l’existence mal connue des camps de concentration destinés aux réfugiés anti-franquistes — cette autre tache sur l’Histoire hexagonale. En confrère respectueux, Aurel efface ici son trait pour ne pas faire ombrage à celui de son devancier. Et l’animation, qui préfère un mouvement saccadé à une trop grande fluidité, fait bien écho au style tourmenté, expressionniste, de Josep. On saluera enfin un joli travail sur le magma des souvenirs, qui fait survenir la présence fluctuante de Frida Kahlo.

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Sorties de leur réserve : "Une belle équipe"

Comédie | Un seul point. C’est ce qu’il manque à l’équipe de foot de Clourrières pour assurer son maintien. Sauf que les joueurs ont tous été suspendus après une bagarre. Alors, l’entraîneur monte une équipe féminine pour les trois ultimes rencontres. Et se heurte à l’hostilité machiste du village…

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Sorties de leur réserve :

Alors qu’il s’apprêtait à en débuter le tournage en 2018, Kad Merad prévenait que ce film n’aurait rien à voir avec Comme des garçons, cette comédie-fiction bâtie sur l’histoire de la première équipe de France de football féminine. On le confirme : Mohamed Hamidi ne s’intéresse ni à la romance ni à la reconstitution historique, mais au — difficile — basculement des mentalités vers une société paritaire, le football étant le symptôme (ou le déclencheur) d'une prise de conscience : troquer le ballon contre la charge domestique ordinairement dévolue à leurs épouses équivaut à une castration pour ces messieurs. Le réalisateur (qui, au passage, remercie ses six sœurs au générique) s’amuse à montrer à quel point la sensibilité masculine est asymétrique : chatouilleux sur leurs “privilèges“ envolés, les hommes sont aveugles au fait que les affiches publicitaires utilisent des corps de femmes afin de vendre n’importe quoi à n’importe qui. Bien

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Audrey Diwan : « le doute m’a permis d’avancer »

Mais vous êtes fous | Pour son premier long-métrage, Mais vous êtes fous, l’ancienne journaliste Audrey Diwan s’est penchée sur une histoire d’addiction à fragmentation multiple. Propos rapportés des Rencontres du cinéma d’Avignon et de Gérardmer.

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Audrey Diwan : « le doute m’a permis d’avancer »

Pourquoi ce titre ? Audrey Diwan : Je voulais donner un élan. Quand il y a une pulsion dramatique, on ne va pas la renforcer par quelque chose de triste — j’ai l’impression que le film n’est pas forcément comme ça. J’avais envie d’un titre inclusif pour les deux personnages du couple Céline Sallette et Pio Marmaï. Comment vous êtes tombée sur ce fait divers ? J’ai rencontré par hasard la femme dont est tirée l’histoire vraie — ce qui ne veut pas dire que c'est son histoire parce que derrière on a pas mal fictionnalisé. Et j’ai été bouleversé par cette femme qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, parce qu’elle venait de découvrir que son mari souffrait d’une grave addiction, que sa famille était contaminé. Elle était surtout pleine de questions, sidérée et puis bouleversée pour elle mais aussi pour lui. C’était quelqu’un capable de sentiments très forts. J’ai longtemps pensée à elle, jusqu’à apprendre quelle avait été la résolution de cette histoire, quelques années plus tard, et comment s’était effectuée la contamination.

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De la poudre aux yeux : "Mais vous êtes fous"

Drame | De Audrey Diwan (Fr, 1h35) avec Pio Marmai, Céline Sallette, Carole Franck…

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

De la poudre aux yeux :

Dentiste apprécié, mari et papa aimant, Roman cache sa cocaïnomanie. L’une de ses fillettes étant victime d’une surdose, la police et les services sociaux débarquent : la famille entière se révélant positive à la drogue, les enfants sont placés. Et l’image du bonheur parfait se pulvérise… Audrey Diwan a tiré son argument d’une histoire vraie en modifiant, comme le veut la coutume, les noms et situations des protagonistes afin qu’ils ne soient pas identifiables. De ce fait divers à énigme qui aurait pu ne tenir qu’un court-métrage — en clair, comment ont-ils tous pu être contaminés par le père ; ce dernier les a-t-il délibérément empoisonnés ? —, la cinéaste a su étoffer son propos en composant un film où l’addiction prend des significations supplémentaires et se transforme en bombe à fragmentation. S’ouvrant sur la dépendance aux stupéfiants, le drame bifurque en effet vers un récit centré autour du manque : celui éprouvé par des parents privés de leur progéniture, et surtout celui que les deux amants Roman et Camille officiellement séparés ressentent l’un pour

