Demain

ECRANS | En salles alors que se tient la COP21, ce documentaire fait le tour d’initiatives, aujourd’hui couronnées de succès, permettant d’engager le monde dans une voie alternative. Hélas, la forme torpille le fond…

Vincent Raymond | Mardi 1 décembre 2015

Demain est l'un de ces films qui font enrager. Parce qu'il s'empare d'une cause juste, en fait quasiment un objet à la mode revendiqué par des "icônes" du star-system, des "égéries" du showbiz. En la traitant de surcroît d'une manière maladroite, superficielle, naïve, sans continuité esthétique. Pourtant, la vulgarisation de concepts comme la propagation d'un message militant via le documentaire ne passent pas forcément par un amenuisement du style, une altération de la forme ni un renoncement artistique — Wagenhofer, Wenders, Welles ou Guzmán, si l'on veut un cinéaste dont l'initiale n'est pas W, l'ont largement prouvé.

Le propos ici, c'est la dénonciation des graves changements climatiques (et leur conséquences, actuelles ou à venir) liés au fonctionnement de notre société industrielle, à nos habitudes de sur-production et consommation. Pour éviter une extinction du vivant à brève échéance, la solution serait d'agir massivement sur divers axes : alimentation, transports, énergie, politique, éducation, etc. Cyril Dion (ancien responsable du mouvement Colibris) et Mélanie Laurent ont donc collecté des témoignages d'acteurs associatifs ou de promoteurs de solutions alternatives efficaces piochées ici (Normandie, Nord de la France) ou là (San Francisco, Finlande, Angleterre, Detroit, Copenhague…).

Flop21

On n'accusera pas Mélanie Laurent de s'acheter une conscience : elle a déjà manifesté sa sensibilité pour les questions écologiques, notamment en prêtant sa voix au documentaire The End of the Line dénonçant l'usage de la pêche intensive. Pour Demain, elle a eu un impact conséquent dans l'appel aux contributeurs pour son financement participatif (plus de 10 000 internautes ont versé leur obole). Las, ses bonnes intentions ne lui confèrent, pas plus qu'à Cyril Dion, une grande efficacité.

Devant leur film à la construction rudimentaire malgré son chapitrage, les convaincus s'ennuient. Quant aux autres, auront-ils envie de suivre des images un brin touristiques de Parisiens en excursion ; des embrassades et accolades avec des chercheurs, ou l'énonciation de raccourcis trompeurs — le message global sous-jacent étant : “débrouillez-vous par vous-même en local, la solution ne viendra pas d'en haut” ? D'accord, il faut réformer, mais comment ? Il manque à Demain du pratique applicable ici et maintenant, et de la hargne ! Et comme il n'a pas non plus l'impact visuel d'Une vérité qui dérange de Davis Guggenheim, on peut craindre que ce film fasse moins d'air qu'un battement d'ailes de papillon…

Demain
De et avec Cyril Dion & Mélanie Laurent (Fr, 1h58) documentaire


Demain

De Cyril Dion, Mélanie Laurent (Fr, 1h58) documentaire

De Cyril Dion, Mélanie Laurent (Fr, 1h58) documentaire

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Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l'éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain…


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En v’là du noir, en v’là : " Galveston"

Policier | de Mélanie Laurent (É-U, 1h31) avec Ben Foster, Elle Fanning, Lili Reinhart…

Vincent Raymond | Lundi 8 octobre 2018

En v’là du noir, en v’là :

Crachant ses poumons, Roy s’imagine condamné par la maladie. En attendant, le caïd de la Nouvelle-Orléans dont il est l’homme de main cherche à le descendre. Alors Roy s’enfuit avec la jeune Rocky, une de ses prostituées et des papiers sensibles. Commence une cavale nerveuse… Au crédit de Mélanie Laurent réalisatrice, il faut tout d’abord placer son choix courageux de ne pas avoir engagé la comédienne Mélanie Laurent — et pourtant, elle aurait pu aisément caler un second rôle à l’accent franchie dans ce décor louisianais. L’ambiance poisseuse d’un motel dépeuplé, l’anti-héros hard boiled lessivé par son absence de perspective et défiguré par les bourre-pifs, la femme fatale pour laquelle il est prêt à se sacrifier… On peut cocher un à un les items du film noir, le contrat est globalement respecté et Mel L. s’en tirerait honnêtement s’il n’y avait cette aberrante scène où le personnage d’Elle Fanning se croit obligé d’avouer avec force détails ses traumatismes d’enfance (façon Chinatown) que tout un chacun a déduit des silences et des regards échang

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Le sang des liens : "Mon garçon" de Christian Carion

ECRANS | de Christian Carion (Fr, 1h23) avec Guillaume Canet, Mélanie Laurent, Olivier De Benoist…

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Le sang des liens :

Brusquement rappelé à ses devoirs lorsqu'il apprend la disparition de son fils, un père divorcé et absent mène en parallèle de la police une enquête aussi désespérée que désordonnée. Malgré son désespoir et ses entorses à la loi, ses efforts le mènent à une piste. Sera-t-elle la bonne ? Familier ces dernières années de lourdes fresques historiques, Christian Carion ose ici un dispositif plus expérimental rappelant démarche de Steven Soderbergh pour Full Frontal : il dirige un comédien tenu à l’écart du scénario (ainsi que de l’ensemble de l’équipe) histoire de miser sur sa spontanéité d’individu plutôt que sur son “métier” d’interprète — le tournage en six jours dans les hauteurs du Vercors ajoutant à son conditionnement psychologique. La démarche, ambitieuse et louable, donne lieu à de surprenantes envolées de Canet qu’on ne supposait pas être aussi physique — sortir de sa zone de confiance, ça a du bon — ainsi qu’à des séquences difficiles à soutenir pour qui est en empathie avec son personnage. Dommage que l’intrigue

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"Les Derniers Parisiens" : en peine capitale

ECRANS | En probation, Nas est employé par son frère Arezki, tenancier d’un bar à Pigalle. Si Nas déborde d’ambitions pour animer les nuits, son aîné les tempère sèchement, (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

En probation, Nas est employé par son frère Arezki, tenancier d’un bar à Pigalle. Si Nas déborde d’ambitions pour animer les nuits, son aîné les tempère sèchement, causant leur rupture. Alors, le cadet se tourne vers un investisseur prêt à l’écouter… Représentants de La Rumeur, Hamé & Ekoué signent une ode nostalgique quasi élégiaque au Pigalle de jadis, à ses troquets populaires s’effaçant peu à peu du paysage : Les Derniers Parisiens est scandé de saynètes montrant la faune de la rue dans son quotidien — clochard pittoresque, joueurs de bonneteau embobinant les passants, etc. Une manière d’inscrire l’aventure/mésaventure de Nas, caïd en carton, dans une perspective bien actuelle, car ses rêves appartiennent au passé ; à un idéal façonné entre les années 1950 et 1980. Pas étonnant, avec ses codes périmés qu’il se fasse si facilement enfumer par une nouvelle génération sans feu… ni lieu. Reda Kateb et Slimane Dazi composent une fratrie a priori surprenante, mais en définitive plutôt convaincante. L’authenticité du film doit beaucoup à la complémentarité de ces deux personnages, e

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"L'Attrape-rêves" : glace et attrapes

ECRANS | de Claudia Llosa (Esp-Fr-Can, 1h33) avec Cillian Murphy, Jennifer Connelly, Mélanie Laurent…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