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Auto-psy d’un couple : "L'Amour flou"

Ex tape | de et avec Romane Bohringer & Philippe Rebbot (Fr, 1h37) avec également Rose et Raoul Rebbot-Bohringer…

Vincent Raymond | Lundi 8 octobre 2018

Auto-psy d’un couple :

Il se sont aimés, ont eu beaucoup enfants (enfin… deux), et puis le quotidien a passé l’amour à la machine. Alors, avant de se détester trop, Romane et Philippe envisagent une séparation de corps mais pas de logis : un appartement chacun, réuni par la chambre des enfants. Une utopie ? L’histoire quasi vraie d’une famille attachante, racontée presque en direct par les intéressés, dans leur ton brouillon d’adulescents artistes, inventant un modèle “désamoureux“ hors normes. Ce qui pourrait ressembler à une soirée diapos prend tout de suite un peu de relief quand les protagonistes sont connus, et que la majorité de leurs parents et amis le sont aussi. Alors, si L’Amour flou tient de la succession de sketches plutôt gentils et tendres, sans auto-complaisance ; il est parfois indiscret, mais pas impudique. Fidèle, sans doute, à ce que dégagent ces deux parents bobos (bourgeois-bohème) et foufous (fouillis-foutraque). Toutefois, on relève (en la regrettant) une faute de goût dans ce film somme toute sympathique : la participation dans son propre rôle de

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Pôle les mains ! : "Vaurien"

Huis clos | de et avec Mehdi Senoussi (Fr, 1h30) avec Romane Bohringer, Carlo Brandt, Lizzie Brocheré…

Vincent Raymond | Mercredi 19 septembre 2018

Pôle les mains ! :

Lassé d’être discriminé à l’embauche, un chômeur diplômé d’origine arabe prend en otage l’agence Pôle Emploi de Vénissieux. Pendant les quelques heures que dure son acte désespéré, il tente de faire passer son message en direct sur une radio locale, puis de négocier une rançon… Comédien et déjà auteur de plusieurs courts (ainsi que d’un long-métrage), le Lyonnais Mehdi Senoussi ne s’est pas ménagé pour diriger et interpréter ce film, dont on suppose la haute résonance symbolique personnelle : le propos, clairement social et politique, est intégré dans une intrigue de polar. Malheureusement, sa sincérité évidente n’occulte pas les incertitudes d’une réalisation peinant à transcender le huis clos, l’intrigue eût en effet davantage convenu à un format court. Son délayage tristounet est certes un peu racheté par le twist final. Et l’on reconnaît à Senoussi une obstination certaine et le talent d’avoir su en fédérer d’autres autour de lui comme Romane Bohringer, Carlo Brandt ou Pascal Elbé.

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Les événements : à fleuret moucheté

Théâtre | Retour sur la vie d'un tueur fou dans Les Événements, pièce du dramaturge contemporain écossais David Greig. Si Romane Bohringer s'y épanouit, le spectacle manque de fluidité.

Nadja Pobel | Mardi 23 mai 2017

Les événements : à fleuret moucheté

À 48 ans, David Greig est un auteur reconnu par ses pairs, passé par la Royal Shakespeare Company ou le Royal Court de Londres. Avec Lune jaune, la ballade de Leila et Lee, il racontait avec onirisme la réalité crue de deux ados paumés, profondément touchants, laissés sur le bas-côté par une société britannique trop sèche pour entourer ses enfants. Baptiste Guitton, au TNP en 2014, en avait fait une adaptation stylisée et déjà en musique. Car David Greig aime adjoindre à son travail des chansons (comme les dix chanteurs de gospel de sa version des Bacchantes). Avec Les Événements, son dernier texte en date (créé dans le cadre du festival RING de Nancy il y a tout juste un an par Ramin Gray) il donne même la moitié du temps de jeu ou presque à une chorale qui, chaque soir, change. Romane Bohringer est pasteur, chef de chœur, rescapée d'une tuerie perpétrée par l'un de ses élèves. Lointainement inspirée de l'acte terroriste d'Anders Behring Breivik en Norvège, cette pièce progresse par saccades. Si l'actrice ne joue qu'un seul rôle, son partenaire (le fantastique Matthieu Sampeur

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"Corporate" : critique et interview du réalisateur Nicolas Silhol

ECRANS | Responsable des ressources humaines, Émilie se trouve impliquée dans une enquête de l’inspection du travail, suite à un suicide dans son entreprise. Jusqu’où (...)