On était prêt à se montrer bienveillant envers Claudia Llosa. Pas parce que L’Attrape-rêves (quelle substance a donc ingéré le distributeur pour proposer un titre français aussi moisi et déconnecté du film ?) exile Mélanie Laurent au-delà du Cercle polaire, mais en souvenir de Fausta (2009), son œuvre précédente. Alors, on tient bon bravement devant cette fable new age gentiment sans objet, construite pour faire genre dans l’alternance de deux époques. D’accord, il y a Jennifer Connelly à l’écran, et la voir est toujours un plaisir, même si l’évolution de son personnage laisse dubitatif : d’abord mère d’un enfant malade allant voir un guérisseur mystique sans conviction aucune, elle se transforme — ‘cadabra ! — en guérisseuse mystique au look de Patti Smith hallucinée, incapable d’user de son don pour elle. C’est un peu l’histoire des cordonniers mal chaussés, ou de ces devins totalement myopes sur leur propre situation. Et c’est parfois pesant, quand Ci

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Enemy

ECRANS | Tournée dans la foulée de "Prisoners" avec le même Jake Gyllenhaal, cette adaptation de José Saramago par Denis Villeneuve fascine et intrigue, même si sa mise en scène atmosphérique se confond avec une lenteur appuyée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 15 juillet 2014

Enemy

Coïncidence des sorties : à quelques jours d’intervalle, deux films s’attaquent au thème du double. Celui de Richard Aoyade transpose Dostoievski dans un quotidien gris et bureaucratique ; Denis Villeneuve s’est lui inspiré de L’Autre comme moi de José Saramago pour prolonger sa collaboration avec Jake Gyllenhaal, entamée avec le brillant Prisoners. Villeneuve est peut-être encore plus abstrait qu'Aoyade dans son traitement d’une ville déshumanisée, réduite à une salle de fac et à quelques appartements anonymement coincés dans des barres d’immeuble rappelant la Défense filmée par Blier dans Buffet froid. Un monde glacial dans lequel Adam répète sans cesse la même routine : il donne un cours, rentre chez lui, reçoit un coup de fil de sa mère (Isabella Rossellini), puis sa copine lui rend visite (Mélanie Laurent), ils font l’amour, elle rentre chez elle et il finit sa nuit seul. Routine brisée après une discussion anodine avec un de ses collègues, qui le conduit à louer dans un vidéoclub une comédie «locale» où un homme lui ressemblant trait po

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Insaisissables

ECRANS | Un piteux exercice de manipulation, hypocrite et rutilant, avec un casting de luxe que Louis Leterrier n’arrive jamais à filmer, trop occuper à faire bouger n’importe comment sa caméra. Nullissime. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 5 août 2013

Insaisissables

De son apprentissage chez EuropaCorp comme yes man pour les scénarios torchés à l’arraché par Luc Besson, Louis Leterrier a visiblement retenu plusieurs leçons, toutes mauvaises : d’abord, confondre montage et rythme, mouvements incessants de caméra et retranscription de l’action. Il faut voir l’introduction d’Insaisissables, sorte de bouillie filmique d’une laideur visuelle à pleurer de dépit, pour saisir l’étendue du désastre. Aucun élément ne semble attirer le regard de Leterrier : ses plans n’enregistrent rien, s’annulent les uns les autres et chaque présentation d’un des magiciens se fait dans une hystérie de vulgarité putassière là encore bien bessonienne : les filles se foutent à poil — un peu — mais le sexe n’a jamais lieu, et lorsque le mentaliste de la bande hypnotise un couple, c’est avant tout pour fustiger l’infidélité du mari. Là où Insaisissables devient franchement insupportable, c’est quand ce grand barnum que l’on peine à qualifier de mise en scène finit par atteindre le casting lui-même, pourtant prestigieux. Leterrier ne s’intéresse absolument jamais à ces acteurs, ne leur donnant aucun espace pour jouer, les filmant à moitié dans l’obscurité

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Beginners

ECRANS | De Mike Mills (ÉU, 1h44) avec Ewan MacGregor, Christopher Plummer, Mélanie Laurent…