Julien Homère | Mardi 4 avril 2017

Responsable des ressources humaines, Émilie se trouve impliquée dans une enquête de l’inspection du travail, suite à un suicide dans son entreprise. Jusqu’où restera-t-elle fidèle à sa hiérarchie ? D’une grande rigueur réaliste et peuplé d’un casting hétéroclite venant de la télévision, du théâtre ou du cinéma classique, Corporate dissèque les méthodes de management amorales mais totalement acceptées par nos entreprises modernes. Enveloppant son histoire d’une mise en scène économe, froide et sans éclat, son discours sur l’injustice sociale demeure louable mais aurait été plus audible dans un documentaire. À se demander si le récit ne passe pas à côté de son sujet tant l’inspectrice du travail (justement campée par Violaine Fumeau) et son regard sur cet univers sans pitié placent au second plan une intrigue policière dispensable. Nicolas Silhol : « Je n’avais pas envie de faire un reportage » Les DRH que l’on porte dans le cœur sont rares. Pourtant, c’est bien sur ce métier clivant que le réalisateur Nicolas Silhol a décidé de tourner son premier thriller. Entretien avec le patro

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À la poursuite du cerf-bipède

SCENES | Aux confins du fantastique et de l’absurde, Sergi Lopez et Jorge Pico, artistes engagés (enragés ?) signent un spectacle drôle, fou, corrosif d’une (...)

Sébastien Broquet | Mardi 22 mars 2016

À la poursuite du cerf-bipède

Aux confins du fantastique et de l’absurde, Sergi Lopez et Jorge Pico, artistes engagés (enragés ?) signent un spectacle drôle, fou, corrosif d’une grande virtuosité. Espagnols (catalan pour l’un), ils jouent en français ; l’un parle et l’autre brame. Lopez campe un explorateur obsessionnel (et obnubilé par le tennis) partant à la recherche d’une créature légendaire jouée par son acolyte. La bête cornée, jamais découverte à ce jour, est une proie difficile à chasser car invisible pour l’œil humain. On dit qu’elle serait dotée d’une âme… La forte complicité qui unit les deux compères est le fuit d’une longue amitié qui débuta sur les bancs de l’École Internationale de Théâtre de Jacques Lecoq, au début des années 1990 et les a amené, en 2011, à imaginer, écrire (dans leurs diverses langues), mettre en scène ce spectacle qu’ils promènent encore sur les routes aujourd’hui. Cette fable délirante, qui a connu un énorme succès au off d’Avignon il y a deux ans, pousse le spectateur à accepter son animal intérieur avec force, bonheur et fous rires. Florence Barnola 30/40 Livingstone À la salle

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Je vous souhaite d'être follement aimée

ECRANS | De Ounie Lecomte (Fr, 1h40) Avec Céline Sallette, Anne Benoit, Elyes Aguis…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Je vous souhaite d'être follement aimée

Ounie Lecomte n’en a pas fini avec la thématique de l’adoption. Un sujet intime qu’elle avait déjà abordé frontalement — sans laisser d’impérissable souvenir, d’ailleurs — dans Une vie toute neuve (2008), inspiré de son propre parcours. Plus abouti, ce nouveau film a pour figure centrale une kiné née sous X décidée à retrouver sa mère biologique pour calmer ses tourments existentiels ; il dresse cependant le portrait de trois, voire quatre générations chamboulées dans leur identité. Malgré des atouts de poids, allant de la musique d’Ibrahim Maalouf à la distribution "auteur" de prestige (une lignée Françoise Lebrun/Anne Benoît/Céline Sallette, tout de même…), malgré un questionnement légitime sur le droit de connaître ses origines, et une approche tactile des relations entre les personnages, Je vous souhaite d'être follement aimée se distend peu à peu, s’égare et se dissout dans ses propres interrogations, pendant que le spectateur anticipe sur des rebondissements cousus de fil blanc. Dommage.

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Les luttes finales

CONNAITRE | C'est sous le signe du combat, de la lutte acharnée pour se faire une place - si possible la première - que se place la nouvelle édition du festival Cinéma, Sport et Littérature de l'Institut Lumière. Au programme : champions invétérés, docu fanatisés et films engagés, dans tous les sens du terme. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Les luttes finales

Pour le coup d'envoi de cette deuxième édition, l'Institut a fait appel à deux des plus grands "lâche-rien" du sport français  : Hinault d'abord, Killy ensuite, histoire d'annoncer la couleur, celle de la lutte sous toutes ses formes. Le lendemain – également jour d'un déjà traditionnel colloque "Cinéma, sport et littérature" avec pléthore de journalistes et d'écrivains spécialisés – Eric Cantona, quasi pensionnaire des lieux, revient avec un de ces "Canto-docu" dont il a le secret – un genre en soi, identifiable à ses envolées lyriques, ou "cantonades", bientôt aussi mythiques que les Alain Decaux raconte... de notre enfance. Après Les Rebelles du Foot, l'ex-Mancunien s'est penché cette fois sur la question des liens entre le football français et l'histoire des grandes vagues d'immigration, toutes incarnées par des champions (Kopa le Polonais, Piantoni et Platini les Ritals, Zidane le Kabyle...). L'Histoire et les résonances politico-historiques du sport, ce sera aussi le thème sous-jacent de l'exposition signée Raymond Depardon, sise à la galerie de la rue de l'Arbre-Sec... Armées Rouges ...et celui d'un autre docu-politico-sportif : The

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Le match de leur vie

CONNAITRE | Jesse Owens contrariant par l’exemple les théories de domination aryenne ; Jason Collins (NBA, Brooklyn Nets) et Michael Sam (Foot US, Université du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

Le match de leur vie

Jesse Owens contrariant par l’exemple les théories de domination aryenne ; Jason Collins (NBA, Brooklyn Nets) et Michael Sam (Foot US, Université du Missouri), seuls exemples de sportifs masculins en activité à avoir publiquement annoncé leur homosexualité ; Tommy Smith et John Carlos levant un point ganté de noir sur le podium des JO de Mexico en 1968 ; Mohammed Ali refusant de répondre à la mobilisation pour la guerre du Viêt Nam...Nombreux, mais pas moins exceptionnels pour autant, sont les sportifs qui ont mis en péril leur carrière, parfois leur vie, pour défendre des idées en défiant un pouvoir politique impuissant à s’opposer à leur aura. C’est à ces moments où le sport devient vecteur de quelque chose de plus grand, où le corps du sportif ne lui appartient plus, devenant récipiendaire du corps social au mépris de sa propre intégrité, où son destin individuel s’infléchit au profit du destin collectif que se sont intéressés d'un côté Stephen Frears, de l'autre Gilles Perez et Gilles Rof avec leurs films Muhammad Ali’s greatest fight, présenté en avant-première lors de la manifestation, et Les Rebelles du Foot.Dans ce dernier, un cé

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Lumière mouille le maillot

CONNAITRE | Inatteignable surhomme ou trop banal humain, le sportif est une figure mythique qui, loin de n’occuper que les journalistes et les fans, est aussi le sujet de nombreux films et livres. En consacrant un week-end au sport, l’Institut Lumière place l’athlète au centre du jeu. Stéphane Duchêne et Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 11 mars 2014

Lumière mouille le maillot

Dans ses Mythologies (1957), au rang desquelles le Tour de France se voyait consacrer un chapitre, Roland Barthes l’écrivait clairement : «le langage donne à l’événement la majoration épique qui permet de le solidifier». Sur la Grande Boucle spécifiquement, il ajoutait qu'elle était «le meilleur exemple d’un mythe total donc ambigu ; le Tour est à la fois un mythe d’expression et un mythe de projection, réaliste et utopique tout en même temps». Si dès lors que la littérature rencontre le sport, elle ne se focalise pas uniquement sur le vélo, force est de constater que cette discipline, comme la boxe, a fait couler beaucoup d’encre, l’origine modeste de leurs champions n’y étant sans doute pas pour rien - plus l’amplitude de destin est grande, plus le mythe se consolide. Philippe Delerm (La Tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives), Jean Echenoz (Courir, sur le destin d’Emil Zatopek), Dominique Noguez et bien d’autres ont fait de l’athlète un personnage de leurs nouvelles ou récits. Toutefois, davantage que les romanciers, le programme des premières rencontres "Sport, littérature et cinéma" de l'Institut Lumière conce

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Les Rencontres d’après minuit

ECRANS | De Yann Gonzalez (Fr, 1h32) avec Kate Moran, Niels Schneider, Éric Cantona…

Christophe Chabert | Vendredi 8 novembre 2013

Les Rencontres d’après minuit

Au prix du foutage de gueule 2013, il y aura photo finish entre La Fille de nulle part, Les Coquillettes, La Fille du 14 juillet, Tip Top et ces Rencontres d’après minuit, d’une nullité toute aussi abyssale quoique pour des raisons différentes. Ici, une partouze organisée dans un lieu mystérieux — une maison hi-tech au milieu d’une forêt enneigée — vire plutôt à la branlette mentale, chaque personnage — «L’Étalon», «La Chienne», «La Star»… — exposant son passé dans une logorrhée verbale qui a le redoutable inconvénient d’être particulièrement mal écrite. Parfois, c’est comique, mais on ne sai