Christophe Chabert | Vendredi 10 juin 2011

Beginners

Pour son premier film, Mike Mills tente de contourner la relative banalité de son argument (les hésitations d’Oliver, presque quadragénaire endeuillé et amoureux) par deux moyens. Le premier est peu concluant : il s’agit de multiplier les gimmicks (les photos racontant les années, le chien qui parle en sous-titres, les dessins sur «l’histoire de la tristesse») et de déconstruire temporellement l’histoire. Mills s’enfonce alors dans le cliché que les Américains se font du cinéma européen (le casting franco-anglais en est une autre preuve) : un mélange sophistiqué entre légèreté de ton et gravité des sujets abordés. En revanche, le film est assez beau quand il laisse ses acteurs prendre le contrôle du film. Une spontanéité très «nouvelle vague» irrigue les scènes entre Oliver et son père, et plus encore celles avec Anna, partiellement improvisées. MacGregor, Plummer et même Mélanie Laurent (si !) sont tous trois excellents, et contribuent grandement au petit charme de Beginners.Christophe Chabert

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Et soudain tout le monde me manque…

ECRANS | De Jennifer Devoldere (Fr, 1h38) avec Mélanie Laurent, Michel Blanc…

Christophe Chabert | Mercredi 13 avril 2011

Et soudain tout le monde me manque…

Le matérialisme dans lequel évoluent les personnages du deuxième film de Jennifer Devoldere vaut métaphore de sa production. Une fois de plus, voilà une comédie air du temps, mais qu’on pourrait qualifier sans injure de banale (doit-on faire semblant de n’avoir jamais vu un film sur les angoisses d’une trentenaire parisienne et célibataire ?), qui s’est laissée grignoter par son mode de financement. Une star dans le premier rôle ? Mélanie Laurent tient plutôt de la starlette, refusant sans raison crédible de montrer ses seins dans une scène d’amour… Mais elle est bankable ! Des marques à presque tous les plans, et même dans les dialogues ? Ce n’est pas de la pub, voyons, c’est du réalisme urbain chic ! Des chansons branchées pour illustrer toutes les dix minutes les clips censés résumer les récits parallèles ? Ça ne dissipe pas le déjà vu. Reste Michel Blanc ; après Une petite zone de turbulences, on sent bien qu’il cherche à parler de son angoisse face au temps qui passe et à la mort qui rôde. Dommage qu’il le fasse dans des comédies sans envergure, car il le fait franchement bien. CC

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Requiem pour une tueuse

ECRANS | De Jérôme Le Gris (Fr, 1h31) avec Mélanie Laurent, Clovis Cornillac…

Christophe Chabert | Mercredi 16 février 2011

Requiem pour une tueuse

Classique instantané du nanar, "Requiem pour une tueuse" est un film héroïque. Dès les cinq premières minutes, rien n’y est crédible, et tout y est risible : la perruque blonde de Mélanie Laurent, les lunettes rondes de Tchéky Karyo, la guitare du super-espion Cornillac, la tronche du jardinier… Ce Nikita new-look est en fait le thriller le plus cheap et neurasthénique jamais tourné : passée l’intro, l’action ne sort plus d’un château en Suisse dans lequel on a construit au sous-sol un théâtre à l’italienne (félicitations à l’architecte) pour y organiser un festival de musique lyrique. Du coup, les personnages se courent après dans les couloirs et dans les jardins pendant une heure vingt. Avec le même scénario, les mêmes dialogues, des acteurs un peu plus âgés et Pascal Thomas derrière la caméra, il y avait matière à une comédie old school plaisante. Jérôme Le Gris, lui, a choisi de prendre tout cela au sérieux, et c’est encore plus fendard, comme un remake sérieux des "Barbouzes" (Karyo et son bonnet en laine grise ressemble d’ailleurs furieusement à Francis Blanche). Un joyeux naufrage à consommer sans modération, à l’image de la scène déjà culte du vin empoisonné.Christ