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Un château en Italie

ECRANS | De et avec Valeria Bruni Tedeschi (Fr, 1h44) avec Louis Garrel, Céline Sallette…

Christophe Chabert | Mardi 22 octobre 2013

Un château en Italie

Une actrice qui ne joue plus rencontre un acteur qui en a marre de jouer. Pendant ce temps, son frère se meurt du SIDA et sa mère, aristocrate déchue, veut vendre le château familial… Il est plus facile pour un chameau et Actrices, les deux premiers films réalisés par Valeria Bruni Tedeschi, exaspéraient par l’impudeur avec laquelle elle étalait sa vie et son métier, sans jamais trouver une forme cinématographique autre que l’ordinaire de l’auteurisme à la française. Un château en Italie fait à peu près la même chose, et quiconque connaît un peu sa biographie — qui est en partie aussi celle de sa très médiatique sœur — passera son temps à chercher les clés pour démêler ce qui relève ici de la vérité et de la fiction. Un jeu aussi vain que lassant, qui pousse parfois loin la plaisanterie — Garrel travesti refusant un rôle à un cinéaste manifestement gay, si ce n’est pas une référence à Laurence Anyways… Dommage, car Bruni Tedeschi a progressé en tant que cinéaste, moins ar

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Eric Cantona remettra le Prix Lumière à Ken Loach

ECRANS | Eric Cantona, l'ex-footballeur de Manchester United devenu acteur, qui fut dirigé par Ken Loach pour Looking for Eric (projeté au cours de cette soirée), a (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 septembre 2012

Eric Cantona remettra le Prix Lumière à Ken Loach

Eric Cantona, l'ex-footballeur de Manchester United devenu acteur, qui fut dirigé par Ken Loach pour Looking for Eric (projeté au cours de cette soirée), a donc été choisi pour remettre le quatrième Prix Lumière au cinéaste britanique lors de de la soirée qui se déroulera le 20 octobre à 18h45 à la Salle 3000 de la Cité Internationale. De nombreux autres invités viendront témoigner de leur affection pour le réalisateur et son œuvre.  

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Ubu prisonnier

SCENES | Dan Jemmett aime les acteurs et ils le lui rendent bien. Il sait s’appuyer sur leur énergie ou leur force. On pense notamment à Denis Lavant, excellent (...)

Nadja Pobel | Jeudi 9 février 2012

Ubu prisonnier

Dan Jemmett aime les acteurs et ils le lui rendent bien. Il sait s’appuyer sur leur énergie ou leur force. On pense notamment à Denis Lavant, excellent dans le rôle d’un capitaine désenchanté (William Burroughs surpris en possession du chant du vieux marin de Samuel Taylor Coleridge) ou à David Ayala, étourdissant dans La Comédie des erreurs (reprise au Toboggan les 12 et 13 mars prochains). Pour Ubu enchaîné, pendant esclave d’Ubu roi, Dan Jemmett a fait appel à Éric Cantona. L’ancien attaquant de Manchester United, devenu défenseur convaincant de la cause des mal logés, est aussi un acteur mastodonte. Sa carrure et sa grande gueule le font entrer dans les habits d’Ubu avec naturel. Mais sur le plateau, Jemmett l’enferme dans une cage dorée. Rivé à un fauteuil, il éructe, jouant sur un seul mode. Lorsqu’il sort de scène pour traverser la salle, le spectacle nous offre enfin une respiration. Mais elle est de courte durée. Valérie Crouzet en Mère Ubu enragée en fait trop alors qu’elle possède tou

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Ici-bas

ECRANS | De Jean-Pierre Denis (Fr, 1h35) avec Céline Sallette, Éric Caravaca…

Dorotée Aznar | Mercredi 11 janvier 2012

Ici-bas

En 1943 à Périgueux, Sœur Luce, chrétienne dévouée, tombe amoureuse d’un aumônier résistant qui s’apprête à quitter les ordres. Malentendu presque lacanien : elle pense que leurs chemins, y compris spirituels, se croisent et confond le désir qu’il éprouve pour elle avec l’amour qu’elle porte pour le Christ. Beau sujet que Jean-Pierre Denis, réalisateur rare des Blessures assassines, tente de marier avec sa peinture de la France en guerre. Mais le manque de moyens de la reconstitution, les clichés d’un dialogue sans aucun naturel ni quotidienneté, donnent à Ici-bas des allures de téléfilm France 3 Région. Il faut attendre le dernier tiers, où le cinéaste pousse sa logique jusqu’à la plus grande noirceur, pour que le film s’extirpe de cette glaise théâtrale, se débarrassant au passage (et c’est tant mieux) de tout soupçon de bondieuserie. Dans cette dernière partie, la troublante Céline Sallette tombe le masque de l’illuminée et révèle une cruauté particulièrement effrayante. Christophe Chabert

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Des saillies et des hommes

SCENES | Deuxième round pour la saison théâtrale qui démarre en fanfare au TNP (Py-Pommerat en simultané). On pourra, durant les mois à venir, croiser des monuments du théâtre, continuer à découvrir le cheminement d’artistes prometteurs ou rattraper des immanquables. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 21 décembre 2011

Des saillies et des hommes

Et si ces six mois se faisaient sur le tempo survolté que Dan Jemmett transmet dans ses pièces ? Avec La Comédie des erreurs (Toboggan, mars), une pièce de jeunesse de Shakespeare, le grand David Ayala met la gomme. Et Cantona, qui sera à l’affiche de l’autre spectacle de Jemmett (Ubu enchaîné aux Célestins, février) ne devrait pas être en reste. Aussi intriguant sur les plateaux de théâtre et les écrans de cinéma qu’il était explosif sur la pelouse d’Old Trafford, on en redemande. Au rayon des idoles, on demande aussi Bernard Menez qui ne sera pas sur scène mais aux commandes de Le Gros, la vache et le mainate (Croix-Rousse en janvier). Plus dans leurs rôles, Duris fait bien l’acteur pour la première fois au théâtre sous la direction de Chéreau dans un texte de Koltès (La Nuit juste avant les forêts au TNP, mars) et Claus Peymann, le metteur en scène et agitateur de l’ex-Allemagne de l’Est, sera au TNP (avril) avec Richard II, après être passé par les Nuits de Fourvière en 2010. Shakespeare ter : David Gauchard montera lui un Songe d’une nuit d’été rock (Villefranche, janvier et Renaissance, février). Enfin, deux autres mas

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Viens voir les comédiens…

SCENES | Une saison de théâtre, c’est aussi, n’en déplaise aux puristes, une saison d’acteurs exceptionnels à découvrir sur scène. D’Arestrup à Catherine Frot, de Cantona à Romain Duris, passage en revue des «stars» de cette rentrée. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 1 septembre 2011

Viens voir les comédiens…

S’il y a un acteur qu’on n’attendait pas là, c’est bien lui. Qu’Éric Cantona, pour qui on a une affection particulière, s’associe à Dan Jemmett, metteur en scène ayant l’habitude de mettre en pièces le répertoire (on se souvient de sa Nuit des Rois d’après Shakespeare), pourquoi pas ? Mais que les deux aient trouvé comme terrain d’entente Ubu enchaîné d’Alfred Jarry, voilà qui a de quoi stimuler les attentes et laisser s’épanouir tous les fantasmes. Ce qui fascine chez Cantona, c’est ce corps à la fois massif et sportif, cette voix puissante et chantante (combien d’acteurs en France ont le droit de jouer avec leur accent d’origine ?) ; un drôle de comédien dans une drôle de pièce, où le tyran devient esclave mais conserve ses humeurs et ses emportements. Romain Duris aussi a su faire de son corps souple et nerveux un instrument de fascination pour les metteurs en scène de cinéma. C’est en le filmant pour son très raté Persécution que Patrice Chéreau, qui ne rechigne plus autant à revenir au théâtre, a décidé de le pousser sur scène, faisant de lui le nouvel interprète (après Pascal Greggory, qui a fait le trajet inverse de Duris, des planches à l’écran) de son auteur fétiche, Berna

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Le Moine

ECRANS | De Dominik Moll (Fr-Esp, 1h40) avec Vincent Cassel, Déborah François, Sergi Lopez…

Christophe Chabert | Mercredi 6 juillet 2011

Le Moine

Adapter le livre culte de Matthew Lewis, resté fameux pour son approche fantastique et feuilletonesque de la religion catholique, était un défi que Dominik Moll a pris visiblement à contresens. Plutôt que de s’engouffrer dans les outrances offertes par cette histoire baroque et iconoclaste (un moine rigoriste succombe à la tentation en se faisant abuser par une diablesse masquée, avant de commettre des crimes pour dissimuler son péché), il prend tout extrêmement au sérieux et déballe un bric-à-brac visuel qui manque et de souffle, et de rythme. Aucun vertige, aucun trouble, aucune fascination et surtout aucun plaisir à la vision de ce film tétanisé d’un bout à l’autre, à l’image d’un Vincent Cassel bridé par son jeu, à qui on conseillera d’aller voir la prestation de Banderas dans La Piel que habito pour voir qu’on peut s’amuser tout en composant un personnage glacé et ambivalent. Christophe Chabert