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La Rafle

ECRANS | De Rose Bosch (Fr, 1h55) avec Mélanie Laurent, Jean Reno, Gad Elmaleh…

Christophe Chabert | Lundi 8 mars 2010

La Rafle

Rose Bosch a choisi de raconter de tous les points de vue la rafle du Vel d’hiv’, des familles juives déportées aux Justes qui les ont aidés en passant par Hitler lui-même. Tout cela finit par s’annuler, car la mise en scène ne se pose jamais les bonnes questions : du côté des victimes, elle jongle avec le pathos comme avec de la dynamite — exemple, ce travelling à la steadycam assez obscène où un enfant court à travers le camp pour retrouver ses parents, et tombe sur un convoi entouré d’officiers allemands. Quant aux Justes, Bosch les met tellement en avant qu’elle oublie qu’ils ne sont que des exceptions dans une population silencieuse qui a cautionné l’horreur — le film étant une superproduction, il s’obstine à donner au spectateur des personnages positifs auxquels s’identifier. Enfin, La Rafle dérange vraiment quand il représente Hitler et les dignitaires nazis en villégiature bucolique dans le Tyrol. Ces images maintes fois montrées d’un dictateur gentil avec les animaux et avec les enfants sont de la pure propagande. Bosch ne filme pas leur mise en scène, mais les reproduit en prenant la place du cameraman nazi, créditant ainsi un mensonge pour soutenir sa thèse —

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Le Concert

ECRANS | De Radu Mihaileanu (Fr, 2h) avec Aleksei Guskov, Mélanie Laurent…

Dorotée Aznar | Lundi 2 novembre 2009

Le Concert

Surnommé le maestro au summum de sa gloire, le chef d’orchestre Andrei Filipov a payé cher sa résistance à Brejnev, au point de se retrouver aujourd’hui homme de ménage du Bolchoï. Lorsque le fameux orchestre russe décroche un engagement au Théâtre parisien du Châtelet, Filipov court-circuite l’invitation et rameute ses anciens musiciens pour honorer l’engagement à sa façon… C’est peu dire que Radu Mihaileanu était attendu au tournant après le plébiscite du beau Va, Vis et deviens. Aussi, le voir s’attaquer à un pur feel good movie, demandant une colossale suspension d’incrédulité de la part du spectateur, peut inquiéter. Et de fait, Le Concert enchaîne les péripéties toutes plus incroyables les unes que les autres avec un enthousiasme dévastateur, fait évoluer des personnages délicieusement too much vers un dénouement tout aussi jouissif qu’attendu. Mais, et c’est là ce qui fait toute la différence, il le fait avec une générosité cinématographique trop rare pour être antipathique. Bien aidé par le casting de trognes brisées de ses musiciens russes (qui tranche violemment avec le côté lisse des acteurs français – la comparaison est sans appel…

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Inglourious basterds

ECRANS | Fidèle à lui-même et pas à la caricature qu’on veut donner de son cinéma, Quentin Tarantino enthousiasme avec cette comédie de guerre dont l’enjeu souterrain est de repenser l’Histoire récente à partir de ses représentations cinématographiques. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 9 juillet 2009

Inglourious basterds

«Il était une fois dans la France occupée…» C’est le titre du premier chapitre d’Inglourious basterds. Comme le reste du film, ce chapitre est une séquence entière, ce qui représente en cinéma d’avant une «bobine» ; comme si Tarantino prenait comme rythme celui d’un projectionniste pour qui chaque passage d’une bobine à l’autre ouvrait sur un nouveau modèle de cinéma. Dans une ferme française, un nazi polyglotte (Christoph Waltz, immense révélation d’un casting fourni en talents) interroge un paysan pour obtenir des informations sur une famille juive. L’échange commence en Français, puis se poursuit en Anglais au prix d’un subtil dialogue qui renvoie avec malice aux conventions du «cinéma hollywoodien à l’étranger». Dans cette introduction brillante, Tarantino joue donc sur les codes du cinéma classique et sur leur relecture ironique par Sergio Leone, le tout appliqué à un sujet sérieux. Le triomphe du cinéma Dans le chapitre suivant, où l’on fait connaissance avec les «basterds» du sergent Raine (Brad Pitt), des juifs scalpeurs de nazis, Tarantino retrouve un territoire plus familier : un cinéma bavard mais badass. Va-t-il su

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