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Switch

ECRANS | De Frédéric Schoendoerffer (Fr, 1h40) avec Karine Vanasse, Eric Cantona, Aurélien Recoing…

Dorotée Aznar | Lundi 4 juillet 2011

Switch

Frédéric Schoendoerffer n'a honte de rien. Pas de s'acoquiner avec Jean-Christophe Grangé au scénario (encore que), mais de rempiler pour un énième thriller référencé. Très sérieux, comme toujours, l'auteur de Truands convoque du lourd avec Switch, allant chercher Hitchcock (pour le film de machination) et Jason Bourne (pour l'action et la reconquête de l'identité volée). Mais quand Frédo pousse sa caméra dans les escaliers, façon Greengrass, en collant ici au cul de Cantona (pas mauvais), l'image tremble, ça se voit, et c'est tout. Tout le problème du maniériste est là : il imite en vain. Et l'intrigue ? Du Grangé : la vengeance d'un bébé éprouvette qui, élevé par une mère dans l'art contemporain, dégomme ses parents biologiques. Nul. Jérôme Dittmar

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Labiche deux fois

SCENES | Critique / Pierre Pradinas met en scène deux courtes pièces d’Eugène Labiche au Théâtre de la Croix-Rousse, 29 degrés à l'ombre et Embrassons-nous Folleville. Deux pièces radicalement différentes pour un voyage d’1h40 dans l’univers de l’auteur. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 15 mars 2010

Labiche deux fois

Tout commence dans le jardin d’une propriété cossue, un dimanche où l’on s’ennuie ferme chez Monsieur de Pomadour, comme on s’ennuie ferme tous les dimanches chez Monsieur de Pomadour. Effet de la chaleur excessive (29 degrés à l’ombre) sans doute, les débordements ne se font pas attendre. Un invité qui ne l’était pas coutissé la maîtresse de maison tandis que son lâche époux tente par tous les moyens de ne pas sauver son honneur. La tension entre les personnages s’exacerbe, et puis, et puis rien ! À peine un regard pas si innocent en direction du jardinier et chacun reprend le cours de sa morne existence. Pierre Pradinas propose une version «moderne» de cette courte pièce de 30 minutes (des acteurs en costumes de ville, une pelouse qui peut évoquer n’importe quel jardin) et créé un décalage d’autant plus grand avec la pièce qui suit immédiatement 29 degrés à l’ombre. Danse de coupleLe temps d’un changement de costumes et de décors écalir et les acteurs réapparaissent sur scène. Autres lieux, autres temps, Embrassons-nous Folleville nous transporte chez le marquis de Manicamp qui s’est mis en tête de marier son impétueuse fille Berthe au pauvre Folleville qui en aime un

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«Ne pas devenir des vieux acteurs tout pourris»

SCENES | Propos / Romane Bohringer, comédienne, interprète deux rôles deux femmes aux antipodes dans les deux Labiche mis en scène par Pierre Pradinas. Propos recueillis par DA

Dorotée Aznar | Samedi 13 mars 2010

«Ne pas devenir des vieux acteurs tout pourris»

Pierre PradinasPierre est un metteur en scène que j’aime et avec lequel j’adore travailler. J’aime ses imperfections, sa folie. Le théâtre qu’il propose est extrêmement vivant et spontané. C’est avec lui que j’ai découvert Labiche, je n’avais jamais vu, ni jamais lu une pièce de Labiche. Pour Pradinas, il ne faut pas chercher à être drôle, la drôlerie vient de la justesse. C’est Labiche qui est drôle, les acteurs doivent simplement servir le texte. Pierre ne veut pas imprimer sa patte, il veut juste raconter la pièce, c’est pourquoi la scénographie est très simple et le jeu est très simple également. Pierre ne fait rien «par-dessus» l’auteur. Deux femmesLes deux pièces présentées sont vraiment très différentes : il y a une pièce «contemporaine» et une pièce en costumes. Une pièce un peu folle, très courte et dans laquelle il ne se passe finalement rien et une autre qui répond aux critères du vaudeville. Dans la première, «29 degré à l'ombre», je suis Madame de Pomadour, une sorte de Madame Bovary qui s’ennuie dans sa petite vie bourgeoise. Dans «Embrassons-nous Folleville !», j’interprète le rôle de Berthe, une rebelle, que j’imagine un peu comme une adolesce

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Looking for Éric

ECRANS | De Ken Loach (Ang-Fr, 1h57) avec Steve Nevets, Éric Cantona…

Christophe Chabert | Jeudi 21 mai 2009

Looking for Éric

D’une idée originale d’Éric Cantona, soumise sans obligation d’achat à Ken Loach et à son fidèle scénariste Paul Laverty, est sorti ce Looking for Éric, qui ressemble furieusement à son making of. Deux films y coexistent sans jamais vraiment se rencontrer : un film de Ken Loach assez banal, plus clairement orienté vers la comédie que d’habitude, où un facteur en plein marasme social et existentiel tente de reconquérir le cœur de sa femme, et un film avec Éric Cantona, où il apparaît en sphinx fantomatique prodiguant ses conseils sous forme d’aphorismes absurdes à ce supporter de Manchester qui l’adule. Le procédé, systématique, lasse très vite, mais c’est la faiblesse générale de ce feel good movie qui pose le plus question. Après un film aussi fort que It’s a free world, qui avait l’audace de briser le manichéisme loachien, le cinéaste embraye sur un recyclage sans génie de ses propres ficelles. Une chose saute aux yeux : plus il cherche à être léger, plus il est lourd. Particulièrement dans sa direction d’acteurs, puisque Steve Nevets en fait des tonnes dans le registre gueulard généreux assez monotone à l’arrivée. Même le corps de Cantona s

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Ricky

ECRANS | De François Ozon (Fr, 1h30) avec Alexandra Lamy, Sergi Lopez…

Christophe Chabert | Mercredi 4 février 2009

Ricky

Après le ratage d’Angel, François Ozon revient à un cinéma modeste proche de ses premières œuvres avec ce très curieux Ricky. La première demi-heure est une belle surprise : Ozon s’y frotte au quotidien d’une ouvrière dans une usine de produits chimiques (Alexandra Lamy, tout à fait crédible et assez épatante), mère célibataire nouant une relation avec un autre ouvrier (Sergi Lopez, très bon lui aussi). Le réalisme de cette ouverture ne se dépare pas d’une sècheresse de trait et d’un sens de l’inquiétude qui laissent penser que le cinéaste signe ici son retour en forme et en force. Mais tout cela ne fait que préparer le twist énorme qui est en fait le vrai sujet du film : la naissance d’un bébé ailé, que l’on cache puis que l’on tente maladroitement d’exhiber au monde, avant de le laisser s’envoler comme dans un conte pour enfants. Ozon nous supplie de croire à l’impossible, mais avec des effets spéciaux de téléfilm et des séquences franchement foirées (la scène du supermarché avec ses figurants aux taquets !), c’est beaucoup demander au spectateur. Il est lui-même trop conscient de ce qu’il raconte, notamment des sous-textes évidents charriés par son histoire,

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Il revient (il paraît)

MUSIQUES | Théâtre / Fans de Grosquick, collectionneurs d'autocollants Panini ou lecteurs des multiples épisodes du Club Des 5 (uniquement en Bibliothèque rose, bien (...)

| Mercredi 20 décembre 2006

Il revient (il paraît)

Théâtre / Fans de Grosquick, collectionneurs d'autocollants Panini ou lecteurs des multiples épisodes du Club Des 5 (uniquement en Bibliothèque rose, bien sûr) ; bref tous ceux qui n'ont pas encore réussi à dire adieu aux héros du passé devraient en avoir les larmes aux yeux. Presque un siècle après sa naissance, Fantômas revient. Et en musique, s'il vous plait. Gabor Rassov s'est en effet attelé à une vaste entreprise de résurrection du superhéros superméchant, caméléon malfaisant aux multiples visages en un feuilleton théâtral épique et chanté en seize tableaux. Enfant illégitime de la série noire (bien que B) et de la comédie musicale cheap, ce nouvel épisode de Fantômas s'annonce un poil kitchoune, mais assurément décalé. Le génie du mal n'a pas changé de tailleur et revient avec le costard et la cape, pour devenir le père de l'humanité. Dans ce but, il va tenter d'exterminer tous les êtres humains à l'exception de sa fille Hélène, clonée en millions d'exemplaires. Et la fifille du monstre n'est autre que la douce Romane Bohringer, désormais habituée des planches du théâtre de la Croix-Rousse. Relativement novice quant il s'agit de pousser la chansonnette, elle sera accompagnée

